Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LE MAROC (J. - L. Miège)

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 2 Déc - 9:35



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Page de couverture





J. - L. MIEGE

MAROC




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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 2 Déc - 9:50



J.-L. MIÈGE
LE MAROC
COUVERTURE DE BERTHOMMÉ SAINT-ANDRÉ
Ouvrage orné de 170 héliogravures












TABLE DES ILLUSTRATIONS

AGADIR. Le vieux Founti et la casbah..........102
— Porte d’entrée de la casbah..........105
AMIZMIZ. Danseurs..........35
ATLAS (1’) et Marrakech..........171 haut
— Village de l’Anti Atlas..........13
— Village du Grand Atlas..........154
AZEMMOUR. La ville indigène..........79 haut
— Corporation des musiciens..........88
BOU ARFA. Mines de manganèse..........217
CASABLANCA. Ville nouvelle et nouvelle medina..........38
— Le port..........39 haut
Juif dans la mellah..........39 bas
Mosquée Sidi Mohammed..........40
Dans la nouvelle medina..........41
— Place Administrative..........44
Place de France..........45
Sidi Belyout..........48
Statue équestre de Lyautey..........49
DADÈS (Gorges du)..........208
ERFOUD. Réception officielle sur la grande place..........220
— Récolte des dattes aux environs..........221
— Barrage aux environs..........216
ERG OCCIDENTAL (Grand)..........218
FES. Vue générale..........110
— Souk..........8
— Grille du palais Jamaï..........107 bas
— Bab Chorfa ..........111
— Résidence. Salon..........113
— Vieille horloge..........114
— Medersa Bou Anania..........115
— Une des entrées de la mosquée Qaraouine..........116
— Mosquée de Moulay Idriss..........117
— Jardins de Bou Jeloud. Roue élévatoire..........120
— Palais du Bata..........121
— Teinturerie ..........124
— Rue couverte dans la medina..........127
— Place Nedjarine..........128
— Rue Tala..........129
— Colline des Mérinides..........130
— Marabout de Sidi Harazem..........131
GOULIMINE. Danses de la Guedra..........207
IM FOUT. Barrage sur l’Oum er Rebia..........23
IMILCHIL. Battage du blé..........21,151 haut
MARRAKECH. Détail d’architecture au palais du pacha..........31
et l’Atlas..........171 haut
— Poupée..........171 bas
— Tombeaux saadiens..........172
— La koutoubia..........174
— Souk couvert..........175
Place Djema el Fna..........177, 178, 179
— Souk des teinturiers ..........180
— Un fondouk..........181
— Dans le palais du Glaoui..........184
— Porte au palais de la Bahia..........185
— Pavillon et bassin de la Menara..........J88
— Dans le jardin de l’Aguedal..........189
— Les remparts..........190
— Aux environs..........170
MAZAGAN. La « citerne portugaise »..........92
— Le mellah et la porte de mer..........95
MEKNÈS. Bab el Mansour..........133 haut
— Ruines de Dar El Ma..........134
— Medersa Bou Inania..........137
— Mosquée Sidi Kaddoum El Alami..........138
— Fête des Aïssaouas..........139
— Ecrivain public..........140
— Palais Jamaï..........141
— Arbres en fleur aux environs..........132
MESKI. Source bleue..........212
MOGADOR..........98
— Une rue..........97
— Le palais ensablé..........99
MOULAY-IDRISS. Moussem..........142
— Foule de pèlerins..........143
— Un porteur d’eau..........144
— Marchand de beignets..........145
— Fantasia..........224
OUALIDIA. Marabout..........32
— Labourage primitif..........84
OUARZAZATE. Casbah de Taourirt..........196
OUEZZAN et le Rif..........106
— Marabout..........107 haut
— Rue couverte..........108
OUKAIMEDEN (Massif de l')..........194
OUZOUD. Cascades..........150
PETITJEAN. Prospection du pétrole..........37
PLATEAU DES LACS. Douar de montagne..........20
— Femme chargée de bois..........159
— Charrue primitive..........160
PORT-LYAUTEY. Pêche aux thons..........82
RABAT, vu de Salé..........12
— S. M. le Sultan..........26
— Vue aérienne du quartier des Oudaïas..........12
— La ville vue des Oudaïas..........51 haut
— Rue Souika. Mosquée illuminée..........54
— Fontaine dans la médina..........55
RABAT. Chellah. Le minaret..........30, 60
— — La porte..........57
— Tombeau de l’émir Aboul Hassan..........58
— Femmes arabes..........59
— Les Oudaïas. Remparts et porte..........52
Café maure..........65
Atelier de fabrication des tapis..........66
Atelier de teinture des laines..........67
— La tour Hassan..........63
— Jardins de la Résidence..........68
— Mausolée de Lyautey..........69
— Quartier administratif..........70
— Palais du Sultan..........73
— Fantasia..........25
— Porte-drapeau de la garde chérifienne..........51 bas
RIF (Le) vu d’Ouezzan..........106
RISSANI. Paniers destinés au transport des dattes..........193 haut
SAFI. Les remparts..........78
— Quartier des potiers..........96
SALÉ. Vue aérienne..........12
— La grande mosquée..........75
— Une rue..........76
— Procession des cires..........77
SKIBA. Souk..........153
SKOURA. Casbah..........29
TAFILALET. Puits à Taouz..........22
— Mines de plomb..........24
TAFRAOUT. Cimetière ..........205
TAOUZ. Puits..........22
— Mines de plomb aux environs ..........24
— Début du Grand Erg occidental..........218
TAROUDANT. Les remparts..........200
TAZA. Forêt de cèdres aux environs..........152
TELOUET. Entrée de la Casbah du pacha El Glaoui ..........197
TILSIT (Lac de)..........164
TIRERMT. Douar ..........165
TIZI N’TICHKA (Col de) ..........195
TIZNIT..........201
— Chirates..........206
— Végétation aux environs..........204
TMELIL..........166
TODRA (Gorges du). Sources des poissons sacrés..........209
T’SOUDAT. Préparation de l’aire de battage..........154
Types de population, pages 19, 34, 35, 39 bas, 41, 51 bas, 79 bas, 88, 89, 139, 140, 144, 145, 151 bas, 159, 160, 161, 162-3, 169, 178, 179, 206, 207, 210, 211,222.
VOLUBILIS. Tête de marbre..........133 bas
— L’arc de triomphe..........147
Une mosaïque..........148
Le chien de bronze..........149
ZIZ. Vallée de l’oued..........213
— Village au bord de l’oued..........215
— Barrage sur l’oued ..........216
DIVERS :
Sur la piste d’Agadir à Immouzer d’el KhemisSur la piste d’Agadir à Immouzer d’el Khemis..........9 haut
Décoration d’une porte de marabout..........9 bas
Danseurs et danseuses..........34, 35
Moissonneurs..........79 bas, 80
Plantation d’orangers..........81
Arganiers sur la route d’Oualidia à Safi..........85
Marchand de sel..........89
Chèvres dans les arganiers..........100
Caravane entre Mogador et Agadir..........101
Troupeau dans la montagne..........156
Femme berbère tissant la laine..........161
Ahouach de nuit..........163
Déblayage des rhettaras..........191
Aqueduc entre Tiznit et Tindouf..........192
Sandales berbères..........193 bas
Chameaux au pâturage..........219
Cavaliers zemmours..........222


