Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LA PRODUCTION MAROCAINE

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Lun 1 Avr - 19:00



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page de couverture et page 1








- NUMERO 35 - AOUT 1938 -

NORD-SUD

REVUE MENSUELLE ILLUSTREE D'INFORMATIONS MAROCAINES
Fondateur : François BERGER * (1882-1933) - Rédacteur en chef: Louis DELAU * - Administrateur : Johanny PEILLON

LA PRODUCTION MAROCAINE

SOMMAIRE


Couverture d'après une photographie de Denise BELLON.
Textes et Documentation de la Direction Générale des Affaires Economiques, du Service de l'Agriculture et de l'Elevage, de l'Office Chérifien de Contrôle et d'Exportation, de la Direction des Eaux et Forêts, du Comité Central des Industriels et des Chambres de Commerce et d'Agriculture du Maroc

Photos FLANDRIN, CHELLE, RESIDENCE GENERALE, GUEUGNON, SIXTA, GRECK.

Liminaire par Louis DELAU
La Production Marocaine, par M. BILLET, Directeur général des Affaires Economiques.
La Production Agricole, par M. JEAN, Chef du Service de l'Agriculture et de la Colonisation.
L'Office Chérifien de Contrôle et d'Exportation.
L'Elevage Marocain, par le Docteur EYRAUD, Chef du Service de l'Elevage.
Les Eaux et Forêts - Les Produits de la Forêt marocaine.
L'Industrie Marocaine, par M. FRADIN, Président du Comité Central des Industriels.
La Production du Crin végétal, par M. PLAS
L'Evolution Minière au Maroc, par M. Vincent BERGER, Ingénieur des Mines.
La Sardine et l'industrie de la Pêche au Maroc
La Production Artisanale Marocaine
La Région Agricole de Casablanca, par M. Gaston LEBAULT, Président de la Chambre d'Agriculture de Casablcnca
La Production Agricole dans les régions de Rabat et du Rharb, par M. PRIOU, Président de la Chambre d'Agriculture de Robat et du Rharb.
La Région Economique de Meknès, par M. G. AUCOUTURIER, Président de la Fédération des Chambres d'Agriculture du Maroc et de la Chambre d’Agriculture de Meknès
La Région Agricole de Fès, par M. de TOURDONNET, Président de la Chambre d'Agriculture de Fès
La Région de Taza, par M. PIALLAT, Président de la Chambre Mixte de Taza
La Production Agricole du Maroc Oriental, par M. PASCALET, Président de la Chcmbre d'Agriculture d'Oujda.
La Production Agricole du Sud Marocain.
La Production dans les Doukkala, par M. LODENOS, Président de le Chambre Mixte de Mazagan Safi, par M. LEGRAND, Président de la Chambre Mixte de Safi
Mogador, par M. HART DE KEATING, Président de la Chambre Mixte de Mogador.


NUMÉROS DÉJÀ PARUS
1. Safi et sa Région.
2. Port-Lyautey et sa Région.
3. Les villes de la Côte Sud-Marocaine.
4. Meknès et sa Région.
5. Marrakech et sa Région.
6. Fès et sa Région.
7. De Taroudant à Settat.
8.     La Plage et la Montagne.
9.     Le Tour du Maroc.
10. Agadir et le Scuss.
11. Le Maroc Viti-Vinicole.
12    Contrastes.
13. Aux confins du pays Berbère.
14. Les Arts Indigènes au Maroc.
15. Le Maroc Estival.
16. Maroc-Niger.
17. Les Marocains chez Eux.
18. Fruits-Primeurs.
19. Marrakech et le Sud Marocain.
20. Les Tapis Ouaouzguite.
21. Les Goums Mixtes Marocains.
22. Tanger.
23. Maroc 1936.
24. Les Italiens au Maroc.
25. La Française au Maroc.
26. Atlantic Riviera.
27. Fédala.
28. L'œuvre d'éducation et d'enseignement au Maroc.
29. Les Travaux Publics du Maroc.
30. Le Voyage du Maroc.
31. Les P.T.T. au Maroc.
32. Dakar.
33. La Guinée Française.
34. La Côte d'ivoire.


LES EDITIONS INTER-PRESSE
Administrateurs : J. PEILLON et P. BORY — 95, Bd de la Gare — CASABLANCA
C.C.P. 3591 — Tél.: A 52-34 — Boîte Postale 163
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NORD-SUD, revue Marocaine.
A.O.F. Magazine, revue coloniale, patronnée par toutes les Chambres de Commerce de l'A.O.F.
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.....


Les Publicités des pages I à XIV éditées en début de revue sont reportées  en fin de présentation : pages 137 à 139.



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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Mer 9 Avr - 20:39

