Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Sam 14 Juil - 9:17

page de couverture






( les publicités des premières pages sont reportées en fin de présentation )


page 9




SOMMAIRE

L'HYDRAULIQUE   ET   L'ELECTRICITÉ AU   MAROC

par M. Georges GIRARD, Ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées, Directeur des Travaux Publics au Maroc.

LES    TRAVAUX    HYDRAULIQUES    DES    ROMAINS    EN AFRIQUE    DU    NORD
par R. THOUVENOT, Inspecteur des Antiquités au Maroc.

LE   RÉGIME   JURIDIQUE   DES   EAUX   AU   MAROC
par A. SONNIER, Docteur en Droit, Administrateur Civil, Sous-Directeur à la Direction des Travaux Publics au Maroc.

LES  AMÉNAGEMENTS HYDRO-ÉLECTRIQUES
Le  complexe hydraulique de  l'Oued  El Abid.
L'aménagement de   l'Oum-er-Rebia.
Barrages et usines hydro-électriques.
Les installations thermo-électriques.
L'exploitation  et  la  distribution  de  l'énergie  électrique.

LES   PÉRIMÈTRES   D'IRRIGATION
L'EAU et les HOMMES aux BENI-AMIR - BENI-MOUSSA
par C. TALLEC, Contrôleur Civil, Chef de Région, Directeur de l'Office de l'Irrigation.
Les Beni-Amir et les Beni-Moussa.
Le tunnel d'Im-Fout et  les Abda-Doukkala.
L'assainissement du Gharb.
La Moulouya et les Triffa.
Le N'Fis, les Sgarna, le Massa  Inférieur.
Les eaux souterraines,  l'agriculture et l'élevage.

L'EAU   ET LES VILLES
L'amenée à Casablanca des eaux de l'Oum-er-Rebia.
L'alimentation en eau de Safi et de Khouribga.

ETUDES   COMPARATIVES



pages 204-205-206


Nous dédions cet ouvrage à ceux qui doutent de la France

Vivante, créatrice, humaine et généreuse, la France d'aujourd'hui ne trahit pas celle d'hier. L'œuvre qu'elle poursuit au Maroc, dans l'incertitude des lendemains, marquera pour longtemps les hommes et es pierres.
Pour ce pays où tout était à faire, des Français sont morts et meurent encore : soldats, mais aussi médecins, professeurs, bâtisseurs... D'autres Français, nombreux, viennent combler les vides, attirés par le goût du risque et l'esprit d'entreprise. Cet album ne représente qu'une infime partie de leur action.
LES  EDITEURS.

La Direction des Editions Fontana remercie tout particulièrement :

Le CABINET CIVIL et le SERVICE de l'INFORMATION, la Direction des TRAVAUX PUBLICS, la Circonscription de l'HYDRAULIQUE et de l'ELECTRICITE, MM. les Ingénieurs des Arrondissements, le Service de la MISE EN VALEUR et du GENIE RURAL, le CENTRE D'ETUDES HYCRO - GEOLOGIQUES, le BUREAU DES Rh-CHERCHES ET PARTICIPATIONS MINIERES, l'OFFICE DE L'IRRIGATION AUX BENI AMIR - BENI MOUSSA, l'OFFICE CHERIFIEN DES PHOSPHATES, la Direction des CHEMINS DE FER MAROCAINS, les CHAMBRES d'AGRICULTURE, la Direction et MM. les Ingénieurs de l'ENERGIE ELECTRIQUE DU MAROC, la Direction et MM. les Ingénieurs de la SOCIETE MAROCAINE DE DISTRIBUTION D'EAU ET D'ELECTRICITE, la Circonscription de l'Hydraulique du GOUVERNEMENT GENERAL de l'ALGERIE, la COMPAGNIE NATIONALE DU RHONE et le CENTRE DE DOCUMENTATION AMERICAIN de Casablanca, ainsi que
Les  Sociétés  et  Entreprises,
qui ont bien voulu participer à la préparation ou à la mise au point de cet ouvrage en fournissant la documentation nécessaire et en guidant ses collaborateurs de leurs conseils.
ELLE EXPRIME EGALEMENT SA GRATITUDE AUX PERSONNALITES QUI ONT ACCEPTE DE SIGNER DES ARTICLES DANS CETTE PUBLICATION.

Ont collaboré à cet  ouvrage :

Pour  les   illustrations   :
Les Services de Documentation du Bureau de la Presse et MM. BELIN, DOMER-GUE-LAGARDE FLANDRIN, GILLOT, J. CELLARD, HAYVEL, MARTI, Ph. MON-CHANIN PERRICHON, VERDY, la Maison AGRICOLAVIA et les STUDIOS du SOUISSI.
Pour  les clichés   :
LAGARDERE & FOISSAC la PHOTOGRAVURE FRANCO-MAROCAINE et la PHOTOGRAVURE NOUVELLE.
Pour les dessins et réalisations publicitaires   :
MM. MARCOU, PHILIPPE,  RAS et SEJOURNE.
Présentation extérieure   :
RELIURE  FARRAIRE.
La   photographie de  16 couverture est de M. Jacques BELIN.
La   présentation du  Sommaire est de M. André  RAS.
Réalisations  techniques   et  artistiques
MM.  Denis  DELROISSE,  André  RATEL et Yvon JALABERT.
Rédaction : MM. Bruno LAVERGNE, Jacques JESSEL, Raymond LAURIAC et Robert HANTZBERG.





TABLE ANALYTIQUE ET  RÉPERTOIRE DES ANNONCEURS

ENCARTS EN COULEURS  :
Société Fénié — Banque Nationale pour le Commerce et l'Industrie — Astral Celluco — Etablissements Louis Guillaud et de — Société Marocaine Jacqueau, Berjon-neau et de — Société Colas du Maroc — M.A.N. (matériel portuaire) — Etablissements Louis Vautrin — Société Marocaine des Grands Travaux de l'Est — M.A.N. (moteurs Diesel) — S.P.I.E. (Société Parisienne pour l'Industrie Electrique) — Société Marocaine des Automobiles Renault — M.A.N. (équipement hydraulique) — SOCOPIM, Etablissements Clausse.
PAGES 1 A 8  :
C.A.D.E.X. (Compagnie Africaine des Explosifs) — Etablissements Schwartz Hautmont — C.I.V.O.R.O. (Compagnie Industrielle des Volets Roulants) — S.T.I.C. (Société Technique et Industrielle de Constructions) — Etablissements Paul Gautier — Fonderie des Tabors (Ets Balayer) — Société Marocaine des Entreprises Vande-walle et Guillemant — Lûbecker Gesellschaft (Ets Jean Chaigneau) — Etablissements Claude Bonnier — Comptoir Métallurgique du Maroc — Ingersoll-Rand (Etablissements E. Peggary).

Sommaire..........9
Entreprise Quillery — Etablissements Neyrpic.

Hydraulique et Electricité au Maroc, par M. Georges GIRARD, Directeur des Travaux Publics au Maroc..........13
Forges et Ateliers de Jeumont — SOMAG (Ets Magri)

Les   travaux   hydrauliques   des  Romains  en  Afrique  du Nord
par R. Thouvenot, Inspecteur des Antiquités au Maroc..........17

Le régime juridique des eaux au Maroc, par A. Sonnier, Docteur en Droit, Administrateur civil, Sous-Directeur à la Direction des Travaux Publics au Maroc - La législation - Les coutumes locales - Les Associations syndicales agricoles privilégiées - Renseignements statistiques - Index chronologique des textes formant code des eaux au Maroc..........19
Société Marocaine d'Assurances.

Le Pain de Barbarie, un film marocain sur l'irrigation..........23

Pour  comprendre  l'Hydraulique   au  Maroc..........27
Solétanche (entreprise de fondations et travaux hydrauliques).

Vingt-cinq ans d'efforts - La production annuelle des usines hydro-électriques..........31
Ateliers Neyret Beylier.

Le complexe hydraulique de l'Oued El Abid - Une visite aux chantiers : Bin el Ouidane, Aït Ouarda, Talaat N'Tadout, Afourer - Caractéristiques des ouvrages -La pelle Conway au travail - Le problème des transports pour l'approvisionnement des chantiers - Le complexe hydraulique de l'oued el Abid et ses incidences - Un système de télécommunication vraiment moderne : le multiplex radio-électrique - La liaison Afourer-Bin el Ouidane - Le Génissiat marocain..........33
Macomex — Entreprise Fougerolle pour travaux publics — Ernault Thomazeau, Petolat-Maroc — Game (Blaw-Knox, Press-weld, Echafaudages Chartron et Poulain, Compresseurs Randupson) — AFRA (Seali-thor) — Société Râteau — Société Marocaine des Entreprises Gagneraud — Comptoir des Mines — Société Générale d'Entreprises.
L'aménagement de l'Oum Er Rebia - L'usine hydro-électrique de Kasba Zidania - Le barrage d'Im Fout - Les caractéristique de l'ouvrage - Une visite à Im Fout - La réalisation difficultueuse d'une œuvre simple - L'usine provisoire et l'usine définitive - Le barrage de Daourat : Daourat-City - Le barrage-usine - Les caractéristiques du barrage - L'équipement de l'usine - Le barrage de Si Saïd Machou : un barrage sans prétention - L'usine - Son rôle dans l'ensemble - A propos du « Blondin »..........53
SIF (Société Chérifienne Sondages, Injections, Forages) — C.I.T.R.A. (Entreprises Schneider) — Compagnie de Vives-Lille — Somater — Etablissements L. Bérenger (matériel de travaux publics).

Le barrage d'El Kansera..........69
Applevage — Electro-câble.

Le barrage sur l'Oued NTis : Lalla Takerkoust..........71
Les usines hydro-électriques de Fès-Amont et de Fès-Aval - L'usine de Meknès - Quelques projets del'équipement hydro-électrique ..........72

Les installations thermo-électriques - L'usine des Roches-Noires Nord - L'usine des Roches-Noires Sud - les aménagements techniques - La prise d'eau à la mer - Sur les chantiers de l'usine Sud - L'usine d'Oujda - La centrale de Petitjean - La centrale d'Agadir - Les usines de secours..........75
Société Marocaine des Entreprises Truchetet, Tansini et A. Dodin — SOMAICO (Atlas Diesel) — Alsthom — Société S.O.C.A.E.L. — Société Nord-Maroc — Babcock et Wilcox-Maroc.

L'exploitation de l'énergie électrique - Le poste central de répartition - Les lignes 150.000 volts - Le poste de transformation de Casablanca-Tit Mellil - Le poste de Fès el Ouali - Le poste d'Oujda - Les réseaux 60.000 et 22.000 volts - L'électrification rurale..........94
Société Chérifienne des Produ'ts Manufacturés — Energie Electrique du Maroc.

La distribution de l'électricité dans les grands centres urbains - Casablanca : poste de Camiran - Rabat : poste de l'Aguedal - L'électrification des C. F. M. - Equipement des lignes - Le parc traction - Les nouveaux aménagements ..........99
T.P.S. (Travaux et Procédés Spéciaux) — Forclum, Marfle — C-C.E.E. (Compagnie Chérifienne d'Entreprise Electrique) — C.G.E. Maroc — Société Marocaine de Constructions Métalliques (Anciens Etablissements J. Barbier) — T.L.H., Tréfileries et Laminoirs du Havre (Unimaroc) — Afri-Bois — Getifa (Groupement des Entreprises du Tunnel d'Im Fout Amont) — Société Adour-Sebou — Briffe et de — A.E.T.C.O. (pneus Good Year).