LES PHOTOGRAPHIES ILLUSTRANT CET OUVRAGE NOUS ONT ÉTÉ COMMUNIQUÉES PAR :

LES ARCHIVES DE LA RESIDENCE GENERALE, Rabat.(Clichés Jacques BELIN.)
Pages 13, 19 bas, 23, 24, 25, 29, 59, 78, 79 haut et bas, 84, 85, 110, 124, 130, 142, 150, 151 haut et bas, 166, 170, 171 bas, 177, 191, 193 haut et bas, 194, 195, 208, 213, 215, 216, 217, 218, 222.
M. JACQUES BELIN, Rabat.
Pages 9 haut et bas, 16, 20, 21, 26, 30, 3>» 32. 35. 37. 44. 48. 5» haut et bas>
54. 6°. 63. 66, 67, 69, 81, 89, 92, 95, 97. 98. 99. Io6, 107 haut, ni, 114, 115, i2i, 132, 140, 144, 145, 152, 153, 159, 160, 162-3, 164, 165, 169, 171 haut, 178, 184, 185, 188, 192, 204, 205, 206, 207, 209, 212, 219, 220, 221.
Capitaine de frégate JEAN BELIN, Paris. Page 161.
M. HENRI BERTAULT, Paris. Page 107 bas.
M. BERNARD BIRABEN, Bordeaux. Pages 39 bas, 41.
Lieutenant BLANQUEFORT, Meknès. Pages 120, 127, 143, 148, 175, 179, 224.
Photo CHAMBON, Fès. Page 113.
Photo FLANDRIN, Casablanca. Pages 133 bas, 149.
M. EUGENE HUGUES, Casablanca. Page 189.
M. PAUL-EMMANUEL LANG, Fès. Page 108.
L’OFFICE MAROCAIN DU TOURISME, Rabat. (Clichés JACQUES BELIN.)
Pages 12, 19 haut, 22, 34, 38, 49, 50, 55. 68, 70, 73, 77, 82, 88, 100, 116, 128, 133 haut, 139, 154, 156, 181,196, 201, 210 haut, 211 haut.
M. RIFAUX, Grenoble. Pages 8, 96, 200.
M. JEAN ROBICIIEZ, Saint-Jeannet. Page 211 bas.
Mlle ROULET, Grenoble. Pages 129, 180.
LES EDITIONS D’ART YVON, Paris.
Pages 39 haut, 40, 45, 52, 57, 58, 64, 65. 75. 76, 80, 101, 102, 105, 117, 131, 134. 137. 138, 141. 147. 172. 174. 190. 197, 210 bas.





