Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Sam 1 Déc - 15:35



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page de couverture



AU MAROC INCONNU
DANS LE HAUT-ATLAS ET LE SUD MAROCAIN

Texte de jacques FELZE
Illustrations de Th. J. DELAYE

Préface de J. LADREIT DE LACHARRIERE



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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 9:31

page 4



- Asni et l'Atlas.


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 9:34

page 5






LE HAUT-ATLAS. L'ANTI-ATLAS ET LA VALLÉE DU DRA.


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 9:36

page 8



NID D'AIGLE DU GONTAFI. KASBAH DE TAGONTAFT.


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 9:39

page 9



- Décor d'un tapis ancien de l'Atlas.

PRÉFACE

NULLE part plus qu'au Maroc ne se mesurent mieux, à côté de multiples avavantages, les inconvénients des voyages rapides qui, d'un point à un autre du bled, transportent des passants. Les touristes pressés veulent voir le maximum dans le minimum, de temps. Un fellah entrevu à travers la vitre d'une auto un cinquantième de seconde, qui fige moins qu'il ne fixe un paysage, et le touriste quitte le Maroc, rapportant des souvenirs suffisamment confus et charmés pour que s'enrobent dans leur imprécision les appréciations erronées recueillies en courant.
Mais tous les voyageurs n'ont pas l'excuse d'être touristes, et certains prétendent en quelques semaines — voire en quelques jours — donner du pays une impression exacte. Ils la développent en volumes ou en reportages d'autant plus nocifs que le talent des auteurs est plus brillant et généralise le détail extrême et exceptionnel, mieux fait que la réalité moyenne pour frapper les lecteurs.
La bibliographie marocaine est remplie de publications qui prétendent à la synthèse, en toute bonne foi souvent, mais dont est exclu ce sens du relatif, ...


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 9:43

page 10



... délicat à garder lorsqu'il s'agit surtout du milieu maghrébin si différent du nôtre.
Heureusement, articles, volumes, sont souvent simples déjeuners de soleil... Mais un seul déjeuner ne peut-il empoisonner ?
Ce livre-ci est d'une tout autre nature. Les auteurs ont eu non seulement l'occasion professionnelle de pénétrer dans les divers milieux marocains, mais aussi la patience, qui est méritoire après les fatigues de l'étape, de noter leurs impressions ou de silhouetter la nature et les hommes. Comme ils ont à plusieurs reprises suivi les mêmes sentiers, ils ont pu redresser les remarques premières, retoucher les esquisses et comme ils ont vécu des mois dans le pays qu'ils parcouraient ils en ont approfondi les caractères. Un risque à courir : la monotonie! cette monotonie des longues journées dans un paysage d'apparence toujours identique, au milieu de populations qu'on croirait à première vue singulièrement semblables. Ce risque, ils l'ont évité grâce à la durée du contact pris avec l'ambiance particulière, grâce aux occasions qui se sont multipliées pour eux d'assister à des spectacles, variés de tout ordre.
Aussi ce volume est-il plein de descriptions écrites ou dessinées de villages et de kasbahs, de souks et d'ahidous, d'ascensions vers les cimes ou de randonnées à travers les plaines infinies. Et Dieu sait combien innombrables les sujets que présentent à l'étude ces régions du Haut-Atlas et du sud marocain dans lesquelles ont, pour notre plaisir comme pour notre enseignement, évolué les auteurs.
Une de leurs préoccupations dans ce livre a été de ne pas s'emprisonner dans le présent. On a pu dire avec juste raison que ce Maghreb el Aksa était immuable — entendez bien que son évolution s'accomplit à un rythme infiniment plus lent que le nôtre, et avec un décalage plusieurs fois séculaire par rapport à nous. Si ce ralenti dérange nos habitudes de penser et rend difficile la perception des ensembles, le décalage fournit par contre à tout esprit avisé une source d'information du plus haut intérêt, puis qu’aussi bien il est possible de recourir à l'histoire pour trouver des avertissements et des informations utilisables sans encourir le péril de transpositions erronées. Jacques Felze ne manque aucune occasion de demander au passé la confirmation de son impression présente.
Ces préoccupations ajoutent des valeurs inaccoutumées au prix de l'ouvrage, d'abord la mise au point des hommes dans le paysage, ensuite le souci de pénétrer la mentalité de la population. Tout cela réalisé avec prudence, sans désir d'échafauder des théories systématiques et fausses, mais dans le simple dessein, en notant les nuances, d'apporter une contribution à ...


