Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LES ARTS DECORATIFS AU MAROC

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Paul CASIMIR




MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Mer 9 Oct - 11:14

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LE DECOR FLORAL


FlG. 13. — DÉCOR DE PALMES LISSES
(Salé. Bab Mrisa. XIII° siècle.)  Extrait de Hespéris.
types, dérivés lointains de l'acanthe et de la vigne. Un lent travail tout abstrait a dissocié et modifié les anciens élé­ments du décor hellénistique et oriental. Dès le XII° siècle, le répertoire floral du décor hispano-mauresque se réduit à quelques types (fig. 13 et pl. XXIII): la palme simple, feuille allongée qui émerge d'un culot; la palme double qui oppose deux lobes divergents et diversement enroulés; la palmette (pl. XXIV) qui tantôt conserve des formes très antiques, tantôt à paru ressembler à une coquille; la pomme de pin (fig. 23), large à la base, pointue au sommet et au décor d'écailles. Sans doute les variantes sont nombreuses : les palmes surtout prennent les formes les plus changeantes et leur limbe tantôt se creuse de digitations (fig. 14), tantôt reste lisse (fig. 13). Mais rien qui rappelle une fleur, une feuille réelles : rien qui fasse passer le frisson de la vie sur ce monde conventionnel.

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Mer 9 Oct - 11:21

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LE DÉCOR FLORAL


Fig. 14. — DÉCOR DE PALMES DIGITÉES
(Médersa de Salé. XIV°e siècle).
Les supports de ces feuilles abstraites sont presque toujours des rinceaux. Aux époques anciennes ils se détachent souvent, capricieux d'allure, de chaque côté d'un axe ce sont des variantes lointaines du vieux thème persan de l'arbre de vie (fig. 15). Mais de plus en plus on renonça à dessiner pour chaque panneau un schéma décoratif original: on trouva plus simple de superposer ou d'aligner des spires monotones où s'accrocha le décor floral : la jeu de fond triompha.

Ainsi, sous ses formes les plus simples, le décor floral se construit déjà sur un tracé géométrique. Il se combine avec des formes plus complexes encore: dans bien des entrelacs polygonaux, il remplit les intervalles du dessin (fig. 15). S'il ne s'étale qu'en de rares feuilles parmi les graves alignements du koufique, il accompagne très souvent les lignes plus souples du cursif de ses rinceaux et du déploiement de ses palmes (fig. 12).
Par la variété de ses emplois, par le nombre de ses combi­naisons, tout ce décor floral échappe à la monotonie et arrive à

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Mer 9 Oct - 11:26

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LE DECOR FLORAL.


FlG. 15. — DÉCOR GÉOMÉTRIQUE A REMPLISSAGES FLORAUX SUR PLÂTRE
(Fès. Médersa Sahridj. XIV° siècle).
donner une impression toute superficielle de richesse. Mais il lui semble bien difficile de n'être pas voué à la stérilité. Nous avons tendance à considérer toutes les rénovations de l'art comme des retours à la nature, source intarissable d'inspirations nouvelles. Or l'art hispano-mauresque ne crée jamais de toutes pièces de nouvelles formes: il modifie celles qu'il possède. Il use très largement de la contamination et combine des types anciens pour en tirer une figure neuve. Ce n'est pas seulement avec les élé­ments du décor floral qu'il a procédé à ces étranges greffes; des formes toutes géométriques ont admis des éléments floraux; les hampes mêmes du koufique sont terminées par des fleurons issus de la palme (fig. 11). Nul souci de vraisemblance matérielle: le point de vue décoratif compte seul.

Tout ce décor, qu'il soit géométrique, épigraphique, floral ou mixte, est donc abstrait à l'extrême puisque rien n'y représente

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Mer 9 Oct - 11:29

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FIG. 16 - PANNEAU FLORAL. PEINTURE SUR ENDUIT
( Marrakech, Minaret de la Koutoubia ).

