Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 HISTOIRE du MAROC

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 27 Déc - 21:46



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page de couverture



HISTOIRE du MAROC

par

N. BAYSSIERE



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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 28 Déc - 7:18

page 2



SA MAJESTÉ SIDI MOHAMMED BEN YOUSSEF

SULTAN DU MAROC

depuis le 18 novembre 1927
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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 28 Déc - 7:22

page 3



N.  BAYSSIÈRE
Inspecteur de l'Enseignement primaire à Rabat Diplômé d'Études supérieures d'Histoire et de Géographie

HISTOIRE DU MAROC



TABLE  DES  MATIÈRES


PREFACE : 5
CHAPITRES
— I. — Les origines : 7
— II. — Les Arabes au Maroc : 18
— III. — Les Idrissides (IXe et Xe siècles) : 23
— IV. — Les Almoravides (XIe siècle) : 30
— V. — Les Almohades (XIIe et XIIIe siècles) : 36
— VI. — Les Mérinides (XIIIe - XVe siècles) : 45
— VII. — La  Renaissance islamique du XVIe siècle et les Chérifs Saadiens (1550-1660) : 53
— VIII.  —  Les Chérifs Alaouites ou Filaliens (aux XVII et XVIIIe siècles) : 61
— IX. — Les relations du Maroc avec l'Europe avant 1830 : 69
— X. — Les Chérifs Alaouites du XIXe siècle  : 78
— XI.  — La crise marocaine (1900-1912) : 87
— XII. — Le Maroc, pays de protectorat : 99
— XIII. — Le Maroc depuis 1914 : 106
— XIV. — L'œuvre colonisatrice de la France : 116
— XV. — Les richesses actuelles du Maroc : 124




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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 28 Déc - 7:29

page 5



PRÉFACE

M. BAYSSIÈRE est initié à la fois aux méthodes des études historiques et à celles de la pédagogie; c'est dire combien il était qualifié pour entreprendre et mener à bien cette œuvre délicate : condenser en 130 pages l'Histoire du Maroc, sous une forme claire, nette, attrayante.
Quinze chapitres, dont les cinq derniers sont consacrés à la transformation du Maroc sous l'influence française, chacun précédé d'un sommaire sobre et précis, complété par une lecture choisie avec un soin et un bonheur particuliers, illustré presque à chaque page de gravures qui sont des documents parfaitement reproduits et commentés : telle est la conception de l'ouvrage.
M. BAYSSIÈRE donne à toutes les écoles du Maroc un bon ouvrage de vulgarisation, riche de faits et d'idées, juste de ton, qui vient à son heure, rendra des services et a déjà obtenu, auprès du grand public comme dans les établissements scolaires, un succès mérité.

J.  GOTTELAND,
Directeur général de l'Instruction publique, des   Beaux-Arts  et  des  Antiquités au   Maroc.

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 28 Déc - 8:15

page 6



AVERTISSEMENT

II y a de nombreuses et excellentes Histoires du Maroc et il pourrait paraître superflu d'en écrire une de plus.
Celle-ci se présente sans prétentions savantes, avec le principal souci d'apporter quelque clarté dans la succession d'événements bien compliqués et bien touffus quand on n'en dégage pas les lignes essentielles.
L'histoire du Maroc est difficile à situer dans le temps, parce qu'elle apparaît souvent comme une régression. Les grands empires s'y constituent au moment du morcellement féodal en Europe ; mais tandis que celle-ci arrive à s'organiser en nations, le Maroc, en proie de plus en plus aux divisions des tribus, conserve jusqu'à nos jours beaucoup de formes du moyen âge. Aussi suit-on mal le synchronisme des faits par rapport à l'histoire européenne, et, pour cette raison, un rapprochement de l'histoire du Maroc et de l'histoire de France nous a paru parfois nécessaire.
Nous nous sommes attaché à mettre en relief les époques prédominantes, qu'on oublie trop volontiers, en considérant le Maroc désorganisé et anarchique d'avant le Protectorat. Nous avons développé tout particulièrement la période contemporaine, celle qui nous touche de plus près, durant laquelle l'action de la France a pris une place de plus en plus prépondérante, en insistant surtout sur les faits qui ont amené l'établissement du Protectorat. Il y a là une série d'événements qu'on doit bien connaître si l'on veut saisir toute la portée de notre action civilisatrice.
Nous avons cru enfin que le lecteur nous saurait gré de lui donner, au début de chaque chapitre, un sommaire qui permet une révision rapide. Les lectures placées à la fin en illustrent l'idée générale.