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 9:46

page 11



... la meilleure connaissance des milieux rencontrés. Ce n'est point si commun.
Le Maroc souffre de l'ignorance que les déplacements d'autrefois épargnaient au voyageur : longues routes au cours desquelles on causait avec ses compagnons, avec les passants croisés sur la piste, avec l'hôte dont le Marhababik sympathique ou forcé terminait l'étape. Et puis la fatigue à effacer obligeait à des arrêts plus longs, dont l'inconfort se faisait vite oublier devant l'abondante récolte des détails et des précisions que valait la durée du séjour. Parfois des sympathies s'affirmaient en menus services réciproques, des amitiés naissaient qui duraient, ébauchant ainsi entre individus l'union entre protecteurs et protégés, objet même de toute action colonisatrice.
Ce livre-ci apporte dans une forme heureuse, facile, claire, sans prétention, ce qui manque à de trop nombreuses publications enthousiastes par mirage, ou dénigrantes par incompréhension. Ayant repris l'ancienne caïda des voyages maghrébins, les auteurs offrent la moisson de leurs remarques. Ils disent les hommes et les choses, et la simplicité de leur : " J'étais là; telle chose m'advint ", fait que nous croyons y être nous-mêmes.
Un livre qui, outre son intérêt propre, est précieux pour notre Maroc.
J. LADREIT DE LACHARRIERE. Secrétaire Général de « l'Afrique Française ».


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 9:52

page 12



LES TOMBEAUX SAADIENS A MARRAKECH.


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 9:53

page 13



- Schéma d'habitations du Haut-Atlas.
- Fibules berbères.


INTRODUCTION
ON a pu dire et écrire avec raison que la terre est, aujourd'hui, entièrement connue, qu'il est vain d'espérer y découvrir encore de nouveaux territoires. Il y a quelques années déjà le titre mi-désabusé, mi-ironique de l'ouvrage de l'un des plus lus de nos écrivains d'après-guerre semblait dire au public : n'espère plus dans les images de la Terre pour apaiser tes rêves, ta curiosité, tout t'est connu ou aisément connaissable et, d'ailleurs, partout tu trouveras des hommes assez semblables à toi-même, ou qui se hâtent de le devenir. On a pu dire et écrire cela avec raison, puisqu'il suffit, pour parcourir la Terre de ...


