Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Meknès et sa Région.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Sam 18 Jan - 8:43

page 26


- SUR UN CIEL DE NUAGES SE DETACHE LE CEDRE DONT LES BRANCHES UN JOUR SE TRANSFORMERONT EN CENTAINES DE CRAYONS.

... modernes et puissantes, qui assurent qualité et rendement, remplacent petit à petit la vieille huilerie marocaine.
Le magnifique développement de la vigne, la qualité des produits obtenus, ont très vite nécessité la création de caves privées et de caves coopératives, et la réputation de nos crus a gagné le Maroc tout entier. Le noble sujet qu'est le vin lui vaut une place et une présentation privilégiées que nous laissons à nos vignerons.
La betterave, connue et expérimentée depuis trente ans, dans nos stations d'essai, a fait ses preuves de qualité et de rendement. Sa culture est une véritable révolution, qu'aucune autre plante ne peut si complètement apporter : emploi d'une abondante main-d'œuvre, assurance partielle ou totale du ravitaillement du pays, amélioration de la production générale agricole par une consommation accrue et payante d'engrais, production d'abondants sous-produits précieux pour l'élevage et la fertilité des terres, etc..., etc...
La guerre et les difficultés de mise au point ont retardé jusqu'alors la création et l'installation de la sucrerie et de sa sœur jumelle la distillerie. Ce vide est maintenant comblé pour notre région. La « Société Marocaine d'Industries Agricoles » réalise au M'jat ses constructions et ses installations, et sa première campagne est prévue pour 1951. Ses dirigeants apportent, avec une parfaite connaissance du pays, toute la science et la longue expérience de cette industrie. La betterave sera tout d'abord utilisée pour la distillerie, l'alcool de bouche et l'alcool industriel trouveront un débouché immédiat car le Maroc est importateur d'alcool.
La distillation des fleurs de rose constitue chaque printemps une petite industrie artisanale active. Ce sont ces produits, abondamment diffusés dans tous les intérieurs marocains, qui parfument si délicieusement les diffas. Des distilleries industrielles se sont créées, à côté de cette production familiale. L' « essence de rose », la « concrète de rose » obtenues, rivalisent avec les essences d'Orient, de Bulgarie en particulier. Ces distilleries, dont beaucoup sont volantes, tirent de la végétation spontanée locale les essences de thym, de romarin, de fausse lavande, etc... Le cèdre, et plus spécialement sa souche, donne par distillation de l'essence de cèdre, et par traitement pyrogène, de l'huile de cade, qui trouvent place dans la pharmacopée marocaine. La menthe « Mitchan », dont l'essence a un large emploi chez les pharmaciens, les liquoristes. les fabricants de pâtes dentifrices et de beauté, est cultivée et distillée sur les lieux de production.
Les cultures de fibres végétales, de fibres textiles, de ramie, de lin, de chanvre, etc... ont été expérimentées avec succès et leurs produits seront tôt ou tard traités industriellement. Nous n'avons pour l'instant que la fibre de palmier nain, notre doum marocain, qui. conditionné dans des usines modernes, assure à l'exportation un tonnage intéressant.
La conserverie n'a pas été importée au Maroc par les Européens. Les Marocains connaissent depuis longtemps le séchage et le fumage des produits végétaux et animaux. Les terrasses de nos médinas comportent toujours, durant la belle saison, de véritables sécheries de viande, souvent complétées par la conservation sous huile. Le tout d'ailleurs d'excellente et de parfaite technique.
La conserve appertisée, qui seule permet une conservation indéfinie, a pris place dans notre région dès 1932. D'importantes usines dotées de matériel moderne : les Conserves Nora, les Ets Neyron et Sibut, etc... pour ne citer que les plus importantes, traitent les légumes et les fruits régionaux. Le terroir, le climat, les conditions particulières de culture, donnent à ces productions des qualités spéciales qui leur confèrent les caractères de véritables crus. Les petits pois qui représentent plus de cinquante pour cent de la production marocaine, les tomates, les abricots, sont, parmi ces spécialités, particulièrement à retenir.
L'organisation de la chaîne du froid au Maroc a valu à notre région le merveilleux maillon de nos abattoirs et de nos entrepôts frigorifiques. Le froid étendu à la préparation et à la conservation de nos productions végétales et animales, devient le plus précieux auxiliaire de leur présentation et de leur diffusion.
Notre région s'est récemment enrichie du concours de la « Société d'exploitation chérifienne des Cèdres de l'Atlas » à El Hajeb. Cette société conditionne le bois de cèdre en vue de la fabrication de crayons. Elle entreprendra bientôt, avec le concours de la firme française BAIGNOL et FARJON. la fabrication complète des crayons. Ce sera là un apport intéressant à l'approvisionnement marocain.
Nous voyons donc s'organiser dans notre région l'industrialisation progressive de toutes les productions locales, et c'est une large contribution apportée à l'évolution générale. C'est la suite logique et le couronnement d'une mise en valeur laborieuse. Les techniques variées de l'industrie imposent pour notre personnel marocain une formation qui, avec des salaires meilleurs, assure parallèlement l'élévation rapide de leurs conditions actuelles.
Il est un résultat dont nous sommes plus justement fiers, car nous sommes orgueilleux dans notre région, c'est celui d'avoir gardé à la terre nos collaborateurs marocains. Les industries que nous venons de citer auraient pu s'installer à Meknès où elles trouvaient toutes les facilités et tous les concours. Elles ont, pour la plupart, préféré le bled. Nos contremaîtres, nos ouvriers, nos ouvrières, appartiennent aux douars voisins. Chaque jour, dans les aubes et les crépuscules familiers, ils retrouvent le foyer, le champ et le troupeau. L'héritage millénaire de la sagesse terrienne leur est ainsi gardé, et les préserve du désarroi moral et intellectuel qui agite et ébranle le vieil édifice du monde.



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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Sam 18 Jan - 9:10

page 27


- M. LEON HILAIRE, QUI A BIEN VOULU ÉCRIRE CET ARTICLE FORT DOCUMENTÉ SUR « L'ENTREPRISE DE TRAVAUX AGRICOLES » EST LE VICE-PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE SYNDICALE DES ENTREPRENEURS FRANÇAIS AU MAROC (SECTION DE MEKNÈS). AUSSI AFFABLE QUE TRAVAILLEUR, M. HILAIRE NOUS RÉVÈLE LES « DESSOUS » DE PROSPÉRITÉ AGRICOLE DE LA RÉGION

- POUR METTRE EN VALEUR LE BLED, LA CHARRUE DE BOIS DES FELLAHS, IDENTIQUE A L'ARAIRE DES PAYSANS ROMAINS, NE SUFFIT PLUS. ON SE SERT MAINTENANT D'ENGINS PUISSANTS ET EFFICACES, COMME CELUI QUE MONTRE CETTE PHOTOGRAPHIE.

L'ENTREPRISE DE TRAVAUX AGRICOLES

par Léon HILAIRE. Vice-Président de la Chambre Syndicale des Entrepreneurs Français au Maroc de Meknès.

