Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Lun 24 Nov - 9:01

page 167


- Sondage profond exécuté par le B.R.P.M. dans la région d'Oujda. L'eau jaillit ici à la température de 50°. (C.E.H.)

A la recherche des eaux profondes

Le Centre des Etudes Hydrogéologiques fonctionne depuis trois ans. Son activité porte principalement sur la recherche et le captage des eaux souterraines, l'alimentation en eau des villes, l'hydrologie des grandes plaines et les conditions géologiques relatives aux barrages. Elle nécessite de ses ingénieurs, disséminés dans toutes les régions du Maroc, des études hydrogéologiques très détaillées. Dès 1949 ses divers services donnaient leur plein rendement.
Des études d'ensemble portèrent alors sur la plaine des Triffa, les régions de Fès et Meknès, le Tafilalet, la plaine du Gharb, le périmètre irrigué des Béni Amir, la plaine du Haouz et la plaine du Souss.
Les études de détail du C.E.H. furent beaucoup plus nombreuses et il ne peut être question d'en donner ici une nomenclature fastidieuse. Demandées par les services publics (Hydraulique, Génie Rural, etc...) ou des particuliers, elles concernent la recherche, le captage ou l'exploitation des eaux souterraines et les travaux du génie civil (barrages, souterrains, canaux).
A titre d'exemple, signalons en passant, que le C.E.H. a établi en 1950 deux mille fiches pour son répertoire des sondages sources, rhettaras, drains et puits étudiés, portant à 11.000 le nombre de celles-ci se répartissant en 500 sondages. 1.500 sources et rhettaras, et 9.000 puits.
En quelques mots, le C.E.H. joue le rôle de conseiller technique de l'Hydraulique du Génie Rural, des Municipalités, des Sociétés minières ou agricoles et des particuliers.
Du programme de ses activités pour 1951 nous croyons intéressant de relever son étude géologique de la retenue du barrage de Mechra Klila sur la Moulouya, les sondages sur les Hauts Plateaux dont nous parlerons plus loin, ceux du Gharb que le Génie Rural a multipliés l'an dernier et dont nous ne pouvons malheureusement donner ici une idée, même approximative, en raison de la difficulté de grouper en temps voulu les résultats de travaux disséminés sur un vaste périmètre et confiés à divers organismes.
En effet, la recherche des eaux profondes, c'est-à-dire des eaux gisant par plus de 40 mètres, demandent l'emploi d'un matériel de sondage et de pompage particulièrement important. Des organismes tels que le Bureau de Recherches et de Participations Minières et des Sociétés privées, telles que la S.I.F., l'E.F.T.H. (Solétanche), la SOFRAMFOR, la SUMA, etc. . . prennent en compte ces travaux de recherches d'eau, les plus difficiles étant exécutés généralement par le B.R.P.M. C'est ainsi que fut mise en service dans le Souss une foreuse de 800 mètres.
Le Centre des Etudes Hydrogéologiques agit en étroite liaison avec les autres groupements chargés d'études diverses ayant trait aux eaux souterraines et qui sont actionnés par le Service de l'Hydraulique.
Lorsqu'un ingénieur du C.E.H. par exemple, a trouvé une zone de captage, les recherches elles-mêmes sont confiées au Groupement pour l'Etude au Maroc des Eaux Souterraines (G.E.M.E.S.).
Lorsqu'il s'agit de l'étude de l'adduction d'eau dans les villes, le C.E.H. prête son concours à la Société Africaine d'Etude (S.A.E.) qui en est chargée.
Le Groupement d'Etudes de Travaux d'Irrigation au Maroc (G.E.T.I.M.) comporte une section pédologique qui travaille en plein accord avec les géologues du C.E.H., la connaissance des terres cultivables exigeant une compréhension exacte de la géologie de surface et les arrivées d'eau nouvelle risquant de provoquer des modifications du terrain. Les plaines du Souss et du Massa inférieur ont été ainsi étudiées, ainsi que la plaine des Béni Amir et la zone irriguée du M'Dez. Une même étude est en cours sur la plaine des Triffa et celle du Gharb.
Enfin le service géologique de la Société Marocaine d ' Etudes Techniques (S.M.E.T.), qui étudie les barrages pour le compte de l'Administration ou de l'Energie Electrique du Maroc, fait parfois appel au C.E.H. pour les premières reconnaissances.

Des points d'eau pour les troupeaux

Du point de vue agricole, l'intérêt des recherches hydrogéologiques réside dans le fait qu'il est possible de trouver des eaux souterraines exploitables là où n'existent ni sources ni ruisseaux, soit pour irriguer des terres cultivables, soit pour créer des points d'eau afin de désaltérer les troupeaux. C'est à ce dernier objet que s'est attaché le C.E.H. pour le compte du Génie Rural, dans la région des Hauts Plateaux du Maroc Oriental, dont les ressources principales sont, comme l'on sait., l'élevage du mouton et la cueillette de l'alfa.
LES FORAGES DES HAUTS PLATEAUX
On estime généralement que les pâturages des Hauts Plateaux pourraient nourrir un troupeau de 900.000 têtes, donnant une production annuelle de 250.000 ovins, et que l'on pourrait recueillir chaque année 100.000 tonnes d'alfa. Malheureusement le manque d'eau réduit considérablement ces espoirs. Ainsi, en 1947, après deux années de sécheresse, le troupeau fut réduit à 150.000 têtes et la récolte d'alfa ne fut que de 18.000 tonnes.
Il est donc indispensable de trouver une solution au problème de l'alimentation en eau des nomades et de l'abreuvement des troupeaux qui, en 1945, ne disposaient que de six points d'eau permanents sur une superficie de 15.000 km2 (quadrilatère de Berguent, Monts du Mekkam, Matarka, Tendrara). Il y avait bien une trentaine de citernes, mais celles-ci ne tiennent l'eau que pendant quatre mois par an.
Une campagne de forage fut donc entreprise en 1948 par le Service de la Mise en Valeur et le Génie Rural dans le but de rechercher des réserves d'eau dans les nappes profondes afin de créer des points d'eau permanents tous les 20 kilomètres d'abord, puis tous les 10 kilomètres lorsque se serait développé l'élevage du mouton, et d'exploiter au maximum les ressources en eau des régions plus favorisées (cuvette de Berguent par exemple), afin d'étendre les cultures irriguées et constituer ainsi des réserves fourragères de sauvegarde. Enfin, dans les secteurs où les forages se seraient révélés improductifs, on prévoyait de créer des points d'eau alimentés par pipe-lines.
Voici les résultats de cette campagne : sept forages ont été réalisés donnant 410 litres-seconde artésiens et permettant d'irriguer plus de 1.000 hectares, et un grand centre de sauvegarde pour le cheptel ovin des Hauts Plateaux est en cours d'installation. Outre la découverte de cette nappe artésienne, dix forages ont été exécutés dont sept se sont avérés productifs. Le débit total que l'on peut obtenir par pompage est de 60 litres-seconde environ. Les trois forages négatifs sont situés dans le Mechtet, à l'ouest des Hauts Plateaux, où l'on envisage l'installation de pipe-lines.
Signalons, à titre d'exemple, que le plus fort débit artésien fut découvert dans cette région. On vit des cailloux d'un ou deux kilogs remonter de 300 mètres de profondeur. Par endroits, le flot artésien libéré remonte d'une profondeur supérieure à la hauteur de la Tour Eiffel, la nappe ayant été trouvée à 325 mètres.
Etant donné les résultats encourageants obtenus, il importe de poursuivre cet effort en exécutant de nouveaux forages, et en aménageant les forages productifs par installation d'aéromoteurs, de réservoirs et d'abreuvoirs.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Lun 24 Nov - 9:02

page 168


- Les hauts-plateaux sont pauvres en points d'eau, mais grâce aux forages profonds, l'eau de la nappe phréatique, remontée à la surface, permettra d'abreuver les troupeaux transhumant dans la région de Berguent. (Doc. C.E.HJ

C'est ainsi que le programme, présenté par le Comité économique régional d'Oujda, prévoir pour l'année en cours huit forages dans les Hauts Plateaux aux emplacements suivants :
Trarirt, Gharsallah, Tisknit (5 km. au nord), Koudia Taoussïa (15 km. à l'ouest de Tisknit), Djenane er Roga (entre l'oued Sedra et l'oued El Habarra), Oued el Aouej (20 km. à l'est de Matarka), oued Berioug (25 km. au nord-est de Tendrara), Doyet oum Slimane (15 km. au sud de l'oued Sedra), oued Beïda (15 km. au nord de Tendrara).
Ainsi la lutte entreprise pour sauver de la ruine les populations durement éprouvées par la sécheresse de 1945, se poursuit. La découverte d'une nappe artésienne abondante a résolu le problème pour les nomades de la région de Berguent.
Plus au sud, dans la région de Tendrara, de Matarka et de Bou-Arfa, la présence de nombreux points d'eau est rassurante. Il ne s'agit plus que d'une question d'équipement.
Dans la zone centrale, sur une distance de près de 100 kilomètres, où les points d'eau permanents sont pratiquement inexistants, il sera sans doute nécessaire d'aménager de nouvelles citernes, plus vastes que les précédentes.
Quoiqu'il en soit, grâce à cet effort continu, joint à la construction de bains parasiticides (70.000 bêtes traitées au bain au Km. 12 en 1949, 140.000 bêtes traitées en 1950 aux trois bains du Km. 12, de Tiouli et d'El Aïoun), la situation de l'élevage a été complètement rétablie, le cheptel ayant quadruplé.
La restauration des pâturages a fait également l'objet de travaux couronnés de succès. Ainsi 60.000 raquettes de cactus ont été plantées dans certains points particulièrement rocheux, notamment à Sidi Moussa et Djebel Zeraig, près de Sidi Yahia. De même de nombreux arbres, eucalyptus et pins ont été plantés auprès des douars et des points d'eau dans le courant de l'année écoulée, et ce programme de plantation du S.M.P. sera poursuivi, 15.000 arbres étant actuellement en pépinières.
La récolte d'alfa a dépassé 40.000 tonnes l'an dernier. Nul doute qu'elle s'améliore encore au fur et à mesure de l'équipement en points d'eau des immenses surfaces exploitables mais encore désertiques. Restera alors la question de la main-d'œuvre, nettement insuffisante.
Le gouvernement s'est déjà penché sur cette question et on met au point actuellement un procédé mécanique de cueillette. Deux machines prototypes ont été construites, l'une par un particulier, l'autre par les Stations d'Essai de machines du Génie Rural et de Recherches Forestières. Leurs essais se sont révélés concluants et l'on peut espérer que le problème de la récolte recevra bientôt une heureuse solution.
La mise en valeur de ces zones inexploitées sera sans doute accélérée du fait de l'intérêt que prennent certains groupes papetiers à l'utilisation de l'alfa marocain.
La coopération des Services hydrogéologiques, du Génie rural et du S.M.P. feront ainsi perdre rapidement au Maroc oriental, sa réputation de pays aride et déshérité qu'il conserva longtemps.

DANS LA RÉGION DE FES
C'est encore pour assurer l'abreuve-ment des troupeaux en transhumance, que des sondages très importants vont être réalisés dans la moyenne vallée de la Moulouya. Celle-ci, qui forme la limite ouest des Hauts Plateaux, constitue la grande zone de parcours des troupeaux de moutons, seuls utilisateurs possibles d'espaces désertiques, à la maigre végétation d'alfa et d'armoise, et dont la pluviométrie est réduite (50 à 200 mm. par an), et surtout très capricieuse.
En outre la vallée de la Moulouya est aussi large et profonde que régulièrement creusée. Le fond de cette dépression est formé de limons épais de plusieurs dizaines de mètres, stériles en raison de la sécheresse de l'air.
Or le Moyen-Atlas proche est soumis à des précipitations éparses ou à des chutes de neiges fondantes. La nature géologique du pays permet de penser qu'en certaines zones de la vallée des eaux souterraines se sont accumulées. On constate d'ailleurs la présence de sources plus ou moins importantes, toutes aux eaux remontantes (200 l.-s. à Tissai), à dix kilomètres en moyenne de la rive droite de la Moulouya, et de suintements dans le fond de l'oued dénivelé en général de 20 à 100 mètres par rapport à ces sources.
Le Service de la Mise en Valeur et du Génie Rural se propose cette année de réaliser deux forages de reconnaissance de 5 à 600 mètres de profondeur dans cette région afin de vérifier les prévisions géologiques auxquelles nous faisions allusion.
De nouvelles ressources en eaux intéresseraient une population de plus de 25.000 habitants et près de 500.000 ovins et caprins, permettraient l'irrigation de nouvelles terres et de créer de nouveaux pâturages sur le parcours des troupeaux.

DANS LA RÉGION DE MEKNÈS
Le vaste plateau d'élevage qui s'étend des falaises d'El-Hajeb à la forêt de Jaba est dépourvu de ressources en eau. Cinq forages vont être exécutés cette année dans cette région qui comprend un important cheptel ovin.
De même le plateau de Timhadit qui constitue une zone de parcours appréciée par l'étendue et la qualité de ses fourrages, n'a que des ressources insignifiantes en eau qui obligent les troupeaux à d'énormes déplacements. Des travaux de recherche d'eaux profondes ont été entrepris l'an dernier et seront poursuivis en 1951. Trois nouveaux forages seront exécutés très prochainement. Ainsi des milliers de moutons pourront être abreuvés. De plus, ces travaux intéressent des populations en voie de sédentarisation.

