Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Au MAROC en suivant FOUCAULD.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Sam 30 Aoû - 8:06

page 193


... coule la Moulouia; elles sont unies par des cultures et des jardins ombragés d'une foule d'arbres, oliviers, figuiers, grenadiers : ces feuillages donnent au district un air de gaieté et de fête qui contraste avec l'aspect morne du Tiallalin et du Gers. Ksabi ech Cheurfa (on dit aussi Kasbat el Makhzen) est ainsi un ruban de cultures et de ksars enfermé entre deux hautes berges.
Cette agglomération doit son double nom au fait que les Chorfas, longtemps maîtres du pays et indépendants, mais menacés par les tribus environnantes se soumirent au sultan il y a quelque soixante ans, et que Moulay el Hassan fit de ce point un poste de surveillance où il installa une garnison à demeure
.


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Lun 1 Sep - 11:41

page 195



DERNIÈRES ÉTAPES, DERNIER PÉRIL

KSABI — voir le débouché méridional du Tizi n'Telghemt — est aujourd'hui facilement accessible à tous venants. Il suffit, comme pour aller à Asnières, de prendre un billet de chemin de fer, et à Guercif, de monter dans le tortillard qui s'essouffle à travers le Maroc oriental, le long de la Moulouia, vers Midelt. Foucauld pour atteindre la frontière algérienne suit en sens inverse sensiblement la même route. Mais que de difficultés encore, que de périls à travers une contrée qu'après nos postes le rail a pacifiée !
Au sortir de Ksabi ech Cheurfa, il s'engage dans un désert blanc, s'étendant au nord jusqu'à la Moulouia, au sud jusqu'au Grand Atlas, à l'est jusqu'au Rekkam, à l'ouest aussi loin que la vue peut porter. La surface en est ondulée, le sol en est dur, tantôt sablonneux, tantôt pierreux, il est couvert presqu'en entier de geddim. Le Grand Atlas est une longue chaîne brune à crête uniforme, qui fuit vers l'orient et s'abaisse de plus en plus; à l'est du Djebel El Aiachi plus de trace de neige sur ses cimes.



Dernière édition par Pierre AUBREE le Mar 2 Sep - 7:33, édité 2 fois
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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Lun 1 Sep - 11:48

page 196


Le Rekkam est très éloigné; le faîte en paraît à peine : c'est d'ici une ligne jaune clair qui borde l'horizon. Il se compose d'une série de hauteurs sablonneuses, très basses, bordant, à l'est, la vallée de la Moulouia entre le Grand Atlas et les monts Debdou. L'horizon jusqu'alors fermé vers le nord par les massifs s'élevant en face de Ksabi, s'ouvre tout à coup : les montagnes cessent d'arrêter la vue et toute la vallée de la Moulouia apparaît. A gauche le Moyen Atlas, haute chaîne noire couronnée de neige, se dresse à pic, comme une muraille, au-dessus de sa surface. La vallée s'allonge à perte de vue vers le nord, où elle forme l'horizon. La largeur en est extrême; près d'ici, elle a plus de trente kilomètres. Dans cette vaste plaine de la Moulouia, plaine plus nue et plus déserte qu'aucune partie du Sahara marocain, les rares groupes d'habitations qui s'élèvent hors de la tranchée du fleuve, ont de tout point l'aspect des oasis du Sud; même isolement au fond du désert; même richesse de végétation; même fraîcheur délicieuse au milieu de la plaine aride, il ne manque que les dattiers.
Cette impression de désert, plus exactement de vide, donne au pays un aspect angoissant. C'est bien, comme le définissaient les auteurs arabes, le domaine du dragon Sahara qui étend jusqu'à la Méditerranée une étrange tentacule. Autour de ce qui aurait pu être et sera demain un foyer de vie, de cette Moulouia aux eaux nombreuses, rien ou presque rien. Le fleuve est enclos dans un fossé. Aucun rayonnement de vie ne s'est créé autour de lui, les pasteurs passent et repassent sans songer à se fixer au sol. Quelques oasis cependant, dont l'aspect contraste avec la désolation environnante, et donne, à cause de ce contraste, une sensation exagérée de fertilité.
Misour est un îlot de verdure situé au confluent de l'oued Souf ech Cherg et de la Moulouia, la plus grande partie de cette sorte d'oasis se trouve sur la rive droite de l'oued Souf ech Cherg. Les arbres fruitiers forment un massif compact ombrageant des ...


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mar 2 Sep - 7:46

page 197


- Sur la piste de Debdou.


