Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LE MAROC (J. - L. Miège)

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 21:34

page 202



... politique, son rayonnement spirituel et le grand appel de ses foires se faisait entendre jusqu’au Tafilalet et à travers les terroirs de la montagne jusqu’aux pleines du Nord. Le temps de la grande geste du Sous définitivement clos, cette race ardente et laborieuse projette par tout le Maroc et jusqu’en France ses mineurs, ses ouvriers et ses commerçants.
Si toute la région sert de vaste réservoir de main-d’œuvre, le principal centre d’émigration est Tafraout : un des lieux les plus étranges et les plus grandioses du Maroc. Contre les montagnes de granit rose foncé, découpé au sommet, s’amoncelant en chaos sur les basses pentes, au milieu des verts : vert sec des palmiers, vert sombre des jeunes orges, vert tendre des amandiers, s’allonge sous un ciel bleu soutenu, une ligne de casbahs. Les maisons sont fort belles, en terre, les ouvertures encadrées d’un badigeon de chaux. Souvent des motifs géométriques faits de plaquettes de schiste noir qui ressortent sur le beige des murs, décorent le dessus des portes et les tours. Les villages de la vallée dominent les aires de battage, disques de dalles plates entre lesquelles, au printemps, l’herbe pousse. Au début de l’été, elles s’animent de la course folle des chevaux, des ânes et des mulets dans une grande envolée de poussière d’or. Dans les ruelles étroites, véritables sentiers de chèvres, les femmes, habillées de bleu, se détournent, ou se voilent, plus étroitement. Mais vous serez accueilli dans les maisons par un Chleuh parlant français, parfois espagnol ou italien qui vous emmènera voir le moulin à moteur qu’il vient d’installer. Il aura arrêté son automobile sur le bord de la route, à cinq ou dix kilomètres de là, pour rejoindre le village par un étroit sentier au milieu des champs d’orge. Toute la région de Tafraout fournit les épiciers chleuhs des grandes villes, de Casablanca surtout. Les hommes laissent leurs familles au pays, font fortune en ville, reviennent de temps en temps surveiller les moissons et la marche de la maison confiée à quelque parent.

Au sud d’Ouarzazate on pénètre dans ce que l’on peut appeler le Sahara marocain. Le paysage prend de plus sévères aspects : plaines désertiques, zones d’épandage d’oueds, où parmi les pierres fleurissent d’étranges fleurs mauves ou rouges. Etendues désolées, figées par le soleil, que coupent les palmeraies. Le long de la vallée du Draa, tantôt élargie, tantôt étranglée entre deux barres de rochers, les palmiers forment de larges bouquets ou jettent, isolés, leurs hautes palmes sur un horizon de falaises mauves, fauves ou havane. Les casbahs se suivent, semblables, construites de terre rouge, ornées de profonds dessins géométriques, flanquées de tours; immenses, splendides et pauvres. Mais sous leur commune apparence, se décèlent mille particularités dans la décoration, le plan ou l’ampleur des bâtiments. Plus encore elles diffèrent par le paysage où elles se dressent; au milieu des orges, derrière un rideau de palmiers, perchées sur un piton dénudé dont les plis semblent ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 21:39

