Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 MAROC Villes Impériales

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Sam 29 Sep - 6:39

page 29


... ciselé, aux ferrures et aux verrous décorés; ce sont les arcs larges et purs de l'oratoire qui, dans la pénombre des nefs, s'ordonnent en longues perspectives. On retrouve, au plus profond de cette ville d'Afrique, tout l'art puissant et subtil de l'Espagne musulmane des XIe et XIIe siècles : à l'extrémité de la nef axiale, deux grands arcs lobés, aux dentelures et aux moulures également savantes, évoquent l'art inoubliable de d'Aljaferia de Saragosse, cette admirable préfiguration musulmane du baroque espagnol.
A leur tour, les Almohades agrandirent la mosquée des Andalous et lui donnèrent la porte monumentale qui, remaniée dans son décor, subsiste aujourd'hui. Sa corniche dépasse les toits de la mosquée et son arc immense, vu des rues qui dévalent vers l'oued, semble ouvrir en plein ciel. Rien n'exprime mieux que cette porte de rêve, l'élan mystique et les songes infinis qui n'ont jamais manqué à cette ville de marchands réalistes et de maisons grises.
Dans l'histoire de Fès, le XIIe siècle eut donc une importance décisive : grâce aux Almoravides et aux Almohades, Fès Bali prit sensiblement son aspect actuel. Elle a ses murailles et ses portes, ses deux grands sanctuaires, un nombre imposant de mosquées secondaires et de bains, une kasba dans la partie haute du quartier des Kairouanais; elle jouit surtout d'une merveilleuse prospérité.
L'œuvre des Mérinides allait se faire sur un autre terrain.
Pour les historiens arabes et aujourd'hui encore pour les habitants de Fès, l'âge d'or fut l'époque où régnèrent les sultans mérinides. Cette opinion, excessive sous certains rapports, se justifie dans l'ensemble.
Les Mérinides venus de l'est, avaient d'abord occupé le nord du Maroc et fait de Fès leur capitale alors qu'ils luttaient contre les derniers Almohades de Marrakech. Après leur victoire, ils restèrent fidèles à la ville de leurs débuts. Les tribus zénètes, fondatrices de la dynastie, s'étaient d'ailleurs installées dans le nord : Fès se trouvait ainsi sous leur garde.
Sous les Mérinides, elle devient donc la capitale politique d'un Maroc presque toujours réduit à ses limites actuelles. Si elle n'a plus ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Sam 29 Sep - 6:40

page 30



Fès. Ecrivain public.


... les vastes possibilités commerciales que lui ouvrait l'étendue de l'empire almohade, elle peut asseoir sa vie économique sur des bases stables; pour des siècles, c'est la grande place de trafic du Maghreb extrême. Elle entretient des relations actives avec Grenade, la dernière métropole de l'Islam espagnol. Des deux côtés du détroit règne une même civilisation dont Fès est le second foyer, avant d'en être le refuge. Et cette civilisation, bien qu'elle n'ait plus la richesse et la force des âges précédents, reste brillante tant que l'Espagne en maintient la qualité.
L'œuvre monumentale des Mérinides, considérable et surtout très visible, apparaît double : les Mérinides ont fondé Fès Jdid et donné à Fès Bali quelques mosquées, ses médersas, ses plus belles maisons.
L'endroit était décidément voué au dualisme. Il y avait à peine un siècle et demi que Yousef ben Tachfin avait réuni les deux villes d'Idris II, quand le sultan mérinide Abou Yousef fonda, un peu à l'ouest de l'agglomération ancienne et en bordure de la plaine du Saïs, Fès Jdid ou la neuve. Elle n'était pas destinée, il est vrai, à être la rivale de l'ancienne, mais son complément. Selon l'exemple des Almohades qui bâtirent à Marrakech, au sud du centre commercial, une énorme cité impériale, les Mérinides voulurent avoir leur siège officiel, leur cité makhzen. Avant leur victoire sur les Almohades, ils s'étaient contentés de l'ancienne kasba de Bou Jeloud. La prise de Marrakech avait fait d'eux les héritiers ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Sam 29 Sep - 6:41

page 31



Fès. Pavillon saadien de la mosquée  Karaouiyn.


