Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Au MAROC en suivant FOUCAULD.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 18 Juil - 7:05

page 28



- Sculptures de la medersa Attarine.

... faïences. Fès fournit ainsi non seulement une partie du Maroc central, mais encore la plus grande portion du Sahara oriental, toute celle qui dépend commercialement de l'oued Ziz.
Mais le commerce a ses risques. La paix française en a fait déjà disparaître quelques-uns parmi ceux signalés par Fou-cauld : la pénurie des moyens de transports auxquels pourvoient aujourd'hui le camion ou la voiture automobile, l'insécurité des routes surveillées par nos troupes. Mais le crédit fait encore défaut parfois, et l'usure n'a pas disparu. Le taux de l'intérêt atteint au Maroc des limites fantastiques, ou plutôt il n'en a pas. Voici le taux auquel prêtent à Fès les Israélites qui se respectent : 12 pour 100 pour un coreligionnaire d'une solvabilité certaine; 30 pour 100 pour un musulman d'une solvabilité également assurée; 30 pour 100 pour une personne de solvabilité moins sûre, mais qui fournit un gage ; 60 pour 100 dans les mêmes conditions sans gage.
La foule va et vient avec animation, à grand bruit, brutalement prévenue par le balek (prends garde) des cavaliers, par la clochette du guerrab, le porteur d'eau, qui tinte tout le jour, par l'invocation monotone des aveugles se tenant par l'épaule en chapelet et implorant la charité publique au nom vénéré de Moulay Idris ou de Sidi Abd el Kader Djilani.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 18 Juil - 7:07

page 29



- Tailleur de Fès.

Les étudiants sortent des médersas nombreuses que la piété des sultans a construites pour les héberger avec un luxe de sculptures découpées dans le plâtre, une disposition harmonieuse de colonnes, d'arcs d'ogives dentelées, de poutres ouvragées. Ils se hâtent vers Qaraouiyne, l'université qui fut autrefois l'une des plus renommées de tout l'Islam, ou encore, oublieux des cours, montent vers Moulay Abdallah, le quartier de débauche, ou bien s'assemblent près des conteurs en plein air, aux abords de Bab Guissa.
Chaque corps de métier occupe des rues spéciales : voici les chaudronniers et leur fracas, les teinturiers bariolés de mille couleurs éclatantes, les tailleurs paisibles dont les apprentis barrent le passage; les forgerons semblables à de noirs démons, potiers, relieurs, enlumineurs, corporations dont les techniques un peu figées, très déformées par la stagnation générale étaient en passe de disparaître lorsque la France survint. Le maréchal Lyautey s'avisa que l'une des voies les plus sûres pour atteindre les cœurs, passait par ces échoppes alors trop délaissées des Fasis; sous ses soins attentifs, le Maallem, maître es œuvres, fut recherché, retrouvé, aidé, encouragé. Les anciens procédés furent régénérés. Une renaissance des arts locaux s'affirma, riche de conséquences immédiates et importantes puisqu'elle permettait à la Nation protectrice, ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 18 Juil - 7:09

page 30



- Le mellah de Fès.

... en sauvant de l'oubli les expressions parfois balbutiantes de l'art maghrébin, de pénétrer dans l'intimité d'un pays qu'il lui fallait d'abord comprendre pour l'amener à la civilisation moderne.
Imposant, sur sa mule sellée de rouge, le cadi s'en va, impassible, vers son tribunal ; le fonctionnaire dédaigneux de la plèbe court au palais impérial. L'asker, le soldat dépenaillé muse aux étalages, et le mokhazni, s'enorgueillissant du prestige de son maître, et pour s'égaler au caïd lui-même dont il exécute les ordres, bouscule le populaire avec brutalité.
Fès a peu changé, même après vingt ans d'occupation. Même foule, même agitation, même somptuosité de nuances au soleil couchant, au clair de lune qui bleuit la cascade des maisons blanches, resserrée dans ses vallons aux verdoyants jardins. Les roues élévatoires grincent toujours à Bou Jeloud ou à Bab el Hadid, les innombrables canalisations qui répartissent à travers toutes les maisons de la ville l'eau de l'oued Fès ne cessent de mettre à tous les carrefours la fraîcheur de leur ronronnement monotone. Les hautes maisons continuent à masquer le soleil, les ceps de vignes courant sur les clayonnages de roseau à abriter les cafés maures. Fès dans tout son charme trépidant ou alangui, reste toujours fermée, hostile, renfrognée. Quelles pensées s'agitent dans les cerveaux? Que dissimule le ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 18 Juil - 7:10

page 31



- Cimetière juif sous les murs du Mellah de Fès.
- Cimetière musulman de Bab-Ftouh.