page 203



... se poursuivre dans les lignes de la construction. Et les palmeraies sont tout autant semblables et diverses. Là les palmiers s’élèvent droit au- dessus d’un sol poussiéreux, blanchâtre et suivent pendant des dizaines de kilomètres le fleuve ; ici ils ombragent les cultures, céréales ou légumes. Tamaris, calotropis aux larges feuilles et aux grappes de fleurs blanches, roses de Damas, se pressent près des villages. Les lauriers-roses bordent le fleuve de leurs tons rouille, cuivre. Et la masse du Kissane, étrangement découpée, domine le tout. Spectacle étonnant dans la lumière tremblante de midi. Les casbahs s’agrandissent encore au mirage et semblent, là- bas, flotter au-dessus des palmiers. Une femme à la peau brune passe, vêtue de bleu, portant l’amphore sur son épaule. Sa longue chevelure tressée est ornée de plaquettes d’argent, de grains de corail, d’amulettes qui brillent au soleil. C’est une hartania, de cette race des harratines, mélange de noirs et de métis berbères qui peuplent en grande partie ces oasis, d’origine mal connue, descendants sans doute d’esclaves soudanais.
A nouveau la plaine brûlée, faisant monter aux lèvres le cri d’Octavio Paz : « Sécheresse, champ dévasté par un soleil sans paupières, ciel atroce, oh! conscience, présent pur où le passé et l’avenir brûlent sans lueur ni espérance. Tout débouche dans cette éternité qui ne débouche nulle part. »
De ces alternances de végétation, de vie, et d’immensités nues, de ce balancement de la brièveté à l’éternité se nourrit la pensée au désert. Mais les plus vieux thèmes y prennent une vigueur nouvelle. L’évidence n’est plus la même, pour qui a vu tomber la nuit sur la frange de palmiers abritant le dernier îlot de vie humaine. Quelle complicité soudain, quelle chaleur naît pour cet arbre si étranger, et de quelle virile amitié pour lui nous baigne le dernier rayon qui, brusquement, se casse sur l’horizon.
Voici Zagora et ses maisons rouges, sa longue palmeraie, et sa montagne abrupte. Il faut y assister, quelque jour de fête, à la guedra, la danse des Maures du Sahara occidental. L’instrument de musique est une cruche, « guedra », sur laquelle une peau a été tendue et qui, avec le claquement des mains, rythmera seule la danse.
La femme étroitement voilée, vêtue d’une pyramide d’étoffes entre à genoux dans le cercle des hommes. D’abord elle prend le rythme et bat, de sa tête, la mesure. Le torse bombé elle se tord, se baisse, se dresse lentement avec de longs mouvements ondulatoires, des hésitations et des reprises. Les voiles glissent, tombent tout à fait, découvrent un torse nu. La danseuse suit le rythme qui s’accélère, ses nattes battent sa poitrine à la cadence des chevelures bouclées des hommes qui se rapprochent d’elle. Son visage, extasié, les yeux fermés, se renverse. Brutalement le silence brise ce paroxysme et dans ce vide soudain la danseuse épuisée s’effondre. Une autre aussitôt jetée dans le cercle reprend l’incantation.
M’Hamid est le dernier poste militaire; il dresse ses hautes tours ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 8:06

page 204




VÉGÉTATION PRES DE TIZNIT.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 8:08

page 205



TAFRAOUT. CIMETIERE AU PIED DES CASBAHS.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 8:14

page 206



CHIRATES A TIZNIT


... carrées, surmontées de merlons, percées d’étroites fenêtres. Déjà le Sahara, le désert de sable se montre tel que se le représente l’imagination. Mais c’est à Foum Zguild que l’on sent vraiment s’achever le monde des oasis. La côte du Djebel Bani franchie par une large cluse ou « foum », la palmeraie apparaît comme une des plus denses du Sud marocain, dernière poussée végétale, magnifique aux bords du désert. La vue s’étend si loin que la ligne de l’horizon ne se laisse pas deviner, tremblant au soleil entre le sol poussiéreux et le ciel blanchi. Au delà, la piste va rejoindre la « voie impériale » Casablanca-Dakar.
A l’est d’Ouarzazate la vallée du Dadès offre sans doute les plus belles casbahs. Celles de Skoura, dans une large oasis, dominent les palmiers et détachent sur un fond de montagne enneigée leurs tours décorées. Mais surtout celles d’El Kelaa des Mgouna atteignent une ampleur, une richesse de décoration remarquables. L’altitude ne permet plus au palmier de croître. Peupliers blancs et lauriers accompagnent l’oued et c’est au-dessus des maïs, des orges ...



Dernière édition par Pierre AUBREE le Ven 13 Jan - 8:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 8:15

page 207



DANSES DE LA GUEDRA A GOULIMINE.