... des Almohades autant que leurs vainqueurs. Ils avaient recueilli une partie de leur makhzen,le meilleur de l'armée et la garde chrétienne. Il fallait donc aux Mérinides une résidence capable d'abriter leur gouvernement et leurs troupes, une ville qui apparaîtrait comme le signe de leur force nouvelle. La fondation de Fès jdid en 1276 fut plus solennelle encore que n'avait été la fondation de Fès Bali. On prit soigneusement l'horoscope afin de déterminer ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Sam 29 Sep - 6:42

page 32


... le jour le plus favorable, et en grande pompe le sultan Abou Yousef Yakoub traça sur le terrain la nouvelle enceinte.
Au lendemain de cette cérémonie, une puissante muraille bastionnée, des palais, une grande mosquée commencèrent de s'élever. L'ordonnance de cette fondation impériale se lit très clairement sur le terrain, car les remparts d'Abou Yousef subsistent presque partout. La ville mérinide comprenait trois parties bien distinctes. Au centre les palais eux-mêmes. Au nord, le quartier de la milice chrétienne. Au sud, et à l'est, les maisons des dignitaires du makhzen et des serviteurs du sultan, de part et d'autre de la grande rue commerçante qui formait l'axe de la nouvelle capitale.
Dès sa fondation, Fès Jdid eut une importante annexe : le quartier juif ou mellah, bâti contre les remparts et protégé lui aussi par un mur. C'est le premier en date des mellahs marocains; jusqu'alors au Maroc comme en Espagne, les Juifs habitaient dans les localités musulmanes elles-mêmes, sans s'enfermer dans des ghettos clos de murs. A Fès, ils résidaient, avant le XIIIe siècle, dans le quartier qui s'étend entre la Karaouiyn et Bab Guissa et qui a conservé le nom de Fondouk el Youdi.
Dès la fondation de la cité, Abou Yousef Yakoub fit construire une grande mosquée. Elle nous donne une parfaite image de cet art de transition du XIIIe siècle qui, tout en gardant quelque chose de la vigueur almohade, a déjà l'abondance décorative et la subtilité de l'art du XIVe siècle. D'autres mosquées s'élevèrent par la suite, dont les minarets et parfois les oratoires sont parvenus jusqu'à nous. C'est la mosquée El Hamra, presque aussi vaste et ornée que la grande mosquée, et dont le minaret se recouvre, lui aussi, de chatoyantes mosaïques de faïence. C'est, à l'ouest, la petite mosquée d'Abou Inan, avec son minaret d'une sobre élégance, le ferme décor de sa porte de pierre, les dentelles de plâtre de son oratoire. C'est, dominant les jardins de Bou Jeloud, la tour haute, mince et lisse, de Lalla Griba.
Fès Jdid qui a conservé, avec ses murailles et ses mosquées, les grandes lignes de son ordonnance ancienne, nous laisse voir encore ce que fut la création des Mérinides. Moins vaste que la kasba de Marrakech, à la taille exacte de la dynastie qui la fondait, elle vaut ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Sam 29 Sep - 6:43

page 33



Fès. Bab Dekaken.


... par la clarté et la logique de son ordonnance, comme par le calme simple de son cadre d'arbres et de jardins.
Les Mérinides n'oublièrent pas cependant la vieille ville. Elle leur doit plusieurs petites mosquées. Surtout, ils lui donnèrent la parure de ses médersas, de ses collèges au sens de notre moyen âge. En même temps qu'ils allaient conquérir en Espagne le titre envié de « combattants pour la foi » qui décernait à leur dynastie sans origines religieuses une sorte de légitimité islamique, les Mérinides voulurent apparaître, par le nombre de leurs fondations pieuses, comme les bienfaiteurs de l'Islam. Ils avaient également le souci de contrebalancer l'influence des confréries, alors en plein développement au Maroc, par l'institution d'un enseignement officiel et surveillé. Les médersas de Fès furent pour la plupart élevées en un quart de siècle de 1325 ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Sam 29 Sep - 6:44

page 34



Fès. Médersa Attarin.


