Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Tourisme et Hivernage.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Lun 15 Déc - 8:18


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Page de couverture



- L'HAOUACHE de Jacques Majorelle.

L'ATLAS
Numéro Spécial
Tourisme et Hivernage à Marrakech et dans le sud marocain







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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Lun 15 Déc - 8:49

Deuxième de couverture et pages de Publicité











- Compagnie des Chemins de Fer du Maroc.








- Société Commerciale Française au Maroc, Marrakech.
- Potasse d'Alsace.
- Banque d'Etat du Maroc, Tanger.








- Palais du Mobilier, Marrakech.
- Cigarettes Casa-Sports.




- Louis  Gentil. —  Destockage  à   main. (Photo   Flandrin)
- Louis  Gentil.  — Vue  générale  des  bâtiments  du  Service  du  jour. (Photo  Flandrin)
- Safi.   —   Installation   d'embarquement. (Photo  Flandrin)

L'Office Chérifien des Phosphates

L'existence des phosphates au Maroc aurait été signalée en 1914. Ce n'est toutefois qu'en 1919, après de rationnelles études et prospections que le Service des Mines réussit à révéler toute l'importance et la valeur des gisements de phosphates au Maroc Occidental, riche en puissance et qualité, (ayant à Kourigha une teneur de 73 à 77 % en phosphate tricalcique et de 68 à 12 % à Louis Gentil alors que les phosphates d'Algérie et de Tunisie ne titrent que 58 à 62 %).
En présence d'une telle découverte, susceptible de constituer pour le Maroc une source de richesse considérable le gouvernement du Protectorat décida de réserver à l'Etat Chérifien l'exclusivité de la recherche et de l'exploitation des Phosphates (Dahir du 27 Janvier 1920).
Peu après (Dahir du 7 Août 1920) était créé un organisme autonome sous le nom d'Office Chérifien des Phosphates avec une dotation de l'Etat de 36 millions, et la possibilité d'émettre des obligations.
C'est une société privée qui n'aurait qu'un actionnaire unique, l'Etat selon l'expression employée par M. le Ministre Piétri qui contribua à la formation de l'O.C.P. L'Etat est représenté par un Conseil d'Administration de 12 membres, comprenant de hauts fonctionnaires des délégués des corps élus français et des délégués indigènes.
L'Office qui jouit de la personnalité civile, s'administre lui-même suivant les lois et usages du commerce. Il est géré par un Directeur général à la manière de toutes les grandes industries privées. Aucun de ses Agents n'est fonctionnaire. Seul son Caissier général nommé par arrêté viziriel, doit soumettre sa comptabilité à l'Inspection des Finances et au contrôle de la Cour des compte:.
Grâce à cette formule l'exploitation des phosphates, réalisée, avec le maximum de souplesse, a donné des résultats remarquables par les ventes annuelles suivantes, faites à destination de tous pays européens et extra européens .
(voir tableau ci dessus)
Jusqu'en 19?3 les phosphates exportés uniquement de Kourigha étaient de qualité 73/77. Depuis 1934 le centre de Louis Gentil a exporté en phosphates 68/72, 63.899 T. en 1934, 103.070 T. et 235.000 T. en 1936).
Les bénéfices réalisés par ces ventes ont permis à l'Office de 1921 à 1935, de payer à l'Etat Chérifien 119.174.916 francs d'impôts, de lui verser comme des dividendes effectifs distribués par une Compagnie privée 667.726.049 francs, de contribuer aux travaux publics ou aux emprunts pour 130.602.460 francs. Ce qui représente 840.613.424 frs.
En outre malgré l'importance de ces versements l'O.C.P. a pu régler sur ses bénéfices une notable partie de ses dépenses de premier établissement.
Toutefois depuis 1930 les travaux neufs sont réalisés sur fonds d'emprunts qui s'élèvent actuellement à 125 millions environ. Intérêts et amortissements de ces emprunts sont payés par les bénéfices.
Les résultats financiers de l'O.C.P. peuvent donc se résumer comme suit :
L'Etat a mis 36 millions dans l'exploitation des phosphates en qualité d'actionnaire unique de son O.C.P. Avec ce capital, il a pu, en 15 ans seulement, grâce à ses bénéfices :
— verser  à   l'Etat  840  millions de  ressources  nettes  ;
— payer 283  millions de dépenses de   1er établissement     (Office  329 M  +  Safi 60 M  -f  Chemin de Fer Safi  19 M  =  408 M. sous déduction
de  125 M. d'emprunts)   et ensuite les amortir de  155 millions.
— assurer !e service des intérêts et de l'amortissement des emprunts réalisés pour parachever depuis  1930 le premier établissement.
Au surplus l'O.C.P. a effectué certains autres versements à l'Etat pour services rendus (Transports, P.T.T. pour 21.634.000). Il a également procuré à l'économie marocaine (au transports, énergie électrique, achats, personnel ouvrier) plus de 735 millions.
L'exploitation rationnelle des phosphates du Maroc constitue donc comme on l'avait prévu, un élément source considérable de l'activité économique marocaine.

- Société Immobilière de Marrakech, Marrakech.
- Imprimerie Rapide, Casablanca.





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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Lun 15 Déc - 8:58

page 1



Tourisme et Hivernage à Marrakech et dans   le Sud Marocain


S O M M A I R E
Couverture de Jacques Majorelle. — L'Haouache, reproduction d'un panneau, de l'Hôtel de Ville de Casablanca.

Portrait dédicacé du Général Noguès, Commissaire Résident Général.
Le Moussem de Jacques Majorelle, reproduction d'un panneau de l'Hôtel de Ville de Casablanca.
Portrait du Général de Loustal, Chef de la région de Marrakech.
Le prestige de Marrakech, par le Général De LOUSTAL.
Les différents  visages  de  la  Koutoubia  par  Marc  de  MAZIERES.
Danses et jeux sur Djemaa el Fna, par Mme Marie BARRÈRE-AFFRE.
Les remparts de Marrakech, par Mme Marie BARRÈRE-AFFRE.
L'accueillante Marrakech, par Emile LEMOIGNE.
Jacques Majorelle, par Louis DELAU.
Marrakech,   station   d'hiver   des   rhumatisants,   par   le   Dr. PELLET.
Plan de Marrakech.
Foire de Marrakech, par FLANEUSE.
Aux souffles de l'Atlas, par Jean LAURENT.
L'activité de la Gérance de la Société Chérifienne d'Hivernage.
Les Quatrains Marrakchis, par Alphonse MÉTÉRIÉ.
Les sports à Marrakech.
Marrakech d'hier et de demain, par J. du PAC.
L'essor de Marrakech.
Le Sud marocain, par Marc de MAZIERES.
Le Royaume du Souss, par le Colonel, VIGNOLI.
Agadir.



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Mer 17 Déc - 7:51

page 2



LE GENERAL NOGUÈS
Commissaire Résident Général de la République Française au Maroc
Commandant en Chef
Membre du Conseil Supérieur de la Guerre



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Mer 17 Déc - 7:52

page 3



LE MOUSSEM de Jacques Majorelle
Reproduction d'un panneau de l'Hôtel de Ville de Casablanca



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Mer 17 Déc - 7:53

page 4



Le Général de Division de LOUSTAL
Chef de la Région de Marrakech



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Mer 17 Déc - 7:57

page 5



- Dar  Moulay Ali,  la  Maison de  France à  Marrakech.
(Photo  Kynel)

Le prestige de Marrakech


par   le   Généra!   de    LOUSTAL Chef de la  Région  de Marrakech


Poste de commandement unique où convergent toutes les informations et où s'exercent toutes les influences, carrefour des voies de pénétration militaire et des courants d'échanges commerciaux, Marrakech, trait d'union entre le Nord et le Sud, a joué dans le cours des âges le rôle historique, auquel la prédestinaient les éléments géographiques, politiques et économiques qui ont déterminé sa création et son importance.
Au lendemain de la pacification totale des territoires ressortissant à l'Empire Chérifien et au nombre des tâches administratives de tous ordres qui incombent à Marrakech, se place au premier plan l'organisation du Tourisme pour la mise en valeur de l'incomparable capital de richesses naturelles, que comporte cette région, étonnamment privilégiée par la douceur hivernale de son climat, la pureté de sa lumière, le pittoresque, l'originalité et la couleur de ses sites, les ressources de sa faune et de sa flore, la diversité de ses populations et de leurs coutumes.
La renommée de Marrakech comme centre d'hivernage est dès à présent consacrée par les témoignages enthousiastes que lui accordent chaque année ses visiteurs. Parmi eux, les plus illustres, les plus célèbres et notamment S. M. la Reine de Roumanie, Messieurs Lloyd Georges et Winston Churchill, Lord Rothermere ont vanté ses charmes, décernant ainsi au tourisme, à Marrakech, de magnifiques lettres de créance.
Il n'est pas donc interdit de penser que la réalisation, en cours de développement, du programme élaboré pour doter la ville des améliorations urbaines et hôtelières nécessaires, installer à sa proximité une station de sports d'hiver et faciliter l'accès des districts les plus éloignés du Sud, permettra à chacun de venir admirer les merveilles de cette région, Marrakech sa capitale, devenant un pôle de plus en plus attractif des voyageurs de tous les Pays.