L'eau et les hommes aux Béni Amir - Béni Moussa, par C. Tallec, Contrôleur Civil, Chef de Région, Directeur de l'Office d'Irrigation.......... 111

L'Office de l'Irrigation aux Béni Amir - Béni Moussa : Aperçu historique, géographique et économique - Mission de l'Office - Organisation de l'Office - Mirages et réalités : le périmètre des Béni Amir - La production agricole - Le remembrement aux Béni Amir - Le périmètre des Béni Moussa - L'exécution du revêtement des canaux principaux 113
SATPAN — Stanislas Jullien — Etablissements Henry Hamelle — GAME (Procédés Techniques de Constructions) — ETO (Entreprise de Constructions et Travaux du Maroc — SOCOMAN — S-M.C.R.R. — T.M.G.C. (Travaux Marocains de Génie Civil) — SAMI (Société d'Applications Mécaniques et Industrielles).



Les travaux en cours - Une expérience intéressante : le revêtement bitumineux - L'exécution de la prise13 - La construction des canaux secondaires..........129

Le tunnel d'Im Fout et les Abda Doukkala : Les études préliminaires - Un tunnel de 17 km. - Le périmètre proprement dit - Des projets aux réalisations -
Sur les chantiers du tunnel - Getifa-ville - Les chantiers tête amont, de l'oued Zinoun, de l'oued Défia, T.M.G.C., les travaux souterrains..........137
Les Travaux Souterrains — Société EIMCO (Etablissements E. Peggary).

Le périmètre de Sidi Slimane..........146

L'assainissement du Gharb : La rive droite du Sebou - Le mécanisme des inondations - Drainage par gravité - Contre les inondations du Sebou - Les travaux - Description sommaire des aménagements - La rive gauche du Sebou..........148

Les cultures dans le Gharb : Les agrumes, le riz, le tabac, la vigne, les cultures maraîchères irriguées, l'élevage, les cultures non irriguées, légumineuses, plantes industrielles, plantes à parfum, forêts..........153
Dragages et Entreprises Marocaines (Ligonnet et de) — O.C.E. (Office Chérifien de Contrôle et d'Exportation) — EMIC (Entreprise Marocaine d'Irrigations et de Canalisations).

L'aménagement de la Moulouya : Les accords franco-espagnols - Le barrage de dérivation et de compensation de Mechra Homadi - Le périmètre des Triffa -
Les réalisations..........156
SOMETAS — Compagnie Marocaine Joy — Etablissements L. B-erenger (Koehring).

Le périmètre du N'Fis -  Les Sgarna  -  Les petits périmètres..........160

Le Massa inférieur et son barrage souterrain : Les périmètres cultivables - L'ouvrage de dérivation - Laprise d'eau..........161
Etablissements Fourré et Rhodes.

Les eaux souterraines et l'agriculture : La recherche des eaux profondes - Des points d'eau pour les troupeaux - Les forages dans les Hauts-Plateaux - Dans la région de Fès - Dans la région de Meknès - Dans la région de Marrakech - L'irrigation par les eaux souterraines..........165
FIDEM (Fournitures Industrielles d'Entreprises et de
Mines).

Le Service de la défense et de la conservation des sols : L'œuvre algérienne  -  La  situation au Maroc  -  Les moyens de lutte  contre l'érosion..........169

L'eau et les villes...........171

L'amenée à Casablanca des eaux de l'Oum Er Rebia  : bases du projet - Les principaux ouvrages - La station de pompage - La station d'épuration - La
conduite proprement dite - Le bassin de compensation et le fonctionnement de l'adduction - Les installations de Casablanca..........172
Aquazur Maroc (Procédés Degrémont) — Société des Tuyaux Borniez.

L'alimentation en eau de Safi : Le captage de l'Aïn Rhor - La galerie d'amenée - Le captage de l'A'ïn Tameï - Installation provisoire et installation définitive - Le chargement des déblais résolus par Eimco..........185

Une cité qui grandit demande de l'eau - Comment sera assurée l'alimentation de Khouribga : La situation du problème - Le barrage de l'oued Zemrane - L'installation de traitement des eaux..........189
ACFI Maroc   —   Boussiron   —   Office Chérifien des Phosphates.

Les   jeux   de   barres   en   aluminium   des   Centrales   d'Im Fout et d'Afourer..........193
Permo Maroc, Puech-Chabal.

Etudes comparatives - Réalisations algériennes - L'équipement hydro-électrique de la France de 1946 à 1951
- Une expérience pilote aux U. S. A. « Tennessee Valley Authority »...............


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 14 Sep - 9:58

page 10


- Entreprise QUILLERY, Casablanca.




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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 14 Sep - 9:59

page 11


-Réalités Marocaines, revue semestrielle, Directeur Albert MONNET, Casablanca.




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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 14 Sep - 10:00

page 12


- Ets NEYRPIC, Rabat.




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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 14 Sep - 10:02

page 13


L'HYDRAULIQUE ET ELECTRICITÉ AU   MAROC

par M. Georges Girard. Ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées Directeur  des  Travaux   Publics  au  Maroc.

L'EVEIL du Maroc à la vie moderne nécessitait,   de   toute   évidence,   que   ce   pays   améliore   les conditions agriculturales qui conditionnaient la vie des populations depuis des siècles et qu'il soit doté de moyens de production d'énergie. La vie moderne est en effet le résultat d'un équilibre entre les activités agricoles et les activités industrielles, et le point d'équilibre se déplace petit à petit vers l'activité industrielle au fur et à mesure que l'on progresse dans la voie de la civilisation du type occidental.
Aussi, dès que la France eût pris la charge d'élever le Maroc, pays jusque là d'économie essentiellement pastorale, au rang des nations modernes, elle s'est préoccupée de le doter d'ouvrages propres à irriguer les bonnes terres de culture, et de moyens de production d'énergie abondante et à bon marché. Les chutes d'eau aménageables ou réalisables ont fait l'objet de prospections serrées et attentives, en même temps qu'on prospectait les ressources en combustibles solides ou liquides. Ces ressources sont intéressantes, principalement en ce qui concerne le charbon, mais elles semblent limitées. Il était donc indiqué de mettre l'accent sur la recherche et l'aménagement des ressources hydrauliques que l'on pouvait valoriser, tant pour l'agriculture que pour la force motrice.
Il est un peu paradoxal de parler de ressources hydrauliques existant au Maroc, pays sec, où sur la plus grande partie du territoire il ne tombe que 30 cm. d'eau par an, les chutes étant en outre très mal réparties dans l'année.
Fort heureusement, les massifs du moyen et du grand Atlas échappent à cette aridité et sont pour le Maroc une source de richesse hydraulique, telle qu'on n'en rencontre pas de semblable en Afrique du Nord. A part le Nil, aucun fleuve de cette contrée du globe n'est comparable à l'Oum er Rebia, au Sebou ou à la Moulouya.
Il était donc indiqué de procéder à l'exploitation méthodique de ces ressources naturelles qui, pour n'être pas à l'échelle de celles des pays bien arrosés comme ceux de la zone tropicale ou tempérée, sont néanmoins fort honorables et extrêmement précieuses dans un pays à climat aride.
Parmi les efforts déployés depuis trente ans par l'Administration franco-marocaine pour l'élévation du niveau de vie des habitants de ce pays, ceux relatifs aux ouvrages hydrauliques et électriques sont à coup sûr au rang des plus importants.
De ces travaux il ne faut pas séparer ceux ayant pour but d'amener aux populations, que le commerce, aujourd'hui facile et s'exerçant dans la sécurité, et l'industrie naissante attirent de plus en plus vers les villes, une eau potable et abondante, dont elles n'avaient jamais bénéficié auparavant.
On peut donc dire que la vie du Maroc moderne est étroitement liée à la réalisation des ouvrages hydrauliques et électriques (en même temps qu'à celle de ses voies de communication).
Rappeler les étapes successives de la construction  des ouvrages existants, c'est aussi rappeler les ...



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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 14 Sep - 10:04

page 14


... diverses phases de la progression du Maroc entre l'état médiéval où il était il y a quelques dizaines d'années, et l'état de création moderne où il se trouve aujourd'hui.
Envisager les réalisations futures des ouvrages analogues, c'est tracer la voie dans laquelle marchera le Maroc de demain.
Indiquer le terme que la nature a donné aux ressources hydrauliques marocaines, c'est montrer la limite au-delà de laquelle le développement du Maroc ne pourra plus être réalisé, sans sacrifices bien plus importants que ceux consentis jusqu'à présent.
Ces examens sont indispensables à faire, pour qui veut avoir sur le passé et l'avenir de ce pays des données indiscutables.
Résumons donc rapidement ce qui a été fait, ce qui est en cours d'exécution, ce qui est projeté dans le domaine de l'hydro-électricité.

L'Oum-er-Rebia, qui descend du grand Atlas dans la région de Khénifra, et qui, après avoir décrit un vaste arc de cercle à la concavité tournée vers le Nord-Est, se jette à la mer entre Mazagan et Casablanca, à Azemmour, est le fleuve du Maroc dont le débit est le plus abondant et le plus régulier (encore que ce débit passe d'un étiage de l'ordre de 20 m3/sec. à son embouchure, à un débit de crue de plusieurs milliers de m3/seconde avec une moyenne de l'ordre de 100 m3/sec.). C'est donc sur lui que sont portés les efforts maxima d'utilisation ; et c'est lui qui a donné lieu aux premières réalisations.
En 1925, la première usine hydro-électrique du Maroc fut commencée sur le cours inférieur du fleuve par coupure d'une boucle de celui-ci et dérivation à l'aide d'un barrage de faible hauteur. En 1929, l'usine équipée de 4 groupes de 6.500 kVA était mise en fonctionnement. Cet aménagement purement électrique ne comportait pas la possibilité d'irrigation à l'aval ; il se bornait à l'usine de Si Saïd Machou.
Aussi on mit à l'étude la réalisation d'un nouvel ouvrage permettant à la fois l'utilisation agricole et industrielle des eaux du fleuve : l'aménagement des Béni-Amir devait en résulter, et fut entrepris vers 1933 pour être terminé, du point de vue électrique en 1936 par la mise en service de la centrale de Kasba-Zidania, équipée de 2 groupes de 4.500 kVA. Les eaux du fleuve, déviées à hauteur de Kasba-Tadla par un barrage de très faible hauteur, travaillent dans les turbines de cette usine ; ou sont répandues sur la plaine des Béni-Amir, qui déjà équipée en canaux sur 22.000 Ha le sera progressivement jusqu'à 40.000 Ha.

