Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Au MAROC en suivant FOUCAULD.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 23 Juil - 7:03

page 56


- Kasbah Tadla : porte de la kasbah et mosquée.

... limitent à l'est et sans la transition d'avant-monts, sans le dégradé de pentes successives, la dominent comme une muraille hargneuse et impénétrable. Ce n'est pas le contact de la plaine et de la montagne, mais le heurt brutal de deux types de pays qui commandent l'hostilité des genres d'existences et met aux prises paysans et montagnards, le laboureur fixé, aux déplacements sans amplitude, le pasteur dont la transhumance va et vient des cimes fraîches au fond chaud des vallées.
Jusqu'au XVIIe siècle, la plaine était, dit-on, déserte, et servait de champ clos aux querelles locales ou aux luttes dont sont pleins les fastes maghrébins. Moulay Ismaël, le contemporain de Louis XIV, pour tenir la région, parsema de forteresses le pourtour des massifs, origine de cette Kasbah Tadla qu'après quatre heures de marche, Foucauld atteignait en sortant de Boujad.
Kasbah Tadla : une forteresse, une mosquée, un pont. La kasbah proprement dite, bien conservée, est de beaucoup ce que j'ai vu de mieux au Maroc comme forteresse. Voici de quoi elle se compose : 1° D'une enceinte extérieure, en murs de pisé de un mètre vingt d'épaisseur et de dix à douze mètres de haut; elle est crénelée sur tout son pourtour, avec une banquette le long des créneaux; de grosses tours la flanquent; 2° D'une enceinte intérieure, séparée de la première par une rue de six à huit mètres de large. La muraille qui la forme est en pisé, de un mètre cinquante d'épaisseur; elle est ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 23 Juil - 7:04

page 57


- Le redan de la kasbah commandant l'Oum-er-Rbia.

... presque aussi haute que l'autre, mais n'a point de créneaux. Ces deux enceintes sont en bon état : point de brèches à la première; la seconde n'en a qu'une, large, il est vrai : elle s'ouvre sur une place qui divise la kasbah en deux parties : à l'est sont la mosquée et Dar el Makhzen; à l'ouest les demeures des habitants les unes et les autres tombent en ruine et paraissent désertes.
La kasbah, sur la rive droite de l'Oum er Rbia, domine le fleuve et le commande par un redan dont les murailles descendent vers lui en gradins; elle surveille la montagne proche et le beau pont en pierres de cent cinquante mètres de long, attribué tantôt à Moulay Ismael, tantôt aux Portugais, comme il arrive souvent. Ce pont de dix arches est le plus grand du monde, au dire des habitants. Les eaux ont ici trente à quarante mètres de large, le courant en est rapide, la profondeur considérable : on ne peut les traverser qu'en des gués peu nombreux; hors de ces points il faudrait se mettre à la nage : elles sont encaissées entre des berges s'élevant de douze à quinze mètres au-dessus de leur niveau. Auprès de la kasbah, deux faubourgs ; autour de cet ensemble, pas de jardins, pas un arbre, pas un fruit, pas un brin de verdure.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 23 Juil - 7:05

page 58


- L'Oum-er-Rbia.

Une kasbah, une mosquée, un pont, éléments essentiels de la vieille politique locale. La kasbah par laquelle le Makhzen protège, surveille, attaque; la mosquée par laquelle le sultan, descendant du Prophète, affirme à la limite de son domaine, la foi islamique d'origine étrangère qu'il représente en face des vieux cultes, qu'habille un voile d'islamisme, superficiel souvent, et dont le traditionnalisme, gage quelque peu païen d'indépendance, satisfait le Berbère. Un pont pour lancer des attaques vers la montagne, ou plus souvent l'attirer par la voie moins dangereuse des échanges commerciaux. Au vieux temps, cela suffisait; à quoi bon se préoccuper d'efforts qui ne répondissent pas directement au but pratique poursuivi? On eut conservé des jardins s'il s'en fut trouvé là. Il n'y en avait pas à Kasbah Tadla; on n'en créa point. C'eut été civiliser : il fallait seulement commercer ou faire la guerre... La France a planté des arbres.
Le pont franchi, du lit de l'Oum er Rebia au pied de la montagne, ce n'est qu'une large plaine, unie comme une glace; pas une ondulation; pas une pierre; le sol est une terre brune : des champs le couvrent en entier et s'étendent à perte de vue; des ruisseaux à eau claire et courante, une foule de canaux les arrosent; douars immenses et superbes, composés chacun de plus de cinquante tentes, distants à peine d'un kilomètre les uns des autres : ils forment deux longues rangées qui s'étendent parallèlement au ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 23 Juil - 7:07

page 59


- La plaine du Tadla s'étend à perte de vue.