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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 2 Déc - 9:53





TABLE DES MATIÈRES

Introduction..........9
Casablanca..........39
Rabat..........51
Le Maroc atlantique..........79
Ouezzan et Fès, villes saintes..........107
Meknès et ses environs..........133
La montagne..........151
Marrakech..........171
Le Sud Marocain ..........193
Conclusion..........222




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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 2 Déc - 18:08









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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 2 Déc - 18:10

page 8



SOUK A FES.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 2 Déc - 18:17

page 9



SUR LA PISTE D AGADIR A IMMOUZER D'EL KHEMIS

DÉCORATION D’UNE PORTE DE MARABOUT


INTRODUCTION

Des pays de l’Afrique du Nord, le Maroc possède la plus forte originalité. Certes, les grands traits des territoires du Maghreb s’y retrouvent. Mais l’étendue de ses plaines, sa large façade océanique, l’importance de ...

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 2 Déc - 18:23

page 10



... sa population berbère, son histoire et ses monuments, son ouverture plus tardive aux influences européennes et le rythme extraordinaire de sa récente évolution, tous ces traits géographiques, historiques et sociologiques lui créent une figure personnelle et complexe.
Plus qu’ailleurs s’y opposent le monde des plaines et celui des montagnes. Ces dernières constituent un cadre vigoureux et jouent dans l’histoire et l’économie du Maroc un rôle important.
Le Rif, au nord, arqué du détroit de Gibraltar à la Moulouya, est formé de chaînes parallèles à la mer : petits massifs primaires usés, chaîne centrale, zone marno-schisteuse du sud. L’ensemble n’est pas très élevé, mais la dépression de Chechaouene, l’entaille profonde de l’érosion donnent l’illusion de grandes montagnes. Si le Rif oriental, sec, d’aspect confus avec ses dômes et ses cuvettes, est le domaine des éleveurs, le Rif occidental, humide, est parsemé de gros villages dont les maisons à toits de chaume à double pente rappellent l’Europe.
L’Atlas, de l’Océan à l’Algérie, forme l’ossature du Maroc. En réalité une grande partie du pays se trouve au-delà des montagnes. L’Atlas sépare ainsi deux mondes : les plaines atlantiques et le Maroc présaharien. Dos tourné au continent, château d’eau et cœur des pays berbères, il est l’élément fondamental de l’originalité du Maroc.
Le Haut Atlas débute près de l’Océan par les étendues ridées de plateaux calcaires peu élevés, sauvages et pittoresques. Ils enserrent, vers l’intérieur, de vieux sommets, massif central de la chaîne, lourdes croupes de granit, de laves anciennes et de schistes qui s’élèvent à plus de quatre mille mètres (Toubkal, 4.165 m.). Ces hauts plans, parfois finement découpés par le burin des petits glaciers quaternaires, écrasent de leurs masses sombres les vallées profondes. Plus régulier vers l’est où ses plis se succèdent, affectés de failles ou modifiés par l’attaque de l’érosion, le Haut Atlas va, après le Djebel Ayachi, se prolongeant en une série de chaînons, se perdre dans l’Atlas saharien.
Le Moyen Atlas naît sur la rive droite de l’Oued Abid, au nord-est de Marrakech, d’un chaînon parallèle au Haut Atlas. Puis il s’infléchit, s’individualise et, jusqu’à la trouée de Taza, étend des crêtes calcaires qui rappellent le Jura. Ses plis réguliers, coupés de larges dépressions sont encore relativement élevés (Bou Naceur, 3.290 m.). Sur les causses tabulaires qui les encadrent les eaux se perdent en de profondes grottes, courent dans un réseau de rivières souterraines, resurgissent en grosses sources au flanc des vallées cependant que de petits édifices volcaniques posent, sur la blancheur grisâtre du calcaire, les noires traînées de leurs anciennes coulées.
Au sud l’Anti-Atlas, bord relevé du socle saharien, dresse ses sommets dénudés que le volcan récent du Siroua (3.300 m.) soude au Haut Atlas. Plus à l’est, le Djebel Sargho élève à plus de 2.500 mètres sa lourde masse au-dessus des vallées du Todra et du Tafilalet.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 2 Déc - 18:30

