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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934

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Paul CASIMIR




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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyVen 28 Fév - 7:42

page 206

LES BRODERIES MAROCAINES

Le point et les motifs de broderies marocaines sont très différents selon les régions.

Comme pour la plupart des tissus d'origine Hispano-Moresque, le caractère général est l'absence de sujets animés et l'emploi de la décoration géométrique.
Cependant, quelques anciennes broderies d'Azemmour représentent, dans une gamme de rouges et de noirs, des frises d'animaux stylisés, sans doute des paons, qui évoquent l'art d'Egypte (fîg. 141, page 207).

Dans quelques autres spécimens d'Azemmour, on distingue aussi des sortes de chimères, peut-être des chiens, et des animaux rampants, qu'il est assez difficile de reconnaître. Ces sujets sont généralement bordés en haut et en bas par des bandes d'ornements géométriques, quelquefois inspirés de végétaux. Les broderies de Fez, aux réseaux si délicats, se composent de bandes à motifs géométriques et arborescents, dans des tons extrêmement sobres et atténués (fig. 142, page 208).

La technique de ces broderies est assez compliquée si on examine la variété des genres de « points » qui sont employés.
Les applications pratiques de ces broderies sont d'abord la décoration de coussins qui se composent généralement de larges bordures à chaque extrémité. Ces bordures se décomposent : 1° en une bande à motifs géométriques encadrée de deux galons assez étroits; 2° en un important motif arborescent appelé, en Arabe, « Sejra » (classique : Chadjara, arbre).

Les broderies de Fez servent aussi à l'ornementation de nappes et de napperons. La composition décorative de ces objets est assez variée.


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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyVen 28 Fév - 7:44

page 207

L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_57

Fig. 141. - Broderie d'Azemmour ( du type des paons, motif principal )


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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyVen 28 Fév - 7:51

page 208

Quelquefois ils sont seulement ornés aux angles de petits motifs en oblique; parfois, ils sont complètement entourés d'une bordure formée de motifs géométriques et arborescents; par­fois, aussi, on dessine un large encadrement du type dit « guelsa », dont le centre est enrichi de motifs carrés ou losanges figurant des bouquets touffus (1).


L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_58

Fig, 142. — Broderie ancienne de Fez.

Mais le type décoratif de nappe le plus original est celui dénommé « Mendil el Mdjamer » qui se compose d'un motif central duquel rayonnent en diagonales et en lignes médianes de minces broderies rehaussées, dans leurs intervalles, de semis de fleurons.

L'étoffe est encadrée d'une bordure traditionnelle.

L'un des types de points des broderies de Salé res­semble un peu au point de Fez : c'est la broderie au


_____

(1) Voir sur ce sujet l'ouvrage de M. P. RICARD : Broderies Marocaines, Alger, 1918.


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MessageSujet: Re: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyLun 3 Mar - 12:17

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L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_60

Fig. 143 - Broderie moderne de Salé

( Les modèles des fig. 141 à 144 sont des reproductions de travaus exécutés à l'Ecole professionnelle de jeunes filles de Mazagan). 

« point de trait ». Il y a aussi la .broderie au point natté (en arabe « Meloui »). Elles sont composées également de bandes à motifs géométriques surmontées d'ornements arborescents. Ces derniers sont très caractéristiques.

Les « Maallema » leur donnent des noms assez imagés et amusants, comme elles le font pour les tapis de Rabat.
Ces ornements représentent, d'après leur imagination naïve, « les yeux du chien », ou « le paon échevelé », ou « les doigts de la jeune fille » ; tantôt encore « les
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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyMar 4 Mar - 11:05

page 210

assiettes », les « oiseaux » et les « serpentins ».

Le plus remarquable est celui appelé « le paon », qui nous donne plutôt l'impression d'un élégant bou­quet chimérique, et, en général, tous les autres évo­quent aussi des feuillages et des fleurs stylisés (fig. 144, page suivante).
La figure 144 montre les motifs les plus caractéris­tiques des broderies de Salé» On y voit le «talâ » ou montant, bande verticale surmontée d'une flèche et agrémentée de « tiour » (petits oiseaux) qui terminent les petits motifs obliques sur le bord interne du talâ. Ces oiseaux stylisés ornent aussi le bord externe de la bande transversale qui est toujours composée d'un entre-deux central encadré de petites bandes ou supports.