... pied de la chaîne et se développent en lignes noires jusqu'à l'horizon. A l'entour, paissent chameaux, bœufs et moutons en troupeaux innombrables. La contrée est enchanteresse : point d'heure où l'on ne traverse un cours d'eau, point d'heure où l'on ne rencontre un village, des vergers.
Par l'échancrure de l'Oued Derna à la hauteur de Tagzirt, le regard quittant cette plaine fertile plonge un instant vers le cœur de la montagne. Quel contraste soudain en quelques centaines de mètres. Une nature âpre, des pentes caillouteuses tantôt verdies par les arbousiers, tantôt grises dans les parties dénudées, la nature fruste dans toute sa sauvagerie; rien ne se distingue plus dans le paysage : les animaux, les hommes, les hameaux dispersés dans les gorges se fondent dans l'ensemble du paysage vide en apparence.
De modestes agglomérations tournent le dos à cette sévérité, accrochées, qu'elles sont, sur le versant du massif, face à la plaine.
Voici Fichtala, autre kasbah en ruine de Moulay Ismael, petit centre à part, siège d'une zaouia dont les chefs sont souverains absolus du lieu, située sur les premières pentes de la montagne, parmi des côtes ombragées d'amandiers, au pied de grands rochers ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 23 Juil - 7:08

page 60


- Douar du Tadla.

... où une foule de ruisseaux bondissant en cascades tracent des sillons d'argent, au milieu de jardins merveilleux comparables à ceux de Taza et de Sefrou. Un peu plus loin est Ait Saïd, gros village de trois cents à quatre cents maisons, le principal de la fraction. Ces châteaux servent de magasins pour les grains et les autres provisions. Ici, tout village, toute fraction a une ou plusieurs tighemts où chaque habitant, dans un local particulier dont il a la clef, met en sûreté ses richesses et ses réserves. Des gardiens sont attachés à chacune d'elles.
Au sud de l'Atlas, règne une autre méthode. Là ce n'est plus le village qui réunit ses grains en un ou plusieurs châteaux, c'est la tribu qui emmagasine ses récoltes dans un ou plusieurs villages. Ces villages portent le nom d'agadirs. Vers Tazenakht, je les verrai sur ma route, remplacer les tighemts. Dans la première région, chaque hameau, en temps d'invasion, peut opposer séparément sa résistance; dans la seconde, la vie de la tribu entière dépend d'un ou deux points : dans l'une, j'aurai chaque jour le spectacle d'hostilités de village à village; dans l'autre, ce n'est qu'entre grandes fractions qu'on se fait la guerre.



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page 61


- Échancrure de l'oued Derna à Taghzirt.




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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 23 Juil - 7:10

page 63


- Foum el Anceur.

Le voyageur insiste sur les aspects différents de ce qui correspond pourtant à un même phénomène social, plus diversifié par les apparences et le vocabulaire que par son fond même. Cette institution des magasins collectifs nommés dans l'est tighemt, dans l'ouest agadir est une des caractéristiques de la Berbérie. Sauf peut-être dans les grandes vallées centrales de la province du Sous, chaque hameau, chaque village ou chaque canton possédait dans cette région, il y a plusieurs siècles, son magasin à l'intérieur duquel les familles amassaient toutes leurs provisions et qui servait de refuge à la population et aux troupeaux en cas de péril. « L'usage, précise M. Robert Montagne (1), de l'agadir est si général que l'on en arrive à conserver dans chaque maison les provisions d'une seule journée. Chaque matin le chef de famille s'en va chercher au magasin du canton les vivres nécessaires afin, dit-il, que les femmes ne gaspillent pas le bien de Dieu. »
Cette institution des magasins collectifs est une bien curieuse manifestation de psychologie sociale chez les Berbères. Ceux-ci sentent la nécessité de se grouper mais leur ...

