Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Au MAROC en suivant FOUCAULD.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Jeu 14 Aoû - 8:52

page 139


- Intérieur d'une riche maison du Sous.

... vignes, frais bosquets, ceinture habituelle des villages marocains : d'ici à Mogador, hameaux et maisons s'élèvent tristement en plein champ, au milieu des labourages. Tout au plus ont-ils des haies de cactus. On voit d'après ce qui précède que la tirremt d'un modèle si régulier et si uniforme rencontrée constamment du Tadla à Tazenakht, n'existe en aucune façon dans ces contrées. Je suis depuis Tisint en plein pays d'agadirs.
Il ne faut point taxer de monotone la répétition de remarques semblables. Elles expriment à la fois l'attention observatrice du voyageur et une des particularités les plus attachantes du pays. Aujourd'hui que les moyens de transport rapides ne permettent que l'examen superficiel des régions traversées, de semblables précisions disparaissent; on se rattrape sur des descriptions plus ou moins vagues, plus ou moins bien venues, des aspects des paysages. Autrefois, au pas lent des caravanes, les moindres différences plus longtemps regardées appelaient des interrogations par lesquelles se documentait l'itinérant. Ainsi apparaissaient dans leur valeur exacte non seulement les accidents géographiques, botaniques de la route, mais les accidents humains, les principaux, en somme, pour qui veut connaître et comprendre le Maroc. Tighemt ...

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Jeu 14 Aoû - 9:12

page 140


- Femme du Sous au puits.

... n'est pas tout à fait Agadir, séparés qu'ils sont par tout ce qui diversifie le magasin collectif à l'usage du transhumant ou des sédentaires. Ces définitions sont évidemment trop schématiques et l'on dira non sans raison qu'elles rendent mal la nuance précise des variétés locales; qu'elles servent au moins à exprimer l'un des attraits du Maroc : cette survivance juxtaposée d'états sociaux si particuliers dont les caractéristiques s'inscrivent ainsi dans le paysage d'une façon si expressive. A sentir et à noter ces nuances l'esprit s'émeut et s'intéresse. Savoir comprendre, expliquer... Au long des pistes sans fin, l'esprit travaille, l'imagination essaye les hypothèses et le chemin s'écoule trop rapide aux curiosités sans cesse alertées.
D'ailleurs, cette diversité dans l'habitat, expression des diversités sociales, est le corollaire de la diversité politique. Dans cet ordre d'idées aussi, même changement. On est ici, en pays makhzen, chez les Chtouka. Une série de plaines fermées par des khenegs se succèdent. Les constructions n'ont plus l'appareil défensif des précédentes. Elles cessent d'être de pierre et sont en pisé blanc. Parmi les villages il en était un d'aspect particulier : celui d'Ait Saïd. Les maisons hautes, à terrasses couronnées de créneaux, en font autant de petits châteaux ; toutes sont blanchies, luxe suprême du pays : il n'en existe point de plus belles dans les villes. Ce sont les demeures de la riche famille des Ait Saïd.

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Jeu 14 Aoû - 9:22

page 141


- Mosquée de la kasbah d'Agadir.

Celle-ci est une des nombreuse maison de négociants faisant le commerce entre Mogador d'une part, le Sahel, Aqqa, Tizounin et Tindouf de l'autre. Enfin la vallée de l'oued Sous manière de paradis au sortir des sahariennes. Une partie est cultivée, l'autre est en pâturages et en forêts. Les cultures ne sont plus semées d'argans, aucun
arbre ne les ombrage : ce sont des successions de champs uniformes séparés par des haies vives; ça et là on y voit des puits; et, auprès, quelques figuiers ; une multitude de hameaux s'y élèvent : dans les portions labourées, on en a sans cesse douze ou quinze en vue : ils sont ouverts et sans défense, les tours y sont rares; ce sont des constructions de pisé rose, sans arbres aux alentours, si ce n'est des figuiers de Barbarie; ils respirent la prospérité. Ces parties de la plaine forment une des contrées les plus fertiles et les plus peuplées du Maroc. Les portions boisées présentent un aspect tout différent : là, plus de champs, plus d'habitations; des forêts d'argans séculaires étendent leur ombre sur la surface unie du sol, qui se couvre d'immenses pâturages; pas un sillon, pas une maison n'interrompent la monotonie de ces vastes prairies, sous leur dôme de feuillage : seuls habitants de ces solitudes, on rencontre de loin en loin des troupeaux de vaches, de moutons et de
...

