Ce Maroc bien aimé

Ce Maroc bien aimé

Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Meknès et sa Région.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 9:49

PAGE 51



- ROUTE 2l ENTRE AZROU ET LE BORDJ DOUMERGUE.

I. — LES ROUTES PRINCIPALES ET SECONDAIRES
Le réseau de routes principales et, secondaires de la région de Meknès comprend 1.100 kms de routes définitivement construites et revêtues : ce dernier chiffre sera porté à 1.950 lorsque sera achevé le programme actuel d'équipement.
Le réseau de routes principales comprend essentiellement:
— une route est-ouest : la route Casablanca-Algérie, qui relie entre elles les cinq grandes villes du Nord du Maroc et qui assure la liaison Maroc-Algérie;
— une autre route est-ouest, doublant en partie la précédente : la route de Petitjean à Fès;
— une route nord-sud ; la route de Meknès au Tafilalet;
— une route sud-ouest-nord-est : la route de Marrakech à Fès, reliant les deux capitales marocaines;
— des routes de liaison vers le nord, reliant Meknès à Moulay-Idriss, Sidi-Slimane, Petitjean;
— enfin une route est-ouest non encore aménagée doublant la route Casablanca-Algérie ; la rocade sud du
Maroc d'Agadir à Mengoub.
Le réseau de routes secondaires comprend surtout des liaisons rayonnant autour de Meknès vers le sud-est (Hadj-Kaddour-Ifrane,) vers le sud et le sud-ouest (Oulmès-Khénifra), ces deux dernières non encore achevées, une route reliant directement El-Hajeb à Fès et quelques routes d'intérêt plus restreint.
Ces routes ont été établies en général avec de bons tracés, des pentes faibles de bonnes conditions de visibilité; les rares agglomérations traversées le sont dans d'excellentes conditions; sur ces points le réseau est incontestablement supérieur au réseau français. Par contre, les largeurs de chaussées sont encore faibles et les surfaces de roulement, tout en permettant des vitesses élevées, ne sont pas toujours aussi confortables; cette situation s'explique si l'on considère que le réseau marocain n'a été entrepris qu'il y a 35 ans et que les plateformes n'ont pas toujours eu le temps de se stabiliser.
1° La remise en étai du réseau à la suite de la guerre.
Pendant la guerre, soumis à un trafic lourd et laissé presque sans entretien faute de moyens, le réseau a beaucoup souffert. Depuis 1947, le réseau existant a été entièrement remis en état et toutes les chaussées ont reçu soit un revêtement d'entretien si elles étaient déjà revêtues, soit un premier revêtement si elles étaient simplement empierrées. Il n'existe plus actuellement de « routes glissantes ».
Des améliorations sont en cours et se poursuivront encore pendant plusieurs années. Elles ont pour but d'adapter les caractéristiques de la voie à l'importance du trafic. C'est ainsi que les deux routes les plus circulées (la route Casablanca-Algérie et la route de Meknès à El-Hajeb) seront élargies et que leur surface sera améliorée par reprofilage. Les cassis et les virages dangereux seront supprimés ou améliorés dans la mesure du possible.
C'est encore un gros travail qui se poursuivra sans relâche en commençant par les artères les plus importantes.
2° Les travaux nouveaux.
La comparaison des chiffres mentionnés ci-dessus (1.950 kms de routes dont seulement 1.100 construites et revêtues) montre qu'il reste environ 850 kms de routes à construire. La tâche est importante mais pas hors de proportion avec nos moyens : à raison de 40 ou 50 kms de routes nouvelles livrées à la circulation chaque année, ce qui est à peu près le rythme actuel de la construction c'est encore 15 ou 20 ans de travail. Le réseau aura été construit en une cinquantaine d'années; c'est peu si l'on compare ce délai avec le temps qu'a mis le réseau français à se créer.
Les réalisations portent à la fois sur l'achèvement en routes des itinéraires partiellement construits et sur la construction de routes nouvelles.
Comme itinéraires partiellement construits, je citerai :
— la route de Meknès au Tafilalet, par Azrou, Midelt, Ksar-es-Souk, Erfoud, route économique et touristique par excellence. Elle traverse trois zones à climats différents, séparées par deux chaînes de montagnes.
Actuellement la route est à peu près terminée jusqu'à Rich; au-delà et jusqu'à Rissani, des problèmes particuliers se posent, très différents des problèmes de cette région : traversées d'oueds habituellement à sec, mais qui, très occasionnellement, sont l'objet de crues de 4 à 5 mètres de hauteur; établissement de routes dans une montagne instable et pourrie qui se démantèle à chaque orage; traversées de dunes.
C'est 10 à 15 kms de route nouvelle qui sont livrés à la circulation en moyenne chaque année. Jusqu'à Ksar-es-Souk, on peut estimer que la route sera terminée dans deux ou trois ans. Au-delà il reste encore une lacune de 60 kms qui demandera plusieurs d'années d'efforts.
— La route d'Agadir à Mengoub traverse la région de Meknès en reliant Tinjdad, Goulmina, Ksar-es-Souk, Bou-Denib et Mengoub; c'est la grande rocade sud du Maroc, route essentiellement touristique, sans gros intérêt économique. Actuellement, seule la section Goulmina-Ksar-es-Souk est à peu près terminée. C'est un travail de très longue haleine qui demandera de nombreuses années d'efforts.
Comme construction de routes nouvelles, je citerai la construction de trois routes dont l'objet est de faire converger vers Meknès l'économie de régions qui avaient tendance à s'en écarter :
— la liaison Ifrane-Boulmane vient d'être livrée à la circulation. Elle permet, outre son intérêt touristique, de choisir, par temps de neige, l'itinéraire Meknès-Midelt le moins enneigé, soit par Azrou, soit par Ifrane et Boulmane;
— la route Meknès-Oulmès, terminée dans la région de Meknès, reste à achever sur près de 35 kms dans la région de Rabat;
— la route de Boufekrane à M'Rirt, dont l'objet est triple : desserte de la riche vallée de l'Adarouch, desserte des
exploitations minières (plomb, antimoine) situées au nord de M'Rirt, raccourcissement d'environ 20 kms de la liaison Meknès-Khériifra, en évitant 400 mètres de dénivellation inutile. Cette route vient seulement d'être commencée.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 9:59

page 52


- LES GORGES DU ZIZ APRES LE TUNNEL DU   LÉGIONNAIRE.  LA ROUTE EST ÉTABLIE SUR   LA   RIVE  GAUCHE DE  L'OUED  ZIZ,   AU   FLANC   D'UNE   MONTAGNE ABRUPTE   ET   POURRIE  QUI   SE   DÉMANTÈLE   UN   PEU   PLUS A   CHAQUE  ORAGE.   PAYSAGE   GRANDIOSE,   CONTRASTE   ENTRE   L’ARIDITÉ   DE   LA   MONTAGNE  A   LA   RICHESSE   DE   LA   VALLÉE,     CIRCULATION   DIFFICILE,   PARFOIS   DANGEREUSE.

II. — LES ROUTES TERTIAIRES
Le réseau tertiaire de la région de Meknès comprend 4.800 kms de voies dont seulement 280 construites et un peu plus de 200 construites et revêtues. Il faut noter toutefois que les 4.800 kms de voies ci-dessus comprennent des voies qui ne supportent pratiquement aucun trafic et qui sont destinées à rester à l'état de pistes pendant encore très longtemps. Néanmoins la comparaison de ces chiffres reste sévère et met en évidence la tâche immense qui nous attend.
Il faut distinguer :
— les routes du plateau de Meknès, sur lesquelles portent le plus gros effort en raison de la densité de la population, de la richesse de la région, de la circulation   relativement   importante   à  laquelle   elles   sont soumises et de  l'intérêt  économique   qu'elles présentent;
— les  pistes  de  montagne   d'intérêt  économique   réduit, mais présentant un gros intérêt touristique et administratif;
— les pistes  du  sud qui présentent  les mêmes intérêts que les précédentes mais pour lesquelles les problèmes sont de nature différente.
Devant l'ampleur de la tâche à réaliser et étant donné les faibles moyens dont nous disposons, il a fallu rechercher des solutions
économiques :
— pour les routes de plaines et de montagnes, seul le procédé   de  construction  et   d'empierrement  habituel peut convenir;   on réduit les dépenses  en  donnant à ces routes des caractéristiques de tracés très inférieures à celles des routes principales et secondaires, en
réduisant leur largeur (quitte à l'augmenter ultérieurement)  si le besoin s'en fait sentir en réduisant les quantités de matériaux utilisés. Grâce à ces procédés, une route tertiaire coûte à peu près la moitié du prix d'une route principale;
— pour les pistes du sud, compte tenu de la très faible pluviométrie, nous nous orientons  vers des  solutions supprimant l'empierrement et  le  remplaçons  par  un simple répandage de bitume ou de goudron sur un sol préalablement reprofilé.
1° La remise en état du réseau à la suite de la guerre.
Comme pour les routes principales, le réseau tertiaire construit a souffert d'un manque d'entretien presque total jusqu'en 1947. Le même effort de remise en état a été fait avec des moyens plus faibles mais avec des résultats analogues.
Toutes les routes construites ont reçu ou auront reçu sous peu un nouveau ou un premier revêtement. Quant aux pistes, elles ont été remises en état et sont entretenues après chaque mauvaise saison grâce aux soins des autorités locales.
2° Les travaux nouveaux.
Il ne saurait être question d'énumérer ces travaux; sur le plateau de Meknès, les mailles se ferment chaque année davantage sur un réseau qui n'était constitué au début de la guerre que par quelques épis en cul-de-sac.
Les petites agglomérations, les lieux dits, les fermes commencent à voir arriver « leur route », en même temps que des liaisons plus directes se trouvent établies, évitant des détours parfois très importants ou même une circulation impossible par temps de pluie.
Ailleurs, les réalisations ne sont que très partielles. Citons:
— la route du Michliffen, ouverte pour la raison d'hiver 1950-1951;
— la route de Kebbab;
— le circuit du Zerhoun, seulement commencé;
— la route d'El Hamman, à peine entreprise.
A raison de 25 à 30 kms de routes nouvelles par an, rythme actuel de la construction, c'est de nombreuses années qu'il faudra pour avoir un réseau définitivement construit et la circulation sur les pistes dans les régions éloignées de la montagne, à part quelques itinéraires importants et privilégiés, restera une obligation pour l'habitant et le voyageur.
Ce bref aperçu montre les réalisations effectuées depuis 35 ans. Mais il montre aussi l'effort qu'il reste à faire. Si, au point de vue des grandes liaisons, le travail peut être considéré comme presque terminé (bien qu'il reste encore à adapter les caractéristiques des voies au trafic, à les élargir, à les corriger, à les reprofiler), le problème des voies tertiaires n'est qu'à peine ébauché.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 11:22

page 53



- SCÈNES PITTORESQUES DE LA VIE MAROCAINE A MEKNÈS, QUE LE TOURISTE AVISÉ DÉCOUVRE LORSQU'IL ACCOMPLIT LE TOUR DE LA VILLE. (Photos Belin)