A l'intérieur, ce ne sont jamais des ornements flo­raux, mais des oiseaux « taous » ; ici, le petit paon « taous seghir », le mâle et la femelle conjoints. Ainsi fragmentée, la broderie paraît représenter la femelle entre deux mâles.

Parmi les broderies modernes de Salé, je citerai le motif dit « Bezaïme » qui est une curieuse imitation du décor des agrafes ou broches portées par les femmes de la campagne (fig. 143, page précédente) ; et le motif dit « Chejira » (ou arbuste) qui se compose de bandes à décor géométrique d'un effet précieux et délicat.

Les anciennes broderies de Rabat offrent un caractère très particulier et original. Le point très large est le type du « point plat » sans envers (fig. 146, page 213). Le point de trait, dont nous avons vu l'emploi pour les broderies de Fez et de Salé, n'est presque jamais utilisé pour celles de Rabat.
Autrefois, les ouvrières de Rabat ne brodaient pas sur un dessin tracé au préalable. Elles procédaient par mosaïques. Maintenant, elles calquent d'abord sur l'étoffe des dessins plus ou moins fantaisistes.


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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyMar 4 Mar - 11:08

page 211

L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_61

Fig. 144 - Broderie ancienne de Salé.
(motif du paon et talâ).


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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyMar 4 Mar - 11:13

page 212

Le point devient de plus en plus inégal et grossier. Enfin, l'emploi fréquent des soies teintes avec de mauvaises couleurs à l'aniline achève de placer à un rang infé­rieur un type de broderies pourtant intéressant. Cependant, certaines écoles professionnelles indigènes essayent de rénover cette technique, et l'on peut espé­rer qu'elles l'empêcheront de disparaître.

L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_62

Fig. 145. — Broderie moderne de Salé.

Les objets sur lesquels on exécute des broderies de Rabat sont les coussins, les oreillers, les mouchoirs et les grands stores ou rideaux. Ces derniers sont parfois fort beaux et donnent une impression de richesse décorative tout à fait remarquable. Les pièces anciennes étaient généralement d'un seul ton, dans des colorations intenses, jaune d'or, grenat, bleu clair ou vertes.





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page 213

Il faut encore citer, parmi les anciennes broderies marocaines, celles appelées « Aleuj ». Elles sont extrê­mement originales. Leur caractère primitif et sauvage est tout à fait attrayant. Elles se composent de motifs géométriques très simples, et leur particularité technique est que les espaces non brodés sont de largeurs inégales (fig. 147).

L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_63

fig. 146. — Broderie ancienne de Rabat.
(Extrait d'un album de modèles exécutés à l'école de Filles musulmanes de Rabat.)

Signalons, pour terminer, les broderies de Meknès, dont tout le charme réside dans des masses de colo­rations intenses, d'une somptuosité décorative beau­coup plus séduisante que l'ornementation des brode­ries des autres régions marocaines.
Le point employé est « le point de trait ». Les motifs se composent de combinaisons géométriques où inter­viennent des carrés, des losanges, des croix et des étoiles.


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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyMar 4 Mar - 11:19

page 214

L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_64

Fig. 147 - Broderie Aleuj.


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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyMar 4 Mar - 11:25

page 215

LES BRODERIES MAROCAINES
____________________________________________________________________________________________




BIBLIOGRAPHIE DU VIII° CHAPITRE

Koeklin et Migeon. — Cent planches d'Art Musulman, Céramiques, tissus, tapis, Paris, Edition A. Lévy.

Migeon (G.). — Manuel d'Art Musulman, Les arts plastiques et industriels. Paris, Picard.

Prisse d'avennes. — La décoration Arabe.

Ricard (P.), — Les broderies Marocaines. Alger, 1918.

Vogel (L.). — Soieries Marocaines, Les ceintures de Fez. Paris, A. Lévy, 1920,


_________________________






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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyMer 5 Mar - 7:23

page 216, page blanche,
page 217

CHAPITRE IX


La Céramique.
Les Mosaïques de faïence et de marbre


_____

L'emploi des mosaïques et des carreaux de faïence émaillée a joué, dans l'architecture musulmane, un rôle considérable. On peut dire que c'est l'un des prin­cipaux attraits du décor des monuments arabes et qu'il contribue pour une grande part à son originalité.