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mar 2 Sep - 7:52

page 199



- Le plateau boisé de Debdou.

... cultures et entourant une dizaine de ksars; c'est une forêt d'oliviers produisant une huile excellente, de pommiers dont on exporte les fruits jusqu'à Fès, de grenadiers, de figuiers : ces beaux arbres donnent à ce lieu l'aspect le plus riant. Les jardins sont arrosés de nombreux canaux, saignées faites à l'oued Souf ech Cherg, dont les eaux, au-dessous des cultures, sont limpides et courantes. Les constructions de Misour sont en pisé; elles sont simples : ni tirremts, ni tours, ni ornements.
Les différences ne se marquent pas seulement dans les lignes du paysage : d'un côté cette plaine immense, de l'autre, la haute muraille sombre couronnée de neige du Moyen Atlas au flanc duquel apparaissent de loin en loin des taches vertes, groupes de ksars et de jardins échelonnés sur les pentes. Elle est aussi dans les habitudes et au premier chef dans le langage. Dans le bassin du Ziz, chez les Ait ou Afella, la langue universelle était le tamazirt. A Ksabi, les uns parlent le tamazirt, les autres l'arabe; les deux idiomes sont en usage. Chez les Oulad-Khaoua, on ne parle que l'arabe. Cette langue est seule employée à Misour et sur le territoire des Oulad-el-Hadj.
Le centre fixe de cette région, Outat el Hadj, à cheval sur la Moulouia est analogue à Misour; ces deux localités sont aujourd'hui transformées par notre présence.


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mar 2 Sep - 8:02

page 200


- Cascade entamant la gada de Debdou.

Misour surtout, l'un des centres principaux de ravitaillement vers le sud. Lorsque Foucauld y parvenait, ce n'était que de petites agglomérations, soumises au Makhzen comme Misour, récemment révoltées contre lui comme Outat el Hadj et il fallait reprendre le système des protections accoutumé pour franchir le mauvais passage et courir la dernière aventure.
Le voyageur fait marche avec trois guides : l'un, nommé Bel Kasem (1) était un honnête homme; les deux autres s'étant figuré, à la blancheur de mes habits, à la bonne mine de mon mulet, et, paraît-il, d'après les dires des juifs d'El Outat, que fêtais chargé d'or, ne s'étaient offerts à m'escorter que dans le but de me piller. Rien ne parut d'abord. A midi et demi, comme je marchais en tête de la caravane, prenant mes notes, je me sentis tout à coup tiré en arrière et jeté à bas de ma monture : puis on me rabattit mon capuchon sur la figure, et mes deux zetats se mirent à me fouiller : l'un me tenait pendant que l'autre me fouillait méthodiquement. A cette vue, Bel Kasem d'accourir : il brandit son ...

(1) Ce guide, Bel Kassem el Hamouzi, loyal zettat qui avait sauvé Foucauld du guet-apens tendu par le bandit Ben Nit Zenagui, aurait rendu au marquis de Segonzac, en pareil péril, le même service, quelques années plus tard. (Cf. Le sort des amis marocains de Ch. de Foucauld, in Bulletin de l'Œuvre apostolique et de l'Association Charles de Foulcauld, juin 1924, p. 175.)

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 3 Sep - 8:30

page 201


- Debdou vue de la Kasbah.

... fusil, menace, veut empêcher le pillage : mais il est impuissant à arrêter ses compagnons : tout ce qu'il peut est de prendre ma personne sous sa protection : il me rend la liberté et assiste, les larmes aux yeux, au déballage de mes effets. On m'avait pris ce que j'avais sur moi; on se mit à chercher dans mon bagage, il était léger, on n'y trouva pas grand'chose; mes deux zetats s'emparèrent de ce que j'avais d'argent (une fort petite somme) et des objets qui leur parurent bons à quelque usage; on me laissa comme sans valeur les seules choses auxquelles je tinsse : mes notes et mes instruments. Puis on me fit remonter sur mon mulet et on continua la route, Bel Kasem mélancolique d'avoir vu violer sous ses yeux son anaia, mes deux voleurs mécontents de n'avoir fait que demi-besogne, étonnés de n'avoir pas trouvé plus d'argent et se reprochant de m'avoir laissé les seules choses qu'ils ne m'avaient pas prises, la vie et mon mulet. Durant le reste de cette journée et celle du lendemain, ils discutèrent ce sujet, pressant Bel Kasem de m'abandonner, de les laisser me dépêcher d'un coup de fusil, lui faisant des offres, lui promettant sa part. Bel Kasem fut inébranlable et déclara qu'ils n'auraient ma vie qu'avec la sienne.