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 9:55

page 14



... « tantôt pédaler sur les latitudes (baissant la tête aux courants d'air des grands tournants : Aden, Manille, Cap Horn, Dakar), tantôt se laisser glisser jusqu'au bas des longitudes lisses (1) ».
Il est certain que le paquebot de grande ligne, le pullman, l'avion, nous transportent en quelques semaines, en quelques jours, demain en quelques heures, d'une ville à une autre du globe. Et dans ces villes, hier encore lointaines, de quoi pourrions-nous donc rassasier notre puérile curiosité ? De semblables hôtels nous attendent partout, de semblables automobiles, de semblables routes; mais au confort que représentent ces routes, ces automobiles, ces hôtels, nous sommes justement attachés. Alors, les tenants attendris de la couleur locale s'en vont déplorant qu'un Chinois, qu'un Cafre, qu'un Arabe, s'habillent à l'européenne, qu'un chamelier de la Jemaa el Fna répare ses belghas avec des morceaux de pneus Michelin, se disposant ainsi à imprimer, non pas sur le sable des pistes, mais sur les bas-côtés de la route bien entendu, une réclame bénévole pour notre industrie. On visite cependant des palais, des tombeaux indigènes, des temples de cultes exotiques qui se dressent sur un ciel toujours trop semblable au nôtre et tout tendu de fils télégraphiques. On y passe très vite, on écoute, béatement incompréhensif, ou bien distrait, les explications d'un guide tellement lassé de son vain métier que le malin plaisir de suggérer l'erreur doit en être, pour lui, le dernier attrait. On a tout vu avant d'avoir rien regardé. Qu'est-ce que nos capitales, nos livres et nos photographies ne nous ont pas montré, d'ailleurs. Les moins préparés à comprendre se hâtent d'admirer et l'on se repasse des phrases toutes faites. Parfois aussi on en risque de nouvelles, et des comparaisons. Alors, ces gens de bonne volonté s'étonnent d'une magie qui, peu à peu, les entoure et glisse entre eux-mêmes et le décor anachronique un voile de charme. Magie sonore et visuelle des mots, ici illogique, fragile, où le cœur a moins de part qu'une sensualité vague et à fleur de peau. On répugne à l'effort, on retourne, avec légèreté un peu grisé et satisfait, vers le luxe et le confort à portée de la main habituée.
Il est aisé de voir un pays comme l'on voit un film,il est dur d'aimer un pays. Il y faut une longue patience et un certain don de soi. Les plus belles images sont loin, même si elles sont à portée de notre regard et tout ce qui ne s'acquiert pas par la recherche et l'effort consenti n'est que vertige des yeux, ronronnement de l'esprit et du cœur auxquels nous prêtons de moins en moins d'attention.
La rédaction de la carte du Maroc nous a obligés, illustrateur et auteur ...
(1) Paul MORAND : Rien que la terre.


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 9:58

page 15



... du texte, à nous pencher attentivement sur le pays ; l'un de nous courant le bled pour y déterminer soit par les procédés de l'astronomie soit par ceux de la géodésie, un réseau de repères précis; l'autre en dessinant l'image vivante. Certes, il nous a fallu dégager l'intérêt que nous portions à ce pays d'un terre à terre qui aurait pu rebuter une tentative d'expression artistique. Pourtant dans ce terre à terre il y avait une source vivifiante pour l'émotion. Et, de circonstances que certains eussent jugées pour eux défavorables, nous avons retiré notre joie. C'est à partager celle-ci que nous voudrions convier nos lecteurs.
A peine deux mille kilomètres séparent, à vol d'oiseau, le centre du Maroc de Paris. Cent ou deux cents kilomètres plus au sud et nous sommes sur le revers méridional de l'Atlas, au cœur d'un pays dont la première impression qu'on en reçoit est d'aridité, de désolation. Ce pays, un observateur non prévenu qui le survolerait en avion pourrait le croire très vieux, mort, ou, aussi bien, très jeune, encore vierge. Avec un peu d'attention, cependant, il y découvrirait, auprès de minces rubans verts, des schémas d'habitations, de villages, tout confondus avec l'ocre ou le gris noirâtre du sol et que, seules, des ombres délimitent d'un cerne légèrement bleuté. Regardant mieux encore, il suivrait, fugaces à travers l'air vibrant de lumière, de capricieuses lignes qui s'inscrivent en estompes blanchâtres sur le flanc des montagnes et sur les plaines dénudées : réseau ténu des pistes, voire des quelques routes qui sont les témoignages émouvants de notre récente pénétration et par lesquelles s'effectuent les échanges humains, circule la vie, s'anime ce pays.
Quoi qu'il en soit, j'ai limité ce recueil de mes souvenirs du bled au sud marocain occidental ; d'abord parce que je le connais mieux que tout autre région et aussi parce que les limites que je me fixais ainsi permettaient une plus grande variété dans les paysages. Il se trouve que ces limites ne sont pas artificielles. Les trois premières s'imposaient d'ailleurs : à l'ouest nous avions l'Océan, au nord les avancées du Haut-Atlas qui font partie du Maroc aisément parcourable et assez bien connu, au sud, le bouclier du Sahara. On peut estimer que ma limite est un peu arbitraire et que, laissant de côté les régions qui jusqu'ici étaient interdites, j'aurais pu parler du Maroc sud oriental. Sans doute est-ce aussi un pays prédésertique adossé à la montagne, toutefois il suffit d'avoir, de l'un de ses sommets, contemplé les rides parallèles soulignées par des falaises abruptes, sortes de vagues de l'océan saharien qui s'en vont déferler sur la haute barrière qui ferme l'horizon au nord, pour l'individualiser aussitôt par rapport aux régions centrales et occidentales. Ce pays plus aride, faisant face au centre du désert, ...