N. BAYSSIÈRE.

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 28 Déc - 8:23

page 7



- INTÉRIEUR DES GROTTES D'HERCULE, AUX ENVIRONS DE TANGER.
Tanger est une très ancienne ville, située à la limite du monde connu des anciens; Hercule aurait habité ces grottes fameuses,près du cap Spartel, après avoir enlevé les pommes d'or du jardin des Hespérides, dans les parages de Larache. D'un coup d'épaule, il aurait séparé les monts formant une barrière entre l'Océan et la Méditerranée pour créer le détroit dominé par les Colonnes d'Hercule.

CHAPITRE PREMIER

Les origines

SOMMAIRE
Le Maroc est resté longtemps isolé et dans l'anarchie. Il n'a été pénétré que récemment par la civilisation moderne. Les premiers habitants connus sont les Berbères, encore nombreux dans ce pays.
Les Phéniciens et les Carthaginois y vinrent, il y a trois mille ans environ; ils ont laissé des traces diverses. La domination romaine fut marquée par la création de villes importantes, comme Volubilis, mais elle ne put empêcher l'invasion des Vandales au Ve siècle, et le pays retomba à la barbarie.


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Sam 28 Déc - 8:32

page 8



- INSCRIPTION DE LA PIERRE D'AïN DJEMAA  (15 km. au S.-O. de Casablanca).
Cette pierre, épaisse de 20 cm., large de 50 cm. et longue de 1 m. 60, est conservée au musée de Casablanca. L'inscription qu'elle présente est la preuve que des civilisation primitives ont existé au Maroc.

1. Le Maroc. Son isolement.
Le Maroc, limité par l'océan Atlantique, la mer Méditerranée, l'Algérie et le désert du Sahara, est situé à l'ouest de la vaste région que les Arabes appellent Magreb (pays du couchant). Avec ses côtes peu découpées, des ports assez rares, la barrière du Rif, les hautes chaînes de l'Atlas, il se trouve isolé à la fois de l'Europe, de l'Algérie et de l'Afrique tropicale. Aussi eut-il très longtemps une existence indépendante, et, quoique aux portes de l'Europe, c'est l'une des dernières régions de l'Afrique pénétrées par la civilisation moderne. De plus, le pays n'offre pas de centre d'attraction prédominant, ce qui a favorisé l'anarchie politique. La soumission des tribus n'ayant jamais été complète et uniforme, le Maroc n'a jamais été solidement constitué, malgré ses dynasties successives.

2. Les premiers habitants. — Au Maroc, les hommes préhistoriques ne connaissaient pas les métaux et utilisaient des haches, des couteaux et des pointes de flèches en pierre.
Ils s'abritaient dans les grottes du moyen Atlas et ont laissé des monuments mégalithiques dont le plus célèbre est le menhir de Mzoura (entre El Ksar et Larache). On trouve aussi des inscriptions, des dessins gravés sur des parois rocheuses dans le Drâ, près de Fès et de Figuig. Ces ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 28 Déc - 8:35

page 9



- VUE   ACTUELLE   DU   PORT   DE   CARTHAGE.
Fondée au vin siècle avant J.-C. par les Phéniciens, tout près de la ville actuelle de Tunis, elle s'enrichit parle commerce maritime et lutta contre Rome pour la domination du monde.

... gravures, avec leurs décorations de chambres funéraires et la reproduction du bélier à disque solaire, montrent que les populations primitives du Maroc ont fortement subi l'influence égyptienne.
Les premiers habitants connus sont les Berbères, venus d'Asie, et qui occupaient tout le pays, de l'Atlantique à la Tripolitaine. On rencontre encore leurs descendants dans les régions montagneuses (Kabyles en Algérie, Chleuhs de l'Atlas, Rifains) et aussi dans les forêts (ZemmourseiZaërs, près de Rabat) ou le désert (Touaregs). Ils sont particulièrement nombreux au Maroc. Actifs et énergiques, parlant la même langue, ils étaient groupés en tribus qui souvent entraient en guerre.
Toute Phistoire du Maroc est faite de ces divisions incessantes des tribus qui, favorisant le pillage et accumulant les ruines, provoquèrent les changements de dynastie et les démembrements d'empires.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 28 Déc - 8:51

