Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Meknès et sa Région.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mar 14 Jan - 18:48


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page de couverture



SOMMAIRE



NOTRE MAROC
REVUE TRIMESTRIELLE ILLUSTRÉE

Directeur   :      PAUL    BORY

MEKNÈS ET SA RÉGION

NUMERO    SPECIAL    PUBLIÉ    SOUS    LE    PATRONAGE    OFFICIEL    DE    LA   CHAMBRE D'AGRICULTURE ET DE LA CHAMBRE  DE COMMERCE  ET D'INDUSTRIE DE  MEKNÈS

SOMMAIRE

*...... LIMINAIRE : 3
*...... HISTOIRE   DE   MEKNÈS,   par   Charles   PENZ,   Docteur   ès-lettres.   Maître   de   conférences   à l'Institut des Hautes Etudes Marocaines : 5  
*...... L'AGRICULTURE FRANÇAISE DANS LA RÉGION DE MEKNÈS, par G. AUCOUTURIER, Président de la Fédération des Chambres d'Agriculture du Maroc et de !a Chambre d'Agriculture de Meknès : 11
*...... MEKNÈS   D'HIER   ET  D'AUJOURD'HUI  :      14
*...... PERSPECTIVES INDUSTRIELLES, par Charles BOZZI, Président de la Chambre de Commerce et  d'Industrie  de  Meknès  :       15
*...... L'ÉLEVAGE DANS LA RÉGION DE MEKNÈS, par Pierre AMBROSINI, Président du Syndicat d'Élevage de  Meknès  et de la Fédération des  Syndicats d'Élevage au  Maroc.
*...... LA VITICULTURE DANS LA RÉGION DE MEKNÈS, par Yervant MEUNIER, Président de la Section de Meknès de l'Union Syndicale des Vignerons  du Maroc :         21
*...... L'INDUSTRIE   AGRICOLE  DANS  LA RÉGION  DE  MEKNÈS,  par  Louis  GIRAUD,   Ingénieur Agricole E.N.G., Président de la Chambre Syndicale des  Fabricants de Conserves  de Légumes : 25
*...... L'ENTREPRISE DE TRAVAUX AGRICOLES, par Léon HILAIRE, Vice-Président de la Chambre Syndicale des Entrepreneurs Français au Maroc de Meknès : 27
*...... LES CÉRÉALES ET LÉGUMINEUSES DANS LA RÉGION DE MEKNÈS, par Laurent BERTIN. Président de la Société des Docks Coopératifs de la Région de Meknès  :      31
*...... LA FORÊT MAROCAINE DANS LA RÉGION DE MEKNÈS, par le Colonel B. HURE, Conservateur  des  Eaux  et  Forêts   :       35
*...... L'ENSEIGNEMENT A MEKNÈS   :      36
*...... L'ARCHITECTURE A MEKNÈS, par Gaston GOUPIL, Architecte D.P.L.G., Président du Conseil Régional de l'Ordre des Architectes du Maroc (Rabat et Nord Marocain)   : 43
*...... LES VOIES ROUTIÈRES DANS  LA RÉGION DE MEKNÈS   : 49
*...... LE  TOURISME  A  MEKNÈS   : 53
*...... SPORT ET PLEIN AIR DANS LA RÉGION DE MEKNÈS, par Jean PREVEL, Délégué Régional du Service de la Jeunesse et des Sports   : 56
*...... LE SANATORIUM, par le Docteur Albert JUGNET   : 59
*...... UN QUART D'HEURE AVEC PAUL NERI   : 61
*...... IFRANE - CAPITALE TOURISTIQUE DU MOYEN-ATLAS  : 63
*...... UNE NOUVELLE STATION DE SPORTS D'HIVER : LE MICHLIFFEN, par Guy EVIN, Contrôleur Civil,  Chef des  Services Municipaux d'Ifrane :   67
*...... MEKNÈS, BERCEAU ET CŒUR DE L'ARBORICULTURE FRUITIÈRE MAROCAINE,  par Léon BODE, Ingénieur de l'I.C.A.M   :    73
*...... ASPECT ÉCONOMIQUE  ET TECHNIQUE  DU  PROBLÈME VITICOLE  MAROCAIN,  par Léon BODE,  Ingénieur  de l'I.C.A.M :       77
*...... AZROU. :       83

"NOTRE MAROC" 97, Boulevard de la GARE CASABLANCA. CHÈQUES    POSTAUX    RABAT   7.105. DIXIÈME    ANNÉE

ABONNEMENTS UN AN - 1.500 FRANCS, y compris LES NUMÉROS spéciaux
-AVRIL  1951- PRIX :   150   FRANCS


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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 16 Jan - 16:40

page 2


- LE NOUVEL HOTEL DES POSTES, TÉLÉGRAPHES ET TÉLÉPHONES A PRIS PLACE MAINTENANT DANS LE DÉCOR URBAIN DE MEKNÈS. DONT IL CONSTITUE L'UN DES PLUS BEAUX ENSEMBLES ARCHITECTURAUX : TOUTES LES PROMESSES DE L’ÉLÉGANTE MAQUETTE, QUE NOUS REPRODUISONS D'AUTRE PART, ONT ÉTÉ TENUES. A DROITE, A L'ARRIÈRE-PLAN, ON DISTINGUE LES PREMIERS BÂTIMENTS DU NOUVEL HÔPITAL EN CONSTRUCTION. L'HORIZON EST BARRE PAR LA CRÊTE DU ZERHOUN.



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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 16 Jan - 16:43

page 3


LIMINAIRE

II n'est pas possible de présenter en une centaine de pages tous les aspects de Meknès : cette ville, quand on s'y promène, quand on écoute les hommes qui y travaillent, se révèle si riche et si dynamique sur tous les plans que l'on ne sait plus ce qu'il convient d'admirer et de montrer en premier lieu.
S'il est relativement facile de caractériser certaines cités, ici, devant Meknès, on ressent cruellement l'embarras du choix, Meknès agricole mérite un numéro spécial, Meknès industriel et commercial en mérite un autre. Un troisième pourrait être consacré à Meknès touristique, L'histoire de Meknès, des Romains à Poeymirau en passant par Moulay Ismaïl, mérite un quatrième ouvrage.
Force nous a été de nous limiter, et, si embarrassant que fût le choix, force nous a été de choisir. Nous avons cherché du moins à montrer les aspects essentiels et les principaux traits du visage de Meknès en 1951.
Au seuil du nouveau demi-siècle, la ville de Moulay-Ismaïl apparaît comme une cité prospère et laborieuse - prospère parce que laborieuse. - Les Français qui ont créé la ville nouvelle en face de la ville impériale ne se sont pas contentés de faire œuvre d'urbanistes. Ils ont aussi mis en valeur les nombreuses ressources d'une région qu'on pouvait déjà considérer au temps des Romains comme le grenier du Maroc.
L'activité de la ville et de sa région se trouve affirmée de façon concrète et spectaculaire par la Foire de Meknès, qui occupe une place de choix dans le calendrier des grandes manifestations économiques du Protectorat. Suivant les propres termes du général Juin, cette Foire est « une illustration remarquable de la mise en valeur de la terre marocaine ». Elle témoigne aussi « de l'activité commerciale et industrielle sans laquelle l'effort agricole n'aurait pu créer la Métropole régionale qui fut celle de Poeymirau le légendaire pacificateur du Moyen-Atlas et que nous voyons grandir chaque jour, digne de son glorieux passé et de l'avenir que nous lui bâtissons en commun ».
Le visage moderne de Meknès est dessiné par une pléiade d'architectes qui savent placer des maisons aux proportions heureuses dans un très beau décor. La montagne du Zerhoun sert de toile de fond au paysage, et Meknès, malgré son activité, est une ville humaine et sereine, où l'homme se trouve à son aise.
Les entrepreneurs qui construisent sans arrêt, et les colons qui obtiennent de la terre les dons les plus variés sont eux aussi à l'honneur dans ce numéro spécial qui veut « résumer » Meknès. Il faut louer l'esprit coopératif qui anime ici les hommes, et qui permet au travail de chacun de s'intégrer fructueusement dans le labeur de la collectivité.
Bien que ce « Liminaire » ne soit pas un palmarès, nous voulons nommer parmi les meilleurs artisans de cette réussite qu'est Meknès, M. Aucouturier, président de la Chambre d'Agriculture, et M. Bozzi, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie. Nous associons à leurs noms celui de M. Pagnon, qui est inséparable du développement de Meknès.
Cette ville a d'autre part la chance d'attirer les administrateurs de valeur. Grâce à leur esprit d'initiative, de grands travaux sont réalisés, de superbes édifices administratifs sont élevés, de larges rues sont tracées. Il semble qu'une fée bienfaisante ait détourné de Meknès les hommes incapables et les erreurs qui s'inscrivent sur le terrain d'une façon aussi coûteuse que durable.
Les numéros spéciaux que « Notre Maroc » a consacrés en 1950 à Agadir, à Mazagan, à Casablanca, ont reçu du public un accueil flatteur. Certains sont déjà épuisés, car leur succès a dépassé les prévisions les plus optimistes.
Sans fausse modestie, nous croyons que ce numéro consacré à Meknès aura le même destin. Nous remercions ceux qui, en nous aidant à le faire, nous ont permis de montrer sous son vrai jour un des plus beaux aspects de l'œuvre franco-marocaine réalisée par le Protectorat.
« NOTRE MAROC »