En même temps que s'édifiaient ces ouvrages, un autre aménagement analogue était entrepris, dans le bassin de l'autre grand fleuve marocain, le Sebou, qui descendant du Moyen Atlas au Sud-Est de Fès, décrit une vaste courbe à la concavité tournée vers le Sud-Ouest et vient se jeter à la mer à Port-Lyautey. L'un des principaux affluents du Sebou, le Beth, dont les crues endommageaient périodiquement la basse vallée, fut barré à El Kansera par un barrage de 45 m. de haut créant une réserve de 225 millions de m3, équipé d'une usine hydro-électrique de 2 groupes de 7.500 kVA. Les eaux ayant travaillé dans cette usine sont répandues sur la plaine de Sidi-Slimane - Petitjean, où 30.000 Ha peuvent être irrigués et le sont déjà sur 16.000 Ha.
Enfin, pour ne pas concentrer tous les efforts sur le Nord du Maroc, et pour tenir compte de l'importance de la population de la région de Marrakech, un équipement semblable fut entrepris sur le N'Fis, principale rivière de la région. Le barrage de Takerkoust, de 52 m. de haut, créant une réserve de 50 millions de m3, fut entrepris vers 1935 et l'usine équipée de 2 groupes de 5.500 kVA mise en service en 1938. Le périmètre dominé est de 30.000 Ha, dont 5.000 sont régulièrement irrigués par les eaux du barrage et sur le restant desquels les tours d'eau sont améliorés.

Pendant que s'édifiaient ces ouvrages, l'étude systématique de l'aménagement de l'Oum-er-Rebia était entreprise. Elle devait conduire à la mise à exécution de trois grands ouvrages.
En 1939, on entreprenait la construction à Imfout, sur le cours moyen du fleuve, d'un barrage de 50 m. de haut créant une réserve de 83 millions de m3 et permettant d'installer une usine de 2 groupes de 18.000 kVA chacun. Ces groupes entrèrent en production en 1947 et 1949. Le périmètre dominé est de 150.000 Ha. ; l'équipement d'un premier casier de 7.500 Ha. est en cours.



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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 14 Sep - 10:05

page 15


Lors de l'achèvement de cette usine, la puissance hydraulique installée représentait 97.000 kVA ; elle pouvait fournir en année moyenne 250 millions de kW/heure. Or, à cette époque, la consommation du Maroc, pourtant freinée par des restrictions, atteignait déjà 400 millions de kW/heure.
Il était donc nécessaire d'entreprendre un équipement nouveau permettant de dépasser très largement la consommation à prévoir à la fin de ces réalisations. C'est en prévision de ces faits que, dès 1945, on avait mis en train les immenses travaux d'équipement de l'Oued el Abid. Ceux-ci sont encore en cours et ne seront pas achevés avant 4 ou 5 ans. Ils comprennent : la construction de deux barrages ; l'un à Bin el Ouidane de 130 m. de haut créant une retenue de 1.300 millions de m3, et ayant à son pied une usine de 3 groupes de 40.000 kVA chacun, l'autre de dérivation de 30 m. de haut suivi d'un tunnel de 10 kilomètres aboutissant à une usine de 2 groupes de 40.000 kVA chacun, soit au total 200.000 kVA installés, ce qui est plus que l'ensemble des usines marocaines actuelles.
Les eaux turbinées arroseront un vaste périmètre de 120.000 Ha au moins, situé sur les deux rives de l'Oued el Abid et principalement sur la rive droite, dans les Beni-Moussa.
Ces immenses ouvrages étant longs à édifier, il fallait pouvoir attendre leur réalisation : on entreprit donc, en 1945, également, à Daourat, sur le bas Oum-er-Rebia, un ouvrage facile à réaliser, mais sans utilisation agricole. Le barrage-usine de Daourat, de 30 m. de haut, comportant 2 groupes de 8.500 kVA chacun, a été mis en service en 1950.
Aussi, à l'heure actuelle, 6 grandes usines hydro-électriques fonctionnent, et ont une puissance de 114.000 kVA ; deux usines de 200.000 kVA au total sont en construction.
Les surfaces dominées par les ouvrages existants atteignent 250.000 Ha ; 43.000 Ha sont déjà aménagés. Les ouvrages de l'Oued el Abid ajouteront 120.000 Ha à ce total, portant à 320.000 Ha environ les hectares restant à aménager.
Rappelons simplement que, dans le même temps, 50.000 kVA d'usines thermiques ont été édifiées, et que 40.000 kVA d'usines thermiques nouvelles sont en cours de réalisation.

Mais dès à présent, de nouveaux besoins se manifestent tant dans le domaine agricole que dans les perspectives de consommation de courant. Et nous devons à la fois :
— chercher à tirer des installations existantes le meilleur parti possible ; ce qui nous conduirait à augmenter les réserves à créer dans le bassin de l'Oum-er-Rebia. Dans ce but, un barrage serait à créer à Chéo, sur le moyen fleuve ;
— équilibrer nos chances d'utilisation de la pluviométrie, en faisant de nouveaux ouvrages dans le bassin du Sebou. Dans ce but, une étude est en cours sur le haut Sebou, à Quandra M'dez ;
— dans le même but, et pour donner à la zone voisine une preuve de collaboration qui lui est promise depuis 1927, aménager un barrage sur la Moulouya : les travaux correspondants sont adjugés à Mechra Homadi ;
— enfin, pour ne pas négliger le Sud du Maroc, si peuplé et si privé de pluie, faire dans le Haouz de Marrakech un aménagement destiné à collecter les débits des oueds secondaires qui le dominent : les barrages de Timinoutine - Ait Chouarit, sont à l'étude.

De toutes parts de nouvelles demandes se font jour. Il est bien évident que cette liste, déjà longue, ne pourra pas être encore allongée, avant longtemps. Et qu'il est vraisemblable que les ressources financières conduiront plutôt à la réduire.
Elle n'en trace pas moins un schéma d'avenir schéma qui, on vient de le dire, a déjà reçu un commencement de réalisation à Mechra Homadi, où le barrage dominera quelques 30.000 Ha de la plaine des Triffa, dont l'équipement serait à poursuivre avec celui des 350.000 Ha déjà dominés par les autres ouvrages et non encore équipés.
C'est enfin ici le lieu de conclure par la remarque suivante : il ne faut pas trop nous hâter de valoriser toutes nos ressources hydrauliques. D'abord parce que nos moyens financiers ne nous le permettent pas, ensuite parce qu'elles sont si limitées qu'il faut les ménager ; et ne les mettre « à la consomma-mation » qu'avec une extrême prudence : il est en effet impossible de revenir sur une attribution d'eau, une fois faite.



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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Dim 14 Sep - 10:07

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Il a été calculé que, si on pouvait mettre en réserve toute l'eau qu'écoulent les fleuves et rivières du Maroc, et laisser ensuite s'écouler cette eau de façon continue, le débit moyen qu'on pourrait ainsi obtenir ne serait que de 250 à 300 m3/'seconde. C'est là un chiffre bien- faible. Il est sans rapport avec ceux qu'on peut observer sur un seul grand fleuve des zones tempérées ou tropicales ; il limite notre avenir hydraulique, tout au moins celui qu'on peut se ménager avec des dépenses modérées et rentables.
Déjà, nos équipements en cours de réalisation vont absorber un volume de 120 à 130 m3/sec. : c'est environ les 2/5 de notre potentiel hydraulique qui vont déjà être consommés. La marge restante n'est pas considérable ; et ce n'est qu'après un examen minutieux qu'il nous faudra l'entamer,
II resterait à parler des résultats déjà obtenus, au prix d'efforts souvent méconnus, dans l'approvisionnement des villes en eau potable. C'est par centaines de kilomètres que se chiffrent les longueurs des conduites d'adduction qui vont chercher bien loin l'eau nécessaire à alimenter les grandes villes de la côte, ou les centres secondaires de l'intérieur.

La conduite du Fouarat qui alimente Rabat et Casablanca et qui a un débit de l'ordre du m3/sec, s'allonge sur plus de 130 kilomètres ; une autre conduite pouvant amener à Casablanca 2 m3/sec est en cours de construction sur 75 kilomètres. Un tunnel de près de 50 kilomètres a été creusé pour alimenter Safi. Un barrage a été construit sur l'Oued Mellah pour créer près de Casablanca une réserve de sécurité. Maints autres équipements seraient à citer.
Ainsi qu'il s'agisse d'énergie, donc d'industrie, d'irrigations et de cultures, ou d'alimentation des populations, l'eau, base de la vie et de la prospérité a été valorisée sous toutes ses formes par l'action bienfaisante de la France, pour le plus grand avantage des populations marocaines. L'effort déjà réalisé est considérable ; de lui a dépendu l'élévation du niveau de vie dans le pays.

II était bon qu'un inventaire de cet effort soit fait en même temps qu'il montrerait les grandes réalisations dans le domaine de l'énergétique, si entièrement lié à celui de l'hydraulique.
Il était utile que ceux qui s'intéressent aux destinées du Maroc puissent prendre connaissance de ce qui s'est fait dans ces domaines, en même temps qu'ils auraient un aperçu sur les perspectives d'avenir correspondantes. C'est le but que la présente publication leur permettra d'atteindre.
Il faut en remercier ceux qui ont pris l'initiative de son établissement.
Rabat, le 9 avril 1951


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Lun 15 Sep - 8:50

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LES TRAVAUX HYDRAULIQUES DES ROMAINS EN AFRIQUE DU NORD
Par  R.   THOUVENOT, Inspecteur des  Antiquités  au   Maroc

Les Romains ont su mettre en valeur les terres cultivables de l'Afrique du Nord mais au prix d'un labeur opiniâtre et d'une organisation méticuleuse. Alors comme aujourd'hui le problème important était celui de l'eau. Le climat était à peu de chose près le même : l'année agricole comportait une petite saison de pluies à l'automne, une autre, plus importante, à la fin de février et au début de mars, mais on souffrait souvent de longues périodes de sécheresse : lorsque l'empereur Hadrien vint visiter l'Afrique, en 128, il n'avait pas plu depuis cinq ans, nous dit-on. II fallait donc tirer parti de toute l'eau tombée et l'empêcher de se perdre. Sans doute les indigènes, Numides et Maures, et les Carthaginois avaient-ils déjà établi quelques ouvrages d’hydraulique, mais c'est Rome qui donna à ces travaux le plus d'ampleur, et ce sont les travaux romains qui, seuls, ont subsisté. Les Romains se sont en effet acharnés à capter la plus modeste source et à laisser perdre le moins possible de l'eau tombée en pluie.

Ces travaux nous sont surtout connus en Tunisie et en Algérie, les deux pays où la colonisation romaine était la plus développée. Au Maroc, où les villes étaient plus rares, où, dans la zone colonisée, les pluies étaient relativement abondantes, il ne leur fut pas nécessaire d'en établir sur une aussi grande échelle. Mais nul doute qu'une exploration archéologique du pays plus complète ne nous en révèle aussi un grand nombre.
Le problème était double : il s'agissait d'abord de trouver l'eau, puis de l'amener aux points de répartition et de consommation.

