Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LE MAROC

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: LE MAROC   Sam 2 Juin - 7:50

page 54


- Rabat. La tour Hassan.


... déroule toute la vie familiale. Là, soit au rez-de-chaussée, de plain-pied, soit au premier étage sur une galerie, s'ouvrent les hautes portes de cèdre ou de pin dans lesquelles sont ménagées des chatières.
Par cette disposition des chambres débouchant sur une cour unique, le maître de la maison peut, de tout point, surveiller ses femmes et son personnel.
Les rues marocaines sont d'aspect triste et morose. Cela tient surtout à la jalousie farouche des marocains qui ont fermé toute fenêtre sur l'extérieur pour concentrer dans le patio intime la vie, la gaieté, les cris des enfants, les courses des esclaves, les fêtes et les cérémonies. Une seule porte massive s'ouvre en biseau sur l'extérieur, avec de grands verrous. Jour et nuit, allongés sur des nattes en travers du seuil, des serviteurs montent la garde.
Dans la Médersa des Oudaïas, vous trouvez toutes les pièces de la maison marocaine, reconstituées dans l'art le plus pur. De semblables ensembles sont assez rares dans les immeubles privés, depuis que la ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 2 Juin - 7:51

page 55


- Rabat. La tour Hassan.


... camelote anglaise et aussi les envois des grands bazars parisiens sont venus mêler au luxe si pur de jadis le clinquant des glaces et des armoires et les objets de luxe de notre civilisation.
Dans ces pièces, les tapis multicolores entassés sur le sol, les tissus berbères à poils ras, les bois sculptés et peints, les broderies de soie, les coussins, hauts et moelleux à la fois, les lits de parade avec leur couronne dorée... reconstituent un intérieur dans le genre de ceux où Loti fut reçu et où il aimait tant rêver, étendu à la manière marocaine, les yeux fixés sur les plafonds à caissons bariolés de multiples arabesques.
Dans ces lieux abandonnés depuis des siècles, un artiste à qui le Maroc doit d'avoir gardé son caractère dans son intégralité, M. Tranchant de Lunel, a ressuscité un jardin unique dans le monde.
Sur le fond vert des lierres, il a jeté comme avec des pinceaux des plaques d'étonnantes couleurs, faites de fleurs.
Les pergolas, les escaliers, les murailles, les créneaux sont littéralement ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 2 Juin - 7:52

page 56


- Rabat. Porte du Chellah (vue extérieure).


... couverts de tamaris, de volubilis, de rosiers grimpants, de bougainvilliers. Dans les rectangles du jardin, clôturés de buis et de géraniums taillés en haies, pousse la plus grande variété de plantes exotiques. On est absolument entouré de couleurs, les unes sur le tapis du sol, d'autres de tous côtés sur les murs, d'autres enfin jetées à profusion dans un ciel toujours très pur. Puis, du milieu de ces plates-bandes, surgissent, isolés et comme édifiés pour soutenir le ciel, de gigantesques palmiers.
Ces couleurs assemblées passent, au cours de la journée, par les tons les plus inattendus qui sont comme les états d'âme de cet enclos. Au matin, les fleurs ouvrent avec discrétion leurs corolles; c'est le réveil; les traits sont reposés, atténués. A neuf heures, le vert domine encore, égayé par les vêtements blancs des mauresques qui vont au marché, enroulées comme des momies dans leurs voiles.
Midi ! les couleurs jettent leurs cris.
Trois heures. La chaleur endort la ville; on goûte ici une température tiède car l'eau circule dans les rigoles et le vent de la mer frappant ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 2 Juin - 7:53

page 57


- Rabat. La mosquée du Chellah.



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MessageSujet: LE MAROC   Sam 2 Juin - 7:57

page 58


- Rabat. Vue générale du Chellah.