... merveilleux décor? Une haine active, irrémissible, ardente, prête à renouveler à la première occasion les terrifiants massacres du 17 avril 1912? Ou la réserve d'une population chargée d'histoire désordonnée, trop riche pour oser encore une révolution et qui camoufle sa veulerie présente, sa peur de l'action, de la souffrance, du risque, sous l'insolence de l'attitude extérieure, la morsure spirituelle d'une chanson, d'une boutade? Ou bien le désaxement produit par un afflux trop brusque du progrès matériel ; la nécessité d'un reclassement des valeurs morales, d'une mise au point actuelle des idées et des situations ; la difficulté pour les vieux de s'adapter à des nouveautés que d'antiques préjugés revêtent d'apparences diaboliques; la fougue qui pousse une jeunesse ardente à vouloir franchir le long espace qui sépare le moyen âge assoupi d'hier, de l'activité contemporaine un peu fébrile sans marquer les étapes nécessaires ; son impatience, prétextant une science récente encore toute en surface, à réclamer déjà des droits sans penser aux devoirs qui les légitiment et les justifient ?



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Ven 18 Juil - 7:11

page 32




Tout cela qui imprègne aujourd'hui de malaise l'atmosphère fasia, doit se résorber un jour, après d'inéluctables sacrifices consentis, et se transformer en loyalisme sans servilité, qui conserve sa personnalité et sait marquer sa reconnaissance pour les efforts discrets par lesquels, en la guidant vers le progrès, la France incite Fès à renouer dans le monde la tradition rayonnante dont autrefois s'enorgueillissait la vieille cité. Tantœ molis erat... Pourquoi désespérer? N'y a-t-il pas à Fès maints esprits délicats et des âmes d'élite? Et le passé s'affirmera-t-il une fois encore si fort, que, dressant un mur infranchissable à tout effort, il opposera comme idéal au progrès contemporain, le chaos ancien?
Fès, dont bien peu ont pénétré l'énigme... Et le soir sous l'étincellement des clairs de lune, de terrasse à terrasse s'échangent les nouvelles, médisances, cancans, s'ébauchent les mille intrigues qui se dénoueront en faits divers comiques, ou dans l'ensanglantement des drames.
Mais Foucauld n'a que faire de tout cela, qui si loin de nous en est trop proche encore, trop connu déjà. L'énigme complète le tente, et l'aventure et le mystère. Il s'acharne à préparer les voies, s'impatiente aux obstacles renaissants, et las d'attendre, veut, avant le départ définitif, renouveler vers Taza, l'expérience fragmentaire de Chefchaouen.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Sam 19 Juil - 9:07

page 33




TAZA,  SENTINELLE  INCERTAINE


PENDANT les trois semaines que je savais devoir séjourner à Fès, afin de ne pas perdre mon temps, j'ai été de Fès à Taza (à trois jours de distance). J'y ai été par un chemin et suis revenu par un autre. La position de la ville était connue, mais les chemins qui y aboutissent n'avaient pas été relevés; je l'ai fait aussi exactement que possible.
Comme c'est simple! Un touriste retardé fait une excursion supplémentaire — un week-end. Cette simplicité voile pourtant une entreprise hardie, car Taza a représenté de tous temps un des points sinon les plus périlleux, du moins les plus délicats du Maroc, parce que la géographie y commande l'histoire.
A toutes les époques, le besoin de relations entre le Maghreb el Aqsa, l'Occident le plus lointain, le Maroc d'une part, le Maghreb el Aouçat, l'Occident médian, l'Algérie actuelle et l'Ifrikia, la Tunisie, d'autre part, ont forcé les hommes à emprunter le couloir étranglé entre les dernières pentes des massifs rifains au nord, la pointe septentrionale des massifs du Moyen Atlas au sud. Aux temps paléontologiques, quand le détroit de Gibraltar n'existait ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Sam 19 Juil - 9:15

page 34


- Les murs de Taza.