Trouver l'eau n'était pas toujours facile. La plupart du temps, la source utile apparaissait à ciel ouvert, mais parfois aussi elle n'arrivait pas jusqu'à la surface du sol mais se perdait à l'intérieur, suivant le caprice des couches de terrain qu'avait rencontrées le filet d'eau. L'architecte Vitruve nous indique en passant par quels procédés ingénieux on repérait, de son temps, l'existence de ces veines cachées : grâce à l'aspect du sol, de la végétation, grâce à l'apparition de légers brouillards en certains lieux et en certaines saisons. La source une fois découverte et mise à jour, il fallait la capter. Mais toutes les sources n'étaient pas captées de la même manière. Parfois, on se contentait de les entourer d'un bassin en pierre de taille ou en blocage ; parfois, elle était protégée contre le soleil, contre le vent, contre la poussière par une voûte. Parfois on allait chercher le filet d'eau très profondément, par un véritable petit tunnel. Quelquefois, des fontaines monumentales, des arcs de triomphe, des colonnades décoraient la source. Le plus remarquable de ces monuments est celui qui a été construit au pied du Djebel Zaghouan, à l'origine d'une des deux branches de l'aqueduc qui aboutissait à Carthage. La source arrivait en bouillonnant dans un bassin de forme ovale, étranglé en son milieu : au-dessus se développait un hémicycle monumental décoré de colonnes engagées ; entre les colonnes étaient pratiquées des niches où se dressaient des statues. Au centre de l'hémicycle, un sanctuaire carré avait sans doute été consacré à la divinité de la source. Du bassin, l'eau coulait dans une canalisation en maçonnerie enterrée mais qui apparaissait au jour dans la grande plaine que traverse le cours inférieur de l'oued Miliane ; elle était alors supportée par des arcades dont plusieurs centaines se dressent encore aujourd'hui en une file imposante dorée par le soleil.

A Tuccabar, à 60 kilomètres à l'ouest de Tunis, on avait capté plusieurs sources dont l'eau était concentrée dans des citernes formant dix compartiments voûtés, d'une capacité totale de 6.500 m3 ; un compartiment supplémentaire pour la décantation avait été bâti perpendiculairement à la rangée des citernes pour ne laisser arriver au consommateur que  de l'eau parfaitement pure.

A Sicca-Veneria (Le Kef) on peut voir encore onze citernes voûtées en plein cintre et qui peuvent contenir plus de 6.000 m3. De la chambre des vannes, voûtée elle aussi, part un émissaire qu'on suit encore sur 110 mètres de longueur et pourvu de quatre cheminées d'aération d'un mètre carré de section chacune.

En Algérie, à Cherche!, on avait capté une source à 28 kms au sud-est de la ville. La canalisation, d'abord enterrée, comporte un canal de maçonnerie, assez profond pour qu'un homme puisse y circuler à l'aise, et couverte par des dalles. En deux endroits, elle doit traverser une vallée ; elle est alors soutenue par des ponts à trois séries d'arches superposées, ce qui, dans la première vallée, la maintient à une hauteur de 35 mètres au-dessus du point le plus bas. Ces deux aqueducs sont construits en belle pierre de taille à bossage ; on n'a employé la brique que pour les arcs du milieu. Aussi imposants sont les restes de l'aqueduc qui amenait l'eau à Cirta, l'actuelle Constantine.

A Volubilis, les Romains étaient allés chercher l'eau à une source abondante qui sourd à 1.500 mètres à peu près de la ville ; la canalisation en maçonnerie décrit d'abord à flanc de coteau un S à grand rayon de courbure, afin de descendre suivant une pente douce et régulière ; à l'intérieur de la ville, des embranchements s'en détachent pour amener l'eau dans les différents quartiers. Puis elle se divise en deux conduits superposés et aboutit à une grande fontaine publique munie d'un bassin de décantation. On notera qu'à la fin de sa course elle remonte une légère pente, la différence de niveau avec la source restant telle que la pression de la colonne de liquide suffit à faire remonter l'eau au point désiré.

Les travaux effectués étaient parfois considérables. Pour amener l'eau à Saldse, l'actuelle Bougie, il fallut percer la montagne par un tunnel de 428 mètres de long, encore existant, et faire appel, pour préparer et diriger les travaux à un géomètre-arpenteur militaire que prêta la Légion cantonnée à Lambèse. Une inscription, malheureusement incomplète, nous donne quelques détails savoureux sur l'entreprise : le spécialiste, alors qu'il traversait la Kabylie, fut attaqué par des brigands, blessé et complètement dépouillé. « J'échappai complètement nu », dit-il. Après avoir lancé les travaux, il tomba malade, de surmenage, semble-t-il, et dut aller se soigner. Pendant son absence, les deux équipes qui attaquaient en même temps la montagne par les deux faces opposées ne surent pas suivre l'alignement des jalons et ne se rencontrèrent pas comme il avait été prévu, mais filèrent parallèlement l'une à l'autre. Il dut revenir en toute hâte et remit tout en ordre. Les eaux arrivèrent et l'ouvrage fut solennellement inauguré par le Procurateur qui gouvernait la province de Maurétanie Césarienne.

Les Romains ont recueilli les eaux de pluie. Dans les massifs montagneux tunisiens et algériens, tous les ravins étaient barrés par des murs de pierre sèche pour faire converger l'eau dans un bassin : réservoir ou tête d'aqueduc. Dans les pays plats et marécageux, les eaux étaient rassemblées au moyen d'un système de canaux de drainage dans de vastes citernes.
En Tunisie, dans le Djebel M'rabba, deux grands murs de retenue, disposés suivant les lignes de même niveau, recueillaient les eaux pluviales qui ruissellent sur les pentes. Ils mesuraient dans leur état primitif 500 mètres de long, 1 mètre d'épaisseur, et sont distants entre eux de 40 mètres. L'eau était recueillie sur une aire dallée en mortier de tuileau large de 2 mètres et passait par des bassins de décantation. La capacité du réservoir ainsi formé était de 4.000 m2, l'aire de retenue utilisée de 10 hectares. En admettant que la quantité annuelle de pluie fût la même que de nos jours, cela mettait à la disposition de chaque campagne agricole une masse de 50.000 m3 d'eau.
A Thububerbo-Majus, à 50 kilomètres au sud de Tunis, un vaste réservoir de 5.000 m3 était alimenté en partie par des sources, qui d'ailleurs n'ont pas encore été toutes identifiées, mais surtout par ...


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Lun 15 Sep - 9:02

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- L'Oum er Rebia, l'un des fleuves les plus importants du Maroc (540 km.) après avoir fertilisé la plaine des Béni-Amir, grâce à la dérivation de Kasba-Tadla, et assuré une production d'énergie électrique considérable, grâce aux barrages d'Im'Fout, de Daourat et de Si Saïd Machou, contribuera à l'irrigation des Abda-Doukkala et à l'alimentation en eau potable de Casablanca. Le voici près de son embouchure, reflétant dans ses eaux les remparts et les vieilles maisons de la cité d'Azemour. L'Oum er Rebia, avec son affluent l'oued El Abid, est le fleuve marocain le plus exploité du point de vue hydraulique, en raison de la régularité de son débit qui oscille entre 24 m3 seconde à l'étiage et 2.500 m3 aux
plus fortes crues. Il coule, en outre, à proximité d'importants secteurs de bonnes terres qui méritaient d'être soigneusement irriguées. (Photo Belin).


... les eaux de pluie acheminées par un système de rigoles habilement agencé.
Dans la région de Kairouan, les Romains avaient installé un vaste ensemble d'ouvrages hydrauliques. On y a retrouvé un bassin de 19.000 m3 de capacité, aux parois renforcées par 180 contreforts internes et externes, alimenté par l'oued voisin mais aussi par les pluies tombées sur les pentes voisines. Dans toute la région ont été installés des citernes et des réservoirs à ciel ouvert, de toutes formes : circulaire ou rectangulaire, renforcés par des contreforts. Dans la zone frontière de la Tripolitaine, on retrouve la même disposition : des réservoirs principaux vers lesquels les eaux de pluie sont dirigées, parfois de très loin, et dont les approches sont couvertes par une grande plateforme rectangulaire maçonnée, dont la pente est doucement inclinée vers le bassin, et des citernes isolées.

Enfin, les puits étaient nombreux. Les nappes phréatiques semblent, il est vrai, avoir été à un niveau plus haut que de nos jours. A Henchir-Msaadine, l'antique Furni (à 40 kms à l'ouest de Tunis), on en rencontre un dont la maçonnerie s'arrête à 16 mètres de profondeur — aujourd'hui il a fallu creuser jusqu'à 21 mètres pour rencontrer l'eau. Dans la région du Djebel Zaghouan, on en a retrouvé plus d'une centaine, la plupart donnant de l'eau douce et ne tarissant pas l'été ; leur profondeur varie de 5 mètres à 12 mètres ; un autre groupe descendait de 25 à 59 mètres. Il en est de même dans la région de Sfax. Si un grand nombre sont asséchés, si la nappe d'eau a presque partout baissé, c'est sans doute parce que la couverture végétale du sol a en grande partie disparu ; les oliviers ont été abattus ou sont morts de vieillesse sans avoir été remplacés ; les chèvres ou les moutons ont dégradé ou arraché les touffes d'herbe et les arbrisseaux ; l'évaporation est beaucoup plus forte,  les  eaux  d'infiltration,   donc,  bien  moins  considérables.
Les Romains ont donc cherché à arrêter les méfaits du ruissellement. Ils ont eu rarement recours à de grands barrages-réservoirs : en Tunisie, on connaît dans la région de Sfax ceux de Lalla-Mezzouna et de Henchir-Chabouni, en Algérie celui de La Mina qui comprenait trois barrages successifs et permettait d'arroser les terres bien en amont du plan d'irrigation actuel. Mais ils ont multiplié les petits travaux d'aménagement qui les rendaient inutiles, les barrages en pierre sèche sur les ravins et les oueds, les terrasses de retenue qui arrêtent l'érosion et provoquent un atterrissement cultivable, les canaux de dérivation, fossés et levées de terre, qui assurent l'imbibition du sol, multiplié les rigoles d'irrigation. Au Maroc, de tels travaux n'ont pas encore été retrouvés; il semble que les Romains aient disposé de terres cultivables en assez grande quantité dans la plaine et les vallées, et suffisamment arrosées par les pluies, la montagne étant abandonnée aux pasteurs ; mais l'exploration archéologique du pays n'a pas encore dit son dernier mot ; ces ouvrages, par leur aspect simple et rustique, n'ont certainement pas retenu l'attention des passants.

L'utilisation de cette eau précieuse n'était pas non plus laissée à l'arbitraire des usagers. Des règlements minutieux fixaient le temps et l'heure où chaque parcelle était arrosée ; l'un d'entr'eux datant du IIIe siècle a été retrouvé à Lamasba, un peu à l'ouest de Batna. Il est une preuve de plus de la méthode, du soin, de l'esprit d'économie que les Romains ont déployés dans le gouvernement de leur province, qualités qui restent toujours d'actualité. Le plus bel éloge que l'on puisse faire de leurs travaux hydrauliques c'est que, la plupart du temps, nous n'avons qu'à les remettre en état pour qu'ils rendent à nouveau le service pour lequel ils ont été conçus ; nous n'avons à en changer ni la conception ni le lieu.




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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mar 16 Sep - 8:22

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LE RÉGIME JURIDIQUE DES EAUX AU MAROC
Par  0. SOMMIER,  Docteur en Droit,  Administrateur Civil,   Sous  Directeur à la Direction des Travaux Publics du  Maroc

LA  LÉGISLATION

D’APRÈS le dahir du 1er juillet 1914, sur le domaine public, modifié par le dahir du 8 novembre 1919, toutes les eaux du Maroc, ainsi que leurs lits, font partie du domaine public de l'Etat. Echappent seulement au domaine public les eaux de pluie immédiatement recueillies en des bassins artificiels, ou les eaux et les lits sur lesquels des droits ont été légalement acquis avant le 1er juillet 1914 ou avant le 8 novembre 1919 suivant une distinction à établir entre les diverses catégories d'eaux (cours d'eau, sources, puits, merdjas, etc...). Cette réserve des droits acquis est inscrite dans l'article 2 du dahir du 1er juillet 1914.