LE TOURISME A MEKNÈS


Meknès Ville Impériale. Meknès avec ses ruines imposantes du palais et de la cité de Moulay Ismaël évoque les constructions fantastiques que le Cavalier Piranese grava pour la Rome du XVIII' siècle.
Ces écuries aux longues suites d'arcades, qui vont semble-t-il, vers l'infiniment petit ; ces silos immenses et sonores, où habite le vide, et, surtout el Heri Mansour ; ce bordj à la puissante et grandiose architecture, l'aguedal et son bassin nostalgique qui ne reflète plus les fastes impériaux ; la grande porte Bab Mansour avec ses robustes piliers que l'architecte el Mansour le renégat construisit au XVIII° siècle et par laquelle passèrent, sous leur parasol vert, tant de grands rois vainqueurs...
Telle apparaît dans la claire lumière matinale qui l'argente et la rend plus immatérielle et plus subtile l'antique ville aux quatorze minarets.
Meknès est une des quatre villes impériales, ou résidence de sa Majesté le Sultan. Fondée au XI° siècle sous le nom de Tagrart, elle tire son nom actuel de la grande tribu Zénete des Meknassa, qui, se partageant en deux fractions, fonda Meknassa Taza, devenue Taza, et Meknassa Ez Zitoun, « Meknès aux oliviers » : Meknès.
De sa longue histoire c'est surtout du règne de Moulay Ismaël, contemporain de Louis XIV, que Meknès a gardé le grandiose souvenir. Cependant, en 1908, Moulay Hafid y fut proclamé Sultan.
La médina de Meknès est certainement une des plus curieuses à visiter et des plus intéressantes pour le touriste. En dehors des monuments que nous avons déjà cités, on visitera les souks, on admirera les portes, les remparts, l'autrucherie ; Dar El Beida, palais construit au XVIII° siècle et qui est devenu l'école militaire pour la formation des officiers marocains. On ne manquera pas de rendre visite au Dar Jamaï où sont installés le musée et l'inspection régionale des métiers et arts indigènes. Enfin ses médersas et, notamment, la médersa Bou Anania.
De cet ensemble le voyageur conservera un souvenir impérissable.
Au milieu d'amples plateaux fertiles et de riches exploitations agricoles et forestières où règne l'olivier, Meknès se révèle promise au plus grand avenir.
Les richesses touristiques de cette région en font un des centres importants du tourisme au Maroc.
Autour de Meknès le voyageur trouvera des sites pittoresques et célèbres.


Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 11:28

page 54


- LA RUE ANDRE REVEILLAUD, QUI PROLONGE LA RUE DE CASTRIES (DEUX NOMS DE FRANÇAIS QUI ONT BIEN TRAVAILLE POUR LE MAROC) FRANCHIT LE BOUFEKRANE ET SEMBLE CONDUIRE, APRES UN GRAND DETOUR, A LA PETITE PORTE BAB TIZIMI ; PRES DE CELLE-CI, LE COUVENT-ATELIER DES SŒURS FRANCISCAINES, OU L'ON FAIT DES BRODERIES ET DES TAPIS. A DROITE LA ROUTE CONTINUE, LE LONG DES REMPARTS DE LA MEDINA. A GAUCHE, L'ON APERÇOIT LE COMMENCEMENT DU JARDIN PUBLIC. POUR COMPRENDRE MEKNES, IL FAUT EN FAIRE LE TOUR, PAR UNE ROUTE PLEINE DE SEDUCTIONS ET DE « POINTS DE VUE », QUI MERITE D'ETRE AUSSI CELEBRE QUE LE CLASSIQUE TOUR DE FES. (Photo Rouget)


Et ce sera d'abord la petite cité sainte de Moulay Idriss, curieusement bâtie sur son éperon rocheux au milieu de ses bois d'oliviers. C'est là que se trouve le sanctuaire et la zaouïa de Moulay Idriss descendant d'Ali, gendre du prophète, fondateur de la dynastie idrisside, première dynastie arabe au Maroc. Un moussem célèbre réunit chaque année autour du Saint, des pèlerins venus de tout le pays.
Non loin de Moulay Idriss, Volubilis présente au visiteur ses beaux vestiges du temps de l'empire romain, ses mosaïques, son arc de triomphe et son musée, où sont réunies les découvertes faites au cours des fouilles. Au sortir de Volubilis, on remonte, vers Moulay Idriss, les pentes du Zerhoun, couvertes de chênes verts, de chênes liège et d'oliviers. C'est là que le Syndicat d'Initiative de Meknès a fait construire un refuge qui facilitera la visite de cette belle région.
Ces sites où se sont juxtaposées deux civilisations, deux façons de penser, deux âmes, ne manquent pas d'une émouvante grandeur.
Au sud de Meknès l'expression du pays se situe bien plus dans le pittoresque de ses paysages que dans ses souvenirs historiques.
Au-dessus de la plaine de Boufekrane, et au delà d'El Hajeb, voici Ifrane et sa forêt où le printemps fait s'épanouir les pivoines sauvages. C'est le pays des tribus Béni M'Guild et Zaïane, dont les beaux tapis sont célèbres. Autour d'Ifrane, station bien ...

Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 11:36

page 55


- LES RUINES DE VOLUBILIS OCCUPENT EN PLAINE El A 400 MÈTRES D'ALTITUDE, UN MONTICULE QUI S’ÉTEND SUR ENVIRON 300 MÈTRES DE LARGE SUR 500 MÈTRES DE LONGUEUR AU PIED DES PREMIERS CONTREFORTS DU MASSIF DU ZERHOUN.
- LA  TERRASSE   DE   L'HOTEL TRANSATLANTIQUE   A   MEKNÈS.
- LA   PORTE   BAB   MANSOUR   AUX   ROBUSTES   PILIERS   ET  A   LA   PUISSANTE   ET GRANDIOSE   ARCHITECTURE.
-  PANORAMA   DE   LA   VILLE   MAROCAINE,   VUS   PRISE   DE   L'HOTEL TRANSATLANTIQUE.
(Photos   Belin   -   Clichés  Office   Marocain   du   Tourisme)

... connue, vers Immouzer et Annoceur, s'étend le pays des daïas sous sa belle forêt de cèdres ; Ito, et son célèbre et grandiose panorama, et Azrou avec ses superbes futaies de chênes verts très denses et avec ses cèdres, variété des cèdres du Liban. Plus loin la route qui s'enfonce vers le Tafilalet traverse la région des Aguelmanes, dont le plus important est celui de Sidi Ali. Tandis qu'au Michliffene, comme au Bordj Doumergue, le ski connaît une grande vogue pendant plusieurs mois d'hiver.
Par la plaine du Saïs le voyageur peut se rendre à Fès qui n'est éloigné que de 60 kms par la route principale, et dont la région est également très touristique.
Dans sa ceinture d'oliviers, son écrin de verdure, de forêts, de champs et de vignes, ses grands souvenirs historiques ; par le charme de son climat, la beauté de ses horizons et l'aménité de son accueil, Meknès est un des plus séduisants centres touristiques du  Maroc .
Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 11:44

page 56



SPORT ET PLEIN AIR DANS LA RÉGION DE MEKNÈS

par Jean MARTIN-PREVEL

LA région de Meknès est une des plus actives, une des plus vivantes, une des plus réalisatrices, en un mot une des plus caractéristiques du Maroc moderne. Dans cette contrée, où l'esprit d'initiative, le potentiel d'action et la puissance de travail sont les seuls critères à l'échelle des valeurs sociales, le sport devait naturellement s'épanouir au diapason de l'activité économique, mu par les mêmes impulsions, soutenu par les mêmes volontés. porté vers les mêmes réussites.
Le climat idéal, les qualités, différentes mais complémentaires, propres aux gens de la montagne et aux gens de la plaine qui forment le fond de la masse sportive, le dynamisme des dirigeants et la compréhension des pouvoirs publics concourrent à y donner à tous les sports un magnifique essor et à élever ses champions dans les spécialités les plus diverses, au premier rang de la hiérarchie sportive du Maroc.
Si Meknès et les principaux centres de la région offrent sur place à une nombreuse jeunesse urbaine un éventail complet d'activités organisées et un équipement sportif qui est encore insuffisant, mais qui s'améliore chaque année. les ressources du Moyen-Atlas avec ses sites inégalables, ses somptueuses forêts, ses champs de neige, sont également exploitées et conquièrent chaque dimanche de nouveaux adeptes dont le nombre et l'enthousiasme iront croissant au fur et à mesure que les aménagements entrepris leur offriront plus de confort et de possibilités.
La ville de Meknès jouit justement de la réputation d'être la cité la plus sportive du Maroc. Tous les sports sont pratiqués à Meknès et, dans tous les sports, les champions meknassis jouissent d'un grand prestige.
Deux grands clubs omnisports, les deux inexpugnables bastions de cette glorieuse citadelle, l'Union Sportive de Meknès et l'Association Sportive du Tanger-Fès, sont les grands responsables de ces privilèges. D'autres aussi méritants marchent sur leurs traces, l'Association Sportive de la Police, l'Er Rachad Club, l'Ismaïlia, sans oublier les clubs spécialisés dans une seule technique : l'Union Cycliste, le Cercle d'Escrime, le Club Nautique, le Moto Club, le Hockey Club, l'Amicale Boule Lafayette.
Grâce à eux, Meknès joue depuis ces dernières années les premiers rôles dans les compétitions officielles organisées sur le territoire du Protectorat.
L'ASTF et l'USDM figurent dans le championnat de division d'honneur de football où cette dernière se maintient à la deuxième place depuis deux ans. Dans ie championnat promotionnaire où l'E.R.C.M. et l'A.S.I.M. se comportent mieux qu'honorablement, l'A.S.P.M. tient la vedette.
En rugby, les équipes de l'U.S.D.M. dans les catégories Honneur et Pré-Honneur, sauvegardent brillamment une réputation qui ne s'est jamais démentie depuis vingt ans.
En basket-bail, l'U.S.D.M. et l'A.S.T.F. partagent à égalité la première place du championnat régional où l'Ismaïlia et la toute jeune équipe de l'Agrima font également excellente figure.
Les deux sections cyclistes, l.'U.C.M. la doyenne, et l'A. S.T.F. la benjamine, rivalisent avec une louable émulation, tant sur le plan de l'activité organisatrice qui rassemble périodiquement à Meknès les champions de toutes les villes du Maroc, que sur le plan des résultats techniques, acquis dans leur fief ou sur le terrain de leurs adversaires.
De leur côté, le Hockey Club et l'Agrima font carrière depuis deux ans dans le championnat de hockey et le dernier tournoi de l'Armistice, organisé par le Hockey Club avec la participation de tous les clubs du Maroc, leur a permis, en accédant aux parties finales, de démontrer leur valeur et leurs progrès.
Les sports mécaniques ne le cèdent en rien aux spores athlétiques et aux sports d'équipes. Le Moto Club est renommé par l'audace de ses manifestations, telle le Grand Prix des Viticulteurs qui réunit annuellement à Meknès l'élite des champions français et étrangers, et par les performances de ses « motards » qui obtiennent régulièrement des places d'honneur dans les compétitions les plus relevées.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 11:50