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 3 Sep - 8:36

page 202


- Murailles croulantes de Debdou.

La discussion ne cessa pas; je n'en perdais pas un mot. Étrange situation d'entendre durant un jour et demi agiter sa vie ou sa mort par si peu d'hommes, et de ne rien pouvoir pour sa défense. Il n'y avait point à agir. J'étais sans armes : un revolver était dans mon bagage; il m'avait été pris; l'ussé-je eu, il ne m'eût point servi : que faire seul dans le désert, au milieu de tribus où tout étranger est un ennemi? Il n'y avait qu'un parti à prendre : la patience, elle m'a réussi. Au moment de la bagarre, le rabbin Mardochée s'était bien conduit : il était venu à mon secours, mais que pouvait-il? On lui fit sentir la pointe d'un sabre et on l'a écarté. Quant à mon domestique et aux juifs qui s'étaient joints à moi, ils se sauvèrent le plus loin qu'ils purent, et on ne les revit que lorsque nous eûmes recommencé à marcher.
L'incident n'interrompt pas la route, elle se poursuit vers Debdou à travers des pentes rocailleuses en grande partie tapissées d'alfa qui conduisent au sommet d'un vaste plateau. Une épaisse forêt le couvre, elle est composée de grands arbres, arar taqqa, kerrich de six à huit mètres de hauteur. Ce plateau boisé qui couronne la chaîne, porte le nom de Gada Debdou; dans le pays on l'appelle la Gada. Le sol, tantôt pierres, tantôt terre, y est uni. Beaucoup d'eau : sources et mares. Sous les arbres, la terre est un tapis de gazon et de mousse. Il y a des clairières, elles sont rares : les unes sont couvertes de gazon; j'en traverse ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 3 Sep - 8:42

page 203


- Tente du Caïd.

... d'autres en partie cultivées.
Bientôt des ravins profonds entament la Gada, des villages peu nombreux apparaissent, les ravins se creusent qu'il faut franchir pour, à travers bois, cheminer sur un autre plateau au pied duquel Debdou apparaît. La petite ville, dominée par son minaret., étale à mes pieds ses maisons roses au fond d'une verte vallée; alentour s'étendent des prairies et des jardins; au-dessus s'élèvent de hautes parois de roc, aux crêtes boisées, que couronne la Gada. Debdou est située dans une position délicieuse, au pied du flanc droit de la vallée qui s'élève en muraille perpendiculaire à quatre-vingts mètres au-dessus du fond; il forme une haute paroi de roche jaune, aux tons dorés, que de longues lianes rayent de leur feuillage sombre. Au sommet se trouve un plateau, avec une vieille forteresse dressant avec majesté, au bord du précipice, ses tours croulantes et son haut minaret.
Ce poste avancé vers l'est des dynasties mérinides et des Beni-Ouattas vit son rôle retourné à partir de 1911. Il devint après son occupation par nos troupes un centre de rayonnement important vers l'ouest pour la pénétration française.
Au temps de Foucauld, malgré son importance stratégique, Debdou, comme si elle se souvenait de son indépendance ancienne et bien qu'elle obéisse théoriquement au moins, au sultan, n'a ...


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 3 Sep - 8:47

page 204


- Zaouia Derkaoua à Oujda.

... point de caïd, point de cheikh, point de dépositaire de l'autorité; le pays se gouverne à sa guise et tous les ans le caïd de Taza, de qui relève le district, ou un de ses lieutenants, y fait une tournée, règle les différends et perçoit l'impôt.
Debdou présente des particularités rares au Maroc ; elle n'est pas enfermée derrière des murailles., mais se prolonge par des jardins superbes : vignes, oliviers, figuiers, grenadiers, pêchers, y forment auprès de la ville de profonds bosquets et au delà s'étendent en ligne sombre sur les bords de l'oued. Le reste de la vallée est couvert de prairies, de champs d'orge et de blé se prolongeant sur les premières pentes des flancs. C'est aussi la seule agglomération marocaine où le nombre des juifs dépasse celui des musulmans. Enfin, c'est le premier point où le voyageur constate un commerce régulier avec l'Algérie : un va-et-vient continuel existe entre cette petite ville et Tlemcen. Les négociants Israélites y cherchent les marchandises qui, ailleurs, viennent des capitales marocaines ou de la côte, ils les emmagasinent chez eux et les écoulent peu à peu sur place et dans les marchés du voisinage.
La proximité de la frontière algérienne devait valoir à l'explorateur un dernier avatar. Les relations constantes entre les juifs ...


