Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Le jardin et la maison arabes au Maroc de Jean Gallotti

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Paul CASIMIR




MessageSujet: Le jardin et la maison arabes au Maroc de Jean Gallotti   Sam 7 Déc - 9:37

A la mémoire

de mon père vénéré

J.G.





LE JARDIN ET LA MAISON ARABES

AU MAROC


______




Dernière édition par Paul Casimir le Sam 7 Déc - 9:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Le jardin et la maison arabes au Maroc de Jean Gallotti   Sam 7 Déc - 9:39

page de couverture




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MessageSujet: Le jardin et la maison arabes au Maroc de Jean Gallotti   Sam 7 Déc - 9:43

Préface


Rabat le 25 Août 1925

Mon cher ami,

Vous avez écrit un livre non seulement d'artiste et d'érudit, mais d'amoureux.

Un soir de cet été, j'ai pu feuilleter votre manuscrit resté longtemps sur ma table, au milieu des préoccupations que vous savez. C'était comme lorsqu'on pénètre , à la fin d'une journée accablante, derrière les murs hostiles d'une casbah, dans un jardin de cyprès, où vous assaillent la fraîcheur des fontaines,le parfum des roses et le vol des colombes.

Mais je vous suis reconnaissant de bien autre chose que d'un moment de répit. En ce moment, ce peuple marocain nous donne le plus éclatant témoignage de sa loyauté, combattant dans nos rangs, fidèle jusqu'au fond de l'Atlas à peine pacifié, sourd aux appels, aux promesses, aux menaces du plus rude adversaire qui ce soit levé contre la France en Afrique: je suis touché de lire les pages que vous lui consacrez après avoir travaillé sur son sol, à son contact, pages d'affection compréhensive, soucieuse des différences, respectueuse des esprits et des traditions.

Votre livre dépasse le public d'architectes, d'artistes et de touristes à qui vous le destinez. Il est représentatif de l'état d'esprit qui nous a permis d'édifier une oeuvre au Maroc, qui doit nous permettre de la maintenir et de la développer.
Je vous suis reconnaissant d'y avoir si bien travaillé et je vous envoie mon plus amical souvenir.


LYAUTEY.

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MessageSujet: Le jardin et la maison arabes au Maroc de Jean Gallotti   Sam 7 Déc - 16:17

Du même auteur

L'ESSAI DU BONHEUR, roman  (Dujarric, 1906 ).

LE JARDIN DÉLAISSÉ, nouvelles ( Plon et Nourrit, 1909 ).

SOUVENIRS DE L’ÎLE MARKEN ( Plon et Nourrit, 1911 ).

DIX VILLES DU MOGHREB, poèmes en prose ( Lucien Vogel, 1921 ).

LE LANTERNON DE LA KOUTOUBIA A MARRAKECH, étude archéologique ( Editions Hespéris ).

SUR UNE CUVE DE MARBRE DATANT DU KHALIFAT DE CORDOUE, étude archéologique ( Editions Hespéris ).



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Dernière édition par Paul Casimir le Ven 28 Mar - 14:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Le jardin et la maison arabes au Maroc de Jean Gallotti   Dim 5 Jan - 10:08

page 1

AVANT-PROPOS

C'est en 1918 que Lucien VOGEL m'a demandé d'écrire ce livre. Il était alors au Maroc.

- " J'ai, me dit-il, un grand nombre d'excellents clichés; d'autre part j'ai demandé à LAPRADE, architecte du nouveau palais de la Résidence Générale, de me réserver un choix dans les charmants dessins dont ses carnets sont pleins: l'illustration ainsi est déjà assurée ".

Les circonstances n'ont pas permis à Lucien VOGEL  d'éditer le livre, comme il le voulait. Et c'est Albert LEVY qui, aujourd'hui, le présente au public, on voit avec quel soin et quel luxe.
Je n'apporte ici ni une étude à tendances scientifiques ni un ouvrage purement littéraire. On y trouvera, continuellement rapprochés, des passages descriptifs et des indications techniques. J'ai écrit les uns avec le désir de donner une idée du charme particulier de la maison et du jardin arabes, les autres avec l'intention de faciliter la tâche aux Européens qui voudraient faire construire dans le style indigène.

Ceux qui, après avoir lu ces pages, visiteront le Maroc, s'étonneront peut-être d'y trouver, aussi bien dans l'architecture que dans les moeurs, une évolution un peu plus accentuée que celle que j'ai signalée.


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MessageSujet: Le jardin et la maison arabes au Maroc de Jean Gallotti   Dim 5 Jan - 10:30

page 2

Ceci tient à ce que je me suis beaucoup inspiré, pour écrire, de mes souvenirs du début du Protectorat. Pourtant, et en dépit d'un certain changement inhérent à la rénovation générale que la pénétration française a provoqué au Maroc, on pourra constater combien l'habitation y a gardé la pureté de son  caractère, tout au moins dans les grandes villes comme Fès, Meknès, Rabat, Salé et Marrakech.

Il ne faudrait pas croire d'ailleurs que ceci ne soit pas l'effet d'une volonté dirigeante. Les routes, les transports automobiles, les chemins de fer, les ports, tout ce dont s'est trouvé soudainement doté ce pays médiéval en a tellement transformé certains aspects qu'il n'eût pas été possible que la vie et l'art indigènes ne s'y trouvassent bouleversés, si on ne les eût protégés.

La sympathie du Maréchal LYAUTEY, non seulement pour les institutions, mais aussi pour les aspects extérieurs de la civilisation musulmane, s'est constamment traduite par des mesures d'ordre pratique: dahirs, arrêtés, circulaires et, surtout, par une surveillance personnelle plus efficace que toutes les lois.

C'est donc à lui et à ses services que devra aller la reconnaissance de ceux que la lecture de ce livre aurait incités à se rendre au Maroc et qui pourront encore, dans les jardins et maisons arabes, goûter des heures aussi douces que celles que j'y ai, pendant douze ans, connues moi-même.

J.G.

Mai 1924

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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Ven 14 Mar - 7:34

page 3



CHAPITRE PREMIER



LE PLAN



Les Marocains ont deux sortes d'habitations : la maison sans jardin ou dar, et la maison avec jardin intérieur ou riad. On peut y ajouter le pavillon de campagne, un peu ce qu'autrefois nous appelions une folie et qu'ils nomment un menzeh.

Les maisons sans jardin étant de beaucoup les plus nombreuses, c'est en les étudiant que je parlerai des détails d'architecture et de décoration qui leur sont communs avec les riads et les menzehs.
Une dar (1) se compose schématiquement d'un mur extérieur sans fenêtres, formant un carré ou un rectangle, et d'un mur intérieur,


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(1) Dar étant féminin en arabe et maison féminin  en français, il est illogique de dire un dar, comme le font certaines personnes.


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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Ven 14 Mar - 7:43

page 4

parallèle au premier, entourant une cour appelée l'oust-ed-dar (1). Entre ces deux murs, qui sont rarement distants de plus de trois mètres l'un de l'autre (2), s'étend un toit horizontal ou terrasse, qui couvre l'espace occupé par les chambres. Celles-ci donnent sur la cour, qui est parfois ornée d'un portique, sur une ou plu­sieurs faces. C'est à peu près le type de la maison mauresque telle qu'elle existait en Algérie et en Espagne et existe encore en Tunisie.

On a souvent dit que le plan en avait été calqué sur la maison romaine.
Selon M. Saladin, « les maisons magrébines participent à la fois et de la maison romaine, à laquelle leurs cours intérieures ont emprunté leur portique, et de la maison byzantine, autant du moins qu'on en peut juger sur les représentations qui nous en sont parvenues ». Mais nous verrons plus loin que le portique, dans la majorité des maisons marocaines, se réduit à quelques arcades et que souvent il manque complètement. Il ne saurait donc constituer l'élément caractéristique du plan.

Dans la maison romaine, d'ailleurs, le péristyle, avec son por­tique, a été emprunté à l'architecture orientale par l'intermédiaire de la maison grecque. La partie essentielle est l'atrium, d'origine étrusque, avec son compluvium. Et c'est là un élément dont la présence n'est nullement de règle dans la maison marocaine, bien qu'il en existe des exemples, notamment dans le sud.
Parmi les causes qui peuvent déterminer, dans une habitation, la répartition des ouvertures autour d'une cour centrale, les murs extérieurs n'étant plus qu'une simple enceinte, sans intérêt archi­tectural et qui devra seulement être parfaitement close, il y a


_____


(1) Patio, en espagnol.
(2) Cette faible largeur des pièces a été imposée par la longueur des poutres servant à soutenir les terrasses. Et cette longueur des poutres a été elle-même limitée par la force des bêtes de somme, des mulets généralement, qui
trans­portaient les madriers débités sur place dans la montagne.


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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Ven 14 Mar - 7:54

page 5

d'abord le souci de la sécurité. Mais il y a aussi les exigences d'une vie familiale très large, faite du va-et-vient de beaucoup d'enfants, d'esclaves et d'épouses. La maison doit alors être comme une petite ville, où habite un petit peuple. Elle a besoin d'air et d'espace. Il faut à chacune de ses pièces des dégagements. Puisqu'on la ferme au dehors, on l'ouvre au dedans, largement, sur des cours intérieures.

De tout temps les peuples civilisés de l'Orient ont plus ou moins connu ces nécessités, auxquelles l'ardeur du climat et la désolation des paysages ajoutaient, pour chaque citadin, le désir de se créer chez soi une oasis de fraîcheur. Les vainqueurs asiatiques de la Mauretania romanisée n'ont donc fait que continuer les traditions séculaires de leur race en adoptant le plan que l'on voit encore aux habitations de leurs descendants. Il ne faut pas oublier non plus que leurs mœurs présentaient une particularité qui eût pu suffire, à elle seule, à faire inventer ce plan s'il ne l'eût été déjà : la réclusion des femmes.
En résumé, bien que les Arabes n'aient pas modifié ce qu'il y avait d'oriental dans les maisons romaines de l'Afrique du Nord, si, pourtant, ces dernières n'avaient pas existé, il semble que le plan des maisons indigènes serait à peu près ce qu'il est aujourd'hui.

L'origine du plan à cour intérieure est évidemment plus lointaine. Je la chercherais plutôt dans les campements de nomades, dans ces douars au type préhistorique, où s'abritent encore des millions de familles en pays musulman.
Les tentes formant le douar ne sont jamais groupées par rangs ou en séries de parallélogrammes, comme dans un camp romain par exemple, mais en une seule circonférence, circonscrivant un vaste cercle de terrain où les bêtes sont parquées, où se passe la vie de la tribu.


Fig. 2.


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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Ven 14 Mar - 8:13

page 6

Elles forment une enceinte. Et, particularité remar­quable, toutes s'ouvrent vers l'intérieur du cercle. Extérieurement, une gotaa, fossé et talus portant une haie d'épines ou de chardons secs, les isole de la campagne et les défend. Elles représentent en somme les pièces de la maison, toutes closes du côté de la rue et donnant sur la cour (fig. 2).


Le Maroc, d'ailleurs, offre des exemples nom­breux d'habitations appartenant à un stade plus avancé et qui marquent la transition entre le douar et la maison : ce sont les groupes de chaumières ou noualas. (fig. 3). On les trouve surtout dans les pays agricoles de plaine. L'enclos subsiste, mais devient plus petit et prend presque toujours un périmètre rectangulaire. Le talus, se stabilisant, se hérisse de cactus et d'agaves. Les tentes sont remplacées par des cabanes ou des huttes formées d'une base en pisé ou en pierres et d'un toit de roseaux et de chaume. Toutes tournent leur ouverture vers l'intérieur de l'enclos.


Ces chaumières, qui n'ont qu'une seule pièce, voisinent parfois avec une construc­tion couverte en terrasse, salle unique elle aussi, mais déjà entièrement édifiée en maçonnerie. Que l'enclos devienne un mur, que les chaumières se couvrent toutes de terrasses et ce sera la maison marocaine à cour intérieure.




_____

(1)  C'est dans les tribus qui construisent des noualas ou chaumières sur plan rec­tangulaire que la genèse du patio est le plus apparente. Celles, comme les Chaouia, où l'Ton voit surtout des huttes à plan circulaire, feraient penser à l'évolution de la maison crétoise (entre 4.000 et 1.000 ans avant J.-C.), qui partit de l'agglo­mération de pièces circulaires pour aboutir au plan avec cour intérieure. (Cf. G. Glotz, La Civilisation Egéenne).



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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Ven 14 Mar - 8:23

page 7

Cette maison réalisée, mais encore près de ses origines, c'est la maison de Caïd des tribus de plaine.

Si Ton y entre, on trouve une grande cour entourée de quatre bâtiments percés chacun d'une porte. Des enfants jouent, des femmes s'échappent pour aller se cacher dans les salles, des ser­viteurs passent, des chevaux et des ânes entravés mangent leur orge sur la terre battue. C'est l'intérieur d'un douar de pierre semblable aux douars en poil de chèvre qui parsèment les solitudes.

Mais considérons maintenant la mentalité de l'indigène qui fait construire.
Alors que nous semblons, chez nous, édifier notre maison pour autrui et que nous lui voulons, avant toutes choses, une belle façade, il bâtit pour lui seul. Né sous un climat âpre, dans un pays troublé, sous le joug de durs despotes, ce à quoi il aspire, quand il a fait fortune, c'est à s'isoler, à s'enfermer.

Il faut avoir vécu au Maroc, surtout autrefois, pour comprendre ce que la maison représente pour un indigène. Il faut se souvenir des voyageurs et de leurs escortes armées peinant dans les plaines dénudées, noires l'hiver sous la pluie qui délaye les tirs, grises l'été sous le feu du ciel qui fait éclater l'argile et sous le vent qui soulève le sable; il faut songer à l'impres­sion d'étouffement que donnent les rues sombres de Fez ; il faut aussi penser aux intrigues et aux ruses sans lesquelles nulle





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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Ven 14 Mar - 8:33

page 8

affaire ne se traite, rien ne se fait entre Marocains ; il faut enfin se rappeler comment les sultans et les caïds confisquaient les richesses et quelquefois emprisonnaient leurs détenteurs, pour s'expliquer de quel désir profond naissaient et naissent encore les rêves dans l'âme de l'in­digène songeant à sa future maison.

Ce qu'il voit, c'est un mur, ce qu'il veut c'est dresser un mur. Dresser un mur entre son repos et les pistes pleines d'embuscades dans la campagne en révolte; un mur entre son repos et les puan­teurs de la ville, les cascades de la pluie, le brasier du soleil, le souffle du chergui, la foule pouilleuse et la cohue des caravanes; un mur entre son repos et les soucis du négoce, les intrigues du maghzen, la corruption des juges, la rapacité des forts et la jalou­sie de tous; un mur entre son repos et la fatigue de vivre  un mur pour être bien chez soi, chez soi comme dans son lit, chez soi comme dans sa tombe.


Et c'est bien, en effet, à une tombe voluptueuse, faite pour attendre l'heure où s'ouvriront les portes du sensuel paradis pro­mis par le Prophète, que ressemble la vraie maison marocaine, dar ou demeure sans jardin: au dehors, blanche, aveugle et nue; au dedans, étroite, sombre et profonde. Les parois de mosaïque et de stuc ciselé y chantent la gloire du Dieu vainqueur ; un encens subtil, que distille la chaleur dans l'ombre, s'évapore des plafonds et des boiseries de cèdre; et le roulement de l'eau dans la fon­taine, continu comme le temps même, semble le bruit des heures emportées au fil de l'Eternité.

Il n'est pas un Européen, débarqué au Maroc aux premières années de la pénétration, qui n'ait, surtout à Fez, senti son âme


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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Ven 14 Mar - 8:41

page 9

s'assombrir en entrant dans la maison indigène qu'on lui présentait pour sa nou­velle habitation. S'il aimait l'exotisme, il pouvait se sentir troublé par une sorte d'enchantement, mais toujours il y avait pour lui, dans ce sortilège, quelque chose d'oppressant et comme de maléfique. C'est qu'il venait des pays d'herbe et de rosée, où le soleil est le plus grand des biens, celui qu'on cherche avant toutes choses, celui qui fait ouvrir très grandes les fenêtres, percer très larges les avenues, celui qui, de la trompette de ses rayons dorés et rares, appelle les hommes au rassemblement de la vie, sur les places, dans les carrefours, dans les jardins publics, à la terrasse des cafés, au dehors, toujours au dehors. Il arrivait avec son âme française dont le pain c'est la lumière.


Mais, peut-être, contraint d'accepter ce sombre logis, a-t-il, après beaucoup d'années passées parmi les indigènes, pris en lui quelque chose de leur âme et compris le charme de la demeure qui l'avait d'abord attristé. Peut-être même serait-il effrayé à l'idée d'habiter maintenant une des élégantes masures, ouvertes à tous les regards et à toutes les poussières, que les nouveaux venus élèvent dans les banlieues. A coup sûr, il aura connu bien des soirs où, las de l'égale malveillance des envahis haineux et des envahisseurs cupides, fatigué de la mal­propreté des rues, de la poussière des campagnes, de la brutalité du soleil, il aura trouvé sa maison marocaine, la porte bardée de fer, les hauts murs sans fenêtres, encore trop ouverts à l'indiscrétion des hommes et à l'hostilité du climat.





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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Ven 14 Mar - 8:50

page 10

Combien cette impression doit-elle être plus forte et plus constante, chez le musulman dont l'hérédité séculaire a subi les mêmes influences et pour qui la famille est un trésor secret qu'on doit tenir à l'abri de tout regard étranger !


C'est donc toujours en tra­çant deux rectangles au-dessus du sol, que le Marocain, à qui la fortune a souri, indiquera au maître maçon comment il conçoit le plan de sa maison (fig. 5). Entre ces deux carrés se trouveront quatre pièces principales, cha­cune ayant, au milieu d'un des côtés de la cour, une porte ogivale large de trois à quatre coudées, haute à peu près de six. Des colonnes ou des piliers pourront former un ou plusieurs portiques ou même un cloître complet. Les angles seront souvent occupés par des dépendances: cuisines, hammam et lieux d'aisance. C'est dans un angle aussi qu'en général se placera l'entrée: un
cou­loir, doublement coudé pour que, si par hasard la porte de la rue restait ouverte, aucun passant ne puisse rien voir à l'intérieur (fig. 5, 6, 8 et 9).

Les salles du bas pourront être surmontées d'un étage dont les pièces prendront jour sur la cour, soit directement par des fenêtres, soit par des fenêtres et des portes donnant sur une galerie (fig. 1). Dans le type de maison parfait, le cloître du rez-de-chaussée sera doublé en hauteur. En certains cas, une des pièces du premier étage pourra avoir des fenêtres extérieures, à la condition qu'elles ne donnent pas sur les terrasses d'une habitation voisine (1).


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(1) Ces pièces se nomment des menzeh comme les pavillons de jardins, le mot signifiant : lieu agréable.



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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Dim 16 Mar - 14:54

page 11


L'escalier sera souvent placé dans le même angle que l'entrée, de façon à rester indépendant.

Tel est le schéma du plan d'une dar marocaine. Il va sans dire qu'il est souvent modifié dans le détail, ainsi que le montrent déjà les dessins ci-contre. Un des côtés de la cour peut être borné par le mur de la maison voisine et ne pas comporter de chambres. Il peut arriver, au contraire, qu'un des corps du bâtiment comporte deux pièces parallèles communiquant entre elles. Mais le principe de la disposition générale subsiste et il n'arrive jamais que la cour soit triangulaire ou polygonale ou de toute autre forme que le carré ou le rectangle.


Une des particularités les plus frappantes de ce plan, c'est la longueur et l'étroitesse des pièces, que nous prendrions chez nous pour des couloirs. J'ai noté tout à l'heure que la cause en était la difficulté de se procurer de longues poutres. Les Marocains ont cherché à corriger cette disproportion en compliquant leur charpente (voir chapitres II et VII) ou au moyen d'arcades intérieures, mais un des procédés les plus usités consiste en l'aménagement d'un behou (1), sorte de loggia faisant vis-à-vis à la porte donnant à la salle une aire en forme de T (fig. 6 et 7). Deux petits cabinets occupent alors souvent les angles extérieurs  à droite et à gauche du behou (pl. 12 et 113) (a, note hors texte).

Parfois une deuxième maison, contiguë à la première, ne fait avec celle-ci qu'une même habitation (fig. 11). Dans les palais  on trouve ainsi toute une série de dars reliées par des couloirs.

Cette juxtaposition de maisons à cours intérieures n'est presque jamais l'effet d'un plan


_____



(1) Ces behous sont, je crois, plus fréquents en Tunisie qu'au Maroc.

(a) A ce stade nous devons préciser que les deux tomes de ce livre de Jean GALLOTTI sont présentés de façon identique :

 * le texte du livre à proprement parler, numéroté pour ce premier tome de 3 à 120,

 * puis, à partir de la page qui serait la 161, une série de photos plein format numérotées planche 1 à planche 57 sous la forme PL. x .

Nous respectons, bien sur, cette présentation.



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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Dim 16 Mar - 15:01

page 12

d'ensemble conçu d'avance. L'indigène agrandit sa demeure à mesure que sa richesse augmente. Souvent même il se contente pour cela d'acheter une maison voisine déjà bâtie.

La réunion d'une dar et d'un riad est fréquente. En général, quand une même habitation comprend ainsi deux parties distinctes, l'une sert de préférence à recevoir les visiteurs. Mais il ne faudrait pas tirer de cette remarque des conclusions imprudentes. Plusieurs auteurs ont répété que le principe fon­damental du plan de la maison musulmane était la division en deux corps de logis : l'un ouvert aux hôtes, l'autre réservé aux femmes. Le salamlik et le harem des turcs, les gynécées de la Grèce antique, la vie du patricien romain, obligé d'ouvrir une partie de son palais au flot matinal des clients et de confiner sa famille dans les profondeurs du péristyle, tout cela ne les a-t-il pas un peu trop obsédés, quand ils ont formulé cette loi d'ar­chitecture, dont je n'ai pas, je l'assure, constaté l'application au Maroc ?

L'immense majorité des citadins de Fez, de Rabat et de Mar­rakech habite dans des dars, qui n'ont qu'une seule cour, entou­rée de chambres où se répartissent les ménages du père et de ses fils. S'il vient des hôtes, on les introduit, après avoir fait évacuer une chambre et enfermé les femmes dans les autres. Si la demeure comporte deux maisons, on peut, dans la même circonstance, faire évacuer l'une des deux, mais, dès que les hôtes seront partis, la vie de famille reprendra dans l'ensemble de l'habitation.

Le schéma que j'ai donné plus haut me paraît donc suffisant. Il caractérise la maison du type dar, et on peut voir sur la planche 1, qui donne une vue d'un quartier de Marrakech, prise en avion, avec quelle fidélité les traits essentiels en sont conservés dans la pratique.
Quant à l'origine de ce schéma, je crois, pour y revenir encore, pouvoir résumer ce que j'en pense, en disant qu'il est imprudent de la chercher en Italie dans l'atrium.


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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Dim 16 Mar - 15:11

page 13

L'atrium, dont je reparlerai à propos de Marrakech, est étrusque. Ce qui le caractérise, c'est le compluvium, ouverture qui ne fut au début qu'un trou, pour évacuer la fumée, percé dans la toiture de la maison issue de la hutte (1). Nous venons de voir com­ment, au IMaroc, les huttes engendrent encore chaque jour la cour intérieure par une évolution de leur groupement dans une même enceinte. La maison marocaine apparaît donc comme une synthèse d'éléments d'abord séparés, alors que la maison romaine, ampli­fication de la maison étrusque à toit ouvert, est le développement vers l'extérieur d'un seul élément primitif.

Celle-ci est le résultat de l'effort individuel du laboureur euro­péen recherchant son bien-être sur sa glèbe ancestrale. Celle-là est l'effet de la discipline imposée, par les vainqueurs sémites, aux berbères guerriers, cavaliers des vastes plaines.


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i. Cf. Garnier et Amman, l'Habitation humaine, pages 263 et 618.







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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Dim 16 Mar - 15:17

page 14, page blanche,
page 15


CHAPITRE II



LE GROS-ŒUVRE

LE TRACÉ. — Ce plan, dont nous venons de voir les dispositions essentielles, ne sera jamais tracé d'avance. Il n'exigera ni tire-ligne, ni papier Canson, ni éponge, ni solitaire, ni pistolet, ni colle à bouche, ni châssis à tirer les bleus, ni haut tabouret, ni grande blouse, rien de l'outillage savant qui semble chez nous indispensable à l'élaboration d'un chef-d'œuvre.

Il prendra forme, d'abord, durant les longs colloques que le futur propriétaire aura avec ses fils, au fond de l'ancienne maison, devant le samovar fumant, à l'heure du thé. On dira : « il faudrait six pièces... un étage au-dessus de la chambre de Hadj Tahar... une galerie devant l'appartement de Lalla Zineb... il faudrait aussi un Hammam... »

Puis, quand tous les désirs auront été exprimés et les décisions prises, un maallem (1) sera appelé.
Il entrera, en quittant ses sandales, baisera la main du maître et


_____

(1). Maître artisan. Il s'agit ici d'un maçon. Au Maroc, comme chez nous au Moyen-Age, le maître maçon est en même temps l'architecte.





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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Dim 16 Mar - 15:23

page 16

s'accroupira devant lui. Alors commen­cera l'examen des détails. L'artisan connaît le terrain où l'on veut bâtir. Il écoute ce qu'on lui demande. Il ap­prouve en baissant la tête et en disant « Na'am Sidi (1) ». Il réfléchit; puis il cri­tique.

Enfin, du bout de son doigt, sur le tapis ou sur les mo­saïques, il trace d'invisibles lignes et marque d'invisibles points qui sont le plan achevé de l'édi­fice qu'il va cons­truire.

Maallem et pro­priétaire se retrou­veront sur le terrain. La main du maître se promènera dans l'espace et les pieds du maçon arpenteront le sol.




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(1) Oui, Monsieur.



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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Dim 16 Mar - 15:29

page 17

Une pierre posée ici, une branche enfoncée là seront le piquetage et ainsi tout sera prêt, les ouvriers pourront venir.

Un jour d'entre les jours, ils viendront, en effet, avec des houes et des couffes de palmier nain. A Rabat, ils creuseront d'abord le puits ou la citerne. A Fez, où l'eau abonde, ils commenceront tout de suite les fondations.
Ce sont ces fouilles de fondation qui, à vrai dire, constituent le tracé réel du plan. Les caves n'existant pas, l'emplacement des murs se trouvera dessiné à la houe, dans le sol, par une tranchée d'environ une coudée de largeur. Et c'est cette tranchée qu'on modifiera, si on le juge nécessaire, au fur et à mesure qu'elle pro­gressera et précisera la physionomie générale du futur édifice.

LES MURS. — La terre n'est pas transportée au dehors. Elle est, au contraire, couffe par couffe (1), soigneusement entassée au milieu du chantier, à la place réservée à l'oust-ed-dar. Tandis qu'elle s'amoncelle, des ânes, bâtés de chouari (2), apportent des blocs de chaux vive sortant des fours situés dans les faubourgs de la ville. Le tas de terre est aplati, puis creusé en son milieu et on y jette la chaux que les porteurs d'eau viennent éteindre en y versant le gros jet brusque de leur outre en peau de chèvre. Parfois on ne gâche le mortier que longtemps après. Bien que dépourvu de sable il ne manque pas de solidité, grâce à l'argile que la terre contient.


Les murs, sauf à Rabat, sont le plus souvent de briques cuites, larges comme les nôtres mais moins épaisses. Elles sont disposées par


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(1) L'usage de la brouette est inconnu.
(2) Grandes poches de palmier nain posées sur un bât très épais et retombant de chaque côté de la bête.



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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Dim 16 Mar - 15:35

page 18

couches horizon­tales (mabsout), ou en épis (termam), ou encore en épis alternant avec des couches horizon­tales (1).

La maçonnerie en pisé, terre hu­mide mélangée à une faible dose de chaux et qu'on pilonne dans des banches en bois, est surtout em­ployée pour l'ar­chitecture mili­taire, mais sou­vent, à Fez et à Marrakech, on l'utilise aussi pour construire les gros murs extérieurs des maisons.