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 8:18

page 208



GORGES DU DADES.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 8:20

page 209



SOURCES DES POISSONS SACRÉS A L’ENTRÉE DES GORGES DU TODRA.


... des amandiers et des roses, dans l’air léger de la montagne, que les casbahs élèvent la multitude de leurs tours et leurs murailles décorées de chevrons, de losanges, d’arcatures. Elles sont immenses et servaient ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 8:21

page 210



TYPE BERBÈRE DE LA VALLÉE DU DRAA.

FEMME BLEUE.


... autrefois de château fort, de refuge aux hommes et aux bêtes, d’entrepôt pour les récoltes. Certaines, vraies petites villes, peuvent loger plus de cinq cents personnes. Tout souligne leurs anciennes fonctions militaires : les larges tours d’angle et leurs merlons dentelés ou pointus, les grilles qui protègent les ouvertures, et la porte monumentale. Trois couloirs voûtés, en chicane, séparés par deux cours, l’une domaine des artisans et des commerçants, l’autre sur laquelle s’ouvrent les chambres, permettent d’accéder à la cour d’honneur. Ces forteresses témoignent de l’organisation politique du Dadès qui, contrairement aux républiques de la montagne, connaît une sorte de féodalité née de l’hégémonie d’un clan.
Tout le long de la vallée se succèdent ainsi les casbahs dans les sites les plus difficilement accessibles. Leurs lignes se mêlent à celles, plus dures, des rochers ou des plis que l’érosion désertique fait apparaître nettement.


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 8:45

page 211



HOME BLEU.

BERBÈRE DU BAS-TODRA.


Les orges au soir se dorent, au lever du soleil scintillent, perlées de rosée, avec des reflets d’argent et de brusques éclats brisés. Au printemps, dans le grand soleil, pêchers, abricotiers éclatent comme des morceaux de neige tombés des sommets tout blancs du lointain. Etonnant contraste de cette terre chaude, du ciel limpide, du vert profond de la végétation sur le sol rocailleux. Rien n’atteint l’âpreté, l’effrayante grandeur des gorges du Todra, hautes falaises où se glisse l'assif (1) profondément encaissé. Au delà jusqu’à Ksar es Souk, les plateaux désertiques étendent leurs surfaces pierreuses. Le soleil est dur, et l’arête de la montagne là-bas paraît nettement tranchée. L’ombre même prend couleur. Le soir, un vent froid se lève sur la roche brûlante : feu glacé sur le métal poli. Ici il n’est ...

(1) Rivière.


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 8:50

page 212



SOUECE BLEUE DE MESKI.


... rien, ni animal, ni homme, ni plante si ce n’est cette dérision de végétal : le chou-fleur de Bou Hamama, plante minéralisée comme figée entre le caillou et les cactées. Aucun bruit ne cesse; ample et si menu dans l’immense plaine mais dont l’écho semble faire trembler encore longtemps ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 8:55