Bien que les historiens de l'art islamique ne soient pas entièrement d'accord sur ce point, la plupart déclarent cependant que l'invention de la faïence est originaire de la Perse antique. Les découvertes décrites par M. Dieulafoy, sur les monuments les plus anciens de ce pays, prouvent, en tout cas, qu'à ces très loinlaines époques, la brique émaillée était déjà employée pour la décoration des édifices.

Nous en avons d'admirables exemples au Musée du Louvre où figurent des fragments du Palais de Suse, qui comprennent une merveilleuse frise de lions enri­chie de plaques d'émaux bleu turquoise et jaune; des archers sur fond bleu vêtus d'étoffes blanches ou jaunes; la décoration d'un escalier où l'on admire une composition formée d'une répétition de motifs en fleurons et en spirales.




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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyMer 5 Mar - 7:27

page 218

D'autre part, M. Saladin signale que l'emploi des revêtements en terre cuite et en feuilles de métaux précieux remonte aux anciens monuments de la Chaldée et de l'Assyrie.

Philostrate, dans la « Vie d'Apollonius de Tyane », décrit ainsi les palais de Babylone : « Non seulement les toitures sont revêtues de métal, mais dans une salle dont la partie supérieure est en forme de coupole, le ciel y est figuré en pierre bleue (probablement des briques émaillées) sur lequel les figures des dieux se détachent en or et brillent comme dans le firmament. Cette harmonie bleue et or est bien celle des mos­quées Persanes du Moyen Age. » .

II semble résulter de ces observations que, comme le fait remarquer M. Gayet dans son ouvrage sur l'art persan, le pro­cédé de décoration en briques émaillées, employé dans la Perse antique, ne faisait que continuer la tradi­tion de Babylone et de Ninive,
Quoi qu'il en soit, il est incontestable que c'est en Perse que l'art de la céramique parvint à la perfec­tion. Les faïences de la ville persane de Kaschan étaient célèbres au Moyen Age dans tout l'Islam, où elles étaient importées sous le nom de « Kischani » (fig. 148, page 219).

Le procédé des briques émaillées ne permettant pas une diversité très grande de motifs, les artisans persans employèrent ensuite, pour la décoration murale des monuments, la technique de la mosaïque de faïence.
Le magnifique épanouissement de l'art céramique, en Perse, est dû pour une grande part au procédé de la faïence à lustre métallique. On connaît les reflets dorés merveilleux produits par cette technique dont on trouve, du reste, des applications dans d'autres régions musulmanes.


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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyMer 5 Mar - 7:57

page 219

Les matières employées sont le cuivre pour donner les reflets rougeâtres, et un mélange de cuivre et d'argent pour les reflets jaune doré. C'est sans doute à Rhagès que cet art de la céramique à reflets se développa le plus brillamment.
Cette ville égalait, paraît-il, par la splendeur et la somptuosité de ses monuments, la célèbre Bagdad.

L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_69

fig. 148. — Fragment du décor en céramique d'un mihrab de la Mosquée de Kaschan (Perse).

Elle fut entièrement détruite par les Tartares, au XIII° siècle. Heureusement, les fouilles entreprises ont permis de retrouver de magnifiques spécimens de cette brillante époque, et nous en verrons tout à l'heure quelques exemples dans notre étude des vases et des poteries.

Etudions maintenant le procédé de la mosaïque de faïence persane. Les artisans traçaient d'abord sur des carreaux émaillés, de colorations unies, la forme de




Dernière édition par Paul Casimir le Mer 5 Mar - 10:23, édité 2 fois
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page 220

multiples fragments qu'ils découpaient ensuite au moyen d'un petit marteau spécial. Puis ils compo­saient, en les plaçant côte à côte, les motifs décora­tifs dus à leur imagination et les fixaient sur les murs ou sur le sol avec un mortier liquide qu'ils faisaient couler dans les intervalles.