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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Mer 17 Déc - 7:58

page 6



LES   DIFFERENTS   VISAGES DE   LA   KOUTOUBIA

par MARC DE MAZIÈRES



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Mer 17 Déc - 8:00

page 7


- Les différents aspects de la  Koutoubia. (Photos de Mazières)
-  Une jolie vue  de la  Koutoubia  prise  par M.  de Mazières

Comme l'est à Fès la Medersa Karaoyine, à Meknès la porte d'El Mansour, à Rabat la Tour Hassan, le Minaret de la Mosquée Koutoubia est le monument principal de Marrakech, que l'on aperçoit à 30 kms du col de Djebilet, quand on vient de la côte atlantique ; il est aussi le signal vers lequel se dirigent les Berbères descendus de la montagne.
L'Almohade Abbou Yacoub el Mansour, le successeur d'Abdel Moumen, fondateur de la dynastie, acheva la construction du minaret de la Koutoubia qui est donc antérieur, au moins pour sa partie inférieure à la Giralda de Séville et à la Tour Hassan de Rabat construites aussi par Yacoub el Mansour.
Les dynasties qui se sont succédées, ont tenu à apporter à la mosquée des modifications, à la fin du siècle dernier principalement de sorte qu'on trouve des décorations et des architectures bien différentes. Seul, le minaret solidement dressé, a supporté les siècles et la fantaisie des Sultans ne s'y est pas attaqué. Le lanterneau est couvert d'une coupole bosselée que surmontent, enfilées à une tige de fer, trois boules dorées offertes par le Sultan sur sa cassette personnelle.
On peut voir le minaret sous différents aspects, selon le point où l'on se trouve : tour désertique au-dessus d'un cimetière, ou bien tour gracieuse mais toujours imposante, à travers les arbres touffus ou les longs palmiers, ou bien plus près les cyprès noirs qui s'échappent du jardin de Dar Moulay Ali  lui donnent une poésie romantique. Le ton en est différent, suivant l'orientation : côte pluie ou vent, les faces ont une teinte grisaille, sombre à la tombée du jour, tandis que les faces ensoleillées sont claires avec des reflets rosés ou roux.
Qu'elle serait plus belle la Koutoubia, si de la place Djemaa el Fna, laissée plus vaste, on pouvait la voir dans son cadre primitif, isolée, majestueuse et dominatrice, au-dessus des demeures basses de la Médina et des jardins. Mais il y a le malencontreux immeuble, chargé de tous les péchés... qui est là comme un laid obstacle sur lequel vient buter à regret le regard.
Marc de MAZIERES


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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Mer 17 Déc - 8:01

page 8



La Place Djemaa El Fna



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Mer 17 Déc - 8:03

page 9


- Au  dessus.  Les  bateleurs  à   Djemaa  el  Fna. Ci-contre.  Les danseurs chleuhs. (Photos   Félix)

DANSES ET JEUX SUR DJEMAA   EL   FNA


Jamais décor plus chargé d'histoire et mieux inondé de soleil ne se prêta, comme celui-ci, à la joie populaire des foules. Depuis la Koutoubia haute et sereine dont les faïences vertes semblent des turquoises mortes, jusqu'à ce Dar Mac Lean qui pourrait conter de prodigieuses aventures ; depuis la bouche des Souks, fraîche, sombre, où l'humanité s'engouffre sans parvenir à la rassasier, jusqu'à ces façades muettes qui ont porté des têtes pourrissantes au bout de crochets de fer, des siècles s'évoquent, des noms de Sultans flottent, des souvenirs farouches s'éveillent...
...Mais le peuple assemblé n'en a cure, et laisse éclater dans la lumière sa frénésie de plaisir. L'âme marocaine, compliquée et enfantine à la fois, s'exalte au son des tambours et des crotales Soudanaises, cependant que sur le ciel glacé d'or passent, indifférents, des vols d'ibis cinglant vers le silence des palmeraies...
Mille races confondues ici, brassent ensemble leur curiosité, leur gaieté, leurs burnous de laine, leurs exclamations et leurs prières : et ce sont tes foules ô Majorelle, grouillantes, composées de grandes masses blanches bien équilibrées, où se détache avec précision la minutie des plus amusants détails !...
L'acrobate a cousu des losanges noirs sur sa blouse rose-fanée, et se tord en sauts périlleux compliqués, tantôt sur les pieds, tantôt sur les mains. L' « homme qui sait toutes les histoires du monde », les raconte sans se lasser, mimant les bons endroits, agitant une canne qui selon les besoins de la cause devient le sabre qu'on brandit, l'enfantelet qu'on berce, la femme aimée que l'on enlace, le cheval qu'on enfourche ou l'esclave bête et désobéissant que l'on soufflette. L'Aïssaoua s'excite au rythme implacable d'une musique sauvage, prie à voix haute Abdelkader Djillali, convulsé sa face démoniaque, et enfonce dans sa bouche bavante des torches enflammées qu'il mord sans parvenir à les éteindre. Ailleurs, dans un cercle dense, un de ses confrères s'entoure d'éperviers familiers ; il leur susurre à mi-voix des incantations incompréhensibles, et les animaux immobiles le fixent de leur regard d'or.
Les charmeurs de serpents hurlent comme des loups en tournant autour du sac de cuir qui contient leurs pensionnaires ; bientôt les longues bêtes sinueuses émergeront, gonflant leur capuchon ardoisé, ouvrant une petite gueule rouge où la mort est tapie. Tandis que les flûtes frémissantes et les tambours carrés accéléreront leur duo monotone, l'homme accroupi sur un bout de natte en face de ses sinistres élèves leur fera mille grimaces hideuses qu'ils observeront en se balançant. S'approchant d'eux de plus en plus, il leur offrira son mufle froncé, sa lippe féroce ; mais si quelque touriste apparaît dans le cercle des spectateurs il retardera l'heure du baiser au serpent, pour venir solliciter le don généreux en échange duquel il promet l'immunisation contre tout venin de bête.
Danses des cobras au rythme des flûtes véhémentes, vous n'approchez pas de celles que nous réservent les jeunes Chleuhs habillés de blanc, maniant des crotales métalliques dans leurs mains teintes de henné !... Gracieux et fardés, des pendants d'argents aux oreilles, ils évoluent dans un cercle d'admirateurs ; leurs longues tuniques ont des plis statuaires, et leurs couronnes de cordelettes brunes semblent des tresses de cheveux.
Plus loin dansent aussi d'autres baladins, animés d'autres musiques. Ceux-là se sont travestis et portent des atours féminins ; le voiles de mousseline qui dissimule leur visage ne trompe personne : jamais fatma n'eut de si fortes mains ni de si grands pieds !... Leurs hanches boulent sous la tunique et ils trépignent à la manière des chirates, cependant que l'assistance s'esclaffe autour de leurs grotesques parodies.
...Or, refoulés peu à peu vers quelque endroit où les gens ne se pressent guère, un vieillard aveugle et deux jeunes enfants essaient d'attirer l'obole qui les fera vivre ce soir. Ils viennent de très loin, leur pays est par delà les montagnes, et là-bas on leur disait que leur musique et leur chansons étaient un charme pour les oreilles des hommes. Hélas !... celles des gens de Marrakech sont habitués à bien d'autres concerts, et n'écoutent pas celui-ci.
Le vieillard joue de la flûte. L'instrument est ancien, poli par l'usage. Il s'orne de glands de verroterie, et un Caïd noir qui fut séduit par la chanson du fruste roseau, lui fit faire une bague d'argent où s'incruste un émail vert et jaune. Le vieux musicien mourrait de faim, balançant sa tête aux yeux morts, il égrène inlassablement des airs cristallins, monotones, nostalgiques.
Les deux enfants chantent. Leux voix sont limpides, frêles comme jaillies de gorges d'oiseaux. Mais la mélodie se noie dans la formidable rumeur environnante ; et ce sera seulement ce soir, quand toute la fièvre humaine tombera, que quelques Chleuhs rassemblés autour de la flûte baguée d'argent écouteront pieusement sa naïve musique, se laissant silencieusement pénétrer des voix douces qui bercent leur exil...
Marie BARRÈRE-AFFRE