page 213



VALLÉE DE L’OUED ZIZ.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 8:57

page 214


... le silence; on ne l’entend plus qu’il renaît dans les tempes oppressées.
De toute l’aridité du désert se nourrit la fraîcheur de la palmeraie. Palmes en mille directions jaillissantes. Le vert prend des tons nouveaux dans la sécheresse de l’air. Entre les troncs poussent légumes et céréales; figuiers, oliviers, grenadiers s’étagent sous les bouquets des hauts dattiers qui foisonnent, se gênent dans leur lancée, se tordent pour profiter et du soleil ardent et de l’eau fraîche. Eau vivante, retenue en bassin palpitant du reflet des arbres et des hautes falaises, la source de Meski enchante.
Le Ziz qui vivifie le Tafilalet coule parmi les pierres : sa vallée s’élargit, se resserre, dans des gorges étroites. Mince coupure tranchant les plateaux désertiques dont les assises géologiques, mises à nu, feuillettent curieusement la falaise.
Le Tafilalet eut une époque brillante, mais son antique capitale, Sigilmassa, n’est plus que ruines. Des remparts et des palais de la ville, détruite au début du XIXe siècle, ne subsistent plus que des tas de terre morte. Rien qui aide l’imagination à se représenter la cité fastueuse, maîtresse des routes de caravanes. Là se croisaient les pistes du sud vers Tombouctou et le Soudan, de l’est vers Figuig et celles qui allaient, au nord, rejoindre Tlemcen ou Fès ; là se trouvaient la poudre d’or, l’ébène, l’ivoire et les esclaves. Au XIIIe siècle, d’après Ibn Saïd Ghamati, deux cavaliers sortis d’une même porte le matin et faisant, en sens inverse, le tour des remparts ne pouvaient se rencontrer qu’au coucher du soleil; et au XVIe siècle on pouvait encore, les murailles franchies, marcher une demi-journée au milieu des maisons et des constructions se suivant sans interruption. Le Tafilalet, c’est aussi le berceau de l’actuelle dynastie marocaine. A Rissani, s’élève le tombeau de Moulay Ali chérif.
Dans la cour du bureau des Affaires indigènes est érigé le monument au capitaine Henri de Lespinasse de Bournazel. A côté de la koubba du saint musulman Moulay Ali chérif, issu d’Orient et origine de la fortune des Alaouites, se dresse le mausolée du descendant d’une vieille famille française tombé lors des derniers combats où s’achevait l’unité du Maroc. Pour la première fois dans l’histoire, l’autorité du sultan allait s’étendre à tout le pays. Toujours vêtu de sa veste rouge, qui, disait-il, était sa sauvegarde, Bournazel était sorti indemne de nombreux engagements. Le 28 février 1933 lors de l’assaut du Bou Gafer, dans le Sargho, devant l’insistance de ses supérieurs il revêtit une djellaba semblable à celle de ses hommes. Il fut tué ce jour-là ayant, avec sa tunique rouge, perdu sa baraka.
Le Tafilalet ne vit plus guère que de ses palmeraies : quelque 300.000 arbres devant nourrir près de 70.000 personnes. Et pour que l’arbre vive, il faut de l’eau; elle est aussi précieuse que l’or et vaut mieux que la vie. La passion du paysan, son travail essentiel, ce n’est pas le ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 18:41

page 215



VILLAGE AU BORD DE L’OUED ZIZ.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 18:45

page 216



BARRAGE SUR L'OUED ZIZ, VERS ERFOUND


... sol, c’est l’eau. Il la retient par des murettes de pierre, l’amène par des séguias, des troncs creusés, mille et un moyens pour l’utiliser au plus juste. On va la chercher fort avant dans la terre par des puits profonds; les animaux, parfois l’homme, remontent à grand-peine, par un plan incliné, l’outre qui se déverse dans un bruit d’allégresse et un grand éclat d’argent.
L’eau légère, comme soulevée par les rayons du soleil, coule immatérielle, suspendue entre le ciel immuablement bleu et la terre si sèche qu’elle en paraît imperméable. Mais tous ces soins parfois ne suffisent ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 18:47

page 217




BOU ARFA. MINES DE MANGANÈSE

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 13 Jan - 18:48

page 218



VERS TAOUZ. DÉBUT DU GRAND ERG OCCIDENTAL.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Sam 14 Jan - 7:58

page 219



CHAMEAUX AU PATURAGE.


... pas. De 1935 à 1939, pas une goutte de pluie ne tombe sur le Tafïlalet. Les nappes baissent. Les récoltes diminuent. Alors le désert se vide. Et sur des centaines de kilomètres, ses habitants essaient de rejoindre les terres d’au delà l’Atlas et les villes. La crue est aussi désastreuse. Le Ziz et le Gheris aux jours d’orage se gonflent tout à coup. Le sol trop sec n’absorbe pas la pluie trop violente. L’eau ruisselle sur les pentes arides, et abruptes. Un rouleau s’avance, gagne le lit caillouteux, roule les ...