page 10


3.Les Phéniciens et les Carthaginois. — II y a trois mille ans environ, les côtes du Maroc furent visitées par les Phéniciens, qui venaient de Syrie. Ce n'étaient pas des conquérants, mais des commerçants apportant des bijoux, des étoffes, des outils, des armes, et les échangeant contre les produits du pays. Ils installèrent d'abord des comptoirs sur les côtes de la Méditerranée et de l'océan Atlantique.
Les richesses reconnues dans le pays les amenèrent à faire de ces comptoirs de véritables colonies : ainsi furent fondés Rusaddir (Melilla), Tingis (Tanger), Lixus (Larache).
La plus riche des colonies phéniciennes de la Méditerranée, Carlhage, installée près de l'emplacement actuel de Tunis, finit par dominer, vers le VII° siècle avant J.-C., tous les autres établissements phéniciens de la Méditerranée occidentale. Elle fonda au Maroc des villes nouvelles, comme Thymiaterion (Mehdia). Ce fut un de ses marins, Hannon, qui accomplit le fameux voyage connu sous le nom de périple d'Hannon, qui l'amena, après avoir franchi le détroit de Gadès, jusque sur les côtes de Guinée.
Les Carthaginois demandaient à la Maurétanie des soldats, en même temps que du bétail, des peaux et des laines, qu'ils échangeaient contre des étoffes, des verroteries ou des armes (1). Les Grecs, tenus à l'écart par les Phéniciens et les Carthaginois, n'ont pas connu le Maroc et en ont fait un pays de légende.

4. La conquête romaine. — Les Carthaginois, au surplus, étaient des marchands et non des soldats. Pour se défendre, ils n'avaient que des mercenaires, qui maintes fois se révoltèrent contre Carthage même.

(1) L'occupation phénicienne et carthaginoise, qui a duré près de dix siècles, ne peut qu'avoir laissé des traces profondes chez les peuplades marocaines. On les trouve dans leurs dialectes, dans le style des poteries, l'aspect des bijoux des femmes berbères, l'architecture de certaines kasbahs.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 28 Déc - 8:54

page 11


Vers le milieu du III° siècle avant l'ère chrétienne, la ville de Rome, qui avait soumis presque toute l'Italie, se heurta à la puissance de Carthage, maîtresse de la plus grande partie des rives de la Méditerranée occidentale.
Cette lutte d'intérêts rivaux et de suprématie commerciale provoqua les trois guerres puniques. Les Carthaginois y employèrent de nombreux mercenaires de la Maurétanie. Ils les conduisirent en Espagne et en Italie. C'est ainsi que ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 28 Déc - 9:00

page 12


... les Berbères du Maroc connurent la fertilité des plaines voisines de l'Espagne méridionale qu'ils devaient occuper plus tard.
Les Romains ne vinrent pas au Maroc durant les guerres puniques. Ils furent seulement en contact avec les Numides de l'est. Après avoir détruit Carthage (146 avant J.-C.), ils eurent encore à lutter contre Jugurtha, qui régnait sur une partie de la Numidie et voulait les chasser de l'Afrique du Nord. Après sa défaite, il se réfugia, comme le fera plus tard Abd el Kader auprès du sultan du Maroc, chez son allié le roi de Maurétanie Bocchus. Celui-ci, l'ayant livré aux Romains, reçut d'eux en récompense la Numidie occidentale, mais dut subir leur protectorat.
L'annexion définitive de la Maurétanie fut prononcée par l'empereur Claude en 42 après J.-C. La nouvelle province comprenait deux parties : la Maurétanie césarienne et la Maurélanie tingitane, séparées par la Moulouya.
Ainsi, cent ans environ après la Gaule, le Maroc devenait une colonie romaine, s'étendant de l'embouchure du bou Regreg à la Moulouya, avec Tingis (Tanger) pour capitale et des postes fortifiés comme Sala Colonia (Salé) pour la défendre. Des routes furent établies, des villes construites : Zilis (Arzila), sur la côte; surtout Volubilis, au pied du Zerhoun, qui compta près de 30.000 habitants. Un procurateur, résidant à Tingis, était le chef civil et militaire de toute la Tingitane.
Le Maroc connut donc, comme la Gaule et tous les pays baignés par la Méditerranée, les bienfaits de la colonisation romaine. Toutefois, l'influence de Rome pénétra beaucoup moins le Maroc que le reste de l'Afrique du Nord. Ce fut avant tout une colonie militaire, protégeant l'Espagne contre les populations des régions montagneuses de l'Atlas, qui restèrent toujours hostiles. Même dans les parties soumises, ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 28 Déc - 9:04

page 13



- LES RUINES DE VOLUBILIS.
Les ruines de la ville romaine de Volubilis ont un aspect imposant. On aperçoit les arcades de la basilique, à côté du forum. Le massif du Zerhoun et la ville sainte de Moulay Idris dominent ce paysage grandiose.

... les révoltes furent fréquentes, malgré les postes fortifiés établis à l'intérieur des frontières, occupés par des garnisons permanentes d'auxiliaires et d'indigènes, et que reliaient des routes, comme celles de Tingis à Sala et de Tingis à Volubilis.