... pas, la liaison s'opérait là des eaux méditerranéennes et atlantiques. Elles se retirèrent laissant un passage aux hommes, à leurs passions, à leurs besoins : invasions, commerce. L'étroitesse de la trouée la prédisposait aux embuscades. Dès le VIIIe siècle, un poste de surveillance fut placé sur un roc commandant la route; petit à petit on le renforça de murailles solides ; Abd el Moumen en fait même un instant au XIIe siècle la capitale de son empire naissant. Mais la force de l'Almohade représentait une exception et à son action se substituait généralement celle des coupeurs de routes qui, installés sur ce seuil en autorisaient ou en interdisaient l'usage selon leur bon plaisir à qui ils voulaient, le souverain compris.
Dans un cadre riant pourtant, le site empruntait à son rôle un aspect rébarbatif. Une haute falaise de roche noire se détache de la montagne et s'avance dans la plaine comme un cap; sur son sommet, la ville, dominée par un vieux minaret; à ses pieds d'immenses jardins... Adossée au sud à une haute chaîne de montagnes, bordée de précipices au nord et à l'ouest et d'un talus très raide au nord-est, elle n'est facilement accessible que d'un côté, le sud-est. Le plateau où se trouve la ville est en pente douce, vers l'est d'une part, vers ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Sam 19 Juil - 9:20

page 35


- Taza sur sa falaise.

... l'ouest de l'autre. Taza est entourée de murs, doubles en plusieurs endroits.... Toute la surface close par la partie sud de l'enceinte est occupée par des jardins; au delà vient un deuxième mur, puis commence la ville proprement dite : là même, tout n'est pas constructions, certaines parties du plateau vers l'est et vers l'ouest sont couvertes de cultures.
L'eau y est délicieuse et glacée. Les environs immédiats sont occupés par une épaisse forêt d'arbres fruitiers d'une élévation extraordinaire, sans exemple peut-être au Maroc; couvrant la plaine tout autour de la ville, ils se pressent jusque sur le raide talus qui la borde à l'ouest et, atteignant là le pied de ses murailles, ils élèvent leur haute ramure au-dessus du faite des maisons.
Ce décor enchanteur encadrait pourtant alors une vie hagarde, car Taza sous la domination nominale du sultan qui y entretenait une centaine d'hommes enfermés dans le mechouar, était en réalité au pouvoir des Ghiata sur le territoire desquels elle se trouve. Ils traitent cette cité en pays conquis, y prenant de force ce qui leur plaît, tuant sur l'heure qui ne leur cède pas de bonne grâce. Au dehors, ils tiennent la ville dans un blocus continuel, ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Sam 19 Juil - 9:27

page 36


... nul n'ose sortir des murs sans être accompagné d'un Ghiati; quiconque s'aventurerait sans zetat, ne fut-ce qu'à cent mètres., serait dévalisé, maltraité, peut-être tué : c'est au point que les habitants ne peuvent pas aller seuls remplir leurs cruches à l'oued Taza; les Ghiata ont ainsi le monopole de l'eau, qu'ils apportent chaque jour moyennant salaire. Au dedans la ville est encombrée de Ghiata; on en voit sans cesse un grand nombre flânant dans les rues, un grand nombre assis soit devant les portes, soit à l'intérieur des maisons, soit sur les terrasses; on les reconnaît à leur sabre et à leur fusil qui ne les quittent pas; ils s'installent où bon leur semble, se font donner à manger; s'ils aperçoivent une chose qui leur plaise ils la prennent et s'en vont. Le jour du marché, où ils sont plus nombreux encore que d'ordinaire, nul n'ose passer dans les rues avec une bête de somme, de peur de se la voir enlever.
Rien à changer à cette description jusqu'à ce jour de mai 1914, où, sous le commandement du général Lyautey, se rencontraient à Taza les colonnes amenées d'Oujda par le général Baumgarten et de Fès, après quels rudes combats, par le général Gouraud. On fit place nette, non sans mal d'ailleurs, et la liaison intermittente et toujours précaire autrefois resta désormais assurée, même au temps où Abd el Kerim la menaça.
Pour Foucauld, s'aventurer dans un pareil coupe-gorge était une entreprise hardie, surtout pour un Français, car les habitants de la ville, terrorisés, souhaitaient, et les Ghiata le savaient, l'arrivée des forces algériennes dont la présence leur permettrait de respirer.
Pourtant l'excès du mal avait engendré des coutumes propres à en pallier les effets, et l'insécurité diminuait pour qui s'assurait l'Annaia, la protection d'un membre de la tribu ou d'un personnage influent. Le voyageur obtint celle de Sidi er Rahmi, le chef de la grande zaouia de Moulay Idris, le principal sanctuaire ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Sam 19 Juil - 9:30