Le dahir du 1er août 1925 sur le régime des eaux et l'arrêté viziriel de même date, relatif à l'application de ce dahir, renforcent les dispositions de principe dans le domaine de la réglementation pratique.

Le très important dahir du 2 juillet 1932 n'a pas distrait du domaine public la moindre goutte d'eau. Il a seulement mieux adapté aux exigences géographiques et économiques du pays le principe de la domanialité publique des eaux, en reconnaissant, dans sa disposition essentielle, le droit à une indemnité pour l'usager des eaux du domaine public lorsque la permission d'user de ces eaux vient, en dehors de toute infraction de sa part aux conditions de son autorisation, à lui être retirée, même pour cause d'utilité publique. Ce point est d'autant plus notable que les autorisations de prise d'eau d'irrigation peuvent être accordées sans limitation de durée.

Le but que nous recherchions en préparant le dahir du 2 juillet 1932 a été atteint : les usagers des eaux du domaine public peuvent investir sans inquiétude des capitaux pour l'utilisation de ces eaux et le développement, par elles, de leurs productions agricoles ou même industrielles.

I. RECONNAISSANCES DE DROITS D'EAU. — Les droits d'eau légalement acquis sont reconnus par arrêté viziriel après une enquête dont les conditions sont fixées par l'arrêté viziriel du 1er août 1925.

Il faut admettre, semble-t-il bien, qu'un droit d'eau ne peut être reconnu que s'il est fondé sur une concession expresse du Maghzen, ou une possession de dix ans au moins, antérieures au 1er juillet 1914 ou au 8 novembre 1919.
Le droit d'eau reconnu comme légalement acquis, tel qu'il existait avant l'une de ces deux dates, est le plus avantageux pour son titulaire. C'est un droit réel, de nature civile, soustrait définitivement à tout contrôle de l'administration. Le titulaire d'un droit d'eau peut donner, louer, vendre son eau, selon la consistance de son droit. Il peut en exiger la mention sur son titre foncier ; le droit d'eau peut même être hypothéqué pour lui-même.

II. AUTORISATIONS ET CONCESSIONS DE PRISE D'EAU, RÈGLEMENTS D'EAU. — Trois sortes de décisions permettent à l'administration d'octroyer à des particuliers qui en font la demande, des droits d'usage sur les eaux du domaine public ou sur celles présumées domaniales :
a) l'autorisation de prise d'eau ;
b) la concession de prise d'eau ;
c) le règlement d'eau.

L'autorisation de prise d'eau résulte d'un arrêté pris par le Directeur des Travaux Publics, gérant du domaine public, après enquête dans les mêmes conditions que pour les reconnaissances de droits d'eau (1).
Le bénéficiaire d'une autorisation de prise d'eau a sur l'eau qu'il utilise et sur le terrain qu'il occupe un droit réel de jouissance, de nature administrative, analogue à l'emphytéose, comme celui d'un permissionnaire de voirie.
Il doit payer une redevance et se conformer aux conditions de son arrêté d'autorisation, sous peine de voir retirer sa permission sans indemnité. Il ne peut disposer de son droit d'usage. L'article 13 du dahir du 1"' août 1925 fixe directement les principales conditions imposées au bénéficiaire d'une autorisation de prise d'eau.
L'arrêté d'autorisation peut faire l'objet d'une inscription sur le titre foncier de la propriété au profit de laquelle l'autorisation est accordée (article 19 bis du dahir du 1er août 1925, article provenant du dahir du 2 juillet 1932).

La concession de prise d'eau est approuvée par un dahir. Il y a lieu nécessairement à concession (article 14 du dahir du 1er août 1925) :
1° pour les prises d'eau de plus de 100 litres par seconde et les usines de plus de 100 poncelets ayant pour objet principal de desservir des intérêts publics ou la fourniture et la vente d'eau ou d'énergie ;
2° les usines établies pour utiliser une puissance de 500 poncelets.
Les concessions de prises d'eau accordées jusqu'à ce jour, peu nombreuses (9), sont des concessions industrielles.

Le règlement d'eau, au Maroc, est souvent un acte d'expectative, utile lorsque l'inventaire des droits existant sur un cours d'eau, une source ou une merdja n'a pu encore être fait ou lorsque l'ignorance où l'on est encore des régimes hydrauliques ne permet pas de remettre à chacun, domaine public, collectivités ou particuliers, le débit qui lui revient. Le règlement d'eau marocain peut aussi avoir pour support une reconnaissance collective de droits d'eau ou une concession de prise d'eau. Il les complète ou en règle l'application. Enfin, des règlements d'eau temporaires peuvent préciser aussi dans quelle proportion des prises d'eau régulièrement reconnues, autorisées ou concédées seront rationnées en cas de pénurie d'eau, pour assurer l'alimentation des populations et l'abreuvage des animaux (article 17 du dahir du 1er août 1925).
Les règlements d'eau ont été relativement nombreux (11) dans la région de Marrakech où, sur presque toutes les eaux, s'enchevêtre un fouillis de droits d'usage privatifs.

(1) Toutefois, des autorisations de prise d'eau peuvent être délivrées sans enquête sur le Sebou, l'Oued Beth, l'Oum-er-Rebia et la retenue du barrage de l'Oued Mellah, tant que le débit ou le volume des eaux attribuées sera inférieur à un certain débit des oueds précités ou à un certain volume des eaux de retenue du barrage.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mar 16 Sep - 8:55

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LES COUTUMES LOCALES

L'EXISTENCE des dahirs du 1er juillet 1914 sur le domaine public et du 1er août 1925 sur le régime des eaux ne doit pas conduire à négliger les coutumes locales concernant les eaux.
Il faut connaître nécessairement ces coutumes parce que le législateur a entendu expressément sauvegarder les droits d'eau légalement constitués à leur faveur (réserve des droits acquis, article 2 du dahir du 1" juillet 1914).
Il faut connaître encore les dites coutumes afin que les intéressés soient traités avec équité et bienveillance (« Pratiquez l'équité, car Allah aime ceux oui la pratiquent », dit le Coran).
Enfin, il ne faut pas oublier que, dans tous les cas où l'Etat ne croit pas nécessaire d'intervenir, les coutumes continuent à avoir un rôle supplétif. En Algérie, la répartition des eaux des sources de Kabylie est presque toujours réglée par les kanoun locaux, après plus d'un siècle d'administration française.

Pour essayer d'expliquer, coordonner par des principes généraux, les coutumes marocaines concernant les eaux, aucun secours n'est à espérer de cet ensemble de préceptes religieux, de règles, sentences et décisions extrêmement diverses et très particulières qui constituent le droit musulman. Ce droit, la coutume marocaine l'ignore fréquemment, c'est un fait, et surtout dans le domaine dont nous nous occupons.
Ce qu'on peut retenir de la doctrine musulmane, c'est une bienveillance d'inspiration religieuse qui fait que, lorsqu'il y a détresse de la soif pour un individu ou pour une collectivité, les coutumes marocaines se relâchent des droits stricts de la propriété.
Car ce qui caractérise, en effet, la condition juridique des eaux au Maroc, c'est que les eaux, en ce pays, avant que la notion de Domaine public y soit affermie, étaient l'objet d'une multitude de faits supposant des droits de propriété soit individuelle, soit au profit de collectivités restreintes.
Lorsqu'elle est l'objet de droits de propriété individuelle, l'eau peut se vendre indépendamment du sol. Le tour d'eau, dans le Sud, s'appelle généralement ferdia, parfois nouba. Au Maroc, lorsque l'eau peut faire l'objet de ventes privées, le prix du litre-seconde est très variable, avec des extrêmes comme 5.000 ou 100.000 francs.
En de nombreux points du Maroc, du pays berbère surtout, l'eau est restée un bien collectif. Mais c'est un bien possédé privativement par une collectivité, et non à l'usage de tous, ni un bien de l'Etat, du Maghzen.
En terres collectives, les eaux sont collectives (ou même publiques). Les eaux nées en terrain collectif demeurent collectives.
La part d'eau sur des eaux collectives, en principe, suit le sort du fonds. L'eau est distribuée en même temps que le terrain. La collectivité reprend la part d'eau lorsque le fonds n'est pas ou est mal cultivé. Il peut se faire aussi que, après attribution temporaire de l'eau, la collectivité se désintéresse de l'usage qui sera fait de l'eau pendant la période d'attribution. En ce cas, le droit d'eau peut être loué, vendu par son titulaire.
La preuve de droits privatifs sur les eaux est établie soit par la coutume orale ou écrite, presque toujours orale chez les Berbères, soit par des documents écrits chez les tribus arabisées.
On ne peut généraliser en ce qui concerne les coutumes intéressant les eaux. Il ne faut pas avoir d'idées préconçues à ce sujet. Il n'y a pas de règles générales. Ce qui est vrai en un canton ne l'est pas dans le canton très voisin. Les questions soulevées par les coutumes à propos des eaux sont toujours des questions d'espèce, de contingences locales, et, souvent, d'opportunité.
Généralement, la solution satisfaisante suppose que le problème est aussi bien connu du point de vue technique que du point de vue social et juridique. Les autorités locales et les techniciens des Travaux Publics doivent donc collaborer de la manière la plus étroite et la plus attentive, comme, du reste, le dahir et farrêté viziriel du 1er août 1925 leur en ont donné la possibilité.

LES ASSOCIATIONS SYNDICALES AGRICOLES PRIVILÉGIÉES


BIEN que ces associations et les textes qui les instituent ou organisent (1) n'affectent pas la condition juridique des eaux, on ne peut les passer sous silence en tant qu'elles sont, dans les plus nombreux cas, un instrument légal et réglementaire pour l'utilisation des eaux (irrigation), ou pour le drainage des terres, ou pour ces deux buts à la fois.
M. Hauriou, doyen de la Faculté de Droit de Toulouse, caractérise les associations de ce genre, en déclarant que tout y repose sur la plus-value à donner aux terres des adhérents des associations.
Les associations syndicales agricoles procurent d'autres avantages à leurs adhérents ; et l'Etat lui-même doit les voir avec faveur.
Outre la plus-value, les avantages procurés à leurs membres par les associations syndicales sont parmi ceux qui naissent régulièrement de la coopération : possibilité d'entreprendre des travaux excédant les forces financières de l'individu isolé, meilleures conditions de prix obtenues des entrepreneurs, diminution des frais généraux pour l'entretien des ouvrages, facilités pour obtenir des crédits permettant de longs amortissements, police de la répartition des eaux facilitée au maximum, occasion de discuter commodément en commun d'intérêts collectifs, éducation coopérative, perte de l'habitude de tout attendre de l'Etat-providence.
L'Etat y économise des frais d'entretien ou même de construction d'ouvrages de répartition des eaux ou de drainage des terres mis à la charge des associations ; il économise le personnel qu'il lui faudrait payer pour contrôler l'usage des eaux, prévenir ou juger des litiges...
L'institution des associations syndicales privilégiées coûte évidemment un contrôle à l'Administration et des éducations à faire parmi les associés ; certaines associations ont pu fonctionner peu correctement, et l'Administration a dû intervenir. Mais, dans l'ensemble, les avantages l'emportent de beaucoup sur quelques inconvénients. La preuve en est dans l'augmentation du nombre des associations passé de 41 en 1933 à 79 au 1er janvier 1951. Certaines associations, anciennes, se sont développées, ont fait boule de neige.
Après 22 années passées en ce pays, à nous occuper, entre autres attributions administratives, de la condition juridique des eaux et de la même condition de leur utilisation, nous pensons que les associations syndicales agricoles privilégiées pour l'utilisation ou l'aménagement des eaux sont une institution à suivre avec le plus grand intérêt.
Et nous le répétons, l'éducation coopératiste obtenue est importante ; elle est d'un pronostic fructueux, mêlant Européens et Marocains, ou ne s'adressant souvent qu'à des Marocains, lesquels sont préparés, du reste, dans de nombreux cantons, à de telles ententes, par les vieilles « qaïda » concernant l'utilisation en commun de ces eaux qui ne coulent qu'avec parcimonie, en été et en automne, dans toute l'Afrique du Nord.
(Pour plus de développements sur la condition juridique des eaux au Maroc, voir l'ouvrage plus important de l'auteur du présent article, ouvrage intitulé « Le régime juridique des eaux au Maroc », publié chez Sirey, à Paris, ou le « Code annoté des Eaux au Maroc », édité à Rabat, en vente chez l'auteur).