page 2



LIMINAIRE

Voici un bilan par l'image de la production marocaine.
Il fut un temps, qui n'est pas encore très loin de nous, où la production marocaine n'aurait pu nous offrir que des images peu éloquentes par elles-mêmes et d'un symbolisme bien pauvre. Quelles fermes, quel bétail, quels légumes, quels vergers, quelles orangeries, quels barrages auraient pu être cités et présentés pour donner une idée de ce que serait le Maroc de 1938 ! Pas un de ces éléments cependant, dont l'image ne soit aujourd'hui capable d'étonner même les plus avertis parmi ceux qui suivent l'évolution marocaine ! Et ces images se multiplient en se superposant de la façon la plus inattendue. Le Maroc est à la fois céréaliste et primeuriste ; il produit des cerises et des oranges souvent dans la même région ; il a des promesses minières de toutes sortes ; il exporte ses œufs et ses poissons ; ses forêts lui donnent des bois de cèdre et des lièges ; il fabrique des conserves et des objets d'art, travaille le bois et le marbre, tisse, brode, enlumine, cisèle. Et les images diverses et attrayantes de ces activités multiples donnent une représentation fidèle du Maroc tel qu'il est aujourd'hui.
C'est par étapes successives qu'il est parvenu au point où nous le voyons. Au début, la production n'était pas seulement informe, elle était à peu près inexistante. La première tâche du premier directeur de l'Agriculture fut donc de pousser colons et indigènes à produire, tâche difficile car les colons étaient à peine installés et les indigènes à peine sortis de leur séculaire et méfiante apathie. Ce fut la tâche que remplit M. Malet avec la clairvoyance si nécessaire à ceux qui commencent une grande œuvre, avec l'ardeur désintéressée de ceux qui, sachant bien que les pays neufs dévorent leurs créateurs, n'en préparent pas moins avec tout leur cœur un avenir dont la gloire sera pour d'autres.
La seconde étape fut celle des premiers essais d'organisation. Le travail du pionnier est toujours individuel. C'est sa force au début et c'est sa faiblesse par la suite. Vient l'heure où les efforts particuliers doivent être coordonnés, où la production doit être harmonisée avec la politique générale du pays. Heure difficile, car plus qu'ailleurs, le passage est pénible, dans la vie coloniale, de la liberté à la discipline. Cette étape cependant fut franchie grâce à la souplesse, à la patience souriante, à la courtoise fermeté de M. Lefèvre. C'est au cours de cette seconde étape que sera créé l'Office de Contrôle et d'Exportation qui eut la chance de trouver du premier coup son animateur en M. Raymond Dupré. C'est également à ce stade de son développement que le Maroc agricole bénéficiera, pour l'organisation définitive de son Elevage, de la direction éclairée et énergique du Dr. Eyraud. Le succès obtenu par ce technicien qui sut se montrer un administrateur de premier ordre, ne fait que souligner la valeur et les mérites du premier organisateur de l'Elevage, le Colonel Monod.
Nous arrivons enfin à l'époque actuelle où la production marocaine, sous toutes ses formes, est devenue organique. Qu'il s'agisse du champ, du cheptel, du vignoble, du verger, du potager marocains, il n'en doit rien sortir que de classé et de classé en quantité et en qualité. L'ardeur à l'entreprise, la persévérance dans le labeur sont plus nécessaires que jamais, mais l'ordonnance générale de la production et son harmonisation avec les besoins de la consommation et de l'exportation sont soumises à une autorité désormais chargée d'une nouvelle et d'une plus vaste responsabilité. L'activité productrice est devenue un tout organique qui doit être adapté à la politique générale du Maroc, c'est-à-dire non seulement à sa politique agricole dans le sens le plus large du mot, mais à sa politique indigène, à sa politique financière, à sa politique sociale.
Cette adaptation, cette unification, cette synthèse pratique, en un mot, a été réalisée sous l'autorité de M. Billet qui la maintient par sa ferme direction. S'il est un éloge à faire de lui, l'essor de la production marocaine en sera le principal argument, de même que le plus ancien et non le moindre artisan de cet admirable essor aura été M. Jean, si constamment et volontairement demeuré dans l'ombre où s'accomplit le plus fécond travail. Souhaitons que, le plus tôt possible, le recueil que nous présentons aujourd'hui au public soit dépassé par les événements, grâce à la jeune et vivace activité des gardiens et des contrôleurs de notre économie. C'est le vœu qu'ils nous invitent à former et qui demain sera exaucé.
Louis DELAU



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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Mer 9 Avr - 20:40

page 3



La Production Marocaine

Présenter en quelques lignes l'aspect de la Production Agricole du Maroc, est chose bien difficile. La formule innovée par Nord-Sud qui accorde une large place à l'image permettra à celui qui feuillette cette revue de se rendre compte mieux que par la lecture d'un texte, de ce qu'est l'Agriculture Marocaine. D'ailleurs, on écrit tant et tant et sur tant de choses que l'homme ne peut se pencher sur toutes les publications.
La vue de jolies photographies qui se succèdent comme un véritable film projeté devant ses yeux l'intéressera et éveillera sa curiosité.
Malheureusement, la vision agréable des images qui suivent, ne donnera pas une idée exacte de l'immense effort réalisé par ceux qui se sont attachés à l'œuvre productrice qui commande l'économie de ce pays.
Partant d'un état de chose médiéval, il a fallu étudier, expérimenter, acclimater, adapter en un mot, des techniques particulières aux positions si diverses du Maroc. Cette oeuvre immense, méconnue par ceux qui n'ont pas vécu les étapes de la pénétration française dans l'économie marocaine, n'est pas encore terminée.
Et cependant devant les réalisations déjà obtenues, il convient de rendre un hommage particulier à tous ceux, fonctionnaires, colons, qui ont été les artisans de l'oeuvre magnifique réalisée ici dans ce dernier quart de siècle.
Si la Production Agricole doit procurer au Maroc le principal de l'actif de sa balance commerciale, elle doit assurer avant toute chose la consommation intérieure qui s'accroît d'année en année par suite de l'augmentation de la population. C'est dire l'importance croissante de cette production, la France fidèle au programme qu'elle s'est tracé, s'attachant à développer le bien-être et améliorer les conditions de vie de ses protégés marocains.
Les agriculteurs, les éleveurs, peuvent regarder la vie avec confiance, le champ d'action qu'ils ont devant eux n'est pas borné.
La mise en valeur des nouvelles terres, l'utilisation plus rationnelle des ressources hydrauliques, l'amélioration des procédés culturaux et des méthodes d'élevage, la diversité de plus en plus grande des cultures et enfin la recherche de débouchés nouveaux sont autant de considérations qui doivent guider et encourager leurs efforts.
Le Maroc, pour de longues années encore, sera un pays où les énergies les plus diverses pourront s'épanouir.