5. La ruine de la civilisation romaine. — La ruine de cette brillante civilisation commença avec l'anarchie militaire qui faillit plusieurs fois causer la dislocation de l'Empire, dans la seconde moitié du III° siècle. Les Berbères, pressurés d'impôts et mal contenus par des armées désunies, se révoltaient sans cesse et inquiétaient les populations paisibles des villes. L'introduction du christianisme, en ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 28 Déc - 9:09

page 14


... apportant de nouvelles divisions, favorisa encore cette réaction des Berbères.
Cet état d'anarchie, en ébranlant la domination romaine, facilitait l'invasion des Barbares.
Au V° siècle, lorsque les grandes invasions amenèrent l'écroulement de l'Empire romain, à l'époque où les Francs, les Burgondes et les Wisigoths s'établirent en Gaule, les Vandales, installés d'abord en Espagne (Andalousie), envahirent l'Afrique du Nord (429).
Ils furent bien accueillis par les indigènes, qui se joignirent à eux pour saccager les villes. Ils traversèrent seulement le Maroc pour marcher sur Rome, mais les guerres qu'ils provoquèrent firent disparaître le faible lien qui unissait encore la Tingitane à l'Empire. Les tribus berbères reprirent possession du pays.
Après que Rome eut été affreusement pillée par les Vandales (455), ceux-ci constituèrent un royaume qui fut à son tour détruit par les Byzantins. Ces derniers reconquirent l'Afrique grâce à l'aide des chefs berbères, comblés de faveurs. Le Maroc devint la Maurétanie seconde, mais l'occupation se borna à quelques points de la côte : Tingis et Septa (Ceuta); la plus grande partie du pays resta indépendante. Le Maroc retournait ainsi à la barbarie et les établissements des Romains disparurent sous les ruines. L'Empire byzantin ne réussit même pas à retenir sous son autorité le comte Julien, gouverneur de Ceuta.
L'état du Maroc pouvait alors se comparer à celui de la Gaule, où les Francs n'avaient pas davantage maintenu les progrès de la civilisation gallo-romaine, et où les rois mérovingiens, appelés rois fainéants, ne surent empêcher le pays de se diviser en régions ennemies les unes des autres et de tomber dans le morcellement féodal.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 28 Déc - 9:17

page 15



LECTURE

UNE VILLE ROMAINE : BANASA

Dans l'immense plaine du Rharb, où le Sebou déroule ses méandres boueux, c'est une surprise agréable, quand on a longtemps promené son regard sur de vastes espaces plats, de fixer enfin la vue sur une éminence que les Arabes connaissent sous le nom de Sidi Ali Bou Djenoun.
C'est sur ce promontoire, situé sur la rive gauche du fleuve, à 75 km. environ de son embouchure, que se trouvent les ruines de la ville romaine de Banasa.
Quand on monte sur cette masse de pierres grises, presque enfouies, on aperçoit très nettement vers le nord le profil bleuâtre des collines du Rharb, formant un immense amphithéâtre de montagnes qui circonscrit la plus vaste plaine du Maroc. Sur une longueur de 100 kilomètres de l'est à l'ouest et une largeur de 60 kilomètres du nord au sud, n'apparaît aucune autre ondulation de terrain que celle sur laquelle on est placé.
La vie n'est plus représentée là que par trois gourbis où croupissent quelques indigènes, dont les petits jardins, entourés de fossés, recouvrent ces ruines vénérables. Au moment où nous les avons visitées, le printemps étalait aux alentours la splendeur de ses fleurs et de ses riches cultures, et, devant ce contraste de la vie de la nature qui continue autour de cette cité morte à jamais, on se défend difficilement d'une pénétrante mélancolie.
L'emplacement de cet oppidum, auquel on accède aujourd'hui par la route de Ksiri au Tléta, puis par une piste étroite, à peine tracée, était parfaitement choisi, et il prouve en outre que si dans la Tunisie, voisine de Rome et parfaitement soumise, les Romains purent s'établir un peu partout dans le plat pays, dans la Tingitane, où ils durent se garder d'un retour offensif toujours possible des Berbères restés barbares et hostiles, ils recherchèrent, pour leur installation, des lieux pourvus de défenses naturelles. Ainsi Rira, non loin de Sidi Slimane, se trouve dans une boucle de l'oued Beth et Banasa s'élève sur un monticule formé de trois collines, dominant d'une vingtaine de mètres la plaine immense, ce qui empêchait un ennemi de s'approcher par surprise. Une enceinte de murs, épousant les formes du terrain, assurait la ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 28 Déc - 9:23