L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_67

fig, 149. — Grande Mosquée d'Ispahan.
Voyons maintenant quelques exemples de cette curieuse technique.
Les XIV° et XV° siècles ont donné en Perse de magni­fiques compositions murales en mosaïques de faïence.

La façade de la Mosquée de Véramine est, d'après M. Dieulafoy, " décorée de mosaïques de faïences de deux bleus".


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page 221

Elle « comprend aussi un porche dont l'archivolte repose sur des colonnettes engagées en briques émaillées, à chapiteaux de terre cuite émaillée et d'une forme particulière que nous retrouvons dans les édifices de Samarkande » (1).

Il faut encore citer, comme possédant de beaux spé­cimens de cet art céramique, la Mosquée funéraire de Khoda Bende Khan, prince Mongol à Sultanieh (XIV° siècle), et la célèbre Mosquée Bleue de Tébriz (XIV° siècle), dont certains panneaux figurent au Musée de Sèvres.

Sous le règne de Shah Abbas, qui fut le plus brillant de la dynastie Séfévide, le décor céramique des monu­ments persans fut caractérisé par l'infinie variété des arabesques et par la délicatesse des couleurs où le bleu turquoise resplendit et domine.
Parmi les nombreux et magnifiques monuments qui furent édifiés à cette époque, la Mosquée Impé­riale d'Ispahan est une des plus admirables. La façade est entièrement revêtue de mosaïques de faïence ou de carreaux émaillés. Un dôme imposant est également recouvert de faïences, dont les motifs décoratifs en spirales sont d'une rare élégance (fig. 149, page 220).

En Egypte, les monuments arabes du Caire pos­sèdent de somptueux revêtements en mosaïque de marbre qui furent inspirés par les procédés romains et byzantins. Le décor est composé de motifs géomé­triques et de bandes horizontales formant rayures.
D'autre part, les historiens arabes signalent que la Mosquée des Omeyyades, à Damas, fut décorée de mosaïques qui, à la demande du Khalife El Walid, auraient été fabriquées et placées par des artisans byzantins.

_____


(1) Saladin : Manuel d'Art Musulman, op. cit.


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page 222

Au Caire, on trouve déjà des applications de ce procédé dans l'ornementation du mihrab de la Mos­quée Talaï abou Rezzik, qui date du XI°  siècle.

Les mosaïques de la Mosquée de Kalaoun constituent un remar­quable ensemble de compositions géométri­ques, d'un style très pur. Ce sont de beaux spécimens de l'art arabe du XIV° siècle. Certains panneaux, rehaussés d'inscriptions coufiques, sont formés de bandes de marbre noir et de mosaïques quadrillées en trois tons. D'autres sont faits de bandes en zigzags emmanchées alternativement blanc et rouge, et jaune et noir. On trouve aussi d'admi­rables entrelacs compo­sés d'étoiles octogonales et hexagonales. Le ré­seau blanc est en nacre, ainsi que les pointes blanches des octogones.

L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_70

fig. 150. — Colonnette du mihrab de la Mosquée d'El Aïni, au Caire.
Les autres couleurs em­ployées sont le jaune, le rouge et le noir.

La Mosquée d'Ahmed et Bordeyiiieh est ornée dans le même style, de mosaïques de nacre, de marbres


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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyMer 5 Mar - 10:38

page 223

blanc, noir et rouge, et de cubes de pâte de verre.
Parmi les applications les plus remarquables du procédé de décoration céramique au Caire, il faut encore signaler les colonnettes du mihrab de la Mos­quée El Aïni (fig. 150, page 222) et les revêtements de la Mos­quée El Moeyyed (fig. 151).
Mais les plus somptueuses mosaïques de cette époque sont celles de la Mosquée du Sultan Hassan.

L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_71

fig.  151. — Mosaïque murale.  Mosquée d'El  Moeyyed, au  Caire.
Nous donnons ici la reproduction d'un fragment d'un magnifique panneau mural dont le décor se com­pose d'un assemblage d'hexagones dans lesquels s'ins­crivent des dodécagones étoiles (fig. 152, page 224).
Nous regrettons de ne pouvoir décrire avec plus de détails la surprenante variété des motifs imaginés par les artistes arabes pour la décoration en mosaïques des mosquées du Caire.
C'est un ensemble considérable où la science des involutions géométriques est merveilleusement complétée


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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyMer 5 Mar - 10:48

page 224

par   la   sobre   harmonie   des   couleurs   et   la richesse des matériaux employés.
En Turquie et en Asie Mineure, c'est au XVe siècle que l'art des revêtements céramiques parvint à son épanouissement.