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(1) Il arrive aussi que les maçons, pour bâtir les grands murs, y noient des arcs de décharge en briques, de manière à répartir les poussées sur des points dont ils soignent particulièrement la solidité. Les chaînages métalliques sont inconnus. Quant aux chaînages en bois, on ne les trouve guère que dans les grands édi­fices, surtout dans les minarets ou dans l'architecture berbère des montagnes.



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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Dim 16 Mar - 15:39

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LES PORTES ET LES FENÊTRES. — Les portes centrales, don­nant sur la cour, sont presque toujours ogivales. Les fenêtres, par contre, le sont rarement. Ce sont d'ordinaire de simples ouvertures





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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Dim 16 Mar - 15:44

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rectangulaires placées de 20 à 50 cm. au-dessus du sol (1), de dimensions variables, mais restant dans la proportion de 1 1/2 de haut pour 1 de large. Un ébrasement, souvent arrondi en coquille à la partie supérieure, facilite l'entrée et le rayonnement de la lumière (fig. 13). Parfois, le mur du fond, à l'intérieur des salles, est percé de claustra, dont je reparlerai à propos du plâtre ciselé. Enfin il est assez fréquent qu'à chaque extrémité de la pièce, une ogive, jetée transversalement, réserve une sorte d'alcôve où on placera un lit (fig. 14).


LES PORTIQUES. — II y a deux types de portiques : le portique à grands linteaux et le portique à arcades.

Le premier est celui que l'on trouve dans les médersas et dans les vieilles maisons de Fez, c'est aussi le plus caractéristique de l'architecture marocaine (pl. 2, 13 et suivantes). Les piliers y sont reliés entre eux et couronnés par un large appareil de poutres superposées qui règnent, comme un diadème de bois, autour de la cour et qui, au-dessus des baies principales, se découpent en cor­beaux formant des degrés successifs (fig. 15).

Les baies secondaires sont fréquemment ornées d'ogives, ouvertes au-dessous du linteau et qui peuvent ne participer en rien à la solidité de l'édifice (fig. 16).

Aucune maison au Maroc n'étant antérieure aux monuments où l'on trouve l'ogive, on ne peut avoir la preuve que les portiques du premier genre aient précédé les portiques à arcades. Logique­ment il apparaît que le système des porte-à-faux n'a été qu'un moyen de réaliser de grandes portées sans élever l'ouverture à la hauteur qu'aurait exigée l'ogive, même la plus surbaissée. Ce ne serait donc pas par ignorance de l'emploi de l'arc que les Maro­cains ont eu recours à ce procédé.


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(1). L'usage étant de s'asseoir sur des matelas posés à terre les hautes fenêtres sont inconnues.



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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Dim 16 Mar - 16:02

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On ne peut nier cependant que les grands linteaux ne donnent une impression d'archaïsme. Par leur masse, par la simplicité rigide de leurs lignes, par on ne sait quelle rudesse et quel aspect de force, ils emportent l'imagination vers les antiques civilisations de l'Asie, bien plus qu'ils ne la retiennent dans le filet léger du charme de l'Islam. Et, de fait, qu'on supprime par la pensée les ogives décoratives qui souvent les complètent, qu'on ne voie plus que la haute colonnade élevant verticalement les baies rectangulaires jusqu'au sévère bandeau de bois et l'on retrouve aussitôt le portique de la Perse ancienne tel qu'il nous est représenté sur les hypogées de roc des falaises de Nkeh-I-Roustem ( fig 15 et 17). Quant aux corbeaux en escalier c'est le procédé des architectures primitives, réalisant l'ouverture par encorbellements successifs avant d'inventer l'arc.


Le second type comporte exclusivement l'emploi d'arcades en maçonnerie. Il a aujourd'hui, peut-être par suite du déboisement des montagnes, presque complètement remplacé le premier (fig. 18, 20, 21 et pl. 3, 20 etc.).

D'un type ou de l'autre, les portiques présentent toujours une ouverture centrale plus large et plus haute que les autres — ce qui contribue beaucoup à l'élégance de la cour (fig. 18).



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(1).  Le temple d'Ammon à Karnak en offre un exemple. Voir aussi les monu­ments des Mayas dans l'Amérique centrale.



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MessageSujet: LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC - Jean GALLOTTI - 1926   Dim 16 Mar - 16:12

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