... contre les murs crée de frais moulinets. Le soir enfin, quand l'ombre règne en maîtresse, des lampes multicolores, habilement disséminées, s'allument dans de vieilles lanternes. Tout prend alors des proportions fantastiques. La haute tour de la Médersa se perd dans le ciel tandis qu'autour d'elle les cigognes tournent en larges vols, pattes pendantes.
Dans les trous d'obscurité on distingue la plainte des mendiants et le jeu des enfants... puis, quand tout semble s'endormir dans la tiédeur apaisée, le café voisin vibre au bruit discret d'un orchestre à cordes qui accompagne des chants.
Les mélodies arabes, monotones, alternent avec des chants d'Andalousie, nostalgiques et qu'on dirait ne pouvoir s'arrêter. Tout est alors de même teinte; les jardins sont andalous comme beaucoup de chansons arabes.
Avec fierté, les Marocainss se souviennent qu'ils franchirent une fois la mer pour conquérir le reste de la terre et lui imposer l'Islam. Victorieusement, ils se promenèrent à travers l'Espagne. De cette épopée, ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 2 Juin - 7:58

page 59


- Rabat. Les remparts du Chellah.


.
.. de cette expédition, il ne reste rien que des œuvres d'art à Séville et à Grenade... des chansons et des souvenirs au Maroc.
La Tour Hassan présente un tout autre aspect et suscite des émotions d'un ordre bien différent. Ces immenses ruines représentent ce que dût être le temple que Sansom démolit en secouant les pilliers géants. La Tour domine en effet un amas, un entassement, un bouleversement, un chaos de pierres, de fossés, de colonnes brisées, arrêtées comme coupées à des hauteurs différentes. Ce dut être un édifice formidable puisque les indigènes de Rabat qui sont venus s'y approvisionner depuis des dizaines d'années en pierre et en marbre, ne sont pas arrivés à épuiser cette riche carrière.
La tour est originale; beaucoup plus large qu'on ne le dirait extérieurement. On n'accède pas au sommet par un escalier mais par un plan incliné, ce qui permettait autrefois aux sultans, d'arriver à la galerie supérieure à cheval ou en carrosse léger.
Ces centaines de fûts, cette belle architecture sont un exemple de ce que les anciens savaient édifier... mais, tournez-vous. A quelques centaines de mètres, voici un exemple de ce que savent édifier les générations françaises modernes.


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 2 Juin - 7:59

page 60


- Rabat. Porte du Chellah (intérieur).


Construite sur une colline, la plus élevée des environs, la Résidence domine Rabat, Salé, la vallée du Bou Regreg et l'Océan tout entier. Une merveille s'est accomplie en ce lieu : l'immense étendue de jardins, de villas, de patios, de beaux hôtels pour les services du protectorat, cette magnifique bâtisse centrale calquée sur un palais de Fez, tout cet ensemble féerique est né en dix ans... Oui, l'emplacement de la Résidence avec ses escaliers monumentaux, ses plafonds de cèdre, ses immenses baies, ses infinies dépendances, n'était, en 1913, qu'un vaste champ, nommé « les trois figuiers ».
Depuis, Lyautey a passé !
Voici enfin, hors de la ville, farouchement isolé, un coin mystérieux, le Chellah. C'est, pour les Marocains, la ville des Djnouns, des esprits malfaisants, une sorte de ville d'Ys.
Jadis cité opulente, on n'y trouve maintenant que les murs avec une casbah et deux mosquées. Passez la ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 2 Juin - 8:00

page 61


- Rabat. Vue générale de la Résidence.


... grande porte, vous perdez toute vue sur Rabat et vous êtes transportés dans un paysage des Mille et une Nuits ou tout est abandon, effrayante solitude, calme tragique. Ils ont raison, les bergers simples de nommer ces lieux « Empire des Démons ». Pour nous, c'est une cité de légende, refuge des cigognes que la présence des rares visiteurs n'effraie pas, des corbeaux et des rats qui font leurs nids dans les remparts.
Abandonné le logis des veilleurs qui surplombe la grande porte, abandonnés les sous-terrains, abandonnées les écuries où jadis on attachait les mules avec des chaînes d'or, abandonnée la source, abandonnés les champs qui demeurent incultes... Seuls sont visités la koubba du sultan noir enseveli près de sa femme que la légende dit européenne et les figuiers, au temps où ils portent leurs fruits...
Domaine de la mort, domaine des esprits, domaine des revenants, les arabes n'osent y venir la nuit, même pour prier et j'avoue que moi-même, je n'y étais pas rassuré le soir où, avec un caïd ami, nous ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 2 Juin - 8:01

page 62


- Rabat. La cathédrale.


