Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LE MAROC

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:03

page 29


- Pendant les fêtes des Tolbas.
- Les Amatchas (Fête du Feu).


... serpents, approche leurs têtes béantes de sa bouche et leur commande de le mordre. Tour à tour il accroche les trois animaux à ses lèvres ou à sa langue et quand leurs crocs sont bien enfoncés dans sa chair, il se promène avec les animaux suspendus à lui, tandis que la foule clame toujours, folle de joie, ressentant souvent dans son ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:04

page 30


- Marrakech. Souk de Bab Soukkala.
- Dans   une   rue de  Marrakech. Un forgeron.


... corps la morsure des serpents. Ces manifestations de la superstition islamique abondent à chaque pas dans la rue, mais c'est surtout à l'occasion des grandes fêtes annuelles que se manifeste une sorte d'hystérie générale. On peut dire alors que tout le Maroc est au pouvoir des confréries soulevées par le vent religieux.

Fêtes arabes. — Chaque année, la lune amène aux musulmans un long carême : le Ramadam. Dans les rues encombrées de toute la population ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:05

page 31


- Fez. Un porteur d'eau.


... passent les cortèges qui proclament le jeûne. Les trompettes sacrées sortent des Mosquées et se répandent par la ville. Elles sont telles que chacun de nous se représentait — étant enfant — les trompettes de Jéricho ou celles du dernier jugement. Longues, effilées, elles jettent des appels que tout le monde entend au plus profond des rues et dont l'écho ébranle les portes les plus reculées des demeures.
Ramadam ! Le jeûne commence pour tous et c'est la joie car la foule arabe accepte volontiers de prouver son attachement à Allah par une longue privation dont les fanfares annoncent le début.
Après le jeûne, c'est la grande fête de l'Aït el Kébir, la fête de l'agneau en souvenir du sacrifice d'Abraham sur la montagne. Alors, toute les familles, même les plus pauvres, immolent un mouton.
Enfin, en septembre, c'est la grande manifestation des Aïssaouas. Cette confrérie, avec celle des Amatchas, est une des plus grossièrement sanguinaires du Maroc.
Des corps qui se disloquent dans un mouvement continuel d'avant ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:06

page 32


- Promenade du sultan Moulay Youssef à Bab Segwa.
- Fez. Le sultan des Tolbas.


... en arrière ou dans le dandinement des jambes, des cris aigus exaspérés par les fifres et les tambourins, des mains qui griffent les visages... des ...



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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:07

page 33


- Entrée du sultan Si-Mohamed dans le Mechouar de Fez.


... moutons éventrés et servant de nourriture à des sauvages assemblés... ce sont les Aïssaouas qui passent !
La foule se presse autour d'eux, curieuse de leurs excentricités et des tours de force obtenus par un demi hypnotisme. Ces exhibitions sortent du domaine religieux pour tomber dans le fanatisme. Maigre les savants des universités marocaines qui les condamnent, les foules d'Islam s'associent à ces exercices sauvages et vibrent des mêmes émotions que les exécutants, applaudissant au sang versé.
C'est enfin à Fez et à Marrakech, dans les vieilles capitales des sultans, que se déroulent les plus belles cérémonies civiles et quand sa Majesté Chériffienne entre dans sa ville du Norçl, le spectacle est formidable.
Des Djebels, des villages, des pays perdus, les guerriers accourent pour faire escorte au souverain. Hors des remparts, les campagnards dressent leurs tentes car les villes sont pleines. Quand le canon commence ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:08

page 34


- Marrakech. Souk Khémis.
- Marrakech. Tailleur de cuir.


... sa chanson, les cavaliers se groupent, splendides dans leurs burnous éclatants, très dignes, dressés sur leurs étriers, presque debout, ne faisant qu'un avec leur cheval nerveux. Tout le long de la route, ils s'échelonnent et, depuis Rabat, le sultan reçoit, à chaque instant, l'hommage des Caïds. Au fur et à mesure qu'il avance vers la vieille cité, l'escorte grandit et le chef s'avance précédé des notables, dans un nuage de poussière ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:10

page 35


- Marrakech. Marché juif du Mellah.
- Dans une rue de Marrakech. Coiffeur arabe.