DANS LA RÉGION DE MARRAKECH
Les recherches entreprises dans la plaine du Haouz en 1950 seront poursuivies en 1951, notamment dans la région de Chemaïa - Louis - Gentil, très peuplée d'agriculteurs et d'éleveurs marocains disséminés dans de nombreux villages (150 environ), alimentés en eau par des citernes. La densité au kilomètre carré est de 40 habitants et le cheptel comprend, entre autres, environ 100.000 ovins et 40.000 caprins.
Comme les citernes se trouvent fréquemment épuisées en été (la pluviométrie varie entre 200 et 300 mm.) les habitants de cette région sont obligés de parcourir de longues distances pour se ravitailler en eau dans les rares points d'eau existants. Le cheptel souffre beaucoup de cette situation et d'une année pluvieuse à une année sèche, son coefficient passe de 4 à 1.
Le Service du Génie Rural se propose donc, en raison de l'urgence d'accroître les ressources en eau d'alimentation, d'effectuer une série de forages de reconnaissance à 200 mètres de profondeur en moyenne.
On voit ainsi combien le Protectorat, non content d'assurer une sécurité et une vie meilleure aux populations rurales pouvant bénéficier des grands travaux d'irrigation, que nous avons décrits précédemment, se préoccupe des plus déshérités, celles qui ne possèdent point de bonnes terres et se trouvent loin de tout barrage. Nous terminerons ce bref aperçu des travaux entrepris par le Service de la Mise en Valeur et du Génie Rural dans ce domaine, par un exposé des ...


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Lun 24 Nov - 9:03

page 169


... forages entrepris ou à entreprendre dans le but d'accroître les possibilités de culture.

L'IRRIGATION PAR LES EAUX SOUTERRAINES
Dans la région de Meknès, une trentaine d'exploitations importantes sont totalement dépourvues d'eau soit par suite de l'insuffisance de la nappe phréatique, soit parce que les particuliers ne peuvent procéder par leurs propres moyens à l'approfondissement des puits dont la profondeur moyenne est de 70 m. Il faut pourtant aller chercher l'eau là où elle est. Une solution collective s'impose à ce problème. Chaque forage étant susceptible de servir à plusieurs exploitations c'est dans le cadre de l'Association Syndicale Agricole Privilégiée que les travaux pourront être entrepris.

DANS LA RÉGION D'AGADIR
En raison de sa situation géographique et de la douceur fie son climat, la région d'Agadir peut prétendre à un développement agricole important. Une campagne de forages profonds a été entamée par le Génie Rural dans la plaine du Souss dont voici les résultats.
Un forage terminé à Gounna ayant rencontré une nappe artésienne, le débit au sol est de 7 litres-seconde (profondeur 360 mètres). Un autre forage de reconnaissance effectué au souk des Ouled Teima (profondeur 350 m.) a permis de déceler trois nappes artésiennes. Un autre forage a été commencé plus au sud, sur la même transversale, à En Neima, au pied de l'Anti-Atlas, afin de rechercher la nappe aquifère du Géorgien (Primaire).
Les populations du Souss ayant tendance à s'expatrier, un problème démographique se pose qui ne peut être résolu que par la découverte d'eaux nouvelles, à rechercher dans les nappes profondes déjà décelées.
Nul doute que nos ingénieurs géologues ne parviennent à les découvrir et à les faire jaillir du sol pour le plus grand bien des populations agricoles de cette belle région.

LE SERVICE DE DÉFENSE ET DE RESTAURATION DES SOLS

LA lutte contre l'érosion n'est certes pas une nouveauté : elle fut menée, en France, dès le milieu du XIXème siècle, dans les régions alpines. Du fait de la destruction des grandes propriétés, morcelées et vendues comme biens nationaux par la Révolution, les forêts seigneuriales et ecclésiastiques qui protégeaient les flancs des montagnes furent inconsidérément abattues par leurs nouveaux propriétaires et remplacées par des vignes paraissant d'un meilleur rapport.
Pareille initiative, sous un tel climat et sur des pentes aussi raides, donna des résultats désastreux. Les plantations de vignes furent détruites rapidement, en raison de la disparition des terres végétales, qu'avaient maintenues les forêts et les prairies jusqu'à leur suppression. Les dégâts causés par l'érosion prirent rapidement une allure de catastrophe.
La situation s'aggrava tellement que les Eaux et Forêts durent s'occuper officiellement de la question.
La première loi française, inspirée par un livre de Surell paru en 1841 et prescrivant la lutte contre l'érosion par le reboisement et la reconstitution des prairies sur les flancs des montagnes, date du 28 juillet 1860. La France peut s'enorgueillir à juste titre de l'œuvre qu'elle a réalisée et qui servit d'ailleurs de modèle à l'Europe toute entière.
Après les Alpes, ce furent les Pyrénées, puis le Massif Central dont on entreprit la défense. Citons en particulier dans les Cévennes, les travaux du Massif de l'Aigual, considéré comme un modèle du genre par les spécialistes du monde entier.

L'ŒUVRE ALGERIENNE
Le même problème se posa impérieusement dans nos trois départements nord-africains. Pour lutter contre les ravages de l'érosion, on commença par appliquer les méthodes classiques de restauration par le reboisement. Malheureusement, cette opération exige obligatoirement l'expropriation des terrains, donc le déplacement des populations. Or, l'on s'aperçut que, sous le régime de la paix française le chiffre de la population avait tellement augmenté qu'il devenait matériellement impossible de recaser les expropriés de façon acceptable.
La politique de restauration des sols marqua donc, de ce fait, un temps d'arrêt qui permit aux dégâts causés par l'érosion de s'amplifier dangereusement. Les Eaux et Forêts poussèrent un cri d'alarme en constatant l'extrême rapidité de l'envasement des barrages.
De concert avec les Travaux Publics, les spécialistes des Eaux et Forêts mirent alors au point une nouvelle méthode de restauration qui n'enlevait pas leur caractère agricole aux terrains protégés et permettait ainsi d'éviter toute expropriation.
La méthode en question consistait essentiellement à remplacer la relativement faible protection offerte par la végétation forestière et les prairies, par des terrassements élémentaires qui, s'ils n'empêchent point la violence du choc des gouttes de pluie sur le sol comme le font les forêts, s'opposent cependant au ruissellement superficiel des eaux qu'il oblige à s'infiltrer dans la terre.
Ce fut pour réaliser la mise en application de ce système que le Service de Défense et de Restauration des Sols fut créé dès 1941 en Algérie. Au début il lut uniquement assuré par certains fonctionnaires des Eaux et Forêts et des Ponts et Chaussées qui furent chargés, en plus de leurs travaux ordinaires, de la mise en œuvre des nouvelles méthodes contre l'érosion.
Mais ce Service prit rapidement un tel développement qu'il fallut bientôt en arriver à la création d'un Corps spécialisé, placé sous les ordres du Directeur des Eaux et Forêts. Les chefs de Service départementaux appartiennent également au personnel supérieur des Eaux et Forêts, mais les agents d'exécution, par contre, font partie d'un cadre distinct, recruté par concours. Son effectif budgétaire est de l'ordre de 400 fonctionnaires.

AU MAROC
Le Service de Défense ei de Reslauralion des Sols fut créé dans l'Empire Chérifien en 1949. Contrairement à ce qui se passe en Algérie, les travaux d'exécution ne sont assurés que par le seul personnel des Eaux et Forêts. Le Service Marocain ne dispose que d'un budget « expérimental », pour les crédits de travaux, d'une centaine de millions, alors que celui de l'Algérie dépasse 700 millions.
Toutes les expériences sont menées actuellement par un personnel déjà en poste pour des raisons forestières. Il ne peut s'agir évidemment là que d'une solution très provisoire, certes très économique, mais qui ne donne que des résultats incomplets car il arrive souvent que les travaux à effectuer se situent dans des lieux fort éloignés des zones forestières où sont logiquement en service les fonctionnaires des Eaux et Forêts.
Il est donc indispensable de créer rapidement, ici comme en Algérie, un Corps spécial de Défense et de Restauration des sols. La gravité du danger de l'érosion ne permet aucun atermoiement à ce sujet. Actuellement, en Algérie, on compte chaque jour, 300 Musulmans de plus et 100 hectares de terres en moins. Au Maroc, l'ordre de grandeur est au moins égal, sinon même supérieur.
Du point de vue protection et restauration des sols, deux problèmes, extrêmement différents, se posent dans l'Empire Chérifien :
1° Celui de l'érosion des pentes de montagne, sous son double aspect. Il faut en effet :


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Lun 24 Nov - 9:04

page 170


a) y assurer le maintien de la terre cultivable, ce oui, par voie de conséquence, entraîne celui de la population ;
b) protéger les plaines contre les dégâts causés par le ruissellement des eaux dévalant des sommets et entraînant avec elles les terres arrachées tout au long du trajet.
Ce danger redoutable s'est déjà manifesté dans les plaines de Marrakech, de Sefrou. de la Moulouya et de Taza. De douloureux exemples récents en ont démontré la gravité et, si l'on n'y porte pas remède, il est à craindre qu'une catastrophe ne menace bientôt la coquette cité de Sefrou.
2" Celui de la lutte contre l'érosion, à la fois éolienne et pluviale, qui menace de disparition les sols de toutes les steppes de l'est et du sud marocain. Depuis que l'effort français a pratiquement supprimé guerres et famines, la pullulation des troupeaux accélère la destruction des terrains de parcours. Ceux-ci, une fois dénudés, constituent, même sur les pentes les moins accentuées, une proie facile pour l'érosion. Bien peu de personnes connaissent actuellement la gravité de cette question.
Dans le cadre des dangers créés par l'érosion des flancs de montagnes, rentre au premier chef l'envasemenl des barrages. Ceux-ci sont menacés par la dégradation des steppes, en particulier dans la zone du barrage projeté de la Moulouya. Tout sol dénudé, « plombé » pour employer le terme technique, par l'érosion aérienne, est rendu beaucoup plus sensible aux effets du ruissellement.

LES MOYENS DE LUTTE CONTRE L'EROSION Sur les pentes
a) Le remède le plus efficace consiste dans la construction de terrassements suivant les courbes de niveau et qui arrêtent les eaux de ruissellement.
b) Ces terrassements seront utilisés pour la plantation d'arbres fruitiers qui, bénéficiant de la totalité de l'eau tombant sur le sol sans pente, connaîtront une croissance beaucoup plus rapide puisqu'ils feront ainsi l'objet d'une véritable irrigation.
Il sera alors facile d'orienter la population vers des cultures plus intensives, à base d'arbres fruitiers et de fourrages pour bovins. L'accroissement de ces derniers permettrait de réduire considérablement l'élevage des chèvres qui constitue à tous points de vue une véritable ruine pour le pays.
Le pasteur de l'antiquité, jouant du syrinx au milieu de ses chèvres, constitue au XXème siècle un dangereux anachronisme lorsque la population se développe au rythme que connaît le Maroc actuel.
Le remplacement de la chèvre par la vache dans beaucoup de régions ne représente nullement une utopie. L'opération a déjà été réalisée sur une grande échelle par les Anglais dans l'île de Chypre et, plus près de nous, par les Algériens dans l'Atlas de Blidah, ceci sans aucune contrainte administrative. Dès qu'ils eurent compris les avantages de cette mesure, les Arabes ont abattu ou vendu leurs chèvres de leur plein gré et cultivé, entre les banquettes où prospèrent les arbres fruitiers, des fourrages destinés à la nourriture des vaches à l'étable.
Il est essentiel de retenir que, contrairement au vieux mythe des colons algériens qui tend d'ailleurs à disparaître, les « façons culturales » les plus élémentaires doivent toujours être données selon les courbes de niveau. Les derniers orages de la région de Taza ont démontré l'exactitude rigoureuse de cette affirmation.
Malgré une intensité de pluie de 2 m/m.-minute, pendant plus de vingt minutes les champs, même sans terrassements, mais labourés selon les courbes de niveau, n'ont subi que des dommages insignifiants alors que leurs voisins, labourés dans le sens de la pente, ont été littéralement ravagés.
Dans les steppes
La méthode à utiliser est surtout à base de discipline. Il s'agit de remplacer le pâturage « linéaire » par le pâturage « circulaire », laissant un tiers du terrain au repos intégral pendant au moins trois ans.
En même temps, pour lutter contre l'érosion éolienne, il faut pratiquer une politique de « brise-vents » et d'enrichissement fourrager. Un excellent auxiliaire pour atteindre ce but est le figuier de Barbarie dont les raquettes constituent un aliment apprécié du bétail au cours des années de disette.
Lorsque les figues seront assez nombreuses pour saturer la consommation humaine, elles représenteront, séchées au soleil au cours de l'été, un aliment d'hiver remarquable pour les bovins.