page 37


- Bab er Rih.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 20 Juil - 8:30

page 39




- Rue voûtée de Taza.

... de Fès, tout puissant dans la région où le sultan avait si peu de pouvoir qu'il recourait à l'intermédiaire du saint homme pour ses rapports avec les Ghiata.
Un esclave de confiance sera le guide et le zettat, le porte-respect de Foucauld et de Mardochée pour le retour. Ils partent au matin du 29 juillet, remontent pendant deux journées le cours de l'oued Innaouen sur le flanc du Djebel Ghiata, tandis que la rivière coule dans une étroite et profonde coupure à hautes murailles de roc, creusée à pic..., brèche qui na au fond que la largeur du cours d'eau, et dont les parois sont presque aussi rapprochées dans le haut que dans le bas.
Le retour s'effectue par une autre route jalonnée par la zaouia de Moulay Abd er Rahman, et le Souk el Tleta des Hiaina, celle-là même qui fut empruntée, trente et un ans plus tard, en mai 1914, par la colonne française.
Ce chemin d'un parcours plus facile, présentait des périls plus considérables que ceux rencontrés sur l'autre itinéraire. Un chérif de la Zaouia sert de guide, mais il se lasse bientôt et comme on approche du souk des Hiaina où lui Ghiati ne se soucie pas de se ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 20 Juil - 8:36

page 40


... montrer en raison de l'inimitié des deux tribus, il réclame le prix convenu, deux reals vite enfouis dans sa chkara : « — Donne-« m'en encore deux autres; — Mais... — Tais-toi et donne! — « Voilà... — Maintenant donne un demi-réal à chacun de mes « domestiques — Mais... — Tais-toi et donne!... — A présent un « de mes hommes va te mener jusqu'au marché. — Comment « après tout ce qu'on t'a donné, tu ne nous conduis pas toi-« même? — Accompagner de vilains juifs comme vous! A ta « mère! » A ces mots il fait demi-tour, et nous nous estimons heureux qu'en nous abandonnant il nous ait laissé un de ses serviteurs.
Le lendemain les voyageurs entraient à Fès.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 20 Juil - 8:42

page 41



BOUJAD OU  LA  SYMPATHIE  CONFIANTE

APRÈS une rapide excursion à Sefrou cachée dans la profondeur de grands bois touffus dont le feuillage épais répand sur la terre une ombre impénétrable et une fraîcheur délicieuse, où toutes les branches sont chargées de fruits, où le sol toujours vert ruisselle et murmure de sources innombrables, c'est le départ pour Meknès à travers une vaste plaine, le Sais, bornée au nord par les monts Outita, Zerhoun, Terrais et Zalar, à l'est par le flanc droit de la vallée du Sebou, au sud par les monts El Behalil et Béni Mtir. La monotonie de la route est extrême à travers le Saïs terrain très plat, couvert de palmiers nains; pas la moindre trace de culture, bien que le sol soit très arrosé.
Il fallait le miracle français pour transformer cette pauvreté, convertir en plaine de Beauce l'étendue désolée, faire descendre dans le bas pays la fertilité qui revêtait seulement alors les flancs du Djebel Zerhoun d'un camaïeu de verts : orangers, vigne, oliviers... Voici bientôt Meknès recroquevillée dans le décor grandiose maintenant en ruine, que Moulay Ismaël voulait donner à sa gloire.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 20 Juil - 8:51

page 42


- L'oued Rahia à Sefrou.

