Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Fédala 1954

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Jeu 5 Mai - 6:55

page 25


- M.  René  Chalbet,  présidant  du Yacht-Club du Maroc, un animateur et aussi un marin, plusieurs fois champion du Maroc de yachting

LE  YACHT-CLUB du MAROC

par René CHALBET

La situation géographique de Fédala, sa proximité de la grande ville, son port offrant un mouillage sur une baie magnifique où la redoutable « barre » se fait rarement sentir, prédestinaient cette ville au développement du yachting.
La côte marocaine présente aussi peu d'attrait que de sécurité pour les amateurs de petites croisières, et, c'est avec nostalgie que l'on songe à la côte bretonne, découpée, semée d'imprévus, d'escales nombreuses et charmantes.
C'est pourquoi, au Maroc, le yachting de croisière a cédé le pas au yachting léger. L'esprit de compétition l'emporte sur la flânerie nonchalante.
Sous l'énergique impulsion de la Fédération Marocaine de Voile, avec un patient et discret dirigisme, deux séries de voiliers connaissent un développement enthousiaste : les Cannetons et les Stars.
Le Yacht-Club du Maroc, installé à Fédala depuis la fin de la première guerre mondiale, a orienté son activité sur les Stars, monotype international le plus répandu au monde.
Les chantiers du constructeur Bertin ont construit la plupart des bateaux constituant la flotte actuelle.
Pour la saison 1954, le pavillon du Yacht-Club du Maroc flottera sur trente stars et se classera au deuxième rang des flottes de la Métropole.
Du 1er mai à la Toussaint, plus de trente régates sont organisées par ce Club. L'animation, l'évolution de ces compétitions donnent à Fédala une toile de fond qui fait partie intégrante de son décor.
Parallèlement au bel effort réalisé par l'Aviation Civile, le Maroc se devait d'ouvrir sur la mer une porte au Yachting International.
Pour 1954, un large programme d'aménagements nouveaux est en voie de réalisation. Un nouveau Club House est en cours de construction. Dessiné par M. Dangleterre, yachtman fervent autant qu'architecte distingué, le nouveau Club House dressera son élégante silhouette en bordure de l'esplanade du front de mer. Les hangars à bateaux donneront directement sur le nouveau port de plaisance qui étendra son plan d'eau entre la jetée du port de pêche et la jetée qui borde la plage.
En 1955, le Yacht-Club du Maroc organisera à Fédala. pour la première fois en Afrique du Nord, des championnats internationaux avec la participation assurée, déjà, de plusieurs nations.
Fédala, ce jour-là, aura sa consécration de grand port du Yachting Marocain.
Que tous ceux qui ont contribué, par leur générosité et leur confiance, à ce succès reçoivent ici l'hommage de notre reconnaissance.


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Jeu 5 Mai - 6:56

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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Jeu 5 Mai - 6:57

page 27


- Le vétérinaire - lieutenant-colonel Jouet, montant « Quaïd ».