page 16


... défense de la cité qui commandait un grand pont construit à 300 mètres de là, sur la boucle la plus septentrionale du Sebou.
Pour franchir le large fossé du fleuve et assurer les communications entre le nord et le sud de la Tingitane, Banasa avait une importance exceptionnelle. C'est là, en effet, que passait la voie romaine conduisant de Tingis à Ad Mercurias, à 20 kilomètres de Sala, placée à l'embouchure du bou Regreg. Banasa faisait partie de cette ligne de postes que les Romains durent établir dans la Tingitane, réduite d'abord en protectorat, puis en province romaine, pour garder le pays et assurer son exploitation. Une autre voie, plus à l'est, se détachant de la précédente, non loin de Zilis (Arzila), et longeant les derniers contreforts des Djebala, traversait le col de Zegotta et, contournant le Tselfat, menait à Volubilis et à Tocolosida.
Repérer exactement l'emplacement de Banasa est d'un grand intérêt pour connaître le tracé de la voie romaine allant de Tingis à Sala. Elle ne longeait pas constamment le littoral, comme la route actuelle, mais s'en éloignait très sensiblement après Lixus (Larache), pour ne le rejoindre que sur l'embouchure du bou Regreg. Suivant, après Banasa, la rive droite du fleuve, elle évitait ainsi à la fois les longues merjas en bordure de l'Atlantique et la merja des Béni Ahsene, immensément agrandie parfois en hiver, par suite des débordements de l'oued Beth, plus dangereux en ce point que le Sebou.
Ces précautions étaient d'autant plus utiles, que les Romains n'eurent jamais au Maroc de véritables routes dallées comme en Italie ou en Gaule, mais seulement des pistes qui ne pouvaient être praticables que si les eaux ne risquaient pas de les envahir durant de longs mois. Quelques ponts ou des bacs, à défaut de gués, assuraient le passage des cours d'eau.
Les villes romaines du Maroc n'eurent pas non plus la splendeur des cités de la Gaule, de la Tunisie ou de la Maurétanie césarienne, et Banasa, bien que l'empereur Auguste y eût envoyé des colons, n'eut jamais qu'une importance relative. Elles se trouvaient au milieu de tribus restées hostiles, et, même après l'occupation romaine, il y a toujours eu un contraste entre les populations policées des villes et les demi-barbares du bled. C'est là assurément une des raisons de la précarité des civilisations punique, romaine et musulmane qui ont pénétré cette partie du Magreb. Néanmoins, des ruines, comme celles de Volubilis et de Banasa, ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 28 Déc - 9:27

page 17


- Ce chien de bronze, d'un réalisme saisissant, faisait partie d'un groupe ; il a été trouvé dans les fouilles de Volubilis.

... attestent encore aujourd'hui la grandeur de l'œuvre romaine dans les régions les plus lointaines et les moins colonisées de leur empire.
La colonisation française a ressuscité tout le pays alentour et fait surgir partout de superbes moissons et de vastes bâtiments à toit rouge qui sont les fermes des colons.
Au débouché d'un grand pont qui vient d'être construit, à vingt kilomètres en amont de Banasa et à treize mètres seulement d'altitude, pour le passage d'une route et du chemin de fer de Tanger à Fès, s'élève aujourd'hui le centre de Mechra bel Ksiri, nouvelle Banasa qui ne fait que naître, mais exposée aux inondations, et moins salubre que l'ancienne, où l'air brassé par les vents était plus frais et moins fiévreux que dans la plaine.

N. BAYSSIERE.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 9:57

page 18



- ARABESQUES. (Alhambra de Grenade.)

CHAPITRE II

Les Arabes au Maroc

SOMMAIRE

Les Arabes, auxquels le prophète Mohammed, mort en 632, avait donné une religion unique enseignée dans le Coran, conquirent rapidement tous les pays de l'Asie et de l'Afrique voisins de la Méditerranée. Ils entraînèrent les Berbères à la conquête de l'Espagne après la victoire de Xérès (711), puis franchirent les Pyrénées et se lancèrent à la conquête de la Gaule ; mais ils furent arrêtés à la bataille de Poitiers (732) par Charles Martel. Les Berbères se révoltèrent ensuite contre les chefs arabes, et, après 740, ce furent des dynasties locales qui assurèrent le gouvernement du pays.