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Mer 9 Oct - 11:35

64
L'ART SOUS LES ALMORAVIDES

une forme réelle. Il est pourtant concret puisqu'aucune forme n'y vaut que pour elle-même. Il a banni toute idée, tout senti­ment, toute vie même matérielle. Du monde vivant il a pourtant retenu une qualité: le mouvement, Par le jeu perpétuel des lignes, il réussit à imiter la souplesse de la vie. Les joies qu'il donne sont donc tout esthétiques; il n'émeut pas, il charme lorsqu'on sait l'analyser. Il faut, pour bien le comprendre, se faire une âme de décorateur. Alors seulement on voit quel degré de perfec­tion ont su atteindre les artistes hispano-mauresques même au Maghrib extrême, depuis le XI° siècle jusqu'à la fin de l'époque mérinide, et aussi quelle décadence connut l'art urbain du Maroc, après la chute de Grenade, sous les dynasties saadienne et alaouite.

4. — L'art sous les Almoravides.
(Fin du XI° et début du XII° siècle.)

C'est à cette date tardive, alors qu'en Espagne depuis trois siècles les monuments s'étaient multipliés, que l'art hispano-mau­resque fleurit au Maroc. On a vu pour quelles raisons. C'était pourtant des barbares que ces Almoravides que le souffle d'une réforme religieuse et le goût du pillage, ces deux éléments éternels de la guerre sainte, amenaient du Sahara. Mais ils ré­gnèrent sur l'Espagne et subirent sans réserve l'enchantement de la civilisation andalouse, que leur révélait leur conquête. Dans la capitale qu'ils fondèrent au pied de l'Atlas, Marrakech, et dans les autres villes du Maghrib, des monuments s'élevèrent. La grande mosquée de Karaouiyne à Fès date surtout de cette époque. Beaucoup d'autres ont disparu, mais une ville de l'Ouest algérien, Tlemcen, a gardé une fort belle mosquée bâtie sous

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Mer 9 Oct - 11:38

Pl. XXXIII


MEDERSA DE SALE.
(XIV° siècle).

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Mer 9 Oct - 11:40

Pl. XXXIV


PORTE DE LA MEDERSA DE SALE.
( XIV° siècle).



Dernière édition par Paul Casimir le Jeu 10 Oct - 8:14, édité 1 fois
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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Mer 9 Oct - 11:43

65    L'ART SOUS LES ALMORAVIDES

Ali Ben Yoùçof en 1135-1138 J.-C. Nous la connaissons mieux que la mosquée de Karaouiyne, car l'accès des sanctuaires musulmans est au Maroc interdit aux Européens.
C'est dans ce sanctuaire le triomphe du décor floral qui a trouvé, après maintes transformations, sa forme définitive : la palme. C'est la palme simple, déjà réalisée en formes variées à l'Aljaferia de Saragosse (1) et la chaire de la grande mosquée d'Alger. Mais la palme double, qui s'annonçait à peine, se montre ici avec deux lobes presquze égaux, en des mouvements souples et variés. Dès Tlemcen ces deux formes envahissent tout le décor.

Mais cette décoration qui, à l'acanthe, mêlait ses palmes finement nervées, vaut plus par sa richesse que par sa netteté. Le XI° siècle se complaît dans un décor couvrant qui sera volontiers envahissant. Il aime la multiplicité des détails et manifeste l'intention de préférer l'abondance facile au choix. L'art des XIII° et XIV° siècles reprendra la même voie, mais l'austérité religieuse des Almohades va pour un instant faire dévier l'art hispano-mauresque de son évolution normale et développer en système des tendances qui n'étaient que secondaires. Les Almoravides acceptèrent sans la modifier la tradition andalouse. Les Almohades, dès leurs premiers monuments, sont les promoteurs d'un art nouveau.
5. — L'art almohade : l'âge de la force.
La nouvelle dynastie qui régna sur le Maghrib, l'Espagne et même l'Ifriqya était issue d'un mouvement de réforme religieux. Un berbère du Sud marocain, qui avait étudié en Orient,

(1) Restes d'un oratoire dans un palais du XI° siècle.