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 10:07

page 16



- Oasis du Dadès-Skoura.


... est le domaine des deux grandes confédérations Aït Atta et Aït Yafelman, guerrières et farouches.
Ainsi délimité, le Sud-Maroc occidental présente, sous une variété d'aspects qui va de la haute montagne, comportant des sommets de plus de quatre mille mètres, jusqu'aux oasis sahariennes, une unité imposée par le peuplement humain. Certes il y a des différences entre le montagnard des hautes vallées, le ksourien et le semi-nomade de l'Anti-Atlas, mais à part quelques rares tribus arabes du Sous et les sangs mêlés que sont les Harratin du Dra, nous trouvons ici une population uniquement berbère.
Vais-je reculer devant l'éventualité d'enfoncer une porte ouverte ? Mais il arrive trop souvent à des Français, voire à quelques Français du Maroc, de confondre Berbère et Arabe, ou de croire que chleuh est la traduction du mot paysan.
La nature de cet ouvrage ne me permet pas de m'étendre, même en « hors-d'œuvre », sur cette question. Aussi bien est-elle très ...


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 10:12

page 17



Rempart de Marrakech.


... complexe et a-t-on parfois été tenté d'exagérer, par réaction contre une méconnaissance regrettable, l'opposition arabe-berbère. Cette opposition a toutefois existé et ce pays du Sud-Maroc, montagneux et pré-saharien, en illustre trop vigoureusement le symbole pour ne pas, en quelques lignes tout au moins, rappeler ici ce qu'il nous est indispensable de connaître.
Avant le Maroc des sultans, il y avait en effet, plus vaste et plus confuse encore, la Berbérie. Berbérie que les Arabes ont envahie en partie pour y fonder une sorte de colonie de prosélytisme et, à certaines époques, de peuplement. Mais cette vieille Berbérie, elle ne s'est laissée entamer que dans les plaines car elle avait pour subsister une place forte naturelle et grandiose : l'Atlas. C'est au pied même de l'Atlas que les dynasties berbères, venues du sud, de la Seguiet el Hamra, ou descendues des hauteurs voisines, bâtirent leur capitale : Marrakech, parce que de sérieux bastions, de profondes lignes de retraite assuraient la sécurité de la ville. Cœur du Maghreb en vérité, l'Atlas conditionne, du point de vue géographique, toute l'orographie, toute l'hydrologie, toute l'économie du pays; mais, peuplé de Berbères, il en a aussi, du point de vue humain, conditionné toute la politique et toute la vie sociale. L'intérêt que présente, de ce chef, la connaissance du pays et du peuple berbères se double d'un attrait de curiosité passionnant si l'on songe que ce pays est resté, au cours des siècles, farouchement hostile à toutes les ...