Les Arabes. — Les débris de l'Empire romain étaient une proie facile pour des conquérants comme les Arabes, animés d'une foi ardente et habitués à faire la guerre. Le Maroc en particulier, avec ses populations berbères divisées et où les Byzantins ne possédaient plus que Ceuta, ne pouvait leur ofirir aucune résistance.
Les Arabes, nomades et guerriers, habitaient une vaste presqu'île de l'Asie entre la mer Rouge, l'océan Indien et le golfe Persique. Ils avaient d'abord adoré des dieux représentés par des idoles. La ville de La Mecque, non loin de la mer Rouge, était leur ville sainte.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 10:05

page 19


Au commencement du VII° siècle, le prophète Mohammed réussit à ramener tous les Arabes au culte d'un Dieu unique, Allah, et fonda l'Islamisme. Ses enseignements sont contenus dans un livre qu'on appelle le Coran. Ils sont formulés dans ces quelques mots : « II n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et Mohammed est son prophète. »

2. Leurs conquêtes en Asie et en Afrique. — Après la mort de Mohammed (632), les Arabes se répandirent de tous côtés pour faire la « guerre sainte » et étendre le domaine de l'Islam. Tous les pays d'Asie et d'Afrique voisins de la Méditerranée furent conquis en un demi-siècle. Le farouche Oqba, gouverneur de l'Ifriqiya (Tunisie), traversa tout le Magreb jusqu'au Sous, vers 682. Arrivé à l'Atlantique, il poussa son cheval dans les flots en s'écriant : « O Dieu de Mohammed, j'irais plus loin encore porter ta gloire, si cette mer ne m'arrêtait ! »

3. Les Arabes et les Berbères à la conquête de l'Europe. — A son retour, Oqba fut tué par les Berbères de l'Aurès,
en Algérie. Une nouvelle invasion arabe, plus sérieuse, conduite par Mousa ben Nocéir, autre gouverneur de l'Ifriqiya, chassa complètement les Byzantins de l'Afrique du Nord au début du VIII° siècle et aboutit à la possession véritable du pays.
Heureux de partir avec les Arabes à la conquête de l'Europe, les habitants se convertirent aisément à l'Islamisme. Une armée de huit mille Berbères, encadrée par quelques chefs arabes, et commandée par Tarik, traversa en 711 le détroit entre l'Europe et l'Afrique appelé depuis détroit de Gibraltar, du nom donné à la montagne où l'on débarqua (djebel Tarik). Elle écrasa, à Xérès (711), les Wisigoths qui dominaient alors l'Espagne et le midi de la Gaule. Un énorme butin fut recueilli. Ce succès attira en ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 10:11

page 20


... foule les Berbères, qui conquirent bientôt presque toute la péninsule. Les chrétiens se soumirent ou s'enfuirent dans les montagnes des Asturies, au nord-ouest de l'Espagne. Les Arabo-Berbères franchirent ensuite les Pyrénées et arrivèrent jusqu'à Poitiers, en 732. Les rois fainéants étaient incapables de défendre la Gaule. C'est le chef ou duc des Francs, Charles Martel, le maire du palais de l'un des rois fainéants, qui arrêta cette nouvelle invasion. Le mouvant tourbillon des cavaliers arabes vint se briser contre " le mur immobile " des guerriers francs. La bataille de Poitiers marque la fin des conquêtes des Arabes.
Un siècle après Mohammed, l'Empire arabe, qui allait de la Perse à l'Espagne, n'en était pas moins aussi vaste que l'ancien Empire romain. Il se démembre, quand se forment en Espagne le Khalifat de Cordoue en 756, et en Asie le Khalifat de Bagdad.

4. La révolte des Berbères contre les conquérants arabes — La victoire de Poitiers permit à Charles Martel de chasser les Arabes des pays du Rhône et de la Garonne; Charlemagne les refoula jusqu'à l'Ebre. La plus grande partie de l'Espagne leur resta, mais leur prestige était affaibli. Les Berbères, au surplus, supportaient mal d'obéir à des gouverneurs étrangers. C'est alors qu'apparaissent au Maroc les missionnaires kharijites, qui reprochaient aux Arabes leurs mauvaises mœurs. Pour ramener l'Islamisme à sa pureté et à son austérité primitives, ces hérétiques prêchaient le rétablissement de l'égalité entre les hommes. Ils furent très bien accueillis par les Berbères, qui soutinrent avec empressement le Kharijisme pour résister aux envahisseurs arabes.
C'est en 740 qu'eut lieu la grande révolte à laquelle prirent part tous les Berbères de l'Afrique du Nord. L'Ifriqiya (Tunisie) put être soumise et le gouverneur arabe rentra à ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 10:17

page 21



- LA MECQUE. Temple  de la Kaaba.
La Kaaba, c'est le petit temple carré élevé dans la principale mosquée de La Mecque. C'est là que se trouve déposée la « pierre noire » apportée aux hommes par l'archange Gabriel. Les musulmans en prière se tournent toujours vers ce temple.

... Kairouan, mais les tribus marocaines, dirigées par le chef berbère Maisara, porteur d'eau à Tanger, battirent l'armée du gouverneur arabe de Tanger sur les bords du Sebou. Cette victoire des Kharijites marque la fin de la domination arabe étrangère au Maroc.
Ce sont des dynasties locales qui désormais assureront le gouvernement du pays.

