Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Au pays du paradoxe - MAROC -

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Paul CASIMIR




MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Mer 20 Aoû - 18:19

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MAROC, PAYS DU PARADOXE


Des femmes étaient entas­sées dans cette pièce, qui saluèrent notre appari­tion inattendue par un plongeon exécuté avec une célérité extraordinaire sous les matelas garnissant les côtés de la salle. Ce fut avec des gloussements de volaille effarouchée, un mouvement du plus haut comique. En deux secondes nous restions, Sa Majesté et moi, au milieu de l'habitation et tout autour de nous c'était la plus extravagante exposition de croupions haut dressés et de mollets de toutes les couleurs, cependant que les tètes de toutes ces personnes se blottissaient éperdument sous des piles de coussins et d'étoffes.

Telle est la force de l'habitude et la forme spé­ciale, de la pudeur musulmane qu'en ce palais princier, comme il en eût été en la demeure du dernier des mokhaznis, toute femme répugnait bien autrement à montrer son visage qu'à dissi­muler le reste de son académie. Tout derrière est indifférent parce qu'anonyme, le visage seul importe, parce que seul il trahit les sentiments, la décence surprise et la confusion. Dans l'Islam marocain, les citadines de qualité sont voilées par opposition aux esclaves qui vont à visage découvert.

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LA BEAUTE SAUVÉE

Et à l'inverse de ce qu'en peuvent penser nos féministes d'Europe assez enclins à voir en cette coutume un indice de la jalousie légendaire du mari, les femmes sont sur ce cha­pitre beaucoup plus intransigeantes que leurs époux. Si, par inadvertance, un de ceux-ci trans­gresse à la coutume et met inopinément sa femme en présence d'un ami ou d'un visiteur sans qu'elle ait eu le temps de se couvrir le visage, elle lui reproche ce manquement aux convenances comme une injure grave à sa fierté. Son époux, en la circonstance, ne l'a-t-il point laissé considérer par l'intrus comme une domestique ? Et parmi les femmes que nous surprenions ainsi à l'improviste dans ce palais de Marrakech il n'en était pas une, qui, le fût-elle, eût consenti à passer pour une esclave aux yeux d'un roumi.

En mars dernier de passage à Marrakech, au cours d'une audience que voulut bien m'accorder Son Altesse Impériale le prince ldriss, fils aîné et Khalifa du Sultan dans le Sud, j'exposais mon désir de revoir certains détails d'architecture qui. m'intéressaient particulièrement et dont je croyais avoir trouvé des répliques dans la Médersa Moulay Youssef.

Son Altesse Sérénissime qu'entourait son maghzen et qu'assistait mon ami le Comman­dant Justinard voulut bien accéder à ma demande et s'offrit fort aimablement à me conduire lui-même. Je refis en sa compagnie le tour de cette succession de palais dont la plupart avaient été sinon restaurés en entier, du moins assez bien réparés pour pouvoir abriter convenablement cette armée de serviteurs composant la maison du Sultan quand il vient passer quelques semaines dans la Capitale du Sud.


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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Mer 20 Aoû - 18:26

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MAROC, PAYS DU PARADOXE


Je pus me rendre compte que, peu à peu, avec les crédits exigus que j'avais à ma disposition pour entretenir ces énormes amas de bâtisses, en dix ans, mes collaborateurs étaient arrivés là comme à Fez et comme à Meknès à faire perdre aux Palais chérifiens cet aspect minable de vétusté et de ruine qui m'avait si désagréablement impressionné lors de mes pre­mières visites.

Le protocole qui régit l'éducation du jeune Prince est des plus rigoureux. Sauf son rnaghzen composé d'hommes de sens rassis et de vertu éprouvée, quelques eunuques quasi septuagé­naires et quelques vieilles femmes, l'héritier du trône de l'Empire chérifien ne voit personne. Son existence s'écoule solitaire et morne sans autre horizon que celui des palais dépeuplés, des patios vastes où sanglotent les jets d'eau plus qu'ils ne chantent dans une atmosphère de pesant ennui.

Pendant que nous exécutions le tour du pro­priétaire en ces lieux mélancoliques, je ne pus m'empêcher de remarquer que leur aspect nostalgique semblait avoir déteint sur les manières et le visage du Prince.