page 11



A ce monde des montagnes, qui, étant essentiellement le domaine berbère, présente une grande unité humaine, s’oppose le monde des plaines.
La plaine du Gharb au nord, entre le Rif et le plateau central marocain (ou meseta), ouverte largement sur l’Océan et se rétrécissant vers l’est, offre ses richesses agricoles et le carrefour de ses voies de communication. Le Sebou y coule lent, parallèle à la mer dans tout son cours inférieur. Sur son cours supérieur ses affluents, le Rdom et le Beth, drainent les hautes plaines de Fès et de Meknès qui occupent le fond de l’ancien lac du Sais. Bien arrosées, riches, magnifiquement situées au contact des plaines atlantiques et des montagnes et au débouché du couloir de Taza, elles sont le centre du vieux Maroc, l’écrin des deux grandes capitales.
L’avancée des plateaux primaires de la meseta marocaine jusqu’au bord de la mer, près de Rabat, sépare ce Maroc de Fès du Maroc de Marrakech. Plateaux peu élevés (700 à 900 mètres), mais auxquels des vallées encaissées et des pointements volcaniques donnent un aspect confus. C’est un coin montagnard et berbère enfoncé entre les deux séries de plaines; longtemps la turbulence des tribus en rendit l’accès difficile. Le Sultan, pour joindre ses deux capitales, ignorait les pistes de l’intérieur et longeait les plaines côtières. Celles-ci s’élargissent après Casablanca dans les riches pays de Chaouïa et de Doukkala. Au delà, passé les rides primaires des Djebilet, sombres chicots dressés sur la plaine nue, s’étend le Haouz de Marrakech que le passage du Tizi n’Test, à travers le Haut Atlas, relie au Sous. Haouz et Sous sont des plaines d’alluvions arrachées à l’encadrement montagneux. Les possibilités d’irrigation viennent accroître leurs aptitudes agricoles ; leur latitude méridionale en fait des régions d’une grande originalité.
C’est uniquement de l’irrigation que vit le Maroc présaharien. Il remonte haut vers le nord dans le Maroc oriental : les hauts plateaux de Dahra, ne semblent être qu’un prolongement du désert. La vallée de la Moulouya, jalonnée d’oasis et de villages fortifiés, est la véritable frontière du Maroc.
Le seuil de Taza permet de rejoindre de ce Maroc oriental les plaines atlantiques. Un long couloir d’une quarantaine de kilomètres, resserré entre les contreforts du Rif et l’extrémité du Moyen Atlas, relie ces deux terres si différentes. Couloir grandiose, bordé de collines aux lignes dures, à l’issue duquel la ville de Taza durant des siècles retentit du bruit des armées en marche et subit le flot des invasions.
Ces mondes géographiques s’opposent non seulement par leur relief mais par leur climat.
Si le rythme des saisons est le même que dans le bassin de la Méditerranée : étés secs et chauds, hivers doux, saisons intermédiaires très brèves, l’influence de l’Océan, considérable, crée un type original de ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 2 Déc - 18:33

page 12



VUE AERIENNE DE SALE. AU FOND, RABAT.



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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 2 Déc - 18:36

page 13



VILLAGE DE L'ANTI-ATLAS.


... climat. Tel voyageur, venu en mars, avril, peut, pendant des semaines, ne voir qu’un ciel grisâtre, ne rencontrer qu’un temps brumeux et froid. Parfois, dès février s’installent un soleil immuable et la chaleur. Mais ce climat est loin d’être uniforme. Influence de l’Océan, influence du désert ...

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 2 Déc - 18:44

page 14



... ou de la montagne dominent tour à tour, se fondent ou se combinent.
Les montagnes bien exposées aux vents d’ouest condensent et conservent l’humidité; les précipitations y dépassent un mètre. Couvertes de neige l’hiver, souvent soumises au gel, elles ne connaissent point les saisons sans pluie et les orages d’été maintiennent un paysage toujours vert.
Dans les régions présahariennes s’accentuent les contrastes de température, s’exagère la sécheresse. La quantité d’eau annuelle descend au-dessous de 100 mm. et les pluies sont d’une extrême irrégularité; pluies d’orage, violentes, parfois plus dévastatrices que la sécheresse.
L’Océan régularise le climat des plaines atlantiques, leur vaut des pluies abondantes, de faibles écarts de température. Lorsque soufflent les grands vents du sud-ouest, poussant de longs nuages noirs et tourmentés, la même tristesse pèse sur le bled que sur les landes de l’Ouest français. Mais le mauvais temps dure peu.
Les régions méridionales, si elles sont aussi tempérées grâce au courant froid des Canaries (Agadir est moins chaud en été que Tanger), sont moins arrosées. Dans l’intérieur les saisons sont plus tranchées. L’hiver l’air froid est vif, sec, et les gelées blanches ne sont pas inconnues. L’été, chaud, commence dès le mois de mai et les chaleurs soutenues (autour de 35 à 40°) désolent le bled. Morne saison traversée des éclairs du siroco.
L’hydrographie porte la marque de cette diversité de climat. De l’Atlas descendent vers l’Océan les fleuves les plus importants, relativement longs et abondants : Sebou, Bou Regreg, Oum er Rbia. Leurs embouchures fixèrent les villes installées sur la rive gauche, ceinturées de murailles, entre l’ensablement et les volutes de la barre. L’oued saharien Guir, Ziz ou Draa, dans son cours supérieur se fraie un passage dans d’étroites gorges encaissées vers les plateaux du désert. Là il coule sur un lit de sable, presque sans berges au ras du sol voisin qu’il inonde de ses crues rapides. Le long de ses rives la vallée est un vrai jardin mais dont l’ombre et l’ampleur, au milieu du paysage désolé et tourmenté, vont s’amenuisant comme les eaux qui se perdent dans le sable et la pierraille. Jusqu’à ce que, dans l’éblouissante blancheur de la plaine, le lit desséché et sans verdure ne se distingue plus du désert étendant jusqu’à l’horizon tremblant ses solitudes caillouteuses.
Ainsi se renforce l’opposition des différents Marocs. Toutefois les mêmes caprices de températures et de pluies frappent les populations. Qu’elles soient des plaines ou des montagnes, du Maroc oriental ou du Sous, elles sont victimes de l’irrégularité des précipitations. Le problème de l’eau, que celle-ci manque ou parfois surabonde, demeure pour toutes primordial. Ce sont partout les printemps traîtres, les contrastes de température entre le soleil et l’ombre, le jour et la nuit, les saisons intermédiaires dévorées par l’hiver ou l’été. Cette irrégularité, qui rend ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Ven 2 Déc - 18:56