... à 1350. Elles confèrent à la ville une parure unique : l'art du XIVe siècle y déploie ses qualités toutes classiques d'élégance et d'équilibre.
Nulle part mieux que dans ces édifices ne s'attestent la virtuosité et la perfection de l'art hispano-mauresque du XIVe siècle. Tous ces collèges restent de dimensions modestes. Une porte ornée et un riche vestibule les signalent seuls au passant. Mais presque toute l'ornementation de la médersa s'étale sur les portiques et les murs d'un patio au fond duquel s'ouvre un oratoire. Sur ces données presque invariables, les artistes au service des Mérinides ont réalisé des chefs-d'œuvre de composition subtile et harmonieuse. S'ils ont ordonné les grandes masses avec une délicate netteté, qui se perçoit sans jamais s'imposer, ils ont cherché, en composant leurs symphonies ornementales, à faire œuvre de coloristes autant que de dessinateurs. Au soubassement des murs, autour des patios dallés de marbre — où dans une vasque bruit et chatoie cette eau courante qui est l'âme ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Sam 29 Sep - 6:46

page 35



Fès. Grande rue du mellah.


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MessageSujet: Re: MAROC Villes Impériales   Sam 29 Sep - 6:47

page 36



Fès. Le quartier des Kairouanais vu de l'oued.


... chantante et fluide de la ville — des mosaïques en faïence déploient toute une gamme puissante et sans dureté de bleus, de verts, de jaunes et de violets rehaussés de noirs et de blancs. A mi-hauteur, s'échelonnent les grisailles délicatement hiérarchisées des sculptures sur plâtre. Enfin aux tympans des arcades, aux corniches des murs et aux plafonds, les boiseries de cèdre sculpté se rehaussent de bleus, de rouges foncés et d'ors. Deux registres sombres et colorés encadrent ainsi la paix nuancée des plâtres ciselés tandis que les marbres et les eaux reflètent la lumière qui tombe du ciel clair, découpé au rectangle du patio.
Pourtant, dans le cortège des médersas mérinides, il n'est pas deux visages semblables. Seffarin et Sbaïn, si ruinées qu'elles soient, charment toujours par leur pittoresque discret et leur élégance de bon ton. Mesbahiya avec son patio à deux étages, serait d'une gravité un peu sévère sans le charmant décor, qui, à la porte de son minuscule oratoire, ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Sam 29 Sep - 6:48

page 37


... semble jaillir d'une colonnette de marbre pour retomber en nappes de fleurs. Attarin, la plus secrète et la plus raffinée, se montre audacieuse et follement riche dans son exiguïté. Sahrij, mire sans fin une ornementation d'une pureté toute classique dans l'eau calme d'un vaste bassin. La Bou Inaniya, la seule de ces médersas qui, à l'exemple des médressés orientales, possède une chaire et un minaret, dégage une majesté toute royale. Elle reste un parfait témoignage de ce milieu du XIVe siècle, où les Mérinides à leur apogée, hantés par des rêves qui dépassaient leur force, s'efforçaient de reconstituer l'empire africain des Almohades et devenaient les maîtres éphémères de Tlemcen et de Tunis.
C'est également des Mérinides, plus exactement de la première moitié du XIVe siècle, que datent les plus anciennes et les plus belles maisons de Fès. De l'extérieur, ces demeures ne révèlent rien de leur opulence. Ce sont de hauts murs de brique, souvent décrépits. L'arcade élégante d'une fenêtre haute, la beauté d'une porte aux ais de cèdre, garnie de clous, ornée de pentures et de heurtoirs en fer forgé, et surmontée d'un linteau de belle menuiserie, laissent seuls deviner la qualité de l'ornementation intérieure. Après un obscur couloir coudé on débouche dans un patio minuscule, mais parfaitement régulier. Dans cet espace exigu, aux parois de cette cour haute et étroite comme un puits, le maître d'œuvre mérinide a su loger, sans effort apparent, des piliers décorés, des soubassements de zellijs, de solides linteaux et jusqu'à une délicieuse fontaine qui étage sous une galerie ses mosaïques et ses plâtres sculptés. Toutes ces richesses, égales en valeur à celles des médersas, montent sans hâte vers l'étroit carré de ciel bleu qui brille en haut du patio. Lorsqu'on a appris à goûter ces poèmes de pénombre et de nuances, on ne s'en lasse jamais.
Ainsi, dès le XIVe siècle, Fès a pris son aspect classique, sa physionomie actuelle. La ville connaîtra des mauvais jours; sa prospérité diminuera. L'Espagne musulmane disparue, les monuments se dresseront dans un style de moins en moins pur, et bientôt de plus en plus décadent. Ni Fès Bali, ni Fès Jdid ne renouvelleront leur vie, leurs métiers et leur art. Léon l'Africain, au XVIe siècle, donnera ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Sam 29 Sep - 6:49