L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_72

Fig.  152. — Mosaïque murale. Mosquée du Sultan Hassan, au  Caire.
Le décor est nettement inspiré des Persans, et l'on retrouve, traités avec moins de finesse, les motifs floraux, guirlandes, cyprès, dans des colorations plus lourdes et moins brillantes.
Cependant, les mosquées de Constantinople sont ornées de revêtements muraux d'une grande richesse. Ceux de la Mosquée du Sultan Ahmed et du Vieux-Sérail


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page 225

sont des compositions admirables où les cyprès jouent un rôle particulièrement séduisant. Les colo­rations dominantes de la décoration de la plupart des mosquées turques sont le blanc et le jaune, et le vert rehaussé d'or (fig. 153, page 226).

Examinons maintenant les revêtements céramiques des monuments de l'Afrique du Nord.
Au Maroc, les mosaïques de faïence constituent l'un des plus somptueux procédés de décoration murale.
On retrouve, du reste, la même technique et les mêmes motifs à base géométrique dans les mosquées algériennes et tout particulièrement à Tlemcen. Le mode de fabrication est le même que celui des mosaïques persanes. Découpage au marteau des pla­ques de faïence émaillée, et scellement des multiples petits morceaux au moyen d'un mortier liquide. Ce genre de mosaïque est appelé, au Maroc, « zellij ».

« C'est, dit M. Marçais, une adaptation de l'Espagnol « azulejo », probablement dérivé lui-rnême du mot azul : bleu. Ce dernier nom indique assez le rôle joué dans le décor primitif par la couleur bleue, si com­mode à employer et si résistante à la cuisson(1). »

Cette opinion est réfutée par M. Bel et par M. Joly, qui pensent tous deux qu'au contraire c'est le mot azulejo qui vient de l'arabe zellij. Ils font remarquer avec logique que, puisque « ce sont des Musulmans qui ont instauré en Espagne le carreau de faïence émaillé, il y a des chances pour que le mot Arabe ait été pris par l'Espagnol » (2).

Les compositions ornementales imaginées par les artistes céramistes marocains dérivent toutes du sys­tème polygonal. Ce sont principalement des assemblages


_____


(1) Marçais (W. et G.) : Les monuments Arabes de Tlemcen.
(2) A. bel : Les industries de la céramique à Fez.


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page 226

d'étoiles octogonales ou hexagonales, ou dodécagonales, qui ont servi de base à des combinaisons extrêmement variées.


L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_73

Fig. 153. — Fragment de panneau en faïences. Vieux sérail de Stamboul.
Parmi les morceaux les plus remarquables des monuments marocains, il faut citer les cimaises qui ornent les murs des Meéersas Bouanania et Attarine,


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page 227

L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_74

L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_75

Fig. 154 et 155 - Décor mural. Mosaïques de faïence dites "zellij"
( d'après les aquarelles de l'auteur parues dans l'ouvrage "Mausolée des Princes Saadiens", Geuthner éditeur).

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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyMer 5 Mar - 18:48

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à Fez. Les panneaux de l'escalier principal de la Bouanania sont de beaux spécimens de zellij du XIV° siècle, dans une gamme de tons bleus, verts, jaunes, blancs et gris violacé.

Certaines portes monumentales de Fez sont enrichies d'une magnifique décoration en mosaïques de faïence. La porte dite "Bab Segma" est une des plus admirables à ce point de vue, avec ses tympans d'arabesques en zellij grattés noir sur rosé.

La porte Mansour Aleuj à Meknès, est aussi décorée de mosaïques où les tons verts et noirs dominent.

Un grand nombre de fontaines publiques tiennent toute leur originalité de leur décoration en zellij, dont la composition est généralement formée d'une rosace centrale entourée d'une série de rosaces plus petites.

La fontaine Nejjarine, à Fez, est un des plus charmants modèles de ce genre. Elle date, paraît-il, du XVIII° siècle et a fait l'objet, ainsi que la petite place sur laquelle elle est édifiée, d'une page délicieuse du livre de Pierre Loti sur son voyage au Maroc.