page 15



... si précaire l’effort agricole, provoque la perpétuelle inquiétude du fellah (1).
La diversité ethnique se trouve aussi cachée sous le même manteau de l’Islam. Et pourtant là aussi, sous cette unité quelle diversité : tous les états sociaux, antique, médiéval, moderne se trouvent juxtaposés ou mêlés. L’anachronisme est partout. Parfois il fournit les détails les plus savoureux des spectacles marocains et leur philosophie. Si fréquent qu’il n’est plus remarqué. L’âne trottinant au pied d’un derrick de pétrole n’étonne que la première fois.
Le Maroc n’est pas terre classique mais pays heurté, contrasté, plein d’exagération : romantique et surréaliste.
Le déroulement de l’histoire marocaine n’a en effet rien de simple ni d’harmonieux. Peut-être le manque de centre géographique, de pôle attractif est-il le responsable. Mais d’autres pays n’avaient point de centre qui n’en réalisèrent pas moins leur unité. Humeur belliqueuse des Berbères, opposition des nomades et des sédentaires, imprécision des règles successorales en pays d’Islam, mysticisme religieux expliquent le caractère saccadé de cette histoire.
Les Phéniciens tôt s’intéressèrent au Maroc. Les comptoirs qu’ils installèrent sur la côte n’étaient guère que des relais sur la route de l’or et des centres d’affaires avec l’intérieur. Rapports commerciaux, entraînant quelques échanges de civilisation : des Puniques, les Berbères, reçurent l’usage du fer, et la culture de certaines plantes. Mais ils conservaient leur organisation en tribus lorsqu’en 40 après J.-C., le Maroc devint province romaine. La Mauritanie Tingitane s’étendait de la Malva à l’Atlantique, protégée au sud, de Rabat à Fès, par un limes. L’occupation romaine dura jusqu’aux incursions vandales du Ve siècle. Les principales villes : Tingis, Sala, Banassa, Volubilis n’étaient que de petites cités (Volubilis ne comptait guère qu’une dizaine de milliers d’habitants, pour la plupart sans doute Berbères romanisés). L’influence sur la civilisation fut assez profonde, surtout dans le domaine agricole.
Mais au VIIIe siècle, dans le Maroc berbère, apparut soudain l’Islam, et avec lui, l’Orient. Désormais, faits religieux et politiques seront indissolublement liés; de la confusion du temporel et du spirituel, toute l’histoire marocaine portera les conséquences.
Aux premiers raids arabes, entachés de légendes, succéda l’entreprise de Moussa ben Noceir, gouverneur de l'Ifriqya, l’actuelle Tunisie. Il conquit les Berbères. Ils se soumirent assez facilement au nouveau régime, qui fournissait non seulement un aliment aux aspirations religieuses de leur race mais aussi, par l’extension de la conquête musulmane en Espagne, un champ d’action à leur humeur belliqueuse.
Mais cet Islam ne transforma pas totalement les Berbères. Ils restèrent ...

(1) Paysan, ouvrier rural

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Dim 4 Déc - 19:33

page 16



NOUALAS, PRÈS DE RABAT




... en partie attachés à leurs cultes anté-islamiques, firent fusionner souvent anciennes et nouvelles croyances.
La première dynastie marocaine, celle des Idrissides fondée au ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Dim 4 Déc - 19:43