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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Sam 14 Jan - 8:00

page 220



ERFOUD. RÉCEPTION OFFICIELLE SUR LA GRANDE PLACE.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Sam 14 Jan - 8:04

page 221



RÉCOLTE DES DATTES, PRES D’ERFOUD


... galets, grossit d’instant en instant. Le torrent entraîne les animaux surpris et les habitants attardés et va, inutile, se perdre au désert.
Mais le Tafilalet s’anime d’une vie nouvelle. Les derricks s’élèvent au milieu des palmiers, à la recherche des filons de charbon. Au delà de Taouz, au pied des dunes du Grand Erg s’étendent les constructions des mines de plomb du Nfis.

Etrange vision que celle de ce monde moderne s’implantant aux bords mêmes du Sahara. Au sortir des galeries où ils viennent de manier la haveuse, les ouvriers indigènes peuvent se heurter aux chameaux d’une caravane sur le chemin des vieilles pistes. Jusqu’à ses dernières limites, le Maroc offre l'étonnant affrontement de ses civilisations.



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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Sam 14 Jan - 8:09

page 222



CAVALIERS ZEMMOURS.


CONCLUSION

Si l’on remonte, à travers le Maroc oriental, vers l’Algérie on ne peut que s’étonner de la diversité des différents Marocs et de leurs contrastes, et quelle surprise de rencontrer si près la vieille Taza, la merveille du massif du Chikker, le désert de la plaine de Guercif, les mines de Djerada ou de Bou Arfa.
Que de villes, de sites faudrait-il encore décrire! Boujad et les koubbas de ses marabouts, Khenifra dans son cadre de montagnes rouges, les villages du Rif, Mohrisset, Zoumi et tant d’autres; combien de scènes de la vie traditionnelle et combien de la vie moderne ! Plus on s’enfonce dans l’intérieur, plus se multiplient les sites étranges où dans ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Sam 14 Jan - 8:15

page 223



... une nature encore indisciplinée, se découvrent les aspects d’une vie millénaire. Ce dépaysement, la vie moderne l’offre aussi parfois. Le Maroc, ouvert tardivement à l’essor industriel, a profité des derniers perfectionnements techniques et les manifestations, souvent remarquables, de la civilisation moderne paraissent aussi étranges que les trésors du passé.
Et puis, en dépit de sa monotonie, l’art marocain dispense joies et découvertes. Les monuments classés bien sûr, ceux qu’il faut voir et qui entraînent toujours, faute de libre enthousiasme, une admiration polie. Mais surtout les mille manifestations de la vie. Cet art donne à la terre marocaine beaucoup de son charme, ouvre au hasard de la route mille champs de rêves. Eclatants de blancheur, dressés sur un ciel d’orage, perdus dans les feuillages ou fondus ocre sur ocre dans les rochers du Sud, ses monuments peuvent procurer, tout aussi bien, exaltation, repos, angoisse ou tourment. A chaque instant, ils viennent enrichir, de leurs poids d’humanité, le paysage.
Si les grandes régions du Maroc présentent une extraordinaire diversité, des rives de l’Océan aux marges du désert, combien, à l’intérieur de ces zones, s’offrent de contrastes!
C’est une gorge profonde, dure, coupant la plaine molle; c’est un rang de saules, une prairie bordant des solitudes désolées. Mais les différents visages du Maroc, qui subsistent encore, que nous avons voulu encore montrer séparément : ce visage de l’ouvrier casablancais, du fellah de la plaine, du ksourien rêvant à son eau et du Juif du mellah; ce visage du transhumant et du bourgeois fassi, tous ces visages de moins en moins, sont distincts. Ils se superposent, se recouvrent. Certaines de leurs différences s’estompent, d’autres s’accusent, mais un seul visage composite, riche, un peu inquiétant et émouvant se devine : celui du Maroc qui se fait, du Maroc de demain. Et là peut-être réside le plus grand charme du voyage marocain. D’y sentir une nouvelle humanité s’y chercher avec angoisse, déchirement, enthousiasme aussi.
Les apparences trompent encore et la permanence du décor fait parfois oublier les transformations de l’homme. Très vite, d’ailleurs, les éléments « révolutionnaires » de sa vie n’apparaissent plus; ne sont-ils pas monnaie courante? Et pourtant quelle distance entre ce Maroc d’hier, que l’on disait « plus fermé que la Chine », où les prospecteurs devaient pour effectuer leurs travaux se faire passer pour médecins, ce qui arrachait ce jugement ironique à un caïd : « La montagne a-t-elle donc quelque maladie d’entrailles que ce médecin lui rend si souvent visite? », ce Maroc des pistes et des tentes de « En Tribu », où les fleuves se passaient sur des radeaux de roseaux ou des outres gonflées, et le Maroc d’aujourd’hui.
Mais de ce Maroc d’autrefois, des racines profondes demeurent dans le Maroc le plus moderne. Leur opposition est factice, l’un l’autre ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Sam 14 Jan - 8:19