LA QUESTION DES BARRAGES
Sait-on qu'un oued en crue charrie de 20 à 50 g. de terre par litre d'eau qu'il contient ? La Moulouya elle-même, lors de sa dernière crue, roula en 27 heures 265 millions de m3 d'eau. On peut juger du volume de terre ou'elle eut entassé dans le bassin du barrage si celui-ci avait été construit !
L'Algérie nous donne d'impressionnants exemples au sujet de ce danger :
1° Le barrage des Chorfas, à Saint-Denis-du-Sig, a vu sa capacité passer de 16 millions de m3 en 1900 à seulement 5 millions en 1949. Il s'envase au rythme de 400.000 m3 par an et sera complètement comblé d'ici douze ans.
2° Le barrage de l'Oued Foda (225 millions de m3 — équivalant au barrage marocain d'El Kansera : 250 millions de m3) a été envahi en moins de vingt ans, depuis 1932, par 50 millions de m3 de vase, perdant ainsi le cinquième de sa capacité. Mais, chose plus grave encore, c'est qu'il avait été prévu par les ingénieurs ayant construit, ce barrage, un envasement annuel d'un ordre de 400.000 m3. ce qui eut donné à l'ouvrage une durée utile de 500 ans. Or, du fait de l'augmentation massive du bétail qui a dévasté les terrains de parcours, l'envasement atteint actuellement 4 millions de m3 par an. Il a donc décuplé en moins de vingt ans et, dans quarante-cinq ans, le bassin serait complètement comblé si les importants travaux que l'on y entreprend à l'heure actuelle n'étaient pas complètement menés à bien.
La technique de la protection des barrages
II ne saurait, bien entendu, être question d'assurer cette protection uniquement à l'aide de plantations effectuées sur les berges mêmes des barrages. Pareille méthode simpliste n'aurait aucune efficacité. Il faut lutter contre la totalité du ruissellement et agir en conséquence sur toutes les pentes des vallées en cause. Il est nécessaire de prendre les filets d'eau à leur origine et de les détourner des terrains les plus sensibles à l'affouillement des eaux de ruissellement. Car, même si les berges des barrages étaient boisées, les pentes des hautes vallées n'en continueraient pas moins à déverser dans le fleuve les terres que leur arracheraient les pluies.
Toute somme employée à la restauration des sols des hautes vallées prolonge considérablement la vie des barrages, ce qui représente un incalculable avantage. D'autre part, elle permet de rendre toute la zone considérée beaucoup plus productive et capable d'assurer la vie d'une postulation accrue. C'est là un point dune importance capitale ou'il y a lieu de mettre en évidence : la protection des ouvrages d'art se double toujours d'un enrichissement du sol.
Donc, si l'on dépense de grosses sommes pour la construction des barrages, il est logiquement indispensable d'en réserver une partie pour assurer la reconstitution des sols des bassins versants et lutter contre leur érosion.
Passons à l'action
II est donc temps que le Service de la Restauration des sols reçoive enfin, sans lésiner, les moyens matériels lui permettant d'assurer la protection des terrains intéressés par l'énorme programme de barrages en cours de réalisation.
— Il faut de l'argent pour la reconstitution des forêts sur les crêtes des vallées.
— Il en faut également pour la création et l'amélioration des vergers et des pâturages sur les pentes.
— Des fonds sont indispensables pour les démonstrations de méthodes de cultures rationnelles permettant de lutter contre l'érosion des pentes moins accusées.
— Enfin, les berges même des barrages qui constituent au premier chef des sites touristiques intéressants doivent être plantées, comme on vient de le faire a Im'Fout, en arbres d'agrément.
Mais il faut faire vite, ne pas perdre de temps et donner les moyens nécessaires.
L'œuvre à accomplir est immense. Ce n'est pas une raison de se décourager, bien au contraire. L'intérêt du pays exige que l'on se mette résolument au travail dès aujourd'hui.



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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Lun 24 Nov - 9:05

page 171



L'EAU ET LES VILLES


LORSQUE le Protectorat Français s'établit au Maroc, tout était à faire en ce qui concerne les adductions d'eau potable dans les centres urbains. Là où existait, en 1912, un réseau d'alimentation, celui-ci était rudimentaire et insuffisant. En outre, aucun contrôle n'existait sur la quantité d'eau consommée.
De 1912 à 1939, malgré des à-coups inévitables, en raison du développement considérable et extrêmement rapide des agglomérations, les réalisations effectives furent à l'échelon des besoins. L'énorme accroissement de la population depuis 1940, dépassant largement les prévisions, il fallut reconsidérer la question et prévoir un programme d'amélioration sur une plus vaste échelle. Actuellement, le volume journalier distribué dans les villes est de 130.000 mètres cubes, mais les besoins des municipalités dépassent parfois de 50 % les disponibilités existantes. Outre Casablanca et Safi, auxquelles nous consacrons une étude particulière sur les travaux en cours, sont notamment déficitaires les villes de Rabat, Port-Lyautey, Settat, Oujda et Agadir.
On estime qu'en 1952 les besoins seront de 180.000 mètres cubes en distribution rationnée et de 325.000 mètres cubes en distribution libre.
Nous avons dit plus haut le rôle du Centre d'Etudes Hydrogéologiques et des divers organismes qui s'intéressent à l'étude ou à l'exploitation des eaux souterraines. Nous nous contenterons ici d'énumérer leurs études, faites en 1950, pour l'alimentation en eau des villes ou centres importants.
Dans le Maroc Oriental, étude géologique et choix du tracé à partir des forages situés au nord de Berguent pour alimenter en eau le centre minier de Djerada, étude du goulet de Guenfouda pour compléter l'alimentation en eau d'Oujda, alimentation en eau de l'usine thermo-électrique d'Oujda, du centre minier de Touissit, des mines de Béni Tadjit et de Bou Beker.
Dans la région de Fès et Meknès, étude de l'alimentation en eau de Fès-Médina, de Bir Tarn Tarn, de Taounate, de Bab ou Idir et de Taza (en cours de réalisation), de Meknès, d'Itzer, du bordj Doumergue, d'Azrou, d'Ifrane et de Moulay Idriss.
Dans le centre : étude de l'alimentation en eau d'Ouezzane, de Port-Lyautey, de Salé, de Tifiet et de la propriété de S.M. le Sultan aux Zaërs.
Dans la région de Marrakech, amélioration du captage du Bouzougar pour l'alimentation en eau de Marrakech, étude pour l'alimentation en eau de Safi et des mines de Sidi Bou Othmane.
Enfin, dans la région d'Agadir, outre un complément d'étude pour l'alimentation de la ville elle-même, des études ont été faites pour celle de Bouizakarn et de Tafraout.
Comme on le voit, le Gouvernement ne se préoccupe pas seulement des grandes villes et, si des travaux considérables ont été entrepris pour l'amélioration de l'alimentation en eau potable de Casablanca, les centres de moindre importance n'en ont pas été pour cela négligés.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 30 Nov - 9:58


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page 172


- AQUAZUR MAROC, Casablanca.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 30 Nov - 10:00

page 173


- Aux abords de la cité d'Aïn-Chock, on procède au creusement de la tranchée destinée à recevoir la conduite de 1,40 m. de diamètre
amenant à Casablanca, que l'on distingue au fond, l'eau potable prélevée sur POum-er-Rebia, à 76 kilomètres de là (Dragages et Entreprises
Marocaines).
(Doc. S.M.D.).

L'AMENEE A CASABLANCA DES EAUX DE L'OUM ER REBIA

L'amenée à Casablanca des eaux de l'Oum-er-Rebia, dont la Société Marocaine de Distribution d'Eau, de Gaz et d'Electricité (S.M.D.) poursuit les travaux avec diligence, résoudra pour une longue période le problème de l'alimentation en eau de la plus grande ville du Maroc.
Ceux qui habitent l'Afrique du Nord et plus particulièrement le Maroc, en connaissent la pluviométrie. S'il pleut au Maroc, il y pleut de façon très irrégulière. D'avril à octobre le ciel est bleu et pendant plus de six mois il ne tombe pratiquement pas une goutte d'eau. Bien plus, le pays connaît des années de sécheresse consécutives qui tarissent les sources et appauvrissent les oueds.
En outre, la région de Casablanca est pauvre en arbres, pauvre en humus, éléments qui seraient susceptibles de retenir l'eau qui tombe l'hiver pour en permettre l'utilisation l'été. Si l'on ajoute que le sous-sol, rocheux ou fissuré, est très peu favorable à la création de nappes aquifères, l'on explique pourquoi, malgré les pluies diluviennes qui tombent parfois en hiver, Casablanca manque d'eau. De l'eau, il y en a bien, mais il n'y en a pas toute l'année.
Mais si le manque d'eau potable est particulièrement frappant au Maroc, il ne faut pas croire que le même problème ne se pose pas sous d'autres cieux : les récentes restrictions imposées à la ville de New-York en sont un exemple.
Les causes profondes qui viennent d'être ébauchées ne sont d'ailleurs pas les seules. Il en est une autre, bien particulière au Maroc, et surtout à Casablanca : un accroissement très rapide des besoins. La ville, qui comptait 280.000 âmes en 1939, atteint aujourd'hui 700.000 habitants. Cette concentration démographique a été de pair avec une concentration industrielle, consommatrice d'eau elle aussi.

II fallait donc voir grand dans l'établissement des projets, et ce d'autant plus que, à sa mise en service, la nouvelle adduction est appelée à prendre en charge la presque totalité de l'alimentation de Casablanca en eau potable. En effet, à l'heure actuelle, une importante conduite dite « du Fouarat » alimente également Port-Lyautey, Salé, Rabat et Fédala. Toutes ces villes manquent d'eau comme Casablanca. Mais la mise en service de la nouvelle adduction permettant le report sur ces centres des cubes du Fouarat jusque-là réservés à Casablanca, résoudra donc également pour eux le problème de l'alimentation en eau.

Non seulement il fallait voir grand, mais il était nécessaire d'assurer une alimentation en eau qui mette la ville de Casablanca à l'abri des périodes de sécheresse. Ces constatations conduisirent à envisager de prélever l'eau dans l'Oum-er-Rebia, le fleuve le plus important du Maroc, le plus proche ...



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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 30 Nov - 10:01

page 174


... de Casablanca. Son débit d'étiage actuel (24 m3-sec.) qui doit être augmenté par la mise en eau, sur son principal affluent, l'Oued el Abid, du barrage régulateur de Bin El Ouidane, est grand par rapport au débit à prélever (2 m3-sec.).

Ces travaux ne pouvaient, étant donné leur ampleur, être achevés en quelques mois. Aussi, dès 1946, alors que les besoins de Casablanca avaient considérablement grossi pendant la guerre sans qu'il fut possible d'exécuter de travaux pour y parer, la Direction des Travaux Publics prit la sage décision de réaliser sans attendre une adduction provisoire. Ce fut l'adduction des eaux du barrage de l'Oued Mellah qui a permis, par l'appoint important qu'elle a fourni aux ressources existantes, de passer sans trop de difficultés le cap des dernières années. L'eau prélevée dans le barrage, pompée, clarifiée et stérilisée dans une station d'épuration moderne, rejoint, par une canalisation de 600 mm. de diamètre, la conduite du Fouarat.
Le mélange aux eaux de l'oued Mellah ,de qualité médiocre, et à celles du Fouarat, moins salées, permet d'obtenir une eau potable.
Néanmoins, dès la mise en service de la future adduction, ces installations sont appelées à n'avoir plus qu'un rôle sporadique de secours ou d'appoint.