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Dim 21 Déc - 9:18

page 10



Les remparts à Marrakech. (Photo Flandrin)



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Dim 21 Déc - 9:20

page 11


- Et les voici, les grands murs séculaires ... (Photo Kynel)
(Photo de Mazières)

LES REMPARTS DE MARRAKECH

Vieille « carrossa », landau préhistorique, dont les avatars nombreux vinrent s'achever en Marrakech, emporte moi au trot égal de tes petits chevaux sages le long des remparts. Toi seule est capable de me faire accomplir ce périple dans les conditions de pittoresque, d'agrément, de confort et de... lenteur, indispensables au charme de cette promenade.
Nous aurons pour nous préserver du soleil, l'ombrelle blanche aux longues franges ; nous aurons un cocher coiffé d'un immense chapeau de paille où se mélangeront le vert, le violet, le jaune et le rouge ; nous aurons enfin, saccadé, sautillant, le rythme des grelots de l'attelage, et le ronflement léger d'une roue moins conciliante que les trois autres : car si la « carossa » n'avait pas quelque chose qui cloche, elle ne serait plus notre « carossa » nationale !...
Sortons par la première porte venue, selon le caprice de l'automédon, ou selon notre propre caprice. Evadons-nous de la Médina grouillante et ensoleillée, où se mélangent les odeurs dans l'intimité des ruelles brunes, sous l'impassible surveillance des minarets séculaires. Aussitôt franchi l'arc vétuste qui ne lasse point de voir passer de la vie, les remparts offrent leurs flancs fauves que le temps a peu ou prou, respectés jusqu'ici.
Où est, dans l'entassement formidable des bastions et des murs, où est fondue, disparue, engloutie, la toute première enceinte que Youssef ben Tachfin fit tracer lorsqu'il fonda la ville en 1062 ?... Où sont les portes tromphales des Almoravides ? Rien n'en demeure sans doute. La cité grandissait, et a chaque règne sa ceinture de remparts s'élargissait un peu plus : Abd El Moumen, qui fit planter les vergers de l'Aguedal, laissa à sa mort, sa capitale embellie, fortifiée et prospère.
Trente ans plus tard, le Maroc est en proie à l'anarchie. La dynastie des Mérinides néglige Marrakech et une ère de vicissitudes commence pour la cité du Sud. On se bat au pied des murailles, on s'égorge au delà des portes. Les tribus soulevées assiègent la ville, et de furieux assauts se livrent de toutes parts. Les trésors dont sont remplis les palais excitent la convoitise de hordes, et les gouverneurs trop faibles ne savent pas défendre ce que des maîtres insouciants leur donnèrent à garder. O remparts qui existiez en cette époque trouble, si vous pouviez nous dire ce que vous vîtes !...
Vinrent les Saadiens, que séduirent les verdures et les eaux courantes, et qui firent de Marrakech leur résidence magnifique. Avec eux l'ordre règne, la richesse revient, les remparts voient leurs brèches réparées, leurs bastions reconstruits, et le grand El Mansour emploie des milliers de prisonniers de toutes les nations et de toutes les races, pour agrandir la ceinture de murailles autour de sa capitale.
...Et les voici, ces grands murs séculaires ; les voici, déroulant pendant une quinzaine de kilomètres leurs masse de pisé. De distance en distance des bastions s'élèvent, des portes se creusent, des tours s'érigent. Leurs styles différents trahissent diverses époques, car maints architectes ont travaillé à leur édification... S'ils revenaient, ils verraient avec tristesse des lézardes s'ouvrir, béantes ; des échauguettes s'écrouler, des pavillons mourir à ciel ouvert ; et les ramiers, et les moineaux faire leur gîte là ou passaient jadis, les longs canons des moukkalas !... Alors, peut-être, avec un soin pieux,
panseraient-ils les blessures avant qu'elles soient mortelles, et restaureraient-ils le patrimoine historique légué par de glorieuses dynasties !...
Les grelots de notre équipage scandent mélancoliquement le déroulement de nos pensées... et les dix portes dont les énormes battants ne se ferment plus baillent sur les ruelles calmes : des caouadjis installent autour leur tonnelles, leurs nattes, leurs chardonnerets en cage et leurs potées de basilic !...
Bab-Djedid encadre un minaret fauve ; Bab-Ahmar est tortueuse et sournoise ; Bab-Aïlen parait sans embûches tandis que Bab-Debagh semble se souvenir de quelque sombre histoire de trahison. Bel-el-Khernis, le jeudi, s'égaie au bruit du grand marché qui se tient auprès d'elle, et rajeunit en livrant passage aux gens affairés qui hantent ses abords. Bab-Doukkala attache son nom à tout le quartier qui l'entoure : quartier d'échoppes ouvertes et de riads fermés, où nasillent des gramophones, rient des femmes, circulent les montagnards en quête de passe-temps joyeux. Là se mêlent les odeurs de rose et d'orange, de kosbour et de thé, de légumes savoureux et d'épices brûlantes : tout cela, comme une haleine, sort de la porte !...
Enfin apparaît murée depuis des siècles, la Porte des Fiancés, dont la légende dort dans les mémoires de quelques vieilles femmes. Son arc déserté dessine une courbe sur la maçonnerie qui l'obstrue : le seuil est mort aucun chemin n'y mène plus...
Et cette énigme silencieuse fait rêver le penseur, divaguer le poète, mieux que le peuvent faire les longues murailles rougeâtres que le soleil cuit et dévore autour de la Ville-aux-Secrets !...
Marie BARRÈRE-AFFRE



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Dim 21 Déc - 9:22

page 12



Marrakech.
— Une vue des  remparts.
(Photo  Garaud)
— Les jardins de l'Aguedal
— Fantasia  sous les  remparts

L'ACCUEILLANTE MARRAKECH .....
Capitale Touristique de l'Afrique du Nord


De toutes les villes moghrebines, il n'en est certes pas de plus prestigieuse que Marrakech.
Pour le voyageur européen, son nom seul évoque toutes les splendeurs ensoleillées des paysages nord africains et concrétise en quelque sorte les sensations qu'il vient rechercher au Maroc. C'est une somme et c'est une synthèse.
Tout concourt d'ailleurs à attirer vers elle une théorie toujours plus nombreuses d'admirateurs fervents qui y trouvent, avec le charme de l'Orient, l'épanouissement d'un pittoresque humain d'une originalité puissante, d'une couleur inégalable.
Arriver à Marrakech à la fin d'une belle journée, alors que le soleil descendant derrière les montagnes fait flamber le ciel, est probablement un des plus beaux parmi les spectacles qu'il est permis à l'homme de contempler.
Dans la poussière enflammée de lumière, qui la nimbe d'or, la palmeraie s'estompe en une vision de rêve ; la Koutoubia, dominant l'énorme cité, dresse sur l'horizon neigeux de l'Atlas sa silhouette empourprée, et à cette symphonie puissante de couleurs, s'ajoute, en un accompagnement superbe, la grande voix confuse des centaine de milliers d'êtres qui vivent là et qui en appellent à leur Dieu.
Ville de près de 200.000 âmes, Marrakech est une des plus importantes de l'Islam ; c'est en tous cas la plus grande des cités marocaines et la plus peuplée. C'est de plus le centre d'une énorme région qui s'étend de l'Oum er Rebia au Nord aux confins du désert saharien au Sud sur les deux versants du Grand Atlas, et compte plus de 1.700.000 habitants, soit plus du quart de la population marocaine toute entière.
Mais alors que Fez, Rabat, Meknès et aussi Tetouan, si fortement imprégnée encore des souvenirs andalous, sont arabes, Marrakech, elle, est profondément berbère, ou plus précisément, profondément chleuh.
Ce sont des Chleuhs, ces bateleurs verbeux, aux pittoresques attitudes, qui appellent l'attention populaire place Djemaâ el Fna, ce sont des Chleuhs qui les contemplent, ce sont des Chleuhs qui s'affairent dans les fondouks, ce sont des Chleuhs qui poussent dans la foule leurs petits ânes, bousculant sans vergogne le grand chamelier, placide et balourd, arabe celui-là, venu de la plaine du Nord. Et ce sont aussi des Chleuhs, ces personnages Maghzen, hiératiques dans leur djellabas blanches, qui, superbes, passent, juchés sur leurs mules ou enfoncés dans les coussins de luxueuses automobiles. Comme les grands bourgeois arabes de Salé ou de Fez, ils s'efforcent à l'impassibilité, mais leurs yeux ont une vivacité et une intensité de regard qui révèlent aux moins avertis leur véritable origine.
Marrakech doit au caractère berbère de sa population, son aspect accueillant, aimable. Alors qu'un Roumi déambule, malgré les appels obséquieux des marchands, entouré d'une atmosphère rébarbative et peut parfois surprendre chez les indigènes rencontrés des gestes dédaigneux, à Marrakech, par contre, il se trouve tout de suite en confiance et ne perçoit nulle part autre chose qu'une indifférence bon enfant.
Cette impression se précise encore lorsqu'il parcourt le bled, et, au hasard des incidents de route, entre en rapport avec la population rurale. Partout il est accueilli avec amabilité et bonne grâce et jamais ne croise de regards hostiles, ne perçoit de gestes menaçants. S'il a besoin d'aide, toute le monde s'empresse gaiement pour lui prêter assistance.
La nature a certes suffisamment prodigué ses dons à Marrakech et à sa région pour y attirer et y retenir le touriste. Il est hors de doute cependant que l'affabilité de sa population indigène ajoute encore à ses attraits, complète ses richesses.