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Jeu 14 Aoû - 9:27

page 142


- Mosquée d'Agadir.

chameaux, pâturant sous les arbres, et mangeant la pulpe des fruits de l'argannier. Précieusement le noyau recueilli après ce décortiquage... inattendu et broyé, donne une huile dont la saveur très marquée demande, pour être appréciée, un certain entraînement.
L'oued Sous est franchi non loin de son embouchure et Foucauld arrive à Agadir n'Irir. Rien alors dans ce lieu qui pût faire prévoir quels événements s'y dérouleraient moins de trente ans plus tard. Elles sont dans toutes les mémoires la provocation germanique signifiée par l'ambassadeur d'Allemagne à Paris, M. de Schœn, à notre ministre des Affaires étrangères, le 1er juillet 1911, et qui se matérialisait sur place par la présence du Panther embossé au pied de la citadelle presque démantelée; la sagesse de la France opposant au stratagème sa volonté de paix qu'elle pousse jusqu'au sacrifice; les longues négociations qui écartèlent notre Congo... Patience inutile puisque trois ans après c'était, sous d'autres prétextes, le Furor Teutonicus déclanchant la guerre. Aujourd'hui un avenir brillant s'annonce pour Agadir. La ville et la région pacifiées et organisées par nos troupes se sont ouvertes à la colonisation. A la place des cabanes de pêcheurs s'amorce un ...

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Jeu 14 Aoû - 9:29

page 143


... boulevard front de mer, et au pauvre havre de jadis va bientôt se substituer un port bien abrité, bien outillé.
Foucauld ne continue pas son chemin par l'itinéraire accoutumé en longeant la mer, il profite des amitiés de ses compagnons avec d'importants personnages des Ida ou Tanan pour effectuer un crochet à travers ce pays resté insoumis jusqu'à ces années dernières ; quelques étapes supplémentaires l'amènent enfin le 28 janvier 1884 à Mogador.

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 17 Aoû - 8:39

page 145


MOGADOR
SIMPLE HALTE, PUIS LA ROUTE BIENTOT REPRISE...


LA petite troupe est entrée dans la ville ; elle va droit frapper à une porte qui s’entrouvre. Foucauld demande à voir le consul de France, il se nomme, mais le secrétaire sur le seuil, « toisant ce piéton crasseux et vêtu de loques et connaissant les ruses des clients de la porte, le prit fort mal. — Va t'asseoir dehors, le dos au mur : on ne voit pas le consul comme ça! » Après quelques moments, le pouilleux réclame : « Donnez-moi un peu d'eau et indiquez-moi, je vous prie, un coin où je puisse me déshabiller et me laver. » Pendant qu'il se dévêtait, dans un réduit voisin, quelqu'un regardait par le trou de la serrure. C'était Zerbib. A sa grande stupéfaction, il voit que ce vagabond était porteur d'une quantité d'instruments de physique, cachés dans les poches ou les plis des vêtements, l'un après l'autre déposés sur le sol. « Après tout, se dit-il, je puis me tromper et il peut dire vrai!(1) »

(1) BAZIN. Op. cit., p. 70.

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 17 Aoû - 8:43

page 146


- Les ramparts de Mogador.

Le chancelier du consulat, M. Montel en l'absence du chef de poste accueille l'explorateur et pendant les semaines qu'il fallut attendre les moyens financiers de continuer le voyage, se montra d'un empressement si parfait que Foucauld a déclaré : « Rien ne saurait l'exprimer. Puisse tout voyageur, en pareille circonstance, rencontrer même accueil, même sympathie, même appui. Heureux ceux dont le pays est représenté par des hommes semblables, en qui un compatriote inconnu trouve dès le premier jour, avec la bienveillance et la protection du magistrat, le dévouement d'un ami. »
Malgré le laborieux emploi de journées consacrées à préparer les routes futures, le voyageur visite Souira, transformée par nous en Mogador. La ville est assise sur des rochers que, vers l'Océan, prolonge un déchiquetage d'îles; celles-ci protègent la ligne harmonieuse d'une baie où, sur une plage dorée de sable, achèvent d'expirer les volutes brisées de la barre. A la fois forteresse toute close de hautes murailles à l'abri desquelles se tapit une espèce de ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 17 Aoû - 8:45

page 147


- Mogador : Saint-Malo marocain.

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 17 Aoû - 8:51

page 149


- Rue de Mogador.