Les bases du projet

Pour asseoir le projet sur des bases solides, le premier soin de la S.M.D. fut de procéder à une enquête minutieuse sur les besoins présents et futurs de la ville de Casablanca. Ce travail fut exécuté avec d'autant plus de précision que, exploitant les installations de distribution, elle connaissait parfaitement les données du problème. Il fut tenu compte dans les estimations, non seulement de l'accroissement de la population et de l'industrie, mais encore d'une augmentation en profondeur de la consommation individuelle.
En effet, la tâche immense entreprise par les services de la Santé Publique, conduira inéluctablement la population marocaine à consommer toujours plus d'eau. D'autre part l'augmentation du standard de vie et des conditions d'habitat se traduira inéluctablement par des besoins en eau sans cesse croissants.
Compte tenu de ces facteurs convergents, le cube à amener fut fixé à 2.000 litres par seconde. Plus de 170 millions de litres par jour, plus de 60 millions de tonnes d'eau par an, plus de trois fois les besoins actuels ; il n'était pas possible d'aller plus loin, sans faire payer par la population actuelle des travaux qui ne serviraient qu'aux générations futures.
Après examen de toutes les solutions possibles, il fut reconnu que la meilleure et la plus économique consistait à prendre l'eau à l'extrémité aval de la tête morte d'Im'Fout (cote 180), ouvrage destiné à l'irrigation à partir de la retenue d'Im'Fout du périmètre des Abda-Doukkala.
La configuration du terrain conduit à étudier à partir de cette ligne deux séries de tracés :
— les tracés reliant presqu'en ligne droite Im'Fout à Casablanca mais qui nécessitaient un pompage préliminaire suivi d'une récupération d'énergie par turbines ;
— les tracés avec écoulement entièrement par gravité dont le linéaire était plus long, mais sans intervention d'énergie.
L'avantage est apparu en faveur de ces derniers tracés et, parmi eux, fut retenu celui passant à Si Saïd Machou.
Ce premier point établi, il apparut alors qu'il était intéressant de réaliser à Si Saïd Machou (cote de l'oued : 35) un pompage pour injecter l'eau après épuration dans le tronçon Machou-Casablanca de la conduite définitive Im'Fout-Casablanca, qui passait à Machou à la cote 150 environ ; seul le tronçon Machou-Casablanca serait donc réalisé immédiatement. En effet, pour les faibles débits inférieurs à un mètre cube par seconde, (soit la moitié du débit total) et compte tenu des installations à réaliser à Si Saïd Machou, les dépenses de pompage seront inférieures aux annuités d'intérêt et d'amortissement, relatives à l'exécution du tronçon Im'Fout-Machou.
L'existence à Machou d'une retenue au niveau peu variable et la possibilité de disposer, à proximité de la station de pompage, d'une alimentation sûre en énergie, achevèrent de justifier ce point de vue.
La première étape issue de Si Saïd Machou, objet des travaux en cours, sur laquelle nous allons donner quelques renseignements généraux, comprend par conséquent :
1° Un ensemble d'ouvrages formant les installations nécessaires pour prendre à Si Saïd Machou un débit de 1.000 l.-s. ;
— une prise en rivière dans la retenue de Si Saïd Machou ;
— une station de pompage ;
— une conduite de refoulement de 1 m. de diamètre ;
— une station d'épuration ;
— une conduite de raccordement de 1 m. de diamètre.
2° Un bassin de compensation où arrivera la conduite de raccordement ci-dessus ainsi que la conduite principale prévue ultérieurement depuis Im'Fout et d'où partira la conduite maîtresse vers Casablanca.
3° Une conduite de 1 m. 70 et 1 m. 40 de diamètre, allant du bassin de compensation aux futurs réservoirs de Casablanca.

Description des ouvrages

I. — LES INSTALLATIONS DE PRISE
Les installations de prise comprendront :
— deux avant-becs destinés à prélever l'eau à une distance de la berge suffisante pour atténuer les risques d'envasement ;
— un canal de débourbage destiné à éliminer les grosses particules solides entraînées par l'oued en période de crue et qui, soit par leur nature (sable), soit par leurs dimensions, seraient susceptibles d'amener des perturbations dans le bon fonctionnement des pompes ou de la conduite de refoulement ;
— des ouvrages annexes et du matériel (grilles, vannes, batardeaux) destinés à arrêter les corps flottants (feuilles, paille, chardons), et à éliminer les boues qui se seront déposées dans le canal.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 30 Nov - 10:03

page 175


- S.M.D., amenée à Casablanca des eaux de l'Oum Er Rebia, Usine élévatoire de Saïd Maachou.

- L'exécution des fouilles de la station de pompage (usine élevatoire) de Si Saïd Machou, sur la rive droite de l'Oum-er-Rebia (Sté Truchetet-Tansini et A. Dodin).
(Doc. S.M.D.)

L'ensemble, dont la plus grande partie est située au-dessous du niveau de l'oued, sera exécuté en béton armé, coulé à l'abri d'un rideau de palplanches métalliques dont une partie sera conservée ultérieurement comme parafouille.

II. — LA STATION  DE POMPAGE
La station de pompage sera alimentée par deux galeries issues du canal de prise.
Le débit a prévoir étant, au premier stade, de 1.000 litres-seconde, l'installation définitive devant porter celui-ci à 2.000 litres-seconde, on s'est arrêté à des unités de 250 litres-seconde qui correspondent à un élément de la station d'épuration.
Quatre pompes seront donc nécessaires pour la première tranche. Toutefois, étant donné la sécurité recherchée, il a été prévu, dès maintenant, le montage de six groupes, deux étant tenus en réserve.
La fourniture et le montage de ces pompes, ainsi que de l'équipement de la station, ont été confiés, après concours, à la Compagnie de Construction Mécanique « Procédés Sulzer ».
Ces pompes puiseront l'eau directement dans une fosse d'aspiration et la refouleront de la cote 32 jusqu'à la station d'épuration à la cote 181 ; la hauteur géométrique sera donc de 149 mètres, et il lui correspond une hauteur manométrique totale d'élévation de 153 mètres.
Ces machines, du type vertical, présenteront de nombreux avantages dans le cas particulier. En effet, aucun risque de désamorçage ne sera à craindre du fait que les pompes proprement dites seront noyées. Elles ne nécessiteront donc pas de clapet de pied crépine qui créerait, étant donné ses dimensions, une perte de charge importante. Cet appareil risquerait, en outre, du fait de la teneur des matières en suspension dans l'eau, d'avoir un fonctionnement quelque peu aléatoire.
De plus, ces pompes auront un encombrement en plan très réduit, ce qui a permis de réduire les dimensions de la station.
La longueur de chaque pompe sera d'environ 10 mètres. La transmission verticale sera placée à l'intérieur du tube de refoulement, l'entraînement étant réalisé par un moteur à axe vertical, à double cage, monté sur un support reposant sur le plancher de la salle à la cote 39,70.
L'eau pouvant être très boueuse, (la teneur des matières en ...


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 30 Nov - 10:04

page 176


- S.M.D., Station de pompage de Saïd Maachou.

... suspension peut, en période de crue, atteindre 10 kg. au m3), la transmission verticale et les paliers intermédiaires seront placés à l'intérieur d'un tube de protection, alimenté en eau par une prise sur la conduite de refoulement, après passage dans un filtre prévu à cet effet. La surpression nécessaire dans ce tube de protection sera assurée par une roue montée à la partie supérieure de la colonne montante.
Les pompes seront à quatre étages, leur rendement garanti est de 84 %. Elles seront entraînées par des moteurs verticaux asynchrones d'une puissance unitaire de 750 cv. à démarrage direct, fournis par la Compagnie Electro-Mécanique. Ces moteurs, dont le rotor est à double cage, sont prévus pour la tension de 5.500 volts, qui est celle d'alimentation. Aucun transformateur de puissance ne sera donc nécessaire.
Les accessoires de ces groupes principaux : clapets de retenue à battants multiples, vannes de refoulement motorisées, collecteur de refoulement, seront installés en sous-sol.
Les six groupes de la première tranche seront montés sur une même ligne, les cinq prévus ultérieurement sur une deuxième ligne parallèle.
Un pupitre avec boutons et signalisation, placé près de chacun des groupes, permettra sa commande, évitant toutes fausses manœuvres, les sécurités indispensables étant prévues pour assurer la protection du groupe.
Afin d'amortir les ondes de surpression pouvant prendre naissance dans le collecteur de refoulement, soit par brusques variations de débit, soit en cas de disjonction, un dispositif anti-bélier a été prévu. Celui-ci comprend, en particulier, pour la première tranche, deux réservoirs, d'un diamètre de 1,5 m. et de 9,5 m. de hauteur, avec groupes moto-compresseurs d'air et accessoires divers nécessaires à son bon fonctionnement.
Un tableau général permettra, d'autre part, toutes les mesures de débit, soit d'une pompe, soit de l'ensemble de celles qui seront en fonctionnement.
L'entreprise générale comprendra également toutes les installations annexes nécessaires à un fonctionnement en toute sécurité de la station de pompage.
En particulier, l'air chaud (environ 2,5 m3-s. par groupe) se dégageant des moteurs, sera canalisé par des gaines appropriées vers l'extérieur. L'entrée d'air frais sera réalisée au moyen d'un lanterneau situé sur le toit de la station. Un dispositif de filtration d'air, avec ventilateurs hélicoïdes, a été prévu pour être utilisé en cas de vents de sable. Il permettra de mettre la salle en légère surpression, évitant ainsi dans celle-ci toutes entrées de particules solides.
La fosse d'aspiration sera divisée en deux compartiments égaux, de façon à permettre le nettoyage de l'un d'eux sans arrêter complètement l'installation. Deux éjecteurs alimentés par de l'eau sous pression serviront à l'évacuation à l’égout des boues qui auront pu décanter.
La station comportera également un poste de transformation, l'ensemble des équipements électriques ayant été confiés, après concours, à la Société Marocaine de Force et Lumière Electrique (MARFLE).
Enfin les travaux de génie civil de la station de pompage, comme ceux des installations de prise, ont été confiés à la Société Marocaine des Entreprises Truchetet-Tansini et A. Dodin.
III. — LA STATION D’ÉPURATION
La station d'épuration sera, comme il a été expliqué plus haut, située au point haut .de la conduite de refoulement entre les cotes 181 et 176. Sa mise au point fut très délicate et il convient, avant d'en esquisser les grandes lignes, de donner quelques précisions sur la nature des eaux à épurer.
L'oued étant sujet à de très fortes crues, l'eau a une turbidité extraordinairement variable.
La teneur en matières en suspension peut varier de 3 grammes à 10 kilogrammes par mètre cube d'eau. Les matières solides sont principalement argileuses (55 %) avec forte proportion de calcaire et de silice non combinée.
Le p.H. de cette eau est très constant (7.9 à 8,3) ainsi que son degré hydrotimétrique total (25 à 34). Ce dernier point mérite d'être signalé car cette eau peut parfaitement être livrée sans adoucissement à la consommation domestique. D'autre part, s'il est entendu que certains usagers industriels très exigeants ne pourront s'en accommoder (brasseries, sucreries, teintureries), ce qui est le cas avec la presque totalité des eaux urbaines, la constance de l'eau rendra très aisé le réglage des appareils de déminéralisation.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 30 Nov - 10:06

page 177


- CARTE SCHÉMATIQUE DES ADDUCTIONS DU FOUARAT DE L'OUED MELLAH ET DE L'OUM-ER-RBIA.
- AMENÉE A CASABLANCA DES EAUX DE L'OUM-ER-RBIA.


Quant à la salinité de l'eau, question fréquemment soulevée, il est possible de donner toutes assurances à cet égard. La teneur en chlorures, exprimée en milligrammes de chlorures (sodium et magnésium) par litre est en moyenne de 350. Quelques pointes passagères ont été constatées aux environs de 600 mais une telle teneur n'est atteinte que quelques jours par an lorsque, aux premières pluies d'automne, les eaux lessivent des sols à la surface desquels le sel est remonté par capillarité. De tels chiffres sont parfaitement admissibles car il n'est palais, si fin soit-il, qui ne perçoive la salinité d'une eau si la teneur en chlorures est inférieure à 800.
Les matières organiques existent en quantité assez faible. La plupart d'entre elles sont d'origine végétale et en grande partie insolubles.
Telle est donc la matière première qu'il s'agit de transformer en eau potable. Avant de prendre une décision sur la nature des installations à prévoir, une station-pilote fut installée sur les bords de l'oued afin de déterminer les caractéristiques optimum du traitement. L'expérimentation dura plus d'un an et tous les procédés connus furent successivement essayés.

L'exécution de la station d'épuration a été confiée, après concours, à la Société Aquazur-Maroc, filiale des Ets. Degrémont. Son débit sera de 1.000 litres-seconde avec possibilité de pointe à 1.250 litres ; toutefois, l'étude a été conduite de telle sorte que l'extension à 2.000 litres-seconde puisse se faire sans difficulté et surtout sans arrêter l'alimentation en eau de la ville de Casablanca.
La décantation. — La floculation et la décantation, points essentiels du traitement, étant donné les caractéristiques très variables de l'eau brute, seront réalisées simultanément dans l'appareil de licence Infilco connu sous le nom d'Accelator.
Au premier stade (1.250 litres-seconde), quatre Accelators de 23 m. 50 de diamètre seront exécutés ; leur nombre sera porté à six après extension.
Ces Accelators seront disposés en cercle autour d'un ouvrage central de réception et de répartition de l'eau brute, un système de déversoirs permettant de diviser exactement le débit total suivant le nombre d'appareils en service.
Cet ouvrage sera combiné avec un organe de collecte de l'eau décantée, ce qui permettra, par simple comparaison oculaire, de contrôler l'efficacité de la décantation. Bien entendu, cet ouvrage de répartition sera précédé d'un dispositif de comptage du débit d'eau d'entrée, dispositif qui sera constitué par un déversoir en mince paroi du type de Bazin.
Etant donné que l'eau traitée dans la station doit être pompée, les pertes de charge à travers tous les ouvrages ont dû être réduites au minimum et en particulier l'ouvrage de répartition et de collecte a fait l'objet d'une étude sur modèle réduit pour déterminer la meilleure forme à lui donner.
Le décanteur-floculateur « Accelator » est caractérisé par une circulation continue des boues qui, mélangées à l'eau brute et aux réactifs, permettent la formation de flocons lourds à décantation très accélérée. Le temps de rétention de cet organe est ainsi considérablement réduit. A Casablanca, en effet, il sera en fait de 2 heures, bien que les résultats de décantation soient très supérieurs à ceux que l'on peut obtenir dans un décanteur statique ordinaire de 4 à 5 heures de temps théorique de contact.
Ce type de décanteur est également caractérisé par une extraction automatique des boues ce qui, combiné avec la circulation méthodique, supprime tous les dispositifs de raclage qui ont été essayés dans les décanteurs statiques. Les boues maintenues en circulation par un système de turbine, sont donc toujours fraîches et peuvent activer la réaction sans crainte de fermentations auxiliaires.
L'eau décantée aura une turbidité inférieure à 10 parties par million.
La filtralion. — Cette eau décantée sera ensuite filtrée, mais étant donné ses excellentes qualités, le travail des filtres sera considérablement réduit et les lavages nécessaires pour remettre en état la matière filtrante seront donc très espacés, ce qui se traduira par une économie très sensible d'eau et d'énergie électrique.
Ces filtres, véritables régulateurs de la qualité de l'eau, seront constitués par des cellules en béton armé d'une surface unitaire de 35 m2. La hauteur de quartz sera de 1 m. et la granulométrie très régulière sera de 1 m/m. Ils seront lavables ...