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 10:14

page 18



... tentatives de domination étrangère. Quelque peu judaïsé, puis vaguement christianisé au début de notre ère, tout au moins dans les régions du nord, ayant adopté l'Islam après les invasions arabes des VIIe et XIIe siècles, les Berbères ont connu des explosions de fanatisme religieux, mais leur fanatisme essentiel a toujours été celui de l'indépendance. C'est l'honneur de notre politique d'avoir su, en respectant dans certaines limites les revendications de cette indépendance, entrer en contact avec le peuple berbère au prix d'un minimum de sang versé de part et d'autre ; et Dieu sait si le sang humain compte peu ici. Habitant de hautes montagnes où chaque vallée est étroitement isolée des autres, modeste dans ses besoins d'échanges, le peuple berbère n'est pas seulement xénophobe, mais il a vécu et vit encore dans un état de morcellement politique très avancé. Chaque tribu, chaque fraction de tribu même, a ses coutumes particulières ; gère et défend, ses intérêts à sa guise. De cet état anarchique d'innombrables conflits sont nés et il est parfois difficile de débrouiller l'écheveau des alliances mobiles entre les deux leffs d'une même région. Anarchie qui est de règle sans doute, mais qui revêt toutefois un caractère spasmodique et connaît, dans le temps et dans l'espace, des exceptions. Il est arrivé que, soit grâce à leur prestige religieux, soit sous la pression de circonstances extérieures, des chefs ont réussi à étendre leurs commandements sur un nombre important de tribus. Au début de notre occupation du Maroc, trois caïds : le Mtougui, le Gontafi, le Glaoui, exerçaient ainsi depuis peu, sur toute la région du Grand Atlas au sud de Marrakech, une autorité qui s'efforçait d'être absolue. Une habile politique les rallia à la cause française et, tandis que nous les assurions de notre appui, en avalisant en quelque sorte leur récente prise d'autorité, ils se portaient garants de la paix sur leurs territoires.
Il est bien des façons de présenter un pays et ce n'est pas un paradoxe de dire que la tâche n'est pas plus aisée à celui qui, par une assez intime fréquentation, le connaît. Diverses voies le tentent qui, toutes, sauraient lui rappeler des images lumineuses, enchantées par le réveil de cette attention passionnée que, jadis, il leur a accordée. Il craint d'être froid, trop objectif, là où il fut si personnel. Il craint le ridicule d'être trop personnel là où on lui demande mieux. Il ne suffit pas de voir; il faut comprendre ; et pour cela il est nécessaire d'acquérir quelques données précises. Je ne puis citer tous ceux qui, par leurs travaux, m'ont ainsi permis de comprendre le Maroc et à qui j'ai dû, ensuite, d'aimer mieux ce pays, tout en l'aimant librement ; du moins qu'ils trouvent ici l'expression de toute ma gratitude.
Quels visiteurs nouveaux voudrions-nous attirer vers le Sud-Marocain ? Déjà les deux ou trois routes ou pistes que les troupes d'occupation ont aménagées ...


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 10:18

page 19



- Télouet. Kasbah glaoua.


... ont vu passer des voyageurs simplement curieux de leur pittoresque. A ces curieux, il n'est pas possible encore, pour de multiples raisons dont parfois celle de sécurité, de s'écarter de la route, ni même de séjourner bien longtemps dans le pays. Nous ne prendrons pas un facile avantage d'avoir pu parcourir celui-ci plus en détail ; puisque, si nous y avons trouvé notre plaisir, c'était en faisant notre tâche. L'inconfort que nous avons connu, les fatigues que nous avons supportées, cela rebuterait-il, le cas échéant, quelques privilégiés, et ceux-ci se contenteraient-ils de la route ? Inconfort et fatigues sont ici des nécessités ; cependant un auteur anglais connu ironisait récemment sur le snobisme de l'inconfort. Voire! Il nous semble que pour comprendre et aimer un pays il n'est pas inutile d'en avoir senti le sol rugueux sous ses pas.


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 10:20

page 20



FUSILS.


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 10:23

page 21



- Porte de Marrakech.
- Marteau à sucre, serrure, clef et pilon berbère.

I

PREMIER CONTACT AVEC L'ATLAS

C'EST dans le froid, dans le vent, dans la neige, que j'ai vu pour la première fois ce pays du Sud du Maroc, ce bled ! J'étais monté à plus de trois mille mètres et j'oubliais toutes les fatigues, j'étais récompensé de l'effort. Qui dira que ce n'est pas une joie de tenir sous son regard plusieurs ...