page 57


- LA PISCINE MUNICIPALE DE MEKNÈS SE TROUVE PRES DE L'OUED BOUFEKRANE, ENTRE LA MÉDINA ET LA VILLE NOUVELLE. C'EST-A-DIRE DANS UN SITE ON NE PEUT PLUS PITTORESQUE. PLAISIRS DES YEUX, PLAISIRS DU CORPS, ET AUSSI DÉTENTE DE L'ESPRIT SONT RÉUNIS EN CE LIEU, OUI CONSTITUE UN DES ATTRAITS DE MEKNÈS ET PERMET DE SUPPORTER LES CHALEUR DE L’ÉTÉ.

Enfin, les nombreux challenges, tournois, coupes organisés par le Cercle d'Escrime dans son élégante salle du Conservatoire, par le Tennis Club sur ses courts patiemment améliorés et augmentés de Bou Ameur. par l'Amicale Boule Lafayette ou l'A.S. Tanger-Fès sur leurs clos ombragés et soigneusement jardines, par la Société de Pelote Basque Izarra à son coquet fronton, sont autant de réussites qui contribuent au renom de grande cité sportive de la capitale berbère.
Nous ne nous éterniserons pas sur les efforts méritoires des sections de volley-ball, de hand-ball, de tennis de table, de lutte, pour donner à ces sports leur place au soleil et attester de la permanence à Meknès de tous les sports pratiqués au Maroc.
Mais une mention toute spéciale doit être décernée à l'athlétisme, sport de base, sport pur par excellence où deux clubs particulièrement actifs, l'A.S. Police et l'A.S. Tanger-Fès ont obtenu des résultats remarquables et se sont parés d'une auréole qu'un nouveau venu, le Rural Athlétic Zerhoun. entend bien leur disputer à brève échéance.
Maknès a toujours été le berceau de grands coureurs à pied, tels que les Bouali, et El Ghazi qui ont valu à la France des succès flatteurs sur le plan international. Les athlètes de l'A.S.P.M. et de l'A.S.T.F. n'ont pas failli à cette tradition et l'an passé, après avoir dominé leurs adversaires aux championnats du Maroc, le « policier » Saïd remportait un authentique titre de champion de France, et le « cheminot » Jaber une victoire non moins officielle aux championnats d'Europe interalliés.
La plus récente épreuve de la Première Foulée réunissait 180 participants dans la région de Meknès, contre 40 à Rabat, 32 à Casablanca, 30 à Marrakech et 6 à Fès. S'il est vrai qu'en matière sportive, la valeur est directement fonction du nombre, ceci explique sans doute cela.
Il serait injuste d'omettre dans ce palmarès l'activité particulièrement méritoire des clubs des autres centres de la région qui surmontent chaque semaine, avec l'appui des autorités locales, les difficultés inhérentes à leur isolement. Les progrès de l'A.S. El Hajeb, de l'A.S. Aïn-Taouj-dat, de l'U.S. Ifrane, du C.S. Azrou, de l'U.S. Khénifra, de l'A.S. Midelt, des divers groupements du Tafilalet, ne déparent pas l'éclat de la carte sportive de la région de Meknès.
Malgré la sollicitude généreuse d'une municipalité qui mérite le titre de « la plus sportive de l'Afrique du Nord » et qui a doté la ville de Meknès d'une somptueuse piscine, d'un excellent fronton de pelote basque et de courts de tennis parfaits, l'évolution des sports ces dernières années, l'avènement de nouveaux clubs, n'ont pas tardé à faire ressentir l'insuffisance des installations mises à la disposition d'une clientèle toujours plus nombreuse et d'une technique toujours plus exigeante.
Les efforts patients et conjugués de l'Administration et ...

Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 18:04

page 58


- ON SAIT QUE LES CHAMPS DE NEIGE NE SUFFISENT PLUS AUX SKIEURS. IL LEUR FAUT DES STATIONS BIEN EQUIPEES, DES PISTES AMENAGEES, DES REMONTE-PENTE, ETC. LA RÉGION DE MEKNÈS LEUR OFFRE CE QU'ILS CHERCHENT ET VOIT VENIR CHAQUE ANNÉE EN PLUS GRAND NOMBRE LES AMATEURS DE SPORTS D'HIVER

... de l'initiative privée tendent à remédier progressivement à cette situation. Aujourd'hui, les stades de l'U.S.D.M. et de l'A.S.T.F. se partagent la faveur des grandes foules auxquelles chaque année un peu plus de confort est offert au prix de gros sacrifices de la part dé ces deux grands clubs, tandis que le parc des sports des Hirondelles, avec son stade d'athlétisme, ses deux grands terrains pour les sports collectifs, et ses nombreuses plateformes pour le basket, le volley, la pelote basque, les tennis, permet déjà à tous les autres clubs de posséder un chez-soi commun qui n'aura bientôt rien à envier au bien des grands « propriétaires » rivaux.
Parallèlement, un bassin de compétition en cours de construction complétera harmonieusement l'ensemble des piscines municipales qui est le légitime orgueil de Meknès, en même temps qu'un grand stade plus particulièrement destiné aux jeunes Marocains, a commencé de voir le jour dans l'enceinte de la Médina.
Pendant que le présent s'échafaude laborieusement au rythme des attributions de crédits qui ne sont pas encore proportionnées aux besoins, l'avenir s'élabore aussi. Les plans d'un grand bâtiment pour la pratique de tous les sports en salle sont actuellement à l'étude et des terrains dans tous les quartiers ont été réservés sur le plan d'extension de la ville
Mais l'effort financier du Service de la Jeunesse et des Sports ne se porte pas seulement sur la capitale. Des piscines viennent d'être construites à Azrou et Ksar-es-Souk grâce, il faut le dire, au concours agissant des autorités et personnalités locales. A Azrou, toujours, le stade de fortune qui existait prend une figure plus accueillante, tandis qu'à Midelt et à Khénifra où la situation juridique des terrains a été apurée après de longues formalités, le premier coup de pioche a été enfin donné qui permettra à ces deux centres de posséder dans un avenir prochain les stades dont ils étaient totalement dépourvus.
Ifrane n'a pas été oubliée et les constructions prévues, subordonnées à l'achèvement de travaux routiers toujours en cours, seront dignes de la ravissante station du Moyen-Atlas.
Il serait injuste de ne pas s'arrêter, au cours de ce rapide tour d'horizon, sur les tentations qu'offre le Moyen-Atlas à une jeunesse avide de sports et de grand air et sur ses installations qui, tous les week-ends, attirent les amateurs venus de tous les points du Maroc.
Grâce à des initiatives dont il faut souligner tout l'intérêt, la région de Meknès en général, les centres d'Ifrane et d'Azrou en particulier, peuvent s'enorgueillir de posséder les deux plus belles stations d'hiver de l'Afrique du Nord, avec un équipement moderne et une industrie hôtelière à sa hauteur
Ifrane, station d'estivage dont la réputation s'étend bien au-delà des frontières marocaines, possède dans le site sylvestre du Mischliffen des terrains de ski, parfaitement aménagés et en mesure, cette saison, de satisfaire les champions les plus difficiles.
Les voies d'accès ont été considérablement améliorées au point qu'une route empierrée permet par tous les temps d'accéder au chalet du Ski Club d'Ifrane où la construction d'un second dortoir va être incessamment entreprise. De là une excellente piste descend vers l'immense cuvette enneigée du Grand Cratère où un second chalet attend les skieurs. Une piste de compétition de 800 m. de long et de 220 mètres de dénivellation autorise les vitesses les plus vertigineuses et les slalom les plus audacieux. aux skieurs confirmés, tandis qu'une pente plus douce et plus appropriée aux « arrêts Briançon » s'offre aux débutants sans prétention. Un téléski et un remonte-pente permettent aux premiers comme aux seconds de retourner sans fatigue au point de départ de leurs exploits.
Azrou de son côté, est très justement fier de son Bordj Doumergue, si intimement lié à l'histoire du ski marocain. comme du Maroc tout court.
Le Bordj Doumergue est le terrain de prédilection du ski familial de week-end. D'abord la route goudronnée conduit sur l'emplacement même des champs de neige dont l'étendue, de part et d'autre de cette route, défie toutes les affluences. Les diverses pentes ont été méticuleusement épierrées ; une piste de saut avec tremplin a été aménagée et, là encore, un remonte-pente qui conduit jusqu'au sommet du piton, assure le mouvement perpétuel du skieur. Le refuge du Ski Club d'Azrou confortablement aménagé par le Service de la Jeunesse et des Sports, et une cantine parfaitement achalandée, assurent aux hivernants réconfort et délassement en vue de nouveaux ébats.
Dans de telles conditions, les trois clubs de ski de la région, le Ski Club de Meknès, le Ski Club d'Azrou et le Ski Club d'Ifrane, qui attestent depuis des années d'une remarquable activité, connaîtront une ère de prospérité assurée qui sera la récompense méritée de leurs dévoués animateurs.
Mais les skieurs ne sont pas les seuls à tirer leur joie des sauvages frondaisons du Moyen-Atlas. Avec eux les troupes enfantines des divers mouvements du Scoutisme, des groupements de jeunes laïques ou confessionnels si vivants à Meknès, prennent chaque dimanche le chemin de la montagne berbère où la nature est si prodigue et où l'homme prévoyant a ménagé pour eux l'hospitalité des Auberges de la Jeunesse d'Azrou et d'Ifrane, les bâtiments du Service de la Jeunesse et des Sports de Ras El Ma, Aïn Kherzouza et Ben Smine.
A Meknès, ville ardente au travail comme au plaisir, à Meknès, symbole de l'effort intelligent, de la volonté créatrice et de l'audace réfléchie, le sport, qui est l'image heureuse de ces vertus, est promis aux plus brillantes destinées.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 18:10

page 59


- L'ENSEMBLE  SOBRE   ET   HARMONIEUX   DU   SANATORIUM   EN   CONSTRUCTION   A   BEN-SMINE. (Photo   Rouget.)


