Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LE MAROC

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:22



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page de couverture



PIERRE DUMAS

"LE MAROC"

( 1928 )





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MessageSujet: Re: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:23

page 5




(pages 191 - 192)


TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION. — Trois guides ... 9
I. — Tanger l'Internationale ... 17
II. — La rue marocaine. La foule arabe ... 25
III. — Ouezzan la Sainte ... 39
IV. — Rabat. La douceur de vivre.   Salé ... 47
V. — Casablanca, école d'énergie ... 65
VI. -- Marrakech, capitale du Sud ... 71
VII. — Mazagan la Portugaise. San, capitale de l'art. Mogador
la tempérée. Agadir et Taroudant ... 95
VIII. -- Mecknès,   Versailles marocain.   Les Aïssaouas  passent.
Volubilis la romaine. Le pèlerinage de Moulay Idriss ... 107
IX. -- Fez, capitale d'Islam. Fez qui prie. Fez qui chante. Les
environs de Fez. Taza la berbère. Les conquérants ... 137
CONCLUSION ... 189




Les photographies reproduites dans cet ouvrage ont été faîtes spécialement par
M. CHAMBON, de Fez
sauf les suivantes :
M. FLANDRIN, de Casablanca (Photos des pages 21, 39, 40, 42, 43. 76, 94, 99, loi, 102, 103)
M. SERVANT, de Tanger (Photos des pages 17, 18, 19, 20]
M. CAZALE, de Taza (Photos des pages 183, 184, 185, 186, 187, 188)
M. MANARANCHE, à Ouezzan (Photos des pages 39, 41, 42, 43, 44, 45)
M. FELIX, à Marrakech (Photo de la page 93)


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:25

page 6


PIERRE DUMAS
LE MAROC


Couverture de Marius HUBERT-ROBERT
Ouvrage orné de 205 héliogravures



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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:27

page 7



A LA MÉMOIRE DE TOUS LES FRANÇAIS QUI  COMPRIRENT LE MAROC ET   MOURURENT   POUR    LUI
A LA MÉMOIRE DE TOUS LES MAROCAINS QUI COMPRIRENT  LA  FRANCE ET   MOURURENT   POUR   ELLE




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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:28

page 8


- Fez. Medersa Bou Anania.


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:30

page 9


- Au Maroc.  Une  colonne près de Tissa.

INTRODUCTION
Trois Guides

MAROC ! Il y a vingt ans à peine cette portion de l'Afrique était pleine de mystère pour les Européens, région réputée malsaine, barbare, pauvre et peu intéressante... Pays inconnu et méconnu.
Il a suffi à la France d'un quart de siècle pour l'ouvrir au monde et le monde y accourt en foule. Ceux qui viennent y travailler sont surpris d'y trouver tant de richesses inexploitées, tandis que les touristes, plongés subitement dans des coutumes et dans une vie qui n'ont pas évolué depuis mille ans, sont séduits par l'originalité de cette civilisation. Tous découvrent un peuple vif et intelligent.
A première vue, le Maroc est facile à sonder et à connaître mais, quand on en approfondit l'étude, on constate que, sur le sol du Moghreb, des invasions ...