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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 16 Jan - 16:44

page 4


- MALGRÉ LES FILS TÉLÉGRAPHIQUES QUI TISSENT LEUR TOILE ANACHRONIQUE AU-DESSUS DES RUELLES NOUS SOMMES BIEN DEVANT UN TABLEAU DU MOYEN-AGE. CETTE RUE ETROITE DE MEKNES AU CŒUR DE LA MEDINA, RESSEMBLE AUX RUES DE FES. ELLE N'A PAS MOINS DE POESIE ET PAS MOINS DE MYSTERE.

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Jeu 16 Jan - 17:09

page 5



HISTOIRE DE MEKNÈS

par Charles PENZ. Docteur es Lettres, Maître de Conférences à l'Institut des Hautes Etudes Marocaines

L'HISTOIRE de Marrakech est illustrée, sinon résumée par les tombeaux des Saadiens, celle de Fès par la mosquée d'Idriss et les tombeaux des Mérinides. Mais pour comprendre le passé de Meknès, il faut se placer au XVIIme siècle qui fut au Maroc le siècle de Moulay Isrnaïl. Le nom de ce grand sultan, les édifices qu'il fit construire rattachent étroitement la ville aux premiers Alaouites.
C'est aux environs de 1678 que Moulay Ismaïl transféra sa résidence de Fès à Meknès. Jusqu'à cette date la vie de la ville était peu connue du grand public. Seuls les érudits sont capables de la résumer, grâce aux maigres sources de l'histoire des premières dynasties. Il faut savoir d'abord que l'actuelle Meknès est en quelque sorte la ville-sœur de Taza. La tribu zénète des Miknassa en effet se divisa en deux groupes, dont l'un fonda Miknassa Taza, que nous appelons plus brièvement Taza, et l'autre Miknassa ez Zitoun, Meknès les Oliviers, ou Meknès tout court.
Les Almoravides, puis les Almohades occupèrent Meknès, non sans difficultés. Il était normal qu'une ville du Nord résistât aux nouveaux maîtres du Maroc qui venaient du Sud. Au début du XIIme siècle, grâce à la paix almohade, Meknès se repeupla et s'orna de bains et de mosquées.
Son histoire se répète au moment où la dynastie mérinide s'empara du pouvoir. La ville tient tête au sultan Abou Yahia, puis se laisse embellir par Abou Youssef et Abou el Hassan.
Les révoltes et les agitations qui marquent la fin de la dynastie mérinide ruinent en partie Meknès au XVme siècle. Lorsque les sultans ouattassides prennent en mains les rênes du pouvoir, après avoir joué le rôle de maires du palais auprès des derniers Mérinides, Meknès recouvre à la fin sa tranquillité et sa prospérité sous le règne d'Abou Zakaria.
Mais c'est Fès qui prend rang de capitale, et c'est dans cette ville que le sultan ouattasside Ahmed ben Mohammed reçoit au mois d'août 1533 le colonel Pierre de Piton envoyé de François 1er.
Sous les Saadiens, les villes du Nord perdent de leur importance. Marrakech est la capitale préférée des sultans de la nouvelle dynastie. On parle aussi beaucoup de la « république » semi-indépendance de Rabat-Salé, mais on connaît peu Meknès à cette époque.
Il faut attendre la fin du XVIIme siècle et l'avènement du deuxième sultan alaouite pour que la ville se place au premier rang des cités impériales. Sans doute Moulay-Ismaïl a-t-il voulu, en se retirant de Fès, dont son frère et prédécesseur Moulay-er-Rechid avait fait sa capitale, s'éloigner d'une ville fière et turbulente pour se donner une résidence à la fois plus sûre et plus personnelle.

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 16 Jan - 17:16

page 6


- A GAUCHE, DES RUINES QUI, MALGRÉ LEUR DÉLABREMENT. ATTESTENT L’ÉTENDUE DES CONSTRUCTIONS DE L'ANCIENNE VILLE IMPÉRIALE. A DROITE DES ÉDIFICES ENTOURES DE REMPARTS CRÉNELÉS, DES COURS ET DES JARDINS. ON VOUDRAIT, POUR NE PAS SE PERDRE DANS CE DÉDALE DE PORTES, DE COURS ET DE CHEMINS, RECEVOIR LES CONSEILS DE L'UN DE CES « MAJORS D'HOMMES », QUI, AU TEMPS DE MOULAY ISMAIL, SAVAIENT SI BIEN RENSEIGNER LES PÈRES DE LA MERCI OU DE LA TRINITÉ, ET GUIDER
LEUR PAS A TRAVERS L'« ALCASAVE »

On doit reconnaître que le choix de Meknès comme capitale se justifie aussi pour des raisons économiques. Placée au centre d'une des régions les plus riches du Maroc, éloignée de la côte et par conséquent à l'abri des attaques venues de la mer, la cité de Moulay Ismaïl pouvait devenir et devint en effet la tête d'un grand empire.
Le nouveau maître de Meknès se préoccupa surtout de ses propres palais et tous les voyageurs qui visitèrent sa capitale en portent témoignage. Voici par exemple ce qu'a écrit en en 1698 le consul de France à Salé, ce Jean-Baptiste Estelle qui fut l'un des plus actifs représentants de Louis XIV au Maroc.
« La demeure ordinaire du roy de Maroc est à Miquenes, petite ville à vingt-deux lieues de Salle et huit de Fès, assez laide par elle-mesme, mais bien ornée par l'alcasave ou palais qu'il y a fait bâtir, qui contient une fort grande estendue de terrain entouré de plusieurs murailles fort hautes et assez fortes avec plusieurs belles portes enrichies de colonnes de marbre. Il y a deux belles mosquées, quarante-cinq et tant de grandes maisons très belles. On y entre par de grandes portes bien travaillées, où l'on trouve d'abord une galerie couverte d'environ trente grands pas, au bout de laquelle on trouve encore une grande porte, par laquelle on entre dans des cours d'une fort grande estendue faisant un caré avec de fort belles galleries soutenues par des piliers de marbre, tellement qu'à deux que j'ay veu, j'en comptay soixante-six à l'une et à ...