LE SANATORIUM.

par le Docteur Albert JUGNET

S'il me fallait définir le sanatorium, je dirais volontiers qu'il n'est qu'une clinique comme les autres spécialement conçue et outillée pour traiter les pulmonaires et j'ajouterais : cette clinique se double d'un hôtel...
Laissons de côté pour un temps toute littérature ; oublions les romans plus ou moins malsains et presque toujours faux qui ont trop souvent transformé, pour le public, le simple malade en héros malheureux et le sanatorium en un lieu sinistre et désespéré et regardons objectivement vivre cette clinique spécialisée.
Elle se situe généralement en montagne à une altitude de 1.000 à 1.500 mètres, car c'est là, pour la moyenne des malades, que se trouvent réalisées les meilleures conditions climatiques ; altitude, climat sec, absence de vent et de brouillard sont autant de facteurs favorables qui vont aider le pulmonaire dans sa guérison ; adjuvants utiles mais non indispensables qui n'entrent que pour une modeste part dans un traitement médico-chirurgical qui devient chaque jour plus complexe, plus précis et surtout plus efficace.
Est-ce à dire qu'il faille négliger le facteur climatique ? Certes non ; mais c'est bien au traitement qu'il appartient de ...

Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 18:27

page 60


... prendre largement le pas en estimant que son efficacité se trouve renforcée ou accélérée par l'atmosphère bienfaisante d'un climat favorable.
Le bien-portant lui-même n'est-il pas sensible au « changement d'air » ? et l'habitant de la plaine ne cherche-t-il pas, pour ses vacances, à modifier ses conditions habituelles de climat en séjournant au bord de la mer ou de la montagne ? Ne refusons donc pas au malade une transplantation qu'il souhaite souvent physiquement et qu'il désire moralement, car à la notion de traitement de la tuberculose s'est déjà depuis longtemps attachée l'idée de séjour à la montagne.
Moralement aussi la retraite s'avère nécessaire et si le « climat géographique » d'une station est salutaire, le « climat psychologique » du sanatorium me paraît encore bien plus indispensable.
En effet, le médecin va exiger, pendant de longs mois, que son patient se soumette à une vie presque essentiellement végétative, lui imposant des règles très précises, une discipline stricte, lui limitant à l'extrême son activité et son espace vital. Cette cure, basée sur le repos au lit ou sur chaise longue, cette restriction bienfaisante de l'effort sont pratiquement impossibles à appliquer chez soi et deviennent intolérables si le malade vit au milieu de bien portants, s'il est sans cesse sollicité par les attraits du monde extérieur, s'il reste mêlé aux soucis de la vie familiale et aux dures réalités de la vie sociale.
C'est pourquoi il est bon de dégager à côté du facteur climatique le facteur psychologique du sanatorium où le malade, vivant avec d'autres, dans un monde nouveau d'où s'exclue toute comparaison avec le bien-portant, finit par se créer un univers bien à lui, un rythme de vie réglé et ralenti, en un mot un climat qui, à mon sens, est particulièrement important et bien souvent indispensable à la guérison.
Voilà l'ambiance dans laquelle va se dérouler un séjour qui, en moyenne, est de un an ; c'est long certes et voilà pourquoi le cadre naturel, l'architecture et le confort du sanatorium doivent être tout spécialement choisis et étudiés.
Évitons une nature trop sévère, un paysage désolé ; donnons la préférence à des horizons bien dégagés dont les premiers plans seront suffisamment éloignés pour que l'œil du malade couché ne heurte pas un obstacle trop proche ; choisissons-les de verdure persistante, de courbes harmonieuses ; que la nature soit un berceau pour notre maison et non une prison.
A l'architecte de trouver les meilleures formules pour que le malade, vivant en communauté, ait tout de même l'impression de posséder un coin bien à lui, d'adapter ses plans aux exigences du service, aux nécessités des circuits, aux conditions bien spéciales de la vie sanatoriale et du climat de montagne. Qu'il n'oublie pas que, si l'établissement est un service médical très spécialisé, il est également un hôtel de long séjour où la vie doit être d'autant plus agréable que le client est rendu plus difficile et plus exigeant par la maladie.
C'est de cette harmonie entre les deux fins du sanatorium, médicale et hôtelière, que doit naître l'ensemble équilibré où le travail du médecin sera facile et la vie du malade agréable.
Tel est le cadre psychologique et matériel dans lequel tout va concourir à assurer la guérison, but de toute l'activité du sanatorium.
Disons tout de suite que, contrairement à ce que pense trop souvent le public, les résultats sont excellents et seront de jour en jour meilleurs grâce aux merveilleux progrès réalisés ces dernières années tant dans le domaine de la médecine que dans celui de la chirurgie.
Des cas, hier désespérés, sont aujourd'hui abordés avec succès ; notre domaine s'étend, notre action est plus efficace et plus rapide et si le tuberculeux était toujours précocement dépisté et correctement traité, nous verrions encore nos statistiques s'améliorer largement.
Le sanatorium, service spécialisé, équipé pour la cure de repos et pour l'application des méthodes médico-chirurgicales les plus modernes, apparaît donc comme la pièce essentielle de l'armement anti-tuberculeux d'un pays. C'est vers lui que seront dirigés les cas sérieux exigeant un traitement de longue haleine, les malades plus légers pouvant être soignés dans les centres suburbains.
Depuis longtemps au Maroc, le Gouvernement avait décidé la création d'un tel établissement ; la guerre, en nous isolant de la métropole, en nous interdisant brusquement d'y envoyer nos malades, nous a obligé à hâter cette réalisation.
C'est en 1943 que s'est ouvert le centre antituberculeux d'Azrou, improvisation qui, peu à peu, s'est organisée jusqu'à comprendre un établissement de 80 lits où peuvent être appliqués tous les traitements médicaux et chirurgicaux. Les résultats statistiques et les succès thérapeutiques ont démontré largement aux incrédules que notre climat marocain de l'Atlas convenait parfaitement aux pulmonaires et qu'une tuberculose guérissait aussi bien ici qu'en France, à la condition, bien entendu, que les moyens et les traitements mis en oeuvre soient les mêmes.
On peut même considérer que nos hivers, en général secs et ensoleillés, sont particulièrement favorables aux malades et que le Maroc pourrait, en cette saison, connaître le succès climatique qu'eut, durant une époque, la fameuse vallée du Nil !
L'expérience d'Azrou étant probante, il convenait de choisir dans la même région un site d'altitude moyenne, correctement exposé et bien alimenté en eau où serait édifié le grand sanatorium marocain.
Le choix, après bien des recherches, se portât sur Ben Smine, petit plateau inclus dans la forêt, adossé au Nord à une falaise, faisant face à de vastes horizons bien dégagés.
Et c'est ainsi qu'à côté d'une vieille zaouïa, non loin des maisons de pisée de quelque antique tribu, se dresse maintenant les cinq étages de ce magnifique édifice de béton, véritable temple de la santé qui recevra demain tous ceux, Français et Marocains, qui voudront, dans le calme salutaire de notre montagne, trouver la force de surmonter l'épreuve.
La Direction de la Santé Publique en a confié la construction à trois architectes qui se sont efforcés de réaliser un ensemble sobre et harmonieux où 370 malades pourront bénéficier d'un excellent confort et où le corps médical trouvera ces services parfaitement équipés.
Faire vivre 370 malades plus le personnel dans un coin perdu de montagne pose, bien entendu, de nombreux problèmes ; tous ont été résolus et dans ce vaste ensemble chacun trouvera sa place, Français ou Marocain, malade ou infirmière, et ne souffrira pas de cette vie en communauté qui devient facilement pénible si elle a été mal organisée.
Ce sera donc, nous l'espérons, une réussite complète qui viendra s'ajouter à toutes les magnifiques réalisations dont la présence française a déjà enrichi ce pays. Mais parmi toutes, en est-il de plus noble que celle qui cherche à guérir, de plus humaine que celle qui soulage la souffrance et peut-être aussi de plus typiquement française ?
Nous sommes heureux et fiers que notre montagne de Meknès soit la terre d'élection où fleurit une telle œuvre.



Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 18:43


Veuillez patienter le temps du chargement des fichiers photos

page 61


Un quart d'heure avec Paul Néry
,
Directeur du Conservatoire  de Musique de Meknès.