... Saint-Malo éventé comme la cité bretonne, aux rues étroites, aux maisons hautes, construites au XVIIIe siècle par le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah désireux de surveiller un point de débarquement connu depuis l'antiquité, et lieu d'échange pour les exportations marocaines et les importations d'Europe, Mogador a subi comme les autres ports le flux et le reflux de la prospérité. Sa situation avait tenté la France qui aurait voulu s'y créer sous Louis XIV une sorte de comptoir à la manière du Bastion de France sur la côte algérienne. Un hasard devait, quelque deux siècles plus tard, lui valoir d'être l'un des théâtres choisis par le prince de Joinville pour y exercer les représailles qu'avait légitimées, après la bataille de l'Isly, l'aide fournie à Abd el Kader par le sultan Abder Rahman, oublieux des promesses de neutralité maintes fois renouvelées.
En 1884, Mogador commence déjà à s'ensommeiller. Ce port n'a plus d'affaires qu'avec les Chiadma, les Haha, les Chtouka, les Ilalen, le Sahel, Tindouf, et par la Timbouctou. Il possède le monopole de la majeure partie du trafic du Soudan, de celui qui se fait par les Tajakant. C'est le plus bel apanage qui lui reste. Quant au bassin du Sous, quant au Sahara occidental et ...

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 17 Aoû - 8:56

page 150


... central, de l'oued Aqqa à l'oued Ziz, ils font leurs achats à Marrakech, et cette capitale reçoit tout de Djedida (Mazagan).
Ces lignes sont encore vraies aujourd'hui, bien que Safi semble devoir à d'heureuses découvertes minières de se substituer à Mazagan. Mais le sommeil durera-t-il et ne cédera-t-il point aux laborieux efforts qui s'amorcent pour faire de la ville le centre d'une Californie marocaine?
Le printemps s'annonce et avec lui arrivent les lettres attendues de France. Le voyageur, seul avec le fidèle Hadj Bou Rhim, peut reprendre sa route. On gagne Agadir par le chemin direct en bordure de la mer, puis on pique vers l'est en remontant la vallée de l'oued Sous. La caravane a cette fois pour protecteur un ami du Hadj Bou Rhim, Sidi Yaya Bou Hebel, saint homme reconnaissable comme la plupart de ceux du Sous, à une longue canne ferrée, surmontée d'une pomme de cuivre, sorte de crosse qui ne le quitte pas. Jardins et villages, prairies, forêts d'arganiers, broussailles s'étendant en larges plaques, donnent une impression de richesse et de fécondité qui, avec Foucauld, frappe au premier abord tous les visiteurs. On croit se promener dans un véritable parc anglais. A mieux regarder, certains mirages s'estompent, laissant du moins subsister des virtualités pleines de promesses pour l'avenir.
Il faut craindre pourtant les exagérations de l'impression initiale corroborée au reste par la pseudo-éloquence des statistiques commerciales. Celles-ci sans mensonge d'ailleurs, témoignent d'une puissance d'achat marquée pour le Sous. Pays riche donc, puisqu'il acquiert thé, sucre, cotonnades. Et comme les cultures s'égrènent le long de la route, pays aux ressources agricoles abondantes. Dans la réalité, le Sous est riche et exportateur d'une seule production pour laquelle il faut employer la cynique expression « bétail humain ». Depuis des siècles, comme aspirés vers le Nord par les besoins des zones à vie plus douce, chaque ...

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 17 Aoû - 9:04

page 151


- Canon de Mogador.

... année des théories de Soussi passent les monts. Ils se répandent dans les villes, tiennent boutique, font les travaux des champs et ceux des villes, vivant médiocrement pour hâter la constitution d'un pécule qu'ils rapporteront au pays natal. Ce continuel afflux d'argent frais assure à la région — comme à toutes ces régions présahariennes — son pouvoir d'achat. Sa misère qui force ses habitants à émigrer pour vivre fait ainsi illusion sur les possibilités actuelles du pays, qui reste encore sous la menace constante des famines.
L'émigration est la forme la plus habituelle du mouvement. Elle témoigne de l'équilibre dans lequel se trouvent respectivement les deux parties du Maroc au nord et au sud de l'Atlas. Cet équilibre vient-il à se rompre, le mouvement change de forme. Troubles, affaiblissement marqué du pouvoir au nord de l'Atlas, au sud remous profonds dans les espaces désertiques, prédications d'un marabout, apparition d'un Moul es Saa, et à l'habituelle infiltration pacifique fait place la ruée de l'invasion dévastatrice. Au cours des siècles, ce fut l'histoire des Almoravides, des Mérinides, des Saadiens, des Filaliens. Ce fut celle hier même des hommes bleus d'El Hiba, le prophète de la Seguiet el Hamra dont
le colonel Mangin devait arrêter net l'élan à Sidi Bou Othman. Mais combien diffèrent le résultat de ces deux formes d'expansion. En cas d'équilibre, de déplacement individuel, pas de rupture avec le pays natal : l'émigrant part, conquiert son modeste pécule et revient. Tout autre en cas de ruée. La vague furieuse, roule, bouleverse, submerge ...