(1). Le capitaine de corvette Robert Montagne, directeur d'études à l'institut des Hautes Études Marocaines et aujourd'hui directeur de l'Institut Français de Damas, a précisé ces questions dans les très remarquables ouvrages qu'il vient de publier : Les Berbères et le Maghzen dans le sud du Maroc (essai sur la transformation politique des Berbères sédentaires, groupe Chleuh) ; Un magasin collectif de l'Anti-Atlas, in Hespéris 1929; Villages et Kasbahs berbères, tableau de la vie sociale des Berbères dans le sud du Maroc, auxquels sont empruntées ces citations.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 23 Juil - 7:11

page 64


- Magasin collectif du Tadla.

... individualisme poussé à l'extrême se refuse à toute forme de groupement qui amènerait la confusion dans une masse commune de leurs biens particuliers. Ni communisme, ni collectivisme, une association pour le gardiennage de réserves restant individualisées ; pas même un syndicat, une coopérative, mais une manière de banque dans laquelle chacun possède son coffre-fort. Au reste, continue M. R. Montagne « les agadirs sont d'ailleurs assez peu nombreux pour qu'un observateur aussi attentif que Ch. de Foucauld, en traversant deux fois l'Anti-Atlas en 1883, — sans s'écarter il est vrai des chemins principaux — ait pu négliger de les signaler ou se soit entièrement mépris sur leur véritable usage. »
Quoiqu'il en soit, le phénomène, s'il n'a pu exactement l'interpréter, n'a pas échappé à Foucauld, véritable précurseur dont les notations sont ainsi mises au point par les soins assidus des spécialistes qui aujourd'hui lui ont succédé.
Le chemin continue à longer le pied de la montagne : sol terreux, semé de quelques pierres; à gauche, l'Atlas rocheux et boisé; à droite la plaine du Tadla s'étendant à perte de vue comme une mer; aussi loin que l'œil peut distinguer, elle est couverte de cultures jusqu'à Kasbah Béni Mellal, construite au pied même de la montagne, sur une côte douce qui joint celle-ci à la plaine; ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 23 Juil - 7:12

pageb 65


- Tighremt.

... de superbes jardins tapissent cette côte; vers le Nord ils s'étendent fort loin, au sud ils s'arrêtent brusquement devant une falaise de pierre qui se dresse à un kilomètre de la ville. Au pied de cette muraille., jaillissent, du sein du rocher, les sources qui arrosent Kasbah Béni Mellal : les eaux en sont d'une pureté admirable et d'une abondance extrême; on les a réparties en six canaux : chacun d'eux forme un ruisseau de deux mètres de large et de trente centimètres de profondeur; ensuite elles sont distribuées à chaque maison, à chaque clos, par une foule de petits conduits courant en toutes directions. Bien que ces eaux forment un volume total considérable, elles se perdent dans les jardins de la ville et dans la plaine du Tadla sans atteindre l'Oum er Rebia à leur confluent naturel.
Foucauld admire une petite cité propre, riche. Rues larges, maisons neuves et bien construites : elle doit sa prospérité à ses immenses vergers dont les fruits s'exportent au loin : raisins, figues, grenades, pêches, citrons et olives, aussi remarquables par la qualité que par l'abondance.

Peu de temps avant l'arrivée du voyageur, la manière administrative usitée en ce temps-là avait une fois de plus arrêté la vie locale. Une partie de la population, considérant les obstacles que l'anarchie mettait à la prospérité du pays, s'était prise à désirer ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 23 Juil - 7:13

page 66


- Beni Mellal.