Le Conservatoire de Musique de Meknès, est situé en plein cœur de la Ville, grâce à la bienveillante compréhension du Directeur Général de l'Instruction Publique du Maroc, Monsieur Gotteland qui céda une parcelle de terrain pour y construire l'immeuble moderne actuel, conçu par Monsieur Bouquet, Chef des Services Municipaux, à cette époque.
A Monsieur Paul Neri, artiste bien connu dans tous les milieux musicaux, fut confié la délicate tâche de Directeur artistique et Technique. Une poignée de professeurs compétents et dévoués ont oeuvré avec toute la foi d'un sacerdoce et de résultats en résultats, de succès en succès, le Conservatoire actuel compte près de 750 élèves qui suivent les cours de piano, violon, violoncelle, chant, déclamation lyrique, chœur, diction, art théâtral, art cinématographique, clarinette, trompette, musique de chambre, histoire de la musique, analyse harmonique, orchestre et danse.
Mais interrogeons Monsieur Paul Néri sur l'activité intérieure et extérieure.
— Je dois  vous dire  que  mon  premier souci a  été de créer une ambiance de collaboration étroite avec les professeurs  pour travailler avec  aise  et  discipline à  la fois.
Une   sorte   de   communion   d'idées,   d'épanouissement ,  de création,  ambiance    pour    les    élèves  afin de  leur faire comprendre que la musique doit prendre une grande place de vitale utilité, de développer en eux le goût de cet art divin  qui  doit  associer  de  la façon  la plus heureuse,  le divertissement et le profil culturel.
— Avez-vous eu de beaux résultats et quelques-uns de vos élèves ont-ils fait leur chemin  dans cette carrière  ?
— Je dois citer Pierre Sancan qui devint grand prix de Rome et artiste concertiste de renommée mondiale. D'autres  se  sont dirigés  vers  les  Conservatoires  de  Toulouse et   de  Bordeaux  et  ont  obtenu   de   beaux  résultats,  Jean Ousset,   Cécile   Carayon,   Lucile  Boy,   Christiane   Olivero, etc... Tous ces élèves continuent à professer.
— Etes-vous bien secondé ou plutôt épaulé par les Services Municipaux  ?
— Oui, je  dois  rendre hommage  à tous  les  Chefs  des Services Municipaux  qui  sont  passés   depuis   la  création du  Conservatoire,  et  tout  particulièrement    à    Monsieur Sablayrolles, l'actuel Chef des Services Municipaux et Président du Conseil d'Administration, si compréhensif, qui a vraiment fait tout le nécessaire pour améliorer la situation des  professeurs,  qui  était   plus   que  précaire.   Le   Conseil
d'Administration fait preuve d'une grande compréhension ainsi que la Commission Municipale.
— Quelles  ont été vos réalisations artistiques   ?
—  Elles sont nombreuses, car tous les Professeurs rivalisent d'ardeur, comprenant bien toutes les satisfactions que l'on peut retirer des sacrifices pour mener à bien cette belle et noble mission. L'orchestre symphonique sous ma direction, composé de Professeurs, de musiciens professionnels, d'amateurs, d'élèves, a fourni un réel effort de propagande musicale. Tout le cycle des symphonies d'Haydn (le créateur) ont été inscrites au répertoire sans oublier les commentaires de chaque œuvre.
La classe de chant et de déclamation lyrique, professeur Madame Marthe Bernard, a réussi dans le cadre du Conservatoire de très belles réalisations de Mme Butterfly, fragments de Carmen et du Barbier de Séville, Véronique, Valse de Vienne, en entier avec la participation de l'orchestre. Egalement «Mozart» d'après une nouvelle du Docteur Colombani, avec une large part musicale du divin musicien de Salzbourg. Pour cette saison : Le Jour et la Nuit, opérette de Lecocq est en chantier.
La classe de diction et d'art théâtral que dirige Madame France Ellys, connue dans le monde théâtral, a réuni un groupe très homogène et l'année passée « Le Rosaire de Barcley », a eu un grand succès, tant ici qu'à Sidi Slimane et Fez.
Pour l'année 1951, « Week End » de Noël Coward est à l'étude ainsi que l'Arlésienne d'Alphonse Daudet, musique de Bizet.
Toutes les autres classes d'instruments, brillent par leur audition et les examens et concours de fin d'année.
— Avez-vous pensé de faire profiter de votre enseignement les enfants des quartiers lointains  ?
— Oui, j'ai créé deux annexes dans les quartiers excentriques et de celte façon, 70 à 80 élèves peuvent suivre le même enseignement qu'au Conservatoire. De plus, pour permettre aux éléments Israélites et musulmans de s'instruire, des cours de solfège et instruments ont été créés à des heures leur convenant.
— Les  Musulmans  s'intéressent-ils  à  notre  musique  ?
— J'ai eu jusqu'à 10 élèves dans les classes et deux éléments suivent l'orchestre en qualité de violon et donnent satisfaction pour le solfège où la théorie et la lecture des 7 clés n'a plus de secrets pour eux.
— Il   ne  reste  plus   qu'à  féliciter  cette  belle  phalange de  professeurs   et  d'élèves   et  son  actif  et  dévoué  Directeur Paul  Néri  qui  mènent à bien  une  noble et passionnante tâche — faire aimer la musique  et la  servir.


Dernière édition par Pierre AUBREE le Mer 21 Jan - 6:57, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 18:47

page 62


- le Michliffen ... IFRANE : Hôtel BALIMA - GRAND HOTEL - Hôtel FELIX  -   Hôtel  des   LILAS   -   Hôtel   des  TILLEULS Hôtel du  PARC  et du CASINO     ROSELAND  -  L'ESCALE - Le COIN de FRANCE -  Bar des Chasseurs.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 20:04

page 63


- DANS UN SITE GRANDIOSE, LE GRAND HOTEL BALIMA A IFRANE OFFRE AUX ESTIVANTS ET AUX HIVERNANTS LE CONFORT D'UN PALACE. ON DISTINGUE DANS LA FORET LE PALAIS RÉSIDENCE D'ETE DE S. M. LE SULTAN.

Ifrane Capitale touristique du Moyen - Atlas


Dans le vieil Empire marocain qui a été réveillé en 1912 par la baguette de Lyautey, les villes nouvelles créées de toutes pièces sont rares : sur la côte, Port-Lyautey, dans la plaine, Khouribga, et dans la montagne, Ifrane.
Ce dernier nom est apparu sur la carte du Maroc aux environs de 1929. Il a été prononcé tout d'abord avec scepticisme, et l'on ne s'est pas fait faute d'énoncer des critiques à l'égard des promoteurs de la nouvelle ville.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 20:08

page 64



- Altitude 1600, Home d'Enfants, Ifrane.
- Stock Français, Ifrane.
- Aux Rochers, El Hajeb.
- Palméri Vincent, Ifrane.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 23 Jan - 8:57

page 65


- ÇA ET LA DES PÉCHEURS GUETTENT LA TRUITE ET CE SITE ENCHANTEUR, OU LES TRONCS NOUEUX SE REFLÈTENT DANS LES MIROIRS D'EAU FORMES A CHAQUE TOURNANT N'A RIEN A ENVIER AUX RIVIÈRES DE FRANCE.

Vouloir créer une station estivale dans le Moyen Atlas, c'était de la folie : à l'époque des vacances, tous ceux qui partent s'en vont en France. Personne ne prendrait le chemin d'Ifrane. On a discuté aussi le site, on s'est récrié devant les dépenses de premier aménagement. Bref, les Français, qui sont à la fois des esprits critiques et réalisateurs, se sont comportés en vrais Français au moment de la création d'Ifrane.
Maintenant Ifrane existe, et la plupart de ceux qui y vont, qui y séjournent, qui en profitent, trouvent cette existence toute naturelle. Les uns ignorent et les autres ont oublié la naissance difficile de cette station, et l'énergie de ses créateurs, au premier rang desquels se place M. Eirik Labonne.
Le destin d'Ifrane s'est précisé au fur et à mesure que la ville s'équipait et s'agrandissait. Il est même apparu double : la station estivale qu'on a créée est devenue aussi une station d'hiver très agréable et très fréquentée. Inutile d'ajouter qu'Ifrane ne se vide pas entre deux saisons, et que ses printemps et ses automnes sont également appréciés.
Le génie de la France a donc inscrit sur la carte un nom et une ville qui fait partie aujourd'hui du patrimoine touristique du Maroc.
Pour aller de Meknès à Ifrane on prend la route qui escalade le plateau d'El Hajeb (34 km), centre agricole des Béni M'tir. A 2 km de là, on laisse à droite la voie impériale qui à travers un pays accidenté et montagneux conduit à Midelt, à Ksar es Souk et au Tafilalet.
La route de gauche mène à Ifrane, et d'abord à la forêt de Djaba, à 1.400 mètres d'altitude. L'on monte encore à travers des forêts, semées de clairières, l'on passe près de la zaouïa d'Ifrane, le long de l'oued Tizguit, et, après un dernier tournant, on arrive au but, c'est-à-dire devant le Lion sculpté qui est le monument d'Ifrane.
L'on se trouve maintenant dans un joli village de France dont les maisons ont des toits et des pignons. Les crêtes et les sommets avoisinants se parent, au coucher du soleil, des couleurs bleu-calme des montagnes vosgiennes.
A 73 km de Meknès, Ifrane, en temps normal a une population d'environ un millier d'habitants. Ce chiffre, en pleine saison, peut décupler, car aux estivants qui emplissent les nombreux hôtels il faut ajouter les campeurs qui occupent les sous-bois et les rives de l'oued célèbre par ses truites.
Le stade et la piscine sont des lieux très fréquentés, et on le comprend car Ifrane, station jeune, attire la jeunesse. Elle réconforte aussi ceux qui cherchent le repos et les tranquilles promenades en forêts.
Située à 1.650 mètres d'altitude, au milieu d'une clairière, Ifrane offre à ses hôtes des circuits très variés, à pied ou en voiture, en direction d'Azrou (17 km) d'Imouzzer (25 km), du Val d'Ifrane (8 km), du Michliffen (16 km).
Le nom de Michliffen et de ses pistes de skis figure depuis peu dans les rubriques sportives à la couronne touristique d'Ifrane, le « Misch » est en passe de devenir un centre hivernal fort bien équipé, qui attirera prochainement les champions internationaux.
Ifrane n'a donc pas dit son dernier mot. Mais telle qu'elle est actuellement, cette station, coquette et calme, mérite sa réputation, qui est indiscutée ; son succès s'affirme chaque année, été comme hiver, hiver comme été, pour le plaisir et le profit des habitants de l'Empire Fortuné.


Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 23 Jan - 9:00

page 66


-Les Tilleuls, Hotel-Restaurant, Ifrane.
- S.T.M. Société des Transports Meknassis.
- Les Lilas, Hotel-Restaurant, Ifrane.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 23 Jan - 9:17

page 67



- EN ROUTE VERS LES SOMMETS D’OÙ L'ON REDESCENDRA EN VERTIGINEUSES GLISSADES. LE REMONTE PENTE ET LE TÉLÉSKI ÉPARGNENT LA FATIGUE DES FASTIDIEUSES MONTÉES ET NOTRE PHOTOGRAPHIE MONTRE AVEC QUEL EMPRESSEMENT ILS SONT UTILISES. (Photo Verdy)

UNE NOUVELLE STATION DE SPORTS D'HIVER : LE MICHLIFFEN

par Guy EVIN. Contrôleur Civil, Chef des Service Municipaux d'Ifrane.

A moins d'une heure et quart de Fès et de Meknès. à quinze minutes d'Ifrane par la route, dans le cadre magnifique d'une forêt de cèdres, vient de s'ouvrir aux premières chutes de neige une nouvelle station de sports d'hiver dotée d'un équipement des plus modernes : le Michliffen.
Au moment où le ski exerce sur la jeunesse un attrait de plus en plus puissant, où le tourisme hivernal prend au Maroc un remarquable essor, Ifrane, centre d'estivage créé en 1929. se devait à son tour de créer, 21 ans plus tard, par un audacieux paradoxe, un centre d'hivernage digne de répondre à ces nouveaux espoirs.
Offrir à tous ceux qui s'intéressent au ski et à la montagne marocaine les renseignements les plus complets sur le processus et les conditions de cette réalisation, tel est ici notre simple propos.

