Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LE MAROC (J. - L. Miège)

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 6:17

page 177



PLACE DJEMA EL FNA.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 6:20

page 178



PLAGE DJEMA EL FNA. POTIER GOUDRONNANT SES POTS.


... conteurs arabes, les plus fastueuses résidences de l’Orient et ceux qui l’avaient une fois contemplé n’avaient plus que « dédain pour les coupoles de Damas ou les pyramides du Caire ». Des milliers de captifs chrétiens et d’esclaves noirs travaillèrent à l’édification des palais qui devaient, «par le langage des monuments », surpasser tout ce qu’avaient créé les dynasties berbères antérieures. De l’immense construction, où s’entassaient marbres, ors, onyx, qui était «une sorte de paradis terrestre, une merveille du monde, le comble de l’art », et devant laquelle on ne pouvait que « se pâmer de plaisir et d ’ admiration », il ne reste rien. Moulay Ismaïl la fit détruire au début du XVIIIe siècle.


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 6:23

page 179



PLAGE DJEMA EL FNA. UN CHARMEUR DE SERPENTS.


Toutefois, les tombeaux saadiens nous laissent imaginer ce que devait être le style de l’édifice dont les descriptions lyriques que nous donnent les historiens arabes ne manquent pas d’être assez inquiétantes.


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 6:25

page 180



SOUK DES TEINTURIERS.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 6:29

page 181



UN FONDOUK.


Tout semble avoir été préparé pour que l'éblouissement soit complet. Une modeste porte, un couloir obscur et coudé et puis, soudain, les tombeaux et leur avalanche de décor. Tout en a été dit : depuis l’enthousiasme devant « le plus beau trésor de l’art marocain » jusqu’au mépris provoqué par cette « effroyable pâtisserie du plus parfait mauvais goût ».
Cet art chargé, compliqué n’en possède pas moins sa beauté et son éloquence. Il ne parle plus par l’harmonie des proportions, l’union de qualités contraires, force et grâce. Riche et somptueux, il est le plus désolant, celui qui clame le plus la pauvreté de l’homme. Tous ses arguments entassés, le marbre et le plâtre et le bois, le dessin géométrique et ...

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 10:02

page 182



... le décor floral, sont l’image de l’homme; de ses appels, de ses quêtes et de l’éternel silence. Et ce silence s’alourdit de tout le poids de cette richesse qui masquait aux Saadiens le miracle des révélations quotidiennes.
On ne peut leur refuser l’opulence, la somptuosité surabondante. Les plans sont taraudés, travaillés, enrichis de mille manières. Il n’est point question de sculpture : ce ne sont que dessins accumulés et répétés. L’art décoratif est comme porté à son paroxysme et ennobli par la matière et la diversité de la couleur. Mais l’ensemble lasse, paraît inhumain. On s’y sent prisonnier des lignes et derrière cette exubérance du décor, ne jaillit aucune fantaisie, mais peine la sage application d’ouvriers habiles.
A côté de cet orgueil et de ce faste, le tombeau de Youssef ben Tachfine, le fondateur de la cité, fournit la vraie grandeur. Près de la Koutoubia, c’est une humble sépulture, de même forme que celle des Saadiens, mais simple bloc enduit de chaux, comme l’avait désiré l’humilité du fondateur d’empire et de la plus glorieuse dynastie marocaine, que tous les narrateurs montrent austère, simple, jamais habillé que de laine, et se nourrissant d’orge et de lait.
Le dernier Saadien Ahmed el Abbas régnait à peine dans la ville, le reste du pays lui échappait. Mais Marrakech demeurait la cité la plus célèbre du Maroc et arrachait encore des cris d’enthousiasme au voyageur. Un Hollandais qui la voit au milieu du XVIIe siècle, écrit :

0 ville royale de Marrakech, largement connue
Du point où le soleil se lève jusqu'au point où ses rayons s’éteignent,
Ton palais magnifiquement bâti surpasse
En splendeur et en somptuosité toutes les cours royales!
Ton verger de Mesena si richement planté
D'arbres agréables d'un bout à l’autre,
D'orangers, de citronniers, sans compter d'autres fruits,
D’olives et de dattes, est un jardin plein de délices.