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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 30 Nov - 10:07

page 178


- SCHEMA GENERAL DE FONCTIONNEMENT DE LA STATION D’ÉPURATION DE SI SAID MACHOU.
— A : Arrivée d'eau brute — B : Limnigraphe — C : Vasque de division et de reprise des eaux brutes et décantées — C : Décanteurs « Accelator » — E : Batteries filtrantes — F : Présentation d'eau traitée — G : Chambre de mise en charge — H : Départ d'eau traitée vers Casablanca — I : Bureau — .T : Doseurs — K : Stérilisation (chloromètres et ammoniamètres) — L : Salle des réactifs — M : Tanks à ammoniac — N : Tanks à chlore — O : Salle des surpresseurs et pompes d'eau de lavage — P : Tableau électrique — R : Salle des contacteurs — S : Bureau-Laboratoire.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 30 Nov - 10:08

page 179



- COUPE SCHÉMATIQUE DU DECANTEUR (ACCELATOR) ( L'APPAREIL EST CIRCULAIRE)
- Chantier de pose de la conduite de 1 m. 70 de diamètre entre le bassin de compensation et la chambre de rupture N ° 1. « Sté Truchetet, Tansini et A. Dodin ».
(Doc S.M.DJ

... par retour d'eau et soufflerie d'air, la matière filtrante étant disposée sur un plancher garni de tuyères servant à la fois à la collecte de l'eau filtrée et au retour des fluides lavants.
Diverses dispositions assureront une parfaite répartition des deux fluides de lavage tout en utilisant des débits instantanés d'air et d'eau très élevés afin d'avoir un lavage parfait dans le minimum de temps.
Au premier stade, le nombre de filtres installés sera de 24 répartis en deux demies batteries de 12 ; la surface totale sera donc de 840 m2. ce qui donne une vitesse de filtration voisine de 4 mètres ; au moment de l'extension, les deux demies batteries seront doublées et le nombre total des filtres de l'usine porté à 48.
La remise en état de la matière filtrante étant une opération très importante pour la régularité de la qualité de l'eau il a été décidé de la réaliser automatiquement, le personnel d'exploitation n'ayant pas à intervenir sur les temps d'admission des fluides lavants et sur leur débit, ces valeurs étant soigneusement déterminées par les spécialistes, lors de la mise en service de la station.
A cet effet, les filtres seront équipés avec des vannes automatiques à commande par piston hydraulique.
L'ouverture de ces vannes sera contrôlée par un distributeur électrique commandé lui-même par un dispositif à temps constant.
La seule opération manuelle laissée à l'initiative des agents de l'exploitation, sera la mise en route du lavage qui s'effectuera depuis un pupitre placé devant chaque filtre, par la manœuvre d'un bouton poussoir.
Les fluides lavants seront produits, pour l'air, par des surpresseurs du type Roots, pour l'eau par des pompes centrifuges alimentant un château d'eau placé à la partie supérieure du bâtiment d'exploitation.
Cette dernière disposition présente l'avantage de pouvoir réduire la puissance instantanée des pompes, tout en se réservant la possibilité d'utiliser, lors du rinçage, des débits d'eau très importants pouvant atteindre en fin de lavage 50 m3 par m2 et par heure.
Le débit d'air d'agitation du quartz filtrant aura également une valeur très élevée, supérieure à celle admise couramment.
Il faut noter que la station de Si Saïd Machou fonctionnera à des débits très variables suivant les besoins de la Ville de Casablanca.
D'une part, il importe que la vitesse de filtration reste toujours au-dessous de la valeur maximum admise lors de l'étude.
D'autre part, il est du plus grand intérêt de ne pas isoler une partie des filtres si le débit qui traverse la station vient à diminuer.
Les régulateurs dont seront munis les filtres, répondront à ces deux conditions. Il sera utilisé des siphons mis au point par les Etablissements Degremont avec la collaboration des Etablissements Neyrpic. Ces siphons sont caractérisés par l'absence de pièces mécaniques, la variation du débit étant obtenue par modification de l'admission d'air à la partie supérieure du siphon. Sa gamme de fonctionnement est très étendue puisqu'il règle correctement le débit entre 10 et 120 % du débit nominal pour lequel il est construit. Une disposition souple, sans aucun mécanisme, permet en même temps d'équirépartir automatiquement l'eau entre le nombre de filtres en service.
A la sortie des filtres, l'eau sera d'une limpidité parfaite, puisque sa turbidité évaluée d'après la méthode de Dienert, sera inférieure à 5 gouttes de mastic.
La stérilisation. — Pour parfaire complètement l'épuration bactériologique, une simple stérilisation complémentaire a été prévue.
Etant donné la grande longueur de la canalisation qui doit réunir Si Saïd Machou à Casablanca, il est indispensable que cette stérilisation soit efficace et protège également l'eau pendant son parcours contre les pollutions éventuelles.
Le procédé choisi a été celui à la chloramine que nous rappelons succinctement.
On injecte dans l'eau à traiter, successivement de l'ammoniaque puis du chlore, de façon qu'il se forme des chloramines dont le pouvoir bactéricide est intense, mais qui par suite de leur grande stabilité restent présentes dans l'eau pendant une centaine d'heures. Elles ont en outre l'avantage d'être sans goût et sans odeur, ce qui permet, avec des doses de chlore importantes, de réaliser une stérilisation complète qui, avec le chlore seul, donnerait un goût intolérable.
Les réactifs (leur dosage). — L'ensemble de ces divers traitements ainsi que le stockage des réactifs, seront réalisés d'une façon très compacte dans le bâtiment central de la station.
Etant donné l'éloignement de la station, le stockage des divers réactifs est très important. Il correspondra à plusieurs mois d'exploitation.
Il sera réalisé en partie en sous-sol et en partie à l'étage supérieur. Des dispositifs de manutention mécanique permettront de réunir les deux magasins de stockage ; l'accès des camions aura lieu directement dans le magasin du sous-sol, évitant ainsi des manipulations extérieures.
Les doseurs de réactifs seront groupés au premier étage. Ils seront de divers types suivant la nature des réactifs à distribuer.
Pour les réactifs pulvérulents, tels que le sulfate d'alumine, le dosage se fera à sec suivant une technique très au point.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 30 Nov - 10:10

page 180


- Le transport des tuyaux d'un mètre de diamètre par les camions fournis aux Tuyaux Bonna par la  Sté  Somag. (Doc. S.M.D.)
- Au fur et à mesure du terrassement de la tranchée d'amenée d'eau, les tuyaux de 1 m. 70 de diamètre sont transportés à pied d'oeuvre depuis l'usine de la Sté des Tuyaux Bonna d'Aïn Sebaa, par des camions Somua de 15 tonnes. Lorsque l'ensemble des conduites aura été mise en place, plus d'un million de kilomètres auront été parcourus par ces camions, soit vingt-cinq fois le tour de la terre. (Ph. Verdy)

Les doseurs choisis auront une précision supérieure à 3 %.
Le principe de ce doseur est le suivant : à la base d'une trémie constamment détassée est disposé un couloir oscillant dont le mouvement cinématique permet d'obtenir la distribution d'un volume constant. Comme le détassage est permanent, le poids distribué est constant.
Le dosage à sec présente l'avantage de diminuer les manipulations et de doser directement à partir des trémies de stockage suffisantes pour plusieurs jours de marche.
Il évite les pesées préalables pouvant toujours être entachées d'erreurs, qui sont indispensables pour les doseurs humides.
Il a toutefois été prévu à titre de secours, et étant donné l'éloignement de la métropole, des doseurs humides pour le sulfate d'alumine ou le sulfate ferrique, le dosage de la solution se faisant très simplement à l'aide de pompe doseuse.
Des réactifs auxiliaires, tels que le charbon ou l'hexamétaphosphate qui seront utilisés pour éviter l'entartrage des conduites, seront dosés à sec, ou sous forme liquide.
Enfin, la stérilisation se fera à partir de gaz purs, chlore et ammoniaque ; toutefois un doseur humide pourra être utilisé pour distribuer de l'eau de javel en cas d'accident dans les approvisionnements au gaz chlore stockés dans des tanks métalliques de 500 kilogs de charge utile.
Tous les doseurs ont été étudiés pour être adaptés automatiquement au débit d'eau qui traversera la station et qui dépendra du nombre de pompes mises en service à l'usine élévatoire. Le débit sera en effet variable par tranche de 250 litres-seconde, débit de chacune des pompes installées dans l'Oum-er-Rebia. La commande des doseurs se fera depuis le tableau central de l'usine sur lequel un dispositif lumineux répétera les manœuvres effectuées à l'usine de pompage.
Il n'y aura donc pas à se rendre dans la salle des doseurs pour ajuster les débits et la commande par boutons poussoirs se fera depuis le tableau et sera confiée au chef de quart.
Dans le bâtiment central de l'usine seront placées les diverses machines nécessaires aux lavages des filtres et à l'exploitation générale. Là encore, tous leurs équipements seront groupés sur le tableau général qui recevra le courant force transformé dans le poste placé au sous-sol, l'usine étant alimentée directement en haute tension par les deux lignes issues de la station de pompage.
La puissance de ce poste de transformation sera de 450 kVA.
Le bâtiment central abritera également les services administratifs, le laboratoire, le vestiaire du personnel, l'infirmerie.
Les lignes architecturales de l'ensemble de l'usine ont été étudiées pour que cette dernière ait un aspect moderne, néanmoins sans outrance, avec le concours de M. Roth, architecte D.P.L.G. Les travaux de génie civil ont été confiés, après concours, à la Société Nord-Africaine des Entreprises Bous-siron.
L'ensemble a été étudié dans ses moindres détails et tous les matériaux et machines ont été choisis pour que l'exploitation se déroule sans difficulté. Il sera complété par un ensemble d'habitations pour le personnel d'exploitation européen et marocain.

IV. — LA CONDUITE PROPREMENT DITE
L'entreprise générale pour l'exécution de la conduite, qui représente la cartie la plus importante de l'adduction, a été confiée, après concours, à la Société des Tuyaux Bonna.
La mise en place de cette conduite a nécessité de nombreuses études topographiques menées avec le plus grand soin.
L'exécution de la première étape du programme comporte la pose de 76 kilomètres en tuyaux de 1 mètre, 1 m. 40 et 1 m. 70 de diamètres intérieurs.
Celle de la seconde étape de ces travaux entraînerait la pose de 50 kilomètres de tuyaux supplémentaires de 1 m. 70 de diamètre. Comme il a été dit plus haut sa réalisation n'est pas envisagée pour le moment.

L'Usine de la Société des Tuyaux BONNA
La Société des Tuyaux Bonna avait installé en 1930, dans la banlieue de Casablanca, à Aïn-Sebaa, une usine destinée à fournir les tuyaux de la conduite du Fouarat qui, aujourd'hui, concourt à l'alimentation de la ville de Casablanca. Les nouveaux travaux de l'Oum-er-Rebia ont nécessité l'agrandissement, le rééquipement et la modernisation de cette usine qui comprend aujourd'hui une superficie de 33.000 mètres carrés dont 9.000 mètres carrés de surface couverte.
Les services de fabrication comportent deux cellules : l'une pour la production des tuyaux de faible et moyen diamètres, l'autre pour les tuyaux de gros diamètre, les pièces de diamètre ou de formes inusités étant faites sur une chaîne spéciale.
La Société des Tuyaux Bonna s'est efforcée de réaliser mécaniquement toutes les opérations de mise en œuvre des aciers et des bétons. Les dosages du béton se trouvent également effectués automatiquement suivant les procédés les plus modernes et un laboratoire complète, par un contrôle quotidien, la garantie attachée aux produits fabriqués.
Les agrégats nécessaires à une production régulière sont fournis par une station de concassage très moderne qui assure à l'usine une autonomie complète et des stocks constants.
Dès le début de 1949, alors que l'équipement de l'usine était encore en cours, commençait la fabrication, la pose et le transport des conduites de 1 m. et, le 2 mai 1950, la nouvelle usine était inaugurée par le général Juin, Résident général de ...


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 30 Nov - 10:11

page 181


- De haut en bas : Pose au portique d'un tuyau de 1 mètre de diamètre et descente dans la tranchée d'un tuyau de 1 m. 70. Les tranchées ont respectivement 1 m. 47 de large et 2 m. 38 (Chantiers de la Sté Truchetet, Tansini et A. Dodin). (Doc. S.M.D.)