BILLET. Directeur général des Affaires Economiques


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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Mer 9 Avr - 20:42

page 4



TYPE DE GRANDE FERME AU MAROC

- Le domaine du Brorah, vu en avion. — Ce domaine situé à Ksiri a été créé par M. Jean Rinieri, On voit, à droite, la maison d'habitation, construction simple, solide, d'où aucun confort n'est exclu. Elle est entourée d'un jardin d'agrément ou abondent les fleurs à la belle saison. Plus au fond, à gauche, les bâtiments d'exploitation, ombragés de grands arbres. Un silo permet la conservation du vert si importante pour la nourriture des bestiaux à la saison sèche. Un peu plus à gauche l'orangerie.
Tout autour de  la ferme,  les terres de grande  culture  céréalière.

- On admirera le bel aspect et la régularité du vignoble Gazagniole à Souk-el-Arba dans le Rharb. Protégée par une haie de cyprès, une petite orangerie marque le centre de cette exploitation modèle.


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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Mer 9 Avr - 20:43

page 5



- 3 moissonneuses batteuses « Case » équipées avec réservoir à grains, Domaine de M. Fabre à Merchouch

LA PRODUCTION AGRICOLE DU MAROC
par M. R. JEAN. Chef du Service de l'Agriculture et de la Colonisation

Lors de l'établissement du Protectorat Français, le Maroc avait la réputation d'un pays uniquement producteur de céréales, marchandise de qualité médiocre au surplus, mal conditionnée, et difficilement exportable. Un tel jugement, fondé sans doute à l'origine, ne correspond plus à la réalité et sa révision paraît aujourd'hui s'imposer.
Certes, le Maroc est, et restera un pays gros producteur de céréales, ce dont il faut d'ailleurs se féliciter puisque celles-ci constituent la base de l'alimentation de la population qui s'accroît régulièrement chaque année de plus de 100.000 âmes.
Le blé tendre, inconnu avant l'occupaticn française, a été l'objet d'une amélioration constante, tant par les travaux de génétique et de sélection poursuivis au Centre de Recherches Agronomiques, que par le perfectionnement des méthodes culturales employées par les colons. A la marchandise hétéroclite du début se sont substitués des lots homogènes de variétés standards, dont les qualités boulangères s'expriment par des signes conventionnels : W - G -, qui auraient fait figure de rébus voici seulement quelques années, et qui sont maintenant familiers à presque tous les céréaliculteurs.
Les mêmes efforts ont été poursuivis dans le but d'améliorer les productions de blé dur et d'orge qui intéressent plus particulièrement les milieux indigènes et dans ce sens, des résultats très satisfaisants ont été enregistrés.
Aux légumineuses cultivées par les fellahs : fèves, pois chiches, l'exploitant européen a ajouté les pois (de semence, de conserve, ou de casserie) culture sarclée et améliorante rémunératrice et constituant par succroît une préparation excellente à la sole de blé.
A côté des vignobles créés par les fellahs, se sont développées les plantations conduites à l'européenne avec des cépages français, et dont les produits sont déjà appréciés hors de nos frontières.
Céréales, légumineuses, vignes, sont, restées longtemps les spéculations - types de la grande culture . L'essor des cultures arbustives et maraîchères, de date plus récente, a dû attendre l'inventaire et !a mise en œuvre des ressources hydrauliques du pays.
Ce travail de longue haleine peut être considéré aujourd'hui comme en partie réalisé. Le pompage est le procédé généralement utilisé pour l'équipement des zones maraîchères, dont les primeurs arrivent sur le marché métropolitain avant les produits similaires nord-africains. Les grands barrages, avec réseaux de séguias bétonnées, ont permis la création de vastes périmètres d'irrigation, tels que celui du Beth, où les plantations arbustives, et plus spécialement les agrumes, semblent appelées à prendre une place prépondérante. Fruits et primeurs sont en passe de devenir un des postes les plus importants du bilan des exportations marocaines.
La valorisation des terres au moyen de l'irrigation, intéresse d'ailleurs les indigènes au même titre que les colons, leur permettant de pratiquer des cultures vivrières qui assurent ...


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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Mer 9 Avr - 20:44

page 6


LES CERISES
- Ce joli fruit, si frais et qui a inspiré tant de joueuses chansons, était à peu près inconnu au Maroc, il y a encore quelques années. Aujourd'hui la culture en est florissante dans la région de Meknès et de Fès et dans les régions montagneuses. L'acclimatation des diverses espèces du cerisier a été étudiée et pratiquée avec succès à Sefrou, dans le Jardin d'Essai qui doit ses plus belles plantations à la science et à l'expérience de M. Bey-Rozet, chef du Service de l'Arboriculture.

LA VIGNE
- Vignes de M, Canitrot à Bou Fekrane.
- Les vignes de M. Gazaniole à Sidi Slimane, dans le Rharb.
- Les vendanges exigent un personnel nombreux et actif qui recueille le raisin abondant dans des corbeilles dont le contenu est versé dans une cuve montée sur camionnette.


... leur subsistance et des cultures fourragères qui sont à la base de toute amélioration, non-seulement d'élevage mais aussi de culture. L'Administration s'est résolument engagée dans cette voie et procède suivant un programme échelonné à l'aménagement de périmètres irrigués où les indigènes sont guidés par des moniteurs chargés de les initier aux méthodes rationnelles de production.
D'encourageantes perspectives se font jour également pour certaines cultures industrielles encore à leurs débuts, mais qui ne risquent pas de mettre en opposition les intérêts marocains avec ceux de la Métropole ou des autres Colonies. Nous citerons : l'orge de brasserie, qui a déjà fait l'objet de contrats d'achat passés par les brasseurs français ; le lin textile, pour lequel une usine de rouissage-teillage vient d'être installée à Casablanca ; le coton, enfin, culture « complémentaire » par excellence, qui, pour peu que la politique impériale s'affirme, paraît destiné à jouer un rôle de premier plan dans les périmètres irrigués, concurremment avec les agrumes dans le Nord et la luzerne dans le Sud. Cette culture qui nécessite notamment une main d'œuvre abondante, semble particulièrement s'adapter à la vie familiale indigène. Elle est en outre susceptible de laisser entre les mains des exploitants une revenu appréciable qui leur permettra d'améliorer leurs moyens d'existence.
Si rapide que soit cette esquisse des possibilités culturales marocaines, elle ne saurait passer entièrement sous silence l'œuvre économique et commerciale qui s'est poursuivie parallèlement aux progrès techniques ; car si produire est bien, vendre est mieux. C'est ce qu'ont parfaitement compris les producteurs eux-mêmes, en se groupant en diverses Coopératives de conditionnement et de ventes : docks-silos, caves etc..., ainsi que les Pouvoirs Publics, lorsqu'ils ont créé les organismes de réglementation et de contrôle général que sont l'Office Chérifien de Contrôle et d'Exportation et l'Office Chérifien Interprofessionnel du Blé.
Ainsi équipé et organisé, le Maroc, pour n'être pas à l'abri des vicissitudes inhérentes aux crises mondiales et qui éprouvent les nations à l'économie la plus solidement assise, n'en a pas moins de sérieux motifs de confiance, voire d'optimisme. Il peut prétendre, dans un proche avenir, justifier son appellation d' « Empire Fortuné ».