LES ARTS DÉCORATIFS AU MAROC.
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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 8:10

66
L'ART ALMOHADE

Ibn Toumert, avait en vain prêché dans tout le Maghrib le retour à un dogme épuré et à une vie plus austère. Rebuté partout, il s'était enfoncé, suivi de quelques disciples, dans sa montagne natale le Grand-Atlas. Là, il s'était donné pour le Mahdi et de longues années il avait formé autour de la petite bourgade de Tinmel, devenue sa résidence et son centre d'action, la coalition des tribus montagnardes qui devaient abattre les Almora-ides corrompus et détestés. Ibn Toumert lui-même ne vit avant sa mort que l'échec d'une première descente vers la plairne. Son compagnon et disciple de la première heure, Abd El Moumin, lui succéda. Le mouvement almohade, encore pénible à ses débuts, alla peu à peu de succès en succès. La poigne énergique et le sens de l'organisation du nouveau chef surent conquérir et maintenir dans l'ordre l'Afrique du nord et l'Espagne. Pendant plus d'un demi-siècle, il y eut une grande puissance musulmane d'Occident. Le Maroc, centre de la nouvelle domination, Marrakech, sa capitale, Rabat, la ville de Yakoub el Mansour reçurent alors les plus grands et les plus beaux de leurs monuments. Avec le XIII° siècle, les constructions se ralentirent puis cessèrent dans la décadence de la dynastie.

C'est à Tinmel, au milieu de montagnes abruptes aux escarpements couleur de feu, près de la petite bourgade berbère qui fut le berceau d'un empire, dans les ruines de la mosquée élevée par Abd el Moumin près du tombeau du Mahdi, que l'on comprend que les Almohades ont changé pour un temps les destinées de l'art hispano-mauresque. Le mihrab de Tinmel (pl. XXI) est une des plus belles réalisations de la nouvelle esthétique ; plus rien de l'abondance de Tlemcen : les ornements ne forment qu'un réseau assez lâche qui laisse de larges espaces vides. On ne se sent plus déconcerté devant une profusion qui déborde au premier contact nos facultés d'analyse. Equilibre, largeur, légèreté

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 8:13

Pl. XXXV


MEDERSA DE SALE. DETAILS.
(XIV° siècle).

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 8:17

Pl. XXXVI


FES. MEDERSA BOU INANIYA
(XIV° siècle).

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 8:21

67  
L'ART ALMOHADE



Fig. 17. — Types de palmes almohades
Porte de la Qasba. Rabat. XII° siècle.
il ne manque rien à ce décor d'une pureté toute classique.
Dans ce décor d'où toute accumulation était exclue, où les détails eux-mêmes se détachaient par des ombres nettes, le sens de la ligne devait être impeccable, et il le fut.
Les palmes du XI° siècle avec leurs digitations nombreuses valaient surtout par leur juxtaposition; dans l'art almohade,

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 8:31

68  
L'ART ALMOHADE



fig. 18.
A. Console florale. Rabat. Porte de la Qasba (XII° siècle).
B. Entrelacs floral. Mosquée de Tinmel (XII° siècle). D'après « Hespéris».
chaque feuille est traitée pour elle-même et son contour est des­siné avec le plus grand soin (fig. 17 et pl. XXIII et XXVI). Les formes deviennent plus grasses, des limbes épais et comme mus­clés s'entrelacent et se courbent avec des mouvements puissants. A l'art oriental de l'Ifriqiya on emprunte un modelé nouveau de la feuille : les palmes semblent se dégager ld calices successifs. Dans le plâtre sculpté on coupe les limbes de larges motifs d'ombre, et dans le décor en grille, la palme lisse apparaît où nul détail ne vient distraire le regard de l'enroulement nerveux des lobes. Mieux que les plus belles acanthes antiques, aussi bien que les

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 8:35

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Fig. 19 - ARCS LOBES ET A STALACTIQUES.
Mosquée de TINMAL (XII° siècle).

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 8:40

70
L'ART ALMOHADE

bourgeons à demi ouverts dont le gothique naissant ornait vers le même temps ses églises, ce décor renouvelé donnait une rare impression de force. L'art hispano-mauresque depuis longtemps à la recherche d'un feuillage qui satisfît son goût pour les lignes souples et nerveuses à la fois et pour l'opposition des courbes avait atteint son but. L'antique palmette elle-même se transforme: elle se creuse profondément et s'emplit d'ombres douces (pl. XXIV).

Ce décor floral qui trouvait dans la palme sa forme définitive envahit tout le décor et crée, par contamination, des formes nouvelles des consoles, des arcs et du chapiteau.