... un autre régime, à souhaiter l'annexion au Bled el Makhzen. Les autres habitants restaient attachés à leur indépendance et rejetaient toute pensée de soumission. Sur ces entrefaites, Moulay el Hassan, à la tête d'une armée, envahit le Tadla. Il arrive devant Kasbah Béni Mellal : à son approche, tout ce qui lui était hostile abandonne la ville et se retire dans la montagne ; le parti sultan reste, et lui envoie une députation l'assurer de son dévouement. Comme réponse, il impose les Béni Mellal de cinquante mille francs : les présents paieront pour les absents. Inutile d'ajouter qu'aujourd'hui il n'y a plus de parti du Makhzen dans la kasbah. Partout le dénouement est le même : on ne tarde pas à s'apercevoir que le Makhzen n'est rien moins que le gouvernement rêvé. Pas plus de sécurité qu'auparavant : les voleurs plus nombreux que jamais; enfin les rapines des Caïds ruinant le pays en un an plus que ne l'eussent fait dix années de guerre. Aucun bien ne compense de grands maux. Aussi cet état ne dure-t-il pas. Après deux ou trois ans de patience, souvent moins, voyant qu'il n'y a rien à espérer, on secoue le joug et on reprend l'indépendance.
La tragicomédie des Grenouilles qui demandent un Roi se ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 23 Juil - 7:14

page 67


... jouait périodiquement autrefois dans ces régions, mais alors que chez le Fabuliste, le peuple coassant doit garder le
... Roi qui se remue
Qui les gobe à son plaisir,
Qui les croque, qui les tue
moins patients les igoura (grenouilles en chleuh) reprennent pour un temps l'état démocratique.
Au mois d'avril 1930, les abords de la kasbah à Béni Mellal, voyaient la soumission des derniers dissidents Ait Said ou Ichou ; après avoir fui longtemps par crainte de notre contact, ils avaient enfin compris que les antiques méthodes étaient périmées.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 25 Juil - 8:21

page 69



OUAOUIZERT
OU QUE ALLAH TE PROTÈGE!

A la porte de la kasbah de Béni Mellal, chacun a repris son chemin. Le petit-fils du Sid est reparti vers Boujad ; Foucauld se dirige vers la montagne. Il pourrait suivre le Dir, les croupes qui bordent la plaine et, par une voie facile, aller à Marrakech. Mais il ne s'agit point de route commode, de promenade touristique, un problème se pose : qu'y a-t-il au revers de ces crêtes? Du danger? Il est partout. Du nouveau à découvrir? En route, car l'occasion est là de pénétrer par delà les premières cimes, la vie montagnarde. L'occasion : c'est l'existence chez les Ait Atta à Ouaouizert d'un assez gros mellah.
Et de grimper un sentier difficile, sur des pentes escarpées et boisées, d'une épaisse forêt de lentisques, de caroubiers, de pins, coupée de clairières éparses. Une foule de ruisseaux dévalent à travers des roches chaotiques. La montée est si dure, la descente si raide que nos troupes ont dû tracer de vertigineux lacets pour franchir la masse du Djebel Rnim qui de ce côté défend l'accès de l'oued el Abid et forme cette « courtine », comme dira plus tard ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 25 Juil - 8:24

page 70


- Tighremt de Ouaouizert.

... Lyautey, laquelle interdit la pénétration dans la vallée. Le pays est quasi désert. Les habitations rencontrées étaient d'aspect misérable : tantôt de petites maisons de deux mètres de haut, construites en pisé, couvertes en terrasse, la plupart situées à mi-côté et à demi enfoncées sous terre, tantôt de simples huttes de branchages. Pourtant la cime franchie, à mesure que se rapproche le fond de la vallée, le paysage se fait plus riant.   La   montagne   n'est que bois et pâturages; sur  les pentes   douces, dans les vallées, dans la plaine d'Ouaouizert, le sol est fertile : on y voit des jardins et des cultures florissantes ; l'eau abonde partout.
Les habitants, les Ait Atta, fraction des Ait N'Oumalou, les fils de l'ombre, sont peu riches pourtant quoique rien ne manque à leur pays pour être prospère. Mais ils négligent les travaux des champs, leurs troupeaux mêmes sont peu nombreux. Aussi est-ce une tribu de pillards dont une bonne partie ne vit que de zetatas, de vols, de rapines de tout genre.  Foucauld allait bientôt s'en apercevoir.
A travers un assez large cirque dont des crêtes élevées ferment l'accès, coule l'oued el Abid. La rivière puissante dont la source voisine celle de la Moulouia, a creusé pour entrer comme pour sortir de cette plaine des gorges profondes. Sur la rive droite, ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Sam 26 Juil - 7:39

page 71


- Cavaliers berbères.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Sam 26 Juil - 7:41

page 73


- Vergers de Ouaouizert.

