Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 FES, capitale de l'Islam.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: FES, capitale de l'Islam.   Lun 1 Avr - 19:23



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LA DÉPÊCHE DE FÈS

ORGANE HEBDOMADAIRE DE FES ET LA REGION NORD-MAROCAINE    
—    —    —   —    DIRECTEUR-PROPRIETAIRE   :  FRANCIS  DÉBARE   —    —    —    —
NORD    SUD
REVUE    PERIODIQUE     ILLUSTREE     D'INFORMATIONS    MAROCAINES
Fondateurs : F. BERGER  - J. PEILLON - Rédacteur en Chef : L. DELAU

NUMERO EXCEPTIONNEL
MAI 1939
Prix 20 francs

FÈS,   capitale   de   l'islam

SO M M AI R E

Couverture illustrée d'une aquarelle de Madame DROUET REVEILLAUD
Hors-texte de Marcel VICAIRE Illustrations de Messieurs Th. J.   DELAYE et J.   E.   LAURENT
Photographies de  l'OFFICE CHERIFIEN   DU  TOURISME,
du SERVICE DES ARTS INDIGENES, du SYNDICAT D'INITIATIVE de Fès,
de la DIRECTION DES AFFAIRES ECONOMIQUES,
du SERVICE DE L'ELEVAGE, de M.  SIXTA et divers

Liminaire, par Louis DELAU.
Fès et sa région, par M. le Général COMPAIN, Commandant la région de Fès.
Où va la ville de Fès, par M. MAITRE, Contrôleur Civil, chef des Services  Municipaux.
Le perfectionnement de la production agricole et animale dons la région de  Fès, par   M.  BILLET,   Directeur général  das Affaires Economiques.
L'Elevcge dans la Région de Fès, par M.  le Docteur EYRAUD,  Directeur du  Service de  l'Elevage.
L'Avenir agricole de la région de Fès, par M. de TOURDONNET,  Président  de la Chambre d'Agriculture.
La Foiie de l'Artisanat de Fès, par M.  L.  HUGOT,  Président as la Chambre  de Commerce.
L'Evolution de l'Artisanat et le Problème des Corporations, par M. MALLET, Vice-Président de  la Chambre de Commerce.
Scutien de la  Production  Indigène Agricole et Artisanale,  par M.   P.  COUSINET,  Contrôleur Civil.
L'Enseignement Franco-Musulman à Fès, par M. R. Le TOURNEAU, Directeur   du  Collège Moulay   Idriss.
Fès, âme de l'Islam, centre de Tourisme, par M. BLAQUE-BELAIR, Directeur   de l'Office Chérifien du Tourisme.
Les Jardins de Fès, par M.  Paul ODINOT.
Les Syndicats d'Initiative et de Tourisme,  par  M.   CHEVALEYRE,   Président  du S.l. de Fès.
L'Œuvre de Bienfaisance à  Fès, par M.  le Docteur CHAPUIS.
Fès, Copitc'le  Economique,  par M.   Francis  DEBARE,   Délégué  du   31' Collège  au  Conseil  du  Gouvernement.
Port-Lyautey,   port  de   Fès   et  du   Nord   Mai'ccain,   oar   M.   COINDREAU,   Président au Maroc de la Sté des Ports Marocains.
Aïn-Chkeff, station balnéaire de  Fès, par M.  le  Docteur SECRET.
La Pêche dons la Région de Fès, par M. PRUDHOMME.   ......

—    LES   EDITIONS   INTER-PRESSE    —
Administrateurs : J. PEILLON et P. BORY — 95, Bd de la Gare  — CASABLANCA
C.C.P.  Rabat 3591  — Tél.   : A 52-34 — Boîte Postale  163

NORD-SUD,   revue   Marocaine,   abonnement   100   fr.   par  an,   six  numéros spéciaux —  12 Nos de son supplément.
PUBLIENT : - A.O.F.   Magazine,   revue   coloniale   mensuelle,   patronnée   par   toutes   les Chambres de Commerce de   l'A.O.F.  Abonnement annuel   :  45  francs
- LE GUIDE GENERAL  DU  MAROC.


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MessageSujet: Re: FES, capitale de l'Islam.   Ven 21 Fév - 17:53

page 19



LIMINAIRE

- Nous n'avons pas eu la prétention d'épuiser, dans les quelques pages que nous publions ici, ce qui peut être dit et écrit de la grande cité de Fès, Nous savons que ce vaste sujet a inspiré déjà mille études : il n'en reste pas moins toujours nouveau dans son intégrité. Bien des fois encore, les artistes, les historiens, les archéologues s'empresseront autour de ses monuments les plus fameux aussi bien qu'autour des moindres traces de son illustre passé. Et il restera toujours plus à dire qu'il n'a été dit.
Encore que nous ayons fait appel à la collaboration des critiques, des savants, des sociologues, des économistes les plus réputés parmi ceux qui vivent à Fès depuis parfois de longues années ; encore que nous ayons été encouragés, soutenus dans notre dessein par les conseils précieux et la longue expérience de M. Débare, directeur de la « Dépêche de Fès », qui a participé si largement à la présentation de ces pages; nous n'en avons pas moins éprouvé la faiblesse de toute tentative pour enfermer en quelques pages une vue même superficielle des horizons qu'ouvre à l'esprit ce seul nom de Fès.
Nous nous sommes bornés à une courte et simple démonstration, mais que nous croyons utile et qui, à notre jugement sera féconde. Nous avons tenté la gageure de démontrer que Fès, si belle et si attachante par son passé, ne l'est pas moins par son présent et l'est infiniment par son avenir.
Fès immuable ! Voilà un préjugé dont il nous faut guérir. Comme l'a dit très justement M. Blaque-Belair dans les trop brèves lignes qu'il a bien voulu nous accorder, Fès est immobile dans le mouvement. Qu'est-ce à dire sinon qu'elle tire de la conservation d'un passé à tous les titres glorieux, les raisons les plus sûres de son activité présente et de ses progrès futurs.
On remarquera très vite, en effet, que si quelques-uns de nos meilleurs collaborateurs demeurent les admirateurs exclusifs d'un éclat que Fès emprunte aux siècles écoulés, la plupart d'entre eux insistent sur les ressources que cette ville prestigieuse et sa riche région n'ont cessé de fournir aux exigences et à l'expansion de la vie moderne. Il est certain, et nous en trouvons ici même la fréquente-affirmation, que si Fès, par miracle, avait poussé et crû en plein désert comme tant de riantes mais décevantes oasis, sa splendeur eût été bien effacée et, en tout cas, bien éphémère. Mais non, elle est née parmi tous les signes et avec toutes les promesses de la richesse matérielle. Comme la production végétale, la culture spirituelle, arts, sciences, lettres, a besoin d'une terre riche et d'une irrigation abondante. Il y aurait moins de fqihs et de tajers à Fès si les champs qui l'entourent étaient moins fertiles, si les eaux qui créent ses jardins étaient moins abondantes et moins fraîches.
Rendons grâces à la nature qui a installé et organisé de toutes pièces la vaste région où Fès a trouvé sa raison d'être, qui a disposé le nid incomparable où s'est formée sa beauté.
Rendons grâce surtout à Moulay Idriss qui découvrit, non loin du Sebou et à l'abri de ses crues, la double vallée ruisselante des eaux du Saïs où les émigrés de Cordoue fondèrent un foyer béni du ciel.
Aujourd'hui, si nous en croyons les administrateurs énergiques qui la gouvernent, les commerçants et les colons dont l'activité est, au dehors et au dedans, une si ferme promesse de richesse, les artistes qui y puisent sans cesse de nouvelles et vivaces inspirations, aujourd'hui, Fès, l'ancienne comme la nouvelle, rêve d'un avenir qui serait comme la synthèse de la ville « hadrya » qu'elle fut toujours et de la ville française moderne, à quoi elle aspire.
Et déjà, du contact de la culture française, elle a pris un ton plus vif et plus hardi, tandis que, n'est-il pas vrai, les Français eux-mêmes qui se plaisent à l'habiter ont bénéficié de la courtoisie raffinée, de l'exquise urbanité, de l'esprit de finesse et de la distinction de leurs hôtes fassis.
Dans son beau livre sur l'Empire de Fès, M. Fernand Benoit rappelle cette définition qu'un Sultan avisé donnait du Fassi : « Un pigeon à bec d'acier ». En lisant les pages qui suivent, on nous accordera que cette définition convient admirablement aux Français de la nouvelle ville de Fès, aussi orgueilleux de leur cité, mais de moeurs aussi douces que les plus authentiques descendants des compagnons d'Idriss.

Louis DELAU.


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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Ven 21 Fév - 18:00

page 20



- M.   le   Général   COMPAIN Commandant   la   Région   de   Fès.

FES ET SA RÉGION
par  M.   le   Général   COMPAIN Commandant la Région de Fès


Tout a été dit et écrit sur Fès «la bien gardée», prestigieuse et millénaire métropole — religieuse, intellectuelle et artistique, — de l'Islam Maghrébin. Les « Vieux Marocains » qui ont, à l'aube de notre Protectorat, goûté le charme profond et subtil d'une cité demeurée digne de son passé de gloire, ne manquent point d'y revenir souvent pour y revivre leurs impressions premières. Je convie mes compatriotes et tous ceux, — voyageurs, artistes, orientalistes et savants, — qui ignorent encore le mystère de sa Médina, le raffinement de sa bourgeoisie, la complexité de son âme secrète, multiple, ardente ou contemplative, à venir puiser dans ce creuset social qu'ont buriné l'histoire, et la foi, des images et des enseignements qu'ils n'oublieront plus jamais.
Mais Fès n'est pas seulement la ville incomparable des médersas studieuses, des souqs grouillants et bariolés, des artisans adroits, des doctes oulémas, dont plusieurs dynasties impériales ont depuis dix siècles rehaussé la splendeur par tant de monuments d'une grâce somptueuse. Elle est aussi, en même temps que la capitale du Nord marocain, le Centre et le chef-lieu d'une vaste et riche région géographique, économique et administrative qui groupe, en y comprenant ses 150.000 habitants, une population de 680.000 âmes.
Essentiellement agricole, —puisque sur ce total près de 500.000 indigènes et Européens cultivent la terre, — elle offre une diversité de sites et d'aspects qui enchante le voyageur.


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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Ven 21 Fév - 18:07

page 21


Au Nord, jusqu'aux contreforts du Rif, il découvrira, après les pentes du Zalagh et les monts boisés des Oulad Djama, les fertiles vallées du Haut Sebou et de l'Ouerrha, les sanctuaires et zaouias célèbres des montagnards, comme Moulay Bouchta que dominent sur un pic rocheux les imposantes ruines du castel almoravide de l'Amergou, le «balcon» de Taounat, d'où la vue s'étend du Rif au Moyen Atlas, le mont du Bibane, célèbre par l'héroïque défense de ses occupants en 1925, le chapelet, dans une contrée pétrie de récente histoire, des postes qui résistèrent stoïquement, il y a quatorze ans, à la ruée riffaine, enfin la cité Sainte d'Ouezzane où les Chorfa poursuivent, à l'ombre d'oliviers séculaires, leurs pieuses méditations.
Au sud, un vaste circuit le conduira, par Imouzzer du Kandar, centre estival de la Région de Fès, par Sefrou, cité-jardin parée de verdure et d'eaux vives, par Boulemane et les lacs de montagnes, vers les plateaux boisés et neigeux que parcourent avec leurs troupeaux et leurs tentes, de rudes tribus de pasteurs berbères.
Au retour de ces randonnées, le touriste ne manquera point de visiter, aux environs mêmes de Fès, Moulay Yacoub aux sources sulfureuses et l'oasis pittoresque de Sidi Harazem, dont les eaux tièdes ruissellent parmi les vergers de figuiers et de grenadiers que couronnent des bosquets de hauts palmiers d'aspect saharien.
Mais les charmes touristiques de Fès et de son hinterland ne sauraient nous masquer l'activité économique — agricole, commerciale, artisanale, voire industrielle, — d'une région qui par sa population et par son étendue se range parmi les plus importantes de l'Empire Chérifien.
En particulier, la colonisation tant officielle que privée groupe une imposante phalange de 430 colons exploitant une superficie de plus de 73.000 hectares. Du point de vue de l'évolution et de la répartition de ce peuplement, il est à noter que, — de même que la population européenne est pour la majeure partie rassemblée dans les Circonscriptions formant à l'intérieur de la Région, le Territoire civil de Fès, — c'est dans cette zone que réside la presque totalité des colons, — les trois Cercles militaires du Nord constituant des « marches » qui, en bordure de la zone voisine, en assurent la couverture.
Les principales productions agricoles sont pour les autochtones le blé dur, l'orge, le sorgho, le maïs, les olives, les oranges, les fruits; il faut y ajouter l'élevage, élément essentiel à l'équilibre de l'économie rurale indigène que le Protectorat s'efforce sans cesse de développer et d'améliorer.
Les colons cultivent surtout les céréales, les légumineuses, la vigne, les oliviers et les orangers, sans négliger les plantes maraîchères et les arbres fruitiers. L'élevage prend une place chaque jour croissante dans leurs exploitations qui emploient les méthodes les plus rationnelles et les plus modernes de croisement et de sélection.
La prospérité de la ville et de la Région de Fès est, on le conçoit, strictement conditionnée par les résultats annuels de la campagne agricole.
Grand marché collecteur et distributeur qui, en raison même de sa situation privilégiée au nœud des principaux axes de circulation et de transports, ravitaille les populations marocaines du Rif jusqu'au Tafilalet et aux confins du Maroc oriental, Fès ne peut alimenter son commerce et son artisanat que grâce à la clientèle de ce vaste emporium.
Les perspectives extrêmement favorables de la prochaine récolte permettent d'ores et déjà, d'envisager avec confiance le développement de ces deux sources essentielles de richesse qui doivent apporter à cette grande cité industrieuse les satisfactions et les profits dont ces dernières années de crise l'ont privée.
L'avenir le plus proche est assuré. Les populations rurales, si endurantes et si laborieuses, en retrouvant l'aisance qui récompensera leurs efforts tenaces et persévérants, vont restituer à notre belle Région la prospérité qu'elle connut aux jours heureux de son histoire.


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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Ven 21 Fév - 18:18

page 22


- M. MAITRE, Contrôleur Civil Chef des Services Municipaux.

Ou va la ville de Fès?

par M. MAITRE, Contrôleur Civil, Chef des Services Municipaux.

Cette question est fréquemment posée tant par les habitants que par les étrangers. Non pas qu'il s'en dégage quelque inquiétude, mais avec un vif intérêt nuancé de curiosité.
Elle n'a rien, d'ailleurs, qui puisse surprendre si l'on considère, d'une part l'énorme agglomération que constitue la Médina, et d'autre part, une ville nouvelle qui, bien que beaucoup moins peuplée, présente un développement considérable.
Que se passe-t-il, en effet, derrière les murs imposants de la Ville ancienne ?
La populatiorr-musulmane, aux éléments si divers, allant du commerçant à l'artisan, sans oublier la masse des intellectuels, trouve-t-elle à vivre ? Et n'a-t-elle pas de lourdes préoccupations d'avenir dans une cité dont le nombre des habitants ne cesse d'augmenter ?
Les nombreux immeubles de la ville nouvelle sont-ils tous occupés ? Commerçants, industriels et ouvriers sont-ils satisfaits de leur sort ?
Autant de questions auxquelles il est assez malaisé de répondre ; cependant, en « faisant le point », il est possible de dégager la physionomie actuelle de la ville et d'apporter quelques précisions concernant son avenir.
Fès est née d'une situation matérielle existant sur les pentes de l'Oued Fès qui en faisait un lieu de choix pour l'établissement d'une ville, grâce à l'eau courante destinée à être abondamment répandue dans les édifices publics et les maisons particulières, grâce aussi aux facilités d'évacuation des eaux usées.
Par ailleurs, la situation géographique de la cité, proche des montagnes du Moyen Atlas, de celles du Rif, immenses réservoirs d'où sort la production, proche aussi de fertiles vallées en direction de Taza et de plaines immenses en direction de Meknès, devait nécessairement faire de la ville de Fès un centre de premier ordre pour les approvisionnements et le négoce.
La richesse des agglomérations urbaines appelle toujours, chez les dirigeants comme chez les habitants aisés, la culture des lettres et des arts.
Fès n'a pas manqué à cette tradition. Et tant par sa faculté, ses médersas, et le nombre considérable de ses monuments, elle n'a cessé de jeter un vif éclat dans la civilisation moghrébine.
La vie moderne introduite au Maroc, il y a trente ans à peine, n'était-elle pas de nature à changer tout cela ? On a pu le craindre. De nouveaux courants commerciaux se sont établis au Maroc. Des moyens de transports mécaniques ont profondément modifié la nature et le sens des transactions.
Enfin, la création d'une ville nouvelle avec son activité si différente de celle de la Médina, devait apporter des modifications aux conséquences souvent imprévisibles dans l'existence des habitants.
Un événement, la répression de la révolte du Rif, a donné, pendant quelques années, une telle animation dans cette ville nouvelle, que l'on a fondé sur son développement des espoirs, qui, tout en demeurant certains, demandent cependant plusieurs lustres pour se réaliser.
La ville a grandi rapidement, aidée d'ailleurs en cela par de larges facilités données par l'Etat pour la vente des terrains et la construction. D'où abondance d'argent, ayant entraîné une crise de croissance indéniable. Fès a donc dû marquer un temps d'arrêt et la Municipalité elle-même, un moment ...


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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Ven 21 Fév - 18:24

page 23


... épuisée par des réalisations hâtives, s'est trouvée gênée dans l'administration des fonds publics.
A aucun moment, cependant, il n'y eut découragement. Les difficultés de toute nature qui sont apparues ont incité les habitants à plus de sang-froid dans l'examen de la réalité des choses et dans un désir commun de travailler avec ardeur pour que la ville ne fasse point mentir son passé et voit s'ouvrir devant elle de justes perspectives d'avenir.
Malgré une situation financière fort compromise, les assemblées municipales n'ont pas hésité à se tourner vers l'Etat pour obtenir du Gouvernement l'autorisation de contracter un nouvel emprunt pour asseoir définitivement les recettes du budget.
Cet emprunt, en majeure partie destiné, en effet, à l'exécution de travaux productifs de revenus, devait être utilisé, sur toute l'étendue du territoire urbain, dans l'espoir de grouper l'élan économique donné par tous les éléments de la population.
Sa répartition, laborieuse, fut néanmoins menée à bonne fin, grâce à la parfaite entente régnant entre les trois commissions municipales.
Examinons, à présent, ce que l'utilisation des fonds d'emprunt, joints à ceux provenant d'autres administrations, peut apporter de prospérité dans la ville de Fès.
En Médina, il convenait de donner au commerce, enfermé dans des ruelles étroites, plus d'aisance dans ses opérations. Il fallait, en effet, tenir compte d'un facteur nouveau : l'apport et l'expédition des marchandises par le camion. Et c'est ainsi que la Municipalité fut amenée à créer dans l'intérieur de la ville même, et sans gâcher son aspect, sur la place Baghdadi, comme à l'extérieur, et dans les mêmes conditions, d'importants marchés aptes à satisfaire à toutes les conditions exigées par les affaires.
D'autre part, deux marchés d'alimentation sont en voie d'aménagement. Enfin, des travaux importants en matière d'adduction d'eau et d'établissement de réseaux d'égouts, sont actuellement entrepris.
A la Ville Nouvelle, il est procédé à l'achèvement d'un troisième marché d'alimentation et à l'aménagement de divers quartiers.
D'une récente statistique, il résulte que tous les immeubles sont occupés. Aussi, la Municipalité porte-t-elle son effort sur la vente de nouveaux terrains en vue de favoriser l'élévation de nouvelles habitations.
Le succès couronnera-t-il ces nouvelles initiatives? Il est difficile de l'affirmer en raison des événements internationaux, entraînant une prudence souvent excessive dans l'emploi des capitaux.
Signalons en outre la construction d'un pavillon d'accueil pour les touristes à la Ville Nouvelle, et la transformation partielle des locaux de l'annexe de la Médina pour la même destination.
Enfin, comme complément à la création des grands marchés, il est apparu indispensable de commencer la construction d'un nouvel abattoir proche d'un immense marché au bétail, abattoir destiné à servir tant à la population européenne qu'à la population musulmane et israélite.
Fès, située dans une région d'élevage, se devait de prendre cette initiative.
On peut enregistrer, par ailleurs, une brillante activité de la part de plusieurs services publics : réfection des médersas, reconstruction dans de vastes locaux de la bibliothèque de Qaraouiyne ; agrandissement du Collège Musulman, réfection des mosquées, transformation des établissements hospitaliers.
Enfin, à la Ville Nouvelle, continuation des travaux d'agrandissement des écoles, des casernements, installation dans des bâtiments nouveaux des Services de la Conservation Foncière et du Cadastre ; mise à l'étude en vue de la construction prochaine des immeubles destinés à recevoir la garde mobile, etc., etc...
Il s'ensuit que la Ville de Fès connaît un renouveau d'activité et de confiance. Des personnalités notoires diront que dans le bled la situation est identique.
Il est donc permis de penser qu'après une période assez pénible à supporter, Fès, intimement unie aux riches contrées qui l'entourent et dont elle centralise le labeur fécond, va enfin connaître des jours meilleurs.


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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Ven 21 Fév - 18:34

page 24



LE PERFECTIONNEMENT DE LA PRODUCTION AGRICOLE ET ANIMALE DANS LA REGION DE FES
PAR MONSIEUR BILLET, DIRECTEUR GÉNÉRAL DES AFFAIRES ECONOMIQUES.

La Ferme Expérimentale de Fès.

BUT DE LA FERME
La Ferme Expérimentale de Fès, comme son nom l'indique est un établissement d'ordre uniquement expérimental visant au perfectionnement de la production des deux branches : Agriculture et Elevage.

SUPERFICIE
Le Domaine situé au N.O. immédiat de la ville de Fès s'étend sur une surface de 550 ha. dont 200 ha. environ sont incultivables et affectés au pacage des animaux. 50 ha. sont par ailleurs réservés d'une part à l'expérimentation et d'autre part, à diverses spécialités telles que verger, vignobles, olivette, paddocks peur chevaux et animaux jeunes etc... les 300 ha. restants sont valorisés sous la formule suivante d'assolement triennal.
1° Année : Blés et divers (Alpiste, lin, etc...)
2° Année : Céréales secondaires et fourrages.
3° Année : Jachère travaillée avec ou sans culture de légumineuses, ou plantes sarclées.

AGRICULTURE
Le programme établi annuellement suivant les instructions du Service Central porte tout spécialement sur :
a) l'obtention de graines sélectionnées, destinées à être livrées comme semences à la colonisation.
b) La production des rations nécessaires à l'alimentation du Cheptel de la Ferme.
Deux centres d'expérimentation spéciaux fonctionnent en outre, tant en vue de rechercher parmi les semences, celles répondant !e mieux aux exigences du marché, que dans le but de fixer les méthodes de production les plus économiques.
Le mécanisme de production de ces semences est, plus particulièrement pour ce qui touche aux céréales le suivant :
La Station Centrale de Recherches Agronomiques de Rabat envoie chaque année des grains-types, récoltés sur des cultures pedigrees, en quantités suffisantes pour des ensemencements de cinq ares, dits de petite multiplication. La production de ces parcelles sévèrement contrôlée et épurée, est utilisée l'année suivante à l'ensemencement de parcelles ...

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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Ven 21 Fév - 18:59

page 25


- Inspection régionale de la défense des végétaux à Fès
- Troupeau de vaches et génisses tarentaises à M. Escalle à Fès
- Stagiaires taillant, des oliviers
- Lot de  brebis Mérinos-Précoces
- Pavillon   des  stagiaires


FERME   EXPÉRIMENTALE   DE   FES

... dites de grande multiplication atteignant, en principe, un hectare et dont la récolte, surveillée comme précédemment, est réservée aux ensemencements de grande culture.
La Ferme dispose de la sorte au bout de trois ans, de grains ayant fait leurs preuves sous un dur climat et dont par ailleurs, la pureté botanique approchant 100 pour 100, donne toute garantie aux usagers.
Les plus appréciés parmi ces grains constituent à l'heure actuelle une gamme très variée, et offrant au maximum les qualités susceptibles de les faire choisir, eu égard aux conditions locales des divers milieux où ils devront évoluer :
Précocité, leur permettant d'échapper plus ou moins totalement aux coups de chergui printaniers.
Résistance   aux   maladies   cryptogamiques.
Qualités industrielles poussées (bonne valeur boulangère ou semoulière pour les blés, aptitudes à la brasserie pour les orges, bonne teneur en huile pour les lins, etc...) et, supplémentairement, productivité au moins équivalente à celle des variétés communes.
A citer comme très  notablement  supérieurs aux  qualités  courantes   :
Parmi les blés : les N° 250. 212. 1658, 0.20, 335, 422, 426, 1315, 588, 284, 1611.
Parmi  les orges   :   les  n°   077,   89,   071.
Parmi  les avoines   :   les n°   0238,   111,  0,95.
Parmi les lins  : les n°   189,   196.
Outre ces semences, dont la valeur a été jugée telle qu'elles ont été largement diffusées chez les producteurs, d'autres graines sont aussi à l'essai. Plus de 150 variétés sont ainsi étudiées annuellement et leurs mérites jugés durant de longues années, avant de retenir l'attention définitive du Directeur de la Station des Recherches Agronomiques qui décide, en fin de compte, de l'opportunité de leur vulgarisation dans les milieux agricoles.

ELEVAGE
En matière d'élevage, le programme poursuivi à la Ferme Expérimentale tend à obtenir dans les meilleures conditions, des animaux donnant toute satisfaction tant aux éleveurs qu'aux agriculteurs aux divers titres de la production de viandes de boucherie, d'animaux de travail, etc...
L'exécution de ce programme ce traduit actuellement par l'obtention   :
1° de géniteurs purs ces races suivantes. Bretonne, Tarentaise, Zébu de l'Inde, Chatillonnaise.
2° de bœufs de travail obtenus par croisement Marocain et Zébu et Tarentais.
Là   encore    les   résultats   obtenus   tant   très   satisfaisants.
La ferme possède actuellement un cheptel varié de tout premier choix qui lui permet de livrer chaque année aux éleveurs, des géniteurs remarquables des races citées plus haut. Enfin et après un temps d'épreuve suffisant pour éviter tout mécompte, il a été prouvé que le colon pouvait sans crainte, choisir comme formules de bœuf de travail, celles ci-après   :
a) Croisement   Zébu-Marocain   ;
b) Croisement   Charolais-Zébu-Marocain.
Sous ce rapport, les résultats obtenus sont aussi définitifs que satisfaisants. La meilleure preuve en tient dans l'équipement de la Ferme qui actuellement ne compte p!us que des bœufs de travail Zébus-Marocains et Charolais ou Tarentais-Zébus-Marocains. On y peut admirer notamment quatre paires de superbes Charolais-Zébus-Marocains, dont le poids a 5 ans atteint de 650 à 800 kgs et dont l'ardeur au travail ne laisse rien à désirer.

ENTRETIEN   DES   ANIMAUX
L'entretien   du   Cheptel   de   la   Ferme   pose   un   problème   important, celui  de  la  production  des grains  et  fourrages  nécessaires à  son  alimentation.
Comme   en   l'a   vu   plus   haut,   cette  production   a   été   recherchée en combinaison avec les autres  productions  du   Domaine, par le moyen de l'assolement triennal, une partie de la deuxième sole étant consacrée à la production des rations.
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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Ven 21 Fév - 19:02

page 26


- Stagiaires  s'entraînant à la fauchaison
- Traitement  des  arbres  par  les  stagiaires
- Pansage des bœufs par les stagiaires
- Pansage des chevaux par les stagiaires

D'une manière générale, les éléments constitutifs de ces rations sont les suivants :
Fourrage sec de vesce-avoins, et en années humides et propices, fourrages spontanés de merja.
Betteraves (1/2 sucrières fraîches ou en cassettes séchées. Ces dernières sont préalablement réhydratées par trempage la veille de leur utilisation.
Ensilage de sorgho ou de céréales d'hiver ou de fourrage spontané. 3 silos faisant un total de 400 m3 peuvent être consacrés chaque année à cette production.
Orge en vert, dès janvier ou février, suivant la précocité de l'année (apport particulièrement apprécié des juments et vaches suitées).
Bersim   ou   luzerne   toute   l'année.
La Ferme Expérimentale possède également un verger et un vignoble réduits. D'importance restreinte, ces plantations sont appelées à disparaître au profit de l'olivette existante et de plantations d'études.
Enfin et en exécution de directives émanant de M. le Résident général lui-même, que la question intéresse tout particulièrement, la Ferme Expérimentale tout en continuant à assumer la mission ci-dessus, vient de s'en voir confier une autre, non moins belle ni profitable, à savoir celle d'initier les jeunes marocains aux pratiques d'une agriculture évoluée. Ainsi, va-t-elle devenir un organe de liaison fort intéressant entre les deux éléments primordiaux de la richesse marocaine que représentent les deux agricultures européenne et indigène.

FONCTIONNEMENT DE LA SECTION   DES STAGIAIRES  MUSULMANS A LA FERME  EXPÉRIMENTALE   DE   FES
Afin d'exploiter avec plus de succès et de profit les ressources agricoles de ce pays, la jeunesse rurale indigène a non seulement besoin d'être instruite des principes fondamentaux de l'agriculture, mais encore de se familiariser pratiquement avec les procédés de culture ou d'élevage améliorés.
C'est dans ce but que la Ferme Expérimentale de Fès (Etablissement de la Direction des Affaires Economiques, Service de l'Agriculture) reçoit depuis 1937 des stagiaires choisis parmi les anciens élèves des écoles rurales et des sections agricoles de fils de notables.
Grâce aux cours d'agriculture qu'ils ont suivis dans ces écoles, les jeunes gens admis à la Ferme ont été préparés pour recevoir avec profit un enseignement essentiellement pratique, établi spécialement à l'intention de futurs fellahs.
Au cours de la campagne agricole 1937-1938, sept stagiaires désignés par l'Autorité Régionale ont participé aux travaux du domaine et ont été amenés à s'initier à des méthodes évoluées.
Ils ont appris à exécuter les opérations culturales les mieux adaptées aux besoins de l'agriculture indigène et aux possibilités des fellahs ; à entretenir et soigner le bétail ; à cultiver les plantes fourragères et à en constituer des réserves ; à employer des charrues et instruments améliorés, etc... Relativement à l'arboriculture fruitière, ils ont été initiés aux opérations convenables de plantations, de taille, de protection des arbres contre les déprédations des animaux et de lutte contre les parasites (insectes et cryptogames).
Pour donner aux élèves une formation mieux adaptée encore aux conditions réelles, une propriété de l'ordre de grandeur d'un domaine indigène d'importance courante a été constituée dès octobre 1938, près de la Ferme Expérimentale.
L'exploitation de cette propriété d'une contenance de 10 hectares, est assurée par des stagiaires avec les seuls moyens de travail affectés à la Section et visant à la mise en valeur suivante :
9 hectares sont soumis à une rotation de culture triennale comprenant :
1 °   Blé dur ;
2°   Orge  et  fourrages  ;
3° Cultures de légumineuses sur une moitié et jachère travaillée sur l'autre moitié.
Enfin, un hectare de l'exploitation est consacré à des cultures fruitières où l'olivier domine.
Les stagiaires utilisent, un petit cheptel de travail composé de 4 bœufs marocains convenablement entretenus, attelés à une charrue métallique très légère ne demandant guère plus de traction que la charrue arabe, mais assurant un retournement plus parfait ou sol tout en pénétrant un peu plus profondément.
Le personnel attaché à la Section est constitué par un agent français chargé de l'enseignement technique et des applications pratiques et par un surveillant indigène proposé à la conduite de l'internat, au ravitaillement et à la surveillance des élèves, lorsqu'ils se rendent à l'Ecole Professionnelle Franco-Musulmane artisanale pour se familiariser avec l'emploi des outils usuels de menuiserie et de forge.
En outre, un cuisinier est chargé de la préparation des repas copieux et préparés avec soin.
Les stagiaires occupent un bâtiment bien aéré et éclairé, composé d'une salle commune, d'un dortoir de 12 lits, d'une salle de toilette avec lavabos et 6 appareils à douche, d'une salle d'étude, d'un réfectoire, d'une cuisine et office.
Les élèves bénéficient également d'une surveillance sanitaire et médicale périodique.
A l'heure actuelle, les stagiaires ont réalisé le programme culturel des emblavures d'hiver, et semé le blé dur, l'orge, le fourrage (vesce, avoine) les fèves et les pois chiches.
Au cours des travaux et applications pratiques, les élèves font preuve du meilleur esprit et montrent un très réel désir de s'instruire.
Les résultats constatés à la fin de la première année de stage ont confirmé que la durée de celui-ci est insuffisante ; d'une part, les stagiaires ne peuvent exécuter qu'une seule fois les divers travaux saisonniers, ce qui ne leur permet pas d'acquérir toute l'habilité voulue et, d'autre part, ils ne peuvent se rendre compte au cours d'une seule campagne, des avantages de certaines méthodes ou pratiques qui leur sont enseignées, telle que l'assolement ou la taille des oliviers.
Aussi, l'administration envisage-t-elle actuellement des mesures qui permettront de porter la durée du stage à deux campagnes agricoles ce qui conduira à doubler le nombre des stagiaires et à réaliser de nouveaux aménagements. Après un séjour de deux ans, bien employé à des études et à des travaux agricoles pratiques, les stagiaires, tous fils d'exploitants, retourneront en tribu où leur exemple contribuera efficacement à la diffusion des bons procédés de culture et d'élevage, donc au développement de la production agricole indigène et par suite à l'enrichissement du pays ainsi qu'à l'amélioration du sort des populations rurales.
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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 6:29

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L'ELEVAGE A LA FERME EXPERIMENTALE DE FES

- La ferme élève un troupeau de race Tarentaise et les essais entrepris avec le croisement Tarentais-Zébu-Marocain donnent des résultats très encourageants.
- Type de vache tarentaise acclimatée dans la région de Fès.

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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 6:36

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- M. le Docteur EYRAUD Directeur du Service de l'Elevage
- Un  lot  de juments  Bretonnes  nées  à  la ferme  expérimentale  de  Fès

L'ELEVAGE DANS  LA RÉGION DE FES
par M.  le Docteur EYRAUD Directeur du Service  de   l'Elevage
La production animale tient une grande place dans la richesse économique de la Région de Fès.
Elle compte  :
Chevaux  et  mulets   33.000 têtes
Bovins     170.000    »
Ovins   1.000.000    »
Caprins     600.000    »
Porcins       4.500    »
Au Nord, le Riff montagneux et boisé doit une partie de ses ressources à l'élevage caprin, très développé dans les régions de Taounate et Rafsaï.
Au Sud, vers le Moyen Atlas, pays berbère, dans les régions de Sefrou et de Boulemane, on rencontre les grands troupeaux d'ovins élevés en transhumance.
La zone centrale (Fès, Tissa et Karia) à climat plus modéré, présente des ressources alimentaires plus abondantes et plus variées, dues à une meilleure répartition de la pluviométrie et à l'abondance des eaux d'abreuvement et d'irrigation : c'est le pays des petites ou moyennes propriétés agricoles indigènes ; les troupeaux y sont peut-être moins denses, mais mieux nourris et souvent abrités.
On y rencontre un cheptel équin et bovin très important. C'est aussi la région qui a été réservée à la colonisation.

I. — L'ELEVAGE  INDIGENE
L'élevage indigène a gardé son caractère ancestral, variables selon les régions, l'altitude et le climat.
Son amélioration depuis l'occupation s'est poursuivie sans relâche ; il a fallu lutter contre les préjugés et l'insouciance des indigènes, se préoccuper de l'alimentation, de l'abreuvement et des soins à apporter aux animaux pour soustraire ces derniers à la misère et aux maladies infectieuses ou parasitaires ; c'est ainsi que l'amélioration des conditions d'existence des troupeaux se poursuit par la création de points d'eau, par la construction d'abreuvoirs par la lutte centre les maladies contagieuses et parasitaires.
II. — L'ELEVAGE EUROPEEN
L'élevage européen a été entrepris par une colonisation encore jeune qui a compris que la monoculture présentait souvent trop d'aléas pour être sûrement rémunératrice. L'élevage lui est apparu, en effet, comme devant lui apporter un complément indispensable à l'équilibre de son exploitation.
Après quelques tâtonnement naturels, elle s'est consacrée à l'amélioration du cheptel local par la sélection et le croisement avec des races d'importation. Aussi l'élevage ...
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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 6:44

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- FERME   EXPÉRIMENTALE   :    Une partie du laboratoire et de la salle d'élevage
- Étalon  breton de  la ferme  de Fès
- Lot de juments et poulains bretons à la ferme de Fès

... européen compte-t-il un effectif important : plus de 2.000 équidés, 6.000 bovins, 24.000 ovins et caprins et 4.500 porcins.
.Les importations de géniteurs, désordonnées au début, durent être orientées vers des races définies productrices de-travail, de viande et de lait.

III. — L'ELEVAGE A LA FERME EXPÉRIMENTALE DE FES
Afin de guider les éleveurs dans le choix des géniteurs susceptibles de leur donner les meilleures garanties de rendement, la Ferme Expérimentale de la Direction des Affaires Economiques à Fès, s'est attachée dès sa création, conçue par le Maréchal Lyautey, à procéder à l'expérimentation des races animales.
Des efforts ininterrompus ont permis de constituer des troupeaux qui, à l'heure actuelle, produisent des géniteurs très appréciés des colons de Fès et qui sont aussi répartis dans les autres régions du Maroc.

BOVINS
A. — Race Zébu
Un troupeau de Zébus de l'Inde y est entretenu dans les meilleures conditions. Les produits sont destinés à l'élevage extensif dans les zones au climat rude.
Le croisement du Zébu avec la vache marocaine produit d'excellents animaux de travail et de boucherie, très résistants aux maladies et aux piroplasmoses en particulier.
Le croisement Zébu-Marocain assure, en outre, un porte-greffe pour les géniteurs de races très améliorées comme le Charollais, le Tarentais, le Schwytz, selon que l'éleveur désire produire des animaux de travail et de boucherie, des animaux à deux fins : viande et lait.
Le croisement Zébu-Marocain-Charollais a donné des résultats très satisfaisants ; c'est ainsi que les bœufs issus de ce métissage atteignent le poids de 800 kgs.
La Ferme compte actuellement un troupeau de 40 vaches et taureaux de race Zébu.
B. — Race Tarentaise
La Ferme élève aussi un troupeau de race Tarentaise et les essais entrepris avec le croisement Tarentais-Zébu-Marocain donnent des résultats tout aussi encourageants que ceux définis pour le Charollais.

OVINS
La Ferme possède un troupeau de 40 brebis Mérinos-Précoces destiné à assurer aux éleveurs de la région des géniteurs nés et acclimatés au pays et offrant de ce fait des garanties contre les risques que courent les géniteurs importés.
Les résultats obtenus par le croisement du Mérinos-Précoce avec la brebis du pays sont probants ; la production de ...



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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 6:52

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FERME EXPÉRIMENTALE DE FES :
- Attelage d boeufs Zébu-Marocains
- Troupeau de vaches Zébus pur sang
- Le magnifique reproducteur Zébu de la ferme expérimentale de Fès

... l'agneau précoce et de l'agneau gris présente une des meilleures spéculation pour le colon.

ÉQUIDÉS
La culture intensive pratiquée par les colons et la nécessité pour eux de produire des animaux de traction et de labour a conduit la Ferme Expérimentale à constituer un élevage de juments de race Bretonne ; cette race s'est parfaitement adaptée au pays ; elle est d'un entretien facile et se comporte au travail d'une façon parfaite.
Cet élevage compte actuellement 25 juments Bretonnes.
Les jeunes étalons sont destinés à alimenter les Stations de Monte du Protectorat et à être cédés aux Syndicats d'Elevage.
Il faut ajouter que la jument croisée Breton-Marocain est une excellente mulassière et que les mulets issus de ce croisement avec les baudets Catalans ou Poitevins donnent de remarquables animaux de travail.

PORCINS
Enfin, l'expérimentation porcine a permis de déterminer les excellentes qualités de précocité et de rusticité de la race Yorkshire, Large-White. Cette race ayant conquis tout l'élevage marocain n'est plus élevée à la Ferme de Fès depuis plus de sept ans.
Ainsi la Ferme de Fès a permis aux colons d'orienter leur choix vers les races animales amélioratrices qui se comportent dans le pays de façon tout à fait satisfaisante et d'utiliser des géniteurs de choix nés et acclimatés au pays qui leur donnent des résultats excellents.
Grâce à l'eau abondante et la richesse du sol, les colons ont en mains des éléments indispensables pour réussir en matière d'élevage.
J'ajouterai que ces éléments sont aussi de nature à favoriser une autre spéculation qui revêt un grand intérêt, je veux parler de la production laitière assurée d'un débouché important et rémunérateur.



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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 7:00

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- M. de TOURDONNET Président de la Chambre d'Agriculture de Fès
- Les producteurs de lu région de Fès ne sont groupés en coopérative. Voici une vue partielle de la Coopérative Viti-vinicole, pouvant loger 42.000 hectos de vins. Au premier plan une expédition de vin prête à partir.

L'AVENIR AGRICOLE DE LA REGION DE FES
par M. de TOURDONNET Président de la Chambre d'Agriculture de Fès

Le Maroc presque entier ne vit que de son agriculture. Que la récolte soit bonne, le commerce devient prospère, l'indigène reprend le chemin de la ville et échange son blé, son orge, son maïs, contre du sucre, du thé, des cotonnades et tous les instruments primitifs dont il a besoin pour l'aider dans sa vie et dans son travail. Fellahs et plus encore peut-être commerçants, ne pensent qu'aux récoltes futures, à leurs promesses, sources de vie meilleure pour les uns et de gain pour les autres.
Il n'est donc pas exagéré de dire qu'au Maghreb une contrée ne vaut que par ses possibilités agricoles, et à ce point de vue la région de Fès est admirablement bien douée.
Terres fertiles, altitudes diverses, eau abondante lui permettent toutes les cultures et toutes les plantations. Céréales et légumineuses y prospèrent ; vigne, oliviers, orangers y sont dans leur pays d'élection ; enfin les possibilités d'élevage y sont considérables grâce à des facilités d'irrigation très rares en général dans l'Afrique du Nord.
Malgré tous les dons de la nature, la région de Fès occupe-t-elle dans la production agricole marocaine la place qui lui revient ? Incontestablement non. Certes, elle possède le plus grand nombre d'oliviers, des jardins d'orangers magnifiques dans le Nord vers l'Ouergha et les Sénadja ; ses figues et ses raisins secs sont cotés ; ses cheptels ovin et bovin ...


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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 7:46

page 32


- Une moissonneuse-batteuse  en  service  dans  la région  de  Fès

... sont considérables ; mais au point de vue colonisation européenne, base de tous progrès agricoles en ce pays, elle ne vient qu'au quatrième rang au Maroc et ne tient pas la place à laquelle lui donnent légitimement droit les possibilités de son sol.
Les causes de cette non mise en valeur sont nombreuses. La première et la plus importante est la jeunesse de notre région. Il ne faut pas oublier qu'il y a quelques années à peine, en 1923-24, une partie de tribus du Nord et la plupart de celles du Sud étaient peu ou pas soumises et qu'en 1925 les vagues riffaines sont venues déferler à 50 kilomètres de Fès.
Une deuxième cause importante est son éloignement de la mer. Colons et hommes d'affaires ont longtemps hésité à se lancer dans l'arrière-pays où les moyens de communications étaient rares, difficiles, et les transports onéreux ; alors que des régions plus proches comme Casablanca, Rabat et Meknès offraient plus de facilités.
Enfin, l'administration centrale boudait un peu Fès, ville de bourgeois éclairés, instruits, très industrieux et commerçants, mais frondeurs et souvent mécontents. On se souvient à Rabat de la révolte de 1912.
Toutes ces causes qui ont longtemps retardé la mise en valeur de notre belle région ont aujourd'hui disparu. L'équipement des régions côtières est presque terminé et le Gouvernement du Protectorat va pouvoir porter ses efforts vers les pays de l'intérieur.
Les transports sont très améliorés, une route parfaite et un chemin de fer mettent Fès à trois heures des ports de l'Atlantique. Les contrées du Nord et du Sud sont aujourd'hui paisibles.
Ainsi, des conditions nouvelles ont créé un cadre enfin favorable à l'évolution de l'agriculture de la région de Fès vers un stade qui correspond complètement à ses possibilités. Peut-on dégager déjà le sens de cette évolution ? Il   n'est que de voir  la   place  que  tiennent  sur  certains marchés les fruits, les légumes, les vins de Fès ; le développement sans cesse croissant de ces productions ;   le  souci qu'apportent les représentants de la colonisation à encourager  l'arboriculture  et  notamment  la   production  des  agrumes et  les cultures complémentaires   (lin, chanvre,  tabac) pour se rendre compte que c'est vers les cultures irriguées que les colons et à leur suite les fellahs s'orientent, exploitant ainsi au maximum leurs ressources en eau.
Par ailleurs, la position géographique de cette région, au carrefour des grandes routes qui relient d'une part la Méditerranée à l'Afrique Noire ; d'autre part l'Atlantique à l'Algérie, et l'existence au croisement de ces routes d'une grande capitale musulmane de plus de 130.000 habitants, sont autant de circonstances favorables à l'écoulement de ces productions nouvelles.
Jusqu'à ces dernières années, la production agricole se limitait aux légumineuses, aux céréales et à la vigne.
Le recensement de la récolte 1938 a donné les chiffres suivants :
Blé tendre :      146.000 quintaux
Blé dur : 45.000
Orge :  30.000
Avoine : 42.000
Légumineuses :   40.000
Vin  :  55.000 hectos
De plus en plus, les céréalistes cherchent à produire des blés de « force » à haute valeur boulangère ; les pois de semence dominent dans la culture des légumineuses, et les viticulteurs produisent des vins de degré susceptibles d'être facilement exportés.
Ces producteurs se sont groupés en coopératives qui contrôlent la presque totalité de leur production : coopérative des Docks-Silos ayant une capacité de logement de 120.000 quintaux ; Coopérative viti-vinicole pouvant loger 42.000 hectos de vins ; Coopérative de ventes et achats traitant entre autres produits 10.000 quintaux de pois de semences.
De leur côté, maraîchers, laitiers et arboriculteurs réunis en syndicats s'efforcent d'améliorer et d'accroîtrs leur production et d'en assurer l'écoulement. Le marché local, dont ie chiffre d'affaires est sans cesse en augmentation, atteste de la réussite de leurs efforts.
La région de Fès, fleuron de l'ancien royaume mérinide, longtemps le pays le plus riche du Maroc, peut donc envisager un avenir nouveau plein de perspectives heureuses. Ses terras fertiles n'attendent que des énergies et des capitaux qui les mettront plus complètement en valeur et replaceront notre région au rang qu'elle occupait autrefois, c'est-à-dire au premier.


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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 7:49

page 33


- DINANDIERS A FES
- SCULPTEURS MARQUETEURS DE FES
(CLICHE SERVICE DES ARTS INDIGÈNES)



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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 7:55

page 34


- M. HUGOT, Président de la Chambre de Commerce de Fès

LA FOIRE DE L'ARTISANAT DE FES
par M. L HUGOT, Président de la Chambre de Commerce de Fès

Elle a lieu chaque année, au mois de Mai, et dure environ 15 jours.
Placés sous le haut patronage de sa Majesté le Sultan et du Commissaire Résident Général de France au Maroc, elle est organisée, sous la direction des autorités régionale et municipale de Fès, par un Comité composé de représentants de la Chambre Française de Commerce et d'Industrie, de la Chambre d'Agriculture et de la Chambre mixte indigène.
Elle rassemble dans un parc-exposition permanent, d'une superficie de 3 hectares sur lequel des stands en maçonnerie augmentent ou remplacent chaque année les surfaces couvertes à l'origine d'abris légers en bois ou en tôle, tous les produits de l'artisanat, de l'agriculture et du commerce.
En 1939, le nombre des stands s'élève à 151 (dont 39 en maçonnerie) sans compter 3 grands hangars aménagés en salle de fêtes, salon des Beaux-Arts, pâtisserie et brasserie-restaurant, et des locaux annexes réservés au Bureau de la Présidence, bureau de tabac bureau de postes, salle d'emballage et bureau d'expédition, poste de secours, w.c., etc. ; de vastes surfaces couvertes ou à l'air libre permettent l'exposition du gros matériel et l'installation des attractions foraines. Tous les locaux sont éclairés à l'électricité ; les principaux stands sont alimentés en eau potable par branchement sur les canalisations de la ville.
La Foire de Fès a un cachet bien particulier. Comme son nom l'indique, c'est « la Foire de l'Artisanat » qui comporte l'exposition de tous les produits ouvragés par les artisans marocains. Une large place est réservée aux artisans de la ville et des tribus voisines, mais les portes sont aussi généreusement ouvertes aux artisans des autres villes du Maroc ; seuls, les commerçants européens ou marocains paient un droit de location pour les stands qu'ils occupent ; tous les artisans sont installés et éclairés gratuitement ; leurs frais de déplacement leur sont remboursés; au cours de la Foire, un jury spécialement constitué à cet effet, distribue des primes jusqu'à concurrence d'une somme totale de 20.000 francs aux meilleurs artisans.
Les exposants bien groupés, classés par catégories dans leurs stands, offrent à l'admiration des visiteurs, d'une part de riches collections de tapis aux chaudes couleurs, de tissus, de cuirs ouvragés, de cuivres finement travaillés, de poteries et de nombreux objets destinés à l'ornementation et à la décoration ou aux usages les plus divers.
Ces articles, de marque supérieure, portent l'estampille du Service des Arts Indigènes qui est la garantie d'une qualité parfaite des matériaux employés ainsi que d'une technique et d'un décor conformes aux traditions artistiques marocaines.
Mais les difficultés d'écoulement de ces marchandises, les charges croissantes de l'existence, l'impérieuse nécessité de faire vivre une population toujours plus nombreuse, ont incité tous ceux qui s'intéressent vraiment à nos protégés, à les diriger vers la production d'articles utilitaires, susceptibles d'être produits ...

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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 8:01

page 35


- Maroquiniers  de  Fès. SERVICE   DES   ARTS   INDIGÈNES   DE   FÈS.

... en plus grande quantité et d'être vendus plus facilement.
Et c'est ainsi qu'après avoir rénové les corporations qui travaillent) désormais sous la formule coopérative, il a été possible d'exposer d'autre part dès 1938 quelques marchandises dont les modèles précédemment importés ont pu être confiés à la diligence des artisans marocains :
— le stand des tisserands renferme un échantillonnage complet de tissus modernes ;
— les  tanneurs  et  les  mégissiers  montrent  qu'ils sont arrivés à produire et à travailler des cuirs qui peuvent servir à tous les usages : maroquinerie, chaussures de ville, brodequins pour la troupe,  sandales et sandalettes pour la plage, souliers d'enfants, sandales de goumiers, harnachement, etc ;
— les articles de vannerie, de boissellerie, de tonnellerie,   répondent  à  toutes  les    exigences    requises pour les emballages,  les  expéditions  et  la conservation des produits agricoles et viticoles ;
— les ficelles,  cordes et cordages tressés donnent toutes garanties de solidité.
La production de ces marchandises permettra sans doute de diminuer prochainement le chiffre des importations ; par contre, il faudra trouver des débouchés importants : c'est le côté un peu délicat du problème qui n'est pas insoluble en raison du coût peu élevé de la main-d'œuvre permettant d'obtenir de faibles prix de revient.
D'ailleurs, l'Office Chérifien d'Exportation s'est déjà fortement intéressé à ce problème et a pu apporter aux artisans, des commandes importantes à destination de la France et des pays étrangers.
L'attention des artisans est attirée sur la nécessité de donner satisfaction à ces commandes sans retard et de livrer des marchandises bien standardisées, exactement conformes aux échantillons fournis.
Il est permis d'espérer que dans un avenir rapproché, les artisans travaillant régulièrement à la fabrication intensive d'objets de vente courante et bien rémunérée, pourront améliorer leur standard de vie et sauront reconnaître l'œuvre protectrice et bienfaisante de la France.
Fès pourra s'enorgueillir d'avoir été le foyer de cette rénovation.
Le Comité de la Foire Artisanale de Fès ne revendique que l'honneur d'avoir contribué à cette belle oeuvre.
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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 8:09

page 36



- Enlumineurs de Fès. CLICHE   SERVICE   DES   ARTS   INDIGÈNES.

L'Evolution de l'Artisanat et le Problème des Corporations
par M. MALLET,  Vice-Président de la Chambre de Commerce

Depuis une période relativement récente de l'histoire de Fès, le métier s'est détaché de la famille, de l'économie domestique, pour se mettre au service du public. Actuellement, nous assistons au déclin de cette évolution et ne voyons plus que quelques rares travaux -- filature de la laine, tissages des étoffes et surtout des tapis, broderies, etc... confiés, dans quelques grandes familles, aux femmes et aux domestiques. Encore à la fin du dernier siècle, il y avait, pour les familles riches de Fès, une espèce de vanité à pouvoir dire que tous les besoins de la maison pouvaient être satisfaits par le travail intérieur lui-même ; ainsi tout se faisait à la maison, même les objets de luxe.
C'est sur ces articles de luxe, tout d'abord, que la division du travail, la spécialisation des métiers se sont exercées — « les historiens du Maghreb signalent depuis les XIIe et XIIIe siècles la création de fabriques de brocarts à Fès » — car, dès cette époque, la grande cité compte des fortunes importantes vivant du produit de grands domaines, ruraux et n'achetant quasi rien, à l'exception de ces objets de luxe.
Seulement, ce commerce de luxe n'intéresse qu'une minorité de personnes riches et est absolument insuffisant à produire, à susciter et à soutenir une industrie florissante, car, lorsque la richesse est concentrée à un pôle, le luxe rompt l'équilibre de la production en diminuant le produit des objets de consommation courante, en augmentant celui des objets de luxe.
Les métiers, sortant peu à peu du cadre domestique, se sont groupés en corporations, les artisans d'un même collège réunis par quartier où le citadin sait trouver les articles nécessaires.
Mais le Fassi, comme tout Marocain, a peu de besoins et une grande stabilité de goûts. La mode n'exerce son influence que sur les classes supérieures et non sur l'ensemble de la société, comme chez nous ; costumes, habitations, mobilier, tout a tendance à se stéréotyper en des formes immuables. Cette simplicité de vie, cette absence de besoins, de confort même, sont ce qu'il y a de plus défavorable au développement de l'industrie. Tandis que les progrès de la technique moderne ont fait voler en pièces l'industrie domestique dans les pays de l'Europe occidentale, ici, au Maroc et à Fès en particulier, le capital-argent ne se porte pas sur l'industrie dont il méconnaît le profit.
Cependant, jusqu'à ces dernières années, cette clientèle de maigres consommateurs faisait vivre l'artisan et sa famille, réunis autour du simple et primitif métier domestique dont le manque de perfection était compensé par le bon marché de la main-d'œuvre. Mais la facilité grandissante des relations maritimes et terrestres avec le Maroc qui en a fait un marché important pour les produits manufacturés dans les pays à industries modernes, a modifié totalement la façon de vivre du Marocain. Ces importations massives d'objets utiles, à bas prix, ont secoué brutalement l'organisation des corporations et la vie des artisans qui forment à Fès une partie très importante de la population ; partie importante quant au chiffre et aussi par la qualité des individus. Ces artisans sont de fort braves gens, un peu rudes parfois, mais toujours confiants, prévenants et pleins de délicatesse, peu âpres au gain.
La Chambre de Commerce Française de Fès s'est intéressée, dès 1935, à cette situation des artisans, recherchant, parmi les articles importés, ceux d'exécution facile par les moyens, rudimentaires parfois, des artisans.
Nos Foires annuelles constituent le meilleur test permettant d'orienter dans cette voie nouvelle les corporations de Fès. Certains essais, entrepris en 1937, ont donné des résultats assez satisfaisants — ébénisterie, ferronnerie, tissus de laine et de soie, chaussures, etc... — pour nous permettre tous les espoirs.
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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 8:18

page 37


- Coopérative Indigène de Fès

SOUTIEN DE LA PRODUCTION INDIGÈNE AGRICOLE ET ARTISANALE
par M. Paul COUSINET Contrôleur Civil, Chef de la Section de l'Economie et de la Prévoyance Indigène à la Direction des Affaires Politiques

Le foire de Fès de 1939 fournit l'occasion de rappeler que depuis deux ans, toutes les formes de l'activité économique des marocains ont été soutenues et développées sous la vigoureuse impulsion du Général Noguès.
La population tirant l'essentiel de sa subsistance de l'agriculture, c'est vers l'organisation du marché des céréales que se portèrent les premiers efforts du Gouvernement.
Non contents d'aider le producteur par des prêts de semences au moment des labours, et des prêts d'argent avant la récolte pour limiter l'usure, les pouvoirs publics ont tenu à aider le fellah à i'époque où les moissons sont jetées sur le marché.
D'où la création des coopératives indigènes de blés, organismes qui sont des émanations des Sociétés Indigènes de Prévoyance et valorisent la production par des achats directs aux producteurs.
En 1937 et 1938, années agricoles médiocres l'intervention des Coopératives Indigènes de blés a limité la spéculation à la hausse, tout en permettant au fellah d'obtenir un prix rémunérateur de sa récolte. Quant aux Sociétés Indigènes de Prévoyance elles ont, des distributions massives da grains, remédié au manque de semences consécutif à plusieurs mauvaises années et développé, de ce fait, les emblavements.
La récolte de 1939 sera sans doute abondante, ce qui entraînera inévitablement une baisse des cours. Les coopératives n'auront donc pas à lutter vainement contre la loi de l'offre et de la demande, mais devront intervenir si la spéculation provoque la chute verticale des prix et limiter la baisse par des achats judicieux.
Coopératives et Sociétés Indigènes de prévoyance seront également appelées à remplir en cette année excédentaire le rôle d'organismes compensateurs. Elles acquèreront un stock à la baisse, destiné aux distributions de semences ou au ravitaillement pendant l'année suivante.
Dans ce pays, où il est rare que de belles récoltes se suivent, une telle action répond à l'antique besoin d'accumuler des réserves ds grains pendant les bonnes années en vue des mauvaises.
Après l'agriculture, l'élevage. Pour aider les éleveurs marocains l'on a donc pensé à organiser des marchés lainiers. Ces manifestations en favorisant les contacts entre producteurs et acheteurs permettent d'obtenir pour des laines indigènes un meilleur prix et de faire bénéficier le producteur de l'intégralité as la rémunération au détriment de la part généralement prélevée par l'intermédiaire.
En 1938, 8 marchés lainiers ont conquis la faveur du public. En 1939, 16 sont organisés.
Tout en épaulant la production agricole indigène le Gouvernement a tenu à stimuler l'artisanat urbain, celui de Fès, en particulier, qui depuis quelques années s'étiolait dangereusement.
Il a donc réorganisé les corps de métiers les plus vivaces en les dotant d'une armature corporative adaptée aux nécessités de l'époque. Il a dépensé les prêts d'argent qui permettent aux artisans de s'alimenter en matières premières — Surveillé et amélioré les techniques — prospecté les marchés intérieurs par le moyen des Foires et les marchés extérieurs par l'Office Chérifien d'exportation (Comptoir Artisanal).
Les résultats de cette action persévérante, chacun a pu les contempler à la Foire de Fès, inaugurée le 29 avril par M. le Résident Général.
Des ouvrages en bois, aux tissus variés, en passant par la ferronnerie, les cuirs ou la dinanderie, tous les métiers fassis revivent, soit dans leurs applications traditionnelles, soit sous la forme d'objets nouveaux susceptibles de répondre aux besoins les plus actuels.
Quelques chiffres donneront ici une idée précise de l'effort accompli.
Prêts de semences consentis par les Sociétés Indigènes de Prévoyance du Maroc en 1938 : 170.000 qx.
Prêts de semences consentis par la S.I.P. de Fès en 1938 : 14.400 qx. (orge et blé dur).
Achats des 11 Coopératives Indigènes de blés en 1938. Blé dur : 76.000 qx. ; Blé tendre : 227.000 qx. ; Orge : 196.500 qx.
Achats cb la Coopérative Indigène de blés en 1938. Blé dur : 19.400 qx. ; Blé tendre : 8.200 qx. ; Orge : 13.000 qx.
Prêts distribués pendant l'exercice 1937-1938 oar les Caisses d'Epargne et de Crédit Indigènes : 5.304.855 francs.
Prêts distribués pendant l'exercice 1937-1938 par la seule Caisse de Fès. Crédit agricole : 1.321.455 frs ; Crédit artisanal : 338.650 frs.
Prix distribués en 1938 au cours des marchés lainiers : 30.000 frs.
Ainsi l'action multiforme entreprise par le Général Noguès, Commissaire Résident général de France au Maroc, couvre les secteurs essentiels de l'économie indigène, en particulier l'agriculture et l'artisanat. Politique dictée par cette constatation d'expérience qu'au Maroc, peut être plus qu'ailleurs, ruraux et citadins sont économiquement solidaires, l'aisance ou la misère du fellah entraînant celles de l'artisan. Politique, il convient aussi d'y insister, dont le mobile n'est pas de substituer l'action de l'Etat aux initiatives individuelles, mais de les ranimer dans tous les domaines.
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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 8:24

page 38


- Photo Sixta.

DANS UN CADRE HEUREUX ET SI JOLIMENT VIEILLOT, LES MÊMES GESTES SE PERPÉTUENT. VOICI LA BOUTIQUE D'UN TAILLEUR. ON RETROUVE EN TOUTES LES MÊMES ÉLÉMENTS : LE TAJED SOURIANT, FIGURE PLEINE ET RESPIRANT LA BONNE HUMEUR ; SON EMPLOYÉ, PLUS HUMBLE ET TOUT EFFACE DANS LE FOND DE LA BOUTIQUE, QUI COUD ET COUPE TRANQUILLEMENT ; AU PREMIER PLAN LES JEUNES ENFANTS QUI DÉVIDENT DU FIL OU DE LA SOIE, RÉPÉTANT ÉTERNELLEMENT LES GESTES QU'ILS ONT ADMIRÉ CHEZ LEURS AÎNÉS. LA BOUTIQUE ELLE-MÊME N'EST PAS JEUNE. ELLE EST RAPIÉCÉE ET LES PORTES N'EN SONT PLUS GUÈRE SOLIDES. MAIS QU'IMPORTE ! LA FRAÎCHEUR Y RÈGNE EN PERMANENCE ET UNE VIGNE FOLLE COURT A TRAVERS LES ÉTRANGES DÉCHIRURES DU BOIS ET DE LA PIERRE.

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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 8:29

page 39


- Voici trois aspects de cette belle institution où les fils de la bourgeoisie musulmane sont formés à la fois au respect de leurs traditions et à l'amour de la culture moderne. Ce sont d'abord les jardins qui entourent le collège, puis le grand amphithéâtre, enfin une des classes ou les étudiants se disposent à écouter leur professeur.

L'ENSEIGNEMENT FRANCO-MUSULMAN A FÈS
par M.  R.  Le  TOURNEAU, Directeur du Collège Moulay Idriss

LE   COLLÈGE  MUSULMAN DE  MOULAY   IDRISS  A  FES
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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 8:31

PAGE 40

- Vue partielle des jardins du Collège Moulay Idriss à Fès
- Salle de laboratoire du Collège
- La bibliothèque du Collège Moulay Idriss

Cet enseignement a été organisé dès 1911, avant même le traité de Protectorat : une école franco-arabe de garçons, dirigée par un musulman algérien en fut l'embryon. Le Collège Moulay Idriss, établissement d'enseignement secondaire, fut créé en Novembre 1914 dans une maison de la médina ; enfin la première école de filles ouvrit ses portes en 1927. Actuellement l'enseignement musulman à Fès comporte un Collège Musulman, six écoles de garçons, dont une d'apprentissage, et trois écoles de filles dont une de tapis, près de 2500 élèves en tout, abrités pour la plupart dans des établissement neufs et spacieux pourvus d'un matériel moderne. Néanmoins il reste beaucoup à faire, et la création d'un internat au Collège Moulay Idriss et d'une nouvelle école de garçons dans le quartier de Blida est dès maintenant décidée.
Ces établissements connaissent un succès sans cesse grandissant parce qu'ils sont adaptés du mieux possible aux besoins de la population. L'école professionnelle, installée à proximité de Fès-Djedid a pour clientèle les fils de travailleurs et d'employés qui peuplent en grande partie cette agglomération : elle forme des ouvriers qualifiés dont la valeur professionelle est justement appréciée. Les écoles primaires et le Collège Musulman donnent à la population fassie, artisans, commerçants, élite intellectuelle, la double culture française et arabe qui répond à la formule du Protectorat et qui satisfait les aspirations d'une ville qui, dès sa fondation est devenue et n'a cessé d'être un foyer de science. Une section commerciale à l'Ecole de Lemtiyine, une section horticole à l'école de l'Adoua, une section agricole à la Ferme Expérimentale, permettent en outre aux jeunes fassis d'acquérir sur place les connaissances pratiques dont ils peuvent avoir besoin. Les écoles de filles enfin sont destinées à former des femmes capables de tenir leur rôle dans un milieu qui évolue.
Les programmes correspondent à ce dessein général : les études primaires sont sanctionnées par un certificat d'études qui ne le cède en rien à l'examen européen ; un certificat d'apprentissage consacre la valeur des élèves de l'école d'apprentissage ; dans l'enseignement secondaire, deux examens spéciaux, le certificat et le diplôme d'études secondaires musulmanes sanctionnent la culture mixte des élèves qui ont aussi la possibilité de préparer la première partie du baccalauréat. Actuellement, ces jeunes gens se dirigent surtout vers des carrières d'Etat, puisque l'équipement administratif du Maroc est encore en voie de développement; mais la préparation au baccalauréat donne déjà et donnera plus encore dans l'avenir la possibilité à plusieurs d'entre eux d'accéder à des professions libérales, comme celles de médecin, de juriste, d'ingénieur, et de participer à l'équipement technique de leur pays.
Autour de ces établissements d'enseignement fonctionnent des œuvres périscolaires et postscolaires. C'est tout d'abord l'oeuvre des cantines scolaires qui assure le repas de midi aux enfants nécessiteux des écoles primaires : plus de 300 enfants sont ainsi nourris tous les jours de classe dans les diverses écoles de Fès. C'est ensuite l'inspection de l'hygiène scolaire qui assure la surveillance médicale des écoliers ; un médecin et deux infirmières visitent régulièrement les écoles et assurent les soins qui peuvent être donnés à l'école même, ou bien envoient les enfants à l'hôpital pour les soins spéciaux ; ils contrôlent en outre à intervalles ...

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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 16:59

page 41


- Collège Moulay Idriss à Fès. Groupe d'élèvas avec leurs professeurs.
- Vue générale du Collège Moulay Idriss à Fès.

... réguliers la croissance de chaque enfant. Le Collège Moulay Idriss et plusieurs écoles primaires ont des équipes sportives qui pratiquent le foot-ball, le basket-ball et l'athlétisme. Dans un autre domaine, plusieurs élèves du Collège Moulay Idriss ont formé deux groupes d'art dramatique, l'un de langue française l'autre de langue arabe qui, depuis l'année scolaire 1937-1938 ont travaillé de manière fort intéressante.
Des cours d'adultes sont depuis longtemps organisés dans les principales écoles de la ville et connaissent chaque année un grand succès. Enfin depuis 1919 les anciens élèves du Collège Moulay Idriss se sont groupés en une association qui a pour but le secours mutuel et le développement de la culture sous toutes ses formes; elle organise chaque année des conférences en langue française et en langue arabe qui connaissent un grand succès et collabore de la manière la plus féconde avec la Direction de l'Instruction Publique.
Je ne voudrais pas terminer ce bref exposé sans dire la grande part qui revient aux maîtres de l'enseignement franco-musulman dans l'oeuvre accomplie à Fès: leurs connaissances et leur dévouement, qu'ils fussent français ou musulmans, leur ont valu la confiance des élèves et de leurs familles et leur ont permis d'obtenir les résultats qui viennent d'être indiqués.


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MessageSujet: Fès, capitale de l'Islam.   Sam 22 Fév - 17:02

page 42


- AU SOUK DES POTERIES. Composition de Marcel Vicaire.

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