A Marrakech, le Mausolée des Princes Saadiens contient de très beaux spécimens de revêtements en mosaïques de faïence (fig. 154, page précédente). Ceux qui ornent les murs de la salle dite des Douze Colonnes sont d'une composition probablement unique dans les monuments de l'Afrique du Nord.
Leur charme et leur originalité proviennent de la répétition de grandes rosaces bleues au milieu d'entrelacs noirs et jaunes sur un fond rosé (fig. 155, page précédente).

Comme je l'ai signalé tout à l'heure, les plus beaux spécimens de mosaïques de faïence de l'Algérie se trouvent à Tlemcen. II faut signaler tout particulièrement, dans cette charmante ville, l'encadrement du portail en mosaïques de la Mosquée de Sidi el Haloui


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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyMer 5 Mar - 19:03

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et surtout la somptueuse décoration du portail de la Mosquée de Sidi Bou Medine, avec la bande d'inscrip­tions en mosaïque datant du XIV° siècle.
Nous allons maintenant examiner les poteries, vases, plats et autres objets en faïence vernissée fabriqués dans les diverses régions musulmanes, depuis les époques les plus anciennes juqu'à nos jours.

L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_76

fig. 156. — Coupe en terre émaillée de Rhagès. Art persan. Musée du Louvre.

J'ai signalé, tout à l'heure, la région persane de Rhagès comme une des plus remarquables pour ses pièces rares datant du XIII° siècle. Le Musée du Louvre possède quelques spécimens de cette belle époque, notamment une sorte de bouteille d'un décor délicat et une merveilleuse coupe en terre émaillée en deux tons, brun et bleu turquoise, représentant un personnage




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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptyMer 5 Mar - 19:09

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monté sur un éléphant (fig. 156, page 229). Notre grand musée possède aussi un vase lustré orné de figures et un porte-bouquet à reflets métalliques décoré d'ara­besques curvilignes. On trouve, dans de nombreux musées et collections, des quantités de fragments de poteries, coupes, plats et carreaux de faïence provenant de Rhagès. Les plus beaux font partie de la collection Godman, à Hosscham, en Angleterre; de la collection Wallis, et du Musée Frédéric, à Berlin.

Un merveilleux échantillon persan de décor à reliefs sur fond lustré datant du XIV° siècle figurait, avant la guerre, au Musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg. C'est un vase décoré de cinq bandes superposées et comprenant des cavaliers et divers animaux au milieu d'arabesques florales.
Si la Perse nous laissa des vestiges si probants d'un magnifique épanouissement de l'art céramique, d'autres régions musulmanes ont aussi produit des chefs-d'œuvre. Les artisans faïenciers de Syrie et d'Egypte ont exécuté des pièces admirables dont, fort heureusement, il existe encore des spécimens dans les grands musées et les collections.

La collection du docteur Fouquet suffit à nous docu­menter sur les découvertes qui ont été faites à Fostat (vieux Caire). Nous reproduisons ici une des plus belles pièces de cette collection. C'est un vase à décor lustré d'or et dont la partie supérieure de la panse est ornée de poissons (fig. 157, page 231).
Il faudrait pouvoir donner quelques détails sur les faïences égyptiennes décorées de motifs translucides, et les merveilleuses collections de bols à reflets, de style Syro-Egyptien, mais nous devons maintenant réserver une place particulière aux poteries Hispano-Moresques. En Espagne, c'est dans les ateliers de Malaga et dans ceux de Valence, du XIII° au XVI° siècle,


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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 EmptySam 8 Mar - 18:21

page 231

que la fabrication céramique atteignit la perfection. L'une des pièces les plus remarquables qui aient résisté au temps est le magnifique vase lustré dit de l'Alhambra, qui est encore exposé dans ce palais.

L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934 - Page 9 Dscan_77
 
Fig. 157, — Vase lustré. Fostât (Egypte) (X° ou XI° siècle).
Sa forme est gracieuse et élancée, avec ses anses plates très larges du bas et s'amincissant vers le col. Le décor est composé d'animaux affrontés qui ressemblent à des


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