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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Dim 21 Déc - 9:24

page 13



Marrakech.
— Sur les terrasses d'un vieux pavillon de l'Aguedal.
(Photo  Kynel)
— La Médersah
— La   Palmeraie.
(Photo Félix)

Son climat idéal au cours des mois d'hiver et de printemps ses environs, les possibilités qu'ils offrent de circuits touristiques des plus variés et des plus attrayants, notamment vers le Grand Atlas, et, demain, sur son versant Sud, vers les zones présaharienne et saharienne, font de Marrakech un des lieux de séjours les plus totalement agréables qui soient.
Il y a lieu cependant de compléter encore son aménagement touristique. Marrakech peut n'être pas seulement une ville que l'on visite en hâte, mais bien un lieu de longs séjours pour des hivernants qui, tout en venant y chercher la santé et la tranquillité, apporteront au pays et à ses habitants des richesses nouvelles.
Pour retenir ces hivernants, il est nécessaire de leur offrir des distractions variées. Il faut que leur séjour à Marrakech soit, pour eux, aussi attrayant que possible.
De ce point de vue, l'ouverture prochaine d'un casino constituera déjà un énorme progrès. Certes, on ne viendra pas à Marrakech uniquement pour son casino, et il aurait été exagéré de vouloir donner à celui-ci l'ampleur somptueuse des grands établissements internationaux de la Côte d'Azur. Mais les soirées d'hiver sont longues, et il y a d'autre part, et heureusement pour le pays, des jours de pluie ; pour être rares, ceux-ci n'en sont pas moins mornes. La fréquentation du casino permettra à l'hivernant de les vivre sans ennui.
Pour les jours de soleil, il y a lieu de songer aux excursions, mais aussi aux sports de plein air qu'affectionné la clientèle internationale que l'on désire attirer et retenir à Marrakech.
Grâce à la magnificence de S. E. le Pacha El Hadj Thami Glaoui, Marrakech possède déjà un golf de tout premier ordre où les visiteurs de marque sont accueillis avec la plus grande affabilité.
Des courts de tennis seront sans nul doute installés autour du casino. Il y aurait lieu également d'aménager un terrain de polo et de réunir la cavalerie spéciale que réclame ce jeu si en faveur dans les pays anglo-saxons.
La chasse devrait être aussi un des passe-temps offerts aux hôtes de Marrakech, et cela bien que leur séjour coïncide avec la fermeture. Mais, la montagne proche recèle assez de sangliers pour qu'il soit possible d'organiser des battues à leur intention et peut-être des parties de pig-sticking comme on le fait aux Indes... et à Tanger.
Quant aux excursions, elle sont multiples et tellement diverses que les hivernants pourront, sans se lasser, y employer une grande partie de leurs loisirs. Tout au plus sera-t-il nécessaire de veiller à l'aménagement ou à l'entretien de certaines pistes, d'étudier certains circuits particulièrement pittoresques, de compléter la signalisation souvent insuffisante et... de réglementer avec une sévère rigueur les prix demandés par certaines voitures de louage offertes aux touristes.
Ceux-ci sont ordinairement disposés à payer largement les services qu'ils réclament. Ils détestent par contre se faire écorcher et gardent un souvenir déplorable des pays où on a tenté de le faire.
C'est à Marrakech l'accueillante que rêve le touriste désireux de venir visiter le Maroc ; c'est d'elle surtout que se souvient celui qui y est déjà venu. Quand aux raisons naturelles qui la font déjà si attirante, on aura su ajouter toutes les commodités ou toutes les distractions susceptibles de retenir ses fidèles, c'est en foule que ceux-ci viendront chercher « sous les palmes » le repos et la santé.
Emile LEMOIGNE


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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Dim 21 Déc - 9:26

page 14




Jacques Majorelle
par L.    DELAU



Est-il permis de s'essayer dès maintenant à faire une synthèse de l'œuvre de Majorelle ? Ce dessein peut paraître imprudent. Majcrelle n'a encore atteint, ni la maturité de son âge ni la plénitude de son talent. Nous le voyons chaque année, après une saison de travail bien remplie, offrir au public le témoignage de recherches toujours inquiètes sinon celui de nouvelles trouvailles. Les peintres, comme les écrivains, ne se renouvellent point par des coups d'état intérieurs. Les révolutions, dans l'art, n'apparaissent qu'à ceux qui n'en ont point observé la continuité.
Le peintre, encore plus peut-être que l'écrivain,  éprouve que la grande difficulté de la vie artistique est de sortir de soi et, bien loin de mesurer à sa propre vision la puissance de beauté qu'il pressent en dehors de lui, de se laisser, au contraire, par une fréquentation assidue, assimiler peu à peu à son objet. C'est assez dire que le règne du procédé est toujours un règne précaire chez les bons artistes. Ainsi les grands politiciens sentent le besoin de se dégager de leur parti pour élargir leur action aux limites des grands intérêts nationaux.
M. Majorelle a heureusement et largement dépassé la période des procédés, mais il n'est pas certain qu'il ait enfin atteint cette possession de soi sans laquelle l'artiste reste captif d'une formule, d'une école.
Il a connu d'abord l'extérieur du Maroc et il faut le louer avec insistance d'en avoir aimé les formes avant d'en avoir inventé les couleurs. C'est le propre des artistes superficiels d'assimiler du premier coup le Maroc a une espèce d'Orient que l'on imagine pour les besoins de la cause. Comme s'il y avait un Orient et un Occident ! Il y a l'âme créatrice de l'artiste et c'est bien tout. Majorelle s'est laissé séduire par les contours de la vie marocaine. C'est ce que l'on veut dire quand on affirme que son dessin l'a emporté au début sur sa coloration. On sait bien qu'il n'y a point de lignes dans la nature. Il n'y a pas non plus d'idées en elle. Mais n'est-il pas vrai qu'à l'école de la nature, qui est une école muette, il faut que l'élève commence par prêter une doctrine à son maître. Rien mieux que le dessin n'affirme la supériorité de l'homme sur la nature. Mais rien n'est plus éphémère. Car cette vision intérieure ...