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 16 Jan - 17:26

page 7


- CETTE PHOTOGRAPHIE PRISE A L’INTÉRIEUR D'UNE MEDERSA MONTRE L'ADMIRABLE FINESSE DES DÉCORATIONS DE BOIS ET DE PLÂTRE QUI ORNENT CERTAINS ÉDIFICES MAROCAINS. LE BAS DES PILIERS, DE CHAQUE-COTE DE LA PORTE, EST RECOUVERT DE ZELLIGES.

- SOUS UNE VOUTE D'ARCADES, QUE LES SIÈCLES ONT ENDOMMAGÉES, SE TROUVENT QUELQUES UNS DES MAGASINS A GRAINS DU CÉLÈBRE SULTAN MOULAY ISMAIL. CE « HERI » ET SITUE DANS L'ANCIENNE VILLE IMPÉRIALE, QU'ON PEUT ADMIRER SANS POUR CELA LA COMPARER A VERSAILLES.

... l'autre soixante. Ces colones ont sept grands pas de distance de l'une à l'autre. A chacune de ces cours, il y a quatre apartemens qui règnent à la face de ce caré, au milieu duquel est une belle fontaine. Ses apartemens sont magnifiques en dedans, les murs y sont en plus grande partie garnis de marbre blanc ; du haut jusques au milieu, ce marbre est fort uny ; mais du milieu jusques au planché, ledit marbre est travaillé avec des lettres et chiffres à la moresque contenant les principales actions militaires de ce prince. Le haut de ces apartemens sont presque tous fait en dôme, enrichis de plusieurs peintures et dorures. Les planchers y sont faits avec des petites tuilles blanc, rouge, bleu et noir et posées d'une manière qu'i font un très-bel effet. Les hauts de ces maisons en dehors sont garnis de tuille verte, ce qui paroit jolly quand on aproche Miquenes de deux ou trois lieues, d'où ce château paraît fort beau, estant de beaucoup plus élevé que la ville.
« Tous ces apartemens sont bastis sans plan ; ce qui este en partie la beauté de ce palais ; car on en trouve placés d'une manière qu'i choquent la veue tant aux Chrestiens qu'aux Mores : mais personne n'ose parler contre la fantaisie du roy de Maroc.
« II y a encore des belles escuries, au nombre de six, avec des logemens pour deux cents chevaux à chacune, d'une beauté surprenante. Elles forment chacune deux longues gallerie à droit et à gauche, toutes voûtées à grandes arcades où à chacune d'elle est le logement d'un cheval. A chaque bout est une fontaine avec un abreuvoir et au milieu une fontaine qui sert d'ornement. Outre cela, il y a de très beaux magasins, où il enferme de grandes quantités de bléd, crainte de s'en trouver manquer, s'il survenoit quelque méschante récolte.
« Ce palais peut estre deffendu par plus de deux cents pièces de canons de fonte que ce prince tient des espagnols par la perte du vaisseau le « Realle d'Espagne », qui périt près de Seaute, par la prise de La Mamore et de Larache ; si pourtant elles sont sans affeu, mise l'une sur l'autre que le rouille mangera avec le temps.
« Tous les escrivains qui parleront de ce palais seront différens à cause qu'il ne se passe point de six à sept ans qu'il ne soit rout différent ; car le plaisir du roy de Maroc est ...


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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 16 Jan - 18:22

page 8


- MEKNES,   LA   VILLE   DES   OLIVIERS,   SE   MONTRE   ICI   COIFFÉE   DE   MINARETS,   TELLE   QUE   LA   VIRENT   LES  AMBASSADEURS   A   PERRUQUE ENVOYÉS   PAR  LOUIS XIV A LA COUR  DE  MOULAY  ISMAIL,  TELLE  QUE   LA  VIT  L'ACTIF  CONSUL  JEAN-BAPTISTE   ESTELLE  QUI   RÉSIDA  A RABAT DE 1689 à  1698 ET QUI  FUT SOUVENT REÇU  EN AUDIENCE PAR LE SULTAN EN  SA CAPITALE.

... qu'après qu'un ouvrage est achevé, de le faire abatre, ou selon la plus probable opinion, de ne cesser jamais les travaux qu'il y fait faire pour abatre ses sujets ; car il y en a toujours dix à douze mille qui travaillent continuellement, qui viennent de tous ses royaumes chacun à leur tour ; et s'il faut qu'ils se nourrissent. De manière que, si ce prince vouloit bâtir pour faire de beaux ouvrages, il auroit asseurement de quoy le faire. Il a pour cela tous les ornemens du fameux château de Maroc, qu'il a fait quitter depuis trois ans et conduire à Miquenes, où il y a des colonnes de marbre et de jaspe de la dernière beauté ; outre cela, six chargemens de colonnes de marbre, qu'il a fait venir de Gennes depuis deux ans, qui ont esté débarqués à Larache, Mamore et Sallé »
Un voyageur anglais, Simon Ockley, vient au Maroc quelques années plus tard, et admire fort le palais de Moulay Ismaïl.
« La ville royale de Mekhinez, écrit Ockley, n'a rien de fort extraordinaire que la casbah ou palais du roi, qui est effectivement somptueux et magnifique. Il a au moins un demi-mille de tour. Il est orné d'un grand nombre de cubes et de pyramides, qui font une belle variété et on n'y a épargné ni la fine sculpture ni le marbre ni l'azur. L'endroit du palais où le roi renferme plusieurs de ses femmes et de ses concubines est d'une architecture encore plus belle et plus délicate que le reste et l'édifice est soutenu par cinq cents colonnes pour le moins. Les réservoirs, les bassins, les bains, les citernes, tout y est d'une beauté parfaite. Les maisons de ...


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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 16 Jan - 18:25


page 9


- UN VIEUX MUR MOUSSU SE DÉTACHE DE L'ENCEINTE DE REMPARTS CRÉNELÉS QUI CERNE MEKNES, ET DERRIÈRE LAQUELLE SE DÉTACHE LE MINARET D'UNE DES NOMBREUSES MOSQUÉES DE LA VILLE IMPÉRIALE.