... venions demander à ces lieux le secret de leur mystère. Il nous semblait voir toute chose s'animer et se mouvoir sous les rayons lunaires. Telle est Rabat, la ville marocaine. De l'autre rive du fleuve. Salé lui tend la main. Vues des coteaux, les villes sœurs ne font qu'un et confondent leurs minarets.
Salé semble avoir été placée là pour être la toile de fond de la capitale actuelle du Maroc. Mais son nom éveille à l'esprit du touriste des souvenirs barbares. Qui ne se souvient en effet des pirates qui, au large des mers, accostaient les embarcations européennes, et, par ruse ou par combat, amenaient, captifs, les navigateurs chrétiens.
Il est juste de dire qu'avant de se rendre célèbre par cette guerre de course, Salé était déjà le port le plus important de la côte marocaine; les transactions y étaient nombreuses avec les marchands des rives européennes de la Méditerranée et de l'Atlantique. A la fin du Moyen Age, la lutte des corsaires succéda à ce commerce paisible. Successivement ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 2 Juin - 8:02

page 63


- Rabat. Un fondouk de tapis. Rue des Consuls.


... Richelieu, Louis XIV, les Anglais durent envoyer des flottes pour exercer des représailles permettant la conclusion de traités de commerce; la guerre de course persista mais avec moins d'intensité; enfin dans la première partie du XIXe siècle les Salétains durent y renoncer et leur port comme celui de Rabat déclina peu à peu.
Salé des pirates, en face de la casbah des sultans... tout cela fait vivre les temps lointains, les temps barbares, les temps cruels.
On est surpris aujourd'hui en pensant que les ancêtres de ce marchand de tapis ou de ce fabricant de nattes furent jadis hommes d'instinct pillard. Qui sait si ce notable au ventre proéminent et aux yeux profonds, qui sait si cet homme pieux et rangé qui dit sa prière face à la mer sur son petit tapis carré, ne comptent pas dans leur ascendance un guerrier fameux, un coupeur de têtes, un meurtrier d'Européen, un pirate ou un bandit de grand chemin?
Sombres et rouges ruines du Chellah millénaire, Médinas grouillantes de Rabat et de Salé, avenues modernes des quartiers neufs, reposantes et vertes oasis piquées de villas, palais du sultan, somptueuse résidence des représentants de la France, tout cela c'est Rabat, capitale vivante ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 8:59

page 64


- Fontaine à Rabat.


... de l'Empire Fortuné que deux édifices dominent : la grande mosquée d'où s'élève aux heures de prière la voix du Muézin et la massive et blanche cathédrale d'où les cloches d'airain chantent les angélus.
Le croissant de la mosquée et la croix de l'église élevés dans le même ciel... c'est un prodige réalisé par la France.
En ces lieux où coula tant de sang, c'est le miracle de la paix que nous avons apporté à ce merveilleux pays de la lumière et de l'indépendance.


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 9:00

page 65


- Casablanca. Un coin de la vieille ville.

V
Casablanca, école d'énergie

CASABLANCA est, à ma connaissance, le seul acte français en dehors de la Grande Guerre qui ait étonné les Américains... car cette ville est un fait, un fait miraculeux, prodigieux, une réalisation inégalée due au génie français.
En 1907, notre pays n'était rien au Maroc. Quelques ouvriers ayant été assassinés à cette époque, des navires de guerre bombardèrent la ville et un débarquement fut opéré par nos troupes. Nous étions implantés.
De Casablanca partirent peu après, dans toutes les directions, les fortes colonnes militaires, conduites par les grands chefs qui donnèrent à la France ce pays. Faut-il nommer les Drude, les d'Amade, les Gouraud, les Moinier, les Mangin. Le temps passa, jusqu'en 1913, sans apporter ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 9:01