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page 15


... cette abstraction, cette dissociation imposée à l'unité de l'objet ne peut résister à l'effort artistique dont le jeu propre est le retour à cette unité.
Il faut louer Majorelle d'avoir vu d'abord dans les formes de la nature et de la vie marocaine un motif décoratif.
On le lui a reproché, nous l'en louerons. Cette discipline, qui est fausse si on veut dans la mesure où elle est artificielle, l'a tenu à l'écart de cette grande passion du barbouillage dans laquelle ont versé des artistes à la synthèse trop facile et trop hâtive. Loin d'être une succession de taches de couleur réagissant l'une contre l'autre, le Maroc est remarquable par une certaine continuité de teintes rarement interrompues. C'est ainsi que l'on a pu donner une couleur à chacune de ses régions. On dit communément que Marrakech est rouge, ce qui est faux, mais ce qui est bien caractéristique d'un certain effet produit. Dans cette continuité, comment s'étonner que le peintre, au début de sa contemplation, se sente appelé à mettre de l'ordre ? L'ordre, c'est ici le dessin.
Peut-être Majorelle a-t-il retardé volontairement l'essor de ses débuts en s'astreignant rigoureusement à la perfection du dessin qui est la probité mais non le génie de la peinture. Mais déjà au cours de cette première période de sa vie artistique il laissait prévoir des lendemains bien différents. Parmi tant de tableaux d'une ordonnance déjà presque trop parfaite se détachait parfois une tempête de montagnes où la brosse avait battu le crayon, où les grosses ombres lumineuses du plein jour s'étalaient, voisinant avec les fins contours tracés par une lune précise.
Des contours, on en est venu aux valeurs elles-mêmes et cela nous a valu ces casbahs étalées ou accroupies, élancées ou massives, qui peuplent la montagne et dont Majorelle a fait des motifs d'art encore recherchés pour leurs lignes mais déjà adaptés à une recherche plus essentielle, celle des effets. Il la poursuit également avec les belles formes sculpturales que l'infériorité de la race blanche l'oblige à trouver chez les noirs. Ses négresses et ses soudanaises, qui font partie intégrante de la faune lumineuse de Marrakech, sont là, sur ses toiles, pour attester qu'il n'y a pas encore divorce entre la ligne et la couleur, mais qu'il y a déjà quelque froideur entre elles.
Et de fait, dans les derniers tableaux qu'il a soumis au jugement du public, Majorelle semble s'être libéré de plus en plus d'un joug trop lourd à son génie. Fuyant toujours l'outrance de teintes qui blessent la véritable vocation de la couleur marocaine, il se rapproche à pas pressés d'une vérité insaisissable à tant d'autres. Il a découvert la simplicité, la sérénité, la patiente douceur de la vie marocaine.
Elle est au regard du peintre ce qu'elle est au regard du moraliste : une vie pénétrée de sagesse pratique, qui ne s'égare ni dans les exigences des instincts libérés, ni dans les prétentions d'un héroïsme orgueilleux. Vie toute en couleurs, certes, mais sans heurts comme presque sans lignes, faite de teintes successives sous une lumière uniforme et rehaussée de rares traits.
C'est dans cette nouvelle étape que s'affirme, à notre sens, une maîtrise nouvelle du grand artiste. De ses propres impressions, il est passé peu à peu à la révélation objective d'un pays qu'il connaît pour l'avoir tant regardé, d'une nature qu'il aime pour s'être abandonné à elle.
En toutes choses, mais en art au moins autant qu'en mystique (et quelle vie est plus pleine de mysticisme que celle du véritable artiste !) la règle inflexible s'impose : Celui qui veut sauver son âme, qu'il la perde !
L. D.


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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Dim 21 Déc - 9:31

page 16


MARRAKECH
Station d'Hiver des Rhumatisants

par   le   Docteur   Pellet,  Membre  de  la Ligue   Française   contre   le   Rhumatisme

Marrakech
Cet article fait l'objet d'une communication au Congrès de Médecine qui se tient à Alger du 22 ow 26 mars 1937.

Après la Syphilis et la Tuberculose, le Rhumatisme affirme de plus en plus son importonce parmi les problèmes sociaux, qui intéressent les collectivités. Si les statistiques des Services d'Hygiène en France ne permettent pas de dresser un plan d'ensemble, qui montre la gravité de cette affection, par contre, de nombreuses statistiques étrangères sont aptes à nous fixer. Nous empruntons à Florent Coste les chiffres suivants, qu'il a publiés dans les « Annales d'Hygiène » du mois d'octobre 1934.
1° Fréquence. — Le rhumatisme compte 6 % des malades hopitalisés à Londres, 7 % à Berlin, 6,4 % aux Etats-Unis, 10 % en Suisse. Au Danemark, sur 140.000 mutualistes, il y a 44.000 rhumatisants et goutteux.
2°   Morbidité. — En   Angleterre,   selon   Lewellyn,   50.000   écoliers sont atteints de rhumatisme, dont 66 % avec affection cardiaque, et 200.000 en Amérique. En Angleterre, 60 % des cardiopathies chez les adultes relèvent du rhumatisme. En Amérique, la proportion est à peu près la même.
3° Mortalité. — En Angleterre, pour 85 décès par tuberculose il y a 56 décès par cardiopathies rhumatismales. En Amérique 42 % des décès par cardiopathies sont dus au rhumatisme.
4° Invalidité. — Dans les pays de l'Europe centrale, la comparaison avec la tuberculose montre que socialement et économiquement, le rhumatisme occupe à certains égards une place plus importante que la tuberculose. En Suède, Kahlmeter montre que parmi les maladies productrices d'infirmités et d'invalidités permanentes et comportant pension le rhumatisme occupe la 2e place (9 %), venant après la débilité sénile et l'artério-sclérose et avant la tuberculose (5,8 %). Le rhumatisme coûte par an, en pensions six millions de couronnes réparties à 35.000 personnes (soit 6 % de la population Suédoise). En Angleterre, l'importante statistique de Sir Newmann montre que sur 14 millions d'assurés, le RH. fournit 17 % de l'invalidité totale. Il coûte au pays, en tenant compte des seuls salaires perdus (sans les frais médicaux) la somme impressionnante de 17 millions de livres, c'est-à-dire plus que la tuberculose et la syphilis réunies et il équivaut à la perte annuelle de 60.000 années de travail.
En Allemagne, l'invalidité pour RH. est évoluée à 11 % des invalidés de toutes sortes.
En Norvège, sur une population de 2.750.000 habitants, il y a, selon Rummelhof, près de 9.000 rhumatisants invalides et pensionnés. Au Danemark, l'invalidité globale pour le RH. est de 11,3 % contre 13,7 % pour la tuberculose. En Autriche, 20 % des invalidités sont dues au RH. En Russie pour la seule province de Leningrad, en 1925, le RH. aurait coûté 80 millions de francs en primes d'assurances.
En France, le seul document que nous possédions, une statistique de Paul Blum portant sur le personnel des chemins de fer d'Alsace-Lorraine, indique que le 1 /5e de l'invalidité totale ressortit du RH.
Toutes ces données numériques montrent que le problème est d'importance, et que la campagne amorcée par la "Ligue Française contre le rhumatisme" au congrès de 1932, ne doit pas rester lettre morte : tous les procédés doivent être mis en œuvre pour participer à la lutte antirhumatismale. Nous étudierons dans cet article la cure climatique, qui ne semble pas avoir beaucoup retenu l'attention des Thérapeutes jusqu'à présent, et qui doit trouver sa place à côté de la crenothérapie ou cure thermale.
Après Pech, Bezançon, M. P. Weil, M. Piery, nous avons fait du "Champ électrique'' de l'atmosphère, l'élément fondamental des climats, dont les variations influent sur l'organisme humain. Le terme de "Météro-pathologie", créé depuis quelques années, pour désigner les affections relevant du "climatisme", nous paraît donc trop restreint, parce qu'il n'éveille l'idée que des phénomènes météorologiques : ceux-ci ne constituent en effet au'une seule catégorie des facteurs intervenant sur l'électricité atmosphérique.
La définition du "Champ électrique" a été donnée par Branly : c'est l'espace atmosphérique dans lequel s'exercent les forces électriques dues à des corps électrisés.
Nous rappellerons brièvement qu'il comporte trois facteurs intéressants à connaître : 1 ° son potentiel ou « gradient potentiel » ; 2° L'ionisation et la conductibilité atmosphérique ; 3° La Radio-activité atmosphérique. Ces notions ne sont pas des vues de l'esprit, mais elles peuvent être mesurées avec des appareils conçus par différents auteurs. (Tchijjewsky, Vies, Denier...)
Les variations constantes auxquelles sont soumis ces facteurs, sont provoquées en partie par les phénomènes météorologiques, qu'on peut appeler les éléments variables des climats, tels que la pression, ia température, l'insolation l'humidité, la nébulosité, etc.
La teneur du champ en "Ionisation" est conditionnée par la nature géologique de son sol et de son sous-sol : les granits sont les roches les plus radio-actives, les calcaires sont les moins actives. Les argiles ferrugineuses, produits de la désagrégation des roches de granit, sont elles aussi très actives. Mais il est permis de déduire des expériences de Joliot-Curie, que des minerais, dépourvus normalement de propriétés radio-actives, peuvent, sous l'influence des radiations cosmiques, émettre des rayons secondaires générateurs d'ions atmosphériques ( 1 ) .
Il est à peu près admis par tous les auteurs, que la réactivation des douleurs chez les rhumatisants, est provoquée par la rupture brusque d'équilibre entre le nombre des "ions", au détriment des ions "négatifs".
On peut donc dire qu'une région possédant un champ électrique ionisé "négativement" et dont le "gradient-potentiel" jouira d'une stabilité relative à un certain niveau, sera une région à climat propice à la cure du rhumatisme.
Mais avant de connaître toute ces questions de physique pure, l'observation médicale avait, depuis longtemps, posé les règles de l'habitat du rhumatisant.
«   Le  rhumatisant  a   besoin  d'un   climat  sec,   ensoleillé   ;   il  doit  fuir l'humidité,   la   brume,   le   vent,   les  brusques   variations   des   conditions extérieures ; il lui faut éviter le sommet des collines, les plateaux éventés,  les vallées profondes,   les terrains argileux,  le bord de  la mer.  Par contre dans les plaines ou dans les lieux situés à flanc de coteau, s'ils ont nus dégagés, ensoleillés, si  la température y est stable, le sol sablonneux ou calcaire, s'il y existe un abri contre les vents et les orages constitué par de petites collines ou à une certaine distance, par une ceinture de forêts, si les vallées sont loin, ainsi que les cours d'eau, les lacs,  les étangs,  le rhumatisant y trouvera  les conditions climatériques les plus  favorables à  son  calme  et à  son  rétablissement  ».
(M.   P.  Weil,  in  Traité de Climatologie biologique et médicale de M. Piery) .
Parmi les qualités exigées d'une région pour y pratiquer la climatologie du rhumatisant, il semble que « Marrakech » en groupe la majorité et que la « Ville Rouge » du Sud marocain puisse s'enorgueillir d'apporter ainsi son tribut au traitement d'une affection, qui constitue un danger social, comme le prouvent les statistiques publiées au début de ce travail.
Nous n'envisagerons ici qu'une cure saisonnière, que nous appellerons : « La Climatologie hivernale du Rhumatisme ».