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LA BEAUTÉ SAUVÉE

Je l'avais connu tout enfant. Son caractère enjoué d'autrefois parais­sait s'être singulièrement embrumé au contact unique et constant des vieux hommes, des femmes âgées et aussi des vieilles pierres entre lesquels il lui avait fallu apprendre à vivre son métier de prince. Il allait avec un air d'indifférence, de las­situde et de détachement que n'expliquait pas entièrement, me semblait-il, l'observance d'un protocole dont les arcanes nous demeureront toujours assez étrangères.

Et sa gravité, plus pro­fonde que celle d'un maintien do commande dicté par l'étiquette, avait quoique chose do poignant qui m'obsédait encore quand, après avoir pris congé de Son Altesse, je repassai sous les lourdes portes cadenassant le palais et sa triple enceinte de murailles.


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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Jeu 21 Aoû - 9:15





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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Jeu 21 Aoû - 9:35



XVII


PALAIS DE MEKNÉS



Meknès, qui n'est en somme qu'une grosse bourgade berbère, donne néanmoins l'impression d'un grand rêve, tant par les murailles immenses qu'elle lance autour d'elle à travers la campagne que par l'étonnante profusion de palais, de ma­gasins, de jardins et de bassins qui s'inscrivent jusqu'aux horizons dans leurs rectangles juxta­posés.

Caprice impérial, ou nécessité politique d'une installation à l'écart de Fez, la conspirante et loin de Marrakech, l'insoumise, Meknès, la ville aux larges portes, fille de la volonté de Moulay Ismaïl, enferme dans ses enceintes successives toute la cruauté et toute la grandeur d'une dy­nastie à son aurore.

Mais si l'on se rappelle qu'à ce moment même brillait de tout son éclat, le Roi Soleil, avec lequel le Sultan traitait d'égal à égal et l'on se remémore les ambassades échangées avec la France, l'Angleterre, la République do Venise on s'explique mieux la prédominance de la grandeur dans ces palais.

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LA BEAUTÉ SAUVEE

Non point qu'on puisse y trouver le moindre plan, ni la moindre inspiration venue de Versailles, mais plutôt, et c'est pour un œil moderne qui a vu le cubisme un bien curieux passe-temps, une interprétation stylisée par un cerveau marocain des motifs du XVII° siècle euro­péen à lui transmis par récits, comme de simples jeux de l'esprit.

Immensité de verdures où s'étouffent depuis des siècles les frondaisons mêlées des oliviers et des lianes, où par places les touches légères des amandiers en fleurs adoucissent la violence des tons, d'où se haussent avec effort les cyprès noirs et trapus, comme lourds encore des profondeurs, et que domine l'encadrement de quatre massifs, ponctués do pavillons de tuiles vertes.

C'était bien là l'océan personnel. d'arbres et de parfums, sur les falaises duquel, au sortir dos obscurités hostiles du palais fermé, le monarque tourmenté venait respirer l'illusion hélas fugi­tive! de la quiétude et de la sérénité du large.

Pour un empereur de la taille do Moulay Ismaïl, Meknès est de la grandeur, mais de la grandeur confinée.


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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Jeu 21 Aoû - 9:47

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MAROC, PAYS DU PARADOXE

Prisonnier de ses sujets et d'autant plus gardé par eux qu'il en augmentait le nombre, il en était réduit à bâtir au gré d'une imagination déréglée ces pavillons qu'il détruisait le lendemain ; mais des cruautés et des guerres rien n'effaçait le sou­venir.

Dans le livre si curieux que M. de Chénier, chargé d'Affaires du Roy auprès de l'Empereur du Maroc, a consacré en 1787 à l'histoire de ce pays, un mot traverse à chaque page le règne de Moulay Ismaïl, c'est Je verbe « tailler en pièces ». Ce fut en effet la principale occupation do ce sou­verain, et il faut entendre ce mot dans son sens propre, car c'est après avoir coupé les têtes de presque tous ses sujets qu'il partagea leurs terres entre ses esclaves gouvernés par ses fils. Et cela dut faire pas mal de domaines, car ce puissant monarque s'employait à repeupler avec sinon autant de cruauté, du moins autant d'ardeur qu'à dépeupler.

Ces lieux d'unique détente du Sultan, ces pavil­lons si frêles bâtis sur des rocs dans la vastitude esseulée des jardins, étaient également ceux où pour toutes les affaires extérieures, il recevait les ambassadeurs, et ceux de la Royauté ne furent, au cours des siècles, pas mieux traités que ceux de la République, puisque les uns et les autres ne connurent jamais que ces fragiles bâtisses où, dans la fumée légère du thé et du narghilé, s'échangèrent les non moins fragiles serments que la diplomatie a accoutumé de considérer comme éternels.