Si la France possède dans les régions les plus variées de merveilleuses stations de ski aux noms évocateurs : Chamonix, Mégève, Courchevel, Val d'Isère, l'Alpe d'Huez, Chamrousse, Villard de Lans, Le Mont-Dore, Superbagnères, etc.... l'amateur fervent de sports d'hiver transplanté au Maroc se demandait hier encore : « Quels sont les champs de ski d'un accès facile et bien équipés ? ».
Cette interrogation résume, en une formule, toutes les conditions requises pour la création d'un centre de tourisme et de sports d'hiver. Mais, comme toute formule, elle a besoin d'être étudiée et son application soulève en fait maintes difficultés.

Des champs de neige skiables.
A 2.000 mètres d'altitude le Tizi IN'Tretten (col des chèvres) et le Michliffen ( la montagne aux toisons de laine) présentent des champs de neige connus depuis longtemps de tous les skieurs de la région de Fès et de Meknès.
C'est le Tizi N'Tretten. situé à 11 kms d'Ifrane. qui le premier, en 1936, a fait l'objet d'un aménagement sommaire : construction d'une piste empierrée réalisée par les moyens locaux, établissement de parcs automobiles et d'un chalet-refuge, installation d'un tremplin de saut.
Aujourd'hui cet aménagement n'est plus qu'un souvenir. Délaissant les champs de neige du Tizi pour des pentes mieux exposées, l'administration locale responsable du développement d'Ifrane a poursuivi les travaux d'accès sur une distance de 6 kms au delà du col, jusqu'au Michliffen.
Dans ce site d'une rare beauté, le ski-club d'Ifrane a construit, dès 1937, un chalet-refuge comprenant une grande salle commune et un dortoir aménagé.
En bordure de la forêt de cèdres, une pente très douce, favorable aux essais des débutants, s'incline jusqu'au refuge. A proximité immédiate, notamment au lieu dit « le grand cratère » du Michliffen, vaste cirque naturel, d'autres pentes de dénivellation plus ou moins forte, s'offrent aux skieurs expérimentés. Mais si le site est enchanteur, sa seule poésie ne saurait y retenir les amateurs fervents de ski et de luge.
Pour assurer, en effet, le succès d'une station de sports d'hiver, un bon enneigement est la condition essentielle.


Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 23 Jan - 9:23

page 68


- LE MICHLIFFEN (LA MONTAGNE AUX TOISONS DE LAINE) PRÉSENTE DES CHAMPS DE NEIGE D'UN ACCÈS FACILE. DANS CE SITE, D'UNE RARE BEAUTE, LE SKI-CLUB D'IFRANE A CONSTRUIT DES 1937 UN CHALET REFUGE FORT BIEN AMENAGE. (Photo  Verdy)

Avant de donner suite aux projets de la municipalité d'Ifrane, ce fut la première question que posa l'administration supérieure : l'enneigement du Michliffen est-il suffisamment abondant et durable chaque année pour justifier l'engagement des dépenses proposées ?
Peu de documents écrits permettent de répondre avec précision à cette question. Les bulletins d'enneigement du service des Travaux publics ne sont établis que lorsqu'il y a coupure de circulation et par conséquent ne peuvent fournir aucun renseignement sur les périodes d'utilisation des champs de neige. Les observations des autres services et organismes avant 1947 sont fragmentaires et ne peuvent servir de base sérieuse pour l'étude de l'enneigement du Michliffen.
Seule la station de météorologie d'Ifrane donne des indications précises pour la période allant de 1935 à 1949 : Moyenne annuelle des jours d'enneigement à Ifrane : 34 jours. Maximum : 74 jours en 1936. Minimum : 14 jours en 1949.
Toutefois, le relevé de l'enneigement effectué près du poste de météorologie sur une surface exposée toute la journée au vent et au soleil, à 1.635 mètres d'altitude, n'a qu'une valeur indicative très relative.
C'est ainsi que lors du dernier hiver 1949-1950, 23 jours d'enneigement seulement y ont été observés. Or le ski a pu être pratiqué, sans interruption, du 2 janvier au 8 mars de ...


Dernière édition par Pierre AUBREE le Jeu 23 Jan - 9:48, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 23 Jan - 9:35

page 69


- VUE SUR L'EMPLACEMENT DE L'ANCIEN MONTE-PENTE, A L'OUEST CHALET DU SKI-CLUB. (Photo Dubouchaud)

... cette même année — soit pendant plus de 65 jours — sur les pentes du « grand cratère » (1).
D'après des renseignements oraux émanant de source sérieuse et confirmés par de récentes observations, on peut admettre que la période moyenne d'enneigement favorable au ski dans le secteur du Michliffen s'étend chaque année de fin décembre début janvier à fin mars, soit une durée de 10 à 12 semaines.
Afin d'éviter la diffusion de nouvelles plus ou moins fantaisistes concernant la hauteur et la qualité de la neige, un spécialiste installé à demeure communiquera désormais chaque jour à Ifrane, grâce à la nouvelle ligne téléphonique du Michliffen, des notations précises. Celles-ci seront immédiatement transmises à tous les skieurs du Maroc par voie de presse et de radio. Ainsi seront dissipées bien des incertitudes avant le départ vers les champs de neige et peut-être épargnées quelques désillusions à l'arrivée.
L'absence de neige au cours de ces dernières années n'est d'ailleurs pas un phénomène spécial à l'Afrique du Nord. La plupart des stations de France ont également souffert d'un enneigement insuffisant.
Sait-on qu'aux Etats-Unis, à Lake Placid (Etat de New-York), aux championnats du monde de février 1950, le manque de neige nuisit considérablement au déroulement des épreuves ? Le concours de saut, remporté par le Norvégien Bjornstad, fut organisé au moyen de glace pilée répandue sur un lit de bottes de paille. Mais il fallut se transporter in-extrérnis à Rumford, dans l'Etat du Maine, pour disputer le fond. Les autres épreuves, descentes et slalom, eurent lieu dans des conditions satisfaisantes à Aspen (ait. 2.400 m.), sur le versant Pacifique des montagnes rocheuses, à 3.000 kilomètres de New-York.
Après le cycle d'années sèches et peu neigeuses que nous venons de traverser au Maroc depuis 1943, il faut espérer, pour la plus grande joie des skieurs et du monde agricole, que le retour aux précipitations normales ne tardera plus.
Cet espoir devient une réalité. A Ifrane. au cours des mois de décembre 1950. janvier et février 1951. les précipitations dépassent le chiffre record de 750 mm. Les hauteurs additionnées des différentes chutes de neige atteignent 4 mètres. Au Michliffen même, à partir de fin décembre, la couche de neige se maintient entre un et deux mètres. L'inauguration de la Station prévue pour le 28 janvier ne peut avoir lieu par suite d'une violente tempête de neige et est reportée au 4 mars. Aussi les amateurs de sports d'hiver peuvent-ils espérer faire du ski de printemps en avril prochain.

Des champs de ski facilement accessibles.
Rares sont les fanatiques qui se plieront à plusieurs heures de marche sur une piste boueuse ou neigeuse, en portant tout leur équipement, pour atteindre le refuge et le champ de ski situés loin des routes.
Plus rares encore sont les privilégiés qui peuvent s'offrir aujourd'hui le luxe d'une saison entière ou même d'un mois complet de sports d'hiver.
La majorité des citadins liée par ses charges ou ses occupations ne dispose en hiver, pour sa détente, que de périodes relativement courtes : quelques week-end, une quinzaine de jours au maximum.
Aussi le succès d'une station dépend-il avant tout de la commodité de ses voies d'accès et de la rapidité des transports.
Le beau refuge de Taffert dans le massif du Bou Iblane. à 56 kms d'Ahermoumou par la piste, semble encore désespérément lointain et l'organisation des stages par le Service de la Jeunesse en plein hiver y pose des problèmes de transport extrêmement ardus. Quant à l'Azurki, où existe également un petit refuge, à 20 kms de Zaouïa Ahansal (cercle d'Azilal), ses difficultés d'accès le condamnent à un isolement complet.
Bénéficiant d'un remarquable effort de l'armée et des travaux publics, la belle station de l'Oukaïmeden se trouve reliée à Marrakech par une route de 35 kms prolongée par une piste de 40 kms. La distance qui la sépare de cette ville représente environ deux heures à deux heures et demie d'automobile. Mais par mauvais temps, malgré les progrès accomplis, la circulation des voitures de tourisme reste encore précaire sur une partie de la piste.
A 12 kms d'Azrou. le Bordj Doumergue, station complémentaire et non concurrente du Michliffen. n'a pas eu à résoudre ce problème difficile. La route principale Azrou-Midelt passe en bordure même de ses vastes champs de neige, qui jouissent ainsi d'un avantage « naturel » indéniable.
Au contraire, le Michliffen s'est trouvé longtemps handicapé par l'insuffisance des voies d'accès. Partant d'Ifrane et passant par le Tizi N'Tretten (11 kms) une piste empierrée s'arrêtait encore récemment 5 kms plus loin, à 1 kilomètre du chalet du Ski-Club d'Ifrane. Ce parcours à pied d'un kilomètre par un chemin malaisé à travers la forêt décourageait nombre de skieurs.

(1) La première fête blanche d'Ifrane a eu lieu le 29 février 1936 à Ifrane même et au Tizi N'Tretten, avec le concours du syndicat d'initiative, sous la présidence de M. le général Goudot, commandant la région de Meknès, M. Wech, gérant le centre sous les ordres de M. Boniface, chef de la circonscription d'El Hajeb.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 23 Jan - 9:46

page 70


- LE GENERAL JUIN, SALUÉ AU MICHLIFFEN PAR UN GROUPE DE SKIEURS ALGÉRIENS LE 23 JANVIER 1751.

Grâce aux efforts conjugués des autorités régionales de Meknès et de la Direction générale des Travaux publics secondée par ses représentants locaux, la construction de ce tronçon de route a été achevée en 1949.
Cette heureuse et persévérante action permet également de réaliser aujourd'hui la réfection totale de la route Ifrane-Tizi N'Tretten - Michliffen (17 kms), dont l'aboutissement a lieu au « grand cratère », lieu de prédilection du ski.
La descente au cratère est elle-même facilitée par une piste autocyclable de 900 mètres, que vient d'ouvrir à travers la forêt, dans des conditions de célérité remarquables, un élément supplétif de la division clé Meknès.
A l'heure actuelle: le problème des accès au centre de ski est donc résolu.
Le Michliffen n'est plus qu'à un quart d'heure d'Ifrane par banne route.