(1) PELLET. — Influence de la nature géologique du sous-sol sur la constitution  des  climats   (gazette médicale de  France,  Novembre  1936).



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Dim 21 Déc - 9:35

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On caractérise généralement chacun des éléments climatologiques par un nombre : moyenne journalière, mensuelle ou annuelle de la température, de la pression barométrique, de la nébulosité, etc.., etc... Nous pensons, que dans un avenir peu éloigné, les tableaux climatiques, pour être complets, devront mentionner les moyenne des trois éléments intéressants à connaître du champ électrique de l'atmosphère.
En ce qui concerne Marrakech, nous laisserons complètement de côté la saison estivale, et nous ne donnerons que les statistiques se rapportant à la partie de l'année allant du mois d'octobre au mois de Mai, c'est-à-dire les huit mois favorables à l'habitat des rhumatisants.
Marrakech se trouve située sur le 35° grad. de latitude et à une altitude de 460 mètres, au-dessus du niveau de la mer, au milieu d'une vaste plaine d'une cinquantaine de kilomètres de largeur, orientée dans le sens Nord-Est-Sud-Ouest, et bornée au Sud par la chaîne du Grand-Atlas, dont certains pics atteignent 4.000 mètres : leurs cimes et souvent leurs derniers contreforts sont recouverts de neige en hiver et au printemps, et ce n'est pas un des spectacles les moins grandioses de Marrakech, que le contraste du soleil parfois brûlant de la plaine et la vision d'une barrière neigeuse qui semble toute proche, malgré les 25 kilomètres d'éloignement. Le Grand-Atlas est constitué par une série de plateaux en gradins coupés de vallées plus ou moins élevées, s'élargissant parfois jusqu'à former de grandes plaines au cœur de la montagne. On trouve des champs de blé et d'orge jusqu'à 1.200 ou 1.300 mètres, de 1.200 à 2.500 mètres, les pentes sont couvertes de maigres forêts de chênes-verts, qui n'ont rien de comparable aux forêts qu'on trouve dans le Moyen-Atlas, au sud de Meknès. Au-dessus de 2.500 mètres la roche est généralement nue et la haute montagne est aride.
A égale distance au Nord, la chaînes des Djebilet, collines de 700 mètres d'altitude environ, abrite la plaine contre les vents et les brumes venant de la mer. Constituée par des mamelons arrondis, ses pentes sont dénués de toute végétation, ce qui s'explique par la nature de son sol, qui est une émergence du terrain primaire.
Au point de vue géologique, le sol de Marrakech est constitué par des alluvions, provenant du Grand-Atlas et transportées dans la plaine nu moment de la fonte des neiges. Le sous-sol comporte des schistes, des calcaires et des quartz du terrain primaire, dont les émergences en surface se produisent en des points plus ou moins rapprochés de la ville : la montagne du Guéliz, le quartier européen de Marrakech, est faite de calcaire, exploité comme pierres de construction. Les Djebilet offrent leurs schistes, avec un mélange de graphites et de plomb argentifère. On a enfin relevé dans le Grand-Atlas des schistes traversés par des veines de minerais divers, exploités en quelques points.
Les premières déductions climatiques à tirer de la constitution géologique du sol et du sous-sol, d'après les lois de Pech c'est que : 1 ° Le champ électrique de Marrakech doit avoir un potentiel assez élevé, au-dessus de 100 volts. (Terrains d'alluvions non radifères) ; 2° Que l'ionisation doit être assez faible (schistes et calcaires) et surtout négative.
Son action biologique est donc celle d'un climat ionique excitant des fonctions vitales, par son potentiel, et sédatif des douleurs par son ionisation négative.
Le plan de construction de la ville ne lui enlève rien des propriétés ci-dessous énoncées : on sait que le champ électrique a tendance à devenir nul dans les régions remplies d'aspérités (agglomérations urbaines, maisons, sous-bois... ) et que les atmosphères à champ nul sont génératrices d'affections diverses : troubles digestifs, migraines, asthénie, etc... Or on peut dire que Marrakech, à l'exclusion de son Mellah et de sa Médina, quartiers exclusivement indigènes, est bâtie dans un vaste jardin, où les palmiers et les orangers ne forment pas des sous-bois touffus, mais permettent la circulation de l'air et la pénétration des rayons solaires.
L'éloignement de la côte, dont le point le plus rapproché, Safi, est encore à 150 kilomètres ; l'absence de grands fleuves puisque l'oued Tensif passe à 10 kilomètres de la ville ; le genre de canalisations sous-terraines des eaux d'irrigation par « rétharas » sont autant de causes, qui expliquent le faible degré hygrométrique de l'air : les brouillards y sont presque inconnus et se dissipent toujours dans les premières heures de la matinée.
Moyennes de l'humidité à 13 heures : VOIR TABLEAU CI DESSUS.

TEMPÉRATURE.
Par sa situation continentale, Marrakech est soumise à des variations de température, qui peuvent paraître assez élevées d'après l'étude des minima et des maxima. Mais les malades, qui y viennent se soigner, ne sont pas astreints à sortir tôt le matin, ni à rentrer tard le soir, et les moyennes dans le milieu du jour à 13 heures, ne descendent jamais au-dessous de + 15 degrés en janvier et février, donnant une idée exacte de la douceur de la température.
Moyennes des températures « minima » (en degrés) : VOIR TABLEAU CI DESSUS.

VENTS.
il est prouvé que la sensation de froid n'est pas provoquée uniquement par la baisse du thermomètre, mais qu'elle est due aussi en partie à la « vitesse des vents ». L'action de ceux-ci est aussi bien connue sur le champ électrique de l'atmosphère : un vent fort, humide, poussiéreux fait baisser le potentiel et peut entraîner parallèlement toutes les réactions biologiques sur l'individu provoquées par les champs à gradient potentiel faible. Si, pendant la période estivale, la région de Marrakech subit parfois des tempêtes de « sirocco », qui, ainsi que le « Fohn » de la vallée du Rhône, est porteur d'ions fortement positifs, générateurs de troubles pathologiques, pendant toute la période qui nous intéresse au contraire, on peut dire qu'il n'y a pas de vent, sa vitesse atteignant rarement deux mètres seconde au sol, et l'atmosphère est remarquablement pure, sans poussières ni fumées.
Vitesse moyennes des vents au sol. (en mètres-seconde) : VOIR TABLEAU CI DESSUS.

NÉBULOSITÉ.
Les chiffres du tableau ci-dessous expriment en dixième la surface du ciel cachée par les nuages, et l'on peut en déduire la durée et la mesure de l'insolation. Marrakech doit à sa situation géographique de recevoir les rayons du soleil sous un angle moins oblique qu'en Europe : le Soleil est toute l'année, à midi, plus haut de 17 degrés environ qu'à Paris au solstice d'hiver la hauteur du soleil à midi est, pour Marrakech, celle que l'astre atteint à Paris le 28 Mars. En conséquence, au solstice d'hiver, la durée du jour est à Marrakech, plus longue d'environ 1 h. 50 qu'à Paris.
Moyennes des nébulosités à 13 heures, (en dixièmes) : VOIR TABLEAU CI DESSUS.
On voit que la plus grande partie du ciel est généralement dégagée de nuages et qu'ainsi l'insolation peut se manifester pendant la plus grande partie du jour.