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LA BEAUTÉ SAUVÉE

Mais les palais, les vrais palais derrière leurs portes cadenassées n'avaient jamais été même soupçonnés par les Puissances. C'est ainsi que dans l'acte signé du Protectorat on ne prévoyait pour l'entretien de tous les palais de la Couronne, tant à Fez qu'à Marrakech, Meknès et Rabat, que la somme dérisoire de deux cent mille francs.

C'est au. moment où nous dûmes assumer cet entretien que je pus, en 1912 ( 1330 de l'Hégire ), et pour la première fois, en qualité d'architecte du Sultan, pénétrer dans les palais.

Dès l'abord, je fus frappé des difficultés d'en ouvrir les portes, que ce soit nonchalance ou mauvaise volonté, les eunuques et les esclaves ne mettaient aucun empressement à me livrer passage. Puis il fallut bientôt me convaincre que le crédit prévu faisait figure d'une aumône d'un louis à un milliardaire, puisque la superficie de cours, de dallages, de bassins était presque égale à celle des villes.

Deux cent mille francs pour deux cents hec­tares construits, cela faisait dix centimes par mètre, ce qui était un peu juste, même au cours du change Hassani d'alors.


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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Jeu 21 Aoû - 9:58



Plan de Meknès et de la ville impériale.



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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Jeu 21 Aoû - 21:06

238
MAROC, PAYS DU PARADOXE

Saisir le Résident général de ce problème, lui montrer son urgence en lui imposant pendant des journées entières des visites auxquelles il se prêtait d'ailleurs de bonne grâce, compensée qu'était la fatigue par l'intérêt artistique et his­torique des bâtiments qu'il s'agissait de conser­ver, ce fut mon premier soin, et aussi l'unique moyen qui m'était offert pour sauver les trésors dont j'avais la charge.

J'en fus récompensé par les facilités et la lati­tude qui me furent accordées, tant par le Résident que, plus tard, par le Parlement dont certains membres voulurent bien s'intéresser à cette œuvre de conservation qui rentrait d'ailleurs dans les vues de notre politique.

Les palais de Meknès s'ouvrent par de grands jardins rectangulaires successifs, dont chacun semble n'être que le prélude du suivant. De l'un à l'autre, on traverse des portas en chicane, des cours, des couloirs, des pavillons d'importance croissante.
Je me souviens qu'au bout d'une longue jetée couverte d'une treille et traversant un fleuve de verdure, une petite porte s'ouvrit un jour; j'avais déjà parcouru trente maisons et vingt cours, et croyais avoir épuisé les découvertes ; Mas elles commençaient au contraire.

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LA BEAUTÉ SAUVÉE


Un nouveau palais, peut-être le plus ancien, échiquetait ses quatre pavillons aux quatre faces d'un carré planté. Des tentures de mosaïque cou­vrant les murs, étaient séparées à intervalles égaux par des faisceaux de trois colonnettes de marbre taillées dans le même bloc et réunies par un même chapiteau, qui me semblaient indiscu­tablement vénitiennes. Je ne pus m'empêcher de me remémorer ce passage du voyage en Italie où Montaigne signale avoir rencontré à Venise une ambassade marocaine.

Un de ces pavillons, dit « La Koubba », donnant par des grilles forgées par le grand jardin, me livrait le mystère d'une bibliothèque an­cienne, de vieux manuscrits enluminés aux reliures de peaux, ornées d'admirables fers. Et de là, enjambant les décombres d'une grande salle, malheureusement écroulée, j'eus accès dans un second carré, celui-ci entièrement dallé de mosaïques, dont un bassin parallèle aux côtés reflétait dans son hectare liquide les créneaux des murailles et les nids des cigognes.

Inscrites dans les dallages, des grecques de marbre blanc faisaient couler l'eau et sa fraîcheur glissante, en bordure ; trois murs roses où s'in­crustaient entre des loggias sombres des colonnes de marbres anciens, carrare blanc, brèche vio­lette, vert antique, pillées aux Saadiens ; nou­veau témoignage de la puissance jalouse de Moulay Ismaïl, grand constructeur alaouite.