page 224



FANTASIA A MOULAY-IDRISS.


... étroitement mêlés : celui d’hier déjà tout pénétré de celui d’aujourd’hui, encore mal dégagé de l’ancien.
Au vrai, il ne faut point seulement y chercher les traces du passé ou les réalisations d’aujourd’hui, mais essayer de voir avec sympathie ce monde naissant, et sentir avec émerveillement la poésie mystérieuse et grandiose des civilisations qui se font.



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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Sam 14 Jan - 8:29

page 225 - 226 - 227 - 228



J.-L. MIÈGE
LE MAROC
COUVERTURE DE BERTHOMMÉ SAINT-ANDRÉ
Ouvrage orné de 170 héliogravures












TABLE DES ILLUSTRATIONS

AGADIR. Le vieux Founti et la casbah..........102
— Porte d’entrée de la casbah..........105
AMIZMIZ. Danseurs..........35
ATLAS (1’) et Marrakech..........171 haut
— Village de l’Anti Atlas..........13
— Village du Grand Atlas..........154
AZEMMOUR. La ville indigène..........79 haut
— Corporation des musiciens..........88
BOU ARFA. Mines de manganèse..........217
CASABLANCA. Ville nouvelle et nouvelle medina..........38
— Le port..........39 haut
Juif dans la mellah..........39 bas
Mosquée Sidi Mohammed..........40
Dans la nouvelle medina..........41
— Place Administrative..........44
Place de France..........45
Sidi Belyout..........48
Statue équestre de Lyautey..........49
DADÈS (Gorges du)..........208
ERFOUD. Réception officielle sur la grande place..........220
— Récolte des dattes aux environs..........221
— Barrage aux environs..........216
ERG OCCIDENTAL (Grand)..........218
FES. Vue générale..........110
— Souk..........8
— Grille du palais Jamaï..........107 bas
— Bab Chorfa ..........111
— Résidence. Salon..........113
— Vieille horloge..........114
— Medersa Bou Anania..........115
— Une des entrées de la mosquée Qaraouine..........116
— Mosquée de Moulay Idriss..........117
— Jardins de Bou Jeloud. Roue élévatoire..........120
— Palais du Bata..........121
— Teinturerie ..........124
— Rue couverte dans la medina..........127
— Place Nedjarine..........128
— Rue Tala..........129
— Colline des Mérinides..........130
— Marabout de Sidi Harazem..........131
GOULIMINE. Danses de la Guedra..........207
IM FOUT. Barrage sur l’Oum er Rebia..........23
IMILCHIL. Battage du blé..........21,151 haut
MARRAKECH. Détail d’architecture au palais du pacha..........31
et l’Atlas..........171 haut
— Poupée..........171 bas
— Tombeaux saadiens..........172
— La koutoubia..........174
— Souk couvert..........175
Place Djema el Fna..........177, 178, 179
— Souk des teinturiers ..........180
— Un fondouk..........181
— Dans le palais du Glaoui..........184
— Porte au palais de la Bahia..........185
— Pavillon et bassin de la Menara..........J88
— Dans le jardin de l’Aguedal..........189
— Les remparts..........190
— Aux environs..........170
MAZAGAN. La « citerne portugaise »..........92
— Le mellah et la porte de mer..........95
MEKNÈS. Bab el Mansour..........133 haut
— Ruines de Dar El Ma..........134
— Medersa Bou Inania..........137
— Mosquée Sidi Kaddoum El Alami..........138
— Fête des Aïssaouas..........1
— Ecrivain public..........140
— Palais Jamaï..........141
— Arbres en fleur aux environs..........132
MESKI. Source bleue..........212
MOGADOR..........98
— Une rue..........97
— Le palais ensablé..........99
MOULAY-IDRISS. Moussem..........142
— Foule de pèlerins..........143
— Un porteur d’eau..........144