Le modillon à copeaux de la mosquée de Cordoue est trans­formé par la palme. Il se compose de feuilles qui se relient et s'étendent d'un large mouvement (fig. 18 A). L'arc lobé en vient parfois à être formé d'un cordon sinueux de palmes doubles. La base des arcs lobés, même géométriques, est supportée par un beau et étrange motif: une volute florale composée de deux enroulements superposés et qui n'est autre chose, dans ses grandes lignes et en ses types élémentaires, qu'une palme double redressée aux lobes très dissymétriques (fig. 19).

L'art hispano-mauresque à ses débuts n'avait sculpté qu'un chapiteau assez fruste, simple épannelage du composite à bandeau, que le XI° siècle avait recouvert d'un décor postiche de palmes nervées. Le XII° siècle, plus logique, composa son cha­piteau de larges palmes qu'il éleva à la dignité de formes constructives (pl. XXIV) : sur une rangée d'acanthes lisses, se posent un bouquet de feuilles épaisses qui se tordent et s'enroulent. Pour un court moment l'art almohade a su créer des chapiteaux qui, pour la pureté de la ligne et la vigueur du modelé, ne le cèdent en rien aux plus beaux modèles antiques. A la même époque les entrelacs se composent aussi de lignes de palmes (fig. 18 B).
Mais si le décor floral connaît une véritable extension, le décor

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 8:42

Pl. XXXVII


FES. MEDERSA BOU INANIYA
(XIV° siècle).

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 8:48

Pl. XXXVIII


FES. COULOIR DE LA MEDERSA BOU INANIYA
(XIV° siècle).


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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 8:51

71
L'ART ALMOHADE



FlG. 20. — DÉCOR GÉOMÉTRIQUE A ÉLÉMENTS JUXTAPOSÉS.
Marrakech. Minaret de la mosquée Mansouria (Mosaïque de faïence). XII° siècle.
géométrique s'enrichit et annonce déjà ses victoires des siècles suivants. Il n'est pas moins beau d'ailleurs que le décor floral. Les arcs lobés (fig. 19 et pl. XXVI) dont l'extrados est souvent formé par de subtils entrelacs à plusieurs branches ont, avec leurs courbes puissantes et leurs longues pointes, un mélange unique d'élégance et de force, Le principe de l'entrelacs est poussé, dans les encadrements, jusqu'à ses conséquences extrêmes et des entrelacs architecturaux couvrent les faces des minarets (pl. XX et fig. 21). On trouve encore pourtant, à ce tournant de l'art, un décor géométrique à éléments juxtaposés de très grande allure (fig. 20), que le califat de Cordoue avait employé presque seul, La mouluration reste assez riche : les artistes usent avec une science réelle des défoncements et des filets, aussi bien que de quelques cavets qui ménagent dans ce décor où la ligne nette­ment visible triomphe, des ombres nettes ou des demi-teintes.

Dans les formes anciennes ou nouvelles de son décor, l'art almohade sait éviter toute complication inutile et toute mollesse ; les mêmes qualités se retrouvent dans sa conception de la couleur.

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 9:14

72


FIG. 21 - ENTRELACS ARCHITECTURAUX DES MINARETS DE STYLE ALMOHADE A MARRAKECH
A. Mosquée Mansouria (XII° siècle). -
B. Mosquée Ben Salah ( XIV° siècle).

Dans les intérieurs il évite la polychromie : le décor de Tinmel est modelé dans un beau stuc solide d'un jaune rosé qui apaise les lumières et colore les ombres. Mais dans les grands minarets de Marrakech, les artistes ont voulu avant tout faire œuvre de coloristes (pl. XX et XXVII), grâce à l'emploi des mosaïques de faïence ( zellij ) qui permet une polychromie éclatante. Sur le ton chaud de la pierre de la Koutoubia, sur le brun rosé des briques des autres minarets, se détachent de larges carreaux bleu tur­quoise ou blancs, avec des touches plus discrètes de violet foncé. Dans la grande lumière du Sud, on ne saurait rêver d'harmonie

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 9:16

Pl. XXXIX


BOIS SCULPTES MERINIDES (XIV° siècle)
Musée de Fès.

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 9:20

Pl. XL


BOIS SCULPTES MERINIDES PROVENANT DE FES.
Musée d'ALGER.