page 66



... de notables modifications à cette ville vouée au blanc, dans ses murs autant que dans ses noms successifs car, avant d'avoir reçu des Espagnols le titre justifié de Casa Blanca, les arabes la nommaient Dar el Beïda ce qui signifie le Palais Blanc.
A l'arrivée de Lyautey, Casa, comme on dit familièrement aujourd'hui, est un bourg, sale et morne, de 10.000 habitants. Aujourd'hui, elle en compte plus de 100.000.
En 1907, c'est une ville sans commerce, sans avenir. D'un coup d'œil le général juge la situation marocaine. A ce pays où il veut créer un commerce étendu, il faut un port, un grand port moderne susceptible d'être utilisé en tout temps par des navires de tout tonnage. Le port créera le commerce, pensait-on. Or, le commerce, par une habile impulsion, est venu avant même la création du port.
Mais où situer la grande ville qui contrôlera les transactions et les exportera. Les sultans, jaloux de leur tranquillité, s'étaient jusque-là bien gardés de créer une base maritime quelconque. Sait-on jamais ce que la mer peut apporter ? Lyautey voit, dès le début, l'indiscutable nécessité et, ayant dit : « Je veux », Casablanca sort de terre.
Pourquoi le choix de cet emplacement, alors que d'autres villes présentent des avantages plus grands, des anses plus favorables aux navires et des agglomérations importantes. Pourquoi ?
Pour deux raisons : d'abord, Lyautey constate qu'une pente naturelle amène à la petite ville de Casa les produits agricoles de la fertile Chaouïa toute proche, les caravanes de chameaux venant de Marrakech, de l'Atlas, du désert et en un mot la production de tout le sud marocain. Ensuite, parce que c'est le centre de la région côtière et que l'avenir des peuples, suivant la vieille devise anglaise est sur l'eau. Lyautey voit également qu'en ces lieux à peu près déserts, le miracle sera plus grand, plus palpable, plus indiscutable. Ce miracle, il le faut pour conquérir les indigènes et aussi pour montrer aux nations étrangères, amies ou ennemies, notre vitalité.
Les difficultés renaissent à mesure que les premières sont aplanies. Lyautey construit un port, la tempête l'enlève. Il lance alors une jetée plus imposante, plus moderne, plus solidement assise. La tempête l'enlève encore. D'autres se seraient rebutés; Lyautey décrète qu'il sortira vainqueur de la lutte entre la mer et lui. Pour cela son œuvre sera gigantesque.


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 9:02

page 67


- Casablanca. Le port.


Il eut raison. Tempêtes et marées respectent aujourd'hui les travaux colossaux sortis des eaux. Le port de Casa est un modèle avec ses deux kilomètres de quais, établis sur un fond de seize mètres, avec sa jetée transversale de 1.500 mètres, avec ses 140 hectares de mouillage, avec son petit port annexe de huit hectares, avec un outillage moderne de grues, de remorqueurs, de citernes.
Le miracle du port étant accompli, le miracle du fret se produit. Nul en 1910, il est de 80 millions en 1915, de 107 millions en 1916, de 142 en 1917, de 507 en 1923, se disposant à atteindre le milliard en 1926.
L'Africain avait raison de voir grand car le trafic commence à peine; les phosphates vont doubler leur production; le fer, le cuivre, les produits agricoles, sont à peine exploités. Quel formidable avenir !
Avant même la naissance du port, confiante dans l'avenir, la ville champignon sort de terre par un coup de baguette magique. Des ingénieurs, des architectes, des urbanistes tracent un point central, la place ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 9:03

page 68


- Casablanca. Boulevard de Paris.


... de France, puis, presque au compas, en prenant pour centre cette place, ils dessinent un grand rond qui doit devenir un boulevard extérieur de six kilomètres de tour. Les réalisations suivent les prévisions. Du centre vers la périphérie, les villas, les hôtels, les palais surgissent sur les rayons qui sont autant d'avenues magnifiques, de rues spacieuses du plus heureux effet.
Pendant dix ans, l'architecte règne dans ce pays comme le bandit et le coupeur de route avaient été rois quelques mois auparavant.
La vieille ville subsiste, murée et séparée, comme un témoin du point de départ, comme une preuve de l'accroissement, de l'extension, de l'explosion du formidable champignon. Tout à côté, une agglomération arabe nouvelle abrite les indigènes accourus de tout le bled pour le travail.
Dans Casablanca où tout chante l'effort français, les noms des rues proclament la gloire des artisans de cette révolution, perpétuant ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 9:04

page 69


- Casablanca. Boulevard du Général-d'Amade.