(1) Dahir du 15 juin 1924 (B.O. n° 615). Arrêté viziriel du 20 juin 1924, modifié par les arrêtés viziriels des 18 février 1937 (B.O. n° 1.274), 17 janvier 1938 (B.O. n° 1.320), 26 mai 1939 (B.O. n° 1.393), 1er février 1949 (B.O. n° 1.895).


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mar 16 Sep - 9:10

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RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES

I. — GRAPHIQUE DES RECONNAISSANCES DE DROITS D'EAU ET AUTORISATIONS DE PRISE D'EAU DÉLIVRÉES ANNUELLEMENT DEPUIS 1920

(voir graphique ci-dessus)

- La vive ascension du graphique à partir de 1933 n'est pas due à un essor particulier de l'agriculture marocaine qui était alors dans un marasme profond. Elle n'est due qu'au dahir « rassurant » de 1932.

RÉPARTITION TERRITORIALE DES ACTES D'AMODIATION DES EAUX

( voir tableau ci-dessus )

— Autorisations de prise d'eau accordées aux Marocains : 17.719 (1).
— Autorisations de prise d'eau accordées aux Européens : 1.878

(1) Y compris 16.00Q prises d'eau au profit d'un nombrg égal de Marocains qui, n'ayant pas motrisations individuelles, sont desservis par l'Office de l'irrigation des Beni-Amir, Beni-Moussa.

INDEX CHRONOLOGIQUE DES TEXTES FORMANT CODE DES EAUX AU MAROC

- Dahir du 1er juillet 1914
sur le domaine public dans la zone française de l'Empire Chérifien (B.O. n'° 89), modifié par le dahir du 8 novembre 1919 (B.O. n° 369). Articles 1, 2, 4, 6 et 8.
- Arrêté viziriel du 26 mai 1916
sur la protection des eaux destinées à l'alimentation des villes ou agglomérations (B.O. n° 188), modifié par l'arrêté viziriel du 28 février 1923 (B.O. n° 543).
- Dahir du 19 octobre 1921 sur le domaine municipal (B.O. n° 470). Article 2.
- Dahir du 1er août 1925
sur le régime des eaux (B.O. n° 670) modifié par les dahirs du 2 juillet 1932 (B.O. n° 1.028), du 15 mars 1933 (B.O. n° 1.067), du 18 septembre 1933 (B.O. n° 1.067), du 18 septembre 1933 (B.O. n° 1.094), du 9 octobre 1933 (B.O. n° 1.100) et du 25 juillet 1939 (B.O. n° 1.403).
- Arrêté viziriel du 1er août 1925
relatif à l'application du dahir du 1er août 1925 sur le régime des eaux modifié par l'arrêté viziriel du 27 avril 1934 (B. O. n° 1.125), et l'arrêté viziriel du 11 février 1941 (B.O. n° 1.481).
- Arrêté viziriel du 30 janvier 1926
relatif aux redevances à verser au Trésor par les attributaires de prises d'eau (B.O. n° 696) modifié par arrêté viziriel du 23 avril 1949 (B.O. n° 1910).
- Dahir du 17 décembre 1926
relatif à la répression des vols d'eau (B.O. n° 743).
-Dahir du 18 septembre 1933
relatif aux autorisations de prises d'eau sur l'oued Beth et l'oued Sebou (B. O. n° 1.094).
- Dahir du 13 juillet 1935
relatif aux autorisations de prises d'eau dans la retenue du barrage de l'oued Mel-lah et sur l'oued Oum-er-Rebia (B. O. n° 1.190).

On peut trouver dans la thèse pour le doctorat es-Sciences de Jean Bruhnes : Etude de géographie humaine : l'irrigation dans la péninsule ibérique et dans l'Afrique du Nord, Paris, 1902, une conclusion à toute étude de l'aspect juridique du problème de l'eau en Afrique du Nord, conclusion qui souligne l'importance de cet aspect du problème.
M. J. Bruhnes s'exprime ainsi : « Les Français, en Egypte, se sont peut-être trop exclusivement figurés que le problème de l'irrigation était uniquement un problème technique : exécuter les grands travaux nécessaires, c'est une partie de la tâche, mais ce n'en est qu'une partie. Le problème de l'irrigation, on l'a bien vu, exige non seulement des canaux, des barrages, des digues, mais aussi des règlements, une organisation d'ensemble, problème économique, législatif, qui a une importance égale au premier... ». Nous pensons que les responsables de l'utilisation de l'eau au Maroc, y compris les techniciens agricoles, n'ont pas méconnu l'importance du compartiment juridique et économique.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mar 16 Sep - 9:15

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- Société Marocaine d'Assurances, Casablanca.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mer 17 Sep - 8:34

page 23


- Ombres et reflets... Les silhouettes des Seghouchen sont réfléchies dans l'eau de la séguia qu'ils ont creusée tandis que se projettent sur la berge les ombres des notables venus l'inaugurer.

Le pain de barbarie

« Le Pain de Barbarie » est un documentaire, remarquable par sa sincérité, qui a pour thème la modernisation du paysanat marocain. Son réalisateur, Roger Leenhardt, après avoir montré les difficultés politiques que le Protectorat eut à résoudre par suite de la répartition des terres et évoqué les efforts des techniciens français pour la mise en valeur d'un territoire particulièrement déshérité du Moyen Atlas, démontre comment Joute cette bonne volonté serait stérile si l'on n'avait trouvé le moyen d'amener l'eau dans ce pays desséché.
L'importance de l'irrigation au Maroc est donc soulignée dans ce film qui, présenté au Festival de Cannes en 1943, a été considéré comme un des meilleurs qui ait été réalisé sur un des problèmes vitaux auxquels la. France s'est attaquée en Afrique du Nord.
Sa seconde partie est consacrée à la construction d'une séguia, ou canal principal d'irrigation destiné à amener l'eau de la montagne, et à la mise en route du système d'irrigation.
Son commentaire que nous présentons ici, grâce à l'obligeance du Service Cinématographique du Protectorat, illustre cette oeuvre française de la mise en valeur des terres marocaines que cet ouvrage se propose de faire connaître sous ses différents aspects.
Tourné en trois versions, française, arabe et américaine, ce documentaire mesure 600 mètres en 35 m/m. et 240 mètres en 16 m/m. La durée de sa projection est de 21 minutes. C'est une production « Les Films du Compas », opérateur Bernard Dardaine.


AU cœur de l'Atlas, le Mont Ti-choukt est la patrie des chèvres et des Aït Seghouchen.
Cette tribu, qui groupe sur le Tichoukt 1.200 tentes, est une des plus pauvres, des plus rudes du Maroc.
Suivant la coutume berbère les femmes ont le visage découvert et tatoué.
Dès le plus jeune âge, les hommes portent au sommet du crâne la natte par où l'ange de la mort pourra les enlever jusqu'au paradis. Ils conservent cette tresse sous la rezza, à l'enroulement oriental. Pour le reste, leur djellaba ou leur naïl ne diffère guère, au fond, de la robe de bure et des sandales de cuir des paysans français du Moyen-Age.
Avant tout bergers, les Seghouchen, bons tireurs et excellents cavaliers, ont toujours été des guerriers.
Depuis des siècles c'est avec le même regard d'envie que du haut de leur montagne aride ils contemplent, ouvrant sur la plaine, l'heureuse vallée de Skoura.
Ici, à Skoura, vit une autre tribu, les Aït Sidi Saïd, agriculteurs et sédentaires.
Dans l'oliveraie chaque famille ne possède guère qu'un ou deux arbres. Et le sol appartient souvent à un autre propriétaire. Que celui-ci, sa charrue sur l'épaule, vienne labourer au moment de la cueillette, et voici un beau vacarme...
Dans leur maison aux murs de terre séchée, aux toits en terrasse et sans cheminée, les Aït Sidi Saïd ont la vie domestique primitive de tous les paysans pauvres du monde, une vie où il y a peu de grain à moudre et beaucoup de marmaille à soigner. Pourtant ils ont été ici l'avant-garde de la civilisation en babouches des villes ; leurs villages forteresse se sont élevés comme des bastions traditionnels de la plaine arabe, du pouvoir chérifien, face à l'irréductible montagne berbère.
Chaque armée en effet, les Seghouchen ...




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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mer 17 Sep - 8:47

page 24


- Ce n'est pas un chantier comme les autres, c'est tout un peuple au travail. Ces manœuvres sont des paysans et ils savent que la séguia pu'ils construisent est leur séguia.

... chassés par la mauvaise saison devaient abandonner le Tichoukt pour chercher dans la plaine des pâturages d'hiver.
Mais la transhumance se transformait souvent en razzia...
...Et bien des fois, à Skoura, le cri d'alarme a retenti à l'approche des farouches montagnards qui faisaient rentrer précipitamment dans chaque maison bêtes, femmes et enfants.

Puis vint la pacification française. Au prix de durs combats la dissidence berbère du Tchoukht tombe en 1929. Face à la vallée, sur les derniers contreforts de la montagne, s'élève le poste français où pour tout le pays la responsabilité de l'ordre est assurée par un officier des Affaires Indigènes. Et les splendides guerriers que furent les Seghouchen deviennent en dix ans les plus loyaux partisans de la France sous la djellaba rayée et la rezza de laine des goumiers.
Ils prirent vite aussi, hélas, un autre uniforme : celui des prolétaires. Tous les guerriers de la montagne ne pouvaient s'engager dans les goums. Ils durent émigrer vers les chantiers des grandes villes où les petits garçons ne portent plus la natte offerte à l'ange d'Allah.
Car sur le Tichoukt où la pacification les a fixés, ces anciens nomades ne récoltent pas de quoi faire cuire assez de kessra, cette galette ronde, principale, souvent seule nourriture, pour ces petites bouches qui se multiplient avec l'hygiène et la paix.
Dans tout le Maroc d'ailleurs le blé devient un problème vital. Même dans la plaine fertile il faut remplacer l'araire de bois qui égratigne la terre par le tracteur qui la défonce. Dans ce pays où la sécheresse est la règle, seuls les labours profonds, accumulant l'eau des pluies trop rares, donneront des récoltes suffisantes pour une population toujours croissante. Cette grande culture mécanique est déjà pratiquée par les colons. Pour l’étendre au paysanat indigène, le gouvernement, sur tout le territoire, ouvre des chantiers de modernisation agricole, des sortes de fermes collectives modèles où les fellahs s'initieront peu à peu aux machines.