LECTURE

LE   PROPHÈTE   MOHAMMED  ET   LE  CORAN
Le prophète Mohammed était de pauvre origine. Il vécut dans l'ombre jusqu'à quarante ans. Dans ses nombreux voyages, comme conducteur de caravanes, il avait appris les doctrines des Chrétiens, des Juifs et des Persans. Il aimait à se recueillir dans la solitude pour prier. Quand il eut épousé une riche veuve, Khadidja, il abandonna son métier pour se livrer entièrement à la dévotion. Un jour, sur la montagne aride et sauvage où il s'était retiré, non loin de La Mecque, il crut voir l'archange Gabriel qui venait du ciel lui ordonner de prêcher une religion nouvelle.
Pour obéir aux ordres de Dieu, il commença ses prédications, ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 10:25

page 22



- ARABESQUES. (Alhambra de Grenade.)
L'inscription ciselée signifie : « Allah seul est vainqueur ».

... mais on se moqua de lui, on le persécuta et il fut même menacé de mort. Il dut s'enfuir de La Mecque (622) et se retirer à Médine. Cette fuite, appelée l'hégire, marque la première année de l'ère musulmane.
Ses partisans devenant de plus en plus nombreux, il put vaincre ses adversaires et rentrer triomphalement à La Mecque. Il toucha de son bâton les idoles qui entouraient la Kaaba où était déposée la « pierre noire », apportée autrefois par l'archange Gabriel, en s'écriant : « La vérité est venue, que le mensonge disparaisse! » Les idoles furent aussitôt détruites par ses fidèles. Quand il mourut, peu de temps après, tous les Arabes avaient adopté la religion de Mohammed.
Les pratiques de cette religion sont très simples : la prière, précédée des ablutions, cinq fois par jour, le jeûne du Ramadan, l'aumône, et, si c'est possible, le pèlerinage à La Mecque, qui donne à celui qui l'a fait le titre vénéré de hadj.
Mohammed ne s'était jamais présenté comme un dieu, mais comme un prophète. Il ne savait pas écrire, mais ses paroles étaient précieusement gravées sur des pierres, des os. Réunies après sa mort, elles ont formé le Coran, le livre sacré des Arabes.
Ce livre renferme toutes sortes de préceptes concernant la religion, la morale, l'hygiène :
« Ne faites point de violence aux hommes à cause de leur foi. La voie du salut est assez distincte du chemin de l'erreur... »
« N'adorez qu'un seul Dieu, tenez une belle conduite envers vos pères et mères, envers vos proches, envers les orphelins et les pauvres ; n'ayez que des paroles de bonté pour tous les hommes; acquittez-vous exactement de la prière, donnez l'aumône. »
« Le mal et le bien ne sauraient marcher de pair. Rends le bien pour le mal et tu verras ton ennemi se changer en protecteur et en ami. »


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 10:33

page 23



- MOULAY   IDRIS.
Moulay Idris est la ville sainte fondée par Idris Ier à la fin du VIII° siècle. Elle se dresse au-dessus de la ville romaine de Volubilis, dans une gorge du Zerhoun. Très pittoresque, au milieu de bois d'oliviers, elle attire chaque année de nombreux pèlerins.

CHAPITRE  III

Les Idrissides (IXe et Xe siècles)

SOMMAIRE
Apres une période d'anarchie et de rivalités entre tribus, un descendant du Prophète, Idris Ier, réussit à imposer son autorité à tout le Maroc. Son fils Idris II (793-828), contemporain de Charlemagne, fonda un grand Empire, avec Fès pour capitale ; mais les querelles de ses successeurs en provoquèrent bientôt le démembrement.
C'est avec les Idrissides que commence l'histoire nationale du Maroc.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 17:54

page 24


1. Le démembrement des Empires arabes. — La révolte des Berbères kharijites contre les conquérants arabes n'eut
pas  cependant pour conséquence  la formation de  l'unité nationale  berbère.  Les  royautés locales qui se   créèrent, devinrent rivales les unes des autres, et ce sont ces tendances féodales, perpétuées jusqu'à nos jours, sous forme d'opposition  de caïds et de tribus, qui ont toujours fait la faiblesse du Maroc.