.
.. Mekhinez sont pavées de pierres fines de différentes couleurs taillées et arrangées avec toute la propreté et la symétrie imaginables. »
A la fin du XVIIIme siècle, un voyageur qui porte un nom célèbre, Mathieu de Lesseps, parcourt le Maroc. Son séjour dans l'Empire de Moulay Slimane dure de 1792 à 1798. Voici la description que Lesseps nous donne de Meknès, dans une lettre qui porte la date du 2 juillet 1794 :
« Je me suis associé à Tafilet à une caravane et me suis muni d'une mule et d'un chameau. Après 25 jours de marche, presque toujours dans le désert, je suis arrivé à Méquinez. Cette ville, capitale du royaume de Fez, est bâtie sur un terrain inégal. Elle a été agrandie successivement, se trouve aujourd'hui très étendue, et pourtant peuplée. Ce qui lui reste de mauvaises fortifications a suffit deux ou trois fois, pour soustraire les habitants à la fureur des Berbères. A l'extrémité de la ville, a été élevé le plus beau palais qui soit dans l'Empire. C'est seulement un rez-de-chaussée qui occupe un espace immense. Quoique les bâtiments, les cours, les jardins soient très irrégulièrement disposés, quoique les eaux, les marbres, les ornements soient beaucoup trop prodigués, il résulte de l'ensemble un air de grandeur qui ne déplairait pas aux meilleurs juges en architecture. Le tremblement de terre, qui, en 1755, détruisit Lisbonne, causa des dommages à ce monument unique du goût Maure ; mais le mal ne fut pas aussi grand que les papiers publics l'annoncèrent..
« Méquinez est un des plus agréables séjours de l'Empire. Les hommes y ont quelque urbanité, les femmes y sont généralement blanches, généralement belles ; elles y jouissent de plus de liberté, qu'on ne leur accorde dans les autres pays musulmans.
« La ville n'a qu'un genre d'industrie, mais qui est fort considérable. C'est une manufacture de faïence peinte de plusieurs couleurs ; elle sert de lambris aux murs et de pavé aux appartements. Cet ornement donne aux maisons qui en font usage, un air de propreté et de fraîcheur qui n'est pas sans agrément.
« Les environs de Méquinez ont tous quelque chose de très pittoresque ; dans les vallons, c'est une suite non interrompue de potagers et de vergers, dont les légumes et les fruits sont d'un goût exquis. Les coteaux charment la vue par des cultures extrêmement variées, et par des oliviers conduits avec assez d'art. Ces sites heureux sont embellis et fécondés par des ruisseaux, et des fontaines sans nombre, qui ajoutent beaucoup à l'éclat du tableau. »
Après la mort de Moulay Ismaïl, l'anarchie qui régna au Maroc fit de Meknès la capitale des nombreux et éphémères sultans. Le grand souverain alaouite du XVIIIe siècle, Sidi Mohammed ben Abdallah, résida surtout à Marrakech, mais il ne délaissa pas la capitale de son grand-père Moulay Ismaïl et il fit construire plusieurs mosquées.
Au XIXe siècles, les sultans se fixent tantôt à Marrakech, tantôt à Fès. Cette dernière ville reprend son rang de capitale, tandis que Meknès s'endort dans sa gloire.
Mais il appartenait au Protectorat de réveiller cette belle au bois dormant. La situation centrale de Meknès en fit tout de suite une base excellente pour la pacification que menèrent à bien des chefs au premier rang desquels se place le général Poeymirau.
C'est pourquoi le voyageur qui, en 1950, découvre la ville et la région, constate de ses yeux que la pacification n'est pas un vain mot, ni la prospérité qui en résulte.

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 16 Jan - 18:34

page 10



- LA MOISSON

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Ven 17 Jan - 11:27

page 11


- M. G. AUCOUTURIER, COMMANDEUR DE LA LÉGION D'HONNEUR, PRÉSIDE A LA FOIS LA CHAMBRE D'AGRICULTURE DE MEKNÈS ET LA FÉDÉRATION DES CHAMBRES D'AGRICULTURE DU MAROC. SON AUTORITÉ ET SA COMPÉTENCE DÉPASSENT LES FRONTIÈRES DU PROTECTORAT, PUISQU'IL EST AUSSI VICE-PRÉSIDENT DU COMITÉ DIRECTEUR DE LA CONFÉDÉRATION EUROPÉENNE DE L'AGRICULTURE.

L'AGRICULTURE FRANÇAISE DANS LA RÉGION DE MEKNÈS

par G. AUCOUTURIER. Président de la Fédération des Chambres Françaises d'Agriculture du Maroc et de la Chambre d'Agriculture de Meknès.

Beaucoup de choses ont déjà été dites sur l'Agriculture Française dans cette Région, qui ne se différencie guère, par ailleurs, de toutes les agricultures Françaises Régionales, que par sa grande cohésion.
Composée d'éléments français éprouvés, venant de toutes nos provinces, apportant dans leur vie quotidienne les habitudes, les façons de faire de leur terroir, paysans par dessus tout, nos colons ont, dans la vie de la région de Meknès, et à côté des autres éléments de la population, civile ou militaire, une place de choix.
La Colonisation est une France en miniature ayant su se discipliner, se comprendre, et s'aimer, car c'est bien une grande famille aimante, que cette Colonisation, dont les éléments épars dans le Bled Marocain, venus de toutes les classes sociales, animés de la même ardeur, du même courage, de la même volonté, de la même foi dans l'avenir de la France, travaillent d'arrache-pieds, souvent contre vents et marées, pour donner au Maroc et à leur Patrie ce que la Providence a procuré de meilleur à notre race.
A Meknès, et au départ, le chantier était vaste et peu encourageant. Le vide et la friche étaient les maîtres de cet immense plateau de Meknès, fonction naturelle entre la montagne et la plaine.
Point de démarcation aussi, que se disputaient avant notre arrivée, tribus Berbères et Arabes, Maghzen et Dissidence.
L'insécurité y était grande et la friche prospère. Peu ou pas d'habitants, l'on comprend pourquoi ; et quand le Maréchal Lyautey décida, à la suite du Général Poeymirau et de M. Malet, notre Directeur ...

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Ven 17 Jan - 11:32

PAGE 12


- LES MOISSONS ET LES GERBES OUI FONT LA RICHESSE DE LA RÉGION DE MEKNÈS ONT LE DROIT DE FIGURER AU PREMIER PLAN DE CETTE SAISISSANTE PHOTOGRAPHIE C'EST UNE VÉRITABLE PLAINE DORÉE QUE L'ŒIL EMBRASSE. LA FERME ET LES ARBRES QUI SONT A L’ARRIÈRE-PLAN RESSEMBLENT A DES PERSONNAGES SECONDAIRES. VIRGILE AURAIT PLACÉ CE TABLEAU DANS SES « GEORGIQUES ».

... de l'Agriculture d'alors, de lancer la Colonisation, pour notre Région, beaucoup ont douté, et, pendant plusieurs années, d'un heureux résultat.
Les lots de terre ne trouvaient pas toujours preneur à cette époque, et le défrichement à la pioche étant de rigueur, la mise en valeur allait doucement
L'on trouvait enfin plus de bonne volonté que d'argent, dans la poche de nos pionniers ; le crédit faisait totalement défaut, car la confiance en l'œuvre elle-même était mince, et l'on sait bien que, dans tous les pays, le crédit n'est pas téméraire.
Pas de route, pas de ponts ; des pistes impraticables l'hiver ; difficultés d'acheter ce que l'on pouvait avoir besoin car, presque tout, faisait défaut ; difficultés de vendre notre maigre production, car celle-ci ...