C'est ainsi qu'au pied du Tichoukt, à Skoura, par une belle matinée de mars 1946, une délégation de notables des Ait Sidi Saïd montait de la vallée vers le poste, tandis que descendaient au galop de la montagne des représentants des Aït Seghouchen. Une grande djemma ou assemblée est convoquée pour proposer aux deux tribus, jadis ennemies, la mise en valeur collective des terres incultes de la plaine.
A la droite de l'officier qui préside, le technicien qui va diriger les travaux propose : les terres défrichées appartiendront par moitié aux Aït Sidi Saïd de la vallée qui en étaient théoriquement propriétaires, l'autre moitié sera rétrocédée par le Marzan, l'Etat, aux anciens goumiers se-ghouchen de la montagne se trouvant pratiquement sans terre.
Conciliabule entre les Seghouchen d'un côté et les Aït Sidi Saïd de l'autre. Le projet révolutionne des habitudes centenaires. Pourtant les deux groupes vont acquiescer.
Un an après, dans cette brousse où n'avait jamais pénétré une charrue, se découpent déjà de grands carrés défrichés.
Pour la broussaille ordinaire cela va vite : il suffit de la hache et du feu.
Mais il y a ce petit épineux redoutable dont il faut extirper à la pioche les racines monumentales.
Quant aux arbres — les oxicèdres — ils sauteront d'un seul coup au tracteur.
Le défrichement se termine par l'épierrage. Ici c'est le travail des femmes. La femme berbère est une porteuse. Pieds nus, à petits pas, mais sans arrêt, comme une fourmi ouvrière, elle porte toujours le bois pour le foyer, l'eau pour la cuisine. Nous la verrons porter le sable aux maçons. Ici ce sont ces cailloux dont il faut débarrasser les labours et qui sont utilisés sur place pour des barrages contre le ravinement.
En marge des terrains de grande culture collective, des lots individuels d'un hectare ont été prévus pour chaque famille d'ouvriers propriétaires. Des nouvelles nouallas s'échafaudent.
Certaines sont de vraies maisons en pierres avec de vraies cheminées. Modestes foyers, mais où déjà apparaît le merveilleux superflu, ce damier rustique où des cailloux servent de pions, le petit sachet de kolh pour la coquetterie des fillettes, et le gage d'amour du bracelet d'argent.
Au centre de la vallée on a bâti un ...


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mer 17 Sep - 8:59

page 25


- Devant la foule rassemblée pour l'inauguration, on a enfin ouvert les vannes. L'eau court pour la première fois dans le canal. On sacrifie le mouton en présence du caïd, prémice de la traditionnelle diffa qui va célébrer le grand jour.

... beau souk tout neuf. Le souk, c'est le marché, c'est la foire où chaque vendredi on vient bavarder et rire, acheter et vendre, échanger les nouvelles et les marchandises. Il y a là toutes sortes d'épices, de graines et des friandises... jusqu'aux cachous et au chewing-gum. Près des cotonnades bariolées pour les robes des fatmas, la laine brute pour tisser les burnous. Et du sel gemme dont les plaques arrivent par caravane du Sahara.
On a ouvert aussi une école. A midi les écoliers dont certains font dix kilomètres à pied pour venir apprendre à lire, ont leur cantine scolaire en plein air.
Avec l'institutrice, les seuls Français sont ici le directeur du Secteur, son chef de culture et le mécanicien, Pierrot, un Toulousain. Il peut être fier de ses apprentis : les quatre tracteurs de la ferme ont des conducteurs qui deux ans avant gardaient les chèvres sur le Tichoukt.

Et voici, enfin, le moment solennel où se précise la promesse du pain de barbarie. Le semoir à 18 raies qui abat un hectare à l'heure répand la semence sélectionnée sur la terre vierge ; et le vieux berger berbère ne peut s'empêcher de reprendre le geste auguste du semeur, en doutant que le grain lancé par une machine puisse en ranporter 100 ou 30 ou 20...
La terre est bonne, et on a arraché les épines, mais le grain séchera tout de même si le pluviomètre comme chaque année reste à peu près vide.
L'eau est rare et précieuse ici, que les femmes rapportent d'une lieue dans des outres de peau de chèvre. Et chaque printemps, quand la sécheresse se prolonge, une procession enfantine promène devant le marabout la « fiancée de la pluie », la grande poupée magique qui doit faire descendre l'orage du ciel. A cette prière angoissée la réponse aujourd'hui, sera cette ligne qui coupe le flanc de la montagne, le tracé du canal d'irrigation de la seguia qui amènera l'eau de l'oued, déviée en haut de la vallée jusqu'à la plaine.
Ces hommes et ces femmes sont payés à la journée. Et pourtant ce n'est pas là, on le sent bien, un vulgaire chantier de travaux publics, c'est un peuple au travail. Ces manœuvres sont des paysans et ils savent que la seguia qu'ils construisent est leur seguia.
Le canal une fois creusé, il faut le maçonner. Pour le mortier où trouver le sable ?
On le prendra au bord de l'oued, 200 mètres au-dessous du chantier. Pas de téléférique, pas de wagonnets, pas même de mulets. Encore une fois la femme berbère est là, avec son pied de chèvre, ses reins de statue et sa patience infinie. La théorie ininterrompue des fillettes et des vieilles monte et descend tout le long du jour, sans doute comme jadis leurs sœurs d'Egypte au flanc de la Pyramide.

Et c'est ainsi qu'un jour, à l'entrée  de la vallée, à la tête de la seguia, devant la foule rassemblée pour l'inauguration on a enfin ouvert les vannes. L'eau va courir pour la première fois dans le canal suivie du cortège triomphal des paysans et des ouvriers.
Pour la grande fête, on a descendu de la montagne la tente d'honneur du caïd.
Dans ce pays où la famine est toujours à l'horizon, une fête c'est d'abord un repas : la traditionnelle diffa.
Ne vous étonnez point de n'y pas trouver la chaleur communicative des banquets : la nourriture de Dieu dit le proverbe, se mange en silence... et avec les doigts.
Mais s'il n'y a pas de fourchette il y a des aiguières, qui manquent souvent à nos festins occidentaux.
Et au café — pardon, après le thé à la menthe — la danse.
L'Ahïdous n'est pas un simple divertissement : comme la bacchanale antique c'est un jeu total, inspiré par la joie commune. Aujourd'hui, ces hommes et ces femmes dansent l'eau vive parvenue à la plaine, ils dansent les moissons futures.
Paix et prospérité à tous les Ait Se-ghouchen. Que leur communauté nouvelle trouve dans la vallée le paradis à l'ombre des chanvres.
Et salut aussi au dernier de la tribu qui, comme naguère, se contente pour seule richesse de sa montagne et de sa liberté.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Mer 17 Sep - 9:03

page 26


- « Ce qui fait et défait cette nature, c'est l'eau. Les oueds naissent d'une faille dans le roc, grande comme le bras, et se perdent dans la terre, ne révélant leur existence que par des cailloux polis ou des touffes un peu plus vivantes A force de glisser, en mince filet, ils creusent un canon, s'étalent dans un lit trop large, se divisent sous l'effort des hommes, en une multitude de séguias pour créer la vie, se rassemblent et désaltèrent les vivants. »
Henri DUQUAIRE (Images du Maroc berbère).
(Ph. Belin)

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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Jeu 18 Sep - 6:52

page 27



Pour comprendre L'HYDRAULIQUE AU  MAROC

ON dit que les Français ne connaissent pas la géographie. Cependant, les Français « vieux Marocains » connaissent celle du Maroc parce qu'ils ont vu naître et se développer le Maroc moderne. Les Français récemment installés au Maroc, par contre, en ignorent généralement les caractères essentiels.
Aussi croyons-nous utile, avant d'entrer dans le cœur de notre sujet, de donner ci-dessous quelques indications sur le réseau hydrographique du Maroc.
Le Maroc a le privilège de posséder les  cours  d'eau les plus importants d'Afrique du Nord et de disposer de grandes réserves souterraines. Une large étendue de plateaux et de plaines, séparant la mer des montagnes du Moyen Atlas, a favorisé l'établissement de fleuves assez longs, tels que le Sebou, .l'Oum er Rebia et la Moulouya, dont les cours varient autour de cinq cents kilomètres.
Les uns  se jettent  dans  la Méditerranée, les autres dans l'Atlantique, d'autres encore se perdent dans le Sahara.
Parmi les premiers, la Moulouya se distingue par son importance. Elle est successivement un fleuve de montagne nourri temporairement par la fonte des neiges, puis un fleuve de plateau steppique, avant de devenir un fleuve de plaine méditerranéenne. Elle draine donc des régions très différentes. Son débit varie entre un étiage de 5 mètres cubes-seconde et de grandes crues de plus de 1.000 mètres cubes-seconde.
Le groupe des fleuves atlantiques est le plus important, tant par leur nombre el leur longueur que par leur débit.
Au nord, le Sebou, qui déroule son cours dans une vaste plaine après avoir dévalé du Moyen Atlas sous le nom de l'oued Guigou. Ses affluents de gauche lui mènent les eaux des hauts plateaux : l'oued Fès, très court, abondant et régulier, l'oued Mikkès, très largement utilisé pour les irrigations, l'oued Beth, enfin, qui assure, grâce au barrage d'El Kanséra, l'irrigation du périmètre de Sidi Slimane. Ses affluents de droite son également importants : l'oued Rouman-Srhina, le Zeloul, l'Innanouen, alimentés par les cimes du Moyen Atlas et le seuil de Taza, et l'Ouergha qui collecte les eaux du versant sud de la chaîne du Rif.
Dans son cours inférieur, le Sebou s'enfonce dans ses propres alluvions et ses berges dominent une zone de grands marécages, les merdjas, où se perdent ses dernieis affluents. D'où la nécessité des travaux d'assainissement de la plaine du Gharb.
Au centre, une série de fleuves côtiers : le Bou Regreg et son affluent l'oued Grou, dont l'estuaire, entre Salé et Rabat, constitue un site que tout le monde connaît et admire ; l'oued Ykhem, l'oued Cherrat, l'oued Nefifikh, l'oued Mellah enfin. Chacun de ces fleuves est encaissé dans les plateaux du Maroc central où ils ont eu de la peine à creuser leur lit dont ils ont fait une gorge aux versants abrupts.
L'Oum er Rebia est le plus long et le plus complexe de ces fleuves. D'abord torrent de montagne, il traverse ensuite la plaine du Tadla, où il reçoit ses deux principaux affluents, l'oued El Abid et le Tassaout. Orienté d'abord est-ouest, il s'infléchit alors vers le nord et s'enfonce dans le plateau puis la plaine littorale, pour se jeter dans l'océan à Azemour.
L'Oum er Rebia est le plus abondant et le plus régulier des fleuves marocains, aussi a-t-il été mis largement à contribution dans le programme des grands travaux de l'hydraulique avec les barrages et les usines hydroélectriques de Kasba Zidania, Im Fout, Daourat et Si Saïd Machou, tandis que l'oued El Abid prenait une importance considérable avec le barrage de Bin el Ouidane et la dérivation de ses eaux vers la plaine du Tadla, à Ait Ouarda.
Au sud, le Tensift, et ses affluents, l'oued Chichaoua et le N'Fis, qui traverse la plaine du Haouz. Enfin, le Sous sur le versant sud de l'Atlas, et l'oued Massa.
Les fleuves sahariens, dont le Guir et le Ziz, qui sont instables dans leur débit :et même dans leur cours, et le Dra qui se prolonge bien jusqu'à l'océan en décrivant une vaste courbe, mais dont le lit est à sec bien avant son estuaire.
Ainsi, le Maroc apparaît riche en ressources hydrauliques. Cependant, l'utilisation rationnelle de cette richesse facilitée par le principe général de la domanialité des eaux établi par le dahir du 1° juillet 1914, devait être précédée d'un inventaire méthodique. Or, cet inventaire fut retardé par la confusion des coutumes existantes et les grandes variations pluviométriques qui exigeaient plusieurs années d'observation. Enfin et surtout par le fait que le cours supérieur des principaux fleuves marocains, le Sebou, la Moulouya et l'Oum er Rebia, se trouvaient en territoire insoumis. La pacification de l'Atlas n'a été achevée qu'en 1934, ne l'oublions pas.
Ce n'est donc qu'en 1938 que le gouvernement chérifien pouvait se lancer résolument dans une politique de grands travaux destinés à créer des ressources réellement nouvelles en eau, donc en terrains de culture et en force motrice.
Des études entreprises, il ressort que, techniquement, il serait possible de disposer de plus de 280 mètres cubes-seconde d'eau au Maroc, alors que le débit moyen utilisé par l'irrigation ne dépasse guère aujourd'hui 50 mètres cubes-seconde.
Dans cet album, nous passerons successivement en revue le complexe hydraulique de l'oued El Abid, avec le barrage en construction de Bin el Ouidane, la dérivation et la galerie souterraine d'Aït Ouarda-Afourer, l'aménagement de l'Oum er Rebia avec les barrages de Si Saïd Machou, Im Fout et Daourat, puis les barrages d'El Kanséra sur l'oued Beth et de Lalla Takerkoust sur le N'Fis, avant d'entreprendre la présentation des grands périmètres d'irrigation des Béni Amir et des Béni Moussa, des Abda Doukkala, de Sidi Slimane, du N'Fis, des Triffa et du Massa inférieur, et les travaux d'assainissement de la plaine du Gharb.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Jeu 18 Sep - 6:58