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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Mer 9 Avr - 20:46

page 7


- Cerisiers en fleura entre  Meknès  et  Fès
- Verger d'amandiers
- Plantations d'abricotiers dans la région de Béni-Mellal


LES  ORANGES
La culture des agrumes a toujours été chère aux marocains, dont les plantations, bien antérieures aux plantations européennes, se retrouvent dans tout le pays. Elle couvrent encore actuellement près de 1.700 hectares.
Les plantations européennes datent de 1926. En 1938, le domaine de l'orange couvre 5.500 hectares.
La production indigène oscille entre 80.000 et 200.000 quintaux et est presque entièrement absorbée par le marché local.
La production européenne, encore faible, a été de 90.000 quintaux environ pour la campagne 1937-38.
L'exportation de ces fruits, contrôlée par l'Office Chérifien de Contrôle et d'Exportation, s'est élevée, en 1937, à 285.360 colis d'oranges, 100.311 colis de mandarines, 6.183 colis de citrons, 529 colis de pamplemousses.
La répartition des cultures d'oranges sur le territoire du Protectorat est la suivante :
La région du Gharb-Ouezzan représente 35 % de cette répartition ; la région de Casablanca et des Doukkala 13,6 % ; la région as Meknès 13 % ; la région de Rabat    10,8 % ; la région de Marrakech et du Sud 10,5 % ; le Maroc Oriental 10,2 % ; la région Fès-Ouergha 6,9 %.
Les plantations indigènes sont particulièrement développées dans la région de Marrakech et leurs produits ont conservé une réputation méritée. Par contre, les plantations européennes n'y occupent que 400 hectares contre au moins 800 de plantations indigènes.
La plus grosse partie de la production européenne est exportée sur la France, concurremment avec celle de l'Algérie, de la Tunisie et du Liban.
La France a importé en 1936 plus de 3 millions de quintaux d'oranges dont à peine un pour cent en provenance du Maroc, alors que la même année, les exportations de l'Espagne sur la France représentaient 65 % de ce total, celles de l'Italie 5 %. On peut dire qu'actuellement la France, dont la consommation en oranges est moyenne, achète environ 70 % de cette consommation à l'étranger et ne consent à ses colonies qu'une part de 30 %.
C'est assez dire que la production nord-africaine peut augmenter encore dans des proportions considérables sans nuire à personne et en prenant seulement parmi les fournisseurs de la France la part qui lui revient en toute justice.

L'AMANDIER
L'exportation des amandes marocaines a toujours été très active, surtout des amandes douces décortiquées.
En 1937, on a exporté 24.730 quintaux d'amandes douces, dont 7.370 quintaux seulement sur la France, contre 3.758 quintaux d'amandes amères (400 qtx sur la France) .
L'Angleterre, gros client du Maroc, a importé la même année 18.622 quintaux d'amandes et l'Allemagne 1.813.


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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Mer 9 Avr - 20:50

page 8



L'AIDE A LA PRODUCTION
BARRAGES ET SÉGUIAS

- La séguia de Bon Amama, dans le contrôle d'Oujda
- Le barrage de l'oued Beth dont les réserves d'eau vont permettre d'irriguer des milliers d'hectares demeurés jusqu'à ce jour improductifs.
- Une partie de la canalisation par laquelle s'écoulent les 175 millions de mètres cubes de l'oued Beth, accumulés par le barrage d'El Kantara.
- Voici un ensemble de travaux hydrauliques choisis dans le programme très complet que s'est tracé le gouvernement du Protectorat en vue de faciliter le ravitaillement en eau des populations du sud marocain. De bas en haut, nous voyons des bassins de puisage établis, dans le contrôle des Béni Snassen, grâce aux eaux de l'Ain Bessara ; plus haut, un abreuvoir-lavoir construit dans le contrôle de Guercif ; enfin une vue de la Séguia des Ouled Salat, dans le même contrôle.


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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Jeu 10 Avr - 6:30

page 9


- Le grand barrage des Béni Amir
- Fermes et cultures indigènes dans la région de Berkane
- Deux types d'exploitations d'agrumes : à gauche, une orangerie indigène dont les arbres mal taillés et mal soignés poussent selon leur fantaisie, produisant an petit nombre de fruits de qualité commune, à droite une orangerie moderne, récemment installée dans la région de l'oued Beth.

LA  POLITIQUE DE L'HYDRAULIQUE DANS   LE   BLED  MAROCAIN

Fixer au sol les tribus pacifiées a toujours été le but essentiel de la politique française. La culture sédentaire est la base de la paix et de l'ordre. La pacification achevée, la même politique est poursuivie, non plus cette fois pour arracher les tribus au nomadisme, mais pour les défendre contre l'attrait des villes et contre les aléas de la vie prolétarienne, vie facile mais dans laquelle l'individu est dangereusement déraciné. Donner de l'eau au bled, c'est assumer au fellah sa sécurité et la subsistance de sa famille. C'est pourquoi le grand effort des Services du génie rural porte en ce moment non seulement sur la création de grands barrages, mais comme on le voit ici, sur l'utilisation des moindres ressources hydrauliques de chaque région.