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Jeu 4 Sep - 6:52

page 205


- Oujda. Bab Sidi Abd el Ouahab.

... de Debdou et le pays occupé par les Français avaient habitué les premiers aux seconds. Certains gestes de Foucauld, l'oubli ou la négligence de certaines Caïda, son accent, pouvaient à l'intérieur au Maroc passer inaperçus; on sait qu'il n'en fut pas toujours ainsi; mais lorsque le voyageur fut reconnu par ses pseudo-coreligionnaires, il le fut moins sur des soupçons positifs que sur des présomptions qui trouvaient leur origine dans sa qualité d'étranger. Celle-ci admise la plupart du temps, les gens qui non seulement ne pouvaient soupçonner la présence d'un chrétien, mais même n'en avaient jamais vu, ne faisaient, sauf exception, pas de difficulté pour attribuer à des mœurs israélites différentes les différences qu'ils remarquaient. Il faut constater au reste que la perspicacité des Israélites fut plus facilement alertée, à Boujad, à Ouaouizert, à Tisint, que celle des musulmans. A Debdou où il était pourtant le premier chrétien à pénétrer, la situation était autre : gestes, oublis, accent surtout évoquaient au mellah de Debdou des réminiscences toutes proches. On avait vu ou entendu cela à Maghnia, à Tlemcen. Bien difficile de continuer à feindre ; bien inutile.
Le voyageur est hébergé par les Oulad-ben-Alikou, fraction de ...


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Jeu 4 Sep - 6:59

page 206


- Oujda. Mosquée.

... la famille Marciano émigrée autrefois de Murcie. Les hôtes ont vite fait de l'identifier. Ils marquent qu'ils ne sont point dupes avec une discrétion si délicate que d'un commun accord Foucauld et Mardochée se confient à eux (1) et n'en obtiennent pas moins toute l'assistance utile. Ce n'était point au reste un service de peu d'importance, les Marciano et leurs coreligionnaires devaient peu après supporter les conséquences de cet accueil. Après le départ des voyageurs, le bruit s'étant répandu que des chrétiens avaient été hébergés par des juifs, les tribus voisines de Debdou prétendirent châtier ce forfait et comme à Ouaouizert il fallut force diplomatie et douros pour apaiser une colère qui devait l'année suivante se réveiller et aboutir au pillage et au massacre du mellah de Debdou.
Pourtant le souvenir de Foucauld persista. Peu après l'occupation de Debdou par le colonel Féraud, le 4 mai 1911, partait une lettre écrite par David ben Akkou Marciano à l'adresse de l'ancien hôte de son père. Le Père de Foucauld pria le chef du bureau arabe d'Oujda le capitaine Ouanou (aujourd'hui lieutenant-colonel Voinot) de remercier son correspondant, car, indique l'officier (2), « M. de Focan se trouve au Sahara seul; quand il était chez vous il connaissait votre écriture et ...
(1). Cf. BAZIN. Op. cit., p. 62 et N. S. SLOUCH : Les juifs de Debdou. in Revue du Monde Musulman, t. XXII, p. 221 et sq.
(2). SLOUCH. Ibid., p. 265.




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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Jeu 4 Sep - 7:03

page 207


- Oujda. Bab Aissa.

... aujourd'hui il l'a oubliée. C'est pour cette raison qu'il m'a chargé de répondre à sa place. Il se souvient de toi et ne t'a pas oublié ; il a été content que tu aies pensé à lui et se souvient bien de son séjour parmi vous. Il dit qu'il ne vous oubliera jamais pas plus que votre aimable famille. Il loue Dieu de vous avoir connu pendant son séjour au Maroc, alors qu'il était malheureux et n'avait pas de quoi manger, prêt à mourir de faim ; vous l'avez aussi sauvé de la mort et l'avez considéré comme un de vos fils. »
Le voyageur en effet était dans le dénuement le plus complet. Si le voyage tirait à sa fin, les dernières ressources avaient disparu lors de l'agression du Rekkam. Force est donc à Foucauld de vendre ses mulets et de louer des animaux pour gagner la frontière algérienne en quatre étapes aujourd'hui occupées par des postes administratifs.
La route s'engage en quittant l'oued Debdou, dans la plaine de Tafrata : c'est une immense étendue déserte unie comme une glace, à sol de sable; souvent pendant plusieurs années, cette surface reste nue, stérile, sans végétation; à cette heure, grâce aux pluies de l'hiver, elle est clairsemée d'herbe tendre; cela lui donne un ...