page 38



Fès. Médersa Sahrij.


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Sam 29 Sep - 6:55

page 38 bis



Fès. Médersa Attarin.


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Dim 30 Sep - 7:01

page 39


... une description minutieuse et colorée qui, dans ses grandes lignes et dans la plupart de ses détails, peut s'appliquer aussi bien à la cité des Mérinides qu'à celle d'aujourd'hui.
Sous les Chorfa Saadiens, au XVIe siècle, Marrakech redevient la capitale de l'empire et Fès passe au second plan. Les sultans se défient de la grande ville du nord qui leur avait résisté avec acharnement; ils renforcent par de puissants bastions l'enceinte de Fès Jdid où résident leurs gouverneurs, où ils séjournent eux-mêmes à l'occasion, et ils encadrent Fès Bali des deux masses menaçantes du Borj Nord et du Borj Sud. Malgré cette défiance du makhzen, le commerce fassi reste prospère et de belles demeures continuent à s'élever.
Toutes ces maisons conservent avec moins de souplesse dans l'ordonnance, plus de monotonie et de sécheresse dans la composition, les dispositions de l'âge précédent.
Si Fès, au XVIe siècle, fut quelque temps dépossédée de son rang de capitale elle n'en avait pas moins recueilli, plus que nulle autre ville de Berbérie, l'héritage de la Grenade nasride. Elle devint le refuge et la dernière métropole des techniques mauresques.
Sous les Alaouides, Fès connaît d'abord des jours difficiles; mais elle retrouve enfin tous ses avantages. La cité d'Idris reste la reine du pays. C'est sa bourgeoisie lettrée qui fournit la majeure partie du personnel makhzen. Les sultans réparent les anciens monuments, et surtout en fondent d'autres qui, à défaut de la qualité, montrent du pittoresque et de l'ampleur. Le mausolée de Moulay Idris, la mosquée du Rsif offrent de bons exemples de cet art fassi des trois derniers siècles. Dans tout ceci, rien qui soit une création. Fès vivait repliée sur sa propre tradition, une tradition, il est vrai, singulièrement riche et qui suffisait à alimenter une vie tout ensemble active et immuable.

II est impossible, dans le cadre de cette rapide esquisse, d'étudier après la formation de Fès, sa vie traditionnelle et encore actuelle.



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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Dim 30 Sep - 7:02