LE prodigieux développement du Maroc, l'accroissement si rapide de sa population, exigeaient que le sol de ce pays fut, par une modernisation des procédés de culture, mis à même de subvenir à des besoins en constante augmentation.
Comme il ne fallait guère songer, au départ de la mise en valeur du Maroc moderne, de demander aux agriculteurs indigènes l'effort financier pour acquérir le matériel mécanique indispensable aux travaux jugés nécessaires, des entreprises furent créées dans le but de seconder les agriculteurs marocains et français en mettant à leur disposition des moyens adaptés à des nécessités accrues.
Dès 1921, un technicien éclairé. M. Louis GIRAUD, dont le dynamisme persévérant est connu de tous, sut créer et diriger la première entreprise agricole au Maroc appelée « Compagnie de Matériel et de Travaux Agricoles ». Cette entreprise exécuta à Boulhaut, Fédala et dans le Gharb d'importants travaux de défrichement à l'aide d'appareils pétrolo-électriques Sautter-Harley étudiés spécialement pour la mise en culture des terres marocaines.
Quelques temps après, l'entreprise LOEIZOUR effectua dans notre région et plus particulièrement aux AIT YAZEN, pour le compte du Protectorat et pour celui d'exploitations privées, le dédoumage de grandes surfaces de terre.
Signalons enfin l'essort rapide que prirent en 1927 les centres agricoles de RAS EL ARBA et TIFRTT grâce aux travaux effectués par l'Entreprise LAPORTE-BORDET.
Ce fut à dater de cette période que l'Amérique exporta au Maroc les premiers tracteurs à chenille, matériel de conception moderne, qui permit à l'agriculteur d'avoir l'équipement nécessaire pour réaliser lui-même le défrichement de ses terres à des prix de revient inférieurs à ceux pratiqués par l'entreprise.



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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Sam 18 Jan - 9:18

page 28


- DEVANT CET AMONCELLEMENT DE TERRES. ON CROIRAIT ASSISTER A QUELQUE EPISODE D'UN CONFLIT COSMIQUE. IL S'AGIT EN RÉALITÉ D'UNE ŒUVRE A LA FOIS PACIFIQUE ET DIFFICILE. LES HOMMES QUE NOUS VOYONS NE SONT PAS DES MARTIENS EN TRAIN DE CONQUÉRIR UN SECTEUR DE NOTRE PLANÈTE, MAIS DES TECHNICIENS QUI DÉFONCENT DES TERRES ENCORE INCULTES ET PRÉPARENT LES MOISSONS FUTURES.

Dès lors et jusqu'à l'application du dahir du 7 août 1934 qui interdit l'augmentation du vignoble, l'activité de l'entreprise agricole fut limitée aux seuls travaux de défoncements. C'est ainsi que subsiste jusqu'en 1934-1935 l'Entreprise IBISA qui, à l'aide d'un jeu de locomobiles à vapeur et de charrues à bascule, effectua à TIFRIT l'ameublissement de grandes surfaces destinées à la vigne.
Puis survint la crise agricole de 1934-1937. A peine certains symptômes de reprise se manifestaient-ils qu'éclatait la seconde guerre mondiale ; circonstance évidemment peu favorable au développement agricole du Maroc, et qui eurent pour effet de réduire dans des proportions très sensibles le matériel mécanique.
En 1944. dès la reprise de l'activité économique, pour parer aux travaux les plus urgents nécessités par la reconstitution du vignoble que le phylloxéra ravageait depuis plusieurs années, la Société d'Industrialisation Agricole du Maroc « S.I.A.M. » acquit dans le Souss des locomobiles FOWLER à moteur diesel ainsi que des charrues à bascule de même marque. Concurremment elle mit à la disposition de l'agriculteur français et marocain des machines destinées aux travaux courants. En effet, n'était-il pas indiqué d'utiliser un même matériel pour plusieurs usagers alors que celui détenu par l'exploitant était épuisé ou inexistant ?
A l'image de la S.I.A.M, deux nouvelles Sociétés s'organisèrent, l'une à Casablanca : « L'Entreprise Marocaine de Défoncement Industriel ». l'autre à Meknès : « LACHAISE et BOTELLA » dont M. LACHAISE est l'animateur incontesté.
L'objet de ces entreprises fut vite reconnu indispensable. Aussi la Fédération des Chambres d'Agricutue et la Direction des Affaires Economiques surent-elles judicieusement provoquer la création de mêmes activités à forme privée ou coopérative.
Ce résultat si hautement souhaitable pour le progrès et le rendement de l'agriculture marocaine est dû à la compréhension et aux efforts des Associations Agricoles aussi bien qu'à ceux de l'Administration. Il convient en particulier de citer M. AUCOUTURIER, Président de la Fédération des Chambres d'Agriculture du Maroc, dont le labeur inlassable et l'intelligente volonté surent vaincre la majorité des obstacles, et M. GILLOT, Directeur de la Production Agricole, qui, par son esprit réalisateur et sa connaissance profonde des besoins de l'agriculture, sut comprendre l'importance de l'entreprise agricole et faire aboutir les projets qui lui étaient soumis.
C'est ainsi que dès 1945, les entreprises de travaux agricoles créées à Casablanca, Rabat, Petit Jean, Meknès, Fez, ...


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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Sam 18 Jan - 9:27

page 29


- AUTRE   VISION   QUASI-APOCALYPTIQUE. LES   CITADINS   NE   SE   DOUTENT   PAS   DES   PROGRÈS   ACCOMPLIS
PAR   LES   TECHNICIENS   DU   BLED.   CEUX-CI   ONT   A   LEUR   DISPOSITION   UN   MATÉRIEL   DE   PLUS   EN   PLUS
PERFECTIONNE,   CELUI-LA   MÊME   QUE  DÉCRIT   M.   HILAIRE   DANS   SON   ARTICLE

... Oujda, obtinrent sur les répartitions de matériel des engins puissants destinés aux travaux spéciaux : défoncement, sous-solage. épierrage, etc... raisons pour lesquelles l'on voit aujourd'hui le bled sillonné de tracteurs lourds tels que Caterpillar, International, pour ne citer que les plus connus, tractant charrue à bascule de conception européenne ou défonceuse à dents américaines appelée « Rooter », appareil qui rend actuellement d'énormes services. Avec ses larges dents, il éventre les sols les plus difficiles, jusqu'à 70 cm. ou ameublit aisément les terres compactes. En adaptant à ses sabots des ailerons il arrache les souches de vigne, extirpe les racines d'arbres, soussole les orangeraies, vergers, défriche les terres encombrées de jujubiers, etc... C'est grâce à lui que des milliers d'hectares réservés autrefois au pacage sont aujourd'hui en pleine culture.
L'évolution technique du matériel destiné aux améliorations agricoles ne s'arrête pas là. Depuis deux ans en effet, certaines entreprises de travaux agricoles mettent à la disposition des exploitants un matériel non moins important, tel que : Scraper, Bulledozer, Motograder. etc... Ces engins, utilisés jusqu'ici par l'Entreprise de Travaux Publics pour la création de routes, champs d'aviation, barrages, etc... servent à l'heure actuelle à niveler des surfaces de terre destinées à une future orangeraie, combler un fossé ou un lit d'oued, construire des chemins d'exploitation, effectuer le terrassement de caves, préparer des rizières ou des cultures irriguées suivant une courbe de niveau, etc...
Outre la solution de problèmes techniques, l'Entreprise Agricole évite au propriétaire terrien des immobilisations qu il lui serait difficile d'amortir. Quel est en effet l'agriculteur qui, possédant le matériel d'un chantier normal d'entreprise d'une valeur de 10.000.000. pourrait amortir sur sa seule exploitation une telle somme ?
1  tracteur de 120 CV avec treuil       7.000.000
1 charrue bascule 5 T       1.500.000
1 Rooter           1.000.000
Le matériel de ravitaillement 500.000
Total :10.000.000
Les entreprises de travaux agricoles en mettant en service, à côté du matériel classique, des engins puissants et modernes, contribuent pour une large part au développement agricole du Maroc, car non seulement elles apportent, par les améliorations qu'elles permettent de réaliser, un important supplément de richesses, mais aussi elles donnent à l'agriculteur marocain, peu familiarisé encore aux méthodes modernes de culture, ample matière à réflexion et source inépuisable d'enseignements.
Il appartenait à la région de Meknès, la plus belle des régions agricoles du Maroc, de favoriser, plus que toute autre, l'essor de cette activité montrant ainsi qu'elle entendait rester dans ce domaine à la tête du progrès et de l'effort intelligent et tenace.
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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Dim 19 Jan - 7:54

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-Société des Docks Silos de la Région de Meknès, Meknès.