— Marchand de beignets..........145
— Fantasia..........224
OUALIDIA. Marabout..........32
— Labourage primitif..........84
OUARZAZATE. Casbah de Taourirt..........196
OUEZZAN et le Rif..........106
— Marabout..........107 haut
— Rue couverte..........108
OUKAIMEDEN (Massif de l')..........194
OUZOUD. Cascades..........150
PETITJEAN. Prospection du pétrole..........37
PLATEAU DES LACS. Douar de montagne..........20
— Femme chargée de bois..........159
— Charrue primitive..........160
PORT-LYAUTEY. Pêche aux thons..........82
RABAT, vu de Salé..........12
— S. M. le Sultan..........26
— Vue aérienne du quartier des Oudaïas..........12
— La ville vue des Oudaïas..........51 haut
— Rue Souika. Mosquée illuminée..........54
— Fontaine dans la médina..........55
RABAT. Chellah. Le minaret..........30, 60
— — La porte..........57
— Tombeau de l’émir Aboul Hassan..........58
— Femmes arabes..........59
— Les Oudaïas. Remparts et porte..........52
Café maure..........65
Atelier de fabrication des tapis..........66
Atelier de teinture des laines..........67
— La tour Hassan..........63
— Jardins de la Résidence..........68
— Mausolée de Lyautey..........69
— Quartier administratif..........70
— Palais du Sultan..........73
— Fantasia..........25
— Porte-drapeau de la garde chérifienne..........51 bas
RIF (Le) vu d’Ouezzan..........106
RISSANI. Paniers destinés au transport des dattes..........193 haut
SAFI. Les remparts..........78
— Quartier des potiers..........96
SALÉ. Vue aérienne..........12
— La grande mosquée..........75
— Une rue..........76
— Procession des cires..........77
SKIBA. Souk..........153
SKOURA. Casbah..........29
TAFILALET. Puits à Taouz..........22
— Mines de plomb..........24
TAFRAOUT. Cimetière ..........205
TAOUZ. Puits..........22
— Mines de plomb aux environs ..........24
— Début du Grand Erg occidental..........218
TAROUDANT. Les remparts..........200
TAZA. Forêt de cèdres aux environs..........152
TELOUET. Entrée de la Casbah du pacha El Glaoui ..........197
TILSIT (Lac de)..........164
TIRERMT. Douar ..........165
TIZI N’TICHKA (Col de) ..........195
TIZNIT..........201
— Chirates..........206
— Végétation aux environs..........204
TMELIL..........166
TODRA (Gorges du). Sources des poissons sacrés..........209
T’SOUDAT. Préparation de l’aire de battage..........154
Types de population, pages 19, 34, 35, 39 bas, 41, 51 bas, 79 bas, 88, 89, 139, 140, 144, 145, 151 bas, 159, 160, 161, 162-3, 169, 178, 179, 206, 207, 210, 211,222.
VOLUBILIS. Tête de marbre..........133 bas
— L’arc de triomphe..........147
Une mosaïque..........148
Le chien de bronze..........149
ZIZ. Vallée de l’oued..........213
— Village au bord de l’oued..........215
— Barrage sur l’oued ..........216
DIVERS :
Sur la piste d’Agadir à Immouzer d’el KhemisSur la piste d’Agadir à Immouzer d’el Khemis..........9 haut
Décoration d’une porte de marabout..........9 bas
Danseurs et danseuses..........34, 35
Moissonneurs..........79 bas, 80
Plantation d’orangers..........81
Arganiers sur la route d’Oualidia à Safi..........85
Marchand de sel..........89
Chèvres dans les arganiers..........100
Caravane entre Mogador et Agadir..........101
Troupeau dans la montagne..........156
Femme berbère tissant la laine..........161
Ahouach de nuit..........163
Déblayage des rhettaras..........191
Aqueduc entre Tiznit et Tindouf..........192
Sandales berbères..........193 bas
Chameaux au pâturage..........219
Cavaliers zemmours..........222