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Jeu 4 Sep - 7:10

page 208


... aspect verdoyant qu'elle a rarement; en deux points se trouvent des daias, ou maders, où le sol est vaseux, coupé de flaques d'eau et couvert de hautes herbes.
Le pays reste sensiblement le même jusqu'à la vallée de l'oued Za et à Taourirt, appelée aussi à cette époque Ksar Moulay Ismael, en souvenir des forteresses dont ce sultan, comme les autres souverains maghrébins, avait parsemé le glacis oriental de leur empire. La forteresse qui commandait autrefois le croisement des routes de Tlemcen à Fez et de la Méditerranée au Tafilelt, qui est redevenue, grâce à nos soins, un centre actif et prospère, ne présentait plus aux yeux du voyageur qu'une enceinte de murailles de pisé, en partie écroulée, dont il reste des portions importantes; les murs, bien construits, sont élevés et épais, garnis de banquettes, flanqués de hautes tours rapprochées, ils sont du type de ceux de Meknès et de Kasbah Tadla. De larges brèches s'ouvrent dans l'enceinte, qui n'est plus défendable[/i].
Une autre étendue, alors strictement désertique, la plaine des Angad, mène à El Aioun Sidi Mellouk. Même kasbah aussi délabrée alors, même petite ville en voie de résurrection aujourd'hui. Elle offre pourtant un charme spécial inattendu. [i]En dehors de l'enceinte se trouve un bouquet d'arbres et, au milieu, la koubba de Sidi Mellouk; auprès jaillissent plusieurs sources donnant une eau abondante et bonne; on les appelle Aioun Sidi Mellouk, d'où le nom de la kasbah
. Les grands safsafs dont le feuillage mobile abrite aussi la koubba de Bou Amama, notre vieil adversaire en Oranie, surprennent et charment d'autant plus fort le passant, qu'ils contrastent avec la nudité environnante du paysage. Celle-ci se continue implacablement semblable jusqu'aux approches d'Oujda où elle s'atténue aux bords de l'oued Isly sur lequel Bugeaud remporta notre première grande victoire marocaine, et au pied du massif des Béni Snassen, la première des régions marocaines organisée par Lyautey.


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Jeu 4 Sep - 7:13

page 209


Oujda, fort petite ville où pourtant la présence d'un caïd, de moghazenis, le passage des caravanes, le commerce avec l'Algérie, entretiennent l'animation et apportent la fortune, se transforme; on n'y suspend plus comme autrefois, aux merlons de Bab Sidi Abd el Ouahab, les têtes des rebelles décapités. Elle sera demain une grande ville. Elle ne retient pas Foucauld qui, voyageant presque librement sur les derniers kilomètres de sa route, franchit la frontière algérienne et rentre, le 23 mai 1884 à dix heures du matin, non loin de Lala Maghnia en terre française.


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 5 Sep - 6:54

page 211


LE beau, périlleux, difficile, fructueux voyage est terminé.
En quittant la défroque ignominieuse du Youdi, l'explorateur n'a point, et pour jamais, secoué sur le Maghreb la poussière de ses belghas. Il était entré au Maroc assoiffé de curiosité pour un inconnu impénétré, enthousiaste de collaborer à une œuvre de civilisation qu'il prévoyait ne devoir — ne pouvoir — être définitive que le jour où la Paix Française régnerait de la Mer des Syrtes à l'Atlantique. Peut-être aussi était-il sollicité par le goût du risque individuel qui, lorsqu'il ne sombre pas dans la folie des aventures déraisonnables, garantit à l'esprit et au cœur un entraînement magnifique.
En suivant Foucauld, le Maroc s'est révélé sous un aspect qui est pour beaucoup inattendu. Le guide nous en a montré les caractéristiques profondes, celles qui à première vue, maintenant, n'apparaissent plus aussi vives qu'autrefois mais qui restent encore, et pour longtemps, essentielles. Certes, depuis la « Reconnaissance » du voyageur un fait considérable s'est produit : l'établissement du ...


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 5 Sep - 7:35

page 212


- Ruelle de Fès.