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Dim 19 Jan - 8:02

page 31


- AU MOMENT DES MOISSONS, LA PLAINE FERTILE S'EMPLIT DU BRUIT DES MACHINES. LES POÈTES NE PEUVENT PLUS ACCORDER LEUR LYRE ET RECULENT DEVANT LES ENGINS PERFECTIONNES QUE MONTRE NOTRE PHOTOGRAPHIE. MAIS LES NOUVELLES GEORGIQUES QU'ON POURRAIT COMPOSER EN L'HONNEUR DES RICHESSES AGRICOLES DE MEKNÈS TROUVERONT SANS DOUTE UN JOUR L’ÉCRIVAIN QU'ELLES ATTENDENT.

LES CÉRÉALES ET LÉGUMINEUSES DANS LA RÉGION DE MEKNES

par Laurent BERTIN. Président de la Société des Docks Coopératifs de la Région de Meknès.

LA Région de Meknès. une des plus belles et des plus fertiles du Maroc, mérite à juste titre sa réputation de par sa situation, son climat, la qualité de ses terres ainsi que de l'abondance de ses récoltes. De toutes les cultures, les céréales occupent la première place et annuellement une superficie moyenne de plus de 220.000 hectares est cultivée en :
Blé dur 90.000 hectares
Blé tendre 38.000 »
Orge 70.000 hectares
Avoine 7.000 »
Maïs 15.000 »
Le BLE DUR, qui arrive en tête de toutes ces productions, était surtout cultivé par les fellahs. Depuis quelques années, la colonisation européenne a poussé cette culture pour les besoins de la Métropole qui en demande pour la fabrication des pâtes alimentaires et des semoules.
La production moyenne est de plus de 620.000 qx. dont près de 500.000 qx. par les Marocains avec 80.000 ha. et 120.000 qx. par les colons avec 10.000 ha. cultivés en cette céréale. L'amélioration des blés durs est basée surtout par la mise en culture de variétés sélectionnées qui sont le 250. le 1658, le 272. Par les coopératives agricoles marocaines, ces variétés sont également propagées en cultures marocaines.
Voici quelle est l'importance de cette culture dans la région de Meknès depuis 1940 : voir tableau ci dessus.




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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Dim 19 Jan - 8:08

page 32


-C.I.A.A.N., Comptoir Industriel Agricole et Automobile du Nord, Meknès.
- WELCO - MAROC, Casablanca.
- David R. Benarrosh, Meknès.
- Sté Commerciale Marocaine des Grains, Casablanca.


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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Dim 19 Jan - 8:16

page 33


Le BLÉ TENDRE est la première céréale cultivée par les colons depuis l'installation de ces derniers dans les différentes régions du Maroc. L'étude et les recherches qui se poursuivent sur cette culture ont permis d'obtenir des variétés à très forts rendements et de très bonne valeur boulangère. La production dans notre région a dépassé 600.000 quintaux en 1946. Le fellah lui consacre une place de plus en plus grande et la superficie totale cultivée pour la campagne 1949-50 est de plus de 41.000 ha. dont 24.000 pour la colonisation et 17.000 pour les Marocains. Voici d'ailleurs le tableau donnant depuis 1940 les surfaces et les productions : voir tableau ci dessus.
De toutes les variétés les Florence-Aurore (588 et 2511) sont en tête puisqu'ils donnent plus de la moitié de la production en blé tendre.
C'est en effet la variété qui convient le mieux dans la Région de Meknès et ses rendements sont les plus réguliers tout en donnant la meilleure qualité. Parmi les autres variétés cultivées nous citerons les 422 (Pusa), 386 (Florence), 335 (Cadet), 982 (Barota) et 2306 (Pynite), utilisés suivant les terres, leur préparation, etc... Le 2306 notamment parait convenir en culture marocaine et a actuellement la faveur des fellahs.

L'ORGE, qui est la céréale la plus répandue au Maroc, n'occupe cependant que la seconde place dans notre région. Très rustique, peu exigeante, bien acclimatée, peut donner des rendements élevés : 40 quintaux à l'hectare dans des conditions évidemment favorables.
Les surfaces ensemencées sont assez irrégulières et on note de 40.000 à 98.000 ha. suivant les années et les conditions climatériques. En 1949-50. 83.000 ha. ont été ensemencés dont 70.000 ha. en culture marocaine et 8.000 en culture colon. La production varie de 250.000 à 850.000 qx. avec des rendements moyens de 7 à 10 qx. à l'ha. en culture marocaine et de 10 à 15 en culture européenne. L'orge couramment cultivée est l'orge à 6 rangs. Quelques essais sur les orges à deux rangs ont donné de bons résultats et cette qualité est réservée pour la brasserie.

L'AVOINE a été introduite au Maroc par les colons. Cette culture est faite surtout en grosse partie pour les besoins de l'alimentation du bétail (chevaux et mulets) et en très faible partie pour la fabrication de certains produits tels que les flocons d'avoine et farines. Sur le plateau de Meknès en 1934, 4.200 ha. étaient cultivés ; en 1939 : 12.500 ha. et depuis on note une diminution puisque de 1946 à 1950 on ne consacre plus à cette céréale que de 6.000 à 8.000 ha. Les rendements moyens sont de 15 qx. à l'ha. Le fellah ne cultive que très peu d'avoine.

Le MAÏS, par contre, est mis en culture par les Marocains qui ont semé 16.000 ha. en 1950. La production a été de 120.000 quintaux. Les colons font un millier d'hectares réservés pour les besoins des exploitations. La culture du maïs hybride est au stade expérimental et paraît être intéressante.
Nous citerons en passant le SEIGLE qui est peu connu dans notre région et le SORGHO plus répandu est fait en culture de printemps par les fellahs lorsque les conditions sont favorables.

LÉGUMINEUSES. — Les légumineuses tiennent également une place très importante dans les cultures de notre région.
Le Pois est la légumineuse la plus cultivée, soit sur contrat avec des maisons de semences, destiné à l'exportation, soit pour la casserie et utilisé à la consommation marocaine ou à l'exportation. Son écoulement dans ce dernier cas n'est malheureusement pas toujours facile. A Meknès. sa production, qui était de 50.000 qx. en 1934, a atteint 178.000 qx. en 1948. L'entretien de cette culture nécessite une très grande main-d'œuvre et cet inconvénient, qui s'ajoute à ceux bien plus graves des attaques du ver, des difficultés de récolte et des cours incertains, font que les colons cherchent son remplacement par d'autres cultures.
La Fève occupe dans notre région 4 à 5.000 ha. en culture marocaine et un millier d'hectares en culture européenne. Pour les raisons indiquées plus haut, cette culture semble prendre une extension et remplacera en partie, dans certaines exploitations, les cultures de pois. Elle constitue une excellente tête d'assolement, mais demande aussi à être défendue contre les attaques du puceron noir qui peut l'anéantir.
Le Pois chiche intéresse surtout le fellah et très peu le colon, occupe de 5.000 à 11.000 ha. suivant les années.
Les Lentilles. Cette production a eu pendant quelques années un certain succès puisque les surfaces ensemencées ont atteint plus de 4.000 ha. Les colons cultivent plus facilement ...


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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Dim 19 Jan - 8:22

page 34


- LE MACHINISME EST AU SERVICE DE L'AGRICULTURE NON SEULEMENT DANS LE BLED, MAIS ENCORE A L’INTÉRIEUR DES DOCKS-SILOS. ON VOIT ICI UN GROUPE D'ENSACHEUSES QUE CONTRÔLE UN MANUTENTIONNAIRE IMPECCABLEMENT VÊTU DE BLANC.