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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Jeu 10 Avr - 6:31

page 10


- Triage des tomates et leur mise en cageot à la ferme Camisa (Fédala)(Photos Flandrin)

EMBALLAGE ET EXPEDITION DES  TOMATES

Les directives de l'Office Chérifien de Contrôle et d'Exportation, en ce qui concerne le triage, le calibrage et remballage des tomates,
sont suivies à la lettre par les exportateurs du Maroc. Ainsi les arrivages du Maroc jouissent-ils d'une grande faveur en France et dans tous les pays étrangers.
A l'arrivée au port, les cageots sont contrôlés avec soin par les représentants de l'O.C.E. car il importe, pour le bon renom du Maroc, qu'aucun produit de qualité inférieure ou seulement médiocre ne soit expédié.
L'embarquement des colis est rapidement effectué grâce à l'outillage perfectionné du port de Casablanca qui permet de remplir en quelques heures les cales des plus gros navires.
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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Sam 12 Avr - 9:18

page 11


- M. Raymond Dupré. (Photos   Flandrin)

L'Office de Contrôle et d'Exportation

Cet Office a été créé en 1932 sous l'empire des préoccupations que causaient au commerce la multiplication et la diversité de la production marocaine. En quelques années, grâce à l'activité remarquable de son Directeur, M. Raymond Dupré, cet Office a réussi à définir pour chaque variété les productions exportables et à assurer le respect des standards par une réglementation rigide et acceptée de tous.
Le succès obtenu par les méthodes et l'action de l'O.C.E. a valu à cet Office d'être cité en exemple dans le rapport ministériel adressé le 27 août 1937 au président de la République et dont voici les termes :
Les réalisations effectuées dans le domaine des produits coloniaux destinés à la Métropole sont concluantes. Les produits portant, par exemple, la marque de l'O.C.E. bénéficient actuellement, sur tous les marchés, d'une prime de qualité qui n'a certainement pas été sans apporter à la production marocaine de substantiels avantages.


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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Sam 12 Avr - 9:19

page 12


- Les orangers en fleurs an domaine de M. Lazard Peilion à Sebaa-Aioun
- Les orangers du Domaine Lazard Peilion à Sebaa-Aioun

LE MARCHE FRANÇAIS DE L ORANGE EN 1937

Les importations d'oranges sur le marché français en 1937 ont été de 1.886.949 quintaux, en baisse de 427.000 quintaux sur celles de 1936 qui s'étaient élevées à 2 millions 313.950 quintaux. Leur valeur est passée de 258 millions de francs à 291 millions de francs, soit un tonnage, pour 1937 de 81 % de 1936, et une valeur clé 112 % en 1937 par rapport à 1936.
Le prix moyen du quintal d'importation ressort à 154 francs en 1937, contre 111 francs en 1936.
L'Espagne reste toujours le principal fournisseur de la France avec 1.008.000 quintaux en 1937, contre 1.766.000 en 1936, soit une diminution de 758.000 quintaux.
L'orange est devenue un fruit indispensable à la consommation française. Les pays d'Afrique du Nord ont bénéficié de cette situation :
- voir le tableau ci dessus.


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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Sam 12 Avr - 9:20

page 13


A signaler par contre, le recul important des Etats-Unis 4.000 quintaux en 1937 contre 127.000 en 1936 ; Brésil, 53.000 contre 58.000.
La progression des importations en provenance de l'Italie, de la Palestine et du Liban, engagent particulièrement l'avenir, car l'Espagne conservant du fait des accords, son potentiel d'exportation, les importations étrangères risquent d'être considérables lorsque l'Espagne sera en mesure de reprendre ses exportations.
Cependant, il y a lieu de remarquer que par suite d'une demande pressante des producteurs de fruits métropolitains en France, des producteurs de bois et peut être de certains pays concurrents, le Gouvernement Français serait décidé à rendre obligatoire, d'une façon définitive, l'emballage en caisses clouées des oranges d'Espagne exportées sur la France.
Jusqu'ici les exportations d'oranges d'Espagne étaient effectuées dans la proportion de 92 % par chemins de fer, en vrac, d'où prix de revient inférieur et possibilité d'utiliser en poids net la totalité du contingent. La tare représenterait pour l'Espagne une perte approximative de tonnage net de 400.000 quintaux pour une année normale.
Voici un fait dont les agrumiculteurs de l'Afrique du du Nord devraient bénéficier logiquement à l'avenir pour peu qu'ils s'imposent. L'ensemble représentant une tare de 15 à 20 % qui majorerait d'autant les frais de transport, alors que les prix de revient au départ seraient déjà grevés du prix de la caisse et de la main-d'œuvre. Il est à peu près certain que l'Espagne cherchera d'autres marchés.
Voici pour l'ensemble de la consommation des agrumes en France comment évolue le marché français depuis 1929 : - voir tableau ci dessus.

Les années 1936 et 1937 peuvent être considérées comme des années de sous consommation du fait d'un approvisionnement réduit en provenance de l'Espagne, et sans risque d'exagération, le potentiel de la France peut être évalué à 4.000.000 de quintaux d'agrumes. Cette consommation reste bien entendu fonction de la qualité d'une bonne répartition et du bon cadencement des livraisons. On peut considérer que pour le Maroc, ces problèmes sont résolus du fait même des efforts poursuivis dans ce sens par l'O.C.E.

IMPORTATIONS D'ORANGES EN FRANCE EN 1936 ET 1937
I Photo Flandrin)
Quantités importées en quintaux : - voir tableau ci dessus.