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 17 Aoû - 9:09

page 152


- Tapis du Sous.

... s'étale et parfois fort loin, jusqu'en Espagne, jusqu'à Tunis. Le flot se fixe, se stabilise, sa force rompue se dilue jusqu'à disparaître. Au contact d'une civilisation délicate, les Sahariens grisés perdent avec leurs instincts agissants, leur faculté de résistance. Leur personnalité s'étiole et peu à peu les vainqueurs sont absorbés par l'ambiance, ils s'enlisent dans la masse vaincue et sans souvenir aucun du pays natal, disparaissent dans son sein. Capoue et ses délices... Graecia capta ferum victorem cepit...
Malgré cette prospérité très relative, le brigandage sévit par places d'une façon intense notamment aux approches de Taroudant, chez les Haouara. La plupart d'entre eux habitent des fermes isolées; les autres résident dans des villages d'une forme particulière à la tribu. Les maisons en sont séparées et entourées chacune d'une haie circulaire de jujubiers sauvages ou de cactus. Avec cet usage, les moindres localités occupent une grande étendue. Il y en a d'importantes, celle où je suis a cent vingt feux. Aucun lieu habité qui ne soit environné de cultures et de jardins; comme arbres croissent des figuiers, des grenadiers, des oliviers. Les demeures, vastes, sont la plupart flanquées de deux tours ne dépassant pas en hauteur les murs du bâtiment; on construit en pisé, on couvre en terrasse.


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mar 19 Aoû - 9:55

page 153


- Poteries.

Puis forêts et pâturages cessent; j'entre dans les labourages qui ne tardent pas à occuper toute la surface du sol; ce sont des champs d'orge et de blé auxquels se mêlent des plantations d'oliviers de plus en plus d'étendue à mesure que l'on avance. Une foule de villages s'élèvent de toutes parts. Bientôt apparaît une longue ligne noire, forêt d'oliviers d'où émerge le faîte d'un minaret : c'est Taroudant. A midi et demi j'arrive au pied des murs. Je les longe sans entrer dans la ville. L'enceinte de Taroudant est construite en pisé jaune; elle a cinq à six mètres de haut et quarante centimètres environ d'épaisseur; elle est pleine de lézardes et. bien que sans brèches, en mauvais état.
Taroudant a connu des vicissitudes sans nombre à travers les siècles. Elle fut la première étape des conquérants sahariens lorsqu'ils se lançaient à l'assaut du Maroc atlantique, le point où les hordes reprenaient haleine avant de passer les monts pour se répandre dans les plaines du Nord. Elle connut l'une des premières victoires des Almoravides au XIe siècle, des sultans Saa-diens au XVIe, d'El Hiba au XXe. Elle devait être le dernier refuge du prétendant après sa défaite à Sidi Bou Othman. Dans l'intervalle des grandes expéditions, elle resta longtemps un des havres vers lequel cinglaient les caravanes du Soudan. Mais la richesse de ce marché prospère attisait la cupidité des seigneurs du voisinage, petits ou grands chioukhs du Ras el Oued ou de la montagne qui assiégeaient la ville, la pillaient, en chassaient le représentant momentané du sultan, puis, attaqués à leur tour, obtenaient du souverain le titre de pacha avec une vague investiture qui prolongeait de quelques mois à peine leur résistance.


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mar 19 Aoû - 10:01

page 154


- L'enceinte de Taroudant.