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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Ven 22 Aoû - 8:37

240  
MAROC, PAYS DU PARADOXE


M. de Chénier nous dit, dans son ouvrage, que sur la demande du Sultan, il visita le Palais de Meknès dont il nous donne la description. Dans un des voyages du monarque actuel, se rendant à Fez (et s'arrêtant une dizaine de jours à Meknès), je me trouvai là pour lui présenter les premières parties du palais réparées à son intention, et comme M. de Chénier, désireux de revoir les lieux les plus anciens qui m'avaient charmé, dans l'intention d'y projeter certains travaux, j'en parlai à Sa Majesté, qui, après avoir semblé très éton­née et paru même les ignorer, daigna par curio­sité, je crois, m'y accompagner elle-même.

Dans la première cour, celle de la biblio­thèque et des jardins, des vaches broutaient les choux assaisonnés de mauvaises herbes, et des chèvres étaient attachées aux cerisiers.

Dans la seconde, toute dallée de mosaïque, étaient massés les trois cents chevaux de la Mehalla. Un peu interloqué par ce spectacle, je ne pus me garder d'un léger mouvement d'arrêt qui n'échappa point au Sultan. Se tournant vers moi et affectant de deviner la cause de mon émoi, il me demanda simplement : « Est-ce vraiment mauvais pour les chevaux de piétiner des car­reaux de mosaïque ? »




XVIII


LES CASBAHS DU SUD


Nous venons d'atteindre le col nous séparant de Telouet et, du haut do ces 2.800 mètres, nous voyons s'étendre devant nous tout cet espace du Maroc jusqu'à lors inconnu.

tin coup d'œil en arrière nous fait entrevoir le chaos do ces gorges du Nord de l'Atlas que nous avons traversées en trois jours : trois jours pénibles dans des lacets montueux, rocailleux, où les chevaux doivent s'agripper sur des pentes croulantes ; derrière nous, aussi, ces casbahs d'Arbalou et do Zerecten, qui, déjà, nous ont donné un avant-goût de l'architecture du Sud.

Autour de ces casbahs, au croisement des ravins, il y avait quelque verdure : des oliviers, des chênes verts accrochés aux rochers, quelques orangers dans les creux et, aussi, quelques arbres fruitiers et des arbres du Nord, dont les troncs dénudés nous rappelaient que nous étions en décembre.



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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Ven 22 Aoû - 8:48

242
MAROC, PAYS DU PARADOXE


Nous laissons encore, directement en arrière et au-dessous de nous, ce cirque sauvage d'Aït Roba où, la veille, 31 décembre, nous avons été arrêtés dans la nuit par une violente tourmente de neige.

Enfin, les derniers échelons de cette muraille, qui nous séparait des terres inconnues, ont été heureusement franchis à temps, car nous aurions pu rester bloqués longtemps parmi l'amoncelle­ment de ces roches inhospitalières.
Toute la colonne est passée : les convois, les mulets d'artillerie, les cavaliers, et la file inter­minable dégringole déjà sur la pente sud. Tout en suivant des yeux cette descente périlleuse que nous-allons aborder, notre regard se jette plus loin, pour essayer de découvrir la contrée étrange qui s'étale au-dessous de nous.

A nos pieds, des montagnes grises, vert-de-grisées, ou terreuses. C'est au milieu de ces contreforts que nous verrons émerger plus tard les tours de Telouet dans un cirque sauvage ; mais pour l'instant, ce n'est qu'une succession de monticules. Plus loin, une dépression grisâtre nous fait deviner ces vallées de l'Ouarzaza, du Dadès et la coulée du Draa qui les réunit et s'engage dans la masse très sombre du Saro.


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LA BEAUTÉ SAUVÉE

Ce chaos bleu noir que forme le Saro s'étend jusqu'aux limites de l'horizon et, bien que nous ayons devant nous les étendues du Sahara et de la Mauritanie, on ne devine pas le désert et les oasis comme on les voit du haut d'El Kantara où les sables s'étendent à perte de vue.

Ici, c'est la grande base de l'Atlas qui s'assied loin dans le désert, sur son massif de rocs éboulés, mais nous n'avons pas le temps de nous attarder, car la bourrasque souffle toujours. Un grand vent du nord, froid malgré le soleil revenu, nous pousse vers le sud. Les chevaux tiennent à peine en équilibre sur cette arête aiguë. Les éléments nous forcent à quitter au plus vite les neiges pour nous avancer dans l'inconnu.