Des champs de neige bien équipés.
Toutes les grandes stations françaises de sports d'hiver sont actuellement équipées de plusieurs appareils de remontée mécanique perfectionnés.
Le ski de descente et de compétition, dont la technique a progressé, surtout depuis 1935, d'une façon étonnante, ne se conçoit plus, en effet, sans téléski. Tout comme on n'imaginerait plus aujourd'hui le jeu de tennis sur un terrain vague, la course cycliste sur un chemin de campagne, le golf sur des charnus incultes, on exige dorénavant pour la pratique du ski d'entraînement des pistes spécialement aménagées, équipées et entretenues (2)
A une échelle plus modeste, la même exigence est valable pour le Maroc, où se pratique le ski de descente.
C'est ce qu'a parfaitement mis en lumière une curieuse expérience de la dernière saison d'hiver au Michliffen.
En novembre 1949. un mécanicien d'Ifrane prenait l'initiative d'installer sur une pente voisine du refuge et de faire fonctionner par ses propres moyens un monte-pente rudimentaire entraîné par un moteur de Jeep. A l'exemple de nombreux modèles peu coûteux en usage au Canada, le câble de traction consistait en une simple corde que les skieurs saisissent à pleine main, au grand dommage de leurs gants ou de leurs moufles. La piste de descente était assez courte (200 m.) et la dénivellation très faible (25 m.). Cet appareil a cependant fort bien marché et a permis d'attirer dans un endroit jusqu'alors peu fréquenté une clientèle de skieurs nombreuse et régulière.
Après cet essai il était à prévoir qu'une piste de descente mieux choisie et équipée d'une façon moderne devait connaître dans la région un plein succès.
Aussi après étude des lieux par le Ski-Club d'Ifrane et le Service de la Jeunesse et des Sports, le choix s'est-il fixé, en vue de cette installation, sur une pente boisée du grand cratère susceptible d'être transformée en une piste de descente longue de 800 mètres, large de 150 mètres, avec une dénivellation de 215 mètres.
Au cours de l'année précédente, cet emplacement avait déjà fait l'objet d'études préliminaires et d'un arrêté d'autorisation d'occupation temporaire au profit de la ville d'Ifrane (arr. 6 août 1949).
Pour aménager cette piste, située en pleine forêt, des travaux considérables de déboisement et d'égalisation du sol se sont poursuivis pendant plusieurs mois. L'aide efficace du Service des Eaux et Forêts en a facilité l'exécution.

Si toutes les conditions naturelles de l'équipement sportif du Michliffen semblaient réunies, un problème d'un genre différent restait encore à résoudre : le financement de l'opération (achat des téléski, des moteurs, des pylônes, mise en place, bétonnage, montage, etc...).
C'est ici qu'apparut nécessaire une étroite collaboration entre les services publics et l'initiative privée.
Il est évident que le développement d'Ifrane, station climatique, intéresse non seulement l'Etat, propriétaire de tous les terrains inclus dans le périmètre municipal et responsable du développement des sports et de la santé publique, mais nombre de particuliers résidant à Ifrane ou dans la région : hôteliers, commerçants, entrepreneurs, sans compter tous les amateurs de ski animés d'un pur esprit sportif.
Si l'Etat hésitait à engager dans cette entreprise tous les capitaux nécessaires, ne convenait-il pas de s'adresser au secteur privé directement intéressé ?
Dès le 17 mars 1950, M. le général Leblanc, chef de la région de Meknès, tout en soulignant, dans un rapport adressé à Rabat, l'intérêt que présentait le développement du Michliffen pour l'avenir d'Ifrane, suggérait d'associer des capitaux privés à l'entreprise de l'Etat.
C'est ce qui fut fait aussitôt après la saison de ski. le 30 mars 1950. par lettre circulaire de la municipalité d'Ifrane. lettre à laquelle répondirent favorablement la plupart des personnes et groupements sollicités.
« Si notre projet se réalise, comme nous le souhaitons ». lisait-on dans cet appel. « le téléski sera en état de fonctionner au début de l'hiver prochain ».
Le 5 mai suivant, le comité provisoire des souscripteurs, activement épaulé par le Syndicat d'initiative, faisait venir de France un constructeur spécialisé dans la fabrication des remonte-pente. M. Pomagalski, pour procéder sur place à un examen approfondi de la question.
Après confirmation du premier emplacement choisi, il était décidé d'équiper avec un deuxième téléski plus petit, à l'usage des débutants, une piste naturelle également située ...

(2) Cf. Revue annuelle du ski, saison 1946-47, l'article de Charles Diebold, directeur de la station de Val d'Isère.


Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 23 Jan - 9:56

Page 71


... dans le grand cratère, d'une longueur de 300 mètres et d'une dénivellation de 50 mètres environ.
Dès le 18 juillet avait lieu à Ifrane l'assemblée générale constitutive de la société anonyme « Sports-Ifrane » (société pour le développement du tourisme et des sports dans la région d'Ifrane) au capital de 3.500.000 francs, divisé en 700 actions de 5.000 francs chacune et souscrit par 105 actionnaires (3).
Amorcé dès le début par une subvention de 2.000.000 de francs du Service de la Jeunesse et des Sports, appuvé par la Direction de l'Intérieur et le Service du contrôle des municipalités (inscription au budget municipal de 1.500.000 frs). le lancement financier de l'entreprise était désormais assuré.
11 convient ici de remercier tous ceux qui. par leur action et leur compréhension, ont permis à ce projet d'aboutir si rapidement malgré les inévitables tâtonnement du début.
Restait à opérer la conciliation des intérêts de l'Etat et des actionnaires de la société. Tel est l'objet d'une récente convention passée entre le conseil d'administration de cette société et la municipalité d'Ifrane.
L'idée directrice de la convention est de maintenir cette entreprise sur un plan sportif et de l'empêcher de dévier dans un sens mercantile : l'objet essentiel consistant à développer dans la région la pratique du ski et le goût du tourisme hivernal.
La société est chargée de l'exploitation des téléski, chaque partie restant toutefois propriétaire d'un matériel déterminé.
Un représentant de la municipalité exerce les fonctions de commissaire du Gouvernement auprès du conseil d'administration. Il assiste à toutes les séances du conseil. Son accord est nécessaire, en particulier, pour fixer les prix de remontée (ticket individuel, carte journalière et carte d'abonnement pour la saison).
Au delà d'un certain pourcentage de dividendes strictement calculé, déduction faite des frais généraux, les bénéfices doivent être réinvestis dans l'équipement sportif de la station suivant un programme arrêté d'un commun accord entre les deux parties. Seule la gérance d'un bar-restaurant situé à proximité des téléski et confié à la société, assure à celle-ci des bénéfices commerciaux sans contrôle administratif.
Grâce à l'application de ce système d'économie mixte dans lequel s'équilibrent les droits et les obligations de l'Etat et de la société, l'équipement sportif du Michliffen est en mesure de se développer normalement selon les intérêts du ski et du tourisme marocains.
A compter de la prochaine saison (1950-19511, le Maroc disposera pour la première fois de trois centres de ski convenablement équipés : dans le Haut Atlas de Marrakech, l'Oukdimeden, le premier en date, avec deux téléski ; dans le Moyen Atlas, le Bordj Doumergue (Azrou) et le Michlijffen (Ifrane) respectivement équipés d'un et de deux téléski.
Les appareils en service à Ifrane répondent aux caractéristiques suivantes :
- Voir tableau ci dessus.
Le système adopté est le système Pomagalski, suivant lequel r appareil de traînage est constitué par une sellette fixée à une canne que le skieur doit enfourcher.
La sellette s'accroche par l'intermédiaire d'une chaîne et d une pince spéciale au câble de traction : des ressorts amortisseurs empêchent le départ de s'effectuer trop brusquement. Ce système ne nécessite pas la présence d'un employé au sommet, puisqu'il suffit de quitter la sellette et de lâcher l' ensemble qui poursuit son trajet, de sorte qu'une simple poulie de renvoi suffit à l'extrémité supérieure de la course. Les appareils de trainage sont automatiquement débrayés à leur retour à la station de départ.

L'aménagement d'un centre de sports d'hiver nécessite encore d'autres éléments, qui existent déjà à Ifrane et se développeront par la suite.
L'équipement hôtelier est constitué par 300 chambres d'hôtels de diverses catégories ; au Michliffen même, le chalet du Ski-Club est ouvert à ses membres ; dans le grand cratère vient d'être édifié sur une pente ensoleillée, à égale distance des deux téléski, un chalet temporairement réservé à la société « Sports-Ifrane » pour l'exploitation d'un bar-restaurant.
Afin de permettre aux skieurs de faire de rapides progrès, une Ecole de Ski français fonctionne au Michliffen depuis le début de la saison. Plus de deux cents skieurs ont pu être initiés à ce sport, qui connaît désormais dans tout le Maroc une vogue extraordinaire.
Aussi de nouveaux projets d'aménagement sont-ils à l'étude pour donner à cette Station l'essor qu'elle mérite.
Le service de secours est doté d'une ambulance automobile.
Les services de transport pour skieurs de week-end comporteront des cars automobiles directs Casablanca-Rabat-Michliffen (317 kms).
Le matériel de déneigement, aux mains d'un personnel expérimenté, qui comprend à Ifrane deux camions étraves et un Caterpillard, s'est révélé insuffisant devant l'ampleur des chutes de neige et la longueur des circuits à déneiger. C'est ainsi que dans la région du Moyen-Atlas la route principale Azrou-Midelt s'est trouvée bloquée pendant plus d'un mois avec des congères de 5 et 7 mètres de hauteur. Les Travaux Publics ont immédiatement fait le nécessaire pour commander en France et au Canada un matériel puissant et moderne, qui apparaît désormais indispensable.
Déjà s'élèvent au milieu de la forêt de cèdres les pylônes métalliques qui marqueront l'emprise humaine sur des champs de neige longtemps déserts.
Puisse le nouveau centre de sports d'hiver du Michliffen servir à la formation de la jeunesse, à l'émulation des skieurs de compétition et créer l'enchantement du visiteur.
Sans doute verra-t-on dans l'avenir surgir en des points plus élevés de la montagne marocaine, déjà marqués par les refuges du Service de la Jeunesse, d'autres stations, qui prolongeront encore les joies de la saison des neiges.
Le Michliffen est une étape sur la voie de ces réalisations futures.
N'est-ce pas là, pour le développement de l'économie sportive et touristique du Maroc, une heureuse et nouvelle perspective ?