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Ven 17 Jan - 11:44

page 13


... subissait des à-coups auprès desquels les différences de prix et la spéculation actuelle sont jeux d'enfants ; moyens de locomotion extrêmement réduits : cheval ou voitures ; constructions inexistantes : la noualla étant ce qui se faisait de mieux ; le confort ne pouvait se concevoir qu'au futur.
Et c'est ainsi que tous ces gars de France, venant pour la très grande majorité de terminer une guerre particulièrement longue et dure, vinrent dans ce pays s'installer difficilement, et un peu à l'aventure, pour faire de cette région de Meknès, la réalité agricole que l'on peut admirer aujourd'hui.
Ce plateau de Meknès, cultivé comme un jardin, planté de milliers d'arbres fruitiers divers, parsemé de fermes aux frais ombrages, où les cultures et les méthodes de culture les plus nouvelles sont à l'honneur, où le matériel le plus moderne est journellement en action, traversé de chemins et de routes qui lui donnent la vie ; où Marocains et Français, unis dans les mêmes peines, les mêmes préoccupations, et les mêmes joies, œuvrent dans une compréhensive amitié ; où des organisations coopératives agricoles extrêmement variées et poussées, apportent leurs bienfaits ; où la mutualité est à l'honneur ; où écoles, infirmeries, postes, téléphone, électricité donnent à tous, Marocains et Français, ce climat particulier, dont peut, à juste titre, s'enorgueillir cette région, et tout le Maroc Agricole ; ce climat de Paix Française.
Oui, c'est cela l'œuvre Française réalisée par l'Armée et la Présence Française, et où la Colonisation a pris une large part dans tous les domaines, car elle est en contact journalier avec ses voisins et Amis, les Paysans Marocains qui n'ont pas eu de peine à reconnaître en Elle le guide sûr, l'Amie de tous les jours, apportant dans sa tâche journalière cette parcelle d'Amour, dont parlait le Maréchal Lyautey, cette compréhension humaine qui fait du Marocain soumis d'hier, le collaborateur et l'Ami d'aujourd'hui.
L'œuvre de la Colonisation Française, mais elle est autant, et plus, une œuvre morale, qu'une œuvre matérielle ; elle fait du Fellah, de l'homme des champs Marocains, notre égal et notre associé ; elle le fait évoluer sûrement, sans duperie, vers un mieux être, qui n'est pas qu'apparent ; elle se situe dans cette ascension morale de l'humanité, dans ce qu'il y a de meilleur et de plus heureux ; car elle a pour base et pour soutien la Sincérité.
Pour les réalisations matérielles, il n'y a qu'à circuler dans cette Région de Meknès pour voir et comprendre.
Je souhaiterais de tout mon cœur de Français, Ami du Maroc, et Ami des Marocains, que cette Colonisation Française, qui existe dans toutes les régions, mais sous une forme moins condensée qu'ici, se généralise dans tout le Maroc avec la même densité qu'à Meknès, pour y apporter, par une prospère évolution et dans l'association, la collaboration et l'Amitié Franco-Marocaine ; les bienfaits d'une grande et noble action dont la France et l'Humanité peuvent s'enorgueillir ; action animée et dirigée par les grands Proconsuls qui se sont succédés ici.
Le premier, le Maréchal Lyautey, vivra, figure légendaire, encore intensément pendant de longs siècles de l'Histoire.
Notre actuel Résident Général, Monsieur le Général d'Armée Juin, un des disciples du Maréchal, suit sa trace, avec sa vive et compréhensive intelligence, sa connaissance profonde des hommes et des choses de ce Pays, sa cordiale et reconnue bienveillance ; et apporte ici ce qu'il y a de meilleur dans toute œuvre humaine : l'Amour de ce Pays.


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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Ven 17 Jan - 11:50

page 14


- 1920 - L'ESPRIT D'ENTREPRISE ET L'AUDACE DE QUELQUES FRANÇAIS COMMENCENT A TRANSFORMER LE PLATEAU DÉSERT OU VA S’ÉLEVER LA VILLE NOUVELLE DE MEKNÈS. VOICI A CETTE EPOQUE LA RUE DE LA RÉPUBLIQUE.
-1951 - LA RUE DE LA RÉPUBLIQUE EST PARÉE DE VERDURE, LARGEMENT TRACÉE BORDÉE IMMEUBLES A LA FOIS ÉLÉGANTS ET MODERNES, DE MAGASINS REMARQUABLEMENT AGENCÉS, TOUT CONCOURT A DONNER L'IMPRESSION D'UNE AVENUE D'UNE GRANDE VILLE DE FRANCE.


MEKNÈS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI


En 1914 la population européenne de Meknès s'élevait à 150 personnes environ. Le confort n'existait guère... Les maisons indigènes servaient de refuge. Une seule rue ornait le paysage : la rue Rouamzine, un seul hôtel : le Sultan Hôtel. Les premiers commerçants étaient installés dans la susdite rue. C'est en 1917 que commença à s'édifier la Ville nouvelle, à la suite d'un accord entre le Colonel Poeymirau, qui commandait la Région de Meknès, et la Municipalité. La première maison construite fut celle du buffet de la gare de la voie de 0 mètre 60. La poussée immobilière se poursuivit rapidement, et les 150 Européens du début sont devenus plus de 30.000 à l'heure actuelle.
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MessageSujet: Re: Meknès et sa Région.   Ven 17 Jan - 17:20

page 15


- M. CHARLES BOZZI, OFFICIER DE LA LÉGION D'HONNEUR, PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE DE COMMERCE ET D'INDUSTRIE DE MEKNÈS, EST A LA FOIS UN ANIMATEUR ET UN RÉALISATEUR. DE PAR SES FONCTIONS, IL EST HAUTEMENT QUALIFIE POUR EXPOSER A NOS LECTEURS LES «PERSPECTIVES INDUSTRIELLES» DE LA VILLE ET DE LA RÉGION AUXQUELLES IL CONSACRE INLASSABLEMENT SON ACTIVITÉ ET SON DÉVOUEMENT.

PERSPECTIVES INDUSTRIELLES

par Charles BOZZI. Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Meknès.

C'EST devenu aujourd'hui un lieu commun que d'affirmer que Meknès et sa Région tiennent une très grande place dans l'économie Marocaine en raison de la richesse et de son sol et de son sous-sol.
Rappelons en bref quelques chiffres :
1.600.000 quintaux de céréales et légumineuses soit 1/3 de la production générale marocaine 1/9 de l'élevage marocain, 45 % du vignoble marocain, 1 / 4 des ressources dattières, 1/10 de la production arboricole marocaine. Voilà qui se passe de commentaires quant au volume et à la variété de la production agricole de Meknès et de sa Région.
N'oublions pas d'ajouter à ces chiffres ceux de la production forestière qui se traduisent en valeur marchande par un chiffre dépassant cinq cent millions de francs.
Quant au sous-sol depuis longtemps déjà une partie de ses ressources a été mise en œuvre, notamment en matière de plomb, par d'importantes Sociétés qui exploitent les Régions d'Aouli dans le Moyen Atlas et du Haut Ghir.
Depuis de longues années également le massif antimonieux de M'Rirt a fait l'objet de prospections qui se sont révélées des plus intéressantes.
Chacun sait enfin que la région de Khénifra recèle d'impressionnants tonnages de minerai de fer.
Les responsables de la politique d'industrialisation de l'Afrique du Nord - dont les événements de ces dernières années ont démontré la nécessité impérieuse - ne pouvaient évidemment pas ignorer Meknès en égard à l'importance et la variété de ses possibilités.
Déjà d'ailleurs et depuis de nombreuses années Meknès avait tenté un effort sérieux pour l'industrialisation de sa production.
Timidement sans doute mais très courageusement il faut le reconnaître, des efforts méritoires ont été entrepris qui valent que Meknès et sa Région disposent depuis longtemps entr'autres :
— de scieries mécaniques qui ont durant la dernière guerre, rendu de gros services puisqu'elles allèrent jusqu'à contribuer au ravitaillement en bois d'ceuvre de la Tunisie ;
— d'une quarantaine d'huileries permettant le traitement sur place des olives; ...