Mais la décadence vient vite, les sultans demeurant de préférence à Meknès ou Fès. Les courants économiques se tarissent, et la ville, dans son cadre trop vaste, s’étiole. Elle tombe à peu près en ruine à la fin du XIXe siècle et un négociant français, installé en 1863, estime qu’elle n’a guère plus de 50.000 habitants. Lamartinière qui la visite en 1890, en trouve « l’aspect lamentable... la moitié des maisons en ruine ».
La ville a repris de l’importance; sa population s’accroît, dépasse 250.000 habitants mais reste toujours aussi variée : Berbères, Arabes, noirs. Jusqu’à la veille du Protectorat, le marché aux esclaves vendus aux enchères, s’y tenait trois fois par semaine. Tous les Marocs s’y donnent rendez-vous. La renommée de la ville demeure grande et son prestige considérable sur les gens du bled, du Sud et de la montagne.


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 10:08

page 183



Celle-ci domine la ville. Du haut des terrasses c’est elle que l’on remarque d’abord, fermant l’horizon au sud, couverte de neiges; « les neiges au-dessus de la plaine enflammée, au-dessus de la foison des palmes, des grenadiers en fleurs, les neiges dans le ciel d’Afrique à travers les voiles de poussière » (A. CHEVRILLON) . Les montagnes, qui font la suprême beauté de Marrakech, lui donnèrent aussi ses derniers maîtres.
L’Atlas s’ouvre par trois grands passages; chacun avait à la fin du siècle dernier son gardien : les grands caïds Mtougui, Goundafi et Glaoui. Ceux-ci surent habilement tirer parti de leur position, s’interposer lors de la conquête, devenir les collaborateurs de la France, l’aider et s’aider d’elle. De cette politique ils recueillirent les fruits. Leur domaine s’élargit, s’étend encore; il couvre la région de Marrakech, la montagne voisine et, au-delà, les premières régions sahariennes. Avec leur puissance naquirent ces casbahs, berceau de leur maison comme l’ancienne casbah de Telouet ou témoin de leur essor comme celles qui s’avancent au nord jusqu’à El Kelaa, au sud jusqu’au-delà de Skoura. Etonnantes demeures où dans un luxe inouï se mêlent le faste féodal et le confort moderne. C’est aux princes de la Renaissance italienne que font penser ces seigneurs cultivés et puissants. Fastueux et simples, lucides acteurs d’une partie subtile, maîtres craints et respectés, ils appliquent aux événements une expérience et une intelligence nourries aux sources des traditions berbères, de la diplomatie arabe et de la culture européenne.
Comment oublierions-nous l’accueil que nous réserva dans sa demeure notre ami le caïd Abdallah Glaoui, ancien compagnon de nos vacances de jeunesse? Dans le jardin en terrasses qui domine les bois d’oliviers et les champs de blé, admirant le tennis et la piscine au pied de la casbah, nous rappelions notre vie d’étudiant, mêlant tour à tour à nos propos l’évocation de notre seconde patrie : lui plein du regret de ses promenades françaises, moi tout ému encore d’une récente plongée dans le Sud marocain.
Ainsi, face au bled où achevaient de mûrir les moissons nées de la paix, des grands travaux apportés par la France et du dur labeur des fellahs, entremêlant nos rêveries, nous sentions, d’une de ces croyances profondes et impérissables, combien étroitement étaient liées les destinées de nos deux pays comme en nous étaient mêlées leurs images.

Dans la vénération que le campagnard porte à Marrakech entrent le prestige que la ville exerce toujours sur le rural et le respect pour le pouvoir et pour Dieu. Ce qui l’attire, c’est le puissant caïd dont l’autorité enserre la campagne lointaine, le pacha auquel tout le haut pays est soumis, et le minaret de la merveille des mosquées; puis les souks et l’espoir de bonnes affaires et la ville du péché, car Marrakech est cité ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 10:10

page 184



DANS LE PALAIS DU GLAOUI.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 10:15

page 185



PORTE DU PALAIS BAHIA.