PLUVIOMÉTRIE.
Les pluies agissent sur le degré hygrométrique de l'atmosphère : mais la valeur de celui-ci n'est pas toujours en relation directe avec l'apparition des douleurs rhumatismales. Steffens, frappé de voir que celles-ci apparaissent avec une hygrométrie de 90% alors qu'elles disparaissent avec un état hygrométrique de 100, a toujours constaté par contre qu'elles apparaissent lorsque les « ions » négatifs diminuent par rapport aux ions positifs.
Ce qui a trompé le public et les médecins, c'est qu'en effet il y a fréquemment des crises douloureuses lorsqu'il fait humide. Mais il faut savoir que si l'humidité fait diminuer l'ionisation, elle fait diminuer les ions négatifs plus rapidement que les ions positifs. Et c'est à cause de cette prédominance des positifs qu'apparaît la douleur.
La preuve est faite par la nature elle-même. Au début de certaines grandes pluies d'été, à certaines chutes de neige, malgré un état hygrométrique à (100 %), l'ionisation augmente, mais dans ce cas les ions négatifs, prenant une très grande prédominance sur les positifs, les douleurs ne se produisent pas.
Il suffit d'écouter les doléances des colons de la région de Marrakech, pour en déduire qu'il ne pleut pas suffisamment pour les besoins agricoles. Mais au point de vue « climatisme », les rhumatisants se trouveront bien de ce climat particulièrement sec.
Moyennes des précipitations et des jours de pluies : VOIR TABLEAU CI DESSUS.
Outre le petit nombre de jours de pluie qu'on relève dans ces moyennes mensuelles, il est important de signaler qu'il pleut rarement une ...
De l'étude de ces nations géographiques, telluriques et météorologiques, la conclusion qui se dégage, est que Marrakech possède un climat, dont la majorité des facteurs s'adaptent tout particulièrement à la cure du rhumatisme et des cardiopathies rhumatismales. La clinique, vient confirmer ces données : nous avons eu l'occasion de soigner plusieurs cas de rhumatismes, dont nous reproduisons une observation typique :
« Un jeune homme de 17 ans habitant la Bretagne, fait au cours de l'hiver 1935-36, une crise de rhumatismes aiguë ; toutes les articulations sont plus ou moins touchées, avec lésions d'endocardite et de péricardite avec épanchement. Il nous est adressé au mois de Mars 1936. Au bout d'un mois de séjour à Marrakech, sans autre thérapeutique qu'une faible dose de salycilate de soude (1 gr. pro di ) , les douleurs articulaires avaient complètement disparu, l'épanchement péricardique s'était résorbé, et les lésions de l'endocarde avaient régressé. Son poids avait augmenté de trois kilos ».
De la lecture de cette observation, une autre déduction s'impose : c'est que la cure climatique du rhumatisme doit être précoce et doit suivre immédiatement la crise aiguë. Elle évitera le prolongement ou les rechutes toujours possibles. Dès le retour à la normale de la température et dès qu'il sera en état de voyager, le rhumatisant doit être dirigé sur la station climatique appropriée. La durée de la cure sera évidemment variable suivant chaque cas, particulier, mais, pour être opérante, elle ne devra pas être inférieure à un mois et pourra se prolonger pendant toute la période que nous avons indiquée comme favorable à la Climatologie.
Sur l'Association de la Climatothérapie Hivernale et de la Crenothérapie Estivale, il est permis de fonder les plus grands espoirs pour la régression de ce danger social que constitue le Rhumathisme.



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Dim 21 Déc - 9:37

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Plan d'ensemble de la Ville de Marrakech
Le quartier d'hivernage est situé au sud de la place du 7 septembre indiquée par le rond-point de Marrakech-Guéliz.



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Dim 21 Déc - 9:40


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- Un pavillon à la foire.(Photo  Kynel)
- La  Foire de Marrakech. (Photo Montage Atlas)

FOIRE  DE MARRAKECH

Pour la dixseptième fois, dans le cadre unique du Djenan El Hartsi, la Foire de Marrakech rassemble tous les produits de la région. La production agricole y trouve place à côté des cruches du potier et des haïks du tisserand ; puis, comme c'est en réalité un grand marché d'échange, les principales maisons industrielles de la métropole et même de l'étranger présentent dans leurs stands tout ce qui peut intéresser les habitants du Sud. On devine par là quel pittoresque et prodigieux assemblage s'étale sous le regard séduit du visiteur.
Issue d'un modeste mais brillant concours agricole, initiative de l'association des Colons de la Région de Marrakech en 1920, la Foire de Marrakech est devenue la plus importante manifestation économique et artistique du Maroc grâce aux efforts conjugués des dirigeants du Commerce, et de l'Agriculture, du Tourisme et des autorités régionales et municipales.
Or, avec un heureux esprit de suite grâce au dévouement de son perpétuel commissaire général M. Louis Fauré, les organisateurs travaillèrent sans cesse au perfectionnement de leur institution.
Ils travaillèrent non seulement « quelque peu, » mais beaucoup, car la préparation d'une manifestation de telle envergure nécessite des peines, suscite des difficultés, exige une persévérance dont le public ne se fait aucune idée ; et ils réussirent. Ils créèrent un mouvement économique d'une puissance inespérée, ouvrant des débouchés à l'artisanat. Aussi bien que l'année suivante la ville entière et à sa suite toute la région, réclamèrent le renouvellement de cette période heureuse : la Foire-Exposition annuelle de Marrakech était fondée.
...C'est un charme que de parcourir l'immense jardin marrakchi, où de tous côtés l'attention est sollicitée par mille choses diverses : foules pittoresques, attractions variées, stands intelligemment conçus, lumineux massifs fleuris, grâce unique des verdures et des fontaines. L'oreille est enchantée par les orchestres militaires dont les concerts sont très suivis ; une exposition rassemble les œuvres de nos meilleurs peintres du moins celles qu'ils ont consacrées uniquement au Maroc ; et que dire des moments joyeux que réservent à leurs spectateurs les fêtes indigènes ?....
Chaque tribu apporte à l'ensemble sa contribution personnelle : poteries d'Amismiz, cuivres, bijoux de Taroudant, tapis de Chichaoua, somptueusement naïfs ; et les céramiques de Safi, et les marqueteries de Mogador, parées les unes de toutes les couleurs du feu, les autres de tous les pâles citronniers et des plus changeantes nacres, retiennent longuement le passant qui rêve devant cet art raffiné.
Si ces expositions ne suffisaient pas à persuader les étrangers du véritable génie de nos artistes indigènes, le concours de l'Artisanat en donnerait la preuve éclatante. Chaque année, dans chaque atelier, dans chaque échoppe, on fait assaut d'ingéniosité, d'adresse, chaque année on invente, on perfectionne l'objet qui vaudra à son auteur le diplôme rêvé : ainsi jadis, l'ouvrier avant de passer Maître en son art, confectionnait amoureusement ce que l'on appelait « son chef d'œuvre ».
Le concours marrakchi a vu ainsi des meubles de cèdre finement sculptés, des ferronneries en dentelles, des peintures capables de rivaliser avec certaines miniatures persanes des couvertures d'une richesse de tons que jalouserait le printemps ; des cuivres travaillés de dessins impeccables. Et les armes, et les selles brodées qui font penser aux fantasias ardentes, et les tapis, les tapis surtout, variés éclatants, moelleux, plus beaux les uns que les autres, prêts à porter au loin le renom de la tribu qui les créa, et l'image nébuleuse des petites tisseuses qui fil à fil, derrière la trame grise, les ont tissés patiemment !...
Pour la dix-septième fois, la grande foire du sud ouvre ses portes fleuries. Malgré le pessimisme de certains, elle s'annonce comme une réussite, aussi bien que les précédentes. Un alléchant programme de fêtes accompagne la liste des exposants ; Allah permettra que sa lumière soit de la partie !..!
Et sous les beaux oliviers où chantent les chardonnerets masqués de pourpre, dans une ambiance unique au monde, nous connaîtrons un répit heureux dans la ronde monotone des jours...
Flâneuse



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Mar 23 Déc - 6:40

page 20


AUX SOUFFLES DE L'ATLAS

MARRAKECH

Beau lys pourpré du Sud, et rosé du Levant ;
Et ville de lumière éclose sur la plaine,
Dans la tiédeur des soirs, j'ai bu ta chaude haleine,
Et l'odeur des jardins, éparse dans ton vent.

Vers tes tombeaux sacrés, je suis allé rêvant
D'une ancienne splendeur de sultane et de reine,
Et bientôt, sur le ciel, j'ai vu surgir sereine,
Ta Koutoubia dressant son profil émouvant.

Je t'ai vue éployer, en face de la nue,
Dans les ors du matin, ta cité claire et nue,
Toute vibrante encor des souffles de la nuit.

Souvent, je t'ai surprise, allongeant ta paresse
Au pied du Grand Atlas, et berçant ton ennui,
Sachant que viendrait l'heure où revit sa caresse.