... Protectorat français qui a transformé le Maghreb el Aqsa. A l'extrême occident de la Berbérie un ordre nouveau de progrès et de civilisation a été créé. Pourtant, les remarques et les enseignements de Foucauld ne sont point périmés. L'explorateur a décrit la variété des sites maghrébins qui demeurent, et nul mieux que lui n'a pénétré la psychologie des hommes et n'a découvert sans hâte les physionomies multiples du vieux Maroc; bénéfice des longues routes d'autrefois. Il a surtout, et dans l'ambiance même, approfondi les problèmes qui se posaient sous ses yeux, en a déterminé exactement les données et mûri les solutions. Malgré le miracle français, le Maroc, encore en voie d'évolution, n'a point changé dans le tréfonds de lui-même et des années couleront nombreuses avant qu'ait perdu de son poids l'expérience du Juif errant. Aussi bien, en évoquant les étapes vieilles d'un demi-siècle, on n'a pas tenté ici une manière de résurrection archéologique, on a voulu seulement restituer un témoignage actuel, vivant, écouter les avis dont le temps n'a pas délité la valeur pour l'avenir, du technicien — comme on dirait aujourd'hui — le plus éminemment qualifié pour l'ensemble et le détail des questions marocaines.
Par une singulière fortune, si trop de Français ...


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 5 Sep - 7:39

page 213


- Village de l'Atlas.

... oublient à l'accoutumée et pour l'Afrique du Nord les moments de notre expansion coloniale, les noms mêmes des plus notoires protagonistes, au moins il n'est personne qui, ayant suivi Foucauld, ait contesté le prix de ses enseignements. Si les appréciations ont pu varier sur l'orientation postérieure d'une vie dont au reste on n'entend ici évaluer ni les conditions ni les mérites, seules quelques réserves de détail ont été faites sur la portée intégrale du témoignage. Foucauld, on l'a vu, ne se limite pas à l'aspect extérieur des choses et des hommes. Après avoir décrit, il juge, non point en dilettante et du point de vue de Sirius ; ses conclusions immédiates, celles qu'il dégagera plus tard, se révèlent exactes, déterminées, pratiques, et empruntent aux qualités de l'observateur et à la pérennité des choses une opportunité toujours actuelle.
Tout cela, il importait de le dire à nombre d'ignorances françaises et aussi de dégager par un exemple, un des aspects trop méconnu de ce que la vie coloniale apporte chez nous de nécessaire et à l'épanouissement de certains êtres et à la grandeur de la Nation.
Pour Foucauld le voyage accompli avait mis à l'épreuve un ...


Dernière édition par Pierre AUBREE le Ven 5 Sep - 9:08, édité 2 fois
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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 5 Sep - 7:50

page 214


- Kasbah du Dadès.

... courage qui apparut dans toutes ses qualités et dans toutes ses nuances comme la publication de la « Reconnaissance » allait faire apparaître les qualités et la souplesse de son intelligence.
Est-ce le seul profit? Toute la maîtrise de soi-même lucide, constante dont pendant de longs mois et au milieu de quels dangers, avait fait preuve le voyageur, devait avoir des répercussions bien singulières. Elle allait transformer sa vie, en faire le type plus rayonnant de l'enrichissement moral qu'apporte cette « abnégation ascétique » à toute vie coloniale, digne d'une élite.
Le Maroc aura été pour Foucauld — ce qu'il a été pour tant d'autres d'ailleurs à de moindres degrés — une école; celle du devoir personnel ; celle des hauts devoirs qui, à travers le monde, incombent à la France et aux Français. L'accomplissement de ces devoirs sous des formes si diverses s'est instinctivement perpétué dans la Nation depuis le jour où notre plus vieil historien les qualifiait de son célèbre « gesta Dei per Francos ».
Le rude contact des réalités maghrébines n' « a pas détourné d'elles le voyageur; bien au contraire il l'a attaché, lié pour toujours à ces terres âpres, à ces hommes frustes ». Toute sa vie, il demeurera « à la disposition du Maroc (1) ».
A la disposition du Maroc, c'est-à-dire, sur le théâtre où il savait qu'il était le plus compétent et le plus utile pour servir un idéal ...