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MessageSujet: Re: Meknès et sa Région.   Ven 17 Jan - 17:27

page 16


- LA FOIRE DE MEKNES RESERVE, COMME DE JUSTE, UNE PLACE IMPORTANTE AU MATÉRIEL AGRICOLE. SES ORGANISATEURS ONT LE SOUCI D'OFFRIR A LEURS NOMBREUX VISITEURS LES MODÈLES LES PLUS « UP-TO-DATE ». ON VOIT ICI LE GÉNÉRAL JUIN, AVEC M. BOZZI. PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE DE COMMERCE ET D'INDUSTRIE, A SA DROITE, ET M. AUCOUTURIER, PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE D'AGRICULTURE, AU PREMIER PLAN. CETTE PHOTOGRAPHIE A ÉTÉ PRISE LORS DE LA FOIRE-EXPOSITION DE 1950.

...
— de plusieurs usines de crin végétal  ;
— d'une importante usine de filature et tissage susceptible, si elle n'est pas contrecarrée dans ses efforts, d'assurer une grande partie des besoins marocains   ;
— de  plusieurs  distilleries  volantes  pour  le traitement des plantes et produits à parfum ;
— de quelques usines de conserve de fruits et légumes et jus de fruits .
Plus  récemment  c'est  une  usine de crayons qui s'est installée à El-Hajeb.
Aujourd'hui sont en cours d'édification  :
— une distillerie de betteraves sucrières, dont il est prouvé aujourd'hui par des essais intelligemment entrepris depuis de longues années que l'hinterland  de   Meknès   peut   produire  en   quantités importantes.
Sans vouloir préjuger de l'avenir on peut raisonnablement escompter que la mise en marche dans des conditions normales de cette distillerie aura pour conséquence quasi certaine, la création à brève échéance d'une sucrerie.
— des abattoirs modernes et un bloc de frigos correspondants,  seront mis en  exploitation courant mai 1951  à Meknès qui répondront aux besoins de la production et permettront la mise en place   rationnelle  d'un   commerce   d'exportation non seulement de la viande mais encore de certains fruits et légumes ;
— une cimenterie moderne dont la capacité de production annuelle pourra atteindre 300.000 tonnes permettant ainsi de satisfaire aux besoins de l'ensemble du Nord marocain, en offrant à l'entreprise des conditions de prix minima.

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Ven 17 Jan - 17:34

page 17


- CETTE PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE MONTRE L’ÉNORME DÉVELOPPEMENT DE LA VILLE NOUVELLE. MEKNÈS EN 1951 OFFRE AU VISITEUR DE BELLES RUES BIEN TRACÉES, LE LONG DESQUELLES SE PRESSENT DE NOMBREUX ET CLAIRS IMMEUBLES. AU PREMIER PLAN, L'AVENUE DE LA RÉPUBLIQUE, DE LAQUELLE SE DÉTACHE, A DROITE, LE BOULEVARD DE PARIS ; EN DERNIER PLAN LA PLAINE FERTILE DES MJAT QUE DOMINE LA FALAISE D'EL HAJEB.

Par l'énumération assez sèche que nous venons de faire il est permis de mesurer l'ampleur prise par le mouvement industriel dans la région de Meknès.
Il est hors de doute que demain d'autres industries seront intéressées par notre Région si nous en croyons les demandes de renseignements qui sont journellement adressées à la C.C.I. de Meknès.
Il serait prématuré d'entrer dans le détail des nombreux projets en cours d'étude. Nous espérons cependant que ceux-ci se concrétiseront rapidement et apporteront à notre belle Région matière à un accroissement notable de son activité actuelle. Celle-ci, axée quasi exclusivement sur la production agricole jusqu'à aujourd'hui, se verra, sans doute, par la force des choses, inclinée à s'intéresser aux produits du sous-sol.
A côté des mines en exploitation actuellement et dont nous avons parlé plus haut, un travail en profondeur s'est effectué depuis quelques années en vue de découvrir l'importance des gisements que recèle le sous-sol de la Région de Meknès. Ces travaux de recherches terminés les intéressés passeront à la phase de l'exploitation qui implique nécessairement la mise en place d'un équipement industriel. Des laveries de plomb et d'antimoine sont prévisibles. Et peut-être des fonderies pourront-elles être envisagées. Mais ici la parole ne peut être laissée qu'aux éminents techniciens officiels et privés que le Maroc a la chance de posséder.
Il est bon en passant d'indiquer que le côté social n'est pas oublié dans les projets en cours d'exécution et ceux à l'étude. En effet, parallèlement à l'édification des bâtiments industriels proprement dits, la construction d'habitations salubres et confortables est prévue pour le logement du personnel européen et marocain des entreprises en cause. L'équipement sanitaire n'est pas oublié.
Par l'importance même des projets en cours de réalisation et de leurs heureuses conséquences tant sur le plan économique que social, Meknès nous sommes certains, s'inscrira dans les meilleures places sur le livre d'Or des réalisations française dans ce pays. Une fois de plus le travail et le génie français seront mis en évidence et aucun homme de bonne foi d'où qu'il vienne et quel qu'il soit ne pourra que leur rendre l'hommage qu'ils méritent.

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Ven 17 Jan - 17:38

page 18


- CE MAGNIFIQUE BOVIDÉ, SOIGNEUSEMENT MUSELÉ, FERAIT LA GLOIRE D'UN COMICE AGRICOLE DE NORMANDIE. IL MONTRE LES BEAUX RÉSULTATS QU'OBTIENNENT LES ÉLEVEURS DE LA RÉGION DE MEKNÈS.
- LE MOUTON AU MAROC EST L'ANIMAL RELIGIEUX PAR EXCELLENCE. SON SACRIFICE, LE JOUR DE L'AID EL KEBIR, S'EFFECTUE SELON LES RITES LES PLUS SACRÉS. LES TROUPEAUX DE MOUTONS SONT AUSSI UNE DES RICHESSES DU BLED, ET L'ON COMPREND LE SOIN AVEC LEQUEL ON SÉLECTIONNE LES GÉNITEURS. CI-CONTRE DEUX « OVINS » A L’ÉPAISSE TOISON QUI A COUP SUR MÉRITENT D'ÊTRE PRIMÉS.


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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Ven 17 Jan - 17:45

page 19


- SI MOULAY ISMAIL, CE SULTAN QUI VEILLA PARTICULIÈREMENT SUR SES CHEVAUX, REVENAIT DANS SA BONNE VILLE DE MEKNÈS, IL ADMIRERAIT COMME NOUS, CE REMARQUABLE SPÉCIMEN DE L'ELEVAGE MAROCAIN,


L'ELEVAGE DANS LA RÉGION DE MEKNES

par Pierre AMBROSINI Président     du     Syndicat     d'Élevage     de Meknès et de la Fédération des Syndicats d'Élevage   au   Maroc.