LE SPORT HIPPIQUE A FEDALA

Fédala a connu une intense activité hippique en octobre 1953 et en juin 1954; civils et militaires sont venus de tous les horizons marocains, de Meknès, comme de Marrakech, participer au concours hippique organisé sous l'égide de l'Etrier de Casablanca, puis par l'Etrier de Fédala.
L'année suivante, les épreuves se sont déroulées dans le cadre verdoyant et fleuri des jardins du Casino, obligeamment mis à la disposition des organisateurs par la Société Immobilière de Fédala.
Les dimensions restreintes du terrain, d'ailleurs excellent, imposèrent aux chevaux et cavaliers de s'employer au maximum de leurs moyens.
Nul ne sera donc surpris d'apprendre que dans de telles conditions la science et le tact équestres du vétérinaire-lieutenant-colonel Jouet, du chef d'escadron Adam de Baulieu, le haut degré de préparation de leurs chevaux aient triomphé, le plus souvent, d'une ardente coalition qui comprenait entre autres les capitaines Brelière, Deconnick, de Laitre, Lafaille, Guichard, MM. Cizeron, Bernard, Thierry, Brocvielle, Mme Moreau.
Ce concours hippique avait un double objet ; en premier lieu satisfaire aux vœux de nombreux cavaliers qui souhaitaient depuis longtemps revenir à Fédala pour renouer avec la tradition des concours hippiques d'avant guerre, de 1941 et de 1949, dont ils avaient conservé le meilleur souvenir.
En deuxième lieu, faciliter le démarrage du Club équestre « L'Etrier de Fédala », filleul de son aîné « L'Etrier de Casablanca », en créant dans le public un courant favorable à la pratique de l'équitation, illustrer la vocation sportive de Fédala.
Les buts que s'étaient fixés les promoteurs du concours ont été largement atteints, cinquante cavaliers étaient au rendez-vous d'octobre et la naissance de l'Etrier de Fédala est maintenant chose faite.
Dès cette année, des boxes, une carrière, un club-house sont en cours de construction dans les boucles de l'Oued Mellah, à proximité du golf et du Tennis-Club.
Les vastes terrains récupérés à l'intérieur des anciens méandres de l'Oued, dont le cours a été rectifié, permettent de donner à tous les sports la place qui leur est nécessaire.
L'équitation y aura son terrain d'obstacles, ses pistes cavalières, de polo, sa piste de course ; cet ensemble à créer sera la réalité de demain que justifie pleinement la place prise par le cheval dans la vie sportive.
Le développement en France des Sociétés hippiques rurales et urbaines, après la dernière guerre, le succès croissant que remportent auprès du grand public toutes les manifestations hippiques, « jumping », semaine du cheval, attestent de la bonne santé de ce sport.
Ils démontrent, s'il en ait encore besoin, que le goût du cheval n'est plus l'apanage d'une classe privilégiée mais celui de tous ceux qui ont le désir d'acquérir par la pratique de l'équitation, tant de manège que d'extérieur, les qualités de courage, de sang-froid, de décision qui constituent « l'esprit cavalier »


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Jeu 5 Mai - 6:58

page 28


- M. Georges Hersent, présidant une remise de coupe à l'issue d'un championnat de Boule à Fédala. A ses côtés, M. de Dianous. alors chef des Services Municipaux, et M. Brutinel, le réputé champion du Maroc. (Photo Flandrin)

- La quadrette Brutinel. De gauche à droite, Brutinel, Vélozzo, Carrion et Cassin.


BOULE FEDALENNE

PAR M. BRUTIMEU Ingénieur en Chef des Travaux Municipaux de Fédala

La Boule Fédalienne est le plus ancien Club de Fédala.
Fondée au début de 1928 par MM. Corrady, Astaud, Schlachter, Guichard, Marin et Brutinel, la Société fut agréée par les Services Résidentiels le 21 avril 1928.
Depuis sa création, la « Boule Fédalienne » est présidée par M. Brutinel, l'unique survivant des six fondateurs.
Pendant quatre ans, les quelques « mordus » de la boule, ne disposant pas de terrain aménagé, se réunissaient sur les terrains vagues du quartier du port, au Café Gouin, pour s'adonner à leur sport favori.
Ce n'est qu'en 1932 que M. Georges Hersent mit gracieusement à la disposition du Club un terrain d'un demi-hectare, très bien situé en bordure de l'avenue du Maréchal-Lyautey. Grâce à la sportivité du chef des Services Municipaux d'alors. M. de Dianous, vingt jeux furent aménagés, des arbres plantés et, la même année, au mois d'août, la Boule Fédalienne inaugurait son clos en organisant son premier grand concours intervilles au cours duquel était mise en compétition la Coupe de la Municipalité de Fédala.
Depuis, cette compétition est organisée régulièrement chaque annnée et draine vers Fédala 4 à 500 joueurs qui en profitent pour amener leur famille en pique-nique.
La Boule Fédalienne possède d'excellents joueurs tels les Nardone, Brutinel, Cassin, Vellozzo fils, Carrion Antoine, etc... et elle a été pendant de nombreuses années le porte-fanion de la 59me Fédération, à laquelle elle est affiliée.
La quadrette vedette est composée des joueurs suivants : Brutinel, Cassin Albert, Carrion Antoine et Vellozzo fils. Son palmarès est éloquent : vainqueur du grand concours du « Petit Marocain » 8 années consécutives (1941 à 1948) - 4 fois champion du concours de l'« Echo du Maroc », 4 fois également elle a remporté le concours de la « Vigie Marocaine » ; en 1948, elle s'est classés première de l'Afrique du Nord au Championnat du Monde, à Alger ; en 1949, elle est champion d'Afrique du Nord (catégorie excellence).
D'autres équipes ont également remporté quelques concours.
D'ailleurs les quelques trente coupes, challenges ou fanions, qui garnissent les étagères du Club démontrent bien que la « Boule Fédalienne » tient honorablement sa place dans le boulisme marocain.
Actuellement, elle est installée sur un terrain contigu au parc de la gare, dans un cadre magnifique. C'est grâce à la sportivité de M. Lamidey, chef des Services Municipaux à l'époque et à la compréhension de la Commission Municipale que ce terrain a été cédé à ce Club en 1951.
Quinze jeux impeccables, dont deux réservés aux parties finales des concours, sont aménagés, avec éclairage électrique. Une buvette en planches et un chalet servant de Club, sont installés provisoirement à l'emplacement des futures constructions en dur.
Et lorsque ces dernières seront réalisées la Boule Fédalienne pourra s'enorgueillir de posséder un des plus beaux boulodromes du Maroc.