... d'une poussière glorieuse dans laquelle les rayons du soleil se jouent. A la suite de la garde noire qui escorte le souverain, sept ou huit mille guerriers chevauchent criant, gesticulant, faisant parler la poudre dans de perpétuelles fantasias.
A Fez, le cortège innombrable arrive dans le Méchouar, vaste cour crénelée, arsenal antique, porte du palais ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:11

page 36


- Fez. Marchands de tissus.
- Fez.  Un marchand d'étoffe.



... Maghzen. Là, la foule s'entasse, portant des étendards, agitant des foulards, soufflant dans des trompettes graves ou sur des fifres aigus. Tout au fond, trois ou quatre mille prostituées lancent leurs youyous, promenant au-dessus de leurs têtes des poupées gigantesques habillées de soies multicolores. La vaste cour déborde de peuple. Il y a au moins vingt mille personnes qui prient, qui chantent, qui vocifèrent, qui s'exaltent en attendant le chef du royaume. Mais comment le sultan pourra t-il ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:12

page 37


- Marrakech. Porteurs de couscous.


... se frayer un passage à travers cette cohue ? Le spectacle tient du prodige et, quand on le contemple du haut des remparts, il est émouvant car on domine un océan de têtes où les couleurs se bariolent dans une mosaïque étonnante.
Le canon redouble ses appels et le cortège est à la porte du Méchouar. Le pacha, à la tête des corporations, offre à Sa Majesté les clefs d'argent et d'or de la ville. Sa Majesté sourit, donne à baiser ses vêtements et sa main et pénètre solennellement dans la ville.
La foule alors est en délire et la clameur renversante. Les grands drapeaux aux couleurs d'Islam, surmontés du croissant ou de la boule du Prophète ouvrent la marche, puis, voici les Méhallas fidèles; les cavaliers font tourner au-dessus de leurs têtes leurs sabres qui lancent des éclairs ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:13

page 38


- Fez. Une fantasia.


... sous le soleil. Des soldats français se mêlent aux soldats marocains.
Magnifique et imperturbable, voici la garde noire sous ses uniformes blancs et rouges.
Enfin, dans l'embrasure de la porte colossale, apparaît Sa Majesté à cheval. Un esclave tient au-dessus du sultan un vaste parasol, emblème de l'autorité. La minute semble à tous tellement féerique que le cortège s'arrête un instant comme figé dans la gloire.
Le canon tonne toujours, les fusils laissent échapper leurs salves, Sa Majesté Chérifienne, empereur d'un peuple de guerriers entre noblement dans sa ville guerrière et sainte, au milieu de l'enthousiasme des hommes et des youyous déchirants des femmes.
Ces foules arabes on ne les trouve qu'ici. Transportées sous un ciel moins pur, moins lumineux, dans un cadre qui ne serait pas fait de hautes murailles grises, ailleurs que dans ce Méchouar imposant, elles ne vibreraient pas des mêmes sentiments, ne s'exalteraient pas du même soleil. Les cigales ne peuvent chanter que sous un climat de feu; de même, il faut à ces assemblées une atmosphère digne d'elles.
Les voyageurs blasés qui ont parcouru le monde entier affirment que c'est au Maroc seulement qu'on trouve de telles manifestations de peuples primitifs et de témoignages aussi purs de la foi islamique.
Le spectacle de la vie se donnant libre cours dans un décor rêvé, dans la rue grouillante, encombrée de mendiants, d'aveugles, d'enfants, de porteurs d'eau dont la clochette tinte continuellement, voilà ce que le Maroc offre de plus original à ses visiteurs.


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:14

page 39


- Ouezzan. Vue générale de la ville sainte.