Quelques heures de descente plus dangereuse encore que la montée et les tours de Telouet et de quelques casbahs environnantes apparaissent derrière les vallonnements qui nous en cachent encore la base. Les plans se distinguent nette­ment. Ces tours, couleur de terre, ont l'air d'avoir été taillées par un ciseau géant dans la montagne elle-même. Nous contournons les der­niers contreforts, le Tizi neigeux s'élève derrière nous et la casbah des Glaouas nous apparaît depuis sa base jusqu'à la hauteur de ses tours.


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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Ven 22 Aoû - 8:51





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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Ven 22 Aoû - 9:11

244
MAROC, PAYS DU PARADOXE

Telouet se dresse tout entier. Les angles vifs des donjons tombent obliquement et la casbah s'étale entre ses murailles et ses tours crénelées.

Si la montagne est stérile en impressions neuves, si cet énorme Atlas n'émeut pas autant le voyageur que certaines chaînes d'Europe ou d'Asie ni comme végétation, iii comme grandes falaises à pic, ni comme cascades, ni comme tor­rents sauvages, ni comme faune étrange, l'archi­tecture de ces peuples guerriers, au contraire, fait éprouver une impression nouvelle. Ce n'est plus la féodalité du Nord ; c'est une architecture purement guerrière : repaires de spadassins et de coupeurs de routes. A l'intérieur, tout un monde très divers s'agite : esclaves noirs à l'anneau d'argent dans une oreille, serviteurs immédiats du maître ; guerriers groupés dans les cours avec leurs longs fusils d'argent, muletiers et juifs artisans. Quant aux portes successives des casbahs, la première n'est qu'un trou percé dans la muraille, la seconde commence à esquisser une ogive, la troisième est de pierre taillée et, plus on avance dans l'intérieur, plus la construction est soignée. Au milieu de ce dédale de couloirs sombres, de cours successives remplies de chevaux et de bêtes de somme, de grands espaces voûtés où on écrase le grain et où les femmes ont leurs réserves pour préparer la cuisine des hommes.


245
LA BEAUTÉ SAUVÉE


Il n'y a, dans les parties élevées de la casbah, que de rares pièces décorées, de petites dimen­sions, où se tiennent le caïd et ses intimes.

De Telouet, nous descendons le torrent qui, marécageux et vaseux dans la partie supérieure, devient bientôt rocailleux et tellement resserré entre les flancs de la montagne que son lit seul peut nous servir de piste. Au milieu d'un espace de rocs calcinés, la casbah de Tamdarl, puis une autre casbah et, au bout de deux jours, nous arrivons au plateau désert qui s'étend entre l'Atlas et le Saro. Là, nous changeons de route pour nous diriger vers l'est, dans la direction du Tafilalet. Nous ne descendrons jamais au-dessous de 1.400 a 1.500 mètres d'altitude. A cette époque de l'année, les nuits sont froides; niais les jour­nées seront chaudes, car le. ciel sera, éternellement bleu. Depuis six ans pas une goutte d'eau n'est tombée du ciel et, malgré nos départs sous un vent froid, on sent qu'après ces quelques semaines d'hiver, l'été doit être terrible.

Nous parcourons alors des espaces désertiques, immenses étendues de cailloux roulés. Ou se demande quelles épouvantables secousses ce pays a dû ressentir pour faire glisser du haut des montagnes une telle masse de cailloux.


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MessageSujet: Au pays du paradoxe : MAROC   Ven 22 Aoû - 9:25

246
MAROC, PAYS DU PARADOXE


En effet, les galets ont l'air d'avoir été roulés par un for­midable torrent. Des coulées de lave même ont pris des formes arrondies, et sur le col rougeâtre, les schistes polis, les agates, les cornalines et des pierres lourdes qui ressemblent à des métaux, brillent au soleil comme des aciers, des coraux ou des diamants ; mais sur la nudité et l'aridité du sol, le soleil les a fait éclater. Ce sont ces pla­teaux que nous ne quitterons pas pendant six semaines.

Ça et là, dans ce pays d'enfer, nous aurons, néanmoins, quelques surprises, car nous traver­serons les petits ruisseaux descendant de l'Atlas, qui ont coupé transversalement ces régions de galets et qui se réunissent à l'entrée du Saro pour former le Draa, auquel la puissance de ces eaux rassemblées a permis de percer en un seul point cette montagne sauvage et de s'étaler dans le désert où il va, après un long détour, rejoindre l'Océan.