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:32

page 10



... successives ont apporté des races différentes qui n'ont mêlé ni leur sang, ni leurs mœurs, ni leurs religions.
Les autochtones primitifs, d'un type blond, sont, croit-on, apparentés aux français et aux espagnols. On ne peut nier en tout cas, une similitude de traits entre certains marocains et des paysans du sud-ouest français par exemple. De plus, des expressions basques se rattachent à l'idiome montagnard des confins de la Méditerranée. La djellaba riffaine n'est-elle pas semblable au vêtement des cerfs du Moyen Age et ne trouve-t-on pas, dans l'Afrique du Nord autant que chez nous, des menhirs et des dolmens?
Dès les époques très reculées, les berbères refoulèrent sur les montagnes du Rif les habitants primitifs tandis qu'eux-mêmes occupaient tout le reste du pays.
A leur tour, les berbères subirent les invasions passagères des phéniciens qui laissèrent des comptoirs fortifiés sur la côte de l 'Atlantique , des romains dont les ruines de Volubilis attestent la prospérité, des vandales et des byzantins.
Mais le berbère resta toujours le maître jusqu'à la conquête ou mieux à l'invasion arabe. Depuis le VIIIe siècle, les deux races, berbère et arabe, vivent côte à côte au Maroc sans se mêler.
Le Berbère, primitif, guerrier, travailleur, occupe le bled et se livre à l'agriculture ; l'arabe donne au pays ses maîtres, ses fonctionnaires, sa religion, sa direction. Commerçant, peu belliqueux, il ne quitte guère les villes.
Brochant sur le tout, les juifs s'infiltrèrent au Maroc à toutes les époques et leur génie mercantile fit d'eux les maîtres des marchés. Moins que tous les autres, ils ne se sont mêlés ni aux berbères ni aux arabes. Cantonnés dans leurs méllahs, les plus curieux du monde mais non pas les plus sales, ils ne connaissent la paix et la sécurité que depuis l'installation du Protectorat.
Excepté pour les Israélites irréductibles, les arabes ont unifié la religion du Maroc en convertissant à l'Islam les autochtones et les berbères. Ceux-ci d'ailleurs furent de bien mauvais néophytes. Tandis que l'arabe pratique à la lettre le Coran, le berbère est un insoumis, ne prenant dans la religion du Prophète que ce qui convient à son tempérament et à ses goûts. Il s'est constitué une religion de santons et de marabouts, un culte d'idoles bien éloignées de l'esprit musulman pour lequel Dieu seul est Dieu et Mahomet est son Prophète. Suivant qu'on voyage dans le bled, dans la montagne ...


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:33

page 11



... ou dans les villes, on constate ces différences essentielles dans l'esprit religieux des marocains.
On le voit, il est difficile de connaître dans toute sa complexité le caractère des indigènes et le connaissant, il est difficile d'adopter les méthodes générales pour régir des gens aussi divers.
Aussi, chers lecteurs, est-ce avec un sentiment de crainte que j'accepte de vous conduire à travers l'Empire Fortuné.
Seul, je ne pourrais dépeindre à ceux qui ne le connaissent pas, l'attrait de son mystère ni le charme de son originalité. Je ne pourrais non plus le ressusciter aux yeux et au cœur de ceux qui s'y sont grisés de sa captivante douceur.
Heureusement, j'ai choisi pour guides trois « grands marocains », trois hommes de génie. Ils vous diront dans quel esprit on doit voir et aimer cet incomparable pays.
Loti a chanté la poésie du Maghreb, farouchement voilé comme ses femmes, immuable et dédaigneux sous ses haillons gris. Avec l'incomparable écrivain, nous nous assiérons à l'ombre des riches mosquées, qui gardent inviolable leur secret et nous nous laisserons bercer par la voix triste des musettes bédouines.
Loti ne vit le Maroc que superficiellement, en caravane diplomatique. Quelques années avant lui, en 1882, un officier doublé d'un savant, d'un psychologue et d'un poète, avait eu l'audace téméraire de parcourir le bled et d'entrer en contact avec le peuple des villes et des champs. Cet explorateur inégalé est le vicomte Charles de Foucault, devenu plus tard le père de Foucault, apôtre, martyr, conquérant du Sahara.
Déguisé en rabbin juif, poursuivi par l'hostilité des arabes, par le mépris des berbères, par la méfiance des Israélites, par les cris gutturaux des enfants, vivant sous la tente, pillé, volé, battu, injurié, bafoué, il parcourut, en onze mois, plus de 4000 kilomètres, à travers ce pays où aucune route n'était encore tracée.
Premier européen, il pénétra dans le Rif et dans les villes hostiles dont le nom était encore totalement Islamique : Fas, Mekines, R'Bat. Ayant visité tout le pays, il rapporta de son exploration une profusion de données scientifiques, 3000 kilomètres d'itinéraires nouveaux, 45 longitudes, 40 latitudes, 3000 altitudes... et, plus encore que toutes ces données scientifiques, la connaissance de l'âme marocaine.


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:34

page 12



De Foucault soit au Maroc, soit plus tard au Sahara, semble avoir donné comme but à sa vie d'ouvrir les voies à nos soldats.
Son effort de deux ans au Maroc eut pour résultat d'établir une première carte du pays. Il découvrit géographiquement cet Empire d'une superficie égale à celle de la France et peuplée de 5 millions d'indigènes.
Dès sa première exploration, il découvrit ce qu'est géographiquement le Maroc : la pointe extrême de l'Afrique qui dresse au nord, contre les vents de la Méditerranée et parallèlement à cette mer, la chaîne du Rif, pauvre de récoltes mais riche de promesses minières et qui, à l'ouest, barre la route aux vents de l'Atlantique et élève parallèlement à l'Océan, les deux chaînes du Moyen et du Haut-Atlas.
L'Atlas et le Rif forment comme un T de montagnes dans les intervalles duquel les terres fertiles abondent.
Depuis de Foucault, on a coutume de dire que le Maroc est une terre froide où le soleil est chaud. Rien n'est plus vrai pour l'intérieur des terres et pour les hauts plateaux, mais la côte, de Tanger à Agadir, est essentiellement tempérée en toute saison ainsi que le vaste arrière-pays entre Océan et Atlas dont les plaines du Gharb, de la Chaouia et du Doukkala, très fertiles, promettent de mirifiques récoltes pour le jour où les méthodes françaises y seront généralisées.
Le domaine des sultans forme un tout homogène qu'on aurait dû, normalement, attribuer à un seul pays protecteur. Seules des raisons de politique internationale ont fait diviser le pays en trois zones.
Au nord, la zone du Rif, ou zone espagnole, couvrant cent mille kilomètres carrés et comprenant le littoral de la Méditerranée et une fenêtre sur l'Atlantique, ne peut guère s'enorgueillir que des grandes villes de Mélilla et de Tétouan.
La pointe de Tanger, place stratégique de premier ordre puisqu'elle commande l'entrée de la mer intérieure, est internationalisée avec un arrière-pays comportant à peine quelques kilomètres carrés. Tout le reste du Maroc est zone française.
Quand nos soldats pénétrèrent dans cette zone pour la conquérir, guidés par les études de de Foucault, ils se présentèrent plus en colonisateurs pacifiques qu'en conquérants, guidés par un grand chef : Lyautey.
Poète comme Loti, psychologue comme de Foucault, ce soldat conquit le pays, plus par le cœur que par les armes.


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:35

page 13



Prodige inouï, nouveauté sensationnelle dans les annales coloniales du monde, Lyautey est plus diplomate que militaire. Aux cités immuables, il laisse leur vie propre, aux hommes leur religion, leur costume, leurs mœurs. Il garde à toute chose sa fonction, son charme et son mystère tandis que, par un coup de génie, il crée, à côté d'une vie arriérée et lente, une vie intense et moderne.
En quinze ans, il fait surgir de terre un empire splendide avec des ports scientifiquement équipés mais dans lesquels le grand paquebot n'a pas tué la barque du pêcheur, avec des routes où circulent les confortables autocars tandis que, parallèlement, sur des pistes, s'en vont les interminables caravanes de chameaux et de bourricots.
Les palaces « confort moderne » ont surgi à côté des ruelles sombres, pleines de mouvement grouillant, les marchés modernes se sont établis non loin des souks archaïques, les théâtres illuminés s'élèvent sur la place même où les charmeurs de serpents, les conteurs arabes, les marabouts entourés de fidèles, rythment leurs prières au son des tambourins... Un empire magnifique et puissant, unique par sa diversité, s'offre aux regards des étrangers blasés.
Un des mérites essentiels de Lyautey fut de maintenir à ce pays son caractère, tout en l'appelant à une vie moderne plus large. On peut dire que le maréchal a créé un vaste musée animé où l'on voit se dérouler la vie arabe et berbère telles qu'on les aurait trouvées dans ces mêmes lieux, il y a dix siècles.
Cette méthode de conservation s'est étendue à toute l'activité marocaine et même à l'administration du pays. Les sultans détiennent une autorité absolue. Maîtres de la justice, de la diplomatie, de la religion, des finances, ils délèguent leurs pouvoirs aux caïds dans les tribus, aux pachas dans les villes. Lyautey n'a pas brisé les cadres de ce pouvoir absolu. Dans le mécanisme ancien, il a simplement glissé des collaborateurs français, officiers ou civils qui aident, surveillent et doublent l'administration première. Le sultan a gardé ses ministres, ses grands vizirs, avec leurs prérogatives. Le résident général, au point de vue marocain, est seulement ministre des affaires étrangères du sultan.
Dans les tribus et dans les villes, les caïds continuent de rendre la justice, d'assurer l'ordre et de représenter le pouvoir Maghzen.
Pour certains de ces hauts fonctionnaires, la charge est presque héréditaire ...