III
Ouezzan la Sainte

ON a nommé Ouezzan la « Mecque marocaine » et cette appellation est très justifiée. En général, les touristes venant presque toujours de Casablanca, ne poussent pas la pointe vers le Loukkos, vers Ouezzan un peu isolée au nord de notre zone française. Le voyage vaut cependant la peine d'être accompli, surtout par les temps de pèlerinage. Connaissent-ils parfaitement la France, ceux qui négligent les foules de Lourdes ?
On peut, à Ouezzan, se rendre compte mieux qu'ailleurs du caractère particulier que prend l'Islam au Maroc.
Un officier de renseignements doublé d'un écrivain réfléchi et d'un scrupuleux observateur, M. Paul Odinot, situe parfaitement, dans son ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:15

page 40


- Un jardin près d'Ouezzan.
-Ouezzan. Une rite à voûtes ogivales.


... dernier livre le « Monde Marocain », l'originalité de la religion de Mahomet dans le Royaume Fortuné :
« La simplicité de la religion musulmane fait que la longitude ni les siècles n'influent sur elle et qu'elle est partout et toujours pareille à elle-même. Cependant, au Maroc, l'Islam a trouvé des peuples rebelles qu'il a fallu convertir avec le sabre et qui ont conservé des coutumes, des superstitions païennes. Le culte peu orthodoxe des saints a fleuri dans ce pays du Couchant avec une vigueur particulière.
« Les Chérifs forment véritablement une aristocratie, une classe à part.


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:16

page 41


- Ouezzan. Une mosquée.


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:17

page 42


- Ouezzan. Intérieur du palais du pacha.


Ils sont maîtres du pays; s'ils commandent, on obéit. Ils sont l'armature de la foi et du sentiment national au Maroc.
« Les fidèles affiliés aux confréries religieuses ne sont pas plus nombreux peut-être au Maroc que dans les autres pays d'Islam, mais ces confréries sont vigoureuses et homogènes. On peut en voir encore de nos jours se fonder, vivre et avec quelle force, quel élan.
« Dans aucun pays on ne trouve comme dans celui-ci cette attraction intense des fidèles autour d'un homme, d'un saint.
« Ce n'est pas au nom d'Allah que les adeptes d'une confrérie se réunissent, mais autour de la personne immortelle de leur patron. Dans les fêtes mystiques où l'on s'exalte, c'est le saint qu'on honore. Lui seul peut reporter vers Dieu les prières qu'il reçoit.
« Une confrérie n'est pas seulement une puissance spirituelle, elle est une organisation de  forces ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:18

page 43


- Ouezzan. Le pacha dans son palais.


... de richesses, une association presque où l'on se soutient et l'on s’entraide. « Les chérifs s'estiment les égaux du sultan et restent pareils à ces barons français qui disaient : « Qui t'a fait roi ?» à celui d'entre eux qu'ils avaient élu. L'histoire du Maroc est pleine de ces luttes entre le pouvoir central et les chefs religieux ayant une puissance spirituelle et temporelle et désireux de se rendre indépendants du sultan. »

Or Ouezzan est justement le centre de la confrérie la plus vivante du Maroc. Dans cette ville, on peut suivre la naissance, le développement, la puissance de pénétration d'une des sectes religieuses qui politiquement et socialement, tiennent le Maroc.
Au XVIIIe siècle, le chérif Moulay-Abd-Allah, descendant d'Idriss, fondateur de Fez, fonda à Ouezzan, la confrérie des Taïba, avec sa Zaouïa, c'est-à-dire sa maison centrale, sa cathédrale.


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:19

page 44


- Ouezzan. Le marché.


L'extension des Taïbas fut soudaine, conquérant des adeptes dans tout le Maroc et étendant rapidement ses ramifications sur l'Algérie, la Tunisie et la Tripolitaine. Déterminer le nombre des Taïbas dans le monde Islamique, est chose impossible. J'en ai vu — on les distingue facilement au chapelet qu'ils portent autour du cou — à la mosquée de Paris où ils égrenaient leurs prières, au nom du chérif actuel et de son grand ancêtre.
Mieux qu'à Fez où les éléments sont trop divers, on peut ici se rendre compte de la puissance insoupçonnée des confréries. Si le chérif vous fait l'honneur de se promener avec vous dans les rues, vous assisterez à une manifestation spontanée semblable à celles qui devaient se produire au Moyen Age au passage des saints : Des indigènes ou des pèlerins se précipitent sur ses pas, baisent le pli de ses habits ou simplement les touchent. Il faut avoir entendu le flot des supplications s'élever dans la Zouïa, il faut avoir vu le Moussem, la grande fête pendant laquelle les collines du voisinage se couvrent des tentes somptueuses des caïds ou des modestes toiles des Fellas et avoir assisté à la vénération des ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:20

page 45


- Ouezzan. La Zaouïa et le Minaret vert.