... l'histoire récente : Place Lyautey, Avenue D'Amade, Rue Drude, Boulevard du 2e-Tirailleur et du 4e-Zouave.
Ici, tout est neuf. Il ne faut pas chercher de monuments à visiter mais seulement une grande impression de puissance, de travail, de volonté, d'acharnement, d'obstination... de réussite.
N'essayez pas de remonter vers un passé très lointain; dites-vous seulement que ces larges boulevards, ces mosquées, ces palais étaient, il y a 15 ans, le bled hostile, le bled meurtrier dans lequel on ne pouvait circuler la nuit, sans risquer de voir surgir d'un figuier de barbarie un bandit pour vous dévaliser.
15 ans ! c'est le chiffre qu'il faut se répéter sans cesse devant ce musée de l'effort.
Lyautey a voulu que dans cette ville, et là surtout, fussent commémorés les artisans de la fortune marocaine. Casablanca possède déjà ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 9:05

page 70


- Casablanca. Eglise Notre-Dame.


... un monument de Foucauld, modeste stèle où on lit sur le marbre cette simple inscription : A la mémoire de Charles de Foucauld, explorateur du Maroc en 1883, officier-explorateur-prêtre, apôtre du Sahara, mort pour la France, Tamanrasset (Hoggar) le Ier décembre 1916.
C'est à Casa qu'il faudra élever plus tard les monuments aux grands chefs de l'armée marocaine, dans la cité où l'on sent battre le jeune cœur de la France. Là nous pouvons, loin des luttes de la métropole, amener nos ennemis et leur faire toucher du doigt notre grandeur, notre puissance, notre génie. Devant cette œuvre immense, nous pouvons redire avec orgueil ces mots du grand voyageur Claude Farrère :
« Pour qui se souviendra que nos pères mirent cent ans à faire Alger et que nous n'en avons mis que cinq à faire Casablanca — Casablanca, d'ores et déjà plus grand qu'Alger, — il y a là matière à beaucoup de stupéfaction et à plus d'admiration encore. »
Casablanca a fourni au regretté André de Tarde l'expression si heureuse qui résume notre action au pays des sultans : « Le Maroc est par excellence, une école d'énergie. »


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 9:07

page 71


- Vue générale de Marrakech.

VI
Marrakech la Rouge, capitale du Sud

IL y a, dans l'Empire Fortuné, quatre capitales, consacrées par l'histoire et en dehors desquelles un sultan moderne ne peut décemment habiter sans rompre la caïda, la coutume plus sacrée qu'une loi. Fez, Meknês, Marrakech et Rabat connurent, chacune à leur tour, l'honneur d'abriter les souverains marocains qui, durant leur séjour, les dotèrent de monuments splendides, de merveilles artistiques, de palais et de mosquées. Malheureusement pour l'art, ces monarques orgueilleux détruisaient, dès leur accession au trône, soit par jalousie, soit pour récupérer des matériaux, les œuvres de leurs prédécesseurs. Aussi, le nombre est-il minime des chefs-d'œuvre intacts tandis que les ruines sont innombrables.


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 9:08

page 72


- Marrakech. Panorama de la ville et l'Atlas.


La splendeur d'une ville s'édifiait au détriment d'une autre et tandis qu'en un point on créait de la beauté, ailleurs on jetait la désolation et le deuil.
Le changement de capitale fut, pour les sultans, tantôt une nécessité, tantôt une fantaisie.
Rabat et Meknés furent ce qu'on pourrait appeler des capitales de caprice. Les sultans n'y vinrent pas sous la pression des événements mais seulement par lassitude des palais anciens et par goût des changements.
Fez et Marrakech furent au contraire des capitales de nécessité. Le pouvoir légal, dans cet immense pays peu civilisé, doit s'appuyer sur l'un ou l'autre de ces centres. Cependant, même abandonnées des sultans, Fez et Marrakech restaient, malgré tout, des capitales, étant par leur situation géographique, les centres économiques les plus importants du Maroc. Chacune d'elle n'oublie pas le passé et s'enorgueillit d'avoir connu les prédilections de telle ou telle dynastie, de tel ou tel souverain.


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 9:09

page 73


- La, cueillette des dattes à Marrakech.


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 9:10

page 74


- Marrakech. Les remparts de la ville.


