Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Foire de Meknès

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Foire de Meknès   Jeu 17 Mai - 7:40

page 50


- Vue prise en avion de la ferme Jousse aux M'Jat, avec ses superbes plantations fruitières.
- Vue prise en avion - La ferme Aucouturier et ses cultures de pois   -   Au   second   plan,   le   début   du   village   d'HadjKadour.
- Ferme Lacourtablaise, aux Ait Boubitman. Type parfait de bâtiments agricoles. Intérieur de la cour de ferme.


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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Foire de Meknès   Jeu 17 Mai - 7:42

page 51


- La maison du Colon à Hadj Kaddour — Vue d'intérieur — Salle de réunions.
- Vue d'ensemble des bâtiments de la Ferme Jousse aux M'Jat.


- La nature des terres, sur ce vaste plateau incliné en direction générale du Nord-Est au Sud-Ouest et situé à 700 mètres d'altitude, est silico calcaire dans les parties élevées et argilo-calcaire dans les vallées. De profondeur moyenne, ces terres reposent sur un sous-sol tuffeux, perméable aux racines et aux eaux. Toutes les cultures peuvent être pratiquées avec succès dans cette région. La céréale d'hiver y est bien à sa place, les cultures sarclées également. Dans ces dernières le petit pois de semence expédié en France chez les plus gros grainetiers, tient la plus large place.
Le vignoble se développe ici à pas de géant et il faut maintenant penser à l'organisation d'une cave coopérative. Le vin d'ici est d'ailleurs excellent et titre un très fort degré. C'est un vin de crû, le vin de M. Simoni, par exemple, est déjà renommé sur le marché marocain.
L'arboriculture se développe également dans d'heureuses conditions. Grâce à l'appoint d'une pluviométrie annuelle dépassant 500 mm., à la qualité des terres et du sous-sol, l'arbre est là, vraiment dans son élément. L'olivier, l'amandier, le pêcher, l'abricotier, le pommier, le cerisier, le poirier, le prunier, le cognassier, etc..., végètent admirablement. Les gelées d'hiver, par contre, gênent les agrumes. De grosses plantations existent déjà, d'autres sont en cours. Une grande pépinière, créée depuis plusieurs années à Hadj Kaddour sur le domaine de M. Henri Serres, livre actuellement de forts beaux sujets, acclimatés à la région et de bien belle venue.
Les sources sont, sans contredit, une autre richesse de cette contrée. Elles alimentent d'une eau pure et abondante un vaste périmètre irrigué. Je ne citerai que les trois principales, Aïn Karouba (débit 240 litres à la seconde), Aïn Aghbal (250 litres seconde), Aiouns Regraga (13 litres seconde). L'Aïin Karouba irrigue seize fermes du lotissement des M'Jat.
Leurs propriétaires constitués en syndicat, s'organisent et commencent une utilisation rationnelle des eaux. L'un d'entre eux, M. Jousse, a de très belles luzernières qui alimentent, en grande partie, un superbe troupeau de vaches hollandaises dont le lait est très apprécié des habitants de Meknès. L'industrie du lait, encore à ses débuts dans cette région, est appelée au plus bel avenir. Les Aïouns Regraga irriguent quatre fermes du lotissement d'Hadj Kaddour ; enfin l'Ain Aghbal, dont l'étude va être entreprise, irrigue quelques fermes des Aït Namane et doit en irriguer d'autres, des Aït Harzella et d'Hadj  Kaddour.
L'Elevage est également très poussé dans notre région et est orienté vers une sélection des produits bovins du pays et leur amélioration par la nourriture et vers un croisement des ovins du pays avec le châtillonnais. Plusieurs colons font également du mulet et du cheval, l'un d'entre eux M. Faurite, a de très jolies juments pur-sang venant de produits achetés aux Haras Marocains.
Les représentants de cette région sont, à la Chambre d'Agriculture, MM. Serres, Faurite, et Aucouturier ; à l'Association Agricole de la Région de Meknès : MM. Regnault, Petitpas, Jousse et Mouneyrat. Ils se réunissent mensuellement à la Maison du Colon d'Hadj Kaddour où ils étudient dans la plus complète entente, les besoins de leur Centre.
En résumé, le Centre Agricole d'Hadj Kaddour, Aït  Harzalla, M'jat, Regraga et Ait  Namane forme un  tout,  riche et harmonieux, où se dépensent, sans compter, de belles énergies françaises.
G. AUCOUTURIER
Membre de la  Chambre Mixte de Meknès, Colon à Hadj Kaddour


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 8:37

page 52


- Olivettes  à  Moulay  Idriss.

Industrie au pied du Zehroun


Les établissements de Volubilis Roux et Jobert, fondés en 1918, par l'un des propriétaires actuels, sont situés à 2 km. 500 de Moulay Idriss et reliés à la route Meknès-Zegotta par un embranchement particulier.
Leur activité embrasse la fabrication du vin, de l'huile d'olives, de l'huile de grignons d'olives et la mouture indigène.

VIN
Matériel.   - -  Une  presse   continue   mabille   actionnée  par   une   locomo-bile qui sert également pour l'huilerie, un filtre Gasquet, un petit pressoir j à  lies.
Logement. - - Constitué par des cuves en ciment pouvant contenir
3.000 Hos. En cas de forte récolte il peut être fait appel aux demi-muits
des Négociants. Production possible. - - 7.000 Hos,
Tout le raisin est acheté aux indigènes. La région ne produit pratiquement que du raisin blanc qui a été consommé comme raisin de table.
Le vin produit est de bonne qualité. De très bonne qualité parfois, ainsi qu'en témoigne le passage suivant d'une lettre d'un chimiste du Laboratoire de Casablanca.
«  Vous  trouverez ci-jointe l'analyse du vin blanc  que  vous  avez  bien ; voulu   m'envoyer.   C'est   un   vu: délicieux très   corsé, qui me paraît   apte à  être  champagnisé.   «   Vin  supérieur  pour  le   Maroc   ».
HUILE D'OLIVES
Matériel. - - Barthélémy et Cau comprenant une presse préparatoire et trois presses finisseuses, un décanteur automatique, un filtre. Logement. — Cuves ciment et fûts. Production possible. — 15.000 kgs. Les olives sont achetées aux Habous et aux indigènes. L'huile produite en première pression peut aller directement à la consommation européenne, elle fait à peine 1 0/0 d'acidité, est douce et légèrement fruitée. L'huile de deuxième pression va à la consommation indigène ou à la raffinerie.
HUILE   DE   GRIGNONS   D'OLIVES
. .Matériel.  --  Bataille  au  Tréchloréthylène,  traitant 3  tonnes par jour. Logement.  - -  En  fûts  de  fer.  Production  possible.  - -   180.000  kgs. La  matière  première  est  fournie  par  lès  grignons de l'huilerie  et  par les achats aux moulins indigènes.
L'huile obtenue au début de campagne peut être vendue à la raffinerie ; quand l'acidité augmente, elle ne convient plus que pour la savonnerie et autres usages industriels.
M.  JOBERT Ingénieur   Agronome, Directeur  des  Etablissements  Roux  et  Jobert.    ;


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 8:39

page 53

- Vue des Etablissements Jobert et Roux — Huilerie du   Zerhoun — Au milieu des oliviers.
- Oliveraie  dans la  région   de  Meknès.


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 8:41

page 54


- Scieurs indigènes à Azrou.

La RÉGION d'AZROU



Quittez Meknès en empruntant la grande route impériale du Sud. Après avoir traversé la riche plaine de Bou Fekrane, franchi El-Hadjeb et admiré à proximité d'Ito, le paysage lunaire des vallées de Tigrigra et de ses affluents, vous apercevrez, accrochée au premier contrefort boisé de l'Atlas, une petite cité.
Vous y verrez se mêler aux teintes sombres des constructions berbères la blancheur immaculée des édifices Européens. Avec cela un bariolage de toits verts et rouges dans un cadre de fraîche verdure, vous apparaîtra du plus heureux effet. Il vous semblera qu'un moelleux tapis berbère, étendu à l'orée de la forêt vous incite à venir vous prélasser et respirer un air pur et vivifiant tout en admirant la riche et verdoyante plaine du Tigrigra.
Ce petit centre dont le panorama vous séduira, c'est Azrou. Azrou dont le nom est connu de tous les vieux marocains, mais dont les ressources, les possibilités et les espoirs semblent ignorés de la grande majorité.
Azrou est la capitale berbère de la grande confédération nomade Béni-M'Guild, laquelle s'étend de la Haute Moulouya aux portes de Meknès-(région d'Agouraï). Dès notre arrivée à Meknès, ce mot était dans toutes.../...


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 8:43

page 55


- Azrou en 1922.


.../... les   bouches des indigènes susceptibles   de   nous   renseigner   sur   la   région qui se présentait à nous.
Azrou, c'était le quartier général Béni-M'Guild, le grenier de la tribu, le pôle attractif du commerce de la montagne, la clé qui devait nous ouvrir la voie de l'Atlas et du Sud.
On conçoit qu'il devint vite un premier objectif des chefs militaires chargés de la pacification de la Région.
En 1913, nous occupions le bastion d'Ito et une partie des Béni-M'Guild nous faisait leur soumission. Montagnards rudes mais intelligents ils furent vite gagnés à notre cause.
Avec l'aide de deux chefs influents, le Caïd Mimoun et le Caïd Saïd, nous pûmes sans coup férir nous installer à Azrou le 11 Décembre 1914 avec une garnison de 25 moghazénis et 25 légionnaires. Par la suite, grâce à un sage travail politique de nos officiers de renseignements nous arrivions, sans qu'un coup de fusil soit tiré, à occuper en 1915 Timhadit, en 1916 Aïn-Leuh et effectuer la même année une liaison sur la Moulouya avec les troupes venues de Bou Denib.
Nous n'avions donc pas été trompés et l'occupation d'Azrou s'était justifiée ; elle nous avait permis de franchir l'Atlas et selon l'expression du Maréchal Lyautey, de crever la besace et de tenir le cordon ombilical du Maroc sous la forme de la voie Meknès-Bou Denib.
C'est alors qu'il apparut clairement qu'Azrou devait demeurer le carrefour des voies d'accès à la Moulouya d'une part, à Khénifra et Marrakech, d'autre part. Dans cet ordre d'idées, la route impériale du sud fut entreprise en 1917 et poussée activement, plus tard, celle de Khénifra devait suivre. On sait les services qu'ont rendu depuis ces deux routes, tant au point de vue stratégique qu'économique.
Simultanément Azrou devint le centre d'un cercle administratif et politique de premier plan qui aida puissamment à l'élargissement du Maroc utile.
C'est à cette époque que s'installèrent à Azrou quelques Européens, Industriels et Commerçants. Ils entreprirent de ravitailler Meknès et Fez en produits forestiers (bois de construction, charbon, bois de chauffage, traverses de chemin de fer, etc...). Ils développèrent le commerce d'échanges de denrées de provenance de la côte (alimentation indigène, cotonnades, etc...) contre les produits du sud (dattes, henné, huile, amandes, cuirs, peaux, etc...)
La route impériale étant ouverte à la circulation, elle fut empruntée avec empressement par les populations du Sud qui fournirent une main-d'œuvre agricole importante aux régions de Fez, Meknès et du Gharb.
Les premiers résultats étant encourageants, il était logique qu'Azrou prenne sa place dans le concert économique Marocain. Pour ce faire, la création d'un centre urbain y fut envisagée en 1918, un sanatorium fut projeté tandis que l'on escomptait un bel avenir touristique.
Or depuis cette époque, pour des raisons difficilement justifiables, Azrou a été délaissé complètement. L'administration poursuivant sans doute des préoccupations plus urgentes, a semblé l'oublier au point que ce n'est que cette année qu'un lotissement urbain officiel sera créé.
Malgré cette carence et de nombreuses difficultés, les Européens d'Azrou ne se sont point découragés. Installés précairement, ils sont arrivés à créer un courant économique qui ne peut que se développer. Le premier résultat acquis est déjà appréciable puisque le trafic annuel porte actuellement sur plus de vingt-cinq mille tonnes.
En outre, grâce à la splendeur de sa forêt, aux délicieuses truites qui peuplent ses rivières, à la qualité de son climat, Azrou a vu se créer un courant touristique conséquent.
Cela, malgré de nombreuses difficultés dont les principales ont été : îe manque d'entretien des routes d'accès jusqu'en 1929, l'entrave apportée à ia circulation par le régime de la zone dite d'insécurité, l'aménagement squelettique des voies touristiques, l'exiguïté de trois hôtels qui journellement refusent des clients.
Actuellement la situation s'améliore. Plusieurs administrations sont installées qui constituent le premier équipement indispensable au développement d'une région. Ce sont le Service des Affaires Indigènes, le Service des Eaux et Forêts, la recette postale, la Subdivision des travaux publics, l'Infirmerie indigène, la Gendarmerie, la Police, l'Ecole Régionale berbère modèle, laquelle conçue et dirigée avec compétence, compte déjà 150 élèves.


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 8:44

page 56


- Une   scierie   en   forêt   d'Azrou
- Azrou en 1916


L'activité bien comprise de ces administrations doit aider Azrou à pren-dre sa place de capitale administrative, économique, intellectuelle et touristique de la Région berbère.
Nous avons dit que les premières bases économiques avaient été lancées par les Européens. L'effort de ces derniers s'amplifiera lorsque le Protectorat voudra bien élargir le périmètre de la zone de sécurité, permettant de ce fait le développement normal de l'agriculture, du commerce et de l'industrie.
La question du tourisme doit particulièrement retenir l'attention.
Azrou avait des raisons plausibles de prétendre devenir le centre d'estivage marocain. Il a été évincé au profit d'Ifrane par suite de considérations qui nous échappent.
Cette décision de l'autorité supérieure ne diminue cependant en rien les possibilités touristiques d'Azrou qui n'est situé qu'à 23 km. d'Ifrane et ne peut que concourir au développement souhaitable de la grande station estivale.
N'oublions pas en effet, que la capitale Beni-M'Guild est le point de passage obligatoire pour les excursions réputées de l'Aguelman Sidi Ali, des Sources de l'Oum Er Rbia et du circuit El-Hadjeb, Ifrane, Ras el Ma, Azrou, Ito, El Hadjeb.
De nombreuses autres routes touristiques pourront être créées entre autres une route en corniche reliant Azrou-Aïn Leuh-Oum Rbia-Aguelman-Azougueur, qui procurera une des plus magnifiques excursions du Maroc.
Il n'est donc pas prétentieux d'affirmer qu'Azrou doit contribuer dans les divers domaines à l'essor de la belle région de Meknès.
C'est là, l'espérance légitime d'une région pleine de ressources et d'une population laborieuse, qui a foi en la sollicitude du Protectorat.
Ch. CONDAMINE Membre de la  Chambre Mixte de la Région de Meknès.


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 8:46

page 57


FÊTES INDIGÈNES


Nous touchons aux derniers jours du Ramadan et bientôt prendront fin les interminables veilles de cette longue période de jeûnes que la fête l'Aïd Srir clôture dans tous les pays de l'Islam. Mais deux jours avant cette grande solennité je ne connais rien de plus charmant que celle qu'on pourrait dénommer la fête des enfants. A Meknès, elle consiste dans la visite aux tombeaux sacrés de Sidi ben Aïssa le marabout vénéré,  devenu le patron des Aïssaouas et de Moulay Ismaïl, le grand Sultan contemporain de Louis XIV.

A travers les ruelles pittoresques de la Médina vous ne rencontrez plus, accompagnés de leurs parents, que des groupes d'enfants fiers de se montrer dans leurs beaux atours. A l'occasion de la fête tout ce petit monde est habillé de neuf et les fillettes sont parées de très beaux bijoux. Une superbe rosace d'or brille sur le front, d'énormes anneaux enrichis de pierres précieuses encadrent une frimousse éveillée, un collier de Krakeb orne le cou et un pendentif d'or ou d'argent, rehaussé d'émaux termine l'ensemble. C'est avec grand soin que les mamans rajustent les plis des étoffes, il faut que la tfina toute brodée de motifs floraux se tienne sur le caftan éclatant tout clinquant neuf et puis aussi la belle ceinture que les petites mains rouges de henné n'arrêtent pas de changer de place. Un autre souci, c'est la bonne tenue de la coiffure des plus petites dont les cheveux soigneusement nattés sont maintenus par des bandelettes de perles d'ambre, de cornaline, d'agathes ou de pierres aux tons de rubis et d'émeraude. Lentement on s'achemine vers Bab Siba où se tiennent les conteurs, les faiseurs de tours et les charmeurs de serpents. Ce sont ces derniers qui ont la faveur. On se bouscule sans souci des belles robes et des beaux bijoux pour voir de plus près les serpents qu'on va faire sortir d'une sorte de sac où ils sont entassés pêle-mêle. Un charmeur tout bronzé à l'air énergique et la chevelure opulente, retombant en longues tresses sur ses épaules impressionne vivement les enfants par son boniment, son appel pressant à la générosité du public et son invocation à Moulay Abd El Kader Djilali, pendant qu'un pitre au tarbouch orné de coquilles d'escargots souffle dans une raïta enrouée et provoque les rires. Mais l'émotion est à son comble quand le charmeur introduit dans sa bouche la tête d'un serpent qu'il tient étroitement serré par le cou et les applaudissements crépitent de toute part.

De Bab Siba on s'est rendu au sanctuaire de Sidi Ben Aïssa entre une haie de mendiants qui tendent la main et demandent l'aumône au nom de tous les saints du paradis de Mohammed, puis 0l! a continué la promenade pour se rendre à la koubba verte où repose le grand sultan Moulay Ismaïl. Il a fallu traverser toute la place El Hedime, franchir les voûtes de Bab Mansour et continuer son chemin en passant devant les Mechouar de Lalla Aouda. De ci, de là, on rencontre des voisins, des amis réunis en cercle à l'ombre des faux poivriers et on admire le, belles toilettes tout en égrenant un chapelet de compliments et de salamalecs. Enfin après avoir été fortement ballottés au milieu d'une foule grouillante, on arrive cahin-caha au seuil de la koubba de Moulay Ismaïl dominée par de grosses boules d'or. Il fait très chaud, aussi les marchands de limonade font des affaires magnifiques pendant que les éventaires des marchands de sucreries sont assiégés par les enfants. Elles sont bien tentantes ces piles de galettes au miel et ces gâteaux de sucre en forme de disques jaunes et roses et bien désirables aussi les nougats vendus au poids dans une balance qui ressemble à un jouet. Au milieu de tout cela voltigent et bourdonnent des abeilles dont les enfants ne semblent pas s'inquiéter tant ils sont captivés par la vue des couffins bourrés d'orribas et de cornes de gazelles. Aussi c'est à regret qu'on s'éloignera tout à l'heure du lieu de délices et qu'on reprendra le chemin de la Médina. Mais ce retour ne s'opère pas sans difficultés, car les mamans sont un peu fatiguées par cette longue promenade qui a duré des heures et les stations prolongées devant le charmeur de serpents, les conteurs, les acrobates venus du Souss, les montreurs de singes qui font des pirouettes et le salut militaire. On doit se mettre en quête d'un moyen de transport. mais faut-il encore pouvoir s'en approcher, car tout est pris d'assaut. Il y a des cars, des taxis et de vieilles carrossas qui font un vacarme à ne plus s'entendre, les cochers tout debout sur leurs sièges hurlent à plein gosier essayant de dominer les trompes des taxis et les klaxons des cars. Comment peut-on se retrouver dans cette cohue ? C'est un problème qui semblerait insoluble et cependant après avoir empilé toute une famille qui par miracle a pu se réunir au complet, je VOlS toutes les jeunes figures s'illuminer et un large sourire de joie s'épanouir sur tous les visages quand le taxi démarre et fonce en pétaradant au milieu de la foule qui s'écarte pour lui livrer passage. Du haut des vieux murs en ruines, des cigognes contemplent la scène et manifestent sans doute leur joie par des claquements de bec qui ressemblent à un accompagnement de castagnettes.
MATTEO BRONDY
Président du Syndicat d'initiative et de Tourisme de Meknès


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 8:47

page 58


- Caïd  Driss   ou   Raho,  d'El  Hadjeb,   Officier   de   la   Légion   d'Honneur
- Commandant  Savin,   Chef   du   Bureau   des   Renseignements d'El  Hamman,  ancien   Chef  du   bureau  des   renseignements d'el  Hadjeb.

Le Caïd Driss ou Raho des Béni M Tir


Un des principaux artisans de la  colonisation  de la première  heure dans les Béni M'Tir — Un ami sincère et éprouvé de notre cause

Je n'aurai pas la prétention d'écrire la belle histoire des faits qui illustrent si noblement la carrière de ce chef valeureux.
Il me faudrait un talent que je ne possède pas. Aussi me bornerai-je à citer les faits comme on écrit les états de service d'un militaire. Ils suffisent à classer cette belle figure sur le même plan que les valeureux chefs militaires qui honorent notre Patrie. Dans tous les cas, nous lui devons le tribut de reconnaissance et d'hommages que nous accordons aux grands serviteurs de notre pays.
Ce berbère, originaire des Yqueddern fut toujours un personnage influent. Avant notre arrivée sa protection était recherchée pour les caravanes qui transitaient à travers le pays.
Dès la première heure, Driss a la claire vision des événements qui vont suivre. II entrevoit les avantages que peut tirer son pays, d'une collaboration loyale avec la grande nation protectrice.
Aussi le voyons-nous, dès 1911, au service de la cause française, qu'il ne cessera désormais de servir avec la même loyauté et la même intelligence.
Cette même année, un des siens, rallié à note cause, Mohamed ou Saïd est tué par les Béni M'Tir (voir Le Glay, récits des monts et de la plaine).
En 1912, les événements de Fez mettent en effervescence le Tabor d'El Hadjeb.
Driss ou Raho et quelques-uns des siens, s'offrent   à  coucher  dans  la vieille casbah pour veiller sur la  vie   de  nos officiers.
II est nommé Caïd le 3  Septembre   1912.
A la suite des événements de Fez, l'occasion paraît favorable aux Béni M'Tir pour partir en dissidence.
La grande Djemaa se réunit et dure trois jours ; Driss ou Raho a compris nos méthodes.
Il conseille à ses frères de rester fidèles aux Français. Sa voix n'est pas écoutée et les Béni M'Tir partent en dissidence. Il reste néanmoins fidèle à ses idées, se sépare d'eux et tient, seul, la campagne avec quelques tentes de sa famille.
Pour toutes les colonnes qui, en 1912 et 1913, font la soumission des Béni M'Tir, sous les ordres du Colonel Henrys, il est notre principal et courageux agent d'information.
La pacification achevée, Driss se révèle un administrateur averti dont nous pouvons juger de l'œuvre. Il met toutes ses connaissances et son expérience à la disposition de tous ceux qui se succèdent à la tête de l'annexe  d'El  Hadjeb  --  tous  les  chefs  trouvent en lui un  auxiliaire  de  la plus  haute  valeur.
En 1919, le premier lotissement de colonisation est créé dans les Béni M'Tir. L'expérience est assez audacieuse et quelque peu risquée. Mais Driss a toute la confiance de nos chefs. Les terres destinées à recevoir les premières familles de colons français, sont prélevées sur les fractions qu'il commande.
Au nom de tous les colons, qui dépendent de son commandement, qu'il me soit permis de témoigner, ici, publiquement au Caïd Driss, nos sentiments de reconnaissance pour la vigilance avec laquelle il a veillé sur la vie des nôtres en période difficile ; et pour la bonne volonté qu'il a toujours mise à faciliter les relations entre Français et Marocains.
En 1925 et 1926, aux heures les plus critiques, on fait appel AUX partisans Béni M'Tir. Malgré son insistance le Caïd Driss, ne peut se mettre à leur tête. Il doit rester en tribu pour maintenir le moral des siens. Cependant, il n'est pas un contingent qui parte sans qu'il n'ait envoyé quelqu'un de sa propre famille et ce, intentionnellement, pour bien marquer sa fidélité. Il y aurait envoyé ses femmes si on le lui avait demandé.
Son khalifat, qui est son cousin Mokhtar ben Hammou ou el Hadj, si sympathiquement connu des Français de cette région, se comporte magnifiquement à Ain Aicha, ce qui lui vaut la Légion d'Honneur et la Croix de Guerre.
Son fils Moha est très grièvement blessé, sous les ordres du Commandant Savin dans le secteur d'Ouezzan, et fait Chevalier de la Légion d'Honneur.
Le  Caïd Driss  ou  Raho a  été  décoré   : De la Médaille du Mérite Militaire Chérifien, en  1913. Officier du Ouissam Alaouite, croix de Guerre, en  1916. Chevalier de la  Légion  d'Honneur, en   1918. Officier de la  Légion d'Honneur, en  1922.
La rosette de la Légion d'Honneur lui fut remise par M. Millerand, Président de la République Française « Dix-neuf ans de grands et loyaux services ».
Dix-neuf ans sans que cette fidélité subisse la moindre défaillance, malgré la rude épreuve d'événements, si graves, qu'ils mirent en péril, à diverses époques, notre œuvre dans ce pays.
Voilà la carrière du Caïd Driss ou Raho. Elle le classe au premier rang des grands amis de la France et lui vaut la confiance unanime de tous ses chefs, comme la considération et l'affection de tous les Français qui le connaissent.
Henri SERRES.   Agriculteur à Boufekrane.


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 8:49

page 59

- Ferme  Lautrec,  à  Aïn  Schkeff.
- Ferme Lacoste,  aux Ait Boubitman


Région d'Aïn Taoudjat et son sous-sol tuffeux


- En commençant mon article me viennent à la mémoire les paroles prononcées par M. Marcel Berthaud, ancien Inspecteur d'Agriculture — créateur de la colonisation à Meknès - - au vin d'adieu qui lui était offert par les colons d'Ain Taoudjat.
Devant les magnifiques récoltes étalées devant nous, il nous disait qu'en 1922, au moment de la création du lotissement, personne n'avait confiance dans cette région et que le pessimisme de tous avait même failli le gagner.
Il est en effet remarquable que si les récoltes de la région d'Ain Taoudjat comptent parmi les plus belles du Maroc, l'aspect de ses terres est, au premier abord, peu encourageant.
Je me propose de montrer dès le début de cet exposé que les apparences sont trompeuses et que les terres d'Aïn Taoudjat, loin d'être un élément médiocre dans la prospérité de cette région, en sont au contraire un très agissant élément de succès.
Terres silico-argileuses et tuffeuses d'Aïn Taoudjat. — Les terres d'Aïn Taoudjat sont des terres silico-argileuses suffisamment riches en azote, potasse et magnésie — mais pauvres en chaux (comme d'ailleurs toutes les terres de la région de Meknès) — reposant sur un tuf friable, perméable à l'eau et aux racines.
Or,  contrairement  à  une  opinion   répandue,    une  terre  siliceuse  et tuffeuse,  par  surcroît,  ne   doit  pas  être  considérée  comme  une  terre  inférieure.
Les terres siliceuses ont ce grand avantage d'être faciles à travailler. De plus, se ressuyant très vite, on peut les labourer le lendemain d'une pluie, ce qui permet de diminuer considérablement le cheptel, avec le même cheptel, d'augmenter les façons culturales.
Quant aux terres  tuffeuses,  elles présentent les avantages suivants   :
1° Entamées par les labour profonds, la formation tuffeuse intervient pour un marnage comme facteur d'amélioration de la couche superficielle.
2° Quand le tuf est profond et que les appareils culturaux ne peu-vent l'atteindre, il y a possibilité de l'extraire facilement et de marner (après avoir broyé finement le tuf au moyen d'un broyeur à boulets de préférence) ou de produire de la chaux agricole, à bas prix.
il y a dans la région plusieurs fours à chaux à feu continu.
3° Les terres tuffeuses sont d'excellentes terres à vignes, à arbres. La réserve de chaux du tuf, pratiquement inépuisable, compensant largement les frais de plantations.
4° Enfin le tuf est un magasin d'humidité, un réservoir d'eau et de fraîcheur. Je ne sais plus qui avait eu cette comparaison extrêmement juste et très significative : « le tuf joue le rôle d'une éponge humide ».
Ainsi donc, sans passer pour paradoxal, on peut affirmer que le tuf d'Aïn Taoudjat est loin d'être un mal, et, au contraire, dire que s'il n'existait pas, il faudrait... le désirer.
Je me suis étendu un peu longuement sur cette question du tuf car elle est, chez certains, la plus discutée, mais elle n'est pas la seule caractéristique favorable de notre région. Il y en a d'autres, parmi les quelles:
1. L'irrigation.
2. La  pluviométrie.
3. La  faible altitude.
4. La  main-d'œuvre.
5. Les moyens de communication.
I ° L'irrigation  :
Le sixième de la totalité des six mille hectares de terres> cultivées par les colons français, de la plaine d'Aïn Taoudjat est irrigué (la totalité de la plaine, uniformément plate, serait d'ailleurs irrigable sans travaux préalables, si les sources lui accordaient tout leur débit).
Cette irrigation permet, outre la culture intéressante des arbres fruitiers, des cultures riches : piments, tomates, betteraves, asperges, pommes de terre, fourrages, luzernes, plantes industrielles.
2°   Pluviométrie   :
L'abondance des pluies (500 à 600 millimètres) et leur répartition convenable font que les céréales viennent particulièrement bien.
3°   Faible   altitude   :
L'altitude de 450 mètres présente les avantages suivants   :
a) Absence  de  gelées.
b) Maturité hâtive, ce qui permet d'éviter le plus souvent l'échaudage,
de produire des primeurs.
4° Main-d'œuvre  :
La région est limitée au Nord par les Maïa, tribu des arabes du Saïs,
Au sud, par les Ait Lhassen ou Youssef  des  Béni  M'Tir.
A l'Ouest, par les Ait Sliman de cette même tribu.
II en résulte une main-d'œuvre abondante, facile, relativement bon mar
ché. Il nous est permis ainsi, de  faire  la  culture   de  graines et de pois
sur de grandes  étendues, disposant  de   beaucoup   de femmes  et  d'enfants
pour sarcler et récolter.
5° Moyens de communications   :
Enfin, les moyens de communications viennent couronner admirablement la série des avantages déjà énumérés.
Aïn Taoudjat est située sur la route impériale à mi-chemin de Meknès et de Fez. Elle est traversée également par la ligne du Tanger-Fez.


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 8:50

page 60


- Ain  Taoudjdat —  Vue d'ensemble des bâtiments d'exploitation et d'habitation de la ferme de M. Selde, Président de l'Association  des   Colons  de  Meknès   et  de  l'Union   des  Associations Agricoles   du Maroc.
- Ferme de  M. M. Morillon à Ain Toto où le propriétaire, Représentant des Ets. Davy fait d'importantes cultures de graines potagères et de  fleurs.
- Vue générale des Etablissements Davy, qui, depuis de nombreuses années font de très importantes cultures de pois dans  la région.
-  Ferme    Isnard --  Ain   Taoudjat.
- Ferme  Berlin  —  Sur  la   roule  Fès-Meknès.


Donc, en dehors de l'agrément et de la commodité résultant de la proximité des deux villes aussi importantes que Fez et Meknès, l'écoulement des produits est des plus faciles, et qui plus est, nous avons de nombreux débouchés pour nos primeurs par le port de Tanger.
Toutes ces richesses d'Aïn Taoudjat justifient pleinement la création d'un village à proximité de la gare. L'implantation des lots est faite et leur vente aura lieu prochainement. Nous sommes sûrs qu'elles nous permettront de réaliser divers projets comme : l'installation d'une confiturerie et conserves de légumes, d'une sucrerie, d'une coopérative ; la construction d'une station de nettoyage pour les céréales avec suceuse d'embarquement.
J'ai parlé un peu longuement des richesses et des espoirs d'Aïn Taoudjat ; mais — et je suis sûr que tous les colons acharnés me comprendront - allez donc empêcher un agriculteur de parler avec amour de la terre à laquelle il s'est donné.
Aussi bien dans mon enthousiasme pour cette région, suis-je en bonne compagnie, puisque le Comité du Concours du plus bel épi de 1929, a attribué (pour leur haute valeur boulangère et leur forte teneur en gluten) le premier et deuxième prix au 422 et 335, blés sélectionnés, à rendements élevés, cultivés dans notre région.
LOUIS SELVE, Membre de la Chambre Mixte,
Président de l'Association des Agriculteurs de la Région de Meknès Président  de  l'Union  des  Associations  Agricoles  du  Maroc.


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 8:52

page 61


- Jardin  d'essais  de  Meknès --   Une  collection  de pêchers.

Le Jardin dEssais de Meknès


ORIGINE. — Affectation  du jardin  au  Service  de l'Agriculture
C'est en août 1913 que la Direction de l'Agriculture reconnut l'intérêt s'attachant à la création immédiate d'un jardin d'essais dans le centre agricole de Meknès. Elle propre à cet effet d'utiliser l'immeuble domanial dit de « Ben-Halima ». L'affectation de l'immeuble eut lieu le 1er mai 1914, mais l'établissement demeura grevé pendant plusieurs années, de nombreuses servitudes rendant le travail fort compliqué. Les principales entraves furent supprimées en 1917 et c'est à partir de ce moment-là, que le jardin prit son orientation vers les branches auxquelles il était destiné : Expérimentation agricole et arboriculture fruitière.
- Superficie —  Situation - -   Terre —  Climatologie —  Irrigation
D'une superficie de 29 hectares, le jardin est situé à 538 m. d'altitude au Sud du Dar el Maghzen et au nord de l'Aguedal à 2 kilomètres environ de la Médina. De forme trapézoïdale il est entièrement entouré de murs.
Le sol est relativement plat et un système de canalisation permet aujourd'hui de l'irriguer entièrement.
La nature du terrain est celle du plateau de Meknès en général : terre argilo-calcaire hamri d'une épaisseur variable (25 à 80 cm.). Le sous-sol constitué par du tuf calcaire friable est assez favorable aux arbres. Son altitude donne au Jardin un climat assez rude l'hiver. Les gelées ne sont pas rares et le thermomètre descend parfois à 4 et 5 degrés au-dessous de zéro.
- Premiers  travaux
Le Jardin  d'Essais tracé à l'orientale par les Sultans était composé de vingt  carrés  limités par  des  allées  exclusivement  droites  bordées  pour  la  plupart  d'oliviers.
Comme dans la majorité des jardins indigènes, ces carrés étaient plantés sans ordre ni symétrie et dans chacun poussaient pêle-mêle les essences suivantes   :   abricotiers,   amandiers,   cerisiers,  cognassiers,   figuiers,   poiriers, enfin en certains essais avec des plantes potagères.
pommiers, pruniers, vignes, micoccouliers, mûriers,  peupliers,  rosiers,  etc.
Prés de 5.000 arbres existaient ainsi dans l'ensemble du jardin.
Parmi les arbres fruitiers, seuls les orangers et les oliviers présentaient un certain  intérêt.
Dans ces conditions le premier travail indiqué était de débroussailler et dégager le terrain pour permettre de procéder à des semis et plantations nouvelles.
De 1914 à 1916 les travaux consistèrent surtout en travaux d'appropriation, quelques tailles et greffages opérés sur de vieux sujets indigènes et enfin en certains essais avec des plantes potagères.
Les premiers essais de céréales, plantes fourragères et plantes industrielles furent effectuées pendant l'hiver  1916-1917 et les plantes suivantes .../...


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 8:56

page 62


- Jardins d'essais de Meknès — Un des champs d'expérience.
- Jardin  d'essais  de Meknès — L'allée  des  cyprès.

.../... cultivées ensuite jusqu'en 1920 : Céréales variées, millet, moha de Hongrie, sorgho à balais, sorgho sucré, trèfle d Alexandrie, trèfle violet, ves-co, colza, jarosse, moutarde, navette, betteraves, fourragères et sucrières, coton, garance, lin, tabac, tournesol. Parallèlement à ces essais, les travaux d'embellissement commencèrent au début de 1918 par la plantation de plusieurs allées en arbres d'ornement, le tracé d'un jardin d'agrément et d'une roseraie. Le premier verger d'étude fut planté à la fin de l'hiver 1917-1918;

ORGANISATION ACTUELLE — PROGRAMME ET BUTS
L'établissement comprend aujourd'hui 3 parties bien distinctes  :
Une partie d'agrément
Une section d'Expérimentation agricole
Une section d'Arboriculture fruitière.
La partie ornementale est constituée par :
1 "  Une roseraie de plus d'un  demi-hectare renfermant 2000  rosiers et 150 variétés.
2° Un jardin à la française d'un hectare et demi.
3° 5 kilomètres d'allées environ ombragées par des essences variées (faux-poivriers, frênes, mélias, robiniers, sophoras, saules pleureurs).
Expérimentation agricole. — Depuis 1920 un programme est établi pour une période de 5 ans par le Chef du Service de l'Expérimentation agricole. Ce programme est approuvé par les Chambres d'agricultures du Maroc. Il est le même pour toutes les Stations.
Actuellement il comprend les essais suivants :
Céréales  : Essais d'époque de semis. Influence des travaux d'entretien. Multiplication de céréales sélectionnées.
Plantes fourragères   : Essais de supports pour la vesce.
Essais de comparaison vesce velue, vesce de Narbonne, pois fourrager. Essais de navets, rutabagas, carottes, et choux fourragers.
Betteraves  : Essais de fumure avec sucrière. Essais de semis de printemps avec fourragère. Influence de la culture de la betterave sur les céréales.../...


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 8:58

page 63


- Jardin d'essais de Meknès — L'allée des palmiers.
- Jardin d'essais de Meknès — La roseraie qui compte parmi les plus belles du Maroc.

.../...Pommes de  terre : Essais d'époque de semis. Essais d'écartements. Essais d'irrigations. Topinambours   : Essais de fumure. Patate : Essais de culture irriguée.
Les  résultats  obtenus  sont  détaillés   dans  des  fiches  d'expérimentation, groupés et divulgués ensuite dans des brochures
Quelques plantes à parfums sont ainsi cultivées   :
Bigaradier, rosier, indigène, rosier de Grasse, rosier de Bulgarie, géranium rosat, lavande, menthe poivrée, tubéreuse. Leurs produits sont distillés et soumis à des analyses.
D'autres essais enfin sont entrepris en vue du traitement des semences par les poudres fungicides.

ARBORICULTURE  FRUITIÈRE.
L'étude de cette branche commencée à vrai dire en 1921 porte sur d« collections groupées dans une dizaine de vergers et 450 mètres de cordons en contre espaliers réunissant 1 100 arbres.


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 9:00

page 64


- Jardins d'essais de Meknès — Une culture de pyrèthre.
- Jardins d'essais de Meknès — La culture du houblon.


Les collections actuelles sont ainsi réparties  :
Abricotiers :  11  variétés. Oliviers :  14 variétés.
Amandiers  :  11  variétés. Orangers  : 31  variétés.
Cerisiers   :   14 variétés. Pêchers  : 35 variétés.
Abricotiers :  11 variétés. Poiriers : 22 variétés.
Amandiers   :   11   variétés. Pommiers : 24 variétés.
Cerisiers : 14 variétés.   Pruniers: 27 variétés.
Cognassiers : 4 variétés.    Vignes: 46 variétés.
Figuiers   :  5 variétés.
Le programme d'arboriculture fruitière comporte également la multiplication de certaines variétés propices par semis direct, l'étude des formes et des talles à adopter dans le pays ainsi que les traitements à employer contre les parasites, notamment contre la mouche des fruits.
De 1920 à 1926 le jardin a rendu de précieux services en délivrant à la première colonisation plusieurs milliers d'arbres greffés en un temps où les pépiniéristes privés faisaient encore défaut.
VULGARISATION
Le Jardin d'Essais de Meknès distribue ou vend chaque année aux colons les céréales sélectionnées qu'il a cultivées.
Il distribue aux personnes qui en font la demande des graines et des jeunes plants de plantes médicinales et à parfums, des graines et des boutures pour haies défensives et brise-vents, des greffons d'arbres fruitiers.
L'établissement participe chaque année aux manifestations agricoles jui ont lieu au Maroc et en France (concours, foires, etc...)
CONSIDERATIONS
En résumé, le programme surchargé est difficile à exécuter avec les moyens dont dispose l'Etablissement. Plusieurs renseignements précis sont néanmoins retirés chaque année de cet ensemble de plantations et d'essais agricoles.
Peu éloigné de la ville, agrémenté de nombreuses allées ombragées, ce jardin est de plus un but de promenade fréquenté par les touristes et meknassis.
C.  CHRISTIEN. Directeur du Jardin  d'Essais de Meknès


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 9:01

page 65


- Environs  d'Oulmès --   Vue prise  de  la  corniche de  Sidi Abbou.

ETUDE   SUR   OULMES ET   SON   AVENIR


- Les massifs montagneux qui s'élèvent au Sud de la région des Zem mours, formant les premiers contreforts du Moyen Atlas ont comme altitude de 12 à 1300 mètres et sont séparés par des plateaux, dits plateaux d'Oulmès, dont la plupart sont constitués par des schistes et des veines de granit contenant des bancs de quartzs minéralisés. De ces plateaux couverts de forêts ou de traces d'anciennes forêts, surgissent d'assez nombreuses sources minérales.
Oulmès, fut autrefois un immense bois de cent kilomètres carrés coupé de failles et de crevasses profondes, où pour se nourrir le berbère multiplia incendies sur incendies, afin d'étendre le domaine de ses labours et de ses prairies. N'hésitant pas pour se tailler un « bras » de charrue, à brûler parfois des centaines d'hectares de bois de broussailles. Grand admirateur du principe du moindre effort, le paresseux berbère, pour se procurer ses bois de tente et son outillage préféra toujours le feu à la hache.
Le climat d'Oulmès, que vient rafraîchir une brise soufflant de l'Atlantique est un climat essentiellement tempéré, sans écart extrême où l'ombre des ramures puissantes du chêne-liège et du chêne vert, laisse au touriste venant de la plaine brûlante, aux heures chaudes de l'été, l'impression vive d'une bienfaisante et délicieuse fraîcheur.
Les hivers rigoureux y sont également inconnus et bien que la neige fasse chaque année son apparition pendant quelques jours, le thermomètre dans cette région d'altitude, descend très rarement au delà de zéro. Les gelées tardives sont cependant trop souvent néfastes à la végétation de ce pays et leur nocive influence s'exerce particulièrement sur les arbres fruitiers et les légumineuses.
Les pluies printanières se prolongeant souvent jusqu'à fin mai, ne manquent pas de produire sur les végétaux de nos montagnes les plus heureux effets, conservant aux prairies, alors que tout s'assèche dans les immenses ; plaines du Gharb et des Zemmours, leur parure printanière de fleurs et de verdure jusqu'à la mi-juillet.
La richesse économique de ce pays est dans l'amélioration constante de son élevage, de ses "reproducteurs et de ses reboisements car des millions de ttiètres cubes d'eau, vont chaque année, grossir de leurs flots le fier Bou Regreg, mettant en péril les relations entre le Sud et le Nord du Maroc et laissant pendant l'été la plupart des troupeaux assoiffés.
Un très gros effort n'a pu être fait dans ce pays ni au point de vue élevage rii au point de vue reproducteurs, ni même au point de vue sélection des races. Cependant, par suite des facilités de communications, les échanges entres régions se sont multipliés et l'élevage s'est fortement intensifié malgré des méthodes rudimentaires et la paresse du berbère. Près de quatre vingt mille ovins ou caprins, dix mille bovins et quinze cents chevaux, mulets ou juments trouvent leur nourriture sur les plateaux d'Oulmès.
Les essences forestières que constituent le chêne-liège, le tuya, le chêne vert, l'olivier, l'arbousier et quelques amandiers forment en général les boisements de cette région. Un trafic important de liège et de tuya s'est fortement dessiné pendant les années 1929-1930 et quelques « loupes » de tuya ont fait l'objet d'un commerce extrêmement intéressant.
Ce trafic ne manquera pas de s'Intensifier, dès que des communications moins rudimentaires apporteront à cette région de nouveaux débouchés. Aussi, en attendant que la voie de 0 m. 60 aborde nos montagnes, seul le prolongement de la voie Rabat-Khemisset jusqu'à Tedders, permettra aux richesses de ce pays de s'écouler normalement vers l'un de nos-grands ports.
Pour ce qui est du commerce ou des échanges entre ce pays et Meknès, le Beth reste un obstacle qui paralyse tout le trafic qui aurait pu s'orienter entre les deux pays. Aussi n'existe-t-il entre producteurs de cette région (colons ou indigènes) et le marché de Meknès, aucune relation. Oulmès pour Meknès semble être aux antipodes pour tout ce qui est commerce, tourisme, transports et relations administratives ou législatives.
L'on trouve au flanc de coteaux escarpés et de vallées profondes coupant les plateaux d'Oulmès trois sources minérales d'eau froide dont le débit est très variable et une source d'eau chaude à la température de 41e. La plupart de ces sources, d'après l'analyse de hautes sommités médicales auraient une grande analogie avec nos eaux de Vichy.
La concession de ces eaux serait sur le point d'être donnée à une firme française et l'exploitation des sources ne serait plus qu'une question de jours. Donc bientôt un modeste établissement va s'élever dans un coin charmant de cette région afin de lutter contre les ravages du paludisme.
Choisi dans un cadre ravissant, au pied de ravins abrupts et de gorges profondes, d'éboulis de rochers couverts de lianes enlacées courant à travers les arbousiers, les chênes-liège et les chèvrefeuilles, dominant de près de six cents mètres Lala Aya, source chaude et Aïn Ma-ha, source froide, sont une imposante voûte de verdure qui vient rafraîchir une forte brise.
Coin idéal de calme et de fraîcheur, temple du repos, de vrai repos pour l'enfant et le soldat fatigué où le prolétariat marocain ne pouvant s'offrir le luxe de nos villes d'eau de France, ni les exigences de nos compagnies maritimes, pourra sans beaucoup de frais venir goûter les délices de ce centre ombragé ou refaire ses poumons fatigués par les heures brûlantes de l'été ; et profiter de l'efficacité des eaux magiques qui depuis des siècles, comme Moulay Yacoub ont fait leurs preuves sur le foie paresseux du berbère ne pouvant plus s'assimiler la chair coriace des vieilles brebis chleuh.
L'on peut d'ailleurs affirmer, en dehors de toute question médicale, que les quelques européens venus des fournaises d'El Boroudj, du Ta-dla et de Boujad pour faire usage de ces eaux, ont trouvé ici après un court séjour, une amélioration très sensible de leur état de santé compromis par le paludisme.
La distance qui sépare Ouïmes de Casablanca sera de 160 kilomètres par la future route Boulhauf-Marchand-Maaziz. Cette distance serait égale pour Fez-Oulmès par El-Hadjeb-Agourai : 160 kilomètres.
Rabat n'est séparé d'Oulmès que par une distance de 140 kilomètres par Tiflet-Tedders.
Meknès est à notre porte, mais sans communication directe. Les yeux fixés sur Ifrane et ses rives verdoyantes, les trésors zaïans que gardent au creux des Ravins de la Peur et de la Mort, les fantômes de lions à crinières noires, ne lui sont d'aucun intérêt.
Bien que très peu peuplé et cahotique, le pays est sûr et si quelques rôdeurs s'y infiltrent encore parfois, c'est que le Mokhazeni de nos montagnes, trop sensible aux tapis moelleux des grandes tentes, au thé parfumé et au fumet des plats pimentés trouve son fusil trop lourd et, comme autrefois, pieds nus et en haillons, quelques grains d'orge comme-nourriture, il ne sait plus par des galops furieux donnant le frisson aborder les crêtes et dépister les djouch. L'or français l'a fortement étourdi.
L. CHAPLET.


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 9:03

page 66


- Sa Majesté Moulay  Youssef visitant Toulal sous la conduite du  propriétaire,  M.  Pagnon.
- Au domaine de   «   Toulal », le Parc aux autruches.

UN HOMME D'ACTION A MEKNÈS


M. Pagnon vient d'Algérie où il avait créé une belle exploitation de 200 hectares dans le département d'Oran. Il arriva au Maroc Occidental au début de 1908 faisant partie de la phalange des premiers pionniers de notre colonisation au Maroc. Après bien des péripéties dans la région des triffas, il crée deux propriétés mais quelques années plus tard, terrassé par la maladie qui le tient alité pendant près d'une année, il est obligé de les céder.
Au début de 1912, nous le voyons, de nouveau, en voyage d'étude au Maroc Occidental à la recherche de nouvelles terres. Après avoir parcouru le pays en tous sens, il fixe son choix sur la région de Meknès et c'est là que la grande guerre le trouve alors qu'il avait jeté son choix sur les terres de Toulal où quelques années plus tard, devait s'organiser l'une des plus belles propriétés du Maroc. Qui ne connaît pas cette magnifique exploitation aux terres splendides, aux portes de Meknès, fournissant sur ses 850 hectares de superficie, d'abondantes moissons, un élevage prospère, mais surtout ses vins réputés ?
M. Pagnon fut le fondateur et le premier Président de l'Association des Agriculteurs de Meknès, qui groupe à ce jour plus de 400 colons.
Son effort ne se manifeste pas seulement dans le domaine agricole, par la création et la mise en valeur de nombreuses exploitations. Ses connaissances agricoles et commerciales et son activité prodigieuse le désignent au choix de ses collègues. A la création par la Résidence Générale des Comités d'Etudes Economiques en 1915, il en fut le Président et en cette qualité, délégué au Conseil du Gouvernement où il siège encore, représentant la section agricole au titre de premier vice-président de la Chambre Mixte d'Agriculture et de Commerce.
Il est le doyen de la Commission Municipale. Son rôle y fut important et il s'y montra toujours le défenseur des intérêts généraux de la région.
Président et fondateur de la Caisse de Crédit Agricole, des habitations à bon marché et de nombreux autres groupements, son activité est inlassable.
Lors de la création de la ville nouvelle de Meknès, l'œuvre de M. Pagnon se compléta par la construction du Volubilis-Hôtel, le premier hôtel organisé où les nombreux touristes de passage à Meknès, et les colons descendant à la ville trouvaient un confort très appréciable à cette époque.


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 9:04

page 67


- A  l'autrucherie de Meknès —  Un beau  couple  d'autruches.
- La rentrée d'un beau troupeau de vaches laitières indigènes à Bab  Tizimi.

La Région du R'dom


La région du R'dom s'étend de Petitjean à Meknès en suivant la vallée de l'Oued R'dom ; son territoire forme les premiers contreforts du Moyen Atlas et sépare les plaines des Béni Ahsene du plateau de Meknès.
Pays de coteaux présentant une altitude de 300 à 400 mètres, cette région est coupée par de nombreuses vallées d'origine glaciaire où coulent les eaux des sources de montagne, qui viennent aboutir à l'Oued R'dom.
Les fonds des vallées sont constitués par des «terres alluvionnaires abondantes en humus et propres aux cultures riches et aux plantations d'arbres.
Sur les pentes moyennes, on trouve  des terres  argilo-siliceuses légères se prêtant bien aux céréales et à la vigne.
Les hauteurs ont été attaquées par l'érosion, qui par endroits, a fait affleurer la roche et le tuf et sont couvertes de peuplements de palmiers nains ; défrichées, elles formeraient d'excellentes terres à oliviers.
L'eau est partout abondante et la nappe phréatique ne s'y abaisse jamais ; de ce fait, les fourrages sont abondants
Assez longtemps délaissée à cause de son manque de communications, la région du R'dom a intéressé la colonisation dès que la ligne du Tanger-Fez, qui emprunte la vallée du R'dom a créé un débouché.
Le Protectorat y a installé successivement deux groupes de lots de colonisation et la colonisation privée, qui l'avait précédée y crée chaque année de nouvelles exploitations.
La colonisation française y occupe actuellement 25 propriétés portant sur 7.000 hectares environ.
Les colons portaient leur effort ces dernières années sur les céréales, qu'ils cherchent actuellement à remplacer par des cultures plus rémunératrices. Ils ont également planté de la vigne qui vient parfaitement bien. Des plantations d'arbres fruitiers — pruniers, amandiers, orangers, etc. — ont été entreprises avec succès dans des proportions qui s'accroîtront rapidement, quand un débouché assuré sera réalisé par l'installation de fabriques de conserves.
Les colons s'adonnent avec succès à l'élevage des bœufs et des moutons ; les croisements — zébu ou gascon pour les bovins, dishley-mérinos pour les ovins — améliorent la race du pays, qui manquait de taille. Le bétail n'ayant pas à souffrir des froids de l'hiver et abondamment abreuvé en été n'y connaît pas de maladies.
La région du R'dom, encore gênée par son manque de communications, attend avec impatience la route Gharb-Meknès par la vallée de l'Oued, qui lui donnera son essor définitif.
Son avenir — de l'avis de ceux qui la connaissent — est indubitablement dans le développement des plantations d'arbres et des cultures riches qui en sont l'accompagnement.
Les jardins de Meknès doivent se trouver réunis à ceux de Petitjean par une suite ininterrompue de vergers, encadrés par les bois d'amandiers et d'oliviers qui descendront des hauteurs.
Ce jour arrivé, la région du R'dom connaîtra sa prospérité définitive el deviendra un des plus beaux territoires du Maroc.
Colonel   LEBON du   bureau   de L'Association Agricole de Meknès.


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 9:06

page 68


- Vue d'une partie du domaine « Cherika » aux Aït Yazem dont le vignoble couvre plus de  trois cents hectares. Propriété de MM. Bonnel et Désurmont.
- Au  domaine  Caillât — Aux Aït Yazem — A droite défoncement pour plantation de vigne, à gauche un coin du verger.

Les Aït Yazem, le plus grand centre vinicole du Maroc


- Parmi tous les centres de colonisation de la région de Meknès, celui des Aït Yazem est aujourd'hui un des plus importants.
Il se trouve au sud de Meknès, sur la route qui, à travers la plaine des Béni M'Tir conduit vers Agouraï.
Créé en 1922, ce centre de colonisation ne jouissait pas d'une excellente réputation : ses terres sablonneuses paraissaient sans valeur, le blé ne donnait rien. Telle exploitation que je connais spécialement obtenait comme rendement moyen à l'hectare le chiffre très bas de 8 quintaux.
Bref, on ne se souciait  guère   des   Aït Yazem, on lui préférait les autres centres voisins  : Aït Harzalla, Bou-Fekrane.  Et pourtant Aït Yazem  a  tenu, s'est mis en valeur. On   a   eu   confiance en lui et voici que les efforts de la première heure vont recevoir leur récompense.
Désormais par son vignoble, ses vins et, plus tard, ses arbres et ses fruits, Ait Yazem est en passe de s'adjuger le premier rang parmi ceux de la riche province agricole de Meknès.
Ce beau résultat, est dû à la clairvoyance des colons qui sans essayer de vou-loir imposer au sol leurs propres conceptions, ont voulu se laisser guider par lui dans sa mise en valeur.
Les terres silico-argileuses reposant sur un sol fraîchement argileux, faciles à travailler, fraîches et profondes étaient tout indiquées pour la constitution d'un vi-gnoble. Les colons ont planté de la vigne et celle-ci pousse maintenant avec une vigueur exceptionnelle et surprenante. Sur les 1000 hectares qui ont été plantés, 300 sont en rapport et les rendements déjà obtenus témoignent des résultats que peut laisser cette culture en pays sableux.
C'est pourquoi les colons des Aït Yazem continuent à planter de la vigne. L'an prochain, 1931, verra sans doute 500 hectares de plantations nouvelles. Mais déjà, ils peuvent être fiers de leur travail, déjà ils méritent qu'on les félicite sans réserve.
La surproduction qui est à craindre ne doit pas les arrêter car si, dans l'avenir, on se trouve en présence d'une récolte excédant les besoins du pays, nos vins des Ait Yazem, nos vins corsés seront capables de rivaliser à l'exportation française et coloniale, avec les vins d'Algérie, de Tunisie, d'Espagne ou de Portugal.
Aït Yazem peut se développer en toute confiance comme il le fait déjà son avenir semble pleinement assuré. Produisons du vin, toujours du vin et toujours du bon vin. Le vin, c'est la gaieté, la force... Notre race gaie, aimante et spirituelle n'est-elle pas là pour le prouver, ne doit-elle pas unepartie de ses qualités à l'usage de ses vins renommés ? Vinum Bonum loetificat cor Hominis.
André BONNEL Viticulteur à Meknès.


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 9:08

page 69


La Segia d'Addou-Namoucha



Haddou Namoucha est un simple khalifa, quelque chose dans le genre d'un sous-préfet. Mais comme il ne sait ni lire ni écrire, il ne s'occupe point de ce que disent les journaux bien ou mal pensants, ni du système de rapports le plus propice à son avancement, ni même de la composition et des chances du Ministère.
Il ne connaît que son bled. Il maintient un rideau de patrouilles qui protège son front avancé contre les incursions des dissidents, et il songe aux grands projets qui feront son bled riche et le premier des Béni M’Tir.
Parmi ces grands projets était l'irrigation des territoires de plaine que possède la fraction : bonne terre, d'une étendue imposante, mais d'une production douteuse par le manque d'eau. Pour assurer cependant la venue des céréales et surtout du maïs, Haddou Namoucha avait acheté au début de la saison une part de l'eau qui coule sur un territoire voisin, habité par une famille de Chorfas Cette eau avait bien sa source chez lui, mais la configuration du terrain la poussait chez les Chorfas qui l'avaient captée dans des canaux d'irrigation et ne consentaient à en détourner une partie vers la plaine des Aït Arzalla que moyennant redevance. Puis des contestations s'étaient élevées, comme il arrive toujours sur ces questions de partage d'eau. On en avais appelé au Hakem qui s'était transporté sur les lieux avec les représentants des deux parties et n'avait pu, devant l'acharnement de celles-ci, les mettre d'accord. Haddou Namoucha y apportait une véhémence extraordinaire : il était très humilié de payer tribut, surtout pour une eau qui venait de chez lui ; son cheval traduisait sa colère en ce cabrant au-dessus de la séguia, comme s'il eut voulu la saisir et l'emporter dans une envolée de razzia ; un moghazeni me dit : « Si le Hakem n'était pas là, c'est avec la poudre qu'ils se parleraient maintenant. »
En effet, Haddou Namoucha disait au Capitaine : « Que Dieu te bénisse, ah ! le Hakem ! mais je ne retournerai pas devant les Aït Harzalla pour leur dire que ces chiens de chérifs (Islam !) vont garder toute notre eau et que nos récoltes mourront de soif cet été. »
Le Capitaine lui avait imposé le calme et pensait à une autre solution. Dès le lendemain, il envoyait deux territoriaux de la garnison rechercher s'il était possible de frayer, en territoire Aït Harzalla, un passage à l'eau d'irrigation jusqu'à la plaine. Ce n'était pas une petite affaire, car il y avait huit kilomètres de collines à traverser. Pendant un mois, nos deux territoriaux traînèrent, dans les rocs et dans les ronces, leurs alidade, niveau, équerre, jalons. Tout le bled Aït Harzalla avait l'espoir fixé sur eux. Haddou Namoucha répétait que l'ancienne séguia était un jet de salive auprès du fleuve qu'allaient tracer les Ingénieurs français.
Enfin les deux soldats rendirent compte qu'il y avait un tracé possible; le capitaine vérifia les levées, quelques ravins et des roches se trouvaient sur le passage, mais on devait en venir à bout : les travaux furent décidés.
Haddou Namoucha battit donc le rappel comme s'il s'agissait de partir en guerre. Les gens de la fraction furent armés de pioches, de pelles, de pics. On fit sauter des roches dont les éclats volaient à une très grande hauteur — « comme s'émiettait maintenant la cupidité et la mauvaise foi  de  ces chiens  de Chorfas » — et  on   construisit  de  petits  acqueducs pour  franchir les  dépressions  de  terrain.
Cette séguia qui allongeait peu à peu ses courbes semblait déjà déborder du bled Béni M'Tir. Pas un voyageur ne passait sans demander ou donner des nouvelles de la Séguia ; les fractions voisines sollicitaient qu'on leur envoyât aussi de la poudre et des arpenteurs. Haddou Namoucha venait lui-même chercher le cordon de mine et portait en travers de sa selle les barres à épointer. Si vous alliez chez lui ou que vous passiez à proximité, il pouvait vous excuser de ne pas prendre le thé, mais il fallait absolument voir les travaux. Il jugea même opportun de se marier pour consacrer l'importance de l'événement et, pendant huit jours, les plus jolies filles dansèrent l’ahidouss au bord de la séguia.
Maintenant, si vous passez en pays Aït Harzalla, vous verrez de longs rubans d'argent qui serpentent dans le bled, distribuant partout l'eau et la fécondité. Les gens la creuseront un peu plus encore l'an prochain, afin d'assécher les marais qui entourent les sources, en haut ; ils y trouveront un terrain limoneux et fertile, où l'on cultiva autrefois des rizières. Ils sont très fiers d'avoir creusé eux-mêmes leur séguia, sous la direction de soldats bons enfants, et plus heureux d'y avoir peiné pendant deux mois que si les Travaux Publics, à grand renfort de plans, rapports et adjudications coûteuses, leur en avaient fait cadeau.
Quant au Protectorat, elle lui a coûté la poudre de mine et le cordon Bikford — et deux ingénieurs en bourgeron, payés quatre sous par jour.
G.  LOUIS «  Lettres Berbères »   (El   Hadjeb   1915).


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 9:09

page 70


- Un chantier d'ouvriers indigènes achevant les battages dans le vignoble de la Ferme Canitrot frères.