... de plaisir. Et qui ne voudrait connaître Djema el Fna ? La place demeure le cœur de la ville. Ecrasée de soleil sous un ciel blanc, au crépuscule qui l’agrandit ou la nuit, à la lueur dansante des torches et des quinquets, elle est inépuisable. Mille fois décrite et jamais semblable aux descriptions qui n’en peuvent saisir qu’un des multiples aspects; si l’éclairage et les couleurs changent, la foule s’en modifie aussi. Le matin, marchands de légumes ou de vannerie, revendeurs de toute sorte autour desquels s’amoncellent les débris informes; barbiers opérant leurs saignées : un coup de lancette au
bas de la nuque, sur la coupure, l’applique d’une pipette en métal et le barbier aspire le sang qui s’accumule dans un petit réservoir. Apothicaires et guérisseurs s’entourent de cornues, de dents de renards, de lézards empaillés, de poudre de vipère desséchée, remettent avec des gestes majestueux l’objet qui doit guérir les maux du corps ou de l’esprit. Assis, un mendiant tend la main. Il ne quémande pas, immobile, en dehors du temps, de la vie. L’après-midi et au crépuscule, ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 10:22

page 186


... Djema el Fna est le domaine des amuseurs : jongleurs des Ouled Mouna, conteurs, danseurs du Sous, et surtout les célèbres charmeurs de serpents.
Un porteur d’eau se glisse entre les groupes, son outre en peau de chèvre — la guerba — luisante. Fréquemment, à quelques mètres de la fontaine, le Marrakchi se sert au marchand plutôt que de se déranger lui-même.
Place possédée où se mêlent races et classes, dans une fraternité humaine et religieuse. Des grandes civilisations des XIIe et XIIIe siècles, de leurs foules vivant d’une intense vie collective et d’une spiritualité pleine de légendes, il ne reste que celle-ci. Mais combien menacée! Le monde moderne pénètre là aussi : le long de la place, les échoppes offrent de la quincaillerie européenne; le campagnard débarque du car; le spectateur, de plus en plus souvent en veston, s’appuie sur sa bicyclette. A quel changement intime de l’homme même, de son esprit correspondent ces transformations visibles de tous?
Djema el Fna est le vestibule d’une immense medina. Moins fermée et repliée, moins ombreuse que celle de Fès, tout aussi mystérieuse avec sa population mélangée, vivant dans un présent sans fin. Ville de mendiants, de saints avec leur passivité et leurs rêves cuits au soleil ; ici le temps ne compte pas. Les quartiers les plus pittoresques sont les souks aux cuirs, celui des teinturiers et le souk el Khemis, aux limites de la ville. Marché mi-urbain, mi-rural où le monde campagnard vient vendre ses produits. Bab el Khemis, la porte du Jeudi, dont les montants auraient été ramenés d’Espagne par les soins d’un sultan victorieux, ouvre sur la palmeraie.
Dans la lumière de l’air sec, tout se précise. Le ciel est à la fois plus vaste et mieux défini, et les remparts, les hautes murailles de pisé entre les solides tours carrées paraissent figés dans leurs éboulements. La haute profusion des palmes fait jouer le soleil sur les orges. Bleus, verts, ocres se heurtent ou se fondent aux heures de la journée. Les palmiers n’ont pas la magnifique venue de ceux du Sud et la vaste palmeraie (13.000 hectares) n’est pas très dense. Mais elle abrite oliviers, figuiers, légumes, enclos de murs de terre et arrosés d’un réseau serré de séguias (1).
Le miracle de cette végétation, de cette grande ville aux portes du désert, est dû à l’eau. Un ensemble compliqué de procédés sont utilisés pour l’obtenir, la garder, la diriger.
L’Oued Tensift est loin et l’Oued Issil, qui longe les remparts, ne possède de l’eau qu’aux jours d’orage, lorsqu’elle n’est qu’un embarras. Les puits sont rares, d’entretien coûteux, de débit faible. Presque toute l’eau de la ville et des jardins vient de l’Atlas où l’homme va la chercher ...

(1) Canaux.