... la lentille verte, par contre les fellahs restent fidèles à la lentille plate du pays. Comme pour toutes les légumineuses, la production des lentilles est fonction de l'écoulement et les difficultés actuelles de commercialisation font abandonner cette culture.

ORGANISATIONS RÉGIONALES
Nous terminerons en signalant le rôle joué par les organisations coopératives dans la production des céréales :
Les Coopératives agricoles de vente et d'achat qui fournissent les engrais indispensables et utilisés de plus en plus aussi bien en culture marocaine qu'européenne. Elles mettent également à la disposition des agriculteurs tous les produits de défense des cultures contre les maladies et les parasites des cultures.
Les Coopératives de stockage et conditionnement.
— a) La Sté Coopérative Agricole Marocaine de Meknès qui en moyenne tous les ans stocke et conditionne 100.000 à 150.000
quintaux de céréales diverses de production marocaine. Elle régularise en outre les cours dans les marchés locaux et fournit des semences de qualité aux agriculteurs marocains, contribuant ainsi à l'amélioration de la production céréalière.
— b) La Sté des Docks Silos Coopératifs de Meknès. créée en 1929, peut loger en silos et magasins plus de 500.000 qx. Cet organisme, qui a pour but de recevoir, conditionner, conserver et vendre les différentes céréales et légumineuses de la colonisation, favorise également toutes les recherches en vue de l'amélioration des différentes productions de céréales et possède un équipement perfectionné, permettant le nettoyage des grains destinés au commerce ou aux semences.
L intérêt de ces Organismes est indéniable puisqu'ils ont permis la suppression de toute spéculation sur la plus grande partie de notre production et stabilisé les marchés. Leur possibilité de stockage permet en outre de rendre les plus grands services dans l'économie marocaine.


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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Dim 19 Jan - 8:28

page 35


- LES FORETS DE LA MONTAGNE ENCHANTENT LES TOURISTES ET FONT SOUVENT LA RICHESSE DES HABITANTS, QUAND L'EXPLOITATION EST JUDICIEUSEMENT MENÉE. CETTE PHOTOGRAPHIE NOUS MONTRE UNE FORET MAROCAINE D'UNE BELLE DENSITÉ,   DANS LE MOYEN-ATLAS,  ET LES ARBRES QUI JONCHENT LE SOL AU PREMIER PLAN INDIQUENT QUE CETTE FORET EST EN PLEIN RAPPORT.


LA FORÊT MAROCAINE DANS LA RÉGION DE MEKNES

par le Colonel B. HURE. Conservateur   des   Eaux  et   Forêts.

LA Région de Meknès est la plus riche du Maroc en belles forêts ; au nord de la ligne de crête du grand Atlas, la surface des forêts atteint 5.000 kms carrés ; soit un taux de boisement de 25 %. Elles s'étagent surtout sur les deux systèmes montagneux qui traversent la région du Sud-sud-ouest au nord, nord-est :  le plateau du  Moyen Atlas  et la chaîne  du grand Atlas articulés l'un sur l'autre à Arhbala.
Le moyen Atlas est tabulaire. L'érosion lente n'y pose pas de très graves problèmes. Peut-on, sans tenter le sort rappeler qu'au cours de l'été dernier, il n'y a pas eu de crues catastrophiques dans le moyen Atlas sur la région de Meknès malgré des pluies torrentielles, certaine de 40 m/m en 45 minutes à Aïn Khala, le 13 Août.
Le relief, jeune, comporte des bassins intérieurs fermés (aguelmanes) qui régularisent les sources et limitent les glissements de terrains. Les oueds qui en viennent sortent parfois en sources vauclusiennes (Oum Er Rbia) évitant l'érosion dans le bassin supérieur.
La chaîne du grand Atlas est beaucoup plus majestueuse. La forêt (chêne, cèdre, pin d'Alep, genévriers) s'arrête à mi-versant dans son ascension vers la crête. Les sommets laissent apparaître des pentes dénudées ou couvertes en hiver d'un éclatant manteau de neige. Certaines falaises ou gorges rocheuses font à la forêt un splendide encadrement dans une farouche opposition de couleurs. Les pluies sont rares mais violentes. Elles entraînent comme en Septembre 1950 les routes, les champs, les chèvres (juste retour des choses) les ponts et même les truites asphyxiées par la boue...
L'érosion humaine a certes comme partout ailleurs atteint toutes les régions habitées : l'itinéraire séculaire des caravanes et des harkas, entre Rabat et Fès, ...

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Dim 19 Jan - 8:36

page 36


- LES CHÊNES-LIÈGE ENTREMÊLENT LEURS BRANCHES, ET LEURS SILHOUETTES TOURMENTÉES ACCENTUENT LE CARACTÈRE FAROUCHE DE CE PAYSAGE DE MONTAGNE ET DE ROCHERS.
- LES ARBRES DE CETTE HAUTE FUTAIE, OU LES ESSENCES SONT VARIÉES, COMPOSENT UN DÉCOR FAMILIER AU TOURISTE QUI DÉCOUVRE LES BEAUTÉS FORESTIÈRES DU MOYEN-ATLAS.

... a fait le vide de part et d'autre et ne peut donner au touriste pressé aucune idée de la richesse de la région en forêts.
Les peuplements actuels sont le résidu d'une longue érosion humaine rongeant depuis des siècles leurs lisières. En traversant la région du Nord au Sud par l'itinéraire d'Azrou, El Hajeb, Ifrane, on admire des forêts de plus en plus belles non seulement à la mesure de l'altitude croissante, mais aussi de l'éloignement des villes ou centres commerciaux.
Les Romains achetaient à Volubilis le bois de citre (thuya) et les madriers de cèdre. Les dynasties berbères envoyaient en Andalousie leurs plus beaux bois du Moyen Atlas.
Le Sultan Moulay Ismaïl brûlait au XVIIIme siècle les forêts d'Ifrane et d'Azrou pour « chasser les bêtes féroces et punir ses sujets révoltés ».
Les pasteurs ont fait de même pour améliorer pendant quelques années leurs pâturages et les charbonniers de Fès et de Meknès ont de tout temps fait leurs exploitations au plus près en suivant la loi du moindre effort. La forêt de chêne zéen traversée entre El Hajeb et Ifrane ne doit son salut qu'à la répugnance des usagers pour le charbon de cette essence- Toutes les autres portent encore les traces de ces exploitations abusives combinées avec l'incendie et les parcours des troupeaux acharnés à ronger les jeunes pousses et à piétiner les semis, à plomber ou détruire le sol en formation.




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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Dim 19 Jan - 8:44

page 37


- DEVANT CE PAYSAGE D'HIVER,  ON  SE  CROIRAIT A  MEGÈVE OU  A  SUPERBAGNÈRES.  MAIS CE  NE SONT NI LES ALPES,  NI LES PYRÉNÉES QUI ONT
PERMIS AU PHOTOGRAPHE DE PRENDRE CE BEAU CLICHE : C'EST LE MOYEN-ATLAS,  TEL QU'EN LUI-MÊME LA  NEIGE L'A CHANGE.
- PERCHES SUR L'UNE DES HAUTES BRANCHES, CES SINGES FONT LA JOIE DES TOURISTES. ON CAPTURE UN CERTAIN NOMBRE DE SINGES D'AZROU OU D'IFRANE POUR L'INSTITUT PASTEUR DE CASABLANCA, ET POUR LES PRENDRE VIVANTS ON LEUR LANCE DES BOULES DE DOUM TRÈS SERRE, DE LA GROSSEUR D'UNE BALLE DE TENNIS, QUI LES ASSOMMENT SANS LES TUER.