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Jeu 5 Mai - 6:59

page 29


- Le président Richard du T. C. F.
- ... et son dévoué collaborateur Jean-Marie Hervé secrétaire général vainqueur de l’Espérance Marocaine 1954

LE TENNIS-CLUB DE FEDALA

Par M. RICHARD Président du Tennis-Club de Fédala

Le Tennis-Club de Fédala est né sous de bien heureux auspices, dans un berceau de fleurs, sous un ciel presque immuablement bleu, où des nuées passent parfois, légères, pour n'éclater qu'à l'intérieur, en bordure d'une mer qui tempère et rend constante une température agréable l'hiver, toujours supportable l'été. Quel avantage pour ce sport de pouvoir le pratiquer en plein air, en toutes saisons, dans les meilleures conditions possibles.
Aussi peut-on dire que le Tennis-Club de Fédala, représentant certainement un des plus beaux fleurons de la « Ville aux cent jardins » comme l'appelait Lyautey (ils seront bientôt mille !) a toujours eu la sympathie agissante des Contrôleurs Civils, Chefs des Services Municipaux.
Un de nos premiers Contrôleurs Civils, M. De Dianous, dont nous tenons tout particulièrement à évoquer ici, avec une sympathie émue et reconnaissante, la mémoire, le plaça tout d'abord, d'une façon logique, à l'extrémité de la magnifique avenue Général-de-Gaulle, dont il ne déparait ni les vertes pelouses, ni les bosquets fleuris, faisant ainsi pendant à l'ancien Casino. Mais au Maroc, on ne voit jamais trop grand et les villes surtout lorsqu'elles sont aussi favorisées que Fédala poussent vite.
Et cette avenue, qui s'arrêtait alors aux terrains de tennis, se prolonge actuellement par un autostrade presque terminé, unissant directement Casablanca au Centre balnéaire. Il fallait donc déplacer les courts et, sous l'impulsion heureuse du Contrôleur Civil, M. Lamidey, un emplacement idéal fut prévu en bordure de l'Oued Mellah et des terrains de golf, véritable joyau de verdure unique au Maroc. Les premiers travaux d'infrastructure ont commencé et déjà se dessinent matériellement les nouveaux emplacements. L'action énergique et vigilante du Contrôleur Civil actuel, M. Yvon, avec la collaboration de son actif autant que compétent Ingénieur en Chef, M. Brutinel, fait espérer que très bientôt les nouveaux courts seront en activité. Nous leur en exprimons notre reconnaissance la plus vive. Le Service de la Jeunesse et des Sports soutient ces efforts de son aide bienveillante et effective et à lui va également notre gratitude.
Bientôt ainsi magnifiquement doté, quel ne sera pas l'éclat de son fameux Tournoi annuel auquel participent avec plaisir un nombre de joueurs toujours plus grand mais que nous devions, jusqu'ici, limiter, à notre vif regret. Car la vie du Club pourrait-on dire, et honni soit qui mal y pense, est une vie double : celle d'une cité toujours plus active, dynamique, avec des éléments jeunes d'âge ou de caractère, sportifs et celle d'une cité balnéaire — banlieue toujours plus proche de Casablanca avec des éléments