La somptuosité encore qu'éphémère de cette manière de Roi-Soleil que fut le grand sultan s'accroche aux murailles puissantes d'une enceinte disproportionnée à l'étendue des magasins, aux perspectives de l'Aguedal, à Bab Mansour el Euldj. Pour l'ornementation de cette porte dont la mort lui interdit de contempler l'achèvement, le prince réquisitionna l'art de toutes les époques, celui des architectes contemporains, celui des maîtres potiers, aussi bien que celui des Romains dont il dévasta les souvenirs enfouis à Volubilis pour construire un édifice à l'échelle de sa magnificence. Mais pour Foucauld, à quoi bon s'attarder plus qu'il n'est nécessaire pour attendre que le guide ait préparé la route. Le bled siba, le pays libre, inconnu, impénétrable est là ; il commence aux portes de Meknès.
Comme l'explorateur a hâte d'abandonner les Etats du sultan, le bled el Makhzen, triste région où le gouvernement fait payer cher au peuple une sécurité qu'il ne lui donne pas; où, entre les voleurs et le caïd, riches et pauvres n'ont point de répit; où l'autorité ne protège personne, menace les biens de tous; où l'État encaisse toujours sans jamais faire une dépense pour le bien du pays; où la justice se vend, où l'injustice s'achète; où le travail ne profite pas... Combien, souligne le voyageur, ai-je vu de Marocains revenant d'Algérie, envier le sort de ...



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MessageSujet: Re: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 20 Juil - 8:56

page 43


- Meknès.

... leurs voisins : il est si doux de vivre en paix! Qu'on ait peu ou qu'on ait beaucoup il est si doux d'en jouir sans inquiétude! Les routes sûres, les chemins de fer, le commerce facile, le respect de la propriété, paix et justice pour tous, voilà ce qu'ils ont vu par delà la frontière. Que leur pays, si misérable quoique si riche, serait heureux dans ces conditions.
Foucauld quitte Meknès avec des négociants attirés par les marchés voisins, quelques musulmans pauvres et deux Juifs en route vers le Tadla. Un seul zetat protège la troupe de son anaïa. Le chemin d'abord en plaine cultivée atteint bientôt le pays des Zemmours Chellaha, accidenté mais sans reliefs importants, couvert de lentisques, de jujubiers, de doums. L'oued Beth franchi, un plateau giboyeux, riche, apparaît parsemé de frais jardins, entourant de beaux douars à l'aspect prospère. Au coucher du soleil, la masse des troupeaux de moutons se presse autour de belles et grandes tentes : dans chacune on voit des femmes occupées à tisser flidjs, tellis, bernous et tarhalt (couvertures multicolores à dessins variés), ou bien à tresser des nattes qu'on brode ensuite de laines aux couleurs éclatantes. Ces nattes brodées ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 20 Juil - 9:03

page 44


- Meknès : Bab Mansour el Euldj.

... sont, avec les tarhalts, la spécialité des Zemmours, des Zaians et des Béni Mgild. Les Zemmour, ainsi que les Zaian, chez qui nous entrerons ensuite, se distinguent des autres tribus que j'ai vues au Maroc par le primitif de leur costume : hommes et femmes y sont fort peu vêtus; leur habillement est le suivant : pour les hommes riches, point de chemise ni de caleçon, une simple farazia, et par-dessus un bernons; les pauvres n'ont que le bernons : en marche, ils le plient, le jettent sur l'épaule et vont nus. Les premiers ont sur la tête soit un turban de cotonnade blanche, soit un mouchoir blanc et rouge; les pauvres sont tête nue. Les uns et les autres se rasent les cheveux; mais, chose que je n'ai également vue que là, ils conservent au-dessus de chaque oreille une longue mèche semblable aux nouader des juifs (1). Les Zemmour les portent toutes deux, les Zaian n'en ont qu'une : c'est la seule différence de mode entre les deux tribus. Cette mèche est, pour les jeunes élégants, l'objet de soins minutieux : ils la peignent, la graissent, puis la tressant, en font une petite natte. Le costume des femmes est ...