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 12:46

page 22



... centaines de kilomètres de  terres,  d'embrasser un ensemble de cette architecture gigantesque qui impose son style à tout un pays,  et du même coup, mais joie purement intellectuelle, de comprendre ce pays ? Certes, de Marrakech, on la voit cette haute barrière de l'Atlas, avec ses sommets glacés, teintés de rosé au couchant. Mais qui ne doit pas en tenter l'escalade en fait abstraction lorsqu'il dit de la ville qu'elle est la porte du Sud. On admire le profil de la chaîne; l'ombre bleue de ses pentes donne une profondeur de mystère au tableau proche des murs rouges et des palmiers, mais l'on rêve aux autres palmeraies, aux palmeraies du Sud, aux hammadas, au désert, à tout ce qui est au delà. On est au pied de la grande montagne et la grande montagne a dû laisser passer en grand nombre les hommes du Sud que l'on voit sur la Jemaa el Fna, groupés, recueillis et attentifs autours des charmeurs, ou bien conduisant par les ruelles lépreuses leurs chameaux contraints et dédaigneux.
Contrastes des cimes neigeuses et de l'oasis, de la montagne haut dressée et de la plaine, des chants du chevrier et des interminables silences du chamelier sur les pistes, c'est tout le Maroc séculaire qui livre son symbole le plus intelligible.
Les anciens qui baptisèrent ces montagnes mystérieuses, dont ils n'avaient eu que ouï dire, voulaient qu'Atlas supportât le monde. L'Atlas supporte au moins le Moghreb qui vit de ses présents et c'est sur les épaules mêmes de ce géant que nous sommes ici. Mais de ce belvédère nous regarderons surtout, en curieux attirés par ce qui nous est moins connu, nos bleds du Sud, et la montagne elle-même...

Chargé avec mon bagage dans une robuste automobile, deux heures après avoir quitté Marrakech, j'atteins Amizmiz — au nom si doux — petite ville indigène accrochée au Dir. Ce mot de dir qui signifie poitrail désigne, ici, la ceinture de pentes bien arrosées et généralement bien cultivées, qui borde les montagnes; évoque-t-il dans l'esprit de l'indigène, une simple image ou bien la douceur relative de ces terres, comparable à la douceur, sensible sous la main, du poitrail d'un cheval ? J'ai traversé pendant deux heures des terres ingrates, au moins au regard. En cette fin d'automne elles sont nues, jaunâtres et crevassées, même ravinées. Mais Amizmiz, du haut d'un tertre, domine une riche oliveraie où s'est caché, plus délicat, notre bureau d'Affaires Indigènes. Un oued y coule que l'on traverse à gué sur une bonne route; je me souviens d'un arbre qui borde cette route et dont les sombres branches encadrent le ...


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 12:50

page 23



Rue à Marrakech.


... panorama tout   proche  de   la petite médina dominée par son minaret. Tableau trop charmant     et trompeur ! Rarement le repos attend     ceux qui fréquentent   Amizmiz, tout au moins quant aux    Européens ;  souvent la fièvre    de   la prospection minière   les agite et les presse   au milieu de ce paysage où   l'austérité   de   la montagne proche souligne   la   tranquillité de la halte. Mais nous-même, la hâte d'atteindre enfin le cœur de cette montagne nous laisse-t-elle goûter en pleine paix le repos d'une fin d'après-midi dans le silence du bois léger ?
J'ai dit : nous, bien que je sois seul à être ainsi inquiet, parce qu'en effet, ma petite escorte de muletiers est déjà formée. J'examine particulièrement les animaux, et les pieds des animaux. Pieds du mulet, objets de l'espoir et de l'inquiétude du voyageur qui, pendant des semaines et des semaines va cheminer sur d'impossibles pistes, tantôt s'enfonçant dans des gorges arides où le soleil fait écho d'une roche à l'autre, tantôt ...


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 12:52

page 24



- Type berbère.
- Charmeurs de serpents sur la Jemaa el Fna à Marrakech.