2. Le Maroc sous Idris Ier (788-793). — Le Maroc restait néanmoins indépendant. Vers la fin du VIIIe siècle, Idris Ier, de la famille d'Ali, gendre du Prophète, vint d'Orient pour se réfugier dans l'ancienne Volubilis (en arabe Oulila). Il avait échappé au massacre des descendants d'Ali. Il convertit à l'orthodoxie les tribus voisines et exerça bientôt sur elles une grande influence. Il se fit proclamer Iman, combattit l'hérésie  du  Kharijisme, étendit son  autorité  sur tout le Maroc et jusqu'à Tlemcen.   Il mourut, dit-on, empoisonné par un envoyé du grand khalife Haroun-er-Rechid, ce souverain de Bagdad qui, pour avoir l'appui de Charlemagne
contre le khalife de Cordoue, lui avait envoyé des ambassadeurs et des présents. Enterré à Moulay Idris du Zerhoun, sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage très vénéré.

3. Idris  II,   fondateur de  Fès  (793-828).  —  Son  fils, Idris II, reconnu comme chef par les tribus berbères, fonda en 808 une magnifique capitale, Fès, qu'il peupla avec des familles expulsées d'Espagne et de Tunisie (Andalous et Kairouanites). Il soumit les tribus du haut Atlas, étendit sa domination  jusqu'au   Sous.   Son   empire   comprenait tout le Maroc et le royaume de Tlemcen.   Ce fut une période glorieuse  pour  la dynastie des Idrissides.  Leur  brillante capitale,  Fès, où savants et artistes furent appelés, devint l'un  des  foyers de la civilisation  arabe.  La   mosquée  de ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 18:00

page 25


... Moulay Idris, où est enterré Idris II, attire encore de nombreux fidèles. Son règne peut être comparé à celui de Charlemagne, qui, à la même époque, avait constitué dans l'Europe occidentale un grand Empire, essayé de ranimer la civilisation antique et de développer le commerce et l'industrie.

4.  La fin des Idrissides et le retour des Arabes. — Les premiers successeurs d'Idris II réussirent à maintenir la prospérité du royaume de Fès. La mosquée Kairouine devint le centre religieux et intellectuel qu'elle n'a cessé d'être. Les querelles intestines qui survinrent ensuite (comparables à celles des fils de Louis le Débonnaire), amenèrent le démembrement de l'Empire idrisside.
Attaqué par les Arabes d'Egypte, puis par ceux d'Espagne, l'Empire idrisside n'avait pas duré deux cents ans (788-985).

LECTURES

IDRIS II,   FONDATEUR  DE   FÈS

Quand Idris Ier mourut, son fidèle Rachid eut le soin de gouverner jusqu'à la majorité du fils posthume du khalife. Il donna à cet enfant une excellente instruction et en fit un redoutable guerrier. Rachid ayant été assassiné, les chefs berbères choisirent l'un d'eux, Abou Khaled, comme tuteur d'Idris, alors âgé de neuf ans, puis les représentants des tribus, réunis dans la mosquée de Oulila (Moulay Idris), prêtèrent serment de fidélité à Idris II.
Le jeune prince, qui montrait une intelligence précoce, commença à gouverner sous la tutelle d'Abou Khaled, et il grandit au milieu de nombreuses intrigues, encouragées par son inexpérience. Sa puissance cependant ne fit que s'accroître, et bientôt, jugeant que sa résidence de Oulila était insuffisante, il voulut avoir une capitale digne de son empire. Après avoir cherché longtemps, il choisit, sur les pentes du Zalagh, un emplacement traversé par un petit affluent du Sebou.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 18:06

page 26



- VUE   GÉNÉRALE   DE  FÈS.
La ville fondée par Moulay Idris II s'étend sur les pentes d'une colline, dans un site tourmenté. Elle est fort curieuse, avec son fouillis de hautes maisons, de minarets, de remparts, et son dédale de rues enchevêtrées. On s'y croirait dans le Paris du moyen âge.

Avant d'ordonner les premiers travaux de construction, il leva les mains au ciel et dit : « O mon Dieu, faites que ce lieu soit la demeure de la science et de la sagesse! que votre livre y soit honoré et que vos lois y soient respectées ! Faites que ceux qui l'habiteront restent fidèles au souna (la loi traditionnelle), et à la prière, aussi longtemps que subsistera la ville que je vais bâtir ». Puis, saisissant une pioche, il dessina les contours de cette ville qu'annonçaient les prophéties. Un vieux solitaire chrétien, paraissant avoir cent cinquante ans et vivant dans un ermitage non loin de là, dit alors à Idris : « Que viens-tu faire ici? » et comme l'Émir répondait : « Je viens élever une ville où je demeurerai et où demeureront mes enfants après moi, une ville où le Dieu très-haut sera adoré, où son livre sera lu, où l'on suivra ses lois et sa religion », le vieux chrétien lui révéla que dix-huit cents ans auparavant il y avait là une ville nommée Sef, et qu'un homme du nom d'Idris devait la relever : « Gloire à Dieu, je suis cet Idris », s'écria l'iman.


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