(1). Les nouader sont d'épaisses mèches de cheveux que les Israélites marocains laissent pousser au-dessus de chaque oreille, et qui leur pendent le long des joues jusqu'au niveau du menton ou de l'épaule.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 20 Juil - 9:04

page 45


- Les remparts de Meknès.

... aussi des plus légers : c'est une simple pièce d'étoffe rectangulaire., de cotonnade ou plus souvent de laine, dont les deux extrémités sont réunies par une couture verticale; il y a trois manières de le porter : 1° en le retenant par des broches (grosses boucles d'argent khelal) ou de simples nœuds au-dessus de chaque épaule; 2° en retroussant et attachant le bord supérieur au-dessus des seins, les épaules et le haut de la gorge demeurant découverts; 3° en laissant retomber la partie supérieure, le corps restant nu jusqu'à la ceinture. Dans les trois cas le vêtement est retenu à la taille par une bande de laine; il est assez court : il ne descend guère au-dessous du genou. On le porte de la première façon pour sortir, de la seconde pour travailler hors de la tente, de la troisième à l'intérieur. Les femmes s'entourent plus ou moins la tête de chiffons; jamais elles ne se voilent.
Une escorte est nécessaire pour franchir le Tafoudeït, succession de côtes et de plateaux s'élevant par échelons et sillonnée de nombreux ravins boisés : lentisques, caroubiers, pins de diverses ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 20 Juil - 9:16

page 46


- Tapis Beni Mguild.

... espèces forment un fourré épais auquel se heurtèrent aux premières heures de la pacification les troupes du général Ditte. A ces difficultés, succède bientôt chez les Zaian un pays très montagneux au sol rocheux, hérissé de blocs d'ardoise et entièrement boisé, arbres élevés, serrés, formant une forêt épaisse; beaucoup d'eaux courantes, bordées de lauriers-rosés, de mûriers et parfois de vigne sauvage; la marche se ralentit. Sur le plateau d'Oulmes, sillonné par la transhumance de quelques-unes des tribus composant l'importante confédération, on croise des fractions en déplacement. Les bœufs chargés de tentes et des bagages marchaient au centre en longue colonne; les femmes les poussaient : derrière leurs mères étaient les enfants, les plus petits juchés par trois ou quatre sur le dos des mulets. Sur un des côtés cheminaient moutons et chèvres, conduits par quelques bergers. Les hommes, à cheval, formaient l'avant-garde et l'arrière-garde et veillaient sur les flancs.
Enfin, Foucauld atteint la limite du Tadla. Trois heures seulement le séparent de Boujad; pourtant, il y a autant de danger dans le peu de chemin qu'il me reste à faire qu'il y en avait dans toute la route que j'ai franchie jusqu'à ce jour. Ici plus d'anaia, plus de zetats : tout ce qui passe est pillé. Le pays, en cette saison ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 20 Juil - 9:19

page 47


- Rue et Mosquée à Meknès.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 20 Juil - 11:27

page 49


- Broches de femmes.