pages 28/29



LES AMENAGEMENTS HYDRO-ELECTRIQUES

LE COMPLEXE HYDRAULIQUE DE L'OUED EL A B I D
BIN ELOUIDANE
AIT OUARDA
AFOURER
L'AMENAGEMENT DE L'OUM ER REBIA
KASBA  Z1DANIA
I M - F O U T
DAOURAT
SI  SAiD MACHOU
LE BARRAGE D'EL KANSERA SUR L'OUED BETH
LE BARRAGE DE  LALLA TAKERKOUST SUR LE N'FIS
LES USINES DE FES ET MEKNES





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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Jeu 18 Sep - 7:01


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page 30


- SOLETANCHE, Rabat.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Sam 20 Sep - 6:27

page 31


Vingt-cinq ans d'efforfs...


LES premières installations de production d'énergie électrique datent de 1914 et 1915. A cette époque furent créées des petites stations à Fès, puis à Rabat, à Casablanca, à Safi, à Marrakech, à Mazagan, etc... tandis qu'étaient établis des réseaux de distribution locaux.
En 1920, l'électrification envisagée des Chemins de Fer Marocains s'ajoutant à des besoins accrus, nécessitèrent une étude plus complète du problème de la production, exigeant l'aménagement de puissantes usines génératrices et la construction de lignes à haute tension. Un Syndicat d'études fut créé dans le but d'inventorier les ressources hydrauliques des trois fleuves principaux du Maroc, l'Oum er Rebia, le Sebou et la Moulouya. En janvier 1924 était créée l'Energie Electrique du Maroc qui entreprenait aussitôt la construction d'une usine thermique à Casablanca-Roches Noires dotée de trois groupes turbo-alternateurs d'une puissance de 21.000 kVA (puissance qui devait être portée en 1929 à 28.000 kVA) et l'établissement de lignes de transport de 60.000 volts, l'une de Casablanca à Rabat, l'autre de Casablanca à Khouribga.
Ainsi pouvait -être réalisée l'électrification d'une partie des Chemins de Fer et l'alimentation de l'Office des Phosphates, en même temps que l'on parait à l'insuffisance des moyens existants jusqu'alors.
En 1925 commençait l'équipement de l'Oum er Rebia avec la mise en chantier du barrage et de l'usine hydoélectrique de Si Saïd Machou, achevée en 1929.
L'usine hydro-électrique de Si Saïd Machou fut, à l'époque, jugée comme un modèle du genre. Elle répondait exactement à ce que l'on attendait d'elle. Ses groupes auxiliaires lui assuraient une sécurité de fonctionnement indispensable alors qu'elle était la seule centrale hydraulique du Maroc. Sa production en kilowatt-heures, jointe à celle de la centrale thermique des Roches Noires, suffisait largement aux besoins du moment, soit 65 millions de kilowatt-heures par an. Sa puissance de 26.000 kVA n'a été dépassée que par celle de la centrale d'Im'Fout, en 1947, avec 36.000 kVA.
Cette même année 1929 vit l'entrée en service de la centrale thermique Diesel d'Oujda, et l'année suivante celle d'Agadir.
En 1934, l'usine de Fès était rattachée au réseau de l'Energie Electrique et se complétait par une seconde usine dénommée Fès-aval par opposition à la première désormais désignée sous le nom de Fès-amont.
De 1934 à 1938 on vit s'élever deux grands barrages, celui d'El Kansera d'abord sur l'oued Beth (1935), puis celui de Lalla Takerkoust sur l'oued N'Fis (1938) tandis que la dérivation de l'Oum er Rebia à Kasba Tadla permettait la mise en service d'une usine hydro-électrique à Kasba Zidania (1936). Au total, les usines hydroélectriques fournissaient alors 115 millions de kilowatt-heures pour une production totale de 130 millions.
Le réseau de transport de force se développait parallèlement. Une ligne en 60.000 volts reliait Marrakech à Fès, alimentant Casablanca, Rabat, Port-Lyautey, Petitjean, Meknès et Safi. Un réseau annexe en 22.000 volts alimentait les régions agricoles, Azemmour, Béni Mellal, Fédala, les Zenatas, le Gharb, les Béni M'Tir, etc...

En 1939 commencèrent les travaux du barrage d'Im Fout, qui devaient être retardés mais non arrêtés par la guerre. La mise en eau du barrage eut lieu en mai 1944. En 1942 on mettait en route un premier groupe-vapeur de 2.500 kW, commande depuis 1939, à Oujda, ce qui permettait l'alimentation des mines de Djerada. Cette centrale thermique d'Oujda se complétait en 1945 par deux groupes Diesel de 1.140 CV et, en 1947, par un groupe-vapeur de 5.500 kW.
En 1948, les usines électriques développent une puissance totale de 120.000 kW, dont 75.000 d'origine hydraulique.
Alors qu'en 1939, l'Energie Electrique du Maroc produisait 160 millions de kilowatt-heures par an, elle en a produit 500 millions en 1950.
Afin de bien évaluer ces résultats, il est bon de se souvenir que la France n'est présente au Maroc que depuis 1912, que les grands travaux ne commencèrent qu'en 1920 et que la pacification du pays ne fut achevée qu'en 1934.
En 1950 d'importants chantiers sont en plein effort. En avril c'est la mise en eau du barrage de Daourat sur l'Oum er Rebia, en décembre la première coulée de béton du barrage de Bin el Ouidane sur l'oued el Abid. La centrale thermique d'Oujda se transforme, tandis que s'élèvent les murs de la nouvelle centrale des Roches Noires à Casablanca. Les terrassements de l'usine d'Afourer s'achèvent tandis que l'on poursuit le percement du souterrain qui lui amènera les eaux de l'oued el Abid.
Avant deux ans, la production d'énergie électrique marocaine aura doublé grâce à ces nouvelles installations qui seront l'honneur de ceux qui les ont conçues et réalisées pour le plus grand bien du Maroc, tant du point de vue de son avenir agricole, le but de chaque barrage étant d'abord l'irrigation des terres appartenant aux Marocains, que du point de vue de son avenir industriel, actuellement en plein essor.
LA   PRODUCTION   ANNUELLE   DES   USINES HYDO-ELECTRIQUES
( voir tableau ci dessus )
La production annuelle d'origine hydro-électrique, actuellement de 335 millions de kilowatt-heures, sera donc portée en 1955 à 835 millions de kilowatt-heures.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Sam 20 Sep - 6:29

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- Ateliers NEYRET BEYLIER, Grenoble.


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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Sam 20 Sep - 6:33

page 33


LE COMPLEXE HYDRAULIQUE DE L'OUED EL ABID


L'eau est une des richesses de l'Empire Fortuné. Richesse assez peu exploitée avant l'arrivée des Français, faute de moyens appropriés. Il appartenait au Protectorat, au fur et à mesure de la pacification du pays, de mettre en valeur des terres qui ne demandaient qu'à produire, à condition d'être convenablement irriguées.
C'est ainsi que l'Administration française dressa le bilan des ressources hydrauliques du Maroc et s'efforça en même temps d'améliorer ce qui existait avec des moyens de fortune, perfectionnant le réseau des grandes séguias, bétonnant les canaux, rectifiant le cours des oueds, créant des rhétaras collectives, captant des sources, etc. ..
Puis le gouvernement entreprit de grands travaux : barrage de l'Oued Beth à El Kansera, susceptible d'irriguer 30.000 hectares ; dérivation de l'Oum-er-Rebia à Kasba - Tadla, apportant la fécondité à 50.000 hectares des Béni Amir ; barrage de l'Oued N'Fis, destiné à assurer la fertilisation de la plaine du Haouz, etc. . .
L'intensification des cultures afin de garantir une alimentation suffisante à une population sans cesse croissante grâce aux bienfaits de la paix française, à l'amélioration de l'hygiène et du bien-être qui en découle, en raison aussi de l'immigration européenne, exigeait un effort plus grand encore. D'autre pari la modernisation de ce pays en retard de plusieurs siècles postulait une industrialisation nécessitant une ...



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MessageSujet: L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.   Sam 20 Sep - 6:37

page 34


— EN HAUT, à gauche : coupe transversale du barrage et de l'usine de Bin el Ouïdane; à droite : coupe de l'usine suivant l'axe longitudinal des groupes, vue vers l'aval.
— AU CENTRE : plan général des installations de Bin el Ouidane.
— EN BAS : profil en long du souterrain A'it Ouarda - Afourer sous le massif du Tazerkount, avec l'emplacement des différents aménagements.






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L'Hydraulique et l'Electricité au MAROC.
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