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 9:29

73
L'ART SOUS LES MÉRINIDES

plus joyeuse et plus forte à la fois que celle de ces grands minarets dont le ciel lui-même ne peut pâlir l'éclat.

L'art almohade, il y a quelques années, était presque inconnu : c'est le Maroc qui nous l'a révélé abondant, toujours égal à lui-même. Son importance historique est grande : il marque l'abou­tissement d'une longue suite d'efforts, il contient en germe l'avenir : il est à la fois un apogée et un commencement. Pour peu qu'on l'ait fréquenté, on ne peut ni l'oublier ni s'empêcher de le préférer à l'art charmant, mais plus mièvre des trois siècles suivants. S'il mêle aux formes traditionnelles mainte innovation venue d'Orient, il a tout élaboré, tout marqué de son génie propre. Avec la magnifique unité issue de la volonté d'épuration qu'exigea la réforme religieuse, il possède la qualité maîtresse des arts en pleine poussée créatrice : la grandeur.

6. — L'art sous les Mérinides : l'âge de la nuance.
L'empire almohade, après une rapide décadence, succomba, vers le milieu du XIII° siècle, devant une dynastie nouvelle. Le minaret de la mosquée de Hassan, à jamais inachevé, semble être le symbole de cette dynastie qui accomplit une œuvre immense, hâtive et incomplète, mais qui laissa de son effort des monu­ments impérissables. Des chefs d'une grande tribu berbère venue de l'Est conquirent peu à peu le Maroc et après de longues luttes Abou-Youçof Yakoub le Mérinide régna sur tout le pays. Mais au contraire des Almohades les Mérinides ne font en Espagne que de rapides interventions. A l'Est ils n'arrivent pas à abattre définitivement les souverains Abdelouadites de Tlemcen. Au XIV° siècle, Aboul Hassan et Abou Inan font un effort pour imposer leur domination à l'Ifriqyia comme au Maghrib; mais leurs victoires furent sans lendemain et bientôt après eux

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 9:34

74  
L'ART SOUS LES MÉRINIDES

c'est, dans le Maroc qui s'isole, une nouvelle période d'anarchie.

Les monuments élevés par les Mérinides traduisent fidèlement leur histoire qui n'atteignit jamais la grandeur almohade : ils sont à la taille de la dynastie nouvelle. Une première floraison marque à la fin du XIII° siècle les premiers temps de la dynastie, sous Abou-Youçof et Abou Yaqoub. Après un léger ralentissement les grandes constructions reprennent sous Abou Saïd (1310-1330), Abou Hassane (1331-1347) et Abou Inane (1348-1358). Les Méri­nides, à côté de quelques grands édifices, ont surtout attaché leurs noms à des fondations pieuses de dimensions plus restreintes : mosquées et médersas, A l'imitation de l'Orient ils répandirent dans tout le Maroc ces collèges — au sens de notre Moyen Age — où les étudiants qui suivaient des cours dans les principales mosquées trouvaient nourriture et logement. Tous ces édifices valent par la richesse de leur parure et les impeccables raffine­ments de leur luxe délicat.

L'art hispano-mauresque, orienté un instant dans la voie de la simplicité par la réforme almohade, retrouve son antique penchant à la richesse profuse. Dès le XIII° siècle le décor couvrant tend à reparaître : la médiocrité croissante de l'appareil le rend d'ailleurs de plus en plus nécessaire. Au XIV° siècle il triomphe, et c'est l'avènement d'une nouvelle esthé­tique (pl. XXVIII à XXXVIII).

Pour couvrir tout l'édifice d'une somptueuse parure, on divise les immenses espaces à décorer en panneaux, registres et bandeaux, dont les masses doivent s'équilibrer exactement. Les défoncements qui distinguent et hiérarchisent les plans du décor sont moins profonds: les grands traits d'ombre se font plus rares et moins denses. Dans ces monuments, plus de grandes lignes simples visibles de loin, mais un fourmillement  de formes qui déconcertent, où les lignes ne peuvent être

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 9:38

Pl. XLI


PANNEAUX FLORAUX A PALMES LISSES
( Médersa de Salé).

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MessageSujet: LES ARTS DECORATIFS AU MAROC   Jeu 10 Oct - 9:41

Pl. LXII


PANNEAUX FLORAUX A PALMES DIGITEES
(Médersa de Salé).



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