DANS la région de Meknès, l'élevage  est l'une des activités productrices les plus importantes.
Dans la plaine il intervient surtout comme production complémentaire de la culture.
Dans les parties montagneuses et les hauts plateaux il est le facteur essentiel de la production agricole.
Chez l'Européen, c'est surtout la production de bétail amélioré par croisement avec les races pures importées d'Europe et l'élevage de ces mêmes races pures qui sont poursuivis.
La production d'animaux de trait ne connait plus la même faveur depuis la mécanisation intense des cultures. Toutefois, chez l'indigène, la production mulassière s'accroît, notablement et connait un réel succès.
Comme bovins les géniteurs importés les plus utilisés pour la production mixte du lait et de la viande sont le Tarentais, le Swyfz ou race brune des Alpes et le Montbéliard.
Les produits nés et élevés au Maroc prennent un format plus important que dans leur contrée d'origine mais leur qualité laitière tend à diminuer.
Chez l'indigène, la Sélection des races locales d'Oulmès et Pies noires de Meknès réalisée par le Service de l'Elevage est très appréciée.
Dans l'espèce ovine, le mérinos du Châtillonnais et l'Ile de France sont importés. Particulièrement pour le croisement industriel de la production d'agneaux gris.
Le mouton du Moyen Atlas, rustique avec sa viande d'excellente qualité, demeure la production animale principale de la région, le pourvoyeur le plus constant et le plus apprécié des marchés marocains et des marchés d'exportation.
Enfin, pour le porc, c'est le Large White qui donne le meilleur résultat, mais cet élevage connaît actuellement un ralentissement, voire même une régression quantitative car il n'est pas payant.
Grâce à l'activité bienfaisante du Service de l'Elevage et des vétérinaires privés, à des pâturages particulièrement favorables en montagne, cette année l'état sanitaire et d'entretien du cheptel est excellent.
Mais cette production essentielle de notre région a besoin dans son ensemble de se moderniser et de passer du stade de la production patriarcale à celui d'une production rationnelle, raisonnée, bien conduite, disposant des moyens indispensables à cette fin .- amélioration des races locales par sélection et croisement, créations de points d'eau, de réserves de fourrage de mise en défense, rotation et amélioration des paccages, clôtures, etc... et ce pour prévenir de réel cataclysme dans l'élevage tel que celui de 1945 et pour obtenir un meilleur rendement économique et une plus grande richesse de la région.
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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Ven 17 Jan - 17:50

page 20


- SOCIÉTÉ Chérifienne D'ENGRAIS ET DE PRODUITS CHIMIQUES, Casablanca.
- PÉPINIÈRES GOYARD, Boufekrane.


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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Ven 17 Jan - 18:02


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page 21


- Mr. YERVANT MEUNIER, PROPRIÉTAIRE AUX AIT YAZEM, PRÉSIDE LA SECTION DE MEKNÈS DE L'UNION SYNDICALE DES VIGNERONS DU MAROC. IL A BIEN VOULU NOUS REMETTRE CETTE ETUDE SUR LA VITICULTURE OU S'AFFIRME SES CONNAISSANCES SUR LE PROBLÈME VITI-VINICOLE MAROCAIN.
- VUE   AÉRIENNE   DES    BÂTIMENTS    DE    LA   SOCIÉTÉ   VINICOLE    DE   MEKNÈS DONT  LA CAPACITÉ ATTEINT   180.000  HECTOLITRES.

La Viticulture dans la région de Meknès.
par Yervant MEUNIER. Président   de   la   Section   de   Meknès   de l'Union Syndicale des Vignerons du Maroc

Le vignoble de Meknès s'étend sur l'ensemble de la région agricole avec prédominance marquée dans les zones des Aït Yazem, d'Aïn Lorma, du fait de la nature sablonneuse du ténement de leurs périmètres. La vigne se révèle d'ailleurs dans ces endroits comme la seule culture rentable. En outre, toutes les contrées du périmètre agricole de la région comptent maintenant des vignobles, depuis que le Gouvernement du Protectorat, revisant sa position, a accordé de nouvelles autorisations de plantations pour permettre au Maroc d'avoir une production suffisante pour parer aux besoins de sa consommation et d'une population sans cesse grandissante.
Deux français. Messieurs Pagnon et France, avaient créé dès 1920 les premiers vignobles de la région. Ces vignobles avaient été constitués en plantations « directes », c'est-à-dire sans porte-greffes américains permettant la résistance au phylloxéra. D'autres vignerons, d'origine algérienne ou languedocienne, vinrent par la suite s'installer et plantèrent à leur tour, toujours de la même façon. Si nos cépages français plantés directement, c'est-à-dire sur leurs propres racines, tiennent bien dans les terres contenant plus de 60% de silice, il n'en est pas de même dans les terres plus riches. Le phylloxéra peut se développer plus facilement dans cette deuxième catégorie de terres, beaucoup plus compactes, et on connaît les dégâts qu'il peut commettre. Il devait donc arriver à nos infortunés vignerons ce qui se passe quand les plantations ne sont pas faites sur porte-greffes américains : ils durent arracher leurs vignes prématurément et procéder à la reconstitution de leur vignoble, principalement depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Pensant que les foyers d'infection n'avaient pu encore se généraliser du fait du peu de vignes existant au Maroc, ils avaient constitué rapidement et à peu de frais un vignoble aujourd'hui presque complètement renouvelé sauf dans les régions sablonneuses.
L'examen d'un tableau synoptique des récoltes de la région depuis 1938 montre les dégâts causés par le phylloxéra. En 1949 et 1950 on remarque une reprise de la production, grâce à l'apport des nouvelles vignes entrées en production : ...


Dernière édition par Pierre AUBREE le Mer 21 Jan - 6:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Ven 17 Jan - 18:17

page 22


- VUE AÉRIENNE DE LA CAVE COOPERATIVE DES AIT SOUALA. SA SITUATION EXCEPTIONNELLE, A 20 KILOMÉTRES DE MEKNÈS DANS LA RÉGION RÉPUTÉE DES AIT YAZEM DONT LES VIGNOBLES DONNENT UN VIN NATUREL COMPLET ET DE QUALITÉ, EN FAIT UNE ENTREPRISE APPELÉE AU PLUS GRAND AVENIR.

1938 = 300.000 hls
1939 = 278.000 hls
1940 = 208.000 hls
1941 = 254.000 hls
1942 = 284.000 hls
1943 = 157.000 hls
1944 = 262.000 hls
1945 = 132.000 hls
1946 = 187.000 hls
1947 = 209.000 hls
1948 = 143.000 hls
1949 = 240.000 hls
1950 = 310.000 hls
 
La création ou la reconstitution d'un vignoble n'est pas une entreprise de tout repos, ni une garantie certaine de succès. Elle demande une grosse mise de fonds pour l'achat de plants racines ou racines greffés, suivant que le viticulteur effectue lui-même ou n'effectue pas le greffage, pour la préparation du terrain (défoncement à 60 ou 70 cm de profondeur et épierrage) et enfin l'attente de la production qui nécessite pendant ce temps là les façons culturales, soit trois années environ pour les variétés les plus favorables. Un gros effort pour la reconstitution des vignes anéanties par l'insecte dévastateur a été fait dans le vignoble de Meknès, le climat de la région, pluviométrie régulière dans l'ensemble, permettant l'essor de la viticulture. Son plateau bien ventilé limitant les dégâts des maladies cryptogamiques. permet un encépagement de qualité, condition nécessaire pour l'obtention de vins de bonne tenue.
Le vignoble de Meknès est constitué, en effet, par des cépages qui ont fait leurs preuves et que l'on rencontre principalement en Algérie, dans le midi de la France et en Espagne. Ce sont pour les rouges : le Carignan, le Cinsaut, l'Àlicante, le Grenache, le Morastel et pour les blancs : la Clairette, le Merséguéra, le Macabéo, l'Ugni-blanc, le Plant X et le Zerhoun, pour ne citer que les principales variétés. On cultive également des cépages de table qui sont surtout le Muscat et le Valensi.
On rencontre très peu d'hybrides producteurs directs dans l'encépagement, les vignerons meknassis ont marqué en différentes occasions leur hostilité à ces cépages et ceci signifie leur volonté de produire des vins de qualité. Au moment où le Maroc placera ses vins à l'étranger et devra entrer en concurrence avec les pays gros producteurs jetant sur le marché une production obtenue à très bon compte, la qualité des vins obtenus dans l'Empire chérifien permettra de les placer plus facilement s'ils demeurent toujours à la hauteur de leur réputation.
Les vignes sont plantées en général à 1 m. 25 dans la ligne et avec un interligne de 3 mètres, c'est le mode de plantation le plus courant en Afrique du Nord. Il permet des façons culturales jusqu'à une période avancée de la végétation et le travail mécanique par le passage des tracteurs tirant des charrues vigneronnes, labourant presque tout l'espace compris entre les rangées de pieds. Cet espacement large a également l'avantage de permettre l'évolution d'engins mécaniques tels que sulfateuses et soufreuses à tracteur et même dans certaines exploitations le passage de petits camions pour l'épandage du fumier, des engrais et plus tard pour le ramassage du raisin, c'est-à-dire la vendange.
On voit donc que la façon d'opérer de nos viticulteurs est des plus modernes : ce qui n'empêche pas que les vignes ne peuvent se passer de travaux à bras. Les exploitations viticoles ont toujours une main d'oeuvre importante. Un grand nombre de travaux sont effectués par la main des ouvriers : taille, ramassage des sarments, piochage, ébourgeonnages, rognages, attachages, vendanges.
Sur le plan social, la viticulture régionale meknèsienne, joue un rôle qui n'est pas négligeable. Les fermes viticoles sont presque toutes dotées de bâtiments à l'usage d'habitations pour commis européens et ouvriers ...
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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Ven 17 Jan - 19:03

page 23


- VUE EXTÉRIEURE DES CAVES COOPÉRATIVES DES AIT SOUALA DONT LE PLAFOND DE CAPACITÉ ATTEINDRA EN 1952 280.000 HECTOLITRES.
- UNE VUE IMPRESSIONNANTE DES CUVES DE LA SOCIÉTÉ COOPÉRATIVE VINICOLE DE MEKNÈS.

... indigènes, bâtiments souvent très modernes. Les noualas insalubres tendent à disparaître au fur et à mesure que la trésorerie du viticulteur lui permet de construire.
Les vendanges débutent en général vers le 15 août dans la région, parfois un peu plus tôt, dans les endroits les plus précoces, pour se terminer vers le 15 octobre dans les régions d'altitude comme les Aït Yazem et Tifrit. Plus de la moitié des viticulteurs meknassis sont groupés dans les deux caves coopératives les plus importantes du Maroc : la Société Coopérative Vinicole de Meknès, installée dans le périmètre urbain et qui atteindra cette année une capacité de 180.000 hectolitres, la Cave Coopérative des Aït Souala, première cave de production de l'Afique du Nord, dont le plafond de capacité atteindra, en 1952, 280.000 hectolitres. Cette dernière cave, située à 20 km. de la ville de Meknès sur !a route d'Agouraï vinifie la production des viticulteurs des Aït Yazem et de quelques riverains, alors que celle de Meknès reçoit les apports de presque toutes les régions vinicoles de la plaine de Meknès. Avec une trentaine de caves disséminées sur son territoire, la région de Meknès peut loger 550 000 hectolitres de vin environ.
Ces vins dont la réputation n'est plus à faire, tant au Maroc qu'à l'Etranger, sont réputés par la finesse de leur bouquet et leur bonne constitution. Leur teneur alcoolique oscille entre 11 et 13 et on les produit en rouge, rosé et blanc. On fabrique également des vins gazéifiés qui ont preneurs sur le marché local et dont le prix est relativement bas ainsi que des mistelles. très appréciées sur le marché métropolitain.
Meknès ne devait pas manquer, au titre de capitale de la viticulture, de devenir le centre d'une organisation coopérative de vente pouvant commercialiser la totalité de la production des quatre caves coopératives de l'Empire Chérifien auxquelles s'affilieront les nouvelles caves coopératives en cours de création. L'Union des Coopératives Vinicoles du Maroc, dont le siège est à Meknès, avenue de la République, est cet organisme et il groupe la vente d'une production de 280.000 hectolitres, soit la moitié de la consommation marocaine.
Au point de vue défense contre les calamités agricoles. Meknès a été à l'avant-garde de l'organisation anti-grêle, grâce à l'initiative de sa Chambre d'Agriculture et cela ne pouvait manquer d'intéresser en premier lieu les viticulteurs. Nul n'ignore, en effet, combien la vigne est sensible à ce fléau. Dans le même ordre d'idées, le Syndicat des vignerons a demandé et obtenu la création de stations d'avertissement contre les maladies cryptogamiques, ce qui permettra d'économiser une quantité appréciable de produits comme le sulfate de cuivre et le soufre dont le prix a atteint des chiffres records et dont la vigne ne peut se passer.
Les vignerons de la région de Meknès, tout en améliorant encore la qualité du vin produit, ont le souci de produire davantage et à un prix de revient plus bas, afin de permettre une large consommation. De cette façon, ils rendront encore plus justes les paroles de Pasteur : « Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons. »



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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Sam 18 Jan - 8:25

page 24


- CONSERVES NORA
- Et s NEYRON & SIBUT, Meknès.

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Sam 18 Jan - 8:33

page 25


- SEBA AIOUN A QUINZE KILOMÈTRES DE MEKNÈS, EN DIRECTION DE FES, EST UNE PETITE GARE DU BLED, OUI DESSERT UN IMPORTANT CENTRE A LA FOIS INDUSTRIEL ET AGRICOLE. NOTRE PHOTOGRAPHIE MONTRE L'ENSEMBLE DES USINES DE CONSERVES NORA, INSTALLÉES A SEBA AIOUN AU MILIEU DES  CHAMPS   ET   DES  VERGERS.


L'INDUSTRIE AGRICOLE DANS LA RÉGION DE MEKNÈS

par Louis GIRAUD. Ingénieur   Agricole   E.N.G.   Président   de la    Chambre    Syndicale    des    Fabricants de  Conserves  de  Légumes.

LA région de Meknès n'était, au début du Protectorat, qu'une région d'aspect désertique, couverte de palmiers nains et de jujubiers, aux champs et plantations rares, où les vieilles pistes cahoteuses déroulaient dans le tuf leurs longs sillons blancs. Elle semblait, en apparence, plus propice au seul élevage du mouton qu'à la culture. Les belles terres à céréales, les magnifiques plantations de vigne, d'agrumes, d'oliviers, juste orgueil de notre région sont nées d'hier, après les défrichements, les épierrages, les nivellements laborieux, et sont, avant tout, le fruit du labeur acharné et de la foi des premiers colons.
L'oubli qui naît si vite ensevelira bientôt ces souvenirs, il était bon qu'ils fussent rappelés.
Cette mise en valeur difficile, réalisée sans le concours des puissants moyens mécaniques actuels, n'a pu être que progressive, et explique la tardive implantation de l'industrie agricole dans notre région.
La meunerie est vieille comme le Maroc. Le moulin familial — chant matinal de nos raïmas — a fait place aux installations semi-industrielles réparties dans le bled, et les grands moulins modernes assurent les besoins si variés de nos médinas.
L'huilerie a l'âge de la meunerie, et notre région, si riche de belles oliveraies, est largement peuplée de vieilles installations aussi ingénieuses que pittoresques. Là aussi, les installations ...
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Meknès et sa Région.
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