Plus loin des villes et villages, la forêt souffrait parfois d'un mal opposé. L'exploitation de cèdre dans les zones les plus éloignées n'était pas massive, mais sporadique, souvent précédée par l'incendie qui facilitait l'exploitation des futaies et activait leur séchage. En certains endroits l'exploitation des seuls arbres vifs et sains ne laissait en place que les fûts morts et les autres malades, transformant la forêt en un cimetière.
La paix française a permis de renverser l'action humaine en limitant l'action néfaste des troupeaux et des hommes et surtout en ouvrant la forêt par un réseau de chemins qui a permis de répartir les exploitations et de les pousser surtout dans les peuplements surannés.
Les essences sont variées :
Chêne vert, chêne liège, chêne zéen, cèdre, pin maritime, pin d'Alep, genévriers (thurifère, oxycèdre, de Phénicie, commun), thuya, essences diverses (érable de Montpellier, frêne, if), se partagent et souvent même se disputent le terrain grâce à des conditions favorables à plusieurs associations végétales. L'altitude moyenne élevée de la Région et sa situation en balcon par rapport aux plaines et mesetas atlantiques favorisent les précipitations : les forêts situées plus à l'est à une altitude correspondante sont beaucoup moins arrosées. Dans toute la zone d'Azrou, Aïn Leuh, Ifrane, Khénifra, le forestier voit avec joie les différentes essences se disputer le terrain. Si l'une d'elles recule, les autres se substituent au lieu de céder à la steppe comme en certaines forêts de plaine. C'est une joie aussi pour le promeneur : les essences à feuilles caduques abondent : au printemps elles chantent et manifestent le renouveau, en automne les feuilles d'un feu éclatant exhalent avant de se flétrir toute la lumière et la chaleur de l'été.
Il est impossible de donner un aperçu de toutes ces forêts ; mais comment ne pas évoquer les magnifiques ...
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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Dim 19 Jan - 8:53

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- AU CŒUR DE LA FORET BERBÈRE DU MOYEN-ATLAS, UN BÛCHERON EST EN TRAIN DE SCIER UN TRONC D'ARBRE QU'IL TRANFORME EN MADRIERS.
- SOLIDEMENT ET COQUETTEMENT CONSTRUITE, L'ECOLE FORESTIÈRE D'AZROU EST PLACÉE DANS UN CADRE SYLVESTRE, COMME IL CONVIENT. ELLE FORME DES TECHNICIENS DONT LES FORETS MAROCAINES ONT BESOIN.

... forêts de cèdre de cette région dont la puissance, la profondeur, la majesté frappent les visiteurs même familiers des plus belles forêts d'Europe.
Les plus beaux cèdres dépassent 50 mètres de fût, certains sujets atteignent 65 mètres. La circonférence peut atteindre et même dépasser 8 mètres à l'âge de 600 à 700 ans. La longévité de l'essence doit approcher mille ans. Les peuplements, extrêmement denses sur bons sols, peuvent accumuler 700 mètres à l'hectare, mais ne dépassent pas en général 150 à 350 mètres cubes.
Le mouvement annuel d'affaires sur les produits forestiers représente dans la région près d'un milliard de francs ; la forêt nourrit en outre à ses dépens 1 million 1/2 de têtes de bétail :
100.000 bovins, 900.000 ovins, 500.000 caprins dont la nourriture représente bien plus d'un milliard.
On ne peut séparer de la forêt les bienfaits et ressources accessoires qu'elle procure : chasse, pêche, tourisme.
La création en 1950 du fonds de la chasse va permettre une répression plus efficace du braconnage, l'élevage du gibier, le repeuplement de certaines zones et l'introduction d'espèces exotiques : cerf de Sika, faisan de Mongolie, perdrix chukar.
Le climat n'est pas depuis quelques années très favorable au peuplement de nos cours d'eau ; les oueds du moyen Atlas comme l'oued Tisguit où avaient été concentrés nos efforts de repeuplement ont séché pendant l'été ; d'autres dans le grand Atlas grossis et troublés par les crues des orages d'été se sont transformés en lave de boue et leurs poissons ont été asphyxiés.
Ces catastrophes sont épargnées aux nombreux lacs de montagne où s'ébattent : truites ombles, truites communes, truites arc en ciel, saumons de fontaine, brochets, black bass, perches, tanches, gardons et sandres.
L'Europe (sandres, perches, brochets, tanches, gardons) et l'Amérique (black bass, saumons de fontaine, truites arc en ciel) ont été mises à contribution pour compléter et le plus souvent former le peuplement de ces lacs.
Certains de ces lacs sont comme enchâssés dans la forêt et reflètent les formes élégantes des futaies voisines. D'autres comme l'Aguelmane Sidi Ali sont des stations préhistoriques d'où l'homme a écarté la forêt autrefois fermée alentour.
Les deux aguelmanes du grand Atlas très joliment appelés Iseli et Tiselit, le fiancé et la fiancée, proches sans pouvoir se confondre ni même s'admirer, ne reflètent que le ciel dans un paysage violent en couleur mais d'où l'arbre est banni. Le 1er a une profondeur presque insondable qui l'apparente malgré des accointances sahariennes à la plupart des lacs d'altitude des Alpes et doit le rendre habitable aux salmonidés de profondeur dont l'introduction, tentée en 1949, a malheureusement été entravée par le mauvais temps.
Montagnes, forêts et lacs constituent l'une des parures de cette région. Elles contribuent à l'équilibre qui est une de ces caractéristiques. Les forêts ont déjà manifesté leur vigueur en résistant aux guerres, à l'anarchie, aux besoins d'un Maroc en expansion presque explosive. Mais elles sont toujours menacées dans ce climat instable et, en ce moment même par la paix française qui les a sauvées dans la première moitié du siècle : la population s’accroît beaucoup plus rapidement dans l'ordre et la prospérité et tend à consommer les réserves du pays au lieu de les accroître, à rogner en particulier sur la forêt pour développer ses terrains de culture et de parcours, au risque de tuer leur meilleure garantie.
Puisse ce pays le comprendre à temps et, au cours du demi-siècle qui commence, respecter l'arbre et le multiplier grâce au concours et à l'appui moral de tous ses fidèles.



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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Dim 19 Jan - 8:58

page 39


- LE LYCÉE POEYMIRAU, DONT ON VOIT ICI LA BELLE FAÇADE PRINCIPALE, EST DIRIGE PAR M. MICHEL. IL EST SITUE PRES DE LA PLACE OUI PORTE AUSSI LE MÊME NOM DE «POEY» PACIFICATEUR DE LA RÉGION. ACTUELLEMENT LYCÉE MIXTE ; CET ETABLISSEMENT SECONDAIRE SERA DOUBLE BIENTÔT PAR UN AUTRE LYCÉE ; QU'ON EST EN TRAIN DE CONSTRUIRE A PROXIMITÉ, AINSI L' ON DONNERA SATISFACTION A TOUS LES FUTURS BACHELIERS ET BACHELIÈRES DE MEKNÈS ET DES ENVIRONS.