... grimpant les pentes et soufflant aux cols; pieds du mulet ! Et je regarde maintenant, dans l'ombre qui s'allonge de l'arbre cher à Mistral, les premiers contreforts couverts de chênes verts, illusions de forêt ! Aucune neige n'en égaie encore les pentes, ici, aucune route qui conduise vers quelque reposante auberge ne les pénètre. Mais des vallées que remontent d'étroits sentiers et par où s'écoule, silencieux, plus riche pour moi que leurs oueds et leurs oliveraies, le mystère de l'inconnu. Dans le silence il me semble entendre, aux creux de ces vallées, une clameur, sorte d'écho sonore mille fois répété, qui reste suspendue, légère, sous la voûte pure du ciel. J'écoute attentivement. Les innombrables voix de la montagne : murmure des ruisseaux et des séguias, plainte des maigres arbres dans le vent, appels des chevriers et de leurs troupeaux, se rejoignent, s'unissent et composent un chœur qui amplifie son chant dans la calme paix du soir, puis s'en viennent mourir à la porte de la petite tente que j'ai dressée sous les oliviers. L'ombre, à l'intérieur de cette tente, s'est faite soudain intime  dans l'espace réduit. Les modestes objets  du   campement,  y luisent faiblement. Près de la porte, ouverte sur une longue bande de ciel d'or vert sur quoi une branche dépouillée découpe un    dessin    précieux, ...


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 12:55

page 25



MARRAKECH. LA KOUTOUBIA ET L'ATLAS.


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 12:57

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- Entrée d'Amizmiz.


... Lachmi est accroupi et prépare le thé. Lachmi, c'est le chef de la petite escorte de quatre moghrazni chargée par le chef du bureau d'Amizmiz de faciliter mes rapports avec les indigènes de la montagne et d'affirmer auprès d'eux le caractère « makhzen » (que je traduirai ici : autorisé par le gouvernement), de ma randonnée. Il a rempli de braises ardentes un canoun (1) de terre cuite sur quoi tient en équilibre une bouillotte encrassée de fumée. Avec des petits gestes précis et comme maniaques, il dispose sur un plateau de cuivre des verres de cristal bariolés. De temps en temps il se penche, souple et rapide, pour attiser le feu en soufflant juste où il faut. J'entends alors le froissement de son burnous et l'air qui entre d'un grand jet dans sa vigoureuse poitrine de montagnard quand il reprend son souffle. Les deux poignées de thé vert sont coulées à la main dans la petite théière de métal blanc, puis couvertes d'eau.

(1)  Petit fourneau portatif indigène en terre cuite.


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 12:59

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La première infusion en est jetée (pour enlever l'amertume) et Lachmi emplit à nouveau la théière, ajoute la menthe odorante, la nana, puis le sucre, prélevé, en morceaux judicieusement mesurés sur un pain qu'il frappe avec une grosse clef.
Flot d'ombres, vertes et mauves, où achèvent de mourir des reflets de cuivre terni, la nuit monte du sol. En un instant elle noie la plaine, emplit les vallées, puis elle grimpe le long des pentes à l'assaut des sommets. Seul le Gourza dresse, au loin, son front ardent à plus de trois mille mètres. Mais la nuit le submerge à son tour et, d'un seul coup, cent étoiles s'allument...
Le départ a eu lieu en pleine nuit. Pendant trois longues heures nous avons longé le pied de la montagne, suivant une piste qui, dans l'obscurité, m'a semblé chaotique et accidentée. Mais dès que le jour se fut levé, et que j'eus regardé derrière moi, je ne vis qu'une plaine rougeâtre et nue, à qui je dis adieu pour de nombreux jours.
La basse vallée que nous suivons est accueillante. L'oued y serpente sur un lit de galets et de sable gris. Murmure léger, ici et là ruban d'or qui scintille dans l'ombre; on chemine sous les oliviers. Ah, cette piste qui monte, qui descend, qui tourne à droite, tourne à gauche, sur des dalles impossibles ! Par des trouées dans la verdure on est rassuré de voir des pentes encore peu élevées, familières, largement ouvertes sur le ciel bleu. Des buissons de lentisques et de chênes verts les couvrent. Entre l'oued et nous, les chaumes d'orge qui moirent sous la brise forment un tapis presque continu de velours blond d'argent.
Arrêt quelque part; j'ai oublié le nom du village. Des masures aux toits plats bâties sur un ressaut de la pente, à un coude de l'oued, de l'assif, puisque nous sommes en pays chleuh, précisément en bled Guedmioua. — De loin j'avais vu la tache jaunâtre dans les oliviers —. Si modeste que soit le village, il est bien bâti pour la défense. On construit ici en pierres, parce que la roche est schisteuse et que les dalles que peuvent extraire les grossiers outils indigènes sont tout de suite utilisables. Lachmi avait envoyé, sans que je le sache, un émissaire, et quelques hommes nous attendaient, dont le mokaddem.
J'ai monté mon premier camp sous un gros noyer, dans un petit champ d'herbe verte enclos de murs bas en pierres sèches et en branchages. Un village couleur de terre, Adassil, qu'égale une koubba blanche, domine les arbres. Il est bâti sur la pente abrupte d'une crête qui se présente effilée comme une lame de couteau. A droite, à gauche, de hautes ...