LES PHOTOGRAPHIES ILLUSTRANT CET OUVRAGE NOUS ONT ÉTÉ COMMUNIQUÉES PAR :

LES ARCHIVES DE LA RESIDENCE GENERALE, Rabat.(Clichés Jacques BELIN.)
Pages 13, 19 bas, 23, 24, 25, 29, 59, 78, 79 haut et bas, 84, 85, 110, 124, 130, 142, 150, 151 haut et bas, 166, 170, 171 bas, 177, 191, 193 haut et bas, 194, 195, 208, 213, 215, 216, 217, 218, 222.
M. JACQUES BELIN, Rabat.
Pages 9 haut et bas, 16, 20, 21, 26, 30, 3>» 32. 35. 37. 44. 48. 5» haut et bas>
54. 6°. 63. 66, 67, 69, 81, 89, 92, 95, 97. 98. 99. Io6, 107 haut, ni, 114, 115, i2i, 132, 140, 144, 145, 152, 153, 159, 160, 162-3, 164, 165, 169, 171 haut, 178, 184, 185, 188, 192, 204, 205, 206, 207, 209, 212, 219, 220, 221.
Capitaine de frégate JEAN BELIN, Paris. Page 161.
M. HENRI BERTAULT, Paris. Page 107 bas.
M. BERNARD BIRABEN, Bordeaux. Pages 39 bas, 41.
Lieutenant BLANQUEFORT, Meknès. Pages 120, 127, 143, 148, 175, 179, 224.
Photo CHAMBON, Fès. Page 113.
Photo FLANDRIN, Casablanca. Pages 133 bas, 149.
M. EUGENE HUGUES, Casablanca. Page 189.
M. PAUL-EMMANUEL LANG, Fès. Page 108.
L’OFFICE MAROCAIN DU TOURISME, Rabat. (Clichés JACQUES BELIN.)
Pages 12, 19 haut, 22, 34, 38, 49, 50, 55. 68, 70, 73, 77, 82, 88, 100, 116, 128, 133 haut, 139, 154, 156, 181,196, 201, 210 haut, 211 haut.
M. RIFAUX, Grenoble. Pages 8, 96, 200.
M. JEAN ROBICIIEZ, Saint-Jeannet. Page 211 bas.
Mlle ROULET, Grenoble. Pages 129, 180.
LES EDITIONS D’ART YVON, Paris.
Pages 39 haut, 40, 45, 52, 57, 58, 64, 65. 75. 76, 80, 101, 102, 105, 117, 131, 134. 137. 138, 141. 147. 172. 174. 190. 197, 210 bas.


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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Sam 14 Jan - 8:35

page 229





TABLE DES MATIÈRES

Introduction..........9
Casablanca..........39
Rabat..........51
Le Maroc atlantique..........79
Ouezzan et Fès, villes saintes..........107
Meknès et ses environs..........133
La montagne..........151
Marrakech..........171
Le Sud Marocain ..........193
Conclusion..........222





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FIN


du livre de

J. L. MIEGE


édité en Juin 1952



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