L'ENSEIGNEMENT A MEKNÈS


VILLE importante et centre d'une riche région, Meknès se doit d'offrir à ses enfants la possibilité d'entreprendre et de poursuivre de solides études. Les écoles primaires européennes de Meknès sont nombreuses, et réparties dans les principaux quartiers de la ville, de manière à offrir aux jeunes usagers le maximum de commodités, et le minimum de trajet.
La plus ancienne est naturellement celle de la Médina, située place El Heddina. Les plus modernes et les plus récentes sont le groupe scolaire de l'Avenue de la République, le groupe scolaire de la Boucle, auquel est annexé un Cours Complémentaire Commercial pour les jeunes filles, les groupes scolaires du
Quartier Industriel, de la route d'El Hajeb, de la rue de Bretagne, l'école mixte de la Gare.
Il faut ajouter à cette liste les établissements réservés aux enfants de moins de six ans : écoles maternelles de la Boucle et du Quartier Industriel. Il existe aussi à l'école de l'avenue de la République un important internat primaire de 160 lits pour les enfants des colons de la région.
Ces écoles contiennent un total de 94 classes, recevant près de 4.000 élèves, dont 105 au Cours Complémentaire. Elles sont contrôlées par un Inspecteur de l'enseignement primaire qui réside à Meknès et dont la circonscription, très étendue, comprend également Fès et sa région.
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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Dim 19 Jan - 9:02

page 40


- LA PORTE DE L'ECOLE MILITAIRE DE DAR EL BEIDA A FIÈRE ALLURE. DE CHAQUE COTE FLOTTENT LE DRAPEAU FRANÇAIS ET LE DRAPEAU CHÉRIFIEN. ON A INSTALLE EN 1919 CETTE ECOLE (QUI EST LE SAINT-CYR MAROCAIN) DANS UN PALAIS CONSTRUIT AU XVIIIe SIÈCLE PAR LE PETIT-FILS Dt MOULAY ISMAIL, LE SULTAN SIDI MOHAMMED BEN ABDALLAH, CONTEMPORAIN DE LOUIS XV ET DE LOUIS XVI A L’INTÉRIEUR DU JARDIN DE L'ECOLE SE TROUVENT DES CHAPITEAUX SAADIENS QUI, D’APRÈS L’ÉRUDIT M. PROSPER RICARD, PROVIENNENT DU PALAIS CONSTRUIT A MARRAKECH PAR LE GRAND SULTAN MOULAY AHMED EL MANSOUR ET DÉMOLI SUR L'ORDRE DE MOULAY ISMAIL.

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mar 21 Jan - 9:04


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Les écoles de l'Alliance Israélite totalisent 53 classes et reçoivent environ 3.500 élèves, dont 500 fréquentent le cours complémentaire. Une section agricole existe à l'école de l'Alliance Israélite de Meknès, qui initie ses élèves aux techniques du maraîchage et de l'arboriculture.
L'enseignement primaire est donné aussi à de nombreux élèves musulmans, dans des écoles qui témoignent du souci du Protectorat de développer l'instruction dans toutes les classes de la société marocaine. Le temps n'est plus où il fallait user de persuasion pour décider les parents à confier leurs enfants aux écoles de la Direction de l'Instruction publique. A Meknès, comme dans les autres villes du Maroc, on constate un « rush » d'élèves musulmans dans nos établissements. Chaque année des classes nouvelles s'ouvrent, mais c'est un effort de longue haleine qui, pour être mené à bien, réclame la solution de plusieurs problèmes, celui des crédits, des terrains et aussi du recrutement des maîtres.
A Meknès, on compte actuellement 88 classes d'enseignement musulman où s'instruisent 3.000 garçons et près d'un millier de fillettes.
La construction d'un collège musulman est prévue à l'Aguedal, dans un nouveau quartier d'extension de la Médina, derrière les fameuses écuries de Moulay Ismaïl.
Le Lycée Poeymirau dresse ses larges bâtiments en face de la statue de l'homme dont il porte le nom, du général qui fut l'un des meilleurs adjoints de Lyautey et l'un des plus actifs pacificateurs de la région de Meknès. Lycée mixte placé sous l'autorité d'un proviseur qui exerce aussi les fonctions de délégué régional de l'Instruction publique, ce bel établissement résulte de la transformation d'une modeste école primaire supérieure. Ses premiers élèves ont été conduits au baccalauréat en 1929.
Depuis vingt ans, le Lycée Poeymirau n'a cessé de manifester son utilité. La nombre des élèves est tel que la création d'un nouvel établissement secondaire a paru nécessaire. Meknès aura donc bientôt deux lycées, l'un pour les jeunes filles, et l'autre pour les garçons. Le nouveau Lycée sera situé à 500 mètres environ du premier, près du stade des Hirondelles. Les fenêtres des deux établissements donneront sur le Zerhoun.
Actuellement, le Lycée Poeymirau reçoit 1.750 élèves dont 140 Marocains.
Le Service de l'enseignement technique, créé en 1945, n'a pas oublié Meknès. Pour les élèves européens comme pour la jeunesse musulmane, ce Service a créé des écoles ou des classes professionnelles dans lesquelles se forment les spécialistes et les techniciens dont le pays a besoin.
La section technique du Lycée Poeymirau est l'une des plus importantes du Maroc. Elle comprend les sous-sections suivantes : ajustage, machines-outils, motorisme, mécanique agricole, chaudronnerie, électricité, menuiserie.
Des ateliers d'ajustage, menuiserie et motorisme, remarquablement outillés, existent également à l'école professionnelle musulmane de Meknès.
Bientôt un véritable collège technique sera annexé au Lycée Poeymirau.
Le Conservatoire Municipal est de plus en plus fréquenté, et prend place - une place de choix - dans les établissements d'enseignement de Meknès. On y donne des cours de musique proprement dite (piano, violon, etc.), de solfège et de diction, sous l'active et souriante direction d'un véritable artiste qui s'appelle M. Paul Néri.
L'école marocaine d'agriculture de Meknès fonctionne sous le contrôle de la Direction de l'Agriculture.  Elle reçoit environ une centaine d'élèves, venant de l'Ecole Industrielle de Casablanca et du Collège de Port-Lyautey où ils ont reçu l'enseignement agricole du second degré. De création récente, l'école marocaine d'agriculture a déjà fait ses preuves, et s'est acquis tout de suite une excellente réputation dans toute l'Afrique du Nord.
Meknès s'enorgueillit aussi de posséder l'école militaire de Dar Beïda, qu'on a appelé avec raison le Saint-Cyr marocain. Cet établissement a compté parmi ses professeurs le capitaine de Hautecloque, devenu le général Leclerc, de glorieuse mémoire.
On a récemment posé la première pierre de nouvelles constructions destinées à agrandir l'école de Dar Beïda, où d'excellents instructeurs offrent à une élite de jeunes Marocains - de 100 à 120 élèves officiers pour les deux années - une formation virile digne du Maroc et digne de la France.
Cette rapide revue des établissements d'enseignement de Meknès serait incomplète si l'on ne mentionnait l'Institution de La Salle (6 classes, 290 élèves), et la création, relativement récente, d'une école privée dirigée par des Oratoriens et pourvue d'un internat à Meknès-Plaisance (9 classes, 300 élèves).
L'équipement scolaire de l'ancienne capitale de Moulay Idriss, ressuscitée et transformée par le Protectorat en une vivante ville moderne, est donc substantiel autant que varié. Mais, dans ce domaine plus que dans tout autre, les efforts ne peuvent s'arrêter. Le nombre des enfants à scolariser augmente sans cesse et impose de nouveaux devoirs, de nouvelles constructions à ceux qui veulent suivre de près et favoriser l'essor magnifique de Meknès et de sa région.


Dernière édition par Pierre AUBREE le Mer 21 Jan - 6:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mar 21 Jan - 9:06

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- Constructions Métalliques S.I.A.M., Meknès.

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mar 21 Jan - 9:14

page 43


- LA MAQUETTE DU NOUVEL HOTEL DES POSTES, TÉLÉGRAPHES ET TÉLÉPHONES, MONTRE LE MODERNISME-DE M. GASTON GOUPIL, ARCHITECTE D.P.L.G. MAIS CE MODERNISME N'A RIEN D'AGRESSIF. IL CONSACRE HEUREUSEMENT L'ABANDON DU STYLE NEO-MAURESÇUE QU'ON AVAIT CRU DEVOIR ADOPTE? PARFOIS AU DEBUT DU PROTECTORAT, UNE EMISSION SPÉCIALE DE TIMBRES POSTE DIFFUSE PAR LE MONDE CE MODERNE « BUREAU DE POSTES » ET A FAIT AUSSI UNE EXCELLENTE PROPAGANDE POUR LE MAROC ET POUR MEKNÈS.