(3) Sur ces 105 actionnaires, 10 possèdent 20 actions ou plus , 12 ont entre 10 et 20 actions ; les autres actionnaires au nombre de 83 ont versé le reste, soit plus de 1.200.000 frs.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 23 Jan - 16:07

page 72


- MAROC-GAZ SALUBRICOLE, Casablanca.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 23 Jan - 16:16

page 73



MEKNÈS, BERCEAU ET CŒUR DE L'ARBORICULTURE FRUITIÈRE MAROCAINE
par Léon BODE, Ingénieur de l'I.C.A.M.

Qu'était le Maroc en 1912

Une morne terre sans verdures et sans arbres, qui n'offrait au regard qu'horizons sableux, dès qu'étaient faites les pauvres moissons des fellahs. Mais la France survint, avec son intelligence et son cœur, mais aussi avec Lyautey qui l'y représenta.
Et dès lors, la gestation du florissant Maroc où nous vivons commença. Elle fut d'ailleurs très courte, car les réalisations surgirent bientôt dans tous les domaines des activités. Et ce fut la grande œuvre de résurrection d'une Nation que nous avions trouvée figée dans la misère et l'inaction, dont elle était incapable de sortir d'elle-même.
C'est donc à la France que le peuple marocain doit son essor actuel.

ANNEE 1919. — A Meknès se trouvait le jardin arabe de Ben-Halima. Il avait 28 ha. de superficie, et sous la direction de M. Christian, on en fit le premier Jardin d'Essais du Maroc.
On le divisa en deux parties. L'une d'elles fut réservée aux essences forestières, dont le rôle est de protéger le sol, par un écran d'ombres. L'autre partie fut organisée pour l'étude des cultures irriguées, et c'est là que se firent les premières plantations d'arbres fruitiers, scientifiquement conduites.
Ce jardin, dont l'altitude est de 600 mètres au-dessus du niveau de la mer, et dont le climat rappelle celui des zones continentales, fut nommé « Centre d'Etudes pour Fruits à pépins et à noyaux ».
On y planta donc pommiers, poiriers, pruniers, abricotiers, etc... On y planta aussi des noyers pour en étudier l'aire de dispersion possible dans le pays.
La bonne couche arable de ce jardin était de faible épaisseur. Le sous-sol était formé de tuff et d'argile.
On y fit donc de grands trous dans lesquels on fit des apports de bonne terre végétale, amenée d'ailleurs. Mais on irriguait, et en raison du sous-sol imperméable, après de brillants débuts, les plantations souffrirent d'asphyxie des racines, dès que celles-ci s'étendirent au delà des frontières de leurs trous de plantation.
Malgré cela, on avait eu le temps de fournir quantités de bons greffons aux agriculteurs du Maroc.
Or Bey-Rozet le sympathique Chef de notre Bureau d'Horticulture, était déjà là.
Un jour, Lyautey l'aborda, sur le lieu même du Jardin qui dépérissait. Il y régnait ce jour-là une atmosphère de déceptions.
« Eh bien Bey, qu'en dites-vous ?
« Ce n'est là, mon Général, qu'un accident dont les motifs sont bien connus, et qui ne peut se reproduire partout. Je vous affirme que le Maroc deviendra une Californie.
« Bravo Bey... J'aime votre comparaison et j'ai confiance « en vous. Je sais que vous ne parlez pas à la légère. Faites « votre Californie. »
Et la Californie marocaine surgit. En voici l'histoire :
Dans un coin du Jardin de Ben-Halima, vivotait une vieille orangeraie, composée de quelques 150 arbres d'espèces quelconques. Mais on y remarquait toutefois un oranger resté très vigoureux. Il se montrait en outre précoce, par rapport à ses voisins, car il offrait ses fruits en janvier.
C'est cet arbre qu'avait observé Bey-Rozet, qui en tira toutes sortes d'indications.
Et c'est de cette époque que se firent les heureux développements de l'agrumiculture du Maroc, grâce à l'importation des espèces Navels et autres, dont on expérimenta l'aire de dispersion dans le pays.



Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 23 Jan - 16:20

page 74


- La Société Nord Africaine d'Engrais, Casablanca.
- Scierie de l'Aviation, Jean F. Charron, Meknès.
- Compagnie Algérienne de Meunerie, Casablanca.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Pierre AUBREE
Admin



MessageSujet: Meknès et sa Région.   Jeu 23 Jan - 16:29

page 75


Les premiers Français qui partagèrent la confiance de Bey-Rozet furent Fourny, qui continue son œuvre de pionnier dans la région d'Agadir, où il acclimate avec succès toutes sortes de fruits tropicaux ; Serres, Morillon, Lacanal, puis tant d'autres, à qui la région de Meknès doit ses orangeraies.
De là, les plantations fruitières s'étendirent dans la vallée du R'Dom qui se transforma à son tour en Jardin des Hespérides. Et il y avait là, Blanchart, Levesque, etc... qui plantèrent en outre des abricotiers dont la réussite fut complète.
Bientôt la forêt fruitière gagna Sebaa-Aïoun, puis Aïn-Taoujdat, dont l'altitude est de 650 mètres.
Bey-Rozet y créa une Station modèle qui rendit d'énormes services à l'arboriculture marocaine, et qui, par la suite, fut transformée en Station de Génétique, qui existe encore.
C'est là que se fait l'étude de porte-greffes, et qu'y sont consignées leurs valeurs, par rapport aux sols et aux climats auxquels ils sont promis.
On y expérimenta notamment les cultures d'amandiers, de pruniers, d'abricotiers, etc... Et tout cela donna de grandes satisfactions aux colons.
Mais un jour le parasitisme survint, apparut et s'étendit.
Ce furent d'abord les attaques de la Cératite ou Mouche des Fruits, puis celles du Bupreste et du Capnode.
On lutta, on peina, mais on vainquit.
Car à tout mal se trouve, ou peut se trouver, un remède.
Et ces remèdes, aujourd'hui très perfectionnés, nous permirent la continuation des plantations fruitières de toutes espèces qui font aujourd'hui du Maroc, un vaste verger qui s'étend toujours.
Qu'est donc aujourd'hui ce verger dans la région de Meknès ?
Ses conditions climatiques favorables ont permis d'y créer d'importantes plantations d'agrumes d'arbres à fruits à noyaux, d'arbres à fruits à pépins, d'oliviers, de figuiers, de noyers et de vignes.
Toutefois le développement et l'extension de chacune de ces espèces ne se sont pas faits de façon uniformes, et certaines ont pris une importance considérable, tandis que d'autres n'ont pas progressé, ou même, ont vu les surfaces qui leur étaient consacrées, fortement réduites.
M. Cuenot, qui assure la Direction du Service de l'Horticulture à Rabat, a bien voulu nous donner le nombre d'arbres qui existaient dans la région de Meknès, en 1935 et en 1949.
Ces chiffres permettent de se rendre compte de l'évolution des plantations, qui depuis 1935 n'a cessé de progresser.

(Voir tableau ci dessus.)

Au point de vue de la répartition des cultures fruitières, ce sont les deux circonscriptions de Meknès-banlieue et d'El Hajeb qui groupent la majorité des plantations avec, en particulier, les régions de Sebaa-Aïoun, Aïn-Taoujdat, la vallée du R'Dom et les environs immédiats de Meknès.
La région de Meknès compte à elle seule :
9.20 % du total des oliviers du Maroc.
9.40 % du total des agrumes du Maroc.
35,80 % du total des vignes régulières du Maroc.

AGRUMES. — Leurs plantations s'étendent dans : Vallée du R'Dom, Les environs de Meknès Sebaa-Aïoun, Aïn-Taoujdat.
Dès le début, les Clémentines et les Thompson Navel furent désignées pour la vallée du R'Dom où la maturité est plus précoce de quelques jours, alors que les Washington Navel et les Valencia furent préconisées pour Sebaa-Aïoun et Aïn-Taoujdat.
Les variétés de mi-saison commencent maintenant à y être représentées, avec en particulier, les Sanguines qui trouvent dans la région de bonnes conditions de développement et de maturité. Néanmoins, les oranges précoces constituent encore plus de la moitié de la production d'agrumes de la région.

ABRICOTIERS. — Ces arbres peuvent être plantés dans presque toute la région de Meknès, où ils sont largement cultivés.
Cependant les attaques du Capnode ont causé des dommages considérables dans les plantations.
La même observation peut s'appliquer au pêcher, au prunier, et dans une moindre mesure à l'amandier qui résiste mieux à ce parasite.

CERISIERS. — Ces arbres végètent bien à partir de 600 mètres d'altitude. Il en existe quelques petites plantations dans la région de Meknès. Malheureusement ces fruits sont très goûtés des oiseaux.

FRUITS A PEPINS. — Les pommiers, poiriers et cognassiers végètent convenablement à partir de 600 mètres d'altitude, et l'on rencontre quelques plantations donnant de bons résultats dans la région de Meknès.

OLIVIERS - FIGUIERS. — La culture de ces deux espèces est surtout pratiquée par les Marocains. Néanmoins, plus de 2.000 hectares d'oliviers sont exploités par des Européens.

VIGNES. — La région de Meknès compte :
Vigne en plantation marocaine irrégulière : 2.000 ha.
Vigne en plantation européenne régulière : 11.000 ha. qui occupent les plateaux qui entourent Meknès, sauf vers le Nord.
Notons la très grosse importance de cette culture.

PALMIERS-DATTIERS. — On y compte 1.224.000 arbres représentant 26 % du total des palmiers existant au Maroc, où les régions d'Erfoud et Rissani en comptent le plus.
Les plantations fruitières ne contribuent pas seulement à compléter l'alimentation des hommes.
Les vergers sont une forêt, et comme toute forêt, ils servent d'écran protecteur du sol contre les ardeurs du soleil. Et là où existe la forêt, les deux grands ennemis de l'humus, à savoir, le vent et l'érosion par l'eau sont écartés. On sait en effet qu'un sol sans arbres ni végétation se transforme rapidement en steppe aride, surtout si ce sol est léger.
Plantons donc beaucoup d'arbres, qu'ils soient fruitiers ou non, afin de nous opposer à l'usure de la terre, à sa des-sication, en un mot, à sa stérilité et à sa ruine.



Revenir en haut Aller en bas
http://www.cemaroc.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Meknès et sa Région.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Meknès et sa Région.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ce Maroc bien aimé :: BIBLIOTHÈQUE :: Revues et Livres : -2- "MAROC Moderne" :: MEKNÈS 1951-
Sauter vers: