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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LES ARTS DECORATIFS AU MAROC

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Paul CASIMIR




MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 3 Oct - 7:47

Pl. V


TAPIS A HAUTE LAINE DES ZEMMOUR.

Collection René BOURDIN.


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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 3 Oct - 7:52

13
CARACTERES ET ORIGINES DU DECOR BERBERE
 

garde, qui ne soit capable de mettre en branle des forces inconnues et redoutables. Laisser faire son image, c'est laisser créer un autre soi-même sur lequel la malice des hommes et toutes les influences dangereuses pourront agir à son insu. Aussi les formes vivantes ne sont-elles reproduites que dans des buts magiques, soit pour l'attaque dans le cas des poupées d'envoûtement, soit pour la défense dans le cas des talismans. Cette raison, forte en apparence, n'est point décisive. D'autres peuples qui ont eu les mêmes croyances animistes que les Ber­bères, ont représenté la figure humaine et les formes vivantes: le paganisme de l'antiquité grecque, la croyance à la vie du double chez les Egyptiens, n'ont-ils pas aidé au contraire à la naissance et au progrès d'un art réaliste ? Le sentiment d'un lien magique entre l'être et l'image semble bien être aussi à l'origine de l'art animalier des cavernes.

Une autre explication se présente: l'art berbère, si rudimentaire en ses procédés, n'a-t-il pas cédé à la tentation du moindre effort, et ne s'est-il pas restreint au décor le plus facile à exé­cuter ? Sous cette forme absolue, l'argument ne porte pas. Dans son apparente simplicité, le décor berbère cache une véritable fertilité d'invention. Mais il est vrai de dire que certaines tech­niques imposaient presque la ligne droite  le tissage des tapis et des étoffes, fait sur des métiers de haute lisse par des femmes qui n'avaient pas le long apprentissage spécialisé des ouvriers urbains, proscrivait la courbe.

Si les croyances religieuses et les nécessités de la technique ne nous expliquent qu'en partie cette tyrannie du décor géométrique, l'histoire va-t-elle nous renseigner ? Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas d'œuvre berbère ancienne et nul renseignement des historiens ou des voyageurs.
Mais, à regarder ce décor rectiligne, des comparaisons s'imposent.


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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 3 Oct - 7:55

Pl. VI



TAPIS A HAUTE LAINE DES OULED BOU SBAA.

Musée de RABAT.

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 3 Oct - 8:00

14
CARACTÈRES ET ORIGINES DU DÉCOR BERBÈRE

Déjà on a signalé la parenté esthétique des vases d'argile berbères et de certaines poteries égéennes et on s'est demandé s'il n'y avait pas eu migration et survie, en Afrique mineure, d'une forme d'art disparue depuis longtemps ailleurs. En fait, la ques­tion est plus vaste encore: les découvertes archéologiques de ces derniers temps, l'étude des civilisations primitives ont montré que, dans presque tous les pays du globe, les hommes, à l'un des âges de leur histoire, avaient employé un décor géométrique. L'art prédynastique de l'Egypte ancienne le connaissait déjà, et il a pris à l'époque de la civilisation égéenne une considérable extension. Il s'est attardé, semble-t-il, après l'invasion dorienne, dans des arts assez évolués comme dans la céramique du Dipylon à Athènes. Dans l'Amérique précolombienne, cette décoration a connu la même faveur. L'hypothèse serait séduisante d'un âge géométrique de l'art, correspondant à des stades de civilisation analogues; elle reste toute gratuite. Il semble au contraire que l'art ait connu des marches diverses chez des peuples différents. Vouloir à tout prix résoudre cette question serait s'attaquer au problème des origines mêmes de l'art.

Mais si nous bornons nos regards, nous apercevons que tous les ruraux nord-africains et jusqu'aux Touaregs, emploient le même décor avant tout rectiligne. Au Soudan même, qui fut sans cesse en relations avec l'Afrique mineure, on trouve des traces d'un décor géométrique qui est loin, il est vrai, d'être exclusif. Il y a plus: dans bien des pays de la Méditerranée, subsistent, dans l'art populaire, des restes parfois considérables du même décor. Il faudrait donc étudier en eux-mêmes tous ces décors géomé­triques auxquels on semble donner une unité factice: sans doute découvrirait-on en eux bien des variétés qui correspondent sans doute à des stades différents d'évolution et à des provinces de l'art.

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 3 Oct - 8:05

15
CARACTÈRES ET ORIGINES DU DÉCOR BERBÈRE  

Bien vague reste donc l'origine du décor géométrique berbère. Il n'est pas, dans l'histoire de l'art, un fait isolé: dans le passé, il semble avoir été le partage de civilisations peu évoluées. En Afrique du nord, on le retrouve chez des populations qui ont gardé depuis des siècles une civilisation très simple et qui, au­jourd'hui encore, nous présentent des techniques semblables, des croyances analogues, un état social qui ne varie guère. Là encore l'Afrique mineure a conservé des formes d'art ailleurs-dépassées.

Un fait est certain: c'est que le décor géométrique berbère a vécu depuis des siècles côte à côte avec d'autres traditions artistiques, battu en brèche par elles, et qu'il dure toujours. Le problème de sa survivance n'est pas moins important que celui de ses origines.
Ses œuvres sont toujours faites suivant des techniques fort simples; pour exécuter un décor plus complexe, il eût fallu des outils nouveaux. Or le Berbère est, en matière d'outillage, d'une incroyable inertie. De plus, pour lui, invention et exécution se confondent toujours: le dessin des motifs ne se distingue pas des autres procédés de métier; il est mis sur le même plan, s'apprend avec lui et a participé de la même fixité. Lié à des techniques immobiles, confondu avec elles, le décor berbère est resté immuable en son principe et sans doute en maint détail.

Mais, si dans le douar ou le village se vivait de siècle en siècle la même rudimentaire existence, dans les villes d'autres techni­ques se développaient. L'homme des campagnes allait régulière­ment à la cité: il en goûtait tous les charmes avec une ardeur fruste; il admirait ses monuments et rapportait des produits de son industrie. Comment expliquer alors que cet art urbain n'ait pas peu à peu fait reculer l'art rural jusqu'en ses provinces extrêmes ?


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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 3 Oct - 8:09

Pl. VII


TAPIS A HAUTE LAINE DES OULED BOU SBAA.

Maquette de Jean HAINAUT.


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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 3 Oct - 8:14

16
CARACTÈRES ET ORIGINES DU DÉCOR BERBÈRE



L'art hispano-mauresque était, par ses éléments et plus encore par la variété de ses procédés, fort supérieur à l'art berbère. Il a même toutes les qualités qui peuvent séduire des populations chez qui l'art a toujours allié la rudesse à la grandeur: la richesse exubérante, l'emploi de quelques matériaux rares, l'habileté technique, une certaine richesse de couleur. En fait, dès qu'un chef berbère devenu puissant, est en contact plus étroit avec la ville, il laisse l'art urbain régner en maître dans sa demeure. Peut-être est-il séduit par des formes nouvelles ou croit-il mar­quer ainsi son entrée dans une civilisation qu'il juge supérieure parce qu'elle est celle des maîtres.
L'art des villes décore mainte tighremt de l'Atlas où seuls les tapis ont parfois trouvé grâce devant le goût nouveau du maître. Dans quelques-unes des pro­vinces les plus anciennement et les plus profondément islamisées, l'art hispano-mauresque a réagi au moins dans le passé sur le décor local; mais toujours ses conquêtes sont restées limitées à quelques individus ou à quelques tribus.

L'Islamisation n'a d'ailleurs aidé en rien la diffusion de l'art musulman, tandis qu'elle a favorisé l'arabisation linguistique. L'art hispano-mauresque n'est, lui aussi, qu'un pur décor: son abondante épigraphie fait affleurer parfois une pensée au milieu d'une décoration abstraite; mais, faite pour des lettrés, cette épigraphie, d'ailleurs banale, restait sans effet sur ce peuple qui ignorait l'écriture elle-même. Sans doute des monuments hispano-mauresques, forteresses ou mosquées, se sont élevés parfois loin des cités; ils sont restés stériles sur ce sol étranger, ou ils survivent comme les témoins d'une religion importée ou d'un pouvoir central toujours discuté. Nul rural ne possédait les connaissances techniques suffisantes pour les imiter; sans doute n'y pensa-t-on jamais. Par contre, les monuments religieux se sont souvent habillés à la mode du pays: la mosquée est une

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 3 Oct - 8:16

Pl. VIII



ETOFFE BERBERE DU MOYEN-ATLAS.

Collection Jean HAINAUT.

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 3 Oct - 8:25

17
CARACTERES ET ORIGINES DU DECOR BERBERE

maison comme les autres qui pose, sur des murs de pisé, la toi­ture plate de rondins, de branchages et de terre de l'architecture berbère.

Un dernier fait achève d'expliquer cette force de résistance des arts berbères. On a dit, en des pages d'une pénétrante et forte psychologie (1), les causes de la permanence des dialectes berbères. L'art berbère était mieux armé encore pour cette résistance pas­sive: il était prisonnier de ses techniques et ne craignait rien des progrès de l'Islam. Mais, comme la langue elle-même, il a dû bien souvent être conservé par les femmes, qui, moins que les hommes voyaient la ville, qui surtout ne pouvaient rien apprendre des techniques citadines. Comme les dialectes, l'art a pu reculer lorsque le pays, soumis à quelque puissant monarque, s'ouvrait à l'influence de la civilisation urbaine. Mais pendant les longues et obstinées révoltes de tous les pays berbères, les femmes étaient seules à pourvoir aux besoins de la vie: les vieilles techniques, un instant fléchissantes, retrouvaient leur entière domination. Dans ce pays d'anarchie, l'art domestique arrivait toujours à prendre sa revanche par l'action invincible des femmes.

Dans le Maroc d'aujourd'hui, il suffit d'ouvrir les yeux pour comprendre combien est restée vive cette force de résistance à l'art des villes. Aux portes mêmes de Taza, qui fut autrefois une grande ville, qui, pendant des siècles, resta une citadelle de l'Islam, le point d'appui du sultan contre le Moyen-Atlas tou­jours incertain ou révolté, se tient encore un marché. Les femmes berbères des tribus environnantes y viennent accompagnant les hommes. Alors que Taza fut autrefois un centre florissant de céramique urbaine, ce sont les poteries berbères faites à la main, au fruste décor, que l'on vend sur ce marché et ce sont les

(1)  Henri Basset, Essai sur la littérature des Berbères, p. 38 et suivantes.

LES  ARTS DECORATIFS   AU   MAROC.

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 18:34

18   
LE DÉCOR MONUMENTAL BERBÈRE

potières elles-mêmes qui les vendent. Le souk terminé, campagnards et campagnardes font en ville quelques rapides emplettes et repartent. A parcourir ce marché, à regarder ces femmes, drapées dans leur vêtement de forme antique, courbées parfois sous quelque fardeau, regagner la montagne toute proche, on comprend qu'aujourd'hui encore le règne des arts berbères commence aux portes mêmes de là ville.

3.   — Le décor géométrique berbère.

Ce domaine si vaste, encore si ignoré, il faudrait le parcourir région par région, tribu par tribu, montrer de quelles unités vivantes il se compose. Pareille entreprise est hors de notre pouvoir : dans Fêtât actuel de nos connaissances nous ne pouvons que passer en revue, par technique et par matière, les principales œuvres des arts berbères.

Le décor monumental. — La silhouette des tighremts et des agadirs, maisons de riches montagnards, châteaux forts ou magasins, n'est plus inconnue du grand public; la peinture, quelques descriptions d'écrivains, la photographie rendent peu à peu familière la forte simplicité de leurs lignes. Réduite à ses éléments essentiels, la tighremt est un vaste quadrilatère d'épais murs de pisé (fig. 3); à deux des angles ou à tous les quatre, des tours carrées en saillie, plus hautes que les courtines ou les terrasses. Souvent, au moins sur les tours, de hauts merlons, véritables acrotères, ornements plutôt que défenses. Une seule porte et de rares ouvertures haut-perchées. C'est, semble-t-il, le plus banal et le plus schématique des châteaux forts. Mais cette forme simple se double et se complique: on a alors d'immenses édifices à enceintes et à cours successives qui rappellent

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 18:47

19
LE DECOR MONUMENTAL BERBERE



FlG.  3.  — UNE  TIGHREMT AVEC DÉCOR EN CREUX.

de très près les vastes châteaux des grands féodaux de notre Moyen Age. C'est pourtant à la ligne elle-même et non pas à ses complications que la tighremt doit sa beauté. Les murs des tours sont fort obliques : la tighremt semble jaillir du sol et s'élever en s'effilant  la ligne horizontale de la terrasse, largement débordante, semble arrêter net son élan. Mais les hauts merlons dressent, cette fois en verticales absolues, leurs arêtes extérieures et retombent sur la terrasse par larges degrés. Avec des murs verticaux, les tighremts paraîtraient pesantes: ainsi rétrécies comme par un artifice de perspective, elles s'allègent sans rien perdre de leur force. Elles ont le même mouvement avec la même saveur étrange que les pylônes des temples de l'Egypte ancienne (1). Faites tout

(1) Il faut rapprocher des tighremts les mosquées et les tatas soudanaises qui ont la même plastique et une construction analogue. Il semble qu'elles aient une parenté étroite avec l'art berbère.

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 18:52

20
LE DECOR MONUMENTAL BERBERE


FIG. 4 - MOTIFS ARCHITECTURAUX BERBERES
Décor en creux



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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 18:55

21
LE DECOR MONUMENTAL BERBERE



FIG. 5 - MOTIFS ARCHITECTURAUX BERBERES
Décor sur enduit.

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 19:12

22
LE DÉCOR MONUMENTAL BERBÈRE


entières du sol même dont elles surgissent, elles ont la teinte dominante du paysage; elles semblent aussi répéter les lignes mêmes des montagnes massives et peu dentelées, toutes de masses épaisses et de gorges abruptes. La plastique de l'édifice est admirable : elle peut se suffire et se passer de décor; il en est ainsi dans plusieurs régions.

Mais les murs de la tighremt sont d'une texture grossière: presque toujours c'est un béton caillouteux fort pauvre en chaux, souvent même du simple pisé. De loin, sa structure sans joints, sa couleur peuvent faire illusion; de près, la pauvreté de la matière s'accuse. Pour la masquer, deux seuls moyens: le décor modelé en creux et le décor peint sur enduit.
Le décor en creux semble avoir une aire d'extension assez restreinte: il ne se rencontre que dans les plus beaux des châteaux aujourd'hui connus, ceux des vallées qui descendent sur le versant saharien du Grand-Atlas, du col de Telouet vers le Dadès. Ainsi, aux tighremts d'Animiter (pl. I), l'embrasure des fenêtres se couronne d'ouvertures en gradins que pro­longe une longue meurtrière. Encadrant ces trous sombres, au sommet des murs et des tours, ce sont de véritables frises décoratives. Dans ces bandeaux, sont creusés les motifs courants de l'art berbère: le damier, le chevron, le losange (fig. 4). Nulle symétrie rigoureuse dans le décor, mais une variété qui ne nuit pas à l'équilibre; les quatre faces de l'édifice ont chacune une physionomie qui leur est propre. Parfois, un essai de couleur: les parties hautes de l'édifice sont blanchies à la chaux; la raison en semble simple: elles sont les seules qui soient faciles à enduire et qui, pour-être étanches, aient besoin d'un badigeon annuel. Mais l'effet obtenu a souvent un sens décoratif.


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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 19:15

Pl. IX

ETOFFE BERBERE (AIT SEDDAN)
Collection Henry TERRASSE

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 19:17

Pl. X


MOTIFS D'ETOFFES BERBERES.
Collection Henry TERRASSE

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 19:29

23
LA MENUISERIE BERBÈRE.

Souvent aussi on a jugé plus simple de peindre sur l'enduit de chaux des murs (fig. 5): de beaux exemples de cette technique se rencontrent dans le Grand-Atlas, au sud de Marrakech et en particulier dans la vallée de la Tifnout. Le plus souvent on a dessiné un appareil cyclopéen, et sur ce réseau s'accrochent ou s'insèrent des motifs géométriques en général fort simples et volontairement dissymétriques dans leur disposition. Cette parure barbare, qui a le charme de l'étrangeté, est moins bien composée que le décor en relief. Parfois, il est vrai, le décor peint accompagne les grandes lignes de l'édifice et souligne les ouvertures; maris alors on sent presque toujours une influence de l'art urbain.

Dans ces édifices de béton, le bois, qui ne manque pas dans les montagnes marocaines, au moins en pièces de faible équarrissage, est d'un emploi constant. Les linteaux sont faits de poutres; les planchers disposent sur des lits de rondins jointifs une semelle de pisé; à l'intérieur de l'édifice ou à l'extérieur dans les parties hautes, ce sont de véritables portiques ou des galeries avec colonnes de bois et chapiteaux sculptés. La technique du bois est sommaire mais les chapiteaux n'en sont pas moins soigneusement taillés: sur le poteau aux faces obliques, dont les angles sont souvent abattus, on pose un tailloir évasé flanqué de deux ailes tombantes. Est-ce stylisation géométrique d'un chapiteau à volutes ? on ne sait. Le décor est entaillé au couteau et peint. Ce sont toujours les mêmes dessins géométriques, croix et chevrons, auxquels se mêle parfois le cercle.
La menuiserie berbère est d'apparence aussi rude: mais dans les fenêtres, dans certaines portes, elle vaut par son aspect de vigueur. Des claustra fort simples ont une certaine pureté de lignes. On trouve aussi des appliques géométriques en relief ou une

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 19:33

Pl. XI



HENDIRA DES AIT OUARAIN
Collection Henry BASSET



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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 19:43

24
LES POTERIES

sorte de marqueterie grossière. Le bois peint ou enluminé existe en certaines régions, mais le plus souvent il est un simple colo­riage de motifs en creux. Lorsque la couleur décore seule des inté­rieurs, on n'est pas en face d'une œuvre de pure tradition berbère. Ce décor architectural qui a, malgré l'extrême simplicité de ses moyens, une réelle grandeur, et presque toujours une grande sûreté de composition, est malheureusement trop rare. Les tighremts richement ornées sont l'exception et, sur les demeures du commun, bien clairsemée est la décoration. Ce décor de l'habitation a-t-il toujours été exceptionnel ou bien serait-il de nos jours en décadence ? Les œuvres que nous voyons aujourd'hui sont fort récentes — la tighremt, édifice de pisé et de bois, a besoin de restaurations constantes — mais leur beauté laisserait supposer qu'elles ont derrière elles une tradition qui fut jadis plus féconde. Car dans les arts mobiliers le décor géométrique affirme, aujourd'hui encore, sa vitalité.


Les poteries. — Comme dans certaines régions de l'Afrique mineure on trouve dans le Nord marocain des poteries de technique très archaïque, mais dont le décor sait allier la justesse au sens des nuances.

Rien de plus primitif que leur fabrication: l'argile est épurée, puis modelée par les femmes sans l'aide du tour; c'est avec leurs seules mains qu'elles doivent former le galbe, amincir les parois, obtenir une pièce qui ait quelque régularité et quelque solidité. La poterie est ensuite lissée avec la main, un caillou ou un coquillage. Ce simple usage de la main et d'outils impro­visés nous reporte aux âges néolithiques. La poterie est séchée, puis décorée à l'aide d'un pinceau rudimentaire de dessins géométriques. Quelquefois un engobe blanchâtre supporte le décor qui, après cuisson, est rouge ou noir. Pour cuire cette

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 19:45

Pl. XII


ETOFFE BERBERE DES OUZGUITA.
Musée de RABAT.

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 20:19

25
LES POTERIES BERBERES.

poterie, les vases sont rassemblés sur une aire, séparés et couverts par des branchages ou du palmier-nain; le feu est mis à ce bûcher, et, des cendres refroidies, on tire une poterie fragile-et épaisse à la fois.

Il s'en faut que ces poteries aient la même valeur artistique. Dans bien des tribus, on ne fait que des vases au décor sommaire; mais chez les Tsoul par exemple se détache sur engobe blanc un décor rouge et noir qui couvre tout le vase. Les poteries des Msirda, des Slès, des Béni Ouriaghel du Zerhoun, et de quelques tribus riffaines sont analogues, mais posent leur décor monochrome ou bichrome tantôt sur la terre elle-même, tantôt sur un engobe. Très proches des poteries kabyles, elles n'en ont pas toujours la science technique et décorative.
On est surpris de voir quelle variété de galbes les potières ont su obtenir sans l'aide du tour ( pl. II et III ). Des vases pansus servent de pots à lait ou de marmites: d'autres, large­ment ouverts sur un pied étroit font penser aux cratères antiques: hauts et faiblement cambrés, certains rappellent l'amphore, avec quelque chose de plus raide: d'autres enfin semblent des lécythes et des œnochoés un peu écrasés. Cette poterie un peu sévère garde, même dans ses lignes les plus infléchies, une certaine raideur et une grande continuité. Rien ne rappelle les profondes courbes, les ressauts à angle droit des vases antiques. Seule une anse ébauche parfois une contre-courbe ou un rebord perpendiculaire s'élargit. C'est que la main n'a pas permis de modeler des galbes aussi riches et aussi souples que ceux que fournit le tour comme sans effort. Ce n'est donc que par accident que ces poteries rappellent les vases grecs. Elles procèdent de formes plus antiques encore, telles que celles qu'on trouvait dans la Méditerranée orientale an troisième mil­lénaire avant Jésus-Christ: ce sont des poteries préhistoriques..

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 20:24

26
LES POTERIES BERBERES

Plus que par les galbes, les poteries du Nord marocain valent par la sûreté de leur composition décorative: d'un mouvement devenu naturel, mais avec une justesse qui nous étonne, les femmes berbères ont su disposer le décor en bonne place. Dans les vases, une ligne noire marque l'embouchure, souligne le profil des anses. Une large bande de motifs vient occuper la partie la plus expressive du vase, celle où la panse atteint toute son ampleur. Dans tous les pots à faible courbure, c'est un simple registre de losanges ou de chevrons; mais, dès que le galbe s'accentue, une bordure à dents de scie annonce le mou­vement; lorsque la courbe devient plus forte encore, les potières ont senti que la ligne droite ne suffisait plus à l'accompagner et la faire valoir: elles ont introduit la courbe à certains raccords et même dessiné de grandes arcades. Mais un décor en registres devient vite monotone et accuse mieux l'ampleur que l'élan des vases; des motifs verticaux corrigent ce défaut. Parfois aussi le décor tout entier se relève vers une anse et vient former un motif spécial. On est étonné de voir quelle subtilité de bon aloi peut se trouver dans cette décoration, où l'on sent un des traits du génie artistique de la race, la sûreté de composition.

Le dessin des motifs est assez simple (fig. 6). Son plus grand mérite est sa clarté, son habileté à répartir les blancs et les noirs, à ménager par des damiers, des quadrillages et des lignes de points, des réseaux plus ou moins serrés, des grisailles qui font des remplissages sans lourdeur et d'heureuses transitions.
Certes le public moderne, habitué à rechercher avant tout dans la céramique l'éclat ou les jeux de la couleur, n'est pas toujours séduit par ces poteries sombres, plus austères encore que les vases grecs, puisque le sourire de la forme vivante ne les égaie pas. Leur beauté ne se révèle tout à fait qu'à l'analyse et donne une joie presque intellectuelle. Mais lorsqu'on les a

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 20:26

27
LES POTERIES BERBERES



FIG. 6 - MOTIFS DE POTERIES BERBERES.

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 20:33

28
LES TAPIS BERBÈRES


vues posées à terre, devant les masures d'un humble village, sur les pentes d'un vallon dominé par un vaste horizon de montagnes brûlées de soleil, on comprend ce qu'elles expriment de la vie des hommes et de l'âpre beauté du pays.


LES TAPIS. — La poterie faite à la main est chose vulgaire que le campagnard abandonne facilement pour la poterie vernissée des villes ou pour la ferblanterie juive, quand il les trouve à meilleur marché. Mais les tapis sont déjà des objets de luxe.

Belle et presque somptueuse est la matière des tapis berbères: de haute laine et à points noués, ils ne sont point d'une trame serrée, mais les brins épais et même tordus, au lieu d'être rasés, comme dans les tapis urbains d'origine orientale, sont laissés très longs. Dans les tapis zaïans, la laine est si haute que le dessin disparaît dans l'enchevêtrement des brins et ne redevient visible que lorsque le tapis est à demi usé.
La composition de ces tapis épais et moelleux est aussi originale que leur facture. Nulle part les bordures successives, les cadres remplis de menus motifs des œuvres citadines. Rarement un étroit bandeau limite le dessin qui semble prêt à déborder du tapis dans un mouvement indéfini. Bien simple est la composition de ce décor: ce sont tantôt de grands losanges assez irréguliers dans le détail (pl. IV) tantôt des lignes de rec­tangles à saillants et à rentrants symétriques, tantôt des che­vrons (fîg. 7). Plus rarement, le tapis est cantonné en plusieurs compartiments, mais presque partout la répétition d'une même ligne, d'un même mouvement, donne à la composition son unité.
Une telle simplicité d'ordonnance aurait pu engendrer la mo­notonie; Or une suite de tapis berbères est une continuelle sur­prise et parfois un enchantement. A l'intérieur des types traditionnels

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Sam 5 Oct - 20:36

29
LES TAPIS BERBERES



Fig. 7 - MOTIFS DE TAPIS BERBERES A HAUTE LAINE.

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