... France au Maroc, en présence de nombreuses personnalités. L'usine, dès lors, se trouvait en mesure de fabriquer chaque jour plus de 200 mètres linéaires de conduites de différents diamètres.

Les types de tuyaux
La conduite comprendra différents types de tuyaux qui, comme nous l'avons dit. auront les dimensions intérieures de 1 m., 1 m. 40 et 1 m. 70. Ces différents types ont été déterminés par les conditions de fonctionnement et de pression des conduites.
Ainsi la conduite de refoulement fonctionnant sous forte charge et susceptible de subir des coups de béliers non négligeables a été exécutée en tuyaux type Bonna, frettés sur tôle (F.T.).
La conduite d'amenée en 1 m. de diamètre est constituée suivant que l'écoulement a lieu en aqueduc ou en conduite forcée par des tuyaux type Bonna frettés sur tôle (F.T.) ou des tuyaux type ciment armé centrifugé (C.A.C.).
La conduite d'amenée en 1 m. 40 et 1 m. 70 comprendra :
— dans les zones à faibles pressions des tuyaux type ciment armé centrifugé (C.A.C.) ;
— dans les zones de moyennes pressions, des tuyaux type béton fretté (B.F.) pour le diamètre de 1 m. 40 et des tuyaux type âme tôle (A.T.j pour le diamètre de 1 m. 70.
Nous donnerons ci-après une description sommaire de chacun des types de tuyaux employés :
a) Les tuyaux type Bonna frettés sur tôle avec double revêtement en béton armé pour la conduite de refoulement et d'amenée de pression caractéristique supérieure ou égale à 40 mètres se composent d'un tube médian en tôle mince formée de viroles assemblées à l'autogène et renforcées aux extrémités par des tôles épaisses, formant pièces de joints.
L'étanchéité parfaite des soudures de ce tube est soigneusement vérifiée par un essai au pétrole, puis on réalise par centrifugation un revêtement intérieur en béton, d'épaisseur variable suivant les diamètres de tuyaux et la pression, ce béton étant armé de génératrices et de spires en fil machine doux.
Après durcissement convenable du béton par étuvage et humidification, l'ensemble est revêtu d'un frettage par fil d'acier dur enroulé sous tension suivant une hélice à pas convenable, puis passé au banc d'essai. Cette opération effectuée, le tuyau reçoit un revêtement extérieur en béton vibré par moulage vertical en coquille.
Après nouvel étuvage, le tuyau est stocké sur un parc humidifié où il est immatriculé.
b) Les tuyaux type Bonna utilisés pour les pressions caractéristiques supérieures à 40 mètres dans le diamètre de 1 m. 70 se composent, comme les tuyaux type frettés sur tôle, d'un tube médian avec revêtement intérieur en béton armé centrifugé mais sans frettage ; l'ensemble étant revêtu d'une armature extérieure en acier doux protégée par un revêtement de béton moulé et vibré.
Après nouvel étuvage, ce tuyau est stocké sur parc humidifié où il est immatriculé.
c) Les tuyaux type béton armé centrifugé employés lors que les pressions caractéristiques sont inférieures ou égales à 40 mètres se composent d'un tube en béton armé centrifugé dont les armatures (spires et génératrices) et les dosages varient avec la pression.
d) Les tuyaux type béton fretté pour des pressions caractéristiques supérieures à 40 mètres dans les diamètres de 1 m. 40, sont constitués par un tube primaire en béton armé centrifugé précontraint longitudinalement au moyen de génératrices en fil dur tendues et sont munis à chaque extrémité de pièces métalliques de joints.
Après durcissement convenable du béton par étuvage et humidification, le tube primaire est fretté par roulement sous ...


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page 182


- S. T. B., Société des Tuyaux BONNA, Casablanca.



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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 30 Nov - 10:15

page 183


- A l'usine de la Société des Tuyaux Bonna, à Aïn Sebaa :
- en haut : centrifugation d'un tuyau de 1 m. 70 ;
- en bas : frettage au fil d'acier d'un tuyau de 1 m. à forte pression.
(Doc. S.M.D.)

... tension à pas convenable d'un fil d'acier dur. passé au banc d'essai, puis reçoit par moulage vertical en coquille un revêtement extérieur en béton vibré.
e) Les pièces spéciales de la conduite seront exécutées en béton armé avec tubs médian en tôle d'acier, système Bonna. L'ensemble de ces pièces est fabriqué à la main, par application d'un double revêtement en béton armé sur la tôle chaudronnée et soudée aux dimensions prévues.

Découpage de la conduite :
Le découpage en diamètres de la conduite comprendra :
— sur le refoulement des tuyaux de 1 mètre de diamètre intérieur, type fretté sur tôle de 8 mètres de long et d'un poids unitaire de 6.500 kg. Ces tuyaux ont des caractéristiques leur permettant de résister à des pressions allant de 8 à 30 kg par centimètre carré ;
— sur la conduite d'amenée, les tuyaux auront les caractéristiques suivantes :
a) conduite en 1 m. 70 de diamètre intérieur sur un linéaire de 16.000 mètres exécuté en tuyaux type Bonna ou ciment armé centrifugé de 5 mètres de long et d'un poids unitaire moyen de 11.000 kg ;
b) conduite en 1 m. 40 de diamètre intérieur, sur un linéaire de 52.000 mètres, exécuté en tuyaux type ciment armé centrifugé ou béton fretté de 7 mètres de long et d'un poids unitaire moyen de 10.000 kg.

Programme de réalisation :
Les conditions imposées pour la fabrication ont été d'abord de 4 puis de 9 tuyaux de 1 mètre par jour pendant les douze premiers mois, période de montage et d'équipement de la nouvelle usine.
La cadence du 12e au 31e mois sera de 150 mètres par jour ouvrable, soit 9 tuyaux de 1 m. 70 et 15 tuyaux de 1 m. 40 ou 21 tuyaux de 1 m. 40.
Le programme à réaliser est considérable puisqu'il exige la mise en œuvre dans un délai très court de :
— 9.000 tonnes d'acier ;
— 24.000 »» de ciment ;
— 60.000 »» d'agrégats ;
— 100 »» de plomb.

Chantiers de pose :
Deux chantiers de terrassement et pose sont ouverts, l'un en partant de Si Saïd Machou, l'autre de Casablanca.
Les travaux de terrassement pour lesquels la Société des Tuyaux Bonna reste entrepreneur général, ont fait l'objet de deux lots : le premier pour la conduite de 1 m. a été exécuté par la Société Marocaine Truchetet-Tansini et A. Dodin., qui a terminé ses travaux dans l'été 1950.
Il comprenait la réalisation de 30.000 m3 de déblais en tranchées de 1 m. 47 de largeur, à une cadence moyenne de 100 mètres linéaires par jour.
Le second lot qui comprend 450.000 m3 de déblais, a été entrepris simultanément dans le courant du mois d'août 1950 près d'Aïn Chok à Casablanca par les Etablissements Gagneraud et la Société Dragages et Entreprises Marocaines, et du côté de Machou par la Société Truchetet-Tansini et A. Dodin.
Les cadences d'exécution sont respectivement de 45 et de 105 mètres par jour ouvrable. Tous les travaux de terrassement sont exécutés au moyen d'engins puissants. La pose et le transport des canalisations sont exécutés par la Société des Tuyaux Bonna ainsi que les ouvrages le long de la conduite.
La pose proprement dite s'effectue au treuil, à la chèvre, au portique et à la grue de pose suivant les diamètres et le relief du terrain.
L'assemblage des tuyaux se fait par joints matés à la corde et au plomb, les pièces métalliques étant par la suite protégées de l'oxydation par une bague en béton armé coulée sur place.

Les transports :
La Société des Tuyaux Bonna a été également chargée du transport des tuyaux. Le poids de l'ensemble des conduites mises en place, atteindra 120.000 tonnes qui seront transportées sur route et les neuf puissants camions de 15 tonnes Somua, équipés de moteurs de 130 CV. effectueront un parcours total de 1.000.000 de kilomètres, soit vingt-cinq fois le tour de la terre, avant de terminer le transport de l'ensemble des conduites.
Pour assurer la marche normale des chantiers, ces transports doivent être assurés par tous les temps, sur route comme sur piste, avec des charges de 10 à 13 tonnes.

V, — LE BASSIN DE COMPENSATION ET LE FONCTIONNEMENT DE L'ADDUCTION
L'écoulement de l'eau dans une conduite de cette longueur et d'aussi forts diamètres, a posé des problèmes très ardus. A ne pas prendre de précautions, l'on risque en effet l'écoulement par à-coups, les oscillations de masse et des déversements. Il n'est pas possible d'exposer ici les problèmes posés qui ont nécessité de multiples épures et des essais sur modèles réduits. Nous nous contenterons d'indiquer ce qu'est la régulation « par l'aval » du débit de la conduite, telle qu'elle sera réalisée.
Un fleuve, en tête duquel se trouverait un puissant barrage, est un ensemble réglé par l'amont. C'est l'ouverture plus ou moins grande des vannes du barrage qui commande le débit du fleuve. Il en résulte qu'une ouverture en tête se traduit ...


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 30 Nov - 10:16

page 184


- Tour de concassage (en haut) et concasseur d'agrégats type giratoire, à l'usine des Tuyaux Bonna ; débit : 20 m3 à l'heure. Cette station de concassage assure la fourniture des agrégats nécessaires à une production régulière et garantit à l'usine une autonomie complète. (Doc. S.M.D.)

... par une augmentation du débit à l'aval qui peut se produire plusieurs jours après si le fleuve est long ou que son débit porteur est faible. Le réglage de l'adduction de l'Oum-er-Re-bia sera, au contraire, réalisé par l'aval. Autrement dit. c'est la variation de la demande des consommations de Casablanca qui réglera le débit. Ce système permet, en cas de chergui par exemple, d'éviter d'attendre plusieurs jours pour fournir le supplément de débit nécessaire.
Un autre avantage de ce système est de maintenir en pression la totalité de la conduite de 1 m. 40 et de 1 m. 70 et d'éviter par là l'introduction dans la conduite, d'eau polluée et de bulles d'air, dont le dégagement produirait des perturbations.
Cette régulation sera obtenue au moyen de cinq chambres de rupture, disposées le long de la conduite, qui transmettront vers l'amont jusqu'au bassin de compensation, les demandes de débit faites par Casablanca. Ces chambres seront équipées de vannes aiguilles spécialement étudiées à cet effet.
Le débit appelé par la conduite sera donc variable. Le débit refoulé et épuré étant un multiple du débit unitaire des pompes, il est donc nécessaire de compenser les écarts entre le débit appelé et le débit pompé. Tel sera le rôle du bassin dit de compensation, dont le niveau, variable et télésignalé à la station de pompage, permettra de régler en conséquence la marche des pompes et de l'épuration.
Ce bassin de compensation qui, comme il a été vu plus haut, sera situé au point d'arrivée de l'adduction définitive d'Im'Fout, comprendra deux cuves de 60 mètres de diamètre réalisant un volume utile de 20.000 mètres cubes. Son exécution a été confiée, après concours, à la Société Nord-Africaine des Entreprises Boussiron.

VI. — LES INSTALLATIONS DE CASABLANCA
II sera prévu à l'arrivée à Casablanca un ouvrage comportant :
— des dispositifs de commande du débit et de comptage ;
— un poste de contrôle de la chloration, afin de livrer au réseau de distribution une eau ne comportant qu'une dose infinitésimale de chlore.
De cet ouvrage, la conduite conduira l'eau dans deux réservoirs (cote trop-plein : 89) situés l'un sur la route de Bouskoura et l'autre sur la route de Médiouna.
Chacun de ces réservoirs comprendra, au stade définitif, deux cuves de 25.000 mètres cubes, permettant ainsi la réalisation d'un programme de réservoirs de 100.000 mètres cubes nouveaux. Ces réservoirs, et ceux existant actuellement, assureront donc une sécurité d'alimentation de plus de 24 heures à l'ensemble de l'agglomération.
De là, plusieurs conduites de 800 m/m. de diamètre répartiront l'eau dans le réseau de distribution existant, qui a été dans ces dernières années, aménagé en vue de la réception des eaux de l'Oum-er-Rebia.
Le réseau comprendra donc deux étages de pression. Le réseau bas, situé en principe au-dessous de la cote 25 et qui continuera à être alimenté, comme par le présent, à partir des réservoirs de Dar Bouazza, situés à la cote 55. Le réseau haut, qui est actuellement alimenté par pompage à partir de Dar Bouazza, dans des conditions d'exploitation assez délicates et qui sera repris par les réservoirs de 25.000 mètres cubes.
L'ACHEVEMENT  DES  TRAVAUX  EST PREVU  POUR   1952
Les travaux ont été commencés en 1949. En 1950, l'usine à tuyaux construite à cet effet, avait atteint la cadence prévue, la totalité de la conduite de 1 m. de diamètre était intégralement achevée et les chantiers ouverts simultanément aux deux extrémités, suivaient un rythme satisfaisant. L'intégralité du matériel était commandée et la construction de la station de pompage et de la station d'épuration était en cours.
L'ensemble des travaux, dont le montant dépassera deux milliards et demi de francs, aura nécessité l'exécution de plus de 500.000 mètres cubes de terrassements, la mise en œuvre de plus de 30.000 tonnes de ciment et de 11.000 tonnes de tôles et acier, le transport de plus de 6 millions de tonnes kilométriques.
L'achèvement est prévu pour l'année 1952. Il ne sera pas trop de trois ans pour mener à bien tout un ensemble qu'il était nécessaire de décrire, pour montrer que l'eau potable, dont l'arrivée au robinet paraît souvent si évidente, nécessite, surtout en Afrique du Nord, des travaux d'envergure et de longue haleine.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mer 3 Déc - 20:04

page 185


- En haut de la page : L'Aïn Rhor dont le captage à 50 km. au nord-est de Safi, assurera une partie importante de l'alimentation en eau de la ville.
- Ci-dessus : Plan de situation des adductions de l'Aïn Rhor et de l'A'ïn Tameï.
(Doc. F.R.)