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:36

page 14



... et leurs familles fondent de véritables dynasties, souvent plus puissantes, dans leurs zones, que le sultan lui-même. Dans le nord, les territoires confiés aux caïds sont relativement restreints, mais dans le sud, existent les « Grands Caïds » dont le plus célèbre, le Glaouï, pacha de Marrakech est entouré d'une véritable cour et gardé par une armée à sa solde. Tout cela, et même le régime de la propriété pourtant suranné, Lyautey l'a conservé.
Au point de vue de l'art il a poussé au plus haut point ce génie de la conservation. Pour que les vieilles villes arabes et les Mellahs gardent leur caractère, il a tracé les villes nouvelles assez loin des villes anciennes et complètement séparées d'elles.
Une équipe d'hommes d'un goût parfait s'est appliquée à garder et à restaurer les remparts, les portes vénérables, les bordjs et tout le système des fortifications anciennes. Ces artistes ont ainsi conservé l'art marocain dans toute sa pureté, le rétablissant même là où une emprise trop moderne en avait dévié le sens.
Cet étonnant pays serait difficile à comprendre sans les trois guides que je vous propose. Mais en leur compagnie, nous pouvons nous aventurer. Avec leurs méthodes, avec leurs yeux, avec leur cœur, nous sommes assurés de découvrir vraiment le Maroc. Aux portes de l'Europe nous sera révélée une civilisation telle qu'elle était il y a mille ans, une sorte d'immense musée vivant et formidable avec des foules semblables à celles de l'an 900, simples, ardentes, intelligentes, fanatiques, impulsives.
A notre contact, nous les verrons frémir, se réveiller, agir mais non pas changer dans leur note pittoresque.
Dans d'autres beaux pays on trouve des monuments aussi nobles, aussi beaux comme architecture, mais on n'en peut trouver de plus mystérieux et de plus émouvants car l'esprit qui les animait, l'âme qui les créa les a quittés à jamais.
Ici, l'âme d'Islam vit ardemment, s'épanouit sans contrainte, s'offre à nous avec son charme empreint de mélancolie, avec sa beauté voilée, avec son incomparable splendeur.
Parti de Tanger, notre itinéraire passera par Ouezzan, la ville sainte, par Rabat, la ville administrative, par Casablanca, le « Paris du Maroc », il tracera un long circuit par les villes rouges du Sud et, remontant ensuite vers Mecknès, il gagnera l'Algérie par Fez, à qui rien ne peut enlever son titre de capitale, et par Taza la farouche.


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:37

page 15


- Le drapeau d'un régiment de la légion étrangère qui s'est couvert de gloire au Maroc.


Dans ce voyage, pas de monotonie. Chaque cité, chaque bled possède un cachet particuliert une couleur originale. Le soleil est assez splendide pour parer chaque coin de l'empire d'une grâce nouvelle qui ne lasse jamais et qui offre une féerie inédite, incessante, magnifique.


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:39

page 16


- Fez. Intérieur arabe.


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:40

PAGE 17


- Tanger.  Vue de la rade.
- Tanger. Pêcheurs portugais.

CHAPITRE PREMIER
Tanger l'Internationale


LES traités récents ont donné à Tanger le nom de ville internationale. Pour une fois, la diplomatie européenne ne s'est pas trompée ; elle ne pouvait trouver de nom plus approprié au passé de cette vieille ...


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 13:41

PAGE 18


- Tanger. Vue générale.


... ville, à sa raison d'être sur cette pointe avancée de l'Afrique.
Internationale ! Tanger l'est par sa situation géographique. Assise au bord d'un couloir par ou passent les navires du monde entier, elle est appelée à ravitailler les nationaux de l'univers.
Internationale ! Tanger ne l'est pas moins par son commerce, étant le guichet extrême par où passait jadis toute liaison entre l'Afrique et l'Europe. Elle fut le comptoir où se concluaient toutes les transactions entre les pays civilisés et le royaume du Sultan, difficile à pénétrer.
Internationale ! Tanger l'est aujourd'hui encore comme elle l'était dans le passé par la présence de tout un corps diplomatique.
Internationale ! cette ville l'est enfin par sa population où l'on compte 30.000 Musulmans, 12.000 Juifs, 6.000 Espagnols, 2.000 Français, une centaine d'Anglais et autant d'Italiens, de Maltais, de Portugais, de Danois, de Russes... sans compter la population flottante attirée récemment par la rébellion riffaine. Si Tanger n'a pas, dans les géographies ...