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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Sam 12 Avr - 9:21

page 14


LES GRANDES CAVES MAROCAINES

- Caves de M. Pierre Grand à Boulhaut
- La cave coopérative des Ait Souala, dans la région de Meknès
- La cave coopérative des Beni-Snassen où sont produits les excellents vins du Maroc Oriental
- La Crozière, le beau domaine de M. Henri Croze, dans les Zaërs, dont les vins sont réputés à l'envi de meilleurs crus marocains


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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Sam 12 Avr - 9:22

page 15


- Cave du domaine de Chérika (région de Meknès), appartenant à MM. Bonnel et Desurmont.
- Une vue des caves bien connues de M. Pagnon, à Meknès, dans lesquelles est vinifié le fameux « Toulal ».
- Vue d'ensemble des caves coopératives de Meknès
- L'imposante nef de la Coopérative Vinicole de Meknès

LE PROBLÈME DU VIN MAROCAIN
La consommation intérieure du Maroc atteint environ 400.000 hectolitres de vin par an. Si le Maroc était un pays où la vigne vînt difficilement tout le problème serait d'arriver à produire cette quantité nécessaire. Tout au contraire, le Maroc est un pays de vigne et la facilité avec laquelle se sont multipliées les plantations a mis en échec les conseils de restrictions qui ont été donnés aux colons dès l'apparition des premiers vignobles. C'est que la restriction apparaissait comme une mesure contre nature qui n'a pu obtenir quelque effet que quand il a été prouvé qu'en fait le Maroc ne pouvait ni par la consommation, ni par l'exportation, épuiser sa production.
Actuellement le Maroc possède 24.000 hectares de vignes, capables de produire 800.000 hectolitres en moyenne. Le problème vinicole se réduit donc à chercher les débouchés annuels pour environ 400.000 hectolitres.
L'exportation est encore loin d'apporter une solution suffisante à ce grand problème. Cependant, après avoir exporté un peu moins de 20.000 hectolitres en 1935, le Maroc est parvenu à en exporter près de 90.000 en 1936. La récolte de 1937 n'ayant pas permis de satisfaire à toutes les demandes, l'exportation n'a été cette année que de 55.000 hectolitres. Les principaux clients du Maroc pour le vin ont été, en 1937, la Belgique (17.000 hl.) Tanger (7.700 hl.) la Suisse (5.000 hl.) L'A. 0. F. (8.000 hl.) le Cameroun (754 hl.) le Mexique (490 hl.) la Nigeria anglaise (356 hl.) l'Angleterre (175 hl.) Gibraltar (225 hl.) la Hollande (214 hl.).
En résumé, 21.386 hl. ont été exportés en France pour réexportation; 32.000 hl. ont été exportés à l'étranger et 2.055, dans les colonies et protectorats français.


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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Sam 12 Avr - 9:25

page 16


- Magasins de la Coopérative Indigène de Fès

LES COOPÉRATIVES INDIGÈNES DE BLÉS

Le producteur indigène, toujours isolé et pressé par ses besoins d'argent, sera normalement le principal bénéficiaire de la stabilisation des cours tentée par l'Office Chérifien Interprofessionnel du Blé, à la condition toutefois qu'il soit assuré de trouver preneur pour son blé, au prix fixé.
Cette dernière considération a entraîné la création des Coopératives Indigènes de Blés, dont le rôle est d'assurer l'achat, le stockage, le conditionnement et la revente des blés indigènes.
Ces coopératives, créées par le Dahir du 24 Avril 1937, groupent non des individus, mais des Sociétés Indigènes de Prévoyance. A ce jour, 11 Coopératives ont été créées, groupant 33 Sociétés Indigènes de Prévoyance situées dans le rayon d'action de l'Office du Blé. Leur capital social, d'un montant global de 2.200.000 francs (200.000 francs par Coopérative), a été constitué par des subventions de l'Etat.
Il est à peine besoin d'indiquer que les Autorités de contrôle accordent tout leur appui à ces organismes, au fonctionnement desquels elles prennent, à tous les échelons, une part active.
Grâce à cette aide, les Coopératives ont pu installer 18 centres de stockage des grains et se rapprocher des producteurs indigènes en ouvrant plus de 121 centres d'achat. On peut considérer que ces organismes sont ainsi représentés sur tous les centres importants de transactions céréalières.
L'objet essentiel des Coopératives est de faire bénéficier le producteur indigène, grâce à une vaste politique d'achats directs, des prix rémunérateurs fixés par l'Office du Blé.
Elles se proposent aussi d'autres buts :
— assurer l'approvisionnement des S. I. P. en grains de semences,
— stocker des réserves de grains destinées à l'alimentation des miséreux secourus ou à la revente au consommateur.
En 1937, les Coopératives ont reçu le minimum d'équipements nécessaire à un fonctionnement normal. Elles ont, au cours de la campagne, manipulé les quantités de grains suivantes :
Achats directs aux producteurs 1 1 1.710 qx
Agréage et transit des grains de semences destinés aux S. I. P 300.909 qx
Agréage et transit des grains destinés à l'alimentation des miséreux 142.050 qx
Stockage de céréales de consommation .... 50.000 qx
Total : 604.669 qx
Ainsi, dès leur première année de fonctionnement, les Coopératives ont rempli fidèlement leur rôle.
Le chiffre très modeste des achats directs aux producteurs ne doit pas laisser penser que les Coopératives ont failli à leur mission essentielle de soutien des cours. La faiblesse des achats s'explique, en effet, aisément par la réserve où s'est tenu le producteur lui-même, désireux, après plusieurs récolte déficitaires, de reconstituer ses stocks. Mais, la présence constante des agents des Coopératives indigènes, sur tous les souks importants donne la certitude que le producteur a toujours eu la possibilité de recevoir une somme égale ou supérieure au prix fixé.
En 1938. Les Coopératives ont repris leur activité avec des moyens accrus en magasins, en outillage, en équipement. Les S. I. P. ont commandé 70.000 quintaux de blé dur et 110.000 quintaux d'orge de semence aux Coopératives. Ces dernières procèdent également à l'achat d'orges pour l'assistance aux miséreux. Elles participent, enfin, à la constitution d'un stock de sécurité de blé dur et d'orge de consommation.
Ces opérations leur donnent le moyen d'intervenir utilement (en dehors des achats de blé tendre qui constituent leur fonction première) pour soutenir les deux produits essentiels de l'agriculteur indigène.
En cours de campagne, au 15 Août 1938, les Coopératives avaient déjà acheté directement au producteur environ 350.000 quintaux, ainsi répartis :
Blé tendre 185.000 qx
Blé dur 20.000 qx
Orge 145.000 qx
Ces chiffres mesurent les progrès réalisés depuis un an et ceux que l'on est en droit d'espérer pour l'avenir. Ils soulignent à quel point ont pu s'intégrer à leur vie rurale ces organismes coopératifs à l'égard desquels les fellahs nourrissaient, tout d'abord, certaines appréhensions, mais dont ils n'ont pas tardé à comprendre tous les avantages.
Dans l'avenir, le rôle économique et social des Coopératives indigènes dépendra en grande partie du succès de plusieurs mesures actuellement à l'étude telles que :
— la généralisation de l'octroi, par les S. I. P., des crédits de campagne,
— la production, par les Coopératives indigènes, des semences sélectionnées,
a la faveur desquelles les Coopératives s'élèveront au-dessus des considérations purement commerciales, pour collaborer résolument au relèvement progressif de l'agriculteur indigène.
En ce qui concerne la direction de ces organismes coopératifs, elle ne pouvait être conçue, dans les débuts, que sous l'autorité administrative, avec l'aide des conseils désignés par les sociétaires, coopérant à la gestion et s'initiant à celle-ci.
La formule coopérative intégrale pourra être envisagée !e jour où le fellah aura non seulement compris les avantages de la coopération, mais, où il considérera l'organisation coopérative comme sienne et, par conséquent, inséparable de ses intérêts.


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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Sam 12 Avr - 9:26

page 17


- UN BEAU TROUPEAU DE VACHES CHAROLAISES A LA FERME EXPÉRIMENTALE D'AIN DJEMA
- Le Docteur Eyraud, directeur du Service de l'Elevage
- TROUPEAU EN PÂTURE DANS LE MOYEN-ATLAS, A L’ORÉE DE LA GRANDE FORET.

L'élevage marocain

La production animale constitue une des ressources les plus importantes du Maroc.
On peut en estimer la VALEUR à PLUS de 2 MILLIARDS DE FRANCS et le RAPPORT ANNUEL à 700 MILLIONS
Le Service de l'Elevage à qui est confiée la tâche de défendre et de valoriser cette richesse poursuit un triple but :
— LA CONSERVATION,
— L'AMELIORATION,
— LA COMMERCIALISATION DU CHEPTEL.


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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Sam 12 Avr - 9:27

page 18


- TRAITEMENT DE MALADIES PARASITAIRES INTERNES.
- Le Dr. VELU. directeur du laboratoire du service de l'Elevage fait lui-même à un mouton une injection de Pyréthrines.

LA CONSERVATION DU CHEPTEL

LE LABORATOIRE DU SERVICE DE L'ELEVAGE
Ce laboratoire, fondé dès le début du Protectorat, a pris, sous la direction du Dr Velu une très large extension. La protection du bétail est, au Maroc, une des questions des plus difficiles et des plus complexes en raison des habitudes de négligence qui se sont répandues au cours des siècles parmi les populations agricoles et qui ont eu pour première conséquence la dégénérescence du cheptel indigène et le développement rapide des affections microbiennes. Sous l'impulsion scientifique du Dr Velu à qui le Maroc doit tant et qu'il vient de perdre au moment où sa science et son expérience lui étaient si nécessaires, et sous la direction ferme et éclairée du Dr Eyraud, chef du service de l'Elevage, ce laboratoire a été le précieux et indispensable auxiliaire de l'oeuvre de régénération du cheptel marocain.
La conservation du cheptel est assurée par une lutte permanente contre les épidémies et les maladies de toutes sortes qui décimaient autrefois les troupeaux.
Cette lutte est organisée systématiquement grâce à un Laboratoire Central de Recherches, chargé de l'étude de la pathologie marocaine et de la mise ou point des traitements les plus rationnels et à un personnel technique composé de Vétérinaires Inspecteurs et d'Agents d'Elevage.
Au cours de l'année 1937, le laboratoire a examiné 1.793 demandes de diagnostics et procédé à 672 analyses chimiques.
Les travaux de recherches ont porté principalement sur : la prophylaxie de la dourine ; la chimiothérapie de la gourme ; la pathogénie et l'habronémose chez les équidés ; la brucellose et l'emploi des injections du brucella ; la prophylaxie de la strongylose pulmonaire par les pyréthrines ; l'étude de la valeur alimentaire du pâturage marocain; la production laitière.
 voir GRAPHIQUE DES VACCINATIONS D'ANIMAUX ci dessus.

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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Lun 14 Avr - 7:52

page 19


- Organisation d'un bain parasiticide à Azrou, dans la grande région des pâturages de l'Atlas.
- La pratique des bains contre les parasites externes a été étendue an cours de l'année 1937. Cinq bains ont été construits à Mesguitten, Azrou, Khénifra, Bekrit, Aïn Leuh. Au cours de cette année, 47 installations ont fonctionné et 1.239.963 ovins et caprins ont été
baignés.

PROTECTION DES MOUTONS CONTRE LES PARASITES
Le bain est préparé dans un étroit passage à l'entrée de la bergerie. Tout le troupeau est obligé de traverser cette sorte de canal où il s'imprègne de ferments préservatifs dissous dans l'eau.

GRAPHIQUE DES BAINS PARASITICIDES : voir tableau ci dessus.