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 11:25

page 187



... soit à l’oued par ses séguias, soit dans le sol par ses rhettaras. Les séguias s’embranchent dans les vallées, haut en amont. Un barrage grossier les alimente et elles courent à l’air libre, sans jamais tarir, pendant des kilomètres, des dizaines de kilomètres. Leur trajet capricieux va irriguer ici un champ, traverse là une terre désolée, ravagée de sécheresse, qu’il ignore, se divise en bras, en multiples rigoles nées les unes des autres. La séguia est chose vivante; elle porte un nom et attire comme un aimant : la lessive, la vaisselle s’y font comme les ablutions du campagnard avant d’entrer en ville. Tous les visages viennent s’y pencher.
Mais l’eau est surtout fournie par les rhettaras, ces galeries souterraines qui la conduisent, par une pente inférieure à celle du sol. Des milliers de larges margelles d’argile surmontant à peine de profonds entonnoirs signalent leur tracé le long de la plaine. Les ouvriers, venus du Draa surtout, et qui groupés en corporation s’en occupent de père en fils, n’emploient que des procédés primitifs. A intervalles réguliers, ils creusent des puits verticaux au fond desquels une galerie horizontale ira relier le puits voisin. Ainsi, pendant des kilomètres. Les puits qui ont servi à creuser la galerie servent à l’entretenir. On voit souvent sur l’horizon, un homme ou deux, attelés à une corde invisible, penchés dans un grand effort. Ils tirent sur un treuil par lequel est hissée la terre. Les rhettaras exigent des travaux constants. Les pluies d’orage violentes les ravagent. Les entonnoirs deviennent, aussi, rapidement des puits à miracle, où viennent s’engouffrer débris et détritus, s’accumuler les éléments de la civilisation marrakchie du XXe siècle : ustensiles de terre, morceaux de bicyclettes, cadavres d’animaux, voire de gens assassinés. Car le droit d’eau donne lieu à des luttes sans merci : on tue pour l’eau. Des gardes surveillent sa répartition, guidés par le chant du coq, la longueur de leur ombre ou l’appel du muezzin.
L’eau peut avoir un propriétaire particulier : « L’eau et la terre sont célibataires », dit-on dans le Haouz.
Ce sont les grands bassins-réservoirs, construits pour pallier les éventuelles variations de débit des séguias ou des rhettaras, les charriges de l’Aguedal ou de la Menara qui font l’agrément des jardins de Marrakech. Celui de la Menara surtout qui, au milieu des oliviers, étend la vaste surface bleutée de ses eaux calmes. Un pavillon entouré de palmiers et de cyprès, y projette l’ombre à peine déformée de ses lignes régulières et de son toit de tuiles vertes.
Un grand bassin arrose aussi le jardin du palais de la Bahia. Ba Ahmed, le célèbre régent d’Abd el Aziz, véritable maître du Maroc de 1894 à 1900, avait voulu faire édifier un palais digne de rivaliser avec les plus belles constructions impériales. Pendant six ans, la Bahia — « la brillante » —- mobilisa les plus célèbres artistes et artisans de tout le Maroc. Mais le régent n’eut guère le loisir de profiter de son œuvre. Les charges de l’État l’accablaient, le peuple grondait. Les rebelles ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 11:29

page 188



PAVILLON ET BASSIN DE LA MENARA.


... venaient jusqu’aux portes de la ville. Leur chef fut pris et enfermé dans une cage dont les barreaux furent les canons des fusils enlevés aux rebelles, et qui était si étroite que le prisonnier devait s’y tenir accroupi. De tels exemples faisaient craindre le régent, détesté et jalousé. A peine ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 11:32

page 189



DANS LE JARDIN DE L’AGUEDAL.


... eut-il rendu le dernier soupir que son palais fut pillé par ses serviteurs et les gens du sultan. Et les richesses accumulées étaient si grandes qu’il fallut employer des caravanes « pendant plusieurs jours... disparaissant sous leurs charges d’objets ».
Cependant l’édifice demeure intact. On y retrouve l’habituel luxe ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 11:34

page 190



LES RAMPARTS DE MARRAKECH.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 11:37

page 191



DÉBLAYAGE DES RHETTARAS.


... des palais marocains. Mais le plan est plus vaste, d’ordre moins rigoureux. Des patios se succèdent, plantés de cyprès, d’orangers et de fleurs, jardins secrets où se mêlent l’odeur des daturas et celle des jasmins. Sur les arcades qui les surmontent s’ouvrent de vastes chambres au plafond de bois sculpté. Et comme toujours, fontaines et bassins, mosaïques et cours dallées produisent une étonnante impression de fraîcheur.
A côté de la ville de terre s’étend la ville de béton européenne; comme la rencontre de deux Afriques : l’Afrique du Nord, déjà si européanisée, l’Afrique noire encore spontanée et magique. Le Gueliz mériterait quelques lignes, ou tout au moins le centre d’estivage, car si les constructions de la moderne Marrakech sont souvent disparates et de style médiocre, les jardins sont magnifiques.
Étrange cité moderne, aux portes mêmes du désert.





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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 11:39

page 192



AQUEDUC ENTRE TIZNIT ET TINDOUF.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 11:50

page 193



RISSANI. PANIERS DESTINÉS AU TRANSPORT DES DATTES.

SANDALES BERBERES.