L’ARCHITECTURE A MEKNÈS


par Gaston GOUPIL. Architecte D.P.L.G., Président du Conseil Régional de l'Ordre des Architectes du Maroc (Rabat et Nord Marocain).

- M. GASTON GOUPIL, A QUI NOUS DEVONS CET ARTICLE SUR « L'ARCHITECTURE A MEKNES ». A « SIGNÉ » DE NOMBREUX ÉDIFICES ADMINISTRATIFS ET IMMEUBLES DE LA VILLE NOUVELLE. LA CONFIANCE DE SES PAIRS L'A PORTE A LA TÊTE DU CONSEIL RÉGIONAL DE L'ORDRE DES ARCHITECTES DU MAROC. NUL N’ÉTAIT PLUS QUALIFIE QUE M. GOUPIL POUR PRÉSENTER A NOS LECTEURS LE VISAGE MODERNE QUE REVET, GRACE AUX ARCHITECTES FRANÇAIS, LA VIEILLE CAPITALE DE MOULAY ISMAIL

DEPUIS 1912, de nombreuses constructions se sont édifiées dans la Médina de Meknès, mais toutes les habitations ont été conçues dans le style local en harmonie avec les constructions anciennes et toujours en tenant compte des coutumes séculaires. Le fait le plus important est la transformation de la place El Hédime à laquelle une rangée de boutiques a été accolée sur toute la longueur du rempart Ouest en 1938.
Il n'en est pas de même dans la Ville Nouvelle où tout était à créer. Il est donc intéressant de suivre son évolution depuis les trente dernières années.
L'emplacement choisi en 1918 par le Général Lyautey pour la création d'une ville européenne à Meknès fut le plateau d'El Hamria, situé face à la Médina, dont le front Ouest, dominant la vallée du Bou-Fekrane, jouit d'un site incomparable.
Au début de la création de la Ville Nouvelle, le centre de ce plateau appelé Camp Poublan, a été jusqu'en 1929 limité par une enceinte et occupé par des habitations affectées aux familles d'officiers. Cet emplacement merveilleux a toujours été convoité par la Municipalité de Meknès, dans le but d'y créer le quartier le plus élégant de la nouvelle cité. C'est vers cette dernière date qu'une société privée devint propriétaire de ce terrain et proposa à l'Administration un plan d'urbanisme et de lotissement qui fut approuvé par elle. Ce dernier réservait, au centre, un emplacement pour la construction du futur Hôtel de Ville. Depuis une vingtaine d'années, les travaux de voirie ont été exécutés sur ce terrain et de nombreux immeubles y ont été édifiés.
Toutefois, ce plan n'a pas été exempt de critiques. Il lui a été reproché, en particulier, l'absence d'une zone de verdure avec parkings suffisants autour de l'Hôtel de Ville, lequel risque, dans l'avenir, d'être étouffé par des constructions avoisinantes si l'on n'y apporte aucune remède.
Le Service actuel de l'Urbanisme s'est ému de cet état de choses et vient de dresser un nouveau plan améliorant sensiblement le plan primitif. Il amplifie la surface de l'Esplanade de France située devant l'Hôtel de Ville en y créant des ...
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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mar 21 Jan - 9:18

page 44


- L'HOTEL DE VILLE DE MEKNÈS S’ÉLÈVE SUR L'AVENUE DE FRANCE, QUI EST L'UNE DES PRINCIPALES VOIES DE LA VILLE NOUVELLE. D'UNE ARCHITECTURE SOBRE ET ÉLÉGANTE CET IMMEUBLE EST LE CERVEAU MUNICIPAL D'UNE CITE QUI PASSE POUR L'UNE DES MIEUX ADMINISTRÉES DU MAROC. CI-DESSOUS UNE VUE DE L'HOTEL DE VILLE AVANT LA CONSTRUCTION DE BUREAUX PROVISOIRES SOUS LE PORTIQUE DE L’ENTRÉE PRINCIPALE.


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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mar 21 Jan - 18:35

page 45


- DEPUIS L'ÉPOQUE LOINTAINE DES MÉDECINS-CONSULS ET DES MÉDECINS-MISSIONNAIRES, L'ACTION DU SERVICE DE SANTE AU MAROC NE SE RALENTIT PAS. CETTE MAQUETTE MONTRE L'IMPOSANT ENSEMBLE QUE CONSTITUERA LE NOUVEL HÔPITAL DE MEKNÈS. LE BLOC HOSPITALIER CONTIENDRA 450 LITS, ET SERA L'UN DES MIEUX EQUIPÉ DE L'AFRIQUE DU NORD.

Goupil   et   Delaporte  Architectes   D.P.L.G.

... zones de verdure, ainsi qu'une déviation de l'Avenue du Général Leclerc qui, actuellement, passe obliquement et d'une manière inélégante à proximité de la façade principale de l'Hôtel de Ville et de la façade principale de l'Hôtel des P.T.T.
De l'origine de la Ville Nouvelle jusqu'en 1928, la plupart des monuments publics qui y ont été construits étaient conçus dans un style néo-arabe et il subsiste actuellement de cette époque :
— L'Hôtel de la Région,
— La Banque d'Etat du Maroc,
— Les deux gares de la Compagnie des Chemins de fer du Tanger-Fès,
— Le Monopole des Tabacs,
— L'actuel bureau de poste de la Ville Nouvelle.
Autour de 1930, les nouveaux édifices commencent à s'affranchir de cette architecture officielle et à se moderniser discrètement, tels :
— Les bureaux centraux de la Compagnie des Chemins de fer du Tanger-Fès,
— La Goutte de Lait,
— Le Lycée  Poeymirau,
— La Justice de Paix,
— L'immeuble des Chambres de Commerce et d'Agriculture
e' un peu plus tard, le Conservatoire de Musique.
En 1933, la construction d'un Hôtel de Ville a été décidée et un concours entre architectes a été lancé et étendu à toute la France et l'Afrique du Nord. Le projet retenu, dont la conception est d'esprit moderne et totalement affranchi du style néo-arabe, est en voie de réalisation.
La construction de cet édifice a été commencée en 1934 et interrompue en 1939. Les travaux ont été repris en 1959 grâce à l'impulsion de la Municipalité et se poursuivent à un rythme lent mais en rapport avec les possibilités budgétaires.
L'Hôtel des P.T.T., qui est édifié sur la face Nord de l'Esplanade de France, a été commencé en 1947 et est en voie d'achèvement. La façade d'entrée principale située sur l'Esplanade de France est précédée de deux jardins entourés de portiques qui, à cette époque, faisaient partie d'un plan d'ensemble depuis abandonné. Les façades sur l'Esplanade de France, la  rue de  Bordeaux et la  rue de Toulouse sont en  harmonie avec la façade principale de l'Hôtel de Ville.
Ces deux monuments sont destinés, avec le futur Palais de Justice, à former un ensemble architectural encadrant la plus importante place de la ville. Quant aux constructions qui s'élèveront par la suite sur l'Esplanade de France, il est à souhaiter qu'une ordonnance architecturale soit créée à cet effet.
Actuellement trois importants groupes de bâtiments sont en construction au Nord et à l'Est de la Ville et conçus en tenant compte des techniques les plus modernes, ce sont :
— Un bloc Hôpital de 450 lits,
— Un Lycée   de   garçons   avec   internat   et   enseignement technique destiné à 1.200 élèves,
— Un abattoir et des entrepôts frigorifiques.
D'autre part, en dehors de l'agglomération urbaine, un Hôpital pour enfants (Fondation Pagnon) est en voie de réalisation.
Parallèlement à ces constructions officielles, de nombreuses habitations particulières ou collectives ont été édifiées. Les plus anciennes furent conçues dans le style néo-arabe, et pour certaines dont il est impossible de déterminer un style quelconque, on n'y peut retenir qu'une absence totale du moindre goût. Elles sont parsemées à travers la ville sans aucune coordination.
Cet état de choses subsista jusqu'en 1928, époque à laquelle des prêts immobiliers de longue durée furent consentis aux Anciens Combattants ainsi qu'aux chefs de familles nombreuses afin de leur permettre de construire leur maison familiale.
A ce moment-là, une grande quantité de villas purent s'édifier et une heureuse émulation se créa entre les architectes dans la conception de leurs projets. Quelques villas remarquables par leur bon goût purent être réalisées grâce à cet état de choses.
D'autre part, les Services des Beaux-Arts et d'Architecture firent imposer dans les principales artères de la Ville, des ordonnances architecturales qui sont du plus bel effet. Il est regrettable qu'en certains points elles n'aient pas été intégralement appliquées, mais dans l'ensemble, la plupart des immeubles importants ont une tenue correcte.