A l'aurore du protectorat, la cité semblait morte ; entre une ceinture de murailles trop large, elle apparaissait comme un vaste et joli paradou semé de ruines au milieu duquel, de loin en loin, des groupes de maisons, une kasbah, un mellah s'éparpillaient. Les conséquences d'une heureuse politique devaient pendant la guerre permettre à notre vieil ami Haïda ou Mouis, caïd des Menabbah voisins, de se rendre maître de la ville, et de préparer l'entrée de nos troupes ; elle renaît aujourd'hui dans la paix.
Foucauld ne s'attarde pas aux abords de la ville ; il poursuit hâtivement sa route à travers le pays des Menabbah où bois et broussailles cessent; on trouve quelques pâturages, mais la majeure partie du sol est occupée par des champs d'orge ou de blé; les villages sont en plus grande quantité que jamais : comme tous ceux de la vallée du Sous, ils sont en pisé rouge, plus ou moins foncé; dans quelques-uns s'élève une tour, distinguant la demeure d'un homme riche, d'un cheikh. Ils sont bien bâtis, bien entretenus, non élégants, murs nus, sans ornements, dressant leur lourde masse dans un ciel sans nuage. Il gagne les bords mêmes de l'oued Sous qu'il traverse un peu en aval de Tahalla, blottie dans ...

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mar 19 Aoû - 10:06

page 155


- Rue de Taroudant.

... ses oliviers, à l'endroit où le fleuve décrit une sorte d'S en quittant son orientation primitive vers le sud-est pour la reprendre bientôt après une brusque et courte virgation vers le sud. L'oued est ici large de près d'un kilomètre ; le fond est de gros galets, avec de rares places sablonneuses ; ni roseaux, ni joncs, aucune trace de verdure. Au milieu de cette surface grise coule le fleuve, en trois bras; le premier n'a que deux mètres d'eau; le second en a quinze, avec quarante centimètres de profondeur et un courant très rapide; le troisième a trente-cinq mètres de large et un mètre vingt de profondeur : gonflé par des pluies récentes, il forme des vagues énormes et le courant en est si impétueux que nous ne pouvons le franchir seuls; des habitants d'un village voisin viennent à notre secours, nous indiquant un gué, où les eaux, divisées en plusieurs canaux, n'ont au principal qu'un mètre de profondeur, et nous aident à traverser : c'est une opération longue et difficile, tant l'onde a de violence.
La vallée est au reste rétrécie, et une plaine assez peu large conduit rapidement aux avancées de l'Anti-Atlas. Le voyageur retrouve là des aspects qu'il connaît bien, mais qui différencient si fortement et si brusquement la vallée de la montagne méridionale. Plus d'arganiers, les cultures se lovent au fond des oueds ; le jardin soussi a disparu, plus de villages ouverts et riants au milieu des cultures presque continues ; mais séparés par des plaques sans végétation déchirées par des traînées rocheuses, les ksours fermés, ...

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 20 Aoû - 6:54

page 156


... rébarbatifs, anxieux. A travers les pierres noires, le chemin redevient difficile qui mène au sommet de la crête au Tizi n' Azaghar, col qui doit son nom à un type de paysage relativement fréquent dans la montagne berbère et dont le flanc méridional de la chaîne, franchie par Foucauld à cet endroit, présente un exemple bien caractérisé : l'Azaghar Imi n'Tels. L'Azaghar est essentiellement un pays suffisamment arrosé, de climat assez égal et couvert d'une végétation spontanée qui offre à la fois des terrains de pâturage et de labours. La région doit le plus souvent ces conditions favorables autant à la meilleure qualité de son sol ou à l'abondance plus grande de ses ressources hydrauliques qu'à la protection des collines ou des montagnes qui l'entourent d'un écran contre les rudesses extérieures. Celui-ci, vers Ilir, est traversé par l'oued Sidi Mohammed ou Yakoub qui doit son nom à la Zaouia « située dans un col étroit d'où la rivière sort pour pénétrer dans la plaine. Elle comprend trois agglomérations que le ravin sépare. Le tombeau du grand saint, patron de la Zaouia, est au fond du ravin, c'est une haouita à ciel ouvert. Trois fois les fidèles se réunirent pour édifier une koubba, et chaque fois la voûte s'écroula. Les maçons n'admirent pas que leur talent pût être mis en cause et conclurent que Sidi Mohammed ou Yakoub avait voulu, par ce miracle, donner un témoignage posthume de cette humilité qui fut sa vertu favorite (1) ».
L'habitude de ces tombeaux à ciel ouvert est au reste fréquente dans le Maroc méridional. Elle marque le plus souvent la dernière demeure d'un confesseur de la foi coranique, ou d'un guerrier valeureux. C'est ainsi qu'à Marrakech, Youssof ben Tachfine, le grand Almoravide, fondateur de la ville, dort son dernier sommeil dans une tombe seulement ombragée par un très vieux figuier et que ne recouvre aucune koubba. Une légende ...