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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 14:40

page 19


- Tanger.
- Tanger. Le square de d'Emsallah.


... officielles, rang de capitale, elle fut cependant, il y a peu d'années, la ville première d'Abd-el-Krim par où celui-ci reçut armes, munitions, vivres, soldats... et conseils ! La question de Tanger est d'ailleurs encore pendante en raison des revendications espagnoles et italiennes.
Quel lourd passé d'agitation, de massacres, d'intrigues, de guerre ! Quel mélange de grandeur et de désastres représente l'histoire de Tanger.


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 14:41

page 20


- Environs de Tanger. Pont sur l'Oued Yquem (1927).
- La traversée de l'Oued Yquem en 1912.


Les Grecs s'y établirent, deux siècles durant, cédant la place aux Romains qui, par une large route faite de roc et de ciment, relièrent la mer à leur grande cité de l'intérieur, à Volubilis, qui garde encore les précieuses ruines de sa grandeur évanouie.
Débâcle de Rome ! Tanger passe successivement aux mains des Vandales, des Byzantins, des Visigoths, des Arabes; elle de vient la ville ...


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 14:42

page 21


- Tanger. La grande mosquée.


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 14:44

page 22


- Tanger. Sur le Grand Sohko. Les réjouissances du Mouloud.


... principale de l'Empire pendant le temps que les sultans furent maîtres de l'Espagne. Elle fut ensuite Portugaise et chrétienne avec ses vingt églises, puis, Espagnole, Anglaise et à nouveau Marocaine pour quelque temps.
La volonté de Guillaume II qui y débarqua pompeusement en 1905 en aurait fait une ville allemande sans l'ordre formel de l'Angleterre installée à Gibraltar. Allemande, elle fut devenue, après la guerre, Anglaise ou Française... Elle se contente, après un si étonnant passé, d'être à tous et à personne, même pas à l'Espagne qui la réclame sans cesse à grands cris, depuis des siècles.
De Foucauld, dans une de ses lettres où l'esprit pétille l'a nommée « ville soumise », indiquant par là que son destin en fait une proie facile et indifférente pour les nations avides.
C'est qu'en plus de sa position stratégique qui la fait convoiter, Tanger est une ville de rêve. En été, les Marocains y trouvent la fraîche haleine de la mer, en hiver, les Européens des pays froids s'y donnent ...


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 14:45

page 23


- La plage de Tanger.


... rendez-vous sous un ciel idéalement clément, dans une oasis sœur de Nice, avec ses fleurs multicolores qui embaument, même en février, les jardins et les pergolas.
Tanger est un peu de l'Europe qu'on aperçoit là-bas, sur l'autre rive, de l'autre côté de la « manche » mais c'est déjà le Maroc, avec ses lentes caravanes de mulets et de chameaux qui sentent le désert lointain, avec ses rues étroites, ses blanches terrasses et ses minarets.
C'est aussi le Maroc par les curiosités qu'elle offre, par ses remparts et ses bordjs, vastes citadelles de terre et de briques destinées à repousser les attaques de l'extérieur aussi bien que les révoltes des habitants.
L'originalité de Tanger tient surtout à son site, à cheval sur deux mers et à son caractère cosmopolite.
Si, dans les rues et sur les places, on rencontre, à côté des conteurs arabes, lents et pieux, des danseuses espagnoles, vives et mutines, des Italiens munis de mandolines et des Grecs armés de guitares, c'est qu'il ...


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MessageSujet: LE MAROC   Mer 23 Mai - 14:47

page 24


- Tanger vue de la route montant au Marshan.