... saints, vivants et morts, pour comprendre l'Islam marocain.
C'est à Ouezzan enfin qu'on peut s'expliquer la subite, loyale et profonde collaboration des indigènes indépendants et farouches avec les Français. Depuis plus de trente ans, depuis qu'ils nous virent à l'œuvre en Algérie, les chérifs d'Ouezzan sont nos amis. Leur amitié pour la France leur valut une persécution de la part de Moulay Hassan, avant notre arrivée. Grâce aux liens contractés entre nous par pure sympathie, la cité des chérifs fut la seule ville du Maroc où nous entrâmes sans tirer un coup de fusil. La ville et la région étaient déjà Françaises de cœur lorsque, le 2 octobre 1920, le regretté général Poeymirau y pénétrait aux acclamations de la population en fête.
En venant à Ouezzan pour s'instruire de l'Islam marocain on n'aura pas à regretter sa promenade. La région est des plus riantes. La route traverse des forêts d'oliviers et la ville, sans offrir des monuments particulièrement beaux, vaut par son ensemble, par ses remparts, par ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:21

page 46


- Riffain laboureur.


... ses sanctuaires, par ses souks originaux et variés indiquant que la population des environs jouit d'une large aisance.
Du camp d'Adir, base française, on domine la cité des chérifs toute entière. La vue s'étend également vers la zone espagnole et vers les crêtes qui, depuis la guerre riffaine, portent les ruines de postes héroïques aux noms sanglants : Rihana, Issoual et tant d'autres où le courage de nos soldats, uni à la vaillance des indigènes, préservèrent la ville sainte, du pillage et de la désolation que les barbares de toutes les époques sèment sous leurs pas.
Pendant près de deux ans, tout le long de l'Ouergha, rivière lente et sinueuse, les pentes des monts tragiques burent à longs traits le sang des soldats. Aujourd'hui, l'ennemi d'hier est devenu le collaborateur et l'ami de la France, car celle-ci, victorieuse par les armes, a eu vite conquis les cœurs.
Aux flancs des djebels, les riffains semaient le blé que nous leur avions donné, deux mois à peine après que la poudre eût en ces lieux, cessé sa cruelle chanson.




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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:22

page 47


- Vue générale de Rabat.

IV
Rabat — La douceur de vivre — Salé

LES frères Tharaud ont intitulé un de leurs livres « Rabat ou les heures marocaines », exprimant ainsi le sentiment à peu près unanime de ceux qui ont vécu au Maroc.
A Fez, on connaît la vie sauvage, intégrale, d'une capitale d'Islam. Européens, nous ne sommes pas assez « entraînés » pour nous associer toujours avec joie à un aussi dur destin et pour y trouver un charme. Casablanca est une ville trop européenne qui ne nous change pas de la trépidation de Marseille ou de Bordeaux. A Rabat seulement on peut, sans se priver des agréments du monde civilisé, goûter en même temps la douceur des heures marocaines.
Ceux qui ont rêvé plusieurs heures, assis sur une tombe du cimetière ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:23

page 48


- Les remparts du jardin de la casbah des Oudaïas.
- Rabat. Cigognes sur un mur des Oudaïas.


... el Alou, en bordure de mer, ceux qui se sont laissés surprendre par la nuit sous une pergola embaumée de volubilis, ceux qui, silencieux, se sont assis à la terrasse du petit café maure de la Casbah et ont laissé vagabonder leur pensée dans le domaine de la fantaisie tandis que, sur les créneaux voisins, les cigognes font claquer leur bec devant leurs petits affamés, ceux qui ont contemplé, du haut des fortifications inutiles et grandioses, l'engloutissement du soleil dans la mer, ceux qui se sont laissé gifler par le vent au pied de la tour Hassan, ceux qui, immobiles au pied d'une ...