... à quelque distance du cours d'eau, Ouaouizert, vaste verger, éparpille de petits groupes de maisons. D'imposants tighemts aux murs rouges, patines, dentelés de meurtrières, aux terrasses défendues par des créneaux aux découpages bizarres, se groupent sur les saillies dénudées en dos de crocodiles qui trouent la masse de verdure. Près de l'une d'elles, le mellah tasse ses taudis vers lesquels Foucauld se dirige, après avoir contourné le sanctuaire de Sidi Mohand ou Mohand, le santon local, et les ruines d'une kasbah chérifienne, la plus avancée qu'ait construite Moulay Ismaël dans ces parages inaccessibles même aux sultans. L'endroit était — est — d'importance stratégique fort grande; le tenir c'est tenir à travers le massif un point de passage fréquenté vers l'Algérie, les côtes atlantiques, le Sahara. Au carrefour, les informations abondent, Foucauld n'entend-il pas causer ici du voyage d'un Chrétien habillé en Musulman, qu'il identifie avec Oscar Lenz! Et le séjour se serait prolongé quelque peu si la rapacité d'un Israélite n'avait été cause d'un petit drame.
Pour paraître alléger les frais du voyage, les deux Juifs, Foucauld et Mardochée transportaient une pacotille dont ils semblaient ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Sam 26 Juil - 7:44

page 74


- Mellah de Ouaouizert.

... faire commerce. A leur habitude, ils avaient déposé leurs bagages dans la synagogue de Ouaouizert où le chef de la communauté Meyer Malka leur avait donné l'hospitalité. Or, une nuit, Foucauld réveillé par un frôlement, bondit sur une ombre, un Juif de Ouaouizert, Izzou Amenar, qui malgré la sainteté du lieu, tente de s'emparer des maigres richesses. La raclée qui corrigea le voleur fut si bien appliquée qu'elle étonna le mellah peu habitué à tant de vigueur, et de peur d'être compromis par le prestige d'une poigne inaccoutumée, Foucauld dut partir en hâte. Mais les cancans allèrent leur train ; les Ait-Atta, lorsqu'ils apprirent plusieurs mois après, la visite d'un chrétien déguisé, voulurent saisir ce prétexte pour piller le mellah afin de le punir de la complicité qu'ils lui attribuaient dans l'aventure. Meyer Malka dut dépenser des trésors d'éloquence — pour le moins — afin de faire admettre aux pillards qu'il avait été lui-même trompé. Foucauld avait frisé la mort de près. Sa modestie dans son livre fait silence sur l'incident. Trente-neuf ans après l'événement, un témoin se trouva pour en donner les détails. Où? à Ouaouizert!
Le 26 septembre 1922, les troupes françaises après de difficiles ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Sam 26 Juil - 7:57

page 75


... opérations, campaient dans les vergers. La bourgade était abandonnée. Pourtant, un « être crasseux, sordide, la barbe et les cheveux incultes, la tête enveloppée d'un mouchoir à pois blancs, sale et gras, se présente au camp. On lui pose mille questions auxquelles le pauvre hère répond tant bien que mal en tremblant. Quelqu'un dit : « Pourquoi ne t'es-tu pas sauvé comme les autres? — Je suis vieux. — Tu n'as donc pas peur des Nzrani? » Un rictus en manière de sourire plisse le visage du Youdih : « Je les connais depuis bien longtemps. » Et Makhlouf Malka neveu de Meyer, l'hôte de Foucauld, raconte qu'il y a bien des années, son oncle avait reçu un rabbi de Jérusalem accompagné d'un « Askinazi » (un Russe ou un Balkanique). Celui-ci était un homme de taille moyenne, mince, le visage bronzé. Il était vêtu d'un tchamir, ou chemise marocaine en cotonnade, et d'une djellaba de laine dont il rabattait le capuchon sur sa figure; il était chaussé de belrahs. Il semblait ignorer l'arabe et, quand il parlait à son compagnon, c'était « dans une langue inconnue ». Il avait comme bagages un stock de verroteries, dont il faisait commerce (1). La crainte des représailles avait ancré ces souvenirs dans la cervelle de l'enfant.
Un an après, pour fêter le double anniversaire du séjour de Foucauld et de notre installation, un monument était inauguré par le général Daugan à l'emplacement sur lequel s'élevait quarante ans auparavant la synagogue témoin du petit drame. Une plaque de cuivre gravé rappelle et la « Reconnaissance » de l'explorateur et la prise de possession par la France.
Pourtant, si vous allez à Ouaouizert, ne cherchez pas la plaque sur le monument, elle est conservée à quelques pas de là dans la salle d'honneur du poste. La précaution est sage, car malgré nos efforts, quelques années ne suffisent pas aux tribus pour dépouiller le vieil homme. Et une plaque de cuivre poli reste ...