(1) R. de SEGONZAC : Au cœur de l'Atlas, p. 125.


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 20 Aoû - 6:59

page 157


- Le Sous à Freija.

...analogue à celle de Sidi Mohammed ou Yakoub explique cette absence. Plus près de nous la même disposition a été adoptée à Tiznit pour le mausolée de notre vieil allié Haïda ou Mouis, pacha de Taroudant, tué en combattant nos adversaires en janvier 1917.
Les environs de la Zaouia sont bornés à l'est et à l'ouest par des collines rocheuses très basses, au sud par une longue ligne de hauteurs brunes et nues, à crêtes uniformes; le sol est de terre, semée par endroit de beaucoup de pierres : des jujubiers sauvages, des genêts, diverses herbes la couvrent; de temps à autre y apparaissent des champs, propriété, les uns d'habitants d'Ilir, les autres de marabouts de Sidi Mohammed ou Yakoub.
Les maigres richesses de semblables régions sont l'objet des plus vives compétitions entre voisins. Aussi la petite troupe, soucieuse de n'être point prise au milieu de querelles locales, préfère-t-elle à la route plus facile en terres habitées, celle qui serpente à travers des zones plus pauvres. Quand on est peu nombreux, qu'on n'a pas de zettat du pays et de zettat puissant, il est de règle d'éviter les centres; la vue de voyageurs en petite troupe ...

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 20 Aoû - 7:05

page 158


- Ruelle des oasis de Tissent.

... et mal escortés inspire à ceux devant qui ils passent la pensée de courir à leur poursuite et de les piller : c'est un danger de tous les instants en contrée peuplée. On s'y soustrait en échappant aux regards et en prenant les chemins déserts. C'est pour ce motif que, dans la vallée du Sous, au lieu d'aller de village en village le long des rives du fleuve, nous avons passé au nord, traversant tantôt des forêts, tantôt des prairies, nous tenant sans cesse à l'écart des centres. Du col d'Azaghar à Ilir, c'est pour éviter les campements des Ait Jellal situés le long de l'oued Sidi Mohammed ou Yakoub, que nous avons pris par le désert d'Imi n'Tels.
Moyennant ces précautions, et grâce à la présence du Hadj Bou Rhim, l'escorte est fidèle ; parfois nombreuse, elle est toujours gratuite, car l'anaia, qui se vend souvent cher aux étrangers, se donne de la manière la plus généreuse aux amis : accompagner son ami jusqu'au gîte suivant ou jusqu'en lieu sûr fait partie des devoirs de l'hospitalité. C'est chose toute simple qui se fait sans qu'on ait besoin de le demander. Grâce à quoi le chemin est relativement sûr dans cette région où vingt ans après, le marquis de Segonzac trahi par un guide devait subir une longue, dangereuse et pénible captivité.
Enfin, c'est bientôt le retour à Tisint, où cette année-là règne l'abondance tant la moisson a été bonne dans les maders. Il est vrai qu'un peu plus loin sur le Draa la situation est toute différente. C'est la famine avec toutes les horreurs que nous ne connaissons plus chez nous, mais qui là-bas, dans les contrées sans intercommunications commerciales suffisantes pour les denrées alimentaires ...

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 20 Aoû - 7:15

page 159


- Le nid d'aigles d'Agoulmine dans la plaine de Tazenakht.

... de première nécessité, déciment périodiquement après d'horribles souffrances les tribus à tour de rôle.
Est-ce la raison qui, en augmentant les instincts pillards, accroissait l'insécurité environnante? Toujours est-il que le voyageur dut renoncer une fois encore à rejoindre l'oued Draa vers le sud. Force lui fut de gagner la vallée du fleuve en remontant vers le nord jus qu'à Tazenakht qu'il avait visitée six mois auparavant. Naturellement il prend une route nouvelle, franchit la plaine des Zenaga, traverse Takdicht où s'élève un tirremt aux tourelles de pisé découpé et couvert de moulures qui rappelle les gracieuses demeures des environs du Draa. Son hôte, Adballah d'Ait Taleb, s'étonne de le voir arriver avec une si faible escorte. Si lui ou ses fils m'avaient rencontré en route, ils m'eussent, dit-il, indubitablement pillé. Maintenant que je suis entré dans sa maison, il ne voit en moi qu'un hôte recommandé par son ami : je suis le bienvenu et demain, il me conduira en personne à destination, jusqu'à Tazenakht.
L'aventure devait arriver quelques heures plus tard, le jour suivant. A peine franchie la belle plaine des Zenaga, qu'une troupe de cavaliers arrête les voyageurs. Ils nous prirent au col, Mardochée et moi, en réclamant un droit de passage, une zetata. Leur maître s'était arrêté et regardait, impassible, la bousculade. Un des hommes demanda d'où nous étions : « De Marrakech. — Des gens de Marrakech, des sujets du sultan! s'écria le chikh. La bonne aubaine.