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MessageSujet: LE MAROC   Ven 25 Mai - 10:23

page 49


- Rabat. Intérieur du jardin de la casbah  des Oudaïas.


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 2 Juin - 7:45

page 50


- Rabat. La tour du jardin de la casbah des Oudaïas.


... colonne décapitée ont vu glisser les femmes voilées sur les dalles de marbre, ceux qui, dans la Médina, ont entendu et aussi écouté les plaintes en soli ou en chœurs des aveugles protégés par Sidi Abd-el-Kader, ceux-là seuls comprendront que des écrivains aient vécu à Rabat et à Rabat plus qu'ailleurs, des heures marocaines.
Certes, vous ne trouverez pas ici la majesté des cèdres de l'Atlas, ni les forêts de palmiers de Marrakech qui, des heures durant, accompagnent vos promenades, vous n'y trouverez pas le grouillement barbare de la fête des Aïssaouas où les hommes boivent leur sang, ni une mosquée aussi effrayante que Moulay Idriss dans la prière incessante des croyants.
Non. Tout cela, vous le chercheriez en vain à Rabat. Les émotions y sont d'un autre ordre : vous y goûterez la douceur de vivre en Islam.
La caractéristique de Rabat est d'être une ville marocaine vraie, pure de toute compromission moderne, et en même temps accessible à tous, de ne pas cacher jalousement ses beautés, de les livrer loyalement, sans arrière-pensée, à l'Européen qui passe, curieux.


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 2 Juin - 7:46

page 51


- Jardin des Oudaïas.
- Porte des jardins de la casbah des Oudaïas.


Dans Rabat, les coins propices à la rêverie abondent. L'histoire des sultans a laissé dans cette ville qui connut des jours prospères, de belles ruines, les unes intactes, les autres restaurées pour la joie des yeux.
Les Oudaïas ! Sur la falaise qui domine la mer, exactement à l'embouchure du large et paisible Bou Regreg, les sultans du XIIe siècle édifièrent sur le roc la puissante Casbah.
L'édifice proprement dit regarde l'intérieur des terres; tandis que les rochers surplombant la mer ont été englobés par les fortifications. Du palais habité par les sultans, on n'a pas vue sur la mer mais, dans le lieu même, une jolie tour permet d'apercevoir ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 2 Juin - 7:47

page 52


- Rabat. Rue Souika.
- Canons dans les jardins des Oudaïas.


... l'immensité de l'Océan. Aggloméré à la citadelle, un paquet de maisons blanches, très blanches, se détache sur le rouge sombre des murs du palais ou sur le bleu du ciel. Le minaret d'une mosquée domine l'ensemble qui date de la fondation de Rabat.
La Médersa -jadis lieu de prière - résume bien en ces murs l'architecture des palais marocains. A l'extérieur, la pierre rougeâtre n'est coupée que par la note grise des fenêtres à meneaux. Alors qu'en France, les châteaux féodaux ...


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MessageSujet: LE MAROC   Sam 2 Juin - 7:48

page 53


- Rabat. Rue des Boisseaux.


... de l'époque correspondante, servant à la fois d'habitation et de citadelle, sont d'aspect austère et n'ont, tout au moins dans les parties basses, que des ouvertures étroites, faciles à défendre, les sultans ont protégé leurs habitations par des murs d'enceinte assez éloignés, ce qui leur permit de donner à leur demeure proprement dite un aspect riant.
La Médersa des Oudaïas s'ouvre donc par de grandes baies sur de merveilleux jardins. Seules, de belles tentures marocaines filtrent le soleil aux heures trop chaudes de la journée.
L'intérieur de la Médersa réalise aussi le type de la grande maison marocaine et on ne pouvait trouver de lieu plus propice pour y reconstituer des appartements privés et pour y grouper des chefs-d'œuvre de l'art local.
Le cœur de la demeure est le patio avec son obligatoire vasque aux ablutions où l'eau coule incessamment. Entre ces quatre murs, ...


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