... surtout, est désert. Des troupes de pillards de toutes les tribus du Tadla, parfois d'Ichqern, viennent s'y embusquer par quarante et soixante chevaux prêts à fondre sur quiconque s'y aventurerait. Les caravanes, même de cinquante fusils, n'osent s'y hasarder, tant se révèlent redoutables ces djiouch dont, hier encore, les exploits valaient à toute cette région une si mauvaise réputation. Cependant, au milieu de tant de périls il est  une voie de  salut : ceux qui   ne respectent rien respectent    Sidi   ben   Daoud ; là ou les armes ne préservent point de l'attaque,  le pacifique parasol d'un membre de la famille sainte suffit à écarter tout danger. Ainsi, qu'un voyageur isolé, qu'un nombreux convoi veuillent aller à Boujad ils n'ont qu'un moyen : prier Sidi Ben Daoud de les faire chercher par un de ses fils ou petits-fils. Cela coûte plus ou moins cher suivant le nombre de voyageurs et la composition de la caravane. Hâtons-nous de dire que les çalih (saints) de la Zaouia sont loin d'être exigeants.
Et bientôt à travers l'immense plaine du Tadla aux ondulations légères, le voyageur, guidé par un descendant du marabout, se hâte vers la cité sainte, celle dont on disait : «Ici ni sultan, ni Makhzen: rien qu'Allah et Sidi Ben Daoud. » Sidi Ben Daoud y est seul maître et seigneur absolu. Son pouvoir est une autorité spirituelle qui devient, quand il lui plaît, une puissance temporelle, par le prix qu'attachent les tribus voisines à ses bénédictions. Cette souveraineté s'étend à la ronde à environ deux journées de marche. De tous les points situés dans ce rayon, on accourt sans cesse à Boujad apporter une foule de présents; des pèlerins viennent chercher la bénédiction du saint et gagnent, en échange de ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 20 Juil - 11:35

page 50


- Sur la piste vers Boujad.

... cadeaux, les grâces attachées à ses prières. On honore en lui un sang sacré, celui du khalife Omar ben el Khattab; on a foi en sa bénédiction, qui en ce monde fertilise la terre et fait prospérer les troupeaux, et dans l'autre vie ouvre aux hommes les portes du paradis et leur assure, au jour du jugement dernier, l'intercession d'Omar et de tous les saints, ses descendants.
De semblables petits Etats dans l'État — si on peut employer ces termes autant pour désigner l'empire chérifien que des groupes politiques embryonnaires — se rencontrent fréquemment au Maroc. Ils sont nés à la fois du besoin spirituel qu'une population fruste a toujours senti d'avoir entre elle et la Divinité un truchement pour ses supplications, à la fois aussi du désir temporel d'obtenir la protection d'une aristocratie vénérée contre les exactions et la brutalité des forts. Autour du moustier se pressaient nos paysans du XIIe siècle, autour des koubbas se pressent les Marocains ; mais la préoccupation de buts immédiats enlève bientôt à la ferveur indigène tout mobile religieux. Foucauld rencontre souvent — et bénéficiera parfois — de ces puissances toutes locales, dont la plupart du temps la renommée ne dépasse pas les environs mêmes de leur établissement.
A Boujad, le beau vieillard qui accueillait Foucauld, Sidi Ben ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 20 Juil - 11:43

page 51


- Djemmaa ech Cheikh.

... Daoud avait dans ses traits une rare expression de douceur et d'aménité. Il n'était pas seulement vénéré, mais profondément aimé. Chacun vante sa justice, sa bonté, sa charité. Outre ses descendants directs, il a un grand nombre de frères, de neveux : la ville entière n'est peuplée, à part les Juifs et quelques artisans, que des parents proches ou éloignés du Sid, de leurs esclaves et de leurs serviteurs. Tous les membres de la famille de Sidi Ben Daoud participent à son caractère de sainteté, et cela à un degré d'autant plus élevé qu'ils lui tiennent de plus près par le sang.
N'étaient la richesse que lui vaut l'empressement pieux de toutes les tribus proches et le centre de transactions commerciales qui s'était développé autour des personnages, Boujad perdue au milieu d'ondulations pierreuses et blanches, est triste, l'eau rare, les jardins peu étendus. Seules les koubbas qui abritent sous les tuiles vertes de leurs toits pyramidaux le tombeau des santons défunts, jettent sur le ciel une note originale, moins inattendue pourtant que cette Kourigha fondée par nos ingénieurs, il n'y a pas dix ans encore, autour de riches gisements de phosphates insoupçonnés jusque-là. Avec ses toits rouges, ses maisons bien alignées autour de son clocher tout neuf, la petite ville place une note de paysage français, non loin du vieux sanctuaire traditionnel. Personne, des saints ni des nouveaux venus, n'est gêné par le voisinage réciproque et par le contraste d'une vie assoupie dans l'antique Zaouia, ardente autour des bâtiments de la ruche industrielle très ...