(1) BAZIN. Op. cit., p. 78.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 5 Sep - 7:55

page 215


... supérieur à l'intérêt mesquin des avantages matériels; idéal qui depuis des siècles a trouvé sa plus haute expression temporelle dans l'œuvre poursuivie par la France. Au service de la France d'outre-mer dont les destins sont désormais inséparablement unis à ceux de la France métropolitaine.
A vivre dans l'intimité d'un pays attardé, brutal, déchiré de toutes manières, mais dans lequel il avait rencontré à côté des pires turpitudes, des âmes d'élite, franches, délicates, riches de dons spirituels et moraux, Foucauld avait senti sa curiosité d'esprit céder la première place à la sympathie du cœur. Il ne méconnaît point, certes, qu'il faille en certaines occasions manifester la force et parfois il applique le vieux dicton français : « Honneur oblige(1) », mais il sait que la conquête brutale n'a jamais obtenu de résultats durables dans cette Afrique du Nord qu'ont en vain, à travers les siècles, martyrisée tant d'ambitions uniquement tyranniques. « La civilisation consiste dans deux choses : instruction et douceur (2) »
Lui qui ne demeure pas prisonnier comme tant d'autres « du défilé étroit qu'habité la raison (3) » il veut un autre mode de conquête dont il définit les conditions, se confiant, à bon droit, dans la mission particulière à la France. « La première chose, c'est l'administration et la civilisation de notre empire nord-ouest africain; Algérie, Maroc, Tunisie, Sahara, Soudan forment un immense et magnifique empire d'un seul bloc, ayant cette unité pour la première fois... Comment nous attacher cet empire? En le civilisant, en travaillant à élever ses habitants, moralement et intellectuellement, autant que faire se peut. Les habitants de notre empire africain sont très divers : les uns, Berbères, peuvent devenir rapidement semblables à nous; d'autres, Arabes, sont plus lents ...

(1) Les étapes de la conversion d'un Houzard, par un Saharien (Laperrine), Revue de Cavalerie, 1913, p. 370.
(2) Bazin, op. cit., p. 399.
(3) Sakwa-el-Garib... de Ayn el Qudat al Hamadani, éditée et traduite par Mohammed Ben Abd el Jalil, Journal Asiatique, t. 216, p. 204.


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 5 Sep - 8:09

page 216


- L'ermitage de Tamanrasset.

... au progrès ; les nègres sont très différents les uns des autres. Mais tous sont capables de progrès (1) »
Dans ce but il faut, précise-t-il encore, « prendre le contact, se faire aimer, inspirer estime, confiance, amitié », et pour
cela « il est d'abord nécessaire de connaître sa population. Or, nous la connaissons extrêmement peu. Cela vient en partie des mœurs musulmanes, mais c'est un obstacle qu'on peut vaincre; il reste ce fait déplorable que nous ignorons, à un degré effroyable, la population indigène de notre Afrique... Je ne vois personne, ni officier, ni missionnaire, ni colon ou autre connaissant suffisamment les indigènes. Il y a un vice auquel il faudra remédier : il faudrait aux administrateurs, aux officiers, aux missionnaires, un contact bien plus étroit avec les populations, de longs séjours dans les mêmes postes (2) ». Car si, « vendre de la cretonne et de la cotonnade bleue, à des prix raisonnables, est un moyen bien simple de faire venir tout le monde à soi, de trouver toutes les portes ouvertes, de rompre toutes les glaces (3) »... l'œuvre à poursuivre est avant tout ...

(1) Bazin, op. cit., p. 408.
(2) Idem, p. 409.
(3) Écrits spirituels de Charles de Foucauld, ermite au Sahara, apôtre des Touaregs, préface de M. René Bazin, p. 253.


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 5 Sep - 8:17

page 217


- L' intérieur de l'Ermitage.

... « une œuvre d'élévation morale : élever (les indigènes) moralement et intellectuellement par tous les moyens; se rapprocher d'eux, prendre contact avec eux, lier amitié avec eux, faire tomber par les relations journalières et amicales leurs préventions contre nous, par la conversation et l'exemple de notre vie modifier leurs idées; procurer l'instruction proprement dite; faire enfin l'éducation entière de ces âmes; leur enseigner, au moyen d'écoles et de collèges, ce qui s'apprend dans les écoles et collèges; leur enseigner, par un contact journalier, étroit, ce qu'on apprend dans la famille, se faire leur famille (1). »
« Persuadé que la plupart des malentendus entre Français et indigènes viennent de ce que les premiers ne connaissent pas suffisamment la religion et les mœurs de ceux-ci (2), il enseigne, précisera son ami Laperrine, qu'il faut apprendre à connaître pour apprendre à aimer. »
Dix ans après avoir quitté l'Afrique, la charité fraternelle qui anime le Frère Charles de Jésus le pousse de nouveau vers cette Afrique dont il a gardé une si forte empreinte. Il veut être dans l'infini saharien l'artisan de cette conquête des cœurs. Conduit alors par des mobiles et plus personnels et ...

