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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934

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Paul CASIMIR




MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Mar 12 Nov - 13:07

27
LES STALACTITES

A la Médersa Bou Anania, par exemple, elles forment de gracieuses arcatures qui encadrent les fenêtres du premier étage dans la grande cour, et elles triomphent dans la voûte de l'entrée principale»



fig. 14. — Coquille d'an­gle d'une voûte en sta­lactites, au Caire.
A la Medersa Attarine, petite merveille de finesse et de perfection décorative, les stalactites sont présen­tées de mille façons délicates. Elles accompagnent, sous une proportion ré­duite, les ravissants petits arcs en plâtre sculpté qui s'appuient aux angles des galeries intérieures (fig. 16). Ou bien elles forment des corniches, ornées de palmettes, à cer­tains panneaux rectangu­laires qui constituent le départ des arcs; ou bien encore, elles enrichissent les voussures de la grande arcade de l'entrée de la salle de prière, et le som­met des piliers qui sup­portent les arcatures de bois sculpté.

A Fez encore, une des compositions de stalactites les plus remarquables est celle qui orne le fronton d'une des portes situées dans la cour centrale de la Mosquée Karaouine. Le raffinement avec lequel ont été exécutés les détails sculptés à profusion dans le plâtre, en font un des ensembles décoratifs les plus délicats et les plus parfaits. A Tanger, les plafonds du Palais du Sultan sont ornés de stalactites en bois sculpté. Près de Rabat, la Porte de Chella possède de curieux spécimens de stalactites. Elles constituent la


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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Mar 12 Nov - 15:50

28


Fig. 15 - Stalactites du minaret de la mosquée
Kaït-bey au Caire.


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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Mar 12 Nov - 15:53

29
LES STALACTITES

caractéristique la plus surprenante de cette construc­tion, et forment, sur chacune des deux tourelles qui flanquent le portail, un encorbellement triangulaire



Fig. 16. — Détails de stalactites d'une arcade. Médersa Attarine, Fez.
imprévu, raccordant ainsi la partie haute des tours qui est carrée avec la masse inférieure octogonale.

A Marrakech, c'est surtout dans le Mausolée des


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MessageSujet: L'Art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Mar 12 Nov - 15:58

30
L'art décoratif musulman



Fig. 17. — Stalactites d'un auvent en bois sculpté. Fontaine à Marrakech.

Sultans Saadiens que les stalactites présentent les aspects les plus variés et les plus somptueux. Leur emploi se rencontre dans toutes les parties de l'admi­rable monument.

Tantôt elles bordent de leurs fines silhouettes les arcades de plâtre sculpté; tantôt encore elles rehaus­sent le départ des arcs au-dessus des chapiteaux de marbre blanc; ou enfin, elles recouvrent de leurs milliers de facettes, taillées dans le cèdre, les plafonds et la coupole de la salle centrale.

On trouve aussi, à Marrakech, de beaux motifs en stalactites dans la décoration d'anciennes fontaines (fig. 17).

En Algérie, quelques applications intéressantes des stalactites se trouvent à Tlemcen, dans la voûte du portail de la Mosquée de Sidi-Bou-Medine; dans la petite coupole de la niche du beau mihrab de la Mosquée de Sidi-Bel-Hassen. « Cette coupole part d'un plan octogonal pour arriver à une coupolette supérieure à seize cannelures. Elle a beaucoup de ressemblance


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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Sam 7 Déc - 9:25

page 31

avec celle des monuments de Grenade et de Cordoue (1).

Il est intéressant de signaler encore l'emploi des stalactites dans les consoles du balcon de la Tour de Mansourah, près de Tlemcen. Il est bon de remarquer que cette tour est la seule, parmi les trois célèbres minarets du Maghreb, qui possède un encorbellement de ce genre. La Tour Hassan, à Rabat, n'a que des arcatures plates; il en est de même de la Koutoubia à Marrakech.

En Espagne, les parties les plus anciennes de la Grande Mosquée de Cordoue étaient, comme celles de Sidi Okba, de Kairouan, couvertes de plafond. Mais il y a, dans la mosquée de Cordoue, une petite chapelle, appelée Villa Viciosa, qui date probablement de la fin du XIV° siècle, et qui possède un  dôme à stalactites en bois sculpté très remarquable. Le palais de l'Alcazar, à Séville, possède une frise en stalactites qui surmonte les portiques à arcades d'un de ses patios. Son portail présente aussi un magnifique auvent en bois sculpté, peint et doré, rappelant ceux des mosquées et des médersas de Fès et de Marrakech.

Mais c'est principalement à "l'Alhambra" de Grenade que l'art de la composition des stalactites atteint sa perfection.
Les applications de cette formule décorative apparaissent à profusion dans presque toutes les parties du merveilleux palais: on en trouve sculptées dans le plâtre, ornant les retombées des arcs, les corniches, les voussures des arcades, les encorbellements des pendentifs et des chapiteaux.

________________

(1) W. et G. Marçais: Les monuments arabes de Tlemcen.

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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Dim 15 Déc - 16:37

page 32

Enfin, elles forment la plus splendide ornementation des voûtes, celle de la salle des Abencérages, notamment, qui est en outre décorée de peintures, celle des Ambassadeurs, et celle de la Barca qui est en bois sculpté.

Cette décoration en stalactites a pris, dans tous les pays musulmans, une importance considérable.


Elle constitue partout un des attraits les plus originaux des monuments.

En Turquie elle présente un caractère tout à fait spécial de formes plutôt rectilignes, tandis que celle du Maghreb, d'Andalousie et d'Egypte, est plus généralement de formes curvilignes. Dans la Mosquée Verte, à Nicée, on en distingue déjà le style particulier sur les chapiteaux de la porte extérieure. Cependant, la forme n'est pas encore tout à fait rectiligne.


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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Mer 25 Déc - 11:07

page 33

Elle apparaît plus nettement au portail de la mosquée verte, de Brousse, dont le profil de l'arc est composé de rectangles superposés.

On peut l'observer dans sa perfection dans les mosquées de Constantinople. La silhouette très typique des stalactites en "dents de scie" se découpe à l'une des portes de la mosquée Bayézid; et la structure spéciale dite "critalliforme" se manifeste sur les chapiteaux de cet édifice, ainsi que sur ceux de la mosquée Suleïmanié, et sur la porte d'entrée de la mosquée d'Ahmed 1er. On y observe aussi , comme d'ailleurs dans les mosquées d'Ahmed et de la Sultane Validé, les pendentifs à stalactites qui raccordent le plan carré au plan circulaire des coupoles.

Dans l'école persane, les diverses utilisations du procédé des stalactites sont assez comparables, en leur évolution, à celles des autres pays d'Islam, que nous venons d'examiner, c'est-à-dire qu'elles furent tout d'abord employées à la décoration des pendentifs, et que peu à peu elles furent appliquées à d'autres parties des monuments.

En Perse, les caractéristiques principales des stalactites sont d'abord les dimensions extraordinairement grandes des prismes dans certaines voûtes ou pendentifs; ensuite, la matière employée est le plus souvent la terre cuite recouverte d'émaux qui donne une richesse incomparable à l'aspect décoratif; enfin, dans la dernière période architecturale, les Persans imaginèrent d'orner les facettes des stalactites de minuscules miroirs qui donnèrent à leurs palais un aspect tout à fait nouveau et original. Voici un croquis du portail de la mosquée d'Ardébil ( fig. 18, ci-dessus. ) qui montre les proportions extraordinaires des stalactites.


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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Ven 24 Jan - 21:25

page 34

Parmi les monuments persans les plus remarquables par l’utilisation des stalactites, il faut citer la Mosquée Djouma, à Ispahan, à cause du grand format des alvéoles et de la disposition audacieuse des pendentifs dans la coupole et la demi-coupole qui composent l’ensemble de la voussure du porche principal.
Cette mosquée possède aussi un type curieux de chapiteau à stalactites rectilignes figurant plutôt des cannelures plates.
Citons encore : le Tombeau de Zobéide, près de Bagdad, dont le dôme constitué par une série d’alvéoles étagées ressemble plutôt à une tour; la Mosquée de Véramine, avec ses stalactites en briques apparentes; les portails à voussures, en terre cuite émaillée et décorée; les encorbellements de l’intérieur des coupoles et le soutien extérieur de certains dômes bulbeux, où les stalactites jouent un rôle primordial dans les divers monuments de Samarkande.


II. — LES COUPOLES ET LES DÔMES

Nous avons vu l’importance capitale du dessin géométrique et de l’emploi des figures polygonales dans l’Art décoratif Arabe. Nous avons remarqué que cette méthode avait été appliquée aussi bien pour les compositions planes que pour les formes, en relief par l’invention des stalactites.
Si, dans cet aperçu général, nous cherchons maintenant à détacher, au point de vue architectural, les caractéristiques les plus marquantes du style Musulman, nous trouvons la forme très typique des coupoles, celle des arcades et celle des minarets.

Observons d’abord les coupoles et les dômes.


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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Ven 24 Jan - 21:30

page 35

D’inspiration Byzantine, les premières coupoles apparurent en Egypte, sous le règne des Khalifes Fatimites. M. Gayet croit que « ce fut sous le règne d’El Hakim que, pour la première fois, le berceau et la coupole concoururent à l’édification d'un monument Arabe ».



FIG. 19. - Dôme du tombeau du Sultan Barkouk, au Caire.

Les coupoles des tombeaux du Caire ont une forme ogivale assez allongée.



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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Ven 24 Jan - 21:34

page 36



Fig. 20. - Dôme d'un tombeau de Khalife au Caire.

Elles sont généralement ornées extérieurement d’une broderie sculptée d’entrelacs. En voici deux exemples très différents (fig. 19 et 20).

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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Ven 24 Jan - 21:43

page 37

Si nous passons en Afrique du Nord nous ne pouvons nous empêcher de constater, par comparaison, la pauvreté et le petit nombre des dômes et des coupoles édifiés par les architectes du Maghreb.

Les plus remarquables sont sans doute ceux de la Mosquée de Sidi Okba, de Kairouan, dont les dômes côtelés rappellent, par leur silhouette extérieure, la forme régulièrement cintrée de la calotte de certaines coupoles Byzantines.

Il faut signaler aussi le Mausolée des Beys de Tunis, monument de forme quadrangulaire, qui comprend une coupole ovoide centrale ornée de faïences vernissées, et entourée de demi-coupoles suivant le style des mosquées de Turquie, dont nous voyons également l'influence dans la composition des dômes de forme basse de la Mosquée Sidi Mahraz, à Tunis.

En Algérie, nous ne trouvons guère qu’à Tlemcen, quelques spécimens intéressants à la Grande Mosquée, qui est flanquée, sur un de ses côtés, d’une petite koubba à dôme octogonal, qui abrite les tombes de Mohamed ben Merzouk et de plusieurs autres émirs vénérés.
Les environs si charmants de Tlemcen sont agrémentés d’une quantité de petites koubbas (ou tombeaux de marabouts) qui sont généralement recouvertes de coupoles hémisphériques ou à pans coupés. Mais ces monuments, de petite dimension, sont presque toujours dépourvus d’ornementation extérieure, et beaucoup sont à moitié en ruines.

Je signale très rapidement, parmi les rares monuments Arabes d’Alger, les coupoles de la Mosquée de la Pêcherie, qui n’ont malheureusement rien de bien remarquable et qui dénotent déjà la décadence de l'Art Maghrebin.

Au Maroc, le style charmant des Mérinides comprend de beaux plafonds et de magnifiques voûtes brodées d'entrelacs.





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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Ven 24 Jan - 21:52

page 38

Mais toute l’ornementation est intérieure et le système constructif de couverture ne s’inspire pas de la forme en coupoles qui fait l’objet de nos observations. Nous étudierons plus loin la décoration si remarquable des plafonds et des voûtes en cèdre sculpté qui ornent les médersas de Fez et la plupart des palais Marocains.

Comme en Algérie, nous ne trouvons guère de coupoles que sur les petites koubbas, si nombreuses d’ailleurs, et qui donnent tant de pittoresque aux cimetières Arabes.
Cependant, la célèbre Mosquée Karaouine, à Fez, possède, dans sa partie la plus ancienne, un petit dôme hémisphérique très simple, mais qui ne manque pas de caractère et qui est placé sur le lanternon du minaret.
On retrouve le même genre de coupolette couronnant le minaret de la Mosquée des Andalous. A Karaouine encore, on observe une remarquable petite coupole à nervures, en forme de lignes brisées, qui recouvre très harmonieusement la voûte du vestibule central de la grande cour (fig. 21).

En Perse, le type de voûte le plus usité est la coupole, et ses formes extérieures sont extrêmement intéressantes à étudier. La plus caractéristique est la forme bulbeuse. Parmi les monuments ayant cette structure spéciale, l’un des plus remarquables est le Mausolée du gour Emir, à Samarkande (fig. 22).

Il n’entre pas dans le cadre de nos études de chercher ici à expliquer les difficultés de stabilité et d’équilibre de cette étrange formule de coupole, dont l'encorbellement dépasse dans une proportion aussi hardie les bases de l’édifice. Ce qui nous intéresse, c’est l’effet décoratif profondément original qui en résulte.



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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Ven 24 Jan - 21:55

page 39



Fig. 21. - Coupole à nervures de la mosquée Karaouiyine à Fès.


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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Sam 25 Jan - 7:11

page 40

L’ornementation extérieure de ce dôme est composée de côtes demi-cylindriques se réunissant au sommet et recouvertes d’émaux. Quant au décor intérieur, il est appliqué à une seconde coupole de forme



FIG. 22. Coupole bulbeuse à Samarkande.
ovoïde, inscrite dans le dôme extérieur et beaucoup plus basse, et se compose d’entrelacs géométriques tracés sur des carreaux de faïence émaillée.
Les dômes de la Grande Mosquée de Bagdad sont d’une forme bulbeuse à peine encorbellée, ce qui indique, d’après M. Saladin, l’époque la plus ancienne de ce type particulier. Il faut observer, en effet, que " plus le surplomb du dôme est grand, plus l'époque à laquelle il a été construiit est récente " (1).


(1) SALADIN : Manuel d'art musulman. L'architecture.



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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Sam 25 Jan - 7:16

page 41

C’est dans un paysage aux grandes lignes sévères,



FIG. 23. Coupole bulbeuse du tombeau du Seïd mir Ahmed, à Chiraz (Perse).

au milieu d’un enchevêtrement de terrasses entrecoupées de jardins où les cyprès découpent leur sombre, que surgissent les coupoles bulbeuses des mosquées de Chiraz (fig. 23).


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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Sam 25 Jan - 7:48

page 42

De construction relativement moderne, ces dômes ont leur forme bulbeuse fortement accentuée. La partie supérieure est plus effilée.
Je citerai encore la coupole centrale de la célèbre Mosquée Impériale d’Ispahan, de forme très légèrement bulbeuse, et recouverte d’entrelacs curvilignes tracés sur des carreaux émaillés.

L’Architecture Ottomane a subi de fortes influences Byzantines, moins dans les détails décoratifs, qui viennent plutôt de Syrie, d’Egypte et de Perse, que dans la composition générale; ces influences se manifestent, notamment, dans la construction des voûtes et des coupoles, et nous retrouvons, dans la magnifique Mosquée du Sultan Bayézid, les formules constructives de l’église Byzantine de Sainte-Sophie.

Le caractère dominant de la plupart des mosquées de Constantinople est la composition du plan d’ensemble comprenant une grandè coupole centrale entourée de demi-coupoles et de coupoles plus petites (fig. 24).
Ces dômes affectent, suivant le mode de couverture de certaines églises Byzantines, la forme sphérique surbaissée.
L’aspect extérieur de la Mosquée Suleïmanié, à Constantinople, donne une impression grandiose qui provient du sens général de la silhouette et des masses dont a fait preuve, dans l’exécution de ce monument, le célèbre architecte Sinan.

La manière originale dont les modestes demi-coupoles se superposent par étages pour compléter, dans une harmonie parfaite, la majesté du dôme principal, semble symboliser l’idée de la foule des fidèles prosternée devant la toute-puissance.




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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Sam 25 Jan - 7:53

page 43

En résumé, les caractéristiques principales des coupoles musulmanes sont : pour l’Egypte, la forme ogivale assez allongée et effilée avec un décor d’arabesques sculptées; pour l'Afrique du Nord, la forme régulièrement cintrée ou à pans coupés, sans ornements extérieurs; pour la Perse, la forme bulbeuse, avec des revêtements en émaux; pour la Turquie, la forme sphérique surbaissée, avec, comme plan général, une coupole centrale entourée de plusieurs demi-coupoles.



Fig. 24 - Coupoles de la mosquée Ahmed à Constantinople.


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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Sam 25 Jan - 8:00

page 44 : page blanche.

Page 45

CHAPITRE III


Le Décor architectural (suite).

Les Arcades. Le Décor du Plâtre. Les Minarets.


___________


LES ARCADES

L’un des éléments qui caractérisent le plus les monuments Arabes est la forme particulière des arcades.
Dans une évocation Orientale, on imagine toujours, dans le décor d’un palais, les traditionnels portiques en arc brisé outrepassé (fig. 25).
Les illustrateurs en ont usé et abusé; les décorateurs de théâtre s’en sont souvent servis, en les déformant maintes fois du reste, et ont commis, dans des compositions fantaisistes, de très fâcheuses fautes de goût.

Cependant, si nous remontons aux premiers monuments de l’Art Arabe, nous constatons qu’en Egypte, cette forme d’arc n’existait pas dans les plus anciennes mosquées.
Dans les plus vieux monuments du Caire, à la Mosquée d’Amrou, qui date du VII° siècle, et à celle de Touloun, les architectes ont tracé l'arc brisé, très légèrement obtus, mais non outrepassé.


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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Sam 25 Jan - 8:08

page 46

Cette forme devint, par la suite, de plus en plus aiguë.
L’arc ogival fit aussi son apparition en Syrie, dès le IX° siècle; en Perse, au VIII° siècle; en Turquie et dans l’Inde.



FIG. 25. - Arc outrepassé brisé.

FIG. 26. — Arc outrepassé plein cintre.

L’arc outrepassé, si évocateur du style Arabe, devait surtout se manifester brillamment dans l’architecture Hispano-Moresque. On le trouve un peu partout dans les monuments du Maghreb et de l’Espagne Musulmane.
M. Marçais signale qu’il eut des ancêtres Byzantins, et que, d’autre part, M. Dieulafoy a fait de curieuses comparaisons de cet arc avec plusieurs cintres du palais antique de Firouz-Abâd, en Perse.



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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Sam 25 Jan - 13:28

page 47

En Espagne, dans la période la plus ancienne, l’arc outrepassé est en plein cintre. Il se trace avec une seule ouverture de compas (fig. 26).
Cette forme en plein cintre peut surtout s’observer dans les monuments du X° au XII° siècle, à Tolède, dans les Mosquées de Santa Maria la Blanca et de San Cristo de la Luz, et à la Grande Mosquée de Cordoue.
En Algérie, on le trouve à la grande Mosquée de Tlemcen.
Au Maroc, à la Grande Mosquée Karaouine, à Fez.
Il est aussi généralement choisi à toutes les époques pour les niches de mihrab.

L’arc en plein cintre outrepassé s’enrichit, à la Grande Mosquée de Cordoue, d’une invention décorative extrêmement originale, de petits arcs en festons ou lobés.
Ces arcs en festons sont parfois surmontés d’autres arcs polylobés qui s’appuient sur les colonnettes, lesquelles reposent sur l’abaque des chapiteaux des colonnes inférieures.
Ces arcs s’entrecroisent avec des arcs de plein cintre et forment ainsi des ensembles décoratifs de l’effet le plus somptueux (fig. 27).



Fig. 27 - Arcs lobbés, entrecroisés et étagés de la Mosquée de Cordoue.
Dans leur ouvrage sur " les monuments Arabes de Tlemcen " MM. W. et G. Marçais attribuent à l’arc festonné le point de départ des décors les plus caractéristiques des extérieurs Arabes : l’arcature et le réseau.

« En effet, disent-ils, si les architectes Byzantins, qui élevèrent les charpentes de Cordoue sur deux étages d’arceaux entrecroisés, n’eurent pas, à proprement parler, d’imitateurs, c’est vraisemblablement à eux que les décorateurs Arabes doivent le décor ingénieux et logique dont ils revêtirent tous les minarets d’Occident.

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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Sam 25 Jan - 16:22

page 48

Cet entrecroisement reparaît dans les galeries d’arcades aveugles dont la Puerta del Sol, de Tolède, la Giralda et la Koutoubya, de Marrakech, offrent les plus anciens exemples. L’élément ordinaire en est l’arc lobé. Il reparaît aussi, agrandi et multiplié, dans le réseau des grandes surfaces rectangulaires. L’élément en est alors la ligne festonnée ou à lambrequins. Partant d’un arc inférieur qui en rappelle clairement l’origine, ils donnent naissance à une superposition de losanges mi-curvilignes, mi-rectilignes.



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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Sam 25 Jan - 16:29

page 49

Les minarets Mérinides ont donné de cette formule de très ingénieuses applications.
Les arcs festonnés et lobés servirent aussi comme élément d’ornementation des portes monumentales de la Casba des Oudaïas et de Chella, à Rabat (fig. 29, page 50), de Bab Aguenaou, à Marrakech, de la plupart des portes des remparts de Fez et de beaucoup d’autres monuments Marocains.

Comme nous le faisions remarquer plus haut, l’arc brisé outrepassé est la forme la plus généralisée dans tout le Maghreb.






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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Sam 25 Jan - 16:31

page 50



Fig. 29 - Détails des arcs lobbés et d'un tympan de la Porte des Oudaïas.


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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Sam 25 Jan - 20:10

page 51

En Egypte, on en trouve peu d’applications. Je citerai cependant la majestueuse arcade de l’intérieur de la Mosquée sépulcrale de Kaït-bey, au Caire, qui date du XV° siècle, dont la décoration à rayures de marbre et de granit, de couleurs différentes, est d’un effet saisissant. Ce genre d’arcades à claveaux rayés et colorés est d’origine Byzantine. ' On en trouve d’autres exemples en Tunisie et à la Mosquée de Cordoue.

En Maghreb, il apparaît déjà auVIII° siècle, dans la Grande Mosquée de Kairouan; au XI° siècle, dans la Grande Mosquée d’Alger et, à la même époque, à la Mosquée de l’Aljaferia, à Saragosse, ainsi qu’à la Puerta del Sol, à Tolède; auXII° siècle, à la Grande Mosquée de Tlemcen.

Au Maroc, l’arc brisé outrepassé se rencontre dans la plupart des monuments.


Dernière édition par Paul Casimir le Sam 25 Jan - 20:22, édité 1 fois
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MessageSujet: L'art décoratif musulman, Gabriel-Rousseau, 1934   Sam 25 Jan - 20:20

page 52



Fig. 31. — Arc brisé aplati. Mosquée de Teley-Abou Rezyq,
au Caire,

La Porte de la Casba des Oudaïas, à Rabat (XII° siècle) (fig. 28), en est un des plus magnifiques spécimens. A Fez, on peut en admirer les applications à toutes les portes monumentales les plus imposantes. Nous en parlerons plus loin, dans un autre chapitre.

A Fez encore, la Mosquée Karaouine, celle des Andalous, et les médersas possèdent aussi de remarquables exemples d’arcs brisés outrepassés.

L’Arc Persan est un arc brisé qui affecte une forme particulière, très basse, comme aplatie dans sa partie supérieure. On en voit de belles applications dans tous les monuments d’Ispahan (fig. 30). Cette forme spéciale, très basse, fut employée dans certaines mosquées d’Egypte, notamment dans celles d’El Azhar et de Telay abou Rezyq, au Caire (fig. 31).

L’arc en accolade est particulier à l’Inde Musulmane, et nous en voyons de purs tracés dans les palais impériaux de Delhi (fig. 32). Il fut parfois employé en Perse, ainsi qu’en Turquie. Au Maroc, les arcades à stalactites, formées de combinaisons savantes de courbes et de raccordements rectilignes, fleurissent dans les medersas de l’époque Mérinide, à Fez;



Fig. 28 - Arc outrepassé brisé. Porte des Oudaïas.



Fig. 30 - Arc Persan. Mosquée impériale d'Ispahan.



Fig. 32 - Arc en accolade. Palais de Delhi ( Inde ).


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