page 17



... VIIIe siècle par un descendant du prophète Idriss Ier, dure à peine un siècle, mais elle donne au Maroc et sa capitale, Fès, et le premier maghzen (gouvernement central).
Du désordre où s’enfonçait le Maroc du XIe siècle, va soudain surgir une dynastie qui, en quelques années, transformera ce conglomérat de tribus rivales en un vaste empire. L’origine du mouvement almoravide, le succès de son entreprise, comme au siècle suivant celui des Almohades, réside dans la conjonction d’une idée religieuse soulevant l’âme ardente des Berbères et de besoins économiques les poussant à l’action.
De cette double force, il se trouva, dans les deux cas un homme remarquable pour tirer parti : Youssef ben Tachfin pour les Almoravides; Abd-el-Moumen pour les Almohades.
L’empire almoravide, fondé en 1062 avec la création de Marrakech, s’étendit à l’Espagne, que lui donna la victoire de Zellaca en 1085. Il fut relayé dès 1134-1146 par l’empire almohade. L’union ainsi réalisée du sud de l’Ibérie et du Maroc était à la fois signe de la puissance de ces empires et origine de leur force. Etendus dans le sens du méridien des rives du Niger à l’Espagne, ils tenaient solidement une des principales routes économiques du moyen âge : la route de l’or du Soudan. Ce « flot d’or » portera la civilisation hispano-mauresque et fera l’apogée du Maroc.
Dès le XIIIe siècle, commence la décadence. Ces vastes constructions impériales tiennent de leur ampleur même une grande faiblesse, ces mondes divers qu’elles réunissent cèdent vite à leurs tendances séparatistes; aux fortes personnalités succèdent des souverains sans éclat. Au même moment, les Almohades échouent au Soudan et sont battus à Las Navas de Tolosa (1212).
Les Mérinides ne purent enrayer la décadence du Maroc. Leurs efforts de guerre sainte ne leur permirent ni de consolider la domination musulmane dans le sud de l’Espagne (défaite de Tarifa en 1340), ni même d’empêcher les entreprises ibériques au Maroc (prise de Ceuta en 1415).
Conquêtes espagnoles et surtout portugaises s’étendant sur des zones de plus en plus vastes, soumises à un quasi-protectorat provoquent une renaissance du sentiment religieux. Les embarras économiques accroissent l’opposition : tout mécontentement prend au Maroc forme mystique. De ce double mouvement et de la faiblesse politique du Maroc sédentaire, se renforcent les centres religieux du désert. Ceci explique le succès de nomades venus du Sous : les Saadiens. Chefs victorieux de guerre sainte, ils s’imposent au Maroc. Leur victoire d’Alcazar-Kébir en 1578, sur les Portugais, marque l’échec de la « dernière croisade de la chrétienté méditerranéenne » et le relèvement du Maroc qu’affermissent les rançons chrétiennes, puis les victoires au Soudan. Un instant, il fait à nouveau figure de grande puissance et les ...

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Dim 4 Déc - 19:50

page 18



... pays de l’Europe occidentale recherchent son amitié : les ambassades et les contacts commerciaux se multiplient.
Dès 1577, la France envoie un consul au Maroc; au XVIIe siècle, trois traités successifs donnent à notre pays une situation exceptionnelle; les avantages dont nous jouissions sont consacrés et accrus par un nouveau traité sous Louis XV.
Les chefs alaouites du Tafilalet sauront jouer des oppositions pour s’emparer du pouvoir. Moulay Ismaël (1672-1729) réoccupera les dernières places tenues par les Européens, à l’exception de Ceuta. Mais c’était là illusion de force plus que force réelle. En réalité, le pays passait à l’écart des grands intérêts : luttes pour la maîtrise de l’Océan, entreprises coloniales ignoraient le Maroc qui, dès la mort du Grand Sultan, retombera dans l’anarchie.
1830 va subitement ouvrir une nouvelle période de crise dans les rapports de l’Europe et du Maroc. La bataille de l’Isly, bien que ses résultats immédiats aient été moins visibles, aura la même importance historique que les batailles de Zellaca de 1085, de Las Navas de 1212, ou d’Alcazar-Kébir.
Signe d’un renversement de situation, dès longtemps amorcé et qui apparaît en pleine lumière. Dès lors, les entreprises européennes au Maroc vont reprendre. Efforts espagnols, avec la prise de Tétouan en 1860; efforts anglais sous le couvert commercial. Moulay-Hassan essaya, de 1873 à 1894, de pacifier et de réorganiser son royaume. Il mourut avant d’avoir réussi dans une tâche impossible. Dès lors la crise marocaine était ouverte. La lutte d’influence européenne s’y déchaînait au moment que l’anarchie s’y développait.
La France, de par ses possessions nord-africaines, était la première intéressée à son règlement. Il lui fallut successivement désintéresser l’Italie (accord sur la Tripolitaine), l’Angleterre (accord sur l’Egypte), et l’Espagne. La conférence d’Algésiras reconnut ses droits. L’obstacle allemand fut enfin écarté, le protectorat signé en 1912.
En respectant les coutumes indigènes, aidé par une pléiade d’officiers de valeur, Lyautey, premier Résident général, peut, en quelques mois, rétablir l’ordre : dès septembre 1912, Marrakech et les grands caïds de l’Atlas reconnaissent Moulay Youssef et le Protectorat français. Successivement, les régions de Meknès, de Kasbah Tadla sont soumises.
A la veille de la guerre, le Gouvernement français décide de rappeler les troupes. Lyautey envoie en France vingt bataillons, mais entend conserver toutes ses positions. Mieux, les étendre en s’attaquant aux foyers de dissidence. En 1917, Tiznit est occupé, le Sous pacifié, la Haute Moulouya atteinte
Après l’armistice, un flot d’immigrants assure la mise en valeur. Mais se pose le problème de la pacification totale. De vastes régions échappent toujours à l’autorité du Maghzen.