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 13:03

page 28



... roches sombres, nues, aux reflets métalliques, annoncent les sommets proches. Quand on se retourne, on voit, dans la brume du soir, le pays qu'on vient de traverser et déjà ses molles courbes paraissent en contrebas. Une séguia où les mulets vont s'abreuver contourne la pente entre le village et moi; tout le long de cette séguia d'autres arbres, noyers et frênes, s'alignent tandis qu'un peu plus bas coule l'oued en flots précipités qui bondissent sur les galets, laissant entre eux des petits îlots de sable où des touffes de lauriers-rosés brillent dans le contre-jour. Calme d'une fin de journée. L'ombre, dans la vallée, surgit brusquement, mais les hautes roches paraissent flamber sur le ciel. Je me souviens de la veille, alors que j'étais encore sur l'aimable « poitrail ». Vingt kilomètres, à vol d'oiseau, me séparent d'Amizmiz, mais par-dessus des sommets qui ont déjà plus de deux mille mètres d'altitude.
Du village à ma tente, des indigènes vont et viennent. Quelques-uns s'accroupissent à distance respectueuse et me regardent vaquer aux humbles occupations du campement. Voici que revient, précédant des porteurs de tajins (1), le vieux cheikh qui m'a accueilli tout à l'heure par de retentissants marhababikoum (2). Je l'invite à partager le repas qu'il m'offre. Bismillahl (3), et déchirons le poulet de trois doigts de la main droite !
La nuit est venue, tout à fait. Des hommes, silencieux, apportent de grosses lanternes en fer blanc ouvragé, et les visages, des deux ou trois individus les plus proches, prennent un relief extraordinaire sur l'abîme de ténèbres qui nous entoure, le ciel lui-même est invisible, nos chandelles ont éteint les étoiles !
Nuit légère, paisible, en dépit de cette terre, de ces choses éternelles et démesurées qui sont à l'entour et m'enserrent. L'écoulement monotone, continu, plein de fraîcheur, de l'oued enveloppe mon sommeil...
L'étape qui m'a conduit d'Adassil à Tamgounsi, au pied de l'Erdouz a vraiment été une étape de montagne. Au départ, nous avons cheminé dans le lit même de l'oued, nous perdant et nous retrouvant parmi les massifs de lauriers-roses. Aucun sentier d'abord sur les parois verticales de la gorge. L'ombre était rendue fraîche par cette eau glacée qui descend des sommets, mais quand je levais la tête, je voyais, tout en haut, une ...
(1) Plat en terre culte muni d'un couvercle pointu. Le mot s'emploie aussi pour désigner le contenu du plat.
(2) La bienvenue soit avec vous.
(3) Interjection que l'on prononce avant de toucher aux mets  et qui veut dire au nom de Dieu.


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MessageSujet: AU MAROC INCONNU dans le Haut-Atlas et le Sud Marocain   Mer 5 Déc - 13:06

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VILLAGE DE L'ATLAS.


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