page 40


Au moins tenterons-nous de dégager les principaux caractères de l'organisme urbain, en analysant les grandes lignes de son plan et les traits essentiels de son économie.
Fès Bali et Fès Jdid sont non seulement distinctes sur le terrain, mais différentes par leur destination, leur population et jusque dans leur parler.
Le plan de Fès Jdid nous est déjà connu : une enceinte assez régulière, divisée en trois quartiers, avec une seule grande rue axiale et un mellah en annexe. Pour loger les troupes du sultan, on a bâti, au XVIIe siècle, au nord de la ville, la kasba des Cherarda. Le Grand Méchouar et l'Aguedal sont venus s'ajouter à la masse des palais et des jardins impériaux. Moulay Hassan relia même par les murs de Bou Jeloud, Fès Bali à Fès Jdid. Mais cet artifice ne les a pas rendues moins étrangères l'une à l'autre. Les deux dernières dynasties marocaines s'étant avant tout appuyées sur les Arabes, la cité impériale est devenue bédouine. Dans ses murs, c'est l'arabe bédouin que l'on parle, tandis que Fès Bali conserve son vieux parler, héritier pour une part des dialectes andalous. Aujourd'hui, les grands personnages makhzen l'ont délaissée pour Fès Bali. Mais les ruraux, qui tiennent toujours les quartiers périphériques au Maroc, sont chez eux à Fès Jdid. C'est là que les grands caïds du Nord ont leurs maisons de ville. Aussi la grande rue ressemble-t-elle autant à une rue de Marrakech qu'à une rue de Fès Bali. Notre arrivée au Maroc a changé la vie de Fès Jdid sans la rapprocher de celle de sa voisine. Le mellah déborde, mais s'épanche vers la ville européenne. L'ancienne cité makhzen devient le lieu de résidence des musulmans nouveaux venus, des Algériens et des Tunisiens. Quelques Européens y habitent aussi. On peut même dire que Fès Jdid a conquis sur Fès Bali l'ancienne kasba de Bou Jeloud, qui a la même population composite. Fès Bali n'existe vraiment que lorsque les rues commencent à plonger vers le creux de la cité idrissite.
La ville commerçante, est autrement compliquée. Son plan, mieux encore que les textes arabes, nous renseigne sur son histoire profonde.
C'est, dans ses grandes lignes, un plan en étoile ; le centre d'attraction ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Dim 30 Sep - 7:03

page 41



Fès. Les horloges de Bou Inaniya.


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Dim 30 Sep - 7:08

page 42



Fès. Porte moderne de Bou Jeloud.


... s'est trouvé constitué par un complexe étonnement fort : Karaouiyn, la grande mosquée-université, Moulay Idris, le grand sanctuaire populaire, séparés par les ruelles étroites du marché aux étoffes — de la kissaria, — et entourés de toute la masse des souks. Ce bloc compact de sanctuaires et de marchés est vraiment le cœur de la vieille cité; toutes les rues importantes convergent vers cette partie, la plus dense et la plus basse. Mais l'irrégularité du terrain, la division originelle de Fès ont compliqué le réseau des rues. Les principales artères du quartier des Andalous, au lieu de converger directement vers la Karaouiyn, aboutissent aux ponts qui y conduisent. Les secteurs ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Dim 30 Sep - 7:09

Veuillez patienter le temps du téléchargement des fichiers photo

page 43



Porteur d'eau à Fès.
Céramiques de Fès.


... du bord de l'oued, très anciennement formés, ont tout un réseau de petites rues assez mal accordé au plan général. Enfin, la présence à l'ouest, d'abord de la kasba de Bou Jeloud et ensuite de Fès Jdid, ont déterminé, sur le dos du long éperon où est bâti le quartier des Kairouanais, la formation  de   deux   grandes   rues parallèles, les  Tala qui  sont  aujourd'hui les axes du trafic de la ville ancienne. La région des jardins du Douh,  fait  elle  aussi  plonger ses principales rues vers le centre; une seule artère  importante  reste en discordance : celle qui relie Bab el Hadid aux deux Tala et à Bou Jeloud.
Il faut un examen attentif pour retrouver dans ce lacis de rues étroites et tortueuses, qui n'ont jamais été tracées d'un seul jet, mais qui se sont développées par tronçons, comme la ville elle-même, l'ordonnance profonde des lieux. Mais le simple examen d'un plan ou d'une photographie d'avion montre que la rivalité des deux agglomérations créées par Idris II n'a pas cessé du jour où les Almoravides les enfermèrent dans une même enceinte. Une lutte plus secrète et plus profonde a continué de se livrer entre le quartier des Kairouanais ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Dim 30 Sep - 7:10

page 44



Fès. Une tannerie.