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Dim 4 Déc - 19:55

page 19



FILLETTE BERBERE.

TYPE BERBERE


Au printemps de 1926, Abd el Krim, vaincu, dut capituler. Successivement, le Moyen Atlas, en 1931, le Tafilalet en 1932, le Djebel Sargho en 1933, l’Anti-Atlas et l’Extrême-Sud en 1934, allaient être pacifiés.
Tout le Maroc était désormais sous l’autorité du sultan. Pour la première fois, l’ensemble du pays dépendait d’un même pouvoir central.
La guerre de 1939- I945 va marquer une étape importante dans l’histoire du Maroc. Si les événements de juin 1940 ne provoquèrent aucun remous au Maghreb, le débarquement allié en 1942 allait mettre en vedette l’empire chérifien; la conférence de Casablanca (1943) d’abord, puis l’effort militaire qu’il fournit pendant plus de deux ans où les troupes marocaines de la première armée française contribuèrent efficacement à la victoire commune.
Une nouvelle période s’ouvre dans l’histoire du ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Dim 4 Déc - 19:58

page 20



DOUAR DE MONTAGNE (PLATEAU DES LACS).


... Maroc. Intégré à la vie de l’Occident, il prend figure d’État jeune, dynamique.
Toutes ses virtualités, en sommeil depuis des siècles, apparaissent simultanément. Les différents Marocs jusqu’alors plus ou moins hostiles se fondent.
De ce « pot pourri de races » qu’est la race maghrébine, selon le mot d’E.-F. Gautier, naît une nation.



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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Lun 5 Déc - 9:05

page 21



BATTAGE DU BLÉ A IMILCHIL (ATLAS) .


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Lun 5 Déc - 9:09

page 22



PUITS A TAOUZ (TAFILALET).


Les origines de la population sont variées. Les Berbères forment l’élément le plus ancien, celui aussi dont l’origine ethnique demeure la plus imprécise. Il est incontestable qu’ils composent une masse originale, irréductible.
Les Arabes, en effet, furent relativement peu nombreux et eux-mêmes d’origines diverses. Aux conquérants du VIIIe siècle vinrent s’ajouter d’autres groupes venus de l’Est puis du XIVe au XVIIe siècle, les musulmans chassés d’Espagne.
Mais Arabes et Berbères présentent des traits communs : résistants ...

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Lun 5 Déc - 9:11

page 23




BARRAGE D'IM FOUT SUR L'OUM ER REBIA.

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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Lun 5 Déc - 9:16

page 24



MINES DE PLOMB PRÈS DE TAOUZ.


... et durs, marqués par un climat rude, soumis à la même religion. De même les noirs, de toutes nuances, se trouvent intimement mêlés à la population : noirs issus d’anciens esclaves, métis de nègres et d’Arabes ou de Berbères (Haratins).
Les populations israélite ou européenne forment, seules, deux blocs bien isolés au milieu de cette population musulmane.


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Lun 5 Déc - 9:22

page 25



FANTASIA A RABAT


Les Israélites (205.000) descendent soit d’émigrés de Palestine dans l’antiquité, soit de Berbères judaïsés ou enfin de Juifs espagnols. Quant aux Européens (325.000), leur venue est toute récente : Français, surtout (266.000), mais aussi Espagnols, Italiens et Portugais.
Cette population, quelle que soit son origine, est remarquable par son dynamisme démographique. L’accroissement de la population est le fait le plus frappant de l’évolution du Maroc moderne : 3.500.000 habitants en 1921; 6.245.000 en 1936; 8.612.000 en 1947. Accroissement ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Lun 5 Déc - 9:25

page 26



S. M. LE SULTAN, UN JOUR DE HEDYA A RABAT.


... dû essentiellement à une très forte natalité qui, pour les Marocains, oscille entre 380 et 440, pour les Européens entre 250 et 300 pour 10.000.



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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Lun 5 Déc - 9:31