Jean LAURENT



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Mar 23 Déc - 6:41

page 21


- Vue panoramique de !a Médina et de l'Atlas prise de la terrasse du Casino
- Perspective du Casino. (Architectes  Mrèches  et   Bellanger)


L'activité de la Gérance de la Société Chérifienne d'Hivernage

Séduit par l'inestimable potentiel touristique de la Capitale du Sud Marocain l'entreprenant et regretté Monsieur John Dal Piaz proposait à l'administration du Proectorat de mettre rapidement en valeur, au bénéfice de tous, de telles richesses naturelles.
Intéressés par des projets émanant d'un tel animateur, épaulé par divers groupes financiers alors très puissants, le gouvernement chérifien et la ville de Marrakech concédèrent en 1928 à un consortium l'organisation rationnelle du tourisme et de l'hivernage à Marrakech.
Ce consortium était individualisé par la « Société Chérifienne d'Hivernage ».
Le plan de la prestigieuse cité future, conçu et établi par l'éminent urbaniste Monsieur Prost, allait être réalisé dans un cadre aussi attrayant qu'original, sur de vastes jardins entre la ville indigène et les quartiers européens.
Il comportait en premier lieu l'édification d'un Casino, seul bénéficiaire au Maroc de l'exploitation des jeux, et l'équipement ultra moderne en confort et élégance d'un vaste périmètre boisé, situé à l'ouest et tout près des séculaires remparts de la Médina.
Des hôtels et des villas devaient être élevés dans ce site paradisiaque pour le plus grand agrément des visiteurs et des hivernants. De moyens et vastes terrains parfaitement aménagés (en eau, égouts, électricité...) devait être cédés.
Et l'on envisageait alors les plus heureuses perspectives d'avenir pour « La Perle de l'Atlas », destinée à détrôner rapidement les reines des stations mondiales.
Mais surgit la décevante crise de 1929, survinrent aussi la mort de l'animateur de tous ces projets et les embarras financiers des groupes qui s'y étaient intéressés.
Au grand dam des légitimes espoirs de Marrakech et l'on peut dire des espoirs du Maroc tout entier, la « Société Chérifienne d'Hivernage » tomba en léthargie.

II fallut qu'en 1934 un puissant groupe d'entreprises confiant dans le destin de la Capitale du Sud, intervint pour la réveiller.
Les représentants de ce groupe décidèrent de venir en aide à la Société Chérifienne. Lui infusant un sang nouveau, prenant en mains tous les leviers de commande en créant la Gérance de la Société Chérifienne d'Hivernage, ils s'attachèrent énergiquement à accomplir les promesses d'antan.
Et dès que furent surmontées les premières difficultés d'ordre intérieur, réglées les formalités administratives nécessaires, la nouvelle société se mit ardemment à l'œuvre.
Alors que sa situation n'a été officiellement régularisée qu'en novembre 1936 la Société de Gérance est sur le point d'avoir terminé la construction du Casino.
Ce splendide édifice n'a pas été conçu en vue de la seule exploitation des jeux. Construit sur les meilleures données de l'architecture moderne, adaptées aux conditions du climat et du milieu, il s'étend sur 2.000 mètres carrés. Enfoui dans les frondaisons et la verdure il comporte, avec trois salles de jeux, une coquette salle de spectacle pour 600 personnes, de nombreux salons, un bar, et un hall qui constitue une magnifique salle de fêtes et de réceptions. Du haut de ses terrasses et de son mirador on jouit d'un magique panorama de la palmeraie de la ville et de la chaîne du Grand Atlas.
Cependant la Gérance s'est préoccupée aussi de mettre sur pied la première partie du programme d'équipement de la cité d'hivernage. Reprenant les projets primitifs, les conformant aux conjonctures actuelles elle en a accéléré toutes les études. Passant des études à l'action, elle a mis au concours leur réalisation. L'exécution des travaux commencera dans le courant du mois de mai prochain. Ils concernent la voirie : routes, rues et avenues, égouts, adduction d'eau, canalisations électriques... Ils se poursuivront sans interruption jusqu'à la terminaison du premier quartier.
Signalons aussi que la Société possède, à proximité de Marrakech, au cœur de la palmeraie une propriété de 80 hectares. Sur les bords de la rivière Tensift, agrémenté d'un vaste lac naturel qu'alimentent plusieurs sources toujours vives, ce domaine réunit, selon les idoines, les conditions idéales pour la création d'un magnifique parc de sports.
Ainsi les débuts de la Gérance de la Société Chérifienne d'Hivernage se révèlent-ils des plus encourageants. La tangible activité de ses dirigeants, leur « standing » moral et financier ont contribué à ranimer tous les espoirs dans les destinées touristiques de la Ville Rouge. Les transactions immobilières reprennent. Certains acheteurs attendent impatiemment la prochaine mise en vente de lots dans le quartier d'hivernage, qui pour effectuer un lucratif placement, qui en vue d'habitation dans le plus captivant des paysages. Marrakech s'organise donc parfaitement. Grâces en soient rendues aux personnalités qui lui ont enfin apporté un concours effectif et dont les résultats seront certainement des plus favorables a la collectivité.



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Mar 23 Déc - 6:43

page 22



LES QUATRAINS MARRAKCHIS

par ALPHONSE  MÉTERIÉ, illustrations D'OLGA BERNATSKY.

Pour S. et H. Cointe

PROLOGUE
Chanterai-je sans fin Marrakech et ses palmes.
Et mon petit Maroc et sa douce prison.
Quand je ne rêve, au sein des fleurs municipales.
Qu'à toi, pauvre sapin du cher Intermezzo...

REMORDS
Plus de soupirs. O Muse du tourisme.
Sans amertume accordons nos pipeaux.
Et rassemblons, vain berger du lyrisme.
Nos éternels, nos dociles troupeaux.

SAGESSE
Je te chanterai donc encor. Ville obstinée !
C'est la sagesse, on sait, de chérir son destin :
Le tien, c'est de renaître à chaque matinée.
Et celui de mes vers, d'embaumer, un matin.

DÉLICES
O Marrakech, pauvres délices
(Comme j'ai déjà dit, je crois).
Malgré la vie aux cent malices.
Pauvres délices de surcroît...

JARDINS
Si l'Aguedal, jadis paradis réservé.
Est fait pour accueillir langueur et songerie.
Les poëtes obscurs dont Mauclair a rêvé
N'y cherchent plus, hélas, une oisive Hespérie.

LES MURS
Les vieux Remparts dorés par le long miel des âges
Entourent la Cité, qu'ils offrent au ciel dur.
Comme on tendrait une corbeille en paysages
Au doux Gargantua féroce de l'azur.

LA MENARA
L'humble Pavillon dormant
De la Menara méprise
Celui qui distraitement
Y trouble une Ombre surprise.

LA BAHIA
Dans la Bahia désuète.
Un seul bruit rompt l'air fatal
De chaque salle muette.
C'est le pas du Maréchal.



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MessageSujet: Tourisme et Hivernage.   Mar 23 Déc - 6:45

page 23


DJEMAA EL F'NA
Moi, je ne sais plus voir l'illustre « Place folle »,
Qu'à la couleur suave et sous les jeux exquis
D'une estampe où fleurit, fourmille et batifole
Un peuple-enfant, posant pour Olga Bernatsky.

MOSQUÉES
Chers petits minarets fragiles et rustiques,
Chacun de vous contient, cage d'un dieu chanteur.
Une vieille cigale aux gestes prophétiques.
Dont on entend, la nuit, l'appel implorateur.

LES SAADIENS
Il faut aller prier, aux Tombes saadiennes.
Pour la grandeur française et l'honneur marocain,
L'Amitié, la Justice et la Bonté, — gardiennes
De nos trésors jumeaux qu'assaille un Temps mesquin.

INNOCENCE
Si j'énumère mal tant de splendeurs célèbres.
C'est qu'on peut préférer la rose au Minaret,
La belle mendiante aux dames Rouge-à-lèvres,
Et ma ville secrète à son image outrée.

NOMADES
Un feu d'herbe au pied des remparts
Éclaire un cercle taciturne ;
En haillons, des enfants épars
Boivent en rêve un lait nocturne.

JUIVES
Dans la pénombre acre et moisie
Et l'aigre rumeur des mellahs,
Passe un visage d'ambroisie.
Comme un miraculeux lilas.

PALME
O Marrakech ! tout est ombre et fumée.
La rosé fane, et fanent les lauriers :
La seule gloire est cette palme aimée
Que ta Nuit berce au cœur de mes terriers.

FINAL
Omar Khayam buvant sous les roses de Perse,
Et Ronsard allongé par les prés vendômois,
Sourient-ils de Là-haut, à ces vers que disperse
La lointaine Maroc, — et parlent-ils de moi ?



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