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 20 Aoû - 7:21

page 160


- Zaouia el Aïn, marabout des Zenagas.

Trois Zenaga sont en prison dans le bled el Maghzen. Voici des otages qui arrivent à propos. Qu'on les emmène et qu'on les mette aux fers. Ils y resteront jusqu'à ce que Moulay el Hassan nous ait rendu nos sujets. » Lorsqu'il entendit ce langage, l'esclave du marabout prit la bride du cheikh et lui déclara que, sujets ou non du sultan, nous étions sous l'anaia de son maître Sidi Hamed ou Abd er Rahman, marabout des Ait Amer, chef de la Zaouia de Sidi Abd Allah ou Mhind, et que par conséquent nul n'avait le droit de nous toucher. A ces paroles, tout change. Toucher aux protégés de Sidi Hamed! Qui y a pensé? Non seulement on ne nous emmène pas, mais on nous laisse passer sans exiger de zetata : pouvoir maraboutique local, plus fort que celui du khalife lointain.
L'incident, à mieux dire l'accident, est d'une tout autre nature que celui de Mrimima. A cet endroit-là c'est le chrétien suspecté qui était visé. Ici c'est simplement l'étranger quelconque. Car Foucauld n'a pas été démasqué. Il est exposé au sort commun qui menace tous les inconnus. Une confirmation devait venir bien des années après cet épisode permettre d'en déterminer le caractère. L'assaillant était le cheikh Hammou des Zenaga qui avait en avril 1905 délivré le marquis de Segonzac, prisonnier des Ben Tabia. Ce personnage se nommait de son nom complet ...

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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 20 Aoû - 7:25

page 161


... « Mohammed Ida ou l'Qaid. Sa famille gouverne depuis longtemps les Zenaga. Un trisaïeul du cheikh Hammou avait été intronisé caïd des Zenaga par un sultan de la dynastie Filala. Le titre de caïd ne s'est pas transmis, mais le commandement de la tribu est demeuré dans la famille depuis cette époque. Le cheikh actuel, qui gouverne depuis plus de trente ans, a rehaussé le prestige des Ida ou l'Qaid ». D'ailleurs, raconte Segonzac à la date du 15 avril 1905 (1), « on a parlé hier soir d'un voyageur roumi qui faillit être massacré à Mrimima il y a quelque vingt ans. Il était déguisé en Juif. A ce signalement j'ai reconnu le vicomte de Foucauld et j'ai raconté au cheikh Hammou sa rencontre avec le voyageur dans la plaine de Zenaga. Le cheikh n'en eut aucun souvenir, mais son cavalier de confiance, Bou Nit, s'en est immédiatement souvenu. »

(1) SEGONZAC. Op. cit., pp. 192 et 194.


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 22 Aoû - 6:28

page 163



VERS LES CRÊTES DU HAUT ATLAS

A Tazenakht, des querelles locales retardent encore le voyageur. Il faut chercher un zettat et convenir d'une route détournée, car la sécurité du zettat est elle-même en jeu. Enfin, on part et d'abord, par la vallée de l'oued Tigdi Ouchchen (N'Ait Doukchken), puis par une sorte de plateau pierreux, faiblement ondulé, le pied du Djebel Tifernin est atteint. Cette haute arête rocheuse nue et isolée au milieu du plateau est franchie. Foucauld est à nouveau entré dans le bassin direct du Draa, vers lequel l'amène la vallée de l'oued Tamtsift après un court repos au ksar de Tesaouant dont les constructions ornementées annoncent l'architecture draoua. Bientôt au loin, on aperçoit l'un des districts qui forment, le long de l'oued, un chapelet de vie au milieu de la vaste désolation. Le Mezgita, ce n'est encore qu'une ligne noire de dattiers, s'allongeant au pied d'une haute chaîne de montagnes. D'ici là, le chemin est désert et la végétation diminue; plus ni tamarix, ni jujubiers sauvages, plus même de seboula el far; des touffes de ...