page 27



La population qui a déjà doublé en vingt-cinq ans, doit, si l’évolution continue, tripler d’ici une cinquantaine d’années.
Cet essor, qui pose d’importants problèmes économiques et sociaux, s’accompagne d’une très forte urbanisation et d’une nouvelle mise en place de la population dues à la paix, à la création de voies d’échange, à la transformation des modes de vie.
Certes, on y retrouve les formes ancestrales d’économie : le fellah continue le plus souvent de gratter le sol et d’élever ses animaux comme jadis, et les artisans des souks travaillent encore, suivant les mêmes procédés, aux mêmes objets. Mais des formes modernes surgissent, de nouvelles techniques s’implantent, gagnent de jour en jour : fermes modernes et tracteurs, banques et usines, barrages.
L’agriculture demeure encore la principale ressource ; 80 % de la population s’y consacre. Mais à la céréaliculture traditionnelle, améliorée par la sélection des semences, s’ajoutent les ressources nouvelles : culture industrielle et surtout maraîchère, arboriculture. Le cheptel s’accroît: les moutons, 7.400.000 en 1947, contre 4.200.000 en 1908; les caprins, 5.300.000; les bovins, 1.400.000. Les forêts, protégées, puis reconstituées, s’étendent sur 3.500.000 hectares.
Des industries se sont développées; d’abord les industries alimentaires, puis les industries chimiques.
Les plus spectaculaires de ces transformations sont celles que font naître les barrages ou les mines. Un paysage nouveau s’édifie dans le vieux Maghreb : cheminées d’usines, lignes de force, chantiers d’extraction, cités minières.
Aux anciens barrages d’El Kansera sur le Beth, de Sidi Machou et de Kasbah Zidania sur l’Oum er Rebia, de Cavaignac sur l’Oued Nfis, viennent de s’ajouter ceux d’Im-Fout sur l’Oum er Rebia qui fournit 130 millions de kwh, celui de Daourat à 50 km. en aval. Le plus grand de tous sera celui de Bin el Ouidane, en construction, offrant une retenue de plus d’un milliard de mètres cubes. Le plan d’électrification en cours de réalisation, permettra au Maroc non seulement de suffire à ses besoins, même accrus, mais d’exporter vers l’Algérie son surplus d’électricité.
L’essor minier récent est peut-être plus étonnant. Aux phosphates exploités dès 1923 à Khouribga et 1933 à Louis-Gentil et qui mettent le Maroc au premier rang de la production mondiale, se sont bientôt ajoutées de nombreuses autres ressources.
Le charbon de Djerada, puis le pétrole dans le Gharb, le fer près d’Oued Zem. Les plus grandes richesses sont celles de manganèse (gisement de Bou Arfa et d’Imimi), le plomb et le molybdène. De nombreux autres produits (étain, cobalt, nickel, tungstène), décelés ou en début d’exploitation, laissent augurer un brillant développement des industries minières que seules les difficultés d’accès entravent.
Ce dynamisme est un des caractères les plus prenants du Maroc, ...


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MessageSujet: Re: LE MAROC (J. - L. Miège)   Lun 5 Déc - 9:38

page 28



... car il s’exerce dans un pays encore archaïque. Ses grandes villes ne sont guère ouvertes à l’Europe que depuis une quarantaine d’années ; certaines de ses régions (l’Atlas ou le Sud), depuis moins de quinze ans. Il a pu garder ainsi ses traits traditionnels, préservés si longtemps des contacts modernes. Mieux, cette ouverture tardive fut prudente, jalouse de ménager le passé, de conserver aux cités leur physionomie séculaire, de n’opérer nulle transformation qui ne fût acceptée, sollicitée. De ce soin à conserver, à restaurer l’existant tout en ouvrant des possibilités à la modernisation, provient le caractère le plus original du Maroc. Et certes, depuis longtemps déjà, ces contrastes marocains ont été signalés et loués, mais au cours des années, s’accroît l’opposition des chantiers modernes et des villages berbères, pendant que s’élabore un troisième rythme de vie, mixte, qui n’est pas un des moindres mystères et des moindres intérêts du Maroc.
Maroc d’hier et d’aujourd’hui : côte à côte. Maroc de demain, dont les traits à peine se dégagent, déjà nets ici, confus ailleurs. Marocs opposés et mélangés: que le pays est riche ! Le voyage y peut être une découverte de paysages, du Maroc océanique au Maroc saharien ou montagnard, un long périple d’histoire, des vestiges préhistoriques au XXe siècle mécanisé, en passant par le Volubilis romain et la Mazagan portugaise. Ce peut être aussi une merveilleuse exploration sociologique à travers des économies et des sociétés diverses. En même temps, le Maroc offre ses monuments, témoins de ses grandes dynasties, expression esthétique de ses peuples.
La profonde dualité du Maroc apparaît dans son art où deux grands courants parallèles ne cessèrent d’exister. L’art musulman marocain présente les caractères généraux de l’art arabe et installe dans le pays un décor oriental. La prédominance de l’architecture, l’importance de l’art religieux et de l’art urbain; la simplicité des formes, les arcs outrepassés, polylobés, les revêtements de céramiques s’y retrouvent comme dans tout l’Islam méditerranéen. De même, l’importance de l’ornementation, l’absence de la représentation humaine et de la sculpture, le décor floral lui-même stylisé et transformé jusqu’à rendre méconnaissables les modèles copiés et à les vider de toute vie, l’impérieuse domination du plan, tout cela appartient à une famille artistique étrangère à l’Européen.
Mais cet art oriental qu’apporta l’Islam prit en Berbérie un caractère original. Il n’y apparaît que tardivement et sa grande époque ne s’ouvre qu’au XIIe siècle. De son contact avec le peuple berbère, il acquit un caractère moins mièvre. Le Maroc, d’autre part, échappa à l’emprise des Turcs qui eut une si néfaste influence sur l’art de la Tunisie ou de l’Algérie. Mais surtout avec l’union du Maroc et de l’Espagne s’élabora un art nouveau auquel les Berbères almoravides et almohades donnèrent une force, une ampleur jamais atteinte.


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