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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Lun 14 Avr - 7:58

page 20


- Le cactus inerme fournit en été une nourriture abondante, désaltérante et sans danger pour les bestiaux.
- A la ferme expérimentale d'Aïn Djemaa, un paddock a été planté de kikuyu, ou toute l'année le troupeau charolais trouve une herbe fraîche et abondante.
- Le beau troupeau ovin de la ferme Priou, Sidi Slimane

AMÉLIORATION DU CHEPTEL

L'amélioration du cheptel porte sur la qualité. Elle est obtenue par une transformation progressive des conditions d'alimentation et d'habitat : régénération des pâturages, création d'abris, aménagement de points d'eau. Elle est poursuivie par l'application des méthodes zootechniques appropriées telles que castrations, sélection, croisements.
RÉGÉNÉRATION DES PÂTURAGES
Le service de l'Elevage a produit un gros effort de vulgarisation des cultures fourragères, en particulier de la luzerne dans les lots irrigués de le vallée de l'Oum-er-Rebia. Sur la côte, les surfaces consacrées à la culture de la luzerne, du kikuyu, du bersim et de la betterave s'étendent. L'utilisation des merjas pour la production rationnelle du fourrage est étudiée dans le Gharb.



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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Lun 14 Avr - 8:03


Veuillez patienter le temps du chargement des fichiers photos

page 21


- L'abri naturel à l'ombre des pins et des eucalyptus, dans la région de Meknès.
- Abri   australien   (murs   en   étoile)   donnant   de   l'ombre   tout   le jour sur l'une ou l'antre de ses faces.
- Une bergerie à Taourirt
- Type de bergerie indigène dans le bled, avec l'abri recouvert de chaume  et la  murette  de  protection.  Dans  la  montagne,  ces  abris sont nécessaires et suffisants pour protéger les animaux contre la neige et les longues pluies d'hiver.

LES TROUPEAUX ABRITES


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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Lun 14 Avr - 8:10

page 22


- Type de vache tarentaise acclimatée au Maroc

L'ACCLIMATATION DES RACES IMPORTÉES
UN TROUPEAU DE VACHES IMPORTÉES DE LA VALLÉE DE LA TARENTAISE
C'est une race de petite taille, rustique, bonne laitière. Cette race s'apparente curieusement, par la forme et par la couleur de la robe, à un race de vaches marocaines bien connue et très recherchée, la race d'Oulmès, qui fournit également de bonnes laitières et des veaux de qualité. Le croisement des vaches d'Oulmès par des taureaux de Tarentaise a donné d'excellents résultats en augmentant la rusticité de la race tarine et en améliorant le rendement de la race d'Oulmès. La ferme expérimentale de Meknès possède aujourd'hui un troupeau de vaches croisées qui, pour l'aspect extérieur, se distinguent à peine des vaches pures.

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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Lun 14 Avr - 8:18

page 23


- Faraud, taureau tarin né à la ferme de Khémisset, de père et de mère purs tarins, importés de France.

TROUPEAU DE VACHES SCHWITZ CONSTITUE A LA FERME EXPÉRIMENTALE DE SIDI SLIMANE
L'acclimatement de la race Schwitz a été tenté dans la région du Gharb. L'irrigation par les eaux de l'oued Beth dont le barrage d'El Kantara a recueilli la masse imposante, a permis de créer dans cette région des luzernières pour l'alimentation de ce bétail de choix

GRAPHIQUE DES CASTRATIONS : voir tableau ci dessus.
La castration est à la base de la sélection puisqu'elle élimine de la reproduction les mâles défectueux. Elle augmente en outre la valeur commerciale des sujets traités. En 1937, malgré l'épizootie de fièvre aphteuse, 115.072 animaux ont été castrés, contre 81.962 en 1930, 77.684 en 1935 et 59.730 en 1934. Ces nombres, ne représentent que les castrations opérées sous le contrôle des inspecteurs du Service de l'Elevage.



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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Lun 14 Avr - 8:23

page 24


- Le magnifique reproducteur zébu de la ferme expérimentale de Fès.
- Troupeau de vaches zébu de pure race à la ferme expérimentale de Fès.

CROISEMENTS
Le croisement des bovins marocains par le zébu de l'Inde a pour effet de revigorer la race et de lui donner une plus grande résistance aux maladies en particulier à la piroplasmose.
Le troupeau zébu de l'Inde a été constitué en 1930 à la Ferme expérimentale de Fès ou il prospère. Il est une pépinière de géniteurs pour les colons et il sert également à des essais de croisement avec d'autres races importées ou même avec la race du pays. On voit ici un lot de tourillons croisés zébu-charolais.

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MessageSujet: LA PRODUCTION MAROCAINE   Lun 14 Avr - 8:31

page 25


- Mérinos de la ferme  de Fès.
- Jeunes   antenais   mérinos-précoces   de   la  ferme   de   Khémisset
- Jeunes antenais  du  Tadla,  élevés  à la ferme  expérimentale  de Dur Ould Zidou
- Chèvres angoras de race pure de la ferme expérimentale de Khémisset. Au cours  de  l'année  1937, 8  boucs et 24  chèvres de  cette race  ont été  importés du Cap.
- Croisement   de   chèvres   marocaines   par   la race  angora.  On  voit  ici les  produits  tout blancs (50 %  angora) des chèvres marocaines toutes noires.

AMÉLIORATION DE LA RACE  OVINE
L'amélioration de la race ovine locale s'est faite d'abord par la sélection des races ovines marocaines intéressantes. Cette action qui tend à la poursuite du type de moutons d'exportation s'exerce en particulier dans la Haute Moulouya, le Moyen Atlas et le Tadla.
D'autre part, la race Mérinos-Précoce est entretenue dans les stations d'élevage de Khémisset, de Fès, d'Oujda et de Marrakech. Des géniteurs bien conformés et bien acclimatés sont distribués aux membres du Syndicat d'Elevage qui obtiennent des produits très améliorés tant au point de vue viande qu'au point de vue laine.
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