... y a place pour tout le monde dans cette cité de charmes poétiques. Bercée par la voix des muézins et par les accents des chanteurs de toutes les nations, Tanger ne réagit pas contre son destin.
Au hasard des promenades, le même cosmopolitisme se maintient dans les cimetières israélite, musulman, chrétien, protestant, espagnol, dans les monuments officiels où nous retrouvons, gravé sur les consulats, le style de chaque nation, dans les services postaux car il y a, disséminées dans la ville, les postes française, espagnole, italienne, anglaise, cheriffienue... et jusque dans les souvenirs.
Voici l'Oued el Ihoud, la rivière des juifs, où débarquèrent les israélites chassés d'Espagne, voici la « montagne des Anglais » sur laquelle, au XVIIe siècle, périrent, au cours d'un raid contre les pillards, 500 soldats britanniques. Voici enfin, sur une colline, dominant la mer d'une centaine de mètres, le tombeau des Moudjahedine, élevé à la mémoire des marocains qui reprirent la ville aux Anglais.
Telle est Tanger, ce roc fabuleux, ce seuil des colonnes d'Hercule que viennent battre sans jamais les détruire les marées du monde et les convoitises des peuples.



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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 9:58

page 25


- La foule arabe. Un marché.

II
La rue marocaine - - La foule arabe

TANGER nous a ouvert la porte du Maroc. De cette première ville, on court vers le centre du pays, à travers des régions monotones, vides à perte de vue : d'un côté c'est l'infini de la mer, de l'autre l'infini de la terre grise... : c'est le bled.
Sauf dans le Sud où le palmier règne en maître et dans l'Atlas, domaine du cèdre, la campagne marocaine est un désert à terre fertile.
On ne doit venir au Maroc ni pour y contempler d'extraordinaires paysages ni pour y découvrir à chaque pas des merveilles architecturales... le Maroc mérite surtout d'être visité pour ses foules, pour l'animation de sa rue, pour le spectacle de ses places publiques.
Si on trouve en d'autres lieux des ruines du passé, rarement le passé se présente vivant comme ici.


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 9:59

page 26


- Marrakech. Souk Khémis.
- Charmeur de serpents.


Foule marocaine ! Les gens de ce pays ont une âme commune, formée par le Coran, livre que les enfants, dès l'âge le plus tendre, psalmodient sans le comprendre, que les savants interprètent et par lequel les juges font la loi.
Foule arabe ! Naïve et primitive mais farouche aussi. Elle se manifeste dans les souks, serrés comme les rayons d'une ruche où le besoin de commercer ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:01

page 27


- Marrakech. Bab Guéliz.


... se donne libre cours, devant le mur aux offrandes, où son besoin de surnaturel s'exalte et s'extériorise dans le cri strident des femmes poussant leur you-you, dans la danse rythmée par les tambourins et dans des appels gutturaux portant le souffle des déserts voisins.
Partout s'assemblent les grandes foules islamiques, que ce soit pour la venue du sultan, pour la fête des étudiants, pour les marchés ou pour les manifestations religieuses, l'âme commune vibre et le fanatisme se donne libre cours. Sur la place publique s'exprime, sans entrave, la force de collectivités subjuguées, hypnotisées, fanatisées par la parole d'un derviche, par la clameur d'un marabout ou simplement par le dialogue enveloppant des conteurs. Ici, le peuple vit, palpite, prie, pleure, chante, murmure avec ses guides religieux.
Voyez cette centaine d'hommes groupés en cercle autour d'un ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:02

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- Fez. Charlatan arabe


... charmeur de serpents. Il y a là des gens de toute condition, des berbères du bled et des enfants des villes, des cultivateurs et des commerçants, des agriculteurs et des notables. Le prestidigitateur commence par charmer ses animaux. il les fait se dresser face à lui et leurs têtes suivent le mouvement de ses yeux. L'homme, les cheveux hérissés, exalté par la prière, attache peu à peu à son acte tous les assistants : « Je vais, dit-il, me livrer aux morsures de ces bêtes. Si Moulay Idriss est puissant, si Allah me protège, leur morsure sera un charme et leur langue m'apportera une boisson aussi douce que l'eau de l'Oued ».
Alors, il élève le ton et les invocations de la foule répondent à ses invocations. Tout être vivant situé dans le rayon d'action de ce derviche est sous son pouvoir. Les serpents lui obéissent et le peuple est fasciné. Les cris redoublent, les clameurs s'exaspèrent et tandis que l'assistance est au paroxisme de l'énervement, chacun répète à satiété les seuls noms de Moulay Idriss et de Sidi Abd-el-Kader-el-Fassi. L'homme prend les ...


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