(1) G. BABIN : La mystérieuse Ouaouizert.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Sam 26 Juil - 8:05

page 76


- Les toits en terrasse d'un village Ait Atta.

... bien tentante pour les anciens hôtes du mystérieux Rabbi d'antan.
Après le vol interrompu, le départ se hâte. Il ne faut point songer à pousser vers le sud; le pays est hostile en ce temps-là comme aujourd'hui sur la rive gauche de l'oued el Abid. La rivière coule de ce côté au pied même de hautes montagnes boisées que tigrent de loin en loin et jusqu'à l'extrême sommet les taches, toutes jaunes à la veille de la moisson, de quelques champs d'orge. Vers l'est, même difficulté. D'ailleurs, c'est le Sahara occidental que Foucauld veut atteindre. Donc, route plein ouest. Un seul chemin? Celui que s'est ouvert à travers le massif l'oued lui-même.
La piste, d'abord facile, traverse des paysages riants, forêts d'oliviers dans lesquelles s'égaillent un grand nombre de villages entourés de cultures et que dominent tous, les quatre pignons pyramidaux dont est couronné chaque tighemt en terre rouge. On arrive ainsi jusqu'au lieu dit Bin el Ouidan, l'Entre deux rivières, au confluent de l'oued el Abid et de l'oued Ahansal. Au pied d'une haute falaise, aujourd'hui couronnée d'un poste de surveillance, les eaux jaunâtres du premier se mêlent aux eaux claires du second. Il ne faut point essayer de trouver un gué au voisinage du ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Sam 26 Juil - 8:08

page 77


- Le défilé de l'oued el Abid.

... confluent, sauf à l'extrême été, tant le volume débité est considérable. Autrefois, on empruntait pour franchir l'obstacle un dispositif composé de deux fortes piles de maçonnerie établies l'une de chaque côté de la rivière; en leur milieu sont fixés de gros troncs d'arbres, auxquels s'amarrent les cordes servant au passage. Aujourd'hui, un pont métallique jeté d'une rive à l'autre a supprimé les hasards du gué et permet, par une route en lacet tracée à même le roc, de gagner le sommet de la falaise et de contempler le panorama d'ensemble de la cuvette de Ouaouizert.
Foucauld n'a point un chemin si commode. Il marche tantôt le long de ses rives, tantôt à mi-côte de ses flancs, suivant les difficultés du terrain; elles deviennent bientôt très grandes. L'oued el Abid, en sortant de la plaine, s'enfonce dans une gorge profonde; le bas en a juste la largeur de la rivière; les côtés sont deux murailles de grès qui atteignent par endroits plus de cent mètres de hauteur; au-dessus, se dressent les massifs mi-terreux, mi-rocheux de la chaîne au travers de laquelle l'oued se fraie si violemment passage. Leurs pentes, souvent escarpées, sont raides partout. C'est avec la plus grande peine qu'on suit la vallée ; rarement on peut marcher au fond : il est occupé par les eaux; le ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Sam 26 Juil - 8:11

page 78


- Sortie des étranglements de l'oued el Abid.