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 9:11

page 46


- D. Andréo, Meknès.
- Ets Joseph TARDIEU, Rabat.
- S. FLORIANI, Rabat.

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 9:20

page 47


- COMME LES AUTRES GRANDES VILLES DU MAROC, MEKNÈS POSSEDE D'ACTIVES  ŒUVRES  DE BIENFAISANCE. VOICI   LE  COQUET BÂTIMENT QUI ABRITE LES SERVICES DE LA GOUTTE DE  LAIT.
- L’ENTRÉE MONUMENTALE DU LYCÉE POEYMIRAU ACCUEILLE CHAQUE ANNÉE  DES JEUNES  GENS  ET  DES  JEUNES FILLES DE   PLUS EN PLUS   NOMBREUX. ON VOIT QU'A MEKNÈS LA «   PORTE   DU   SAVOIR   » N'A RIEN DE RÉBARBATIF.

En ce qui concerne l'Industrie Hôtelière, plusieurs Hôtels très confortables se sont édifiés depuis 1930. Parmi eux nous pouvons citer :
— L'Hôtel Continental, l'Hôtel Volubilis, l'Hôtel Excelsior, tous les trois sur l'avenue Lyautey, l'Hôtel Majestic, l'Hôtel Moderne et l'Hôtel Touring, mais le plus confortable de tous et particulièrement apprécié des touristes est sans aucun doute l'Hôtel Transatlantique qui, édifié face à la Médina, est doté du confort le plus moderne et jouit de la vue magnifique du panorama de la Médina. A ce dernier point de vue, il serait souhaitable que des chambres puissent y être construites sur plusieurs étages pour permettre aux touristes de goûter le charme de ce spectacle.
Parmi les bâtiments industriels, le plus important est l'Usine de la S.I.A.M. (Société d'Industrialisation Agricole du Maroc) de 3.800 mètres carrés couverts et spécialisée pour les constructions métalliques (charpentes métalliques, ossatures, chaudronnerie, etc...). Elle est en activité depuis 1944 et a pu exécuter depuis ce laps de temps réduit, pour plus de 70.000 mètres carrés de hangars, tant pour le port de Casablanca et le Génie Militaire que pour les besoins de la Colonisation et de l'Industrie locale.
En dehors de l'agglomération urbaine, mais à proximité de la Ville, nous pouvons citer l'Usine S.E.F.I.T.A. (Société d'Effilochage de Filature, de Tissage et d'Apprêts) qui fabrique des tissus, et l'Usine des bonbons « Cheribon ».
En marge de cet exposé, je ne puis passer sous silence l'existence à Toulal, près de Meknès, de jardins destinés à faire partie du futur Jardin Zoologique créé de toutes pièces par notre compatriote M. Emile Pagnon qui, sans aucun concours d'architecte, d'ingénieur et de géomètre, a su transformer un site des plus sauvages en jardins enchanteurs peuplés de cascades et de parterres d'eau qui sont de petites merveilles et rappellent parfois certains jardins d'Italie. Ils font le plus grand honneur à la ténacité et au talent de notre compatriote et nous ne pouvons que l'admirer d'avoir entrepris ce travail prodigieux sans aucun secours de qui que ce soit et seulement avec ses propres moyens.
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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 9:25

PAGE 48


- R.O.A., Routes et Ouvrages d'Art, Casablanca.
- Le Bitume Liquide S.A., Meknès.

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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 9:31

page 49


- UNE ROUTE DE PLAINE : LA ROUTE  ENTRE RABAT ET MEKNÈS. ROUTE A GRANDE CIRCULATION RELIANT ENTRE ELLES LES PRINCIPALES VILLES DU NORD DU MAROC. SUR LES HAUTS PLATEAU DE MEKNÈS ELLE TRAVERSE LES RICHES PROPRIÉTÉS MISE EN VALEUR PAR LA COLONISATION FRANÇAISE.


LES VOIES ROUTIÈRES DANS LA RÉGION DE MEKNES


Le réseau routier du Maroc comprend, comme dans la plupart des pays, à des différences d'appellation près, des routes principales dont le but est de relier entre eux les grands centres et de constituer des itinéraires importants soit intérieurs soit extérieurs vers les pays voisins, des routes secondaires reliant aux routes principales ou entre eux les centres moins importants, enfin des routes tertiaires, d'intérêt local, fermant et complétant les mailles du réseau ainsi constitué.
Le tableau ci-dessous donne une idée de l'importance du réseau au Maroc et dans la région de Meknès. On peut y remarquer les points suivants ;
( voir tableau ci dessus )

— Tout d'abord, le réseau n'est pas entièrement construit, il s'en faut, mais les routes non encore construites existent pour la plupart à l'état de pistes et assurent tant bien que mal la circulation.
— La région de Meknès, si elle est moins bien desservie que l'ensemble du Maroc, à l'unité de superficie, l'est un peu mieux au nombre d'habitants.
— Le plateau de Meknès (Circonscription de Meknès-Banlieue et El-Hajeb) a un réseau dont la densité moyenne n'est pas hors de proportion avec la densité moyenne du réseau français.
— La densité du réseau marocain reste fort loin de la densité du réseau français, particulièrement élevée il est vrai.
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MessageSujet: Meknès et sa Région.   Mer 22 Jan - 9:38

page 50


Carte du réseau routier de la Région de Meknès
-CETTE CARTE  DETAILLE  LA DENSITE  DES VOIES  ROUTIERES  SUR LE PLATEAU DE    MEKNES.    L'EFFORT    DE CONSTRUCTION    A    PORTE    ET    PORTE   ENCORE SURTOUT   SUR   LES   VOIES   SITUÉES   A   L’INTÉRIEUR   DU   QUADRILATÈRE   DÉLIMITE  PAR  MEKNÈS - TIFRIT -   EL  HAJEB  ET AIN  TAOUJDATE.

Carte de la circulation routière de la Région de Meknès
- CETTE CARTE MET EN ÉVIDENCE L'IMPORTANCE RELATIVE DU TRAFIC QUE SUPPORTENT LES ROUTES DE MEKNÈS : SUIVANT L’ÉPAISSEUR DU TRAIT LES ROUTES INDIQUÉES SUPPORTENT UNE CIRCULATION INFÉRIEURE A 500 T PAR JOUR, COMPRISE ENTRE 501 ET 2.000 T, COMPRISE ENTRE 2000 Er 5.00O T. OU SUPÉRIEURE A 5.000 T. PAR JOUR. ON REMARQUERA L'IMPORTANCE DES LIAISONS RABAT-MEKNÈS-FES ET MEKNÈS-EL HAJEB. LE TRAIT EN POINTILLE DÉLIMITE LE SECTEUR DES TRAVAUX PUBLICS DE LA RÉGION DE MEKNÈS.
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Meknès et sa Région.
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