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Dim 30 Sep - 7:11

page 45


... et celui des Andalous. Il ne pouvait y avoir à Fès Bali deux grandes mosquées-universités, deux kissarias et deux quartiers des souks. La mosquée des Andalous restait encore au XIVe siècle — les médersas Sbaïn et Sahrij en témoignent — un centre d'enseignement. Mais elle ne tarda pas à être éclipsée par la Karaouiyn. Nous ignorons si la région des Andalous a conservé longtemps au moyen âge ses souks particuliers, mais nous savons par la description de Léon l'Africain qu'au XVIe siècle, la Kissaria et les souks étaient déjà à leur emplacement actuel autour de la Karaouiyn. La fondation du sanctuaire de Moulay Idris au XVe siècle accrut encore la puissance rayonnante de ces sanctuaires et de ces marchés.
Non seulement le quartier des Andalous a été réduit à n'être plus qu'un ensemble d'habitations aussi pauvre en ateliers qu'en boutiques, mais il s'est comme vidé de sa substance, de ses maisons : les bâtisses ne couvrent plus guère qu'un tiers de sa superficie. Un peu partout, dans des terrains vagues, on retrouve pourtant la trace d'anciennes constructions. La mosquée, jadis au centre, est désormais à la limite de la partie bâtie. Aujourd'hui, cet abandon séculaire semble prendre fin. Le voisinage de la gare et de la grand'route qui va vers Taza, l'activité du trafic automobile qui aboutit à Bab Fetouh ont donné une vie nouvelle à ce quartier naguère moribond. Surtout on y pénètre en automobile dans toute la partie haute, alors que, pour le reste de Fès Bali, on ne peut circuler qu'à pied ou en monture. Quelques maisons se sont dressées au voisinage de la mosquée des Andalous. La vue, de la crête du plateau est d'ailleurs admirable. C'est toute la cité qui se déroule devant les yeux avec ses coulées de maisons descendant vers l'oued et le jaillissement de ses minarets.
La ville par excellence, la ville complète, se réduit donc au quartier des Kairouanais. Son ordonnance est aussi nette que typique : autour du centre vivant que forment les sanctuaires et les marchés se disposent toute une série de secteurs qui ont des fonctions bien déterminées, et, par là, des aspects particuliers; au voisinage des souks, des entrepôts; plus loin des quartiers d'habitation, d'abord compacts, mais qui finissent par éparpiller leurs maisons dans les jardins du Douh ou de Sidi Bou Jida. Fès est donc restée une métropole ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Dim 30 Sep - 7:12

page 46



Fès. Sanctuaire de Moulay Idris (XVe siècle).


... du moyen âge; son commerce et ses métiers ne se répartissent pas au hasard. Chacun d'eux occupe une ou plusieurs rues; en revanche, les parties habitées ne comportent que fort peu de boutiques. La tradition a fixé, depuis des siècles, l'organisation de la cité.
Les potiers échelonnent leurs fours et déroulent leurs fumées sur les pentes et parmi les oliviers de la colline des Andalous.
Les tanneries, d'où montent des odeurs puissantes, sont installées sur l'oued ou au voisinage des sources abondantes. Les teintureries accrochent au voisinage des ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Dim 30 Sep - 7:14

page 47



Fès. Médersa Bon Inaniya. La salle de prières.