L'ALIMENTATION EN EAU DE SAFI

LES Safiots avaient depuis longtemps le triste privilège, d'entre tous les citadins, de boire la plus mauvaise eau du Maroc. Quant à la quantité — 25 l.-s. — elle était elle aussi de plus en plus insuffisante, au fur et à mesure que la ville s'étendait, et qu'en particulier naissaient les conserveries, grosses consommatrices d'eau. Les deux puits utilisés étaient celui de Sidi Bouzid, sur la côte, et fournissant les trois quarts du débit, et celui de « l'Aviation », sur le plateau.
LE CAPTAGE DE L'AIN RHOR
Aussi, dès avant-guerre, le problème était-il attaqué. Mais les difficultés étaient de taille puisque, pour trouver une source importante, il avait fallu aller à plus de 50 kilomètres vers le nord-est. Du moins se promettait-on de cette source, l'Aïn Rhor, un débit suffisant aux besoins ; et son altitude était telle (cote 100), qu'elle permettait l'acheminement de l'eau jusqu'à Safi, par simple gravité.
En 1939, les travaux étaient commencés, consistant essentiellement en une galerie, en majeure partie souterraine, et entièrement revêtue. On vit grand : la section intérieure de l'ouvrage, — rectangulaire et surmontée d'une voûte semi-circulaire —, mesure 1,10 m. de large, et 1,75 m. de hauteur sous intrados. Etant donné sa pente moyenne de 17 mm. par 100 m., elle permet le passage de 100 l.-s., le débit espéré étant de 70 l.-s.
Cependant, la guerre devait bientôt ralentir considérablement les travaux, qui ne furent repris de façon efficace qu'en 1947.
Il fallait tout d'abord capter soigneusement la source. Celle-ci n'était pas constituée par un griffon unique, mais comprenait toute une série de suintements, au contact du grès pliorène et de marnes bariolées imperméables. Aussi eut-on recours à une antenne drainante, longue d'environ 200 mètres, de section identique à celle de la galerie, mais dont une des parois est faite d'une maçonnerie en pierres sèches permettant le passage des eaux.
Cependant, le débit ainsi recueilli n'atteignait que 30 l.-s. On était loin du chiffre escompté (70 l.-s.). Aussi fallait-il trouver des ressources complémentaires. Les recherches par forages et prospection électrique portèrent d'abord, — et on le conçoit aisément —, sur les abords immédiats du tracé de la galerie. Seuls les sondages effectués sur les quinze premiers kilomètres furent concluants. On choisit finalement l'Aïn R'tem, susceptible de fournir le meilleur débit (10 l.-s.), et distant de 800 mètres de l'Aïn Rhor.
L'eau de cette source est refoulée par pompage, de la cote 96,6 à la cote 100, et rejoint la tête de la galerie principale. Là, une chambre de répartition permettra de réserver les droits d'eau de quelques colons et fellahs de l'endroit.
LA GALERIE D'AMENEE
Restait à réaliser, ou à achever, sur les tronçons déjà entamés, la galerie d'amenée, dont nous avons dit la longueur et les dimensions.
Elle fut divisée en trois lots, dont deux adjugés à des entreprises privées, l'Administration s'étant réservé le troisième qui avait été commencé en 1939.
C'est ainsi que le lot n° 1, comprenant les 16 premiers kilomètres, fut confié à la Société Marocaine des Entreprises Vandewalle et Guillemant, qui assumait également les travaux de captage.
La majeure partie de ce tronçon, comme aussi des suivants, est en souterrain, creusé dans la roche dure, sauf une zone glaiseuse de 3 kilomètres, exécutée en tranchée, et qui a nécessité des boisages importants et des épuisements ininterrompus.
Les travaux exigèrent une importante main-d'œuvre de 1.000 à 1.200 ouvriers marocains, encadrés par 60 Européens, dont une vingtaine appelés de France avec leurs familles par l'entreprise. Une cité temporaire, « Vandewalle-City ». fut montée au p.k. 12.000, au lieu dit « Aïn Aomar », avec toutes les installations d'usage (logements pour familles et célibataires, cantine, infirmerie, etc...).
La petite section de la galerie (1,70 m. de large avant bé-tonnage, et environ 2 m. de haut), nécessita des puits d'aération très rapprochés — tous les 80 mètres — utilisés aussi pour l'évacuation des déblais. La distribution de l'air comprimé fourni par un groupe de huit compresseurs mobiles, se faisait tout le _ long de la galerie, par une conduite métallique fixe avec réservoirs additionnels sur laquelle se branchaient, à l'aide de flexibles, les marteaux des différentes attaques.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mer 3 Déc - 20:05

page 186


- En haut et de gauche à droite : Distribution de béton par Dumpers Aveling Barford et station de concassage Cometta de 100 CV. sur les chantiers Vandewalle et Guillemant. (Doc. V.G.)
- Ci-contre : Ouvrage en élévation pour l'adduction des eaux de l'Ain Rhor à Safi, et schéma en perspective de la station de pompage et des galeries drainant les sources entre l'Aïn Tameï et l'Aïn Sexou (Entreprise Fourré et Rhodes). (Doc. F.R.)

II fallut installer aussi une importante station de concassage de 100 CV, et d'une production journalière de plus do 200 m3. Des bétonnières mobiles se déplaçaient le long du Chantier au fur et à mesure de l'avancement de la galerie. Les ciments utilisés pour les revêtements étaient du type C.M.M. métallurgique mixte, qui, par leur imperméabilité et leur non-désagrégation, s'avérèrent parfaitement adaptés à ce genre d'ouvrage.
Signalons enfin que le chantier fut relié en permanence, par radio, avec Safi, et avec Aïn Aomar, ce qui permit des liaisons accélérées entre les différents services.
Le deuxième lot, de 16.300 km., effectué par l'Entreprise Fourré et Rhodes, comporte en particulier un siphon, long de 1.300 mètres, nécessité par le franchissement d'une daya, et un ouvrage en élévation de 1 km. où la voûte est remplacée par une dalle plane en ciment, et qui est supporté par une succession de voûtes de 3 mètres de portée.
Deux mille ouvriers — en période de pointe — répartis en trois camps, et une quarantaine d'Européens, participèrent aux travaux.
Enfin, le troisième lot. qui fut commencé dès 1939, du p.k. 33,00 au p.k. 52,500, pris en charge par l'Administration, comportait l'exécution du même type de galerie. Sur la fin du parcours, la galerie forme réservoir sur un tronçon de 2 km. De là, une conduite forcée, réalisée par la Sté SOCOMAN, amène l'eau dans la ville.
Tous ces travaux sont actuellement achevés ou entrent dans leur stade final et la mise en service de l'ensemble n'est plus qu'une question de quelques semaines.
AIN TAMEI : UN CAPTAGE PROVISOIRE...
Cependant, lorsque les chantiers de l'AÏn Rhor démarrèrent, en 1947, on rechercha une solution provisoire afin d'alléger tout au moins l'attente des industriels et des particuliers, et de ne pas freiner l'essor de la ville.
Les Services Hydrogéologiques ayant repris et complété des recherches anciennes, on décida de capter l'AÏn Tameï. situé à une douzaine de kilomètres au nord de Safi. en bordure de mer, non loin du Cap Safi. La source jaillissait presque au niveau de l'océan, dans une zone d'éboulis qui longe le pied de la falaise.
Une galerie fut forée, au tracé irrégulier, remontant le long du griffon et pourvue à sa tête d'une station de pompage qui refoulait l'eau vers les réservoirs de Sidi Bouzid, qui dominent l'agglomération.
Le débit obtenu était de l'ordre de 8 à 10 l.-s. L'installation fonctionna dès le printemps 1950 et, utilisée par intermittence aux moments de pointe, fournit un appoint apprécié de l'ordre de 300 à 400 m3 par jour.
. . .ET INSTALLATION DEFINITIVE
Mais le problème de trouver un appoint permanent, et important, aux 40 l.-s. de l'A'ïn Rhor, auxquels s'ajouteraient les 10 l.-s. de l'A'ïn R'Tem, restait entier.
Les recherches des Services Hydrogéologiques avaient révélé que la zone environnant l'Aïn Tameï recelait d'autres sources qui, comme elle, naissait au pied de la falaise gréseuse, au contact d'une couche de marne bleue imperméable. Cette zone s'étendait plus spécialement entre l'Aïn Tameï et l'Aïn Sexou, à 500 mètres plus au sud.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mer 3 Déc - 20:07

page 187


- De haut en bas : Les aménagements extérieurs du nuits d'aération et de refoulement des pompes, profond de 70 m., pour le captage
des eaux de l'Aïn Tame
— Galerie de fuite et d'attaque de l'Aïn Tameï — Puits auxiliaire de captage d'une source secondaire à l'intérieur de la falaise (Entreprise Fourré et Rhodes).
(Doc. F.R.)

C'était donc là aussi une galerie de captage qu'il fallait réaliser, qui drainerait les deux sources déjà citées, et toutes celles rencontrées entre ces deux points extrêmes.
Pour cela, au droit de l'Aïn Sexou, et à la cote + 1,90, une galerie d'attaque qui servira plus tard de galerie de vidange, a été creusée, perpendiculaire au front de la falaise, et pénétrant de 50 mètres à l'intérieur de celle-ci, après avoir traversé sur 100 mètres la zone d'éboulis. De ce point part la galerie de captage, parallèle au front de la falaise, et longue de 500 m. Ayant à drainer les sources situées au contact du lit de marne, elle suit évidemment le pendage de celui-ci, de sorte que les eaux se rassemblent par gravité du côté de l'Aïn Sexou. Là, à l'intersection de la galerie drainante et de la galerie d'attaque, un puits, le « puits Z », haut de 70 mètres, et d'un diamètre de 3,25 m., rejoint la surface de la falaise. Il est relié à une chambre de pompage qui refoulera l'eau au bordj Nador, dominant le Cap Safi, par une conduite de 5 km. de long ; quatre électro-pompes sont prévues, capables de débiter chacune 27 l.-s. sous 160 m. de hauteur manométrique. Là, des bassins de mise en charge dont l'un — de 1.500 m3 — déjà réalisé, par la SMET, alimenteront le réservoir de Sidi Bouzid.
Les travaux, confiés à l'Entreprise Fourré et Rhodes, sont très avancés. La galerie d'attaque a été forée, ainsi que le « Puits Z », et une bonne partie de la galerie de captage ; la chambre des pompes est en cours d'exécution.
D'autre part, pour permettre l'établissement de deux autres fronts d'attaque, une galerie et un puits auxiliaires ont été réalisés, à mi-chemin entre l'Aïn Sexou et l'Aïn Tameï.
La fin des travaux est escomptée pour l'été 1951, et l'on peut tabler sur un débit de l'ordre de 35 l.-s., qui, ajouté aux 40 l.-s. de l'Aïn Rhor, assurera donc à la ville de Safi une alimentation de 75 l.-s., contre 25 l.-s. autrefois. Les besoins seront donc satisfaits, en quantité, et aussi en qualité, car toutes ces eaux sont très pures et très douces, ce qui n'était guère le cas jusqu'ici !
Safi peut donc espérer à bon droit voir son ancienne et peu enviable réputation se justifier de moins en moins !
Notons que l'eau la plus économique restera toujours celle de l'Aïn Rhor, qui arrive uniquement par gravité. Or, comme la demande est sujette à de très fortes pointes, — par suite des modalités de fonctionnement des nombreuses conserveries — aux périodes de faible consommation, l'alimentation se fera par les seules sources de l'Aïn Rhor, les stations de pompage (Aïn R'tem et Aïn Tameï) n'entrant en action qu'au fur et à mesure des besoins.