Elles gardent dans leur veuvage des allures de favorites et de sultanes.
Fez la Grise, capitale du Nord, reçut toute sa gloire des sultans idrissides, puis des mérinides et, depuis le XVIIe siècle de la dynastie des Alaouïtes actuellement régnante. Entre les Mérinides et les Alaouïtes, Marrakech la Rouge bénéficia de toute la faveur des Saadiens.
Les Saadiens ! Si l'origine de Marrakech remonte plus haut que leur règne, sa splendeur date de leur époque. Alors, la cité groupait un demi-million d'habitants. Elle est encore aujourd'hui avec ses 150.000 âmes la ville la plus peuplée du Protectorat, Fez n'en possédant que 100.000.
Cette antique renommée dure encore et le prestige de Marrakech est grand sur les hommes du bled. Quand les Chleus dévalent de l'Atlas sur leurs bourricots ou sur leurs chameaux chargés de tapis ou de produits du sol, ils se prosternent en arrivant sur les hauteurs lointaines d'où l'on distingue les minarets de la ville de prédilection. Pour eux, elle reste la capitale et, si le sultan n'y réside pas constamment, elle abrite de façon permanente les grands caïds aussi puissants et aussi ...




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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 9:11

page 75


- Marrakech. Les trois palmiers de la Médersa.


... fastueux   que lui.
Trois seigneurs féodaux possèdent leurs palais et une partie de leur cour à Marrakech. Ces trois princes jouent dans les destinées du pays un rôle essentiel. Rien n'est possible sans leur concours. Certes, ils reconnaissent l'autorité du sultan mais en hommes égaux à lui, assurés que, si l'on veut tenir le Maroc tout entier, on est obligé de recourir à eux qui étendent leur influence dans cette zone infinie, allant de Marrakech au Sahara.
Les frères Tharaud ont consacré un livre magistral aux « grands seigneurs de l'Atlas » dont l'un, le Glaouï, maître d'une grande partie du haut pays et pacha de Marrakech, est célèbre par ses richesses et sa puissance.
Le pouvoir des grands caïds est né il y a des centaines d'années. L'Atlas est un domaine d'élection pour l'établissement d'une féodalité. Songez à une immensité montagneuse, impossible à explorer pour qui n'est pas né dans le pays. De vastes vallées commandées par des gorges, ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 9:14

page 76


- Moyen-Atlas. La casbah Goundafi.


... des hauteurs chargées de neiges éternelles, tel est ce pays aux sites merveilleux avec ses cascades tumultueuses et ses impressionnantes forêts de cèdres géants.
Dans ces lieux vivent des populations intelligentes mais primitives. Habituées à lutter contre la nature, elles fournissent des guerriers admirables qui ont mis toute leur confiance dans une dynastie.
Dans l'Atlas, trois cols commandent le pays, sortes de couloirs de contrôle par où le Maroc communique soit avec le Sous, soit avec le Tafilalet et le Sahara.
Ces trois passages stratégiques, ont vu s'établir dans leurs gorges trois familles puissantes, à ce point identifiées avec le pays qu'on ne les connaît plus, chacune, que par le nom même de la région qu'elles commandent. Les pays Glaoua, Goundafa, Mtouga sont régis par les trois grandes familles des Glaouï, des Goundafi et des Mtougi.
A ces seigneurs féodaux appartiennent des demeures féodales. Marrakech ne possède que leurs palais de réception, mais il faut voir ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 9:15

page 77


- Marrakech. Pavillon de la Ménara.
- El Glaoui. Pacha de Marrakech.


... leurs châteaux de la montagne pour se rendre compte de leur puissance.
Campées au point stratégique le plus important, leurs grandes kasbahs rappellent par leur situation même en bordure des oueds ou sur les rochers à pic, avec leurs tourelles, leurs créneaux, leurs murs de ronde, leurs remparts, leurs meurtrières, les châteaux de la France du Moyen Age. Derrière leurs murs épais, vit toute une population de serviteurs, de soldats ou de clients partant de là dans le bled pour y travailler ou, au début de l'été, vers les hauts sommets pour y promener leurs troupeaux. Ces gens occupés aux travaux des champs sont toujours prêts à prendre leur place au créneau ...


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Pierre AUBREE
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MessageSujet: LE MAROC   Sam 9 Juin - 9:16

page 78


- Marrakech. Souh Khémis. Marché aux tapis.
- Marrakech. Souk des vanniers.


... pour sauvegarder, quand il le faut, leur indépendance menacée; ils sont également prêts à poursuivre les pillards venus razzier un douar de la tribu.
Le dar Glaouï est la perle de l'Atlas et la pins caractéristique de ces kasbahs. Vu de loin, la couleur de ses murs se confond presque avec la terre des monts avoisinants.
Plus près, on distingue les nombreux détails de cette architecture si spéciale, à la ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC   

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LE MAROC
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