... chemin tantôt serpente dans la montagne, au-dessus des parois de la gorge, tantôt est taillé dans le roc, au flanc même de ces parois, et surplombe la rivière. Ce sont des passages extrêmement difficiles, les plus difficiles que j'aie jamais trouvés. Ils se franchissent pourtant trop vite au gré du voyageur. L'œil ne se lasse pas de contempler ce large cours d'eau roulant ses flots torrentueux, entre d'immenses murailles de pierre, au pied de ces montagnes sombres, dans cette région sauvage où le seul vestige humain est quelque tirremt suspendue à la cime d'un rocher.
Les hautes montagnes que traverse la vallée de l'oued el Abid sont, à l'exception des places cultivées, entièrement boisées : oliviers sauvages, pins, mêlés parfois de lentisques et de caroubiers. Par instants, le fond de la gorge se resserre au point de n'avoir que trente mètres de large; par moment, il s'étend un peu et a jusqu'à cent mètres : en ces endroits, d'autant plus fréquents qu'on avance davantage, les bords de l'oued se garnissent de lauriers-roses, les parois de la vallée s'abaissent et s'inclinent; quelques arbres poussent aux fentes des rochers. La gorge, jusqu'au point où la rivière sort de l'Atlas, présente donc l'aspect suivant : une série d'étranglements très étroits unis par des défilés,
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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Sam 26 Juil - 8:14

page 79


... lesquels, resserrés au début, s'élargissent peu à peu, à mesure qu'on descend.
Des étranglements resserrent encore par moments la vallée, mais de chacun d'eux, elle sort plus large,
comme désagrégée par la pression de Feau tumultueuse. Que de force perdue, et avec elle de richesse! Nos ingénieurs l'ont bien vu, et le grand projet de barrage à l'étude, en permettant de capter des trésors de houille blanche, apportera bientôt au Maroc atlantique le courant électrique qui compensera la pénurie charbonnière de son sous-sol, dans ces régions.
Dans la plaine, la route est plus douce, la sécurité s'accroît avec la prospérité qu'apportent de grosses rivières et la double Teçaout Tahtania (inférieure) et Fouquia (supérieure) à laquelle ses eaux vertes ont valu le nom d'oued Akhdeur.
Si les cimes restent pierreuses, tristes, avec ça et là les bras tachetés de la vénéneuse euphorbe, ce Tikiout spécialement signalé par Foucauld, au flanc des coteaux, au fond des ravins, sur les sommets, s'élèvent une foule de villages entourés de grandes plantations d'oliviers, avec des haies de cactus; à chaque instant, jardins immenses à végétation superbe, à arbres séculaires. C'est au travers de ce beau pays qu'il parvient à Demnat.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 30 Juil - 8:07

page 81



DEMNAT  — TELOUET —  TIKIRT
D'UN BORD A L'AUTRE DU HAUT ATLAS

TROIS centres importants jalonnent le passage de l'Atlas de leurs aspects caractéristiques si nettement différenciés. Demnat, dans la plaine septentrionale, est symétrique par sa position à Tikirt par delà les monts, sur le sommet desquels s'accroche Telouet : centre sur le versant atlantique, centre de la haute montagne, centre sur le versant saharien, c'est-à-dire trois formes de groupements humains qui empruntent à leur ambiance géographique, comme à leur destin historique, des physionomies propres; ils ont joué et jouent des rôles distincts, tout en conservant certains traits communs dans l'apparence au moins.
Demnat est entourée d'une enceinte rectangulaire de murailles crénelées garnies d'une banquette, efflanquée de tours; le tout est en bon état, sans brèches ni portions délabrées. Trois portes donnent entrée dans la ville. La kasbah a son enceinte à part et est bordée de fossés; ceux-ci, les seuls que j'aie vus au ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 30 Juil - 8:14

page 82


- Kasbah de Demnat.