Le chargement des déblais résolu par EIMCO
Si les problèmes de la perforation et du tir avaient reçu à cette époque une solution satisfaisante, le problème du déblaiement restait à résoudre.
La pelle EIMCO, faisant son apparition en 1935, combla cette lacune.
Reproduisant fidèlement le geste du pelleteur, cet engin assure le chargement grâce à la combinaison d'un mouvement de translation et d'un mouvement de relevage du godet. Le fait que la projection a toujours lieu dans l'axe permet d'utiliser la machine en courbes.
Différents types furent construits suivant l'emploi qui leur était destine.
En galerie, le type 12B, chargeant en moyenne 4 m3-heure, est employé en petite section, alors qu'en moyenne le type 21 charge 10 m3-heure. Les grandes sections nécessitent l'emploi du type 40 qui peut charger 25 m3-heure.
Ces modèles roulent sur voie et peuvent être équipés de moteurs soit à l'air comprimé, soit électriques.
Sur chenilles, les types 102 et 104, de conception récents, pouvant être employés soit en galerie, soit à ciel ouvert, ont déjà été utilisés avec succès aux Etats-Unis, en raison de leur grande souplesse de manœuvre.
Les milliers d'engins qui fonctionnent actuellement dans le monde ont prouvé ses réelles qualités de robustesse et de maniabilité.
Cette gamme de chargeuses permet donc la solution rationnelle de tous les problèmes d'évacuation des déblais.



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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mer 3 Déc - 20:08

page 188


- A. C. F. I. MAROC, Casablanca.



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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mer 3 Déc - 20:10

page 189



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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mer 3 Déc - 20:11

page 190



- Station d'épuration de l'oued Zemrane, installée au pied même du barrage. (Doc. F.R.)
- SCHEMA DE L'INSTALLATION DE TRAITEMENT DES   EAUX
I. Barrage - 2. Tour de prise - 3. Régulateur de débit - 4. Conduite d'amenée - 5. Circulaire (dm. 8,50) -6. Camion d'amenée de chaux vive - 7. Stockage de chaux vive (env. 30 m3) - 8. Bac à chaux (3,00 x 2,00 X 1,40) - 9. Agitateur à lait de chaux (dm. 2,40) - 10. Pompe à lait de chaux - 11. Refoulement du lait de chaux - 12. Doseur de lait de chaux - 13. Trop-plein de lait de chaux (retour à 9) - 14. Conduite de distribution de lait de chaux - 15. Bac de préparation de lait de chaux - 16. Appoint d'eau décantée - 17 Pompe à lait de chaux - 18. Distribution d'eau de chaux du circulator - 19. Stock de sulfate d'alumine - 20. Préparation de sulfate d'alumine - 21. Pompe à sulfate d'alumine - 22. Distribution de sulfate d'alumine - 23. Vidange des boues du circulator - 24. Conduite d'eau décantée vers les filtres - 25. Entrée d'eau décantée sans les filtres - 26. Filtres à silex - 27. Sorties d'eau filtrée vers la citerne - 28. Citerne à eau filtrée de 300 m3 env. - 29. Conduite d'aspiration d'eau de lavage - 30. Pompe à eau de lavage des filtres - 31. Conduite de refoulement de l'eau de lavage - 32. Entrée de l'eau de lavage dans les filtres - 33. Evacuation des boues après lavage - 34. Vidange des filtres - 35. Trop-plein des filtres - 36. Surpresseur d'air (lavage des filtres) - 37. Conduite d'amenée d'air surpressé - 38. Préparation d'hexamétaphosphale - 39. Bac à niveau constant - 40. Doseur d'hexamétaphosphate - 41. Conduite d'aspiration des pompes - 43. Pompes à hexamétaphosphate - 44. Conduite de refoulement vers Khouribga - 45. Caniveau de vidange générale -46. Réservoir d'air - 47. Compresseur.


Le but du présent article est principalement de donner les caractéristiques et de décrire les ouvrages réalisés.

LE BARRAGE
Emplacement du barrage. -- La situation géologique de l'ouvrage est très simple. Le mur s'appuyait sur des bancs de quartzite du Silurien, enrobés dans des schistes.
Le pendage est d'environ 60°, vers l'amont, ce qui est une circonstance excellente. Une petite faille ramène les bancs schisteux sur la rive gauche au niveau des quartzites.
La  retenue  s'étendra  en  totalité  dans  les  schistes   ou les quartzites du même âge. Nulle part une roche  différente ou perméable   n'apparaît.   La   solidité   d'ensemble   du  terrain de fondation ne fait donc l'objet d'aucun doute.
Type du barrage. — L'ouvrage est un barrage poids.
La retenue normale étant à la cote (708), la crête théorique a été placée au niveau (709,60) soit 1 m. 60 au-dessus.
C'est à ce niveau limite que se coupent les deux plans délimitant le corps du barrage, soit :
— un plan vertical à l'amont,
— un plan incliné à 0,76 sur un, à l'aval suivant le profil type adopté.
La composition définitivement adoptée a été la suivante :
La largeur en crête est portée à 1 m. 50 afin de constituer une aire d'accès à la tour de prise d'eau et au dispositif de manœuvre de vannes de vidange.
La fondation, en gradins, épouse sensiblement la forme du rocher sain dans lequel elle s'engrave.
En amont, un mur parafouille, faisant corps avec le barrage s'encastre dans le terrain jusqu'à la partie compacte de celui-ci, afin d'entraver les infiltrations sous la fondation.
Un dispositif de drainage de la masse est prévu et comporte :
— des drains verticaux de 0 m. 10 de diamètre, réalisés par des tuyaux en poterie noyés dans le béton lors du coulage, distants de 2 m. 50 environ et placés à 0 m. 50 (distance axiale) du parement amont ;
— des drains horizontaux   de   même diamètre   reliant les drains verticaux tous les trois à quatre mètres environ ;
— une galerie longitudinale  de visite et de drainage,  de 2 m. x  1 m. placée   au-dessus   du  mur   parafouille,   dans laquelle accèdent les drains verticaux.
Certains de ces drains traversent le parafouille jusqu'au rocher pour permettre des injections éventuelles de ciment sous ce mur dans le cas peu probable d'infiltrations dans le terrain ;
— des buses transversales de 0 m. 50 de diamètre intérieur avec pente de 1 %  environ,  placées tous les dix mètres  en moyenne et destinées à évacuer les eaux d'infiltration de la galerie vers l'aval ;
— quelques drains verticaux de 0,10 de diamètre reliant ces buses à la fondation, pour réduire toute sous-pression éventuelle.
La galerie longitudinale est interrompue de part et d'autre des dispositifs de prise et de vidange.
Il a été exécuté des injections de liaison, réalisées suivant un quadrillage de 2 m. 50 réparti sur la base de la fondation au moyen de tube de 4 ml.
Ces injections de liaison ont été effectuées dès que l'ensemble du béton du barrage a atteint une hauteur de 4 m. environ, afin d'obtenir une liaison parfaite entre la base de l'ouvrage et la quartzite du terrain naturel.
Composition des béions.
Le béton cyclopéen du corps du barrage était dosé à raison de 200 kg. de ciment par mètre cube mis en œuvre.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mer 3 Déc - 20:12

page 191


Ce dosage a été porté à 275 kg. au droit du parement amont, sur une épaisseur variable de 1 m. 50 en moyenne.
L'étude de la granulométrie des bétons, ainsi que le contrôle de leur mise en œuvre a été confiée au Bureau Sécuritas, en collaboration avec le Laboratoire Public d'Essai et d'Etude.
La mise en place a été effectuée à la pompe à béton, et pour augmenter sa compacité ainsi que sa maniabilité, il a été ajouté du frioplast-ciment à raison de 1 % du poids du ciment environ.

OUVRAGES ACCESSOIRES
Ces ouvrages sont les suivants : un déversoir de crête, une tour de prise d'eau, une galerie de vidange et de dévasement avec vannes.
a) Déversoir de crête. — Le débit de ce déversoir a été fixé à 150 mètres cubes par seconde. Placé sur la rive droite.- il mesure 33 m. 50 de longueur et ne comporte aucun dispositif mécanique.
Le niveau de crête étant à la cote (708), la hauteur théorique maximum de la nappe déversante sera voisine de 1 m. 60 au-dessus de la crête. Aucune dalle de circulation n'est disposée au droit du déversoir.
Un mur guideau, faisant corps avec le barrage, destiné à éloigner les eaux de crue des fondations de l'ouvrage, a été réalisé côté thalweg pour guider ces eaux vers le lit entaillé dans le rocher.
b) Tour de prise d'eau, — Cette tour, en béton armé, mesure 1 50 X 2 50 de vide intérieur. Elle est placée près du dispositif de vidange de manière à éviter son envasement.
Elle est accolée au parement amont, légèrement vers la rive gauche et communique à sa base avec une galerie transversale de 1 m. x 1m. 80 pour le passage et la visite des canalisations de prise.
Les trois doubles prises d'eau distantes horizontalement de 0 m. 75 d'axe en axe ont été mises en place aux niveaux (697.50), (700) et (705). Elles sont protégées à l'extérieur par un double grillage.
Au droit de chaque prise se trouve un palier. Des échelles métalliques relient les différents paliers.
On accède à la tour par le chemin de crête.
c) Galerie de vidange et de dévasement. — Cette galerie a été aménagée au droit du canyon, c'est-à-dire vers le point le plus bas.
Sa section est de 1.20 x 1.80 et son orifice amont est évasé afin de réduire la contraction du jet liquide lors de son entrée.
Sa partie basse est à la cote (696) et sa partie haute à (697,80) au droit du parement amont.
L'entrée est protégée par une grille.
Les vannes, du type « Wagon », sont au nombre de deux : l'une placée vers le parement amont, l'autre à 1 m. 80 environ vers l'aval.
Elles sont manœuvrées à l'aide de crics à crémaillères d'une cabine placée sur la crête du barrage.
Le débit courant de l'oued, fixé à 5 litres par seconde, est évacué de la tour de prise d'eau à l'aide des vannes placées à la cote 697,50.
L'eau traitée doit être débarrassée de toutes ses matières en suspension et répondre aux conditions imposées par le Conseil Supérieur d'Hygiène de France.

LA STATION D’ÉPURATION
Au point de vue de sa dureté, pour parer aux inconvénients résultant de la présence d'une grande quantité de sels de calcium et de magnésium pouvant créer des incrustations en réseau et donner lieu à des difficultés d'utilisation, l'eau aura, après traitement, un titre hydrotimétrique compris entre 25 et 30°.
Le traitement comporte toutes les opérations nécessaires à la clarification, à la décalcification et à la stérilisation de l'eau.
Ces diverses opérations sont les suivantes : coagulation et décarbonatation à la chaux ; floculation ; décantation ; filtration ; stérilisation.
L'installation est prévue pour un débit horaire de 125 m3 d'eau, son fonctionnement est le suivant :
L'eau brute est prélevée dans la retenue du barrage et amenée à une soupape régulatrice de niveau et de débit. Cette soupape permet d'obtenir une charge constante quelle que soit la hauteur d'eau en amont du barrage. L'eau entre dans un décanteur circulaire par un éjecteur, traverse la zone de mélange des boues et reçoit au passage dans la tuyauterie centrale l'addition des réactifs.
L'eau décantée ressort par un collecteur circulaire et parvient à quatre filtres verticaux fonctionnant en parallèles. Ces filtres sont du type à lavage hydropneumatique. L'eau filtrée tombe dans une citerne de réserve d'où elle est reprise par un double groupe de pompage pour être envoyée à Khouribga après stérilisation au chlore gazeux.
L'ensemble des installations implanté à l'aval et au pied du barrage comprend : la cabine du régulateur, le circulator, l'usine proprement dite.
Celle-ci comporte une citerne de stockage d'eau épurée. Au-dessus : la salle des pompes, une salle des filtres et une salle de préparation des réactifs. A l'étage : le stockage des réactifs ainsi que la préparation du lait de chaux.

L'ADDUCTION D'EAU ET LA REPRISE DU RÉSEAU DE KHOURIBGA
La canalisation part de la salle des pompes à la cote 697, passe par un point haut à la cote 812,30 situé à 4.525 ml. de Khouribga pour se déverser dans le réservoir enterré du Centre (cote 800,85) d'une capacité de 2.000 m3.
Cette canalisation a été établie pour assurer un débit à l'arrivée de 100 m3-heure.
Une rupture de charge a été prévue au point haut pour utiliser la gravité entre ce point et le réservoir d'arrivée.
Le refoulement est assuré au départ par un double groupe de 100 m3-heure avec pompes S.M.I.M. multicellulaire, muni d'un dispositif S.W. antibélier.
L'eau devant être plus largement distribuée, il fallait que chacun puisse avoir sa part du précieux liquide, même durant l'été.
La reprise du réseau a nécessité l'enlèvement de 1.500 ml. de tuyauterie ancienne et la mise en place de 7.500 ml. de canalisations nouvelles.
Améliorer l'alimentation des particuliers, faciliter l'arrosage des jardins et des squares, alimenter une piscine, telles sont les préoccupations qui ont guidé les auteurs de ce projet de réfection du réseau de distribution d'une ville en pleine période de développement.
En terminant cet article il nous est particulièrement agréable de pouvoir citer les noms de : M. Bauzil, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, chef de la Circonscription de l'Hydraulique et de l'Electricité, et M. Robaux, chef du Centre des Etudes Hydrogéologiques qui nous ont prêté leur précieux concours pour l'étude et la mise au point de nos projets définitifs des ouvrages par leurs avis qualifiés que nous avons souvent sollicités au cours des travaux.


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L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.
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