LE SUD MAROCAIN

Pour rejoindre le désert, il faut retraverser la montagne, écran entre les terres atlantiques et les étendues sahariennes. Les riches cultures ne dépassent pas les premières pentes où les rivières, grossies par la fonte des ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 11:51

page 194



MASSIF DE L’OUKAIMEDEN.


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 11:54

page 195



COL DE TIZI N’TICHKA.


... neiges, roulent des eaux claires sur les galets. Les montagnes sont couvertes de genévriers tordus, plaqués sur les roches. Au printemps, la neige éclate parmi les touffes vertes.
Au sud de Marrakech s’ouvre la passe du Tizi n’Test qui permet de rejoindre le Sous. La route mène aux premières grandes pentes, tantôt ...



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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 11:56

page 196



OUARZAZATE. LA GRANDE CASBAH DE TAGOURIRT.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 12:00

page 197



TELOUET. ENTRÉE DE LA CASBAH DU PACHA EL GLAOUI.


... le long de la vallée cultivée à travers les bosquets de cerisiers, de frênes et de peupliers, tantôt par les collines couvertes d’oliviers ou de chênes. La région est la principale zone d’alpinisme du Maroc. On peut y rencontrer, sur de courtes distances, les paysages ombreux de Tahanaout, les villages berbères accrochés à l’adret des vallées et, par une étroite route en lacets les champs de ski de l’Oukaïmeden.
Sur le plateau rocheux s’élèvent le refuge et les chalets récents. L’altitude élevée, 2.630 mètres, la latitude méridionale donnent à l’air une transparence unique et aux couleurs, exaltées par la blancheur des neiges, des tons éclatants.
C’est dans une semblable atmosphère cristalline que jaillissent les ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 12:06

page 198



... fleurs et les jardins d’Asni dans leur cirque de montagnes enneigées. Les champs d’orge sont traversés par le torrent et sur les pentes apparaissent, au milieu des noyers et des oliviers, les taches rouges des casbahs.
Passé Ijoukak, on atteint l’immense forteresse de Goundafa et les restes de son village d’esclaves noirs. La magnifique demeure, casbah des anciens maîtres des passes sud de la montagne, est partiellement ruinée ; mais elle conserve de beaux détails de décoration et un admirable moulin à eau.

Au sud-ouest c’est par la route de Ouarzazate, le col du Tizi n’Tichka et le pays Glaoua que l’on franchit l’Atlas.
Une dégringolade de terrasses, et dans le fond des vallées les amandiers, les champs d’orge coupés de villages de terre. Le montagnard conserve encore parfois le khenif, le burnous sombre orné d’un losange rouge encadré de broderies noires. Les femmes portent de lourds colliers et surtout ce curieux bijou frontal, le talgamont, le petit mors fixé par un système de chaînettes sur la tête.
Le col du Tichka ouvre sa brèche dans le chaos des pics sur lesquels s’étendent les grands pans de neige au pied desquels passent les caravanes de chameaux. La forêt a disparu : ce ne sont plus que rochers dénudés, hauteurs ravinées, un paysage puissant aux roches sombres ou rouges avec parfois d’étranges reflets verts.
Et puis voici la hammada (1) et, au bord des rivières, les casbahs aux tours rectangulaires, pressées les unes contre les autres, en suite de ksour fortifiés. Les casbahs de Ouarzazate sont parmi les plus belles, entre le fleuve, sa ligne de palmiers et les montagnes. Certaines sont en ruine, d’autres toutes récentes; on ne répare guère ici, mais on bâtit de nouveau. La nature, vite, triomphe de cet art, de ces constructions aux lignes sobres et majestueuses, masses immenses qui seraient un peu écrasantes sans leurs plans successifs et toujours, sur l’ocre des murs les taches blanches des fenêtres ou de quelques dessins. Lorsqu’elles se ruinent, elles paraissent simplement retourner à la nature, fondre dans le paysage, comme si elles retrouvaient derrière leur aspect humain d’œuvres d’art, leur immuable caractère d’objet. On trouve là tous les passages du monument à la simple argile.
Au hasard de la vie, naît l’art du Sud. Beauté mystérieuse comme la vie dont elle sourd et avec laquelle elle fait corps.
Pour que cette œuvre d’art nous touche ainsi, il faut que nous soyons saisis tout à la fois de sa brièveté et de sa pérennité. Cette casbah disparaît, presque aussi vite que ces hommes qui l’ont construite, mais une autre renaît, aussi grande et décorée ; toute pareille, comme une nouvelle incarnation d’un dessin éternel, la résurgence d’un courant d’art ...