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 22 Aoû - 6:34

page 164


- Défilé de l'Aït Douchene.

... melbina seulement et de rares gommiers; le sol cesse d'être pierreux et devient sablonneux et blanc.
C'est enfin Foued Draa. La vallée apparaît comme une bande verte serpentant entre deux chaînes de montagnes : à mes yeux s'étendent des palmiers innombrables mêlés de mille arbres fruitiers; entre les branches, on aperçoit de distance en distance, un ruban d'argent, les eaux du fleuve; une foule de ksars, masses brunes ou rosés hérissées de tourelles, s'échelonnent à la lisière des plantations et sur les premières pentes des flancs. Ceux-ci sont : à gauche, les parois tourmentées et escarpées, pleines de crevasses et de cavernes, du Kisan, chaîne nue de roche rosé; à droite, un talus de pierre noire et luisante, aux crêtes uniformes, aux surfaces lisses, aux côtes raides; il s'appelle Koudia Ouled lahia. Entre ces deux murailles, s'étend le fond de la vallée, surface de deux cents à dix-huit cents mètres de large, couverte de sable fin, et unie comme une glace; au milieu coule l'oued Draa sur un lit de sable sans berges, presque au niveau du sol voisin, qu'il inonde dans ses crues. Sur ses rives, le fond de la vallée est un jardin enchanteur : figuiers, taqqaiout, grenadiers s'y pressent; ils confondent leur feuillage et répandent sur le sol une ombre épaisse; au-dessus se balancent les
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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 22 Aoû - 6:39

page 165


- Village des Mezguiya et le Djebel-Kisan.

... hauts panaches des dattiers. Sous ce dôme, c'est un seul tapis de verdure : pas une place nue, la terre n'est que cultures, que semis; elle est divisée avec un ordre minutieux., en une infinité de parcelles, chacune close de murs de pisé; une foule de canaux le sillonnent, apportant l'eau et la fraîcheur. Partout éclate la fertilité de ce sol bienfaisant, partout se reconnaît la présence d'une race laborieuse, partout apparaissent les indices d'une population riche : à côté des céréales, des légumes, poussant sous les palmiers et les arbres à fruits, se voient des tonnelles garnies de vigne, des pavillons en pisé, lieux de repos où l'on passe, dans l'ombre et la fraîcheur, les heures chaudes du jour. Telle est, depuis le pied des parois de roche qui la bordent, toute la vallée du Draa, jardin merveilleux de cent cinquante kilomètres de long. Une foule innombrable de ksars s'échelonnent sur les premières pentes des deux flancs : peu sont dans la vallée, autant par économie d'un sol précieux que par crainte des inondations. Ils ont tous ce caractère d'élégance qui est particulier aux constructions du Draa; point de murs qui ne soient couverts de moulures, de dessins, et percés de créneaux blanchis; de hauts tirremts, des tours ...


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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 22 Aoû - 6:45

page 166


Kasbah du Dadès.

... s'élèvent de toutes parts; les maisons les plus pauvres même sont garnies de clochetons, d'arcades, de balustrades à jour.
Il faut ici encore discriminer les éléments de cette richesse apparente. Elle est faite, comme pour le Sous, de la réalité certaine mais restreinte, des ressources locales et pour la plus grande part des apports d'argent venus de l'extérieur. Les Draoua émigrent eux aussi et, spécialistes habiles, ils sont recherchés dans toutes les régions du Maroc pour leurs qualités de maçons.
Le voyageur s'arrête quelques jours à Tamnougalt, l'un des plus beaux ksars installé parmi les oasis les plus riches et les plus importantes du Maroc (1). Il peut se rendre compte de cette étrange région où toute la vie est concentrée autour de l'eau nourricière. Le lit du fleuve, comme une chaîne de métal, relie entre elles les petites provinces groupées sur ses bords, grains verts d'un chapelet jeté dans ce coin du Sahara. Ce pays des Mesguita, hier encore inaccessible, est aujourd'hui connu dans tous ses détails, grâce au laborieux travail de nos aviateurs, de nos officiers du Service géographique et des Renseignements. Survolé cent fois, photographié sous tous ses angles, la ...

(1) Cf. : Capitaine PENNES et Lieutenant SPILLMANN : Les pays inaccessibles du Haut Draa. In Revue de Géographie Marocaine, 1929, n° 1.



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