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 20 Juil - 11:48

page 52


... moderne. Miracle de la Baraka des saints, ou miracle de la sympathie semée là, trente ans avant le Protectorat, par Foucauld?
Le voyageur connut à Boujad des heures anxieuses. Il a raconté, dans un document récemment publié (1), les soupçons dont, à cet endroit même, il avait été l'objet de la part de ses pseudo-coreligionnaires.
Le mystère du déguisement percé, c'était la mort. Il fut sauvé par la présence d'esprit d'un petit-fils de Sidi Ben Daoud, El Hadj Idris.
La méfiance du jeune homme avait été éveillée par les appréhensions des Juifs. Il avait fait surveiller les étrangers et avait assez rapidement percé l'incognito du roumi. Mais le roumi était Français, et bien loin de nourrir à son égard de mauvais desseins, le jeune musulman chercha aussitôt à s'attirer par cet intermédiaire imprévu la protection de notre ministre à Tanger, persuadé qu'il était alors, comme beaucoup d'indigènes, qu'avant peu la France s'emparerait de l'empire de Moulay Hassan. Pendant que s'échafaudaient ces combinaisons diplomatiques dans l'esprit du jeune marabout, Foucauld et son compagnon qui les ignoraient, s'alarmaient de la surveillance, voire des attentions insolites dont ils étaient l'objet. Un jour pourtant, El Hadj Idris révéla son secret au cours d'une conversation toute en nuances ténues dont les finesses rendent à la fois si charmantes et si délicates toutes les relations avec les indigènes. Comme Mardochée présent à l'entretien assure que : « les autorités françaises lui feront le meilleur accueil, car elles seront aises d'envoyer des Français reconnaître Boujad que n'a jamais vue aucun chrétien », Si Idris répond, en souriant, que des chrétiens l'ont visitée. « Sous le costume musulman? — Non, sous le costume juif, on ignorait qui ils étaient ; mais nous les avons reconnus. » Ce jour-là on n'en dit pas plus long.

(1) Par M. R. Bazin : Charles de Foucauld, explorateur du Maroc, ermite du Sahara, p. 57.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Dim 20 Juil - 11:53

page 53


Peu après dans une causerie intime, Foucauld vis-à-vis de qui son interlocuteur s'était compromis de la plus complète façon, lui révéla sans restriction sa personnalité et ses projets. Sûr de Sidi Idris, j'eus dès lors avec lui les rapports qu'on a avec un ami; je lui rendis confiance pour confiance, et, comme il s'était mis entre mes mains, je me mis entre les siennes. Sa fidélité en augmenta. Elle dura, et ce mouvement de perspicacité psychologique autant que de sympathie instinctive allait valoir au voyageur des facilités pour continuer sa route, et plus tard, lorsque sonna l'heure des réalisations marocaines, la France, bénéficiant du geste de Foucauld, devait trouver à Boujad une collaboration fidèle. Exemple à retenir, modèle à imiter.



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MessageSujet: Au MAROC en suivant FOUCAULD.   Mer 23 Juil - 7:02

page 55



DE KASBAH TALDA A DEMNAT
OU COMMENT LE VIEUX MAKHZEN ADMINISTRAIT LES BERBÈRES

LA protection du marabout de Boujad, personnifiée par un de ses petits-fils remplissant le rôle de zettat, vaudra aux voyageurs des jours sans embûche, jusqu'aux confins du Tadla.
Au pied du Moyen Atlas, la route est jalonnée par des étapes bien caractéristiques de la vie marocaine d'alors, on pourrait dire de toujours, tant la géographie impose ici à l'histoire des dispositifs dont notre pénétration encore trop récente n'a pu définitivement effacer la foncière rudesse. Pourtant tout ce Tadla est riche : Tadla ne signifie-t-il pas en berbère gerbe de blé? Une vie facile, l'abondance et la paix devraient régner dans une région aux terres fertiles, aux eaux nombreuses, que draine vers l'Océan l'Oum er Rbia, la mère des pâturages.
La topographie qui détermine ces conditions favorables, en a pourtant contrecarré les effets. La plaine faiblement ondulée vient brusquement buter contre le Moyen Atlas. Des crêtes la ...



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