(1) Écrits spirituels, p. 257.
(2) Un Saharien. Ibid., p. 363.


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 5 Sep - 8:21

page 218


... plus particuliers, Foucauld n'en exprime pas moins, notamment dans son Directoire (1), des règles d'une portée générale bien précieuse et dont la résonance mystique ne doit rebuter aucune consciencieuse bonne volonté.
Sous une frêle apparence, qu'affaiblit encore une « abnégation ascétique », consentie cette fois, et jusqu'à l'extrême limite, son âme rayonne à travers l'espace immense.
Force uniquement morale — considérable — elle représente une telle puissance, que les fureurs adverses s'acharnent à la détruire et que, n'y parvenant point, elles en sont réduites par l'assassinat à mettre en pratique contre elle la devise inscrite sur les canons de Frédéric II : Ultima ratio régis. En pleine guerre, le 1er décembre 1916, Foucauld tombe à son poste.
Depuis lors, de multiples événements ont bouleversé la face du monde, posant avec des difficultés nouvelles, des problèmes nouveaux : problèmes généraux, problèmes particuliers, coloniaux, nord-africains, marocains. A côté des formules traditionnelles d'expansion sont apparues, sous des noms divers, des formules dans l'élaboration desquelles leurs initiateurs souvent plus enthousiastes qu'expérimentés ont manifesté un idéalisme plus utopique qu'efficient. Pourtant s'il faut à la France une méthode pour continuer dans l'avenir l'œuvre du passé — cette œuvre de haute civilisation pacifique, intellectuelle et morale, qu'elle doit poursuivre à travers le monde comme dans la France d'outre-mer et spécialement dans l'Afrique du Nord — il n'est besoin que d'écouter Foucauld.
L'Explorateur du Maroc, l'Ermite de Tamanrasset, avec toute sa foi, toute sa charité, toute son expérience des âmes maghrébines, toute sa confiance dans les destinées de la France, a tracé toute la règle dans une simple phrase. Cette phrase dicte à chacun, à quelque place temporelle ou spirituelle que s'inscrivent ses préoccupations ...

(1) Fr. Charles de Jésus (Charles de Foucauld), Directoire (texte de 1909-1913) publié avec un avertissement, des variantes et cinq annexes, par Louis Massignon-Hovyn. Paris, 1928.


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 5 Sep - 8:25

page 219


... individuelles, quel est le devoir. Devoir de sympathie mutuelle qui réprouve aussi bien la morgue d'une civilisation plus évoluée vis-à-vis d'un peuple attardé que le dédain parfois vindicatif de ceux qui « différents mais non pas inférieurs », affectent de s'envelopper dans leurs préjugés et s'y ensevelissent comme dans un linceul. Devoir qui s'impose à toutes les intelligences et à tous les cœurs de ne point s'hypnotiser de façon malveillante, haineuse, sur ce qui sépare, mais de rechercher avec une longue patience et de développer ce qui unit.
Ce devoir-là, tout de paix, d'estime réciproque, le même pour tous : protecteurs et protégés — et pour ceux-là plus impérieux peut être que pour ceux-ci —, l'Ascète vénéré par les uns et par les autres, le définit quand il associe dans cette humble et fervente prière les destins de tous les hommes de bonne volonté :

MON DIEU
FAITES QUE TOUS LES HUMAINS AILLENT AU CIEL
.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 5 Sep - 8:32

page 221



Itinéraires de Foucauld au Maroc .......... Frontispice
Au large de Gibraltar : le rocher .......... 2
Marchands juifs marocains .......... 3
Rue d'un mellah du Sud marocain ........... 7
Cavalier .......... 8
Rue du Mellah de Fès ........... 9
Moukala .......... 10
Chkara, gibecière .......... 11
Chefchaouen au pied des hautes cimes ........... 14
Tanger .......... 15
Sabre marocain .......... 17
Fusil des Chouani .......... 17
Le donjon de Chefchaouen .......... 18
Fès et l'arête du Zalar .......... 22
Bab Guissa .......... 23
Lampes de Fès .......... 24
Patio de la Medersa Saharij .......... 25
Souk Semaghrine .......... 27
Sculptures de la medersa Attarine .......... 28
Tailleur de Fès .......... 29
Le Mellah de Fès .......... 30
Cimetière juif sous les murs du Mellah de Fès .......... 31
Cimetière musulman de Bab-Ftouh .......... 31
Les murs de Taza .......... 34
Taza sur sa falaise .......... 35
Bab er Rih .......... 37


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