Nous traverserons donc l'Ouarzaza, le Scourra, l'Imacinn, le Dadès; au bord de cette première oasis, le troisième jour après notre départ do Telouet, nous apparaît la casbah de Taourirt, imprévue et effarante. Cette ville, de tours et de murailles crénelées, accrochée sur le bord du plateau, tombe à pic sur la coulée de l'oasis où les arêtes vives de tours partent alors du niveau inférieur pour monter à quarante ou cinquante mètres, légèrement inclinées, pour se perdre dans les créneaux ouvragés : énormes masses de pisé allégées vers le haut par les meurtrières et les mâchicoulis que perce le bleu du ciel.


247
LA BEAUTÉ SAUVÉE

Der­rière ces tours, se dégagent, grisâtres, les touffes de palmes espacées que forme l'oasis d'Ouarzaza sur une longueur de dix-huit kilomètres et envi­ron trois kilomètres de large.

A droite, à gauche, en face, d'autres casbahs surplombent l'oasis : casbah de Temsla, de Tifountout, etc....

Les palmiers, espacés, laissent voir les petits champs d'orge et de fèves qui, grâce à l'irriga­tion très méthodique des séguias, poussent dans ce pays désertique.
De là, un saut au Scourra, une étape. Après une chevauchée dans cette même plaine caillou­teuse, on aperçoit la traînée de verdure de Scourra, plus fournie que la dernière, car des oliviers et des amandiers on fleurs se mêlent aux palmiers; mais toujours les mêmes casbahs qui, là, sont dissimulées au milieu des oasis sur des terre-pleins à peine surélevés. Les palmes accom­pagnent les hautes tours dentelées et les oliviers font une base feuillue aux murailles grises et roses. Ce serait un Éden, après ces rudes plaines désertiques couvertes de cailloux éclatés sous la puissance du soleil, si la température n'y était si difficile à supporter : gros froid la nuit; le matin, la glace dans les séguias ; chaleur insupportable le jour.


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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Ven 22 Aoû - 9:28





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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Ven 22 Aoû - 16:33

248
MAROC, PAYS DU PARADOXE

Par périodes régulières et fréquentes, de grande vents desséchants soulèvent des tourbil­lons de poussière et les tempêtes que l'Ouest accu­mule vers l'Atlas s'arrêtent sur les sommets de cette formidable barrière. Les nuages, après de sombres menaces, se cabrent de nouveau vers le ciel, les sommets reblanchis réapparaissent et pas une goutte d'eau ne tombe sur ces espaces déshérités.

Du Scourra, en deux étape, nous sommes au Dadès. L'oasis apparaît depuis sa sortie des mon­tagnes. Plus élevée que les deux autres et moins abritée, il n'y a pas de palmiers. Des figuiers et des rosiers sur le bord des séguias donnent un ton gris perle où se dégagent les fonds légèrement verdâtres des carrés d'orge et de blé. Les casbahs se détachent nombreuses et imposantes. Une ville de châteaux forts sur une quarantaine de kilomètres de long et deux ou trois de large. Ces casbahs sont à peine espacées les unes des autres par quelques centaines de mètres, étran­gement fortifiées. Leur masse est couleur de désert et passe du gris au rose ou au rouge vif et à l'orange suivant les heures du jour. Vision extraordinaire et d'un autre âge, car tout ceci a une vie intense.


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LA BEAUTÉ SAUVÉE


Ces casbahs fourmillent de monde vivant de quelques figues sèches et de pain d'orge, buvant au passage l'eau des séguias, et à peine vêtu. La seule dépense est la poudre de guerre.

Les femmes qui, là, ne se cachent pas le visage, sont drapées à l'antique dans de grands voiles de cotonnade bleu sombre. Leur figure, assez régulière, se détache au milieu de gros colliers naïfs de boules d'argent et d'ambre. Elles travaillent presque toujours sur les terrasses et leur apparition dans un ciel de turquoise, au-dessous des tours roses, évoque quelque Salammbô en haut des grands escaliers de Carthage. Et tout cela ne vit pas seulement par une impulsion se transmettant d'âge en âge, mais continue de créer et de construire. Chaque casbah a de nouvelles tours qui s'érigent et, en voyant ces ouvriers dresser des moellons de terre rouge, polir et sculpter des murailles, il me semblait que j'assistais à la construction de Babylone ou de Ninive, de ces cités asiatiques dont il n'est plus resté que de grands noms dans l'histoire et où l'imagination se perd.