... Maroc, ont sept à huit mètres de large sur quatre ou cinq de profondeur et sont en partie remplis d'eau. Au milieu de ce réduit s'élèvent la mosquée principale et la maison du caïd. Murailles, kasbah, mosquées, maisons, toutes les constructions de la ville sont en pisé de la couleur brun sombre qui distingue les habitations depuis Boujad.
Demnat est entourée de toutes parts d'admirables vergers, les plus vastes du Maroc. Au milieu d'eux sont disséminés une foule de villages se touchant presque, qui forment comme des faubourgs de la ville. Ces jardins sont renommés au loin ; leur fertilité, leur étendue, la saveur et l'abondance de leurs fruits, les excellents raisins qui s'y récoltent sont légendaires,
et le vin qu'on en fabrique rappelle aux amateurs indulgents le goût du Frontignan. Même particularité à Sefrou. D'ailleurs il y a d'autres rapprochements à faire entre ces deux villes dont les points de ressemblance frappent l'esprit : même situation au pied de l'Atlas, à la porte du Sahara; population égale et composée d'une manière semblable; prospérité presque pareille, même genre de trafic, même caractère doux et poli des habitants; même ceinture d'immenses et superbes jardins. En un mot, ce que Sefrou est à Fès, Demnat l'est à Marrakech.
La ville fut longtemps le centre d'échange entre le désert et la civilisation atlantique. Les tribus lointaines venaient s'y ravitailler en produits fabriqués ; elles y apportaient leurs marchandises : peaux, laines, dattes, et ce trafic faisait de la cité une antenne ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 30 Juil - 8:31

page 83


- Village du Haut-Atlas dans la vallée de l'Asif.

... de civilisation aux confins d'une barbarie à laquelle parfois les murailles solides avaient peine à résister. Pourtant les assauts de la force n'étaient point les plus dangereux et, ici comme ailleurs, la décadence survint du côté où l'on pouvait penser que surviendraient les secours. Peu de temps avant le passage de Foucauld, le sultan envoya un amin d'une rapacité telle que le trafic ne fut plus possible : tout ce qui passait les portes de la cité, quelle quen fût la provenance, fut frappé d'un droit arbitraire si élevé que bientôt les tribus voisines et les caravanes du Sud désertèrent ce marché, et se portèrent en masse sur Marrakech.
Marrakech alors si peu visitée, encore trop connue déjà à ses yeux n'attire pas l'explorateur; il continue sa route vers le sud. A peine de la zaouia de Sidi Rehal, dans le disque enflammé du soleil couchant, donne-t-il, de loin, un regard au minaret de la Koutoubia qui, au milieu de la plaine immense, situe la ville. Il s'enfonce dans l'Atlas, à travers le pays Glaoua.
Par la vallée de l'oued Rdat, puis par l'Assif Mellah, Foucauld s'élève vers le col, le Tizi n'Telouet.
Aux rares endroits où les côtes sont moins abruptes, on rencontre des villages, et à leur pied des cultures et des vergers.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 30 Juil - 8:37

page 84


- Khenif glaoui.

Les villages sont disposés en long : chacun forme plusieurs groupes, échelonnés dans le sens de la vallée. Les plantations s'étagent au-dessous, disposées par gradins; de petits murs retiennent la terre. Les champs sont des champs d'orge et de maïs; des figuiers, des grenadiers, des oliviers, de la vigne et surtout une foule de noyers les ombragent : le noyer apparaît ici pour la première fois.
Pour la première fois également se remarque un vêtement original, d'un usage universel chez les Glaoua, dans le Dra, dans le bassin du Sous, dans la chaîne du Petit Atlas; c'est le khenif : qu'on se figure une sorte de burnous court, de laine teinte en noir, avec une large tache orange, de forme ovale, occupant tout le bas du dos; cette sorte de lune si étrangement placée est tissée dans le burnous même, et les bords en sont ornés de broderies de couleurs variées; le bas du burnous est garni d'une longue frange, le capuchon d'un gros gland de laine noire. La plupart des hommes, enfants et vieillards, musulmans et juifs, portent ce vêtement.
On garde le sommet de la tête nu comme dans le reste du Maroc; mais la bande, large ou étroite, qui se roule d'habitude à l'entour, au lieu d'être de cotonnade blanche est de laine noire. Les belras se remplacent fréquemment par des sandales. On cesse de porter la poudre dans des poires; on la met dans des cornes. Ce sont, soit des cornes naturelles à armature de cuivre, soit, plus souvent, des cornes en cuivre ciselé; elles ne manquent pas de grâce; des
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