(1) Plateau désertique.


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 12:13

page 199



... millénaire. Comme ces hommes de rude écorce seront remplacés par de mêmes hommes. Sentiment de renouvellement sans rien de mélancolique. Une allégresse étonnante fait de cette terre de soleil, une terre de vie. Apre et tendu, ô paysage viril, combien tu fais aimer que la vie soit si brève, si pleine et toujours renouvelée.
Posté sur un éperon qui domine la vallée, Ouarzazate est le carrefour du sud. Au nord, on découvre les sommets de l’Atlas; vers l’est on gagne le Tafilalet par les vallées du Dadès et du Todra, entre Atlas et Sargho; au sud c’est Agdz, Zagora, le Djebel Bani et le désert par la vallée du Draa; à l’ouest, une fois contournée la masse du Siroua, on rejoint Taroudant et le Sous, Tafraout et Tiznit.
Avec les plateaux d’armoise grise du Siroua et ses villages égrenés au bord des oueds, on paraît quitter le Sud. Les sommets de lave dominent, sombres, les prairies couvertes de fleurs qui surplombent les ravins le long desquels montent les champs cultivés. Hautes surfaces venteuses et froides qui repoussent l’homme, attirent les troupeaux et sur lesquelles se tassent les petits villages de pierre, habitat temporaire des bergers. Mais avec la descente et la plaine de Taroudant le paysage s’éclaire.
Taroudant sommeille aux rives du Sous, enfermé dans ses épais remparts de terre. Ses murailles sont très étendues, mais à l’intérieur, les jardins se mêlent aux maisons. Longtemps, la ville fut célèbre comme rendez-vous des caravanes qui, annuellement, traversaient le Sahara pour aller trafiquer au Soudan. Et de ce fait, cité soumise au Maghzen qui s’intéressait fort à son commerce : le bénéfice des caravanes se calculait à 400 % et le sultan prenait à la sortie un droit sur chaque chameau, à l’entrée un vingtième des esclaves et le dixième des marchandises importées. Au XIXe siècle, le développement de nouvelles routes commerciales ruina la ville qui demeure assoupie, dans ses jardins où le soir s’allument les lampes, flammes parmi les flammes vives des fleurs éclairées.
Tiznit aussi eut son temps de gloire et de richesses, comme débouché des caravanes de l’Oued Noun qui, par la Mauritanie, rejoignaient l’Afrique noire, et auxquelles venaient se joindre celles parties de Taroudant et de Marrakech. Elles faisaient la prospérité de la ville et permettaient aux tribus de vivre, plus ou moins confédérées, indépendantes. Aujourd’hui ce n’est plus qu’un grand marché au milieu des jardins d’oliviers et de dattiers, clos de hauts murs. Et aussi la capitale des jeux; pour le Saharien, la ville du nord et des plaisirs, celle dont il rêve au long des terribles étapes du désert.
Tiznit est la métropole des diseurs et des musiciens, des danseurs chleuhs dont le patron repose tout près au marabout de Sidi Mouna. Elle ne manque pas de caractère avec ses maisons à étages, ses rues poussiéreuses entre les murs de pisé et sa mosquée à « perchoir » où viennent se reposer les âmes des trépassés. Autour de la ville, s’étendent ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 17:03

page 200



LES RAMPARTS DE TAROUDANT.


... les plaines sableuses, couvertes de cactus, élevant leurs tiges charnues, anguleuses au-dessus de massifs bombés en forme de carapaces.
Du Maroc du sud sortirent la plupart des dynasties qui vinrent, tour à tour, relayer celle qui s’était énervé dans la mollesse du Nord et l’abus du pouvoir. Leurs desseins longuement mûrissaient dans les oasis surpeuplées où la vie surabonde et jaillit en ferveur mystique ou en énergie politique et guerrière. Région de fière indépendance aux
frontières du Maroc Maghzen, le plus souvent hors de portée de l’autorité du Sultan, elle n’acceptait que ses propres chefs : princes de grande piété et de sombre orgueil. N’est-ce point l’un d’eux qui, au siècle dernier, au fils du sultan, campant aux limites de son état et l’invitant à se soumettre dans les sept jours, lançait, en seule réponse : “ Et moi, je te donne trois jours pour retourner d’où tu viens ”. Jusqu’aux premières années du Protectorat la région conserva avec son indépendance ...


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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Jeu 12 Jan - 17:05

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   

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