Et tout à coup, l'esprit se reporte vers ces grandes plaines de Mésopotamie que j'ai jadis parcourues, où le Désert a repris tous ses droits, Entre le Tigre et l'Euphrate, avant leur réunion dans le Chott-el-Arab, se trouve un immense espace de 90 kilomètres de large sur 300 ou 400 de long, que l'on traverse de Bagdad à Illah, cherchant les ruines de ces fameuses cités.


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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Ven 22 Aoû - 16:42

250
MAROC, PAYS DU PARADOXE


Ce désert, que l'on parcourt à cheval, est relevé à des distances à peu près égales par une toute petite banquette de terre durcie, à peine percep­tible sous le pied des chevaux ; puis, de temps à autre, seul vestige des antiques séguias, s'étale un terre-plein écroulé d'une centaine de mètres de long, plate-forme à peine relevée au milieu du désert. Du flanc de ces plates-formes aux angles éboulés se détachent parfois de grandes briques plates qui, jadis, ont été réunies par des nattes de palmier enduites de goudron. Ces briques portent une marque qui, généralement, est celle de Nabuchodonosor. C'est là tout ce qui reste de ces forteresses célèbres.

Si l'on monte sur une de ces plates-formes, on aperçoit au-dessous de soi toute l'étendue régu­lièrement dessinée en damiers, où d'autres plates-formes de distance en distance rompent la mono­tonie de l'échiquier gigantesque formé par les anciens fossés d'irrigation. Alors, entendant la réflexion du général de Lamothe, qui disait en regardant le Dadès : « Ce ne sont pas des villes, ce ne sont pas des ksours, mais une ville de châteaux forts dans des jardins, ville de 40 kilomètres de long », j'ai revu ces espaces de Mésopotamie et de Chaldée.

251
LA BEAUTÉ SAUVÉE

Toutes ces séguias élevées devaient irriguer et fertiliser d'immenses carrés de ver­dure; sur leurs berges, comme au Dadès, devaient fleurir de grands buissons de roses servant à distiller les parfums précieux de l'Orient. Et parmi les palmiers et les roses, les grandes casbahs construites avec les mêmes matériaux devaient ériger leurs tours crénelées et leurs murailles de feu, couleur des déserts. Le spec­tacle était pour moi une révélation et me donnait l'explication de la légende des jardins suspendus de Babylone.

Suspendue, peut-on dire, est aussi la véritable ville, érigée dans un plan vertical que constitue chaque casbah.
Lorsqu'un de mes domestiques du Sud m'avait dit un jour à Rabat : « Ma maison de l'Atlas est plus grande que la tienne ; 400 chameaux tiennent dans le vestibule », j'avais eu peine à comprendre.

Mais tout s'expliquait.

La casbah est une ville autonome qui porte en son sein tout ce qui est nécessaire à sa vie. Pour parvenir aux étages supérieurs habités par les Maîtres et aux tours du Maître, il faut s'élever progressivement à travers l'étage des animaux, celui des magasins, celui des moulins et des cui­sines, celui des paysans ; bref, tous ceux sur lesquels repose et s'étage la puissance du chef.


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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Ven 22 Aoû - 16:50





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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Ven 22 Aoû - 17:06

252
MAROC, PAYS DU PARAROXE



Et encore, cette puissance est-elle réellement, aussi bien que symboliquement, tributaire de ceux sur lesquels elle règne. Dans pette féodalité socialiste, le chef n'est que religieux ou mili­taire, c'est-à-dire shérif, cheikh ou caïd ; mais les décisions de gouvernement sont prises par la Djemaa élue des chefs de famille, pris dans tous les échelons de la hiérarchie sociale.

Cette Djemaa décide même de la paix ou de la guerre et vient, dans le dernier cas, notifier sa décision au chef sous le commandement duquel elle se range pour le combat.

C'est là où nous avons pu voir, à notre retour du Todra, les étendards déployés. A peine après les premiers coups de feu venant des contreforts du Saro, d'un côté, et des plates-formes de l'Atlas du Nord, les chefs de guerre Si Hammon et Si Assi étaient partis au galop à la tète de leurs cavaliers. Les fantassins, souples et court vêtus, escaladaient rapidement les montagnes et on les voyait noircir le flanc poudreux des à pic comme une armée de criquets.

Nous suivions les opérateurs à la lorgnette. Les estafettes qui se tenaient derrière le Pacha partaient de temps en temps, un à un, au galop, porter quelques ordres, pendant qu'Hadj Thami, que la présence du général retenait auprès de nous, sentait son ardeur guerrière bouillonner et chatouillait nerveusement son cheval de ses étriers d'or.


253
LA BEAUTÉ SAUVÉE


Toutes les casbahs, qui depuis des siècles étaient en état de lutte perpétuelle les unes avec les autres, ont été avec nous groupées dans la paix par les trois grands caïds auxquels tout l'Atlas obéit aujourd'hui. Aux tribus les mieux favorisées par l'irrigation, la végétation et la richesse, les caïds demandent des contributions en argent. Mais celles du Sud, habitant un pays âpre, stérile, pauvres par hérédité et destination, en revanche fort denses comme population, sont le réservoir naturel, dans lequel les caïds ont été amenés à puiser. D'ailleurs, bons guerriers, ces hommes ne sont-ils pas venus volontairement se battre avec nous sur les champs de bataille de l'Europe ?

C'est l'utilisation naturelle, nécessité inspirée par l'heure, de ces grands chefs, comme auxi­liaires do notre action qui a commencé ce qu'on est convenu, d'appeler la « Politique du Sud », depuis l'origine du Protectorat. Cette sorte de Maîtres du Sud, ce paradoxe brillant d'une conception féodale en plein XX° siècle, ne pouvait que tenter l'esprit à là fois traditionnel et auda­cieux d'un Lyautey.

Pour l'appliquer, il eut la bonne fortune de disposer d'un Savoyard, fait par essence pour comprendre un tel régime et assez têtu pour l'appliquer malgré les critiques, le général de Lamothe.


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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Ven 22 Aoû - 17:10





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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Ven 22 Aoû - 17:17

254
MAROC, PAYS DU PARADOXE


Les résultats en sont inscrits dans l'histoire du Protectorat en lettres d'économies et de paix.

La paix, la paix française, n'est-ce pas le mot qu'exhale aujourd'hui vers le ciel épuré toute cette vieille terre du Moghreb si longtemps tourmentée par la guerre ? Dans les plis de sa tunique dont chacun de nous a pieusement tissé quelques fils et en garde l'infime fierté, elle a voulu ajouter dans le monde non seulement peut-être un peu de bien-être et de bonheur, mais aussi un peu de beauté. Et n'est-ce pas créer de la beauté que d'empêcher de mourir et de mettre en valeur celle que nous ont transmis les siècles ?

Mais conserver n'est rien, si la conservation ne dure pas plus que ceux qui l'ont assurée. La France a voulu faire au Maroc une œuvre qui dure et c'est en matériaux solides qu'elle a bâti ses ports, ses ponts, ses hôpitaux, toute son œuvre créée.


255
LA BEAUTÉ SAUVÉE

L'œuvre de beauté n'est pas moins solide, pas moins durable. Tout a été si pro­fondément tracé, non seulement sur le papier, mais encore dans les grandes directives du sol, et ne craignons pas de le dire dans l'âme même
des artisans rééduqués, que rien de moderne, quelque développement que prenne plus tard le Maroc, ne saurait désormais porter atteinte à la beauté des chef-d'œuvres qui en sont l'armature artistique. La Beauté a été pour toujours sauvée.

Parfois, quelques méthodes paradoxales ont présidé à la renaissance d'un pays où le paradoxe a toujours régné en maître. D'ailleurs le paradoxe n'est-il pas né du contact même de deux civi­lisations si éloignées dans le temps ?

N'oublions pas que le paradoxe, dont le mot signifie « à côté de ce que l'on enseigne », est toujours la marque d'un esprit critique et parfois celle du génie.

II n'est pas malséant de dire que celui de la France (son génie) gagne à en avoir usé.





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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Ven 22 Aoû - 17:26

TABLE

______


Préface............................................................................ 7

PREMIÈRE  PARTIE

LA  BEAUTE  INTACTE

Rabat — Fez — Ouezzan
Notes de route d'un voyageur (1907-i911)...............................  17


DEUXIÈME PARTIE

LA BEAUTÉ EN DANGER

Fez — Rabat — Marrakech — Les Résidences
Livre de bord d'un Directeur des Beaux-Arts (1912-1914)
........................................................................................ 109

TROISIÈME  PARTIE

LA BEAUTÉ SAUVÉE

Les Médersas — Les Palais — Les Casbahs du Sud
Carnet d'un artiste (1911-1923) ...........................................  177

____________________________


Paris. — L. Maretheux,  imp. 1, rue Cassette.


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MessageSujet: Au pays du paradoxe - MAROC -   Ven 22 Aoû - 17:33



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