BOU-FEKRANE


Il appartenait à une plume plus autorisée que la mienne, d'écrire ces quelques lignes sur le doyen des lotissements de la région.
Ce centre date de 1919, époque à laquelle le Protectorat vendit le premier périmètre de colonisation à Meknès ; dix sept lots furent groupés au sud de la vieille casbah du même nom.
Ces lots situés à 20 kilomètres de Meknès, à cheval, sur la route Impériale de cette ville au Tafilalet, provenaient de terres prélevées sur la tribu des Béni M'Tir dans les fractions Ait-Bou-Rezoume et Ait Yquedern.
J'ouvrirai ici une parenthèse et dirai de suite que ceux à qui incombait la responsabilité d'installer les premiers colons, en bordure de la dissidence, au milieu d'une tribu dont quelques membres tenaient encore la montagne assumaient une tâche extrêmement délicate et qu'ils surent mener à bien.
Rendons-leur, l'hommage: qu'ils méritent, qu'il me soit permis de leur dire les sentiments de reconnaissance que gardent les familles françaises de ce coin.
A  notre  regretté  Général  Poeymirau.
A notre ami Berthand, ce conseiller clairvoyant à qui  revient certainement une part du mérite de notre réussite.
A notre sympatique commandant Giacometi.
Je manquerai à un devoir de justice et de loyauté en oubliant le rôle, non moins important, joué par les chefs indigènes.
Avouons-le de suite que sans leur loyalisme et leur bonne volonté l'œuvre de colonisation aurait peut-être tragiquement échouée ici au début.
Une mention toute spéciale est due au Caïd Driss ou Raho des Béni M'Tir dont la fidélité à la cause Française, n'eut jamais la moindre défaillance. Disons combien sa collaboration intelligente a facilité la première prise de contact entre Français et Marocains la large part qui lui revient dans la confiance mutuelle qui préside aux relations entre colons et fellah; toute la place qui m'est réservée pour cet article ne suffirait pas pour dire tout le bien que mérite la noble figure du Caïd Driss ou Raho et toute sa famille.
Les postulants aux premiers lots ne furent pas nombreux, les conditions du début furent des plus pénibles, l'énergie de nos doyens fut mise à une rude épreuve. Pas de crédit, des propriétés de 200 hectares environ entièrement endoumés, main-d'œuvre rare et inexperte, accès difficile, exception faite pour les lots en bordure de la route, l'eau potable à une profondeur variant entre 30 et 60 mètres. Ajoutons à cela, les céréales se vendant à vil prix en raison des difficultés d'acheminement vers le port d'embarquement et des droits qui frappaient ces produits à la sortie du Maroc et à leur entrée en France.
Cette  situation  n'échappât  pas  aux pouvoirs  publics.
Des primes au défrichement, à la motoculture, à la jachère cultivée, fu rent instituées pour encourager la mise en valeur.
Grâce aux efforts conjugués de l'Administration et de quelques mutualistes convaincus, le crédit agricole fut créé.
La sollicitude des pouvoirs publics fut pleinement récompensée ; tous les français doivent se réjouir du résultat obtenu par quelques-uns des leurs qui ont réussi dans ce coin de terre marocaine, comme ils doivent s'incliner devant ceux qui ont succombé, avant d'arriver au but, sous le poids des trop lourdes difficultés du début.
La France peut être fière de l'œuvre accomplie par ses enfants de toutes origines, venus ici pour arracher ce pays à la fiche et apporter aux marocains un exemple de nos méthodes de travail.
Un village a été créé à proximité de la vieille casbah où existe une école la poste, plusieurs artisans s'y sont installés, menuisiers, forgerons, maçons, bourreliers, boulangers, restaurateurs, épiciers.
Actuellement, toutes les fermes sont entièrement   défrichées  et  équipées.
Le périmètre de colonisation officiel s'est augmenté de la colonisation privée qui s'étend de l'Est à l'Ouest en passant par le Sud jusqu'aux falaises d'El Hadjeb centre administratif auquel il est rattaché.
Que de choses il y aurait à écrire pour développer les étapes successives qui ont fait de la mer de doum que constituait ce lotissement, le plus beau fleuron de la colonisation française au Maroc.
Le Régime civil a succédé à l'autorité militaire en 1929 — Nous pouvons déclarer aujourd'hui qu'elle fut notre appréhension à ce changement de régime. La succession qui incombait à l'homme qui eut à remplacer le si sympathique commandant Savin, fut lourde en raison même des sentiments d'affection dont jouissait ce dernier.
Il m'est agréable en renouvelant au commandant Savin l'expression de notre gratitude de dire à Monsieur le contrôleur Civil Olivier combien il a su vite faire tomber toutes les appréhensions et gagner tous les cœurs et lui donner l'assurance que toutes les bonnes volontés lui seront acquises pour faciliter sa tache chaque jour plus lourde.
Henri SERRES. Agriculteur à Bou-Fekrane, Membre de la Chambre Mixte de Meknès.


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 9:10

page 71


- A  l'inauguration   du village de Boufekrane
Au  centre, le Capitaine Savin,  chef  du Bureau  des Renseignements d'El Hajeb, ayant à sa gauche  M. Pagnon, vice-président de la Chambre Mixte.
- Vue d'ensemble des bâtiments d'une des exploitations de MM.  Canitrot.
- Dans une des fermes de M. H, Serres à Hadj Kaddour — Une superbe pépinière.


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 9:12

page 72


- L'une des exploitations de MM. Serres à Boufekrane
- Vue générale du centre agricole de Boufekrane avec ses nombreuses maisons d'artisans
- Ferme Berthod à Bou Fekrane.


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 9:13

page 73


- Fontaine à Agouraï.
- L'entrée du village d'Agouraï au milieu de la verdure.

AGOURAI


- II est bien difficile, dans un cadre aussi restreint, de faire un tableau complet et détaillé de la région d'Agourai, qui certes, n'a rien à envier à ses voisines du vaste centre agricole qu'est Meknès.
C'est un endroit particulièrement attrayant à tous les points de vue. La richesse de son sol, son climat parfaitement salubre, puisque nous y sommes à plus de 800 mètres d'altitude, l'abondance de l'eau, sont sans doute les principales raisons de son rapide succès. Situons-la, au sud de Meknès, au pied des contreforts constitués par le prolongement de la falaise d'El Hadjeb vers l'ouest à quelques vingt kilomètres de la capitale du centre.
La colonisation installée depuis six ou sept ans dans les Ait Yazem avait arrêté son effort assez loin d'Agouraï. Elle ne fait qu'apparaître dans ces terres nouvelles, mais elle y manifeste déjà une activité surprenante. De jour en jour les fermes se construisent et le doum disparaît pour faire place à des cultures pleines de promesses. Il est certain que celui qui n'a pas revu cette partie du Plateau des Béni M'Tir depuis deux ans, y trouverait, aujourd'hui, un changement considérable. Que l'on arrive de Meknès par le prolongement de la route des Ait Yazem, ou d'el Hadjeb, par une piste qui longe les montagnes, on ne rencontre plus que des exploitations européennes et même, certains, plus hardis peut-être que les autres se sont-ils installés plus avant dans la montagne. Ces deux voies nous amènent au petit village d'Agouraï, très probablement peu connu ou mal connu.
Une  grande  casbah,  entourée   de   murs   crénelés   en   est  la  seule  maïs réelle curiosité ; elle est de plus placée dans un cadre de verdure ravissant, entourée de toute part de jardins plantés d'oliviers et autres arbres dont la végétation particulièrement vigoureuse est due à l'abondance des eaux qui lui arrive de tous les côtés de la montagne. Les paisibles habitants sont, paraît-il, les descendants d'anciens esclaves chrétiens et certains prétendent, même encore aujourd'hui, avoir des origines européennes. Histoire de légende ?...
Une école berbère, dotée d'un maître français, fonctionne à la satisfaction de tous, et pourrait le cas échéant, vu l'importance croissante de la population européenne dans les environs, servir un jour pour les enfants des colons de la région.
Au-delà d'Agouraï, vers le Sud, nous entrons dans la montagne, sauvage il est vrai, mais tellement pittoresque ; cette même montagne, vue de la route d'Azrou, offre un caractère tout à fait spécial qui la fît comparer aux paysages lunaires, tels que nous pouvons du moins nous les représenter.
De nombreux troupeaux y trouvent les pâturages que la culture leur a revit dans la plaine. C'est aussi un lieu de prédilection pour les chasseurs, qui y rencontrent le gibier le plus varié, parmi lequel, la gazelle et le sanglier sont certainement le plus désirable.
Il serait à souhaiter que les quelques kilomètres de route qui restent à faire pour donner accès en tout temps à cette région, soient achevés au plus tôt, eî certainement Agourai deviendrait alors un but d'excursion aussi agréable et même plus, que beaucoup d’autres, puisqu'il joint au pittoresque, la fraîcheur et la verdure, malheureusement trop rares en général sous ce climat, et ce serait avec un plaisir toujours nouveau que le visiteur viendrait y chercher l'illusion de s'y trouver en un coin de la France. lointaine.
André  Boiteux      LEVRET. Membre   du  Bureau  de  l'Association  Agricole


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MessageSujet: Foire de Meknès   Ven 18 Mai - 9:15

page 74


- Ferme Boiteux-Levret à Agourai —  Vue de l'habitation et d'une  magnifique  culture  de  fèves  dépassant  un  mètre   de hauteur.
- La Casbah d'Agourai, aux environs de Meknès.
- Taille de régénération des oliviers aux environs de Meknès.


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