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Dim 30 Sep - 7:15

page 48


... berges grises de l'oued leurs écheveaux de soie aux couleurs chantantes. Les cordonniers travaillent dans des échoppes ou des fondouks proches du souk aux babouches. Les chaudronniers emplissent d'un joyeux tintamarre la petite place des Seffarin; tour à tour chaque métier offre au chaland ou au badaud son spectacle, son bruit, son parfum. On éprouve ainsi, malgré le dédale des ruelles, une impression d'ordre dès longtemps établi. Cette traditionnelle harmonie n'est pas une survivance artificielle; elle constitue la vie même et l'équilibre de la cité.
Fès est un reflet d'Andalousie en pays berbère ; mais la pauvreté et la rudesse de la campagne marocaine transparaissent sous le vêtement espagnol. Elle est moins délicate, plus grise et plus ruinée que ses sœurs d'Espagne. Le pays qui l'entoure lui a donné quelque chose de sa misère, de sa rusticité, mais aussi de sa grandeur.
Cette ville du moyen âge espagnol, transplantée dans le nord africain, est au Maroc la cité unique. Si elle a connu de mauvais jours, elle n'a jamais subi de véritables éclipses. Elle a toujours fini par s'imposer au pays. Nulle dynastie ne put la tenir longtemps en suspicion, car aucune ne pouvait se passer d'elle. Grand centre distributeur des produits venus de l'étranger, ce sont ses fils qui ont fondé, dans les autres villes, des maisons de commerce par où se prolonge son négoce. Elle demeure aussi la grande productrice des objets de luxe. Seuls à posséder la gamme complète des vieux métiers de l'Espagne musulmane, ses artisans restent les plus nombreux et les plus réputés de tout le Maghreb.
Commerçante, industrielle, Fès ne demeure pas moins la ville makhzen; depuis le XIIIe siècle, elle n'a cessé que sous les sultans saadiens et sous Moulay Ismaïl seul, d'être la capitale du Maroc. Tout naturellement, ses grandes familles jouèrent au gouvernement, dans les bureaux surtout, un rôle important. Toutefois, même sous les Mérinides, Fès n'a jamais confondu son destin avec celui d'aucune dynastie. Fièrement, elle n'abdiqua jamais non plus sa personnalité. Fès Bali fut toujours la cité frondeuse qui jugeait librement les actes du sultan installé à Fès Jdid et qui, plus d'une fois, s'est révoltée contre le souverain et sa kasba.


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Dim 30 Sep - 7:19

page 49


La puissance, l'indépendance, lui viennent, pour une large part, de sa population urbaine si stable qui, depuis des siècles, put acquérir et conserver des traditions, un esprit propres. La vieille société fassi figure bien un monde à part. Les ruraux la raillent et la méprisent parfois, mais ils en subissent l'emprise. Bien que depuis des siècles, la ville n'ait plus reçu de ces colonies d'émigrés qui, en plusieurs occasions, cherchèrent un refuge derrière ses murs, elle n'en est pas moins restée, par la partie stable de sa population, étrangère aux tribus qui l'environnent. Les noms étrangers que portent ses deux quartiers et ses deux grandes mosquées semblent avoir agi comme une fatalité et gardent la valeur d'un symbole.
Pour ceux même qui ignorent sa longue et curieuse histoire, son économie si particulière, Fès détient une beauté étrange qui ne tarde guère à séduire, un charme qui ne s'épuise pas et qu'on définit mal. A vrai dire, on oublie aisément la majesté du site, car, dans ce vaste paysage si lourd de sens, Fès s'enfonce pour n'occuper que l'espace où les eaux courent et chantent. C'est une ville toute en profondeur et qu'on ne saisit que dans sa profondeur même.
Sans doute Fès Jdid, bédouine et horizontale, union de palais et de pauvres maisons, ville de rois et de petites gens, toute parsemée de minarets jaillissants, ne manque ni d'individualité, ni de grandeur. Mais elle n'est pas la véritable Fès.
Pour comprendre Fès, il faut, par l'un des deux Tala, s'enfoncer vers les sanctuaires et les souks. C'est d'abord une descente en pente douce, entre les maisons d'habitation parfois interrompues de quelques boutiques. Peu à peu, la pente se fait plus raide, la rue plus étroite, les murs plus hauts, les boutiques plus nombreuses, la foule plus dense. Cette longue glissade vers le cœur de la cité est sans monotonie : ici, l'on découvre une placette avec une fontaine ou une treille; là, un minaret qui dresse dans le soleil ses lambris de faïences. Mais la rue semble fuir la lumière : maintes fois, elle se glisse dans l'ombre d'un passage voûté. Et toujours le murmure de l'eau, invisible, mais présente, se mêle aux bruits de la ville. Après une dernière descente, la pente de la rue devient insensible : on est parvenu aux souks eux mêmes ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Dim 30 Sep - 7:20

page 50



Fès. Médersa Bou Inaniya. Arcades de l'oratoire.


... ; on baigne dans une atmosphère tiède et moite, où vibrent des couleurs chatoyantes, où se heurtent des parfums contradictoires. On est entraîné et comme porté par une agitation onduleuse qui bruit sans cesse et étourdit rarement. On va ainsi de souk en souk, de parfum en parfum. On se mêle à cette foule, à la fois nonchalante et pressée, désordonnée et souple, à celle qui déambule et négocie lentement dans la Kissaria, à la foule pieuse et implorante qui caresse et qui baise au passage les murs du mausolée de Moulay Idris, à celle qui, plus calme et plus grave encore, entre à la Karaouiyn.
Et lorsqu'on s'est rassasié de couleur et de mouvement, on prend les ruelles étroites, aux hautes maisons alourdies d'encorbellements perchés sur de grandes poutres obliques de cèdre noirci. C'est là que Fès a ...



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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Dim 30 Sep - 7:21

page 51



Fès. Fondouk Nejjarin


... son visage le plus fermé. Très vite les passants deviennent plus rares tandis que la rumeur des souks s'éloigne. On croise des hommes dont le visage se devine à peine dans la double pénombre de la rue et du capuchon, des enfants agiles et silencieux, de lourdes masses d'étoffes blanches qui sont des femmes. Mais on oublie vite l'aspect de coupe-gorge des passages couverts, l'hostilité des hautes demeures fermées. On finit même par oublier la crasse luisante des murs, les invraisemblables odeurs, qui semblent vieilles comme la ville elle-même et qui arrivent, en suffocantes bouffées, d'une porte en-tr'ouverte dans l'ombre ou du fond d'un impasse sordide. On ne voit plus que les jours à la Rembrandt dans d'étonnantes symphonies de gris et d'ocres, que les bâtiments qui, dans des jeux sans cesse renouvelés ...


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MessageSujet: MAROC Villes Impériales   Dim 30 Sep - 7:23

page 52


... de lignes et de plans, s'élèvent à grand renfort de décrochements et d'obliques, vers l'étroite bande de ciel bleu qui domine toutes ces ombres et toutes ces grisailles. Et lorsqu'on arrive au bord de l'oued, on est moins saisi par la joie de retrouver la lumière pure, que charmé par le spectacle d'autres maisons grises, modelées à arêtes vives par le soleil. En deux masses symétriques, elles descendent vers le fond de la vallée : cascades de murs, glissant vers les cascades de la rivière.
Au fort de la vieille ville, c'est toute la beauté multiple et changeante de Fès, tout le grouillement de sa vie que l'on perçoit. Mais pour comprendre toute sa grandeur, au moins pour la saisir d'un coup, il faut monter sur une des pentes qui la dominent. C'est des éperons s'élevant au nord du quartier des Kairouanais que l'on peut prendre de Fès Bali la vue la plus étonnante et la plus expressive. Les Mérinides avaient là un petit palais à l'entour duquel ils avaient fait bâtir leurs tombeaux, comme s'ils voulaient contempler, jusque dans la mort, la ville qu'ils aimaient. Au milieu d'un vaste paysage de monts aux lignes calmes, de larges horizons baignés de lumière claire, c'est, parmi les oliviers, les jardins et les cimetières, une immense coulée de maisons qui dévale vers la conque où pointent les minarets de la Karaouiyn et de Moulay Idris et qui se presse sans un vide dans l'étroit vallon, avant de venir buter contre les masses sombres des jardins de Sidi Bou Jida. Fès est là, tout entière sous nos yeux, dense et fluide à la fois, dans sa multiplicité fourmillante.
Il faut, en fin de journée, venir s'étendre sur les pentes qui avoisinent le borj nord ou les tombeaux des Mérinides, au bord de profondes carrières. Dans le grand silence qui règne en ces lieux déserts, la rumeur de la ville se perçoit librement. C'est une mélodie complexe, un bruissement de pas et de voix sur lequel viennent se détacher, en pointes légères et nettes, le son clair des enclumes ou les aigres cymbales des batteurs de cuivre. Tout cela compose un chant léger, à peine ondulé ; on dirait la respiration de la cité. Les soirs de Ramadan, au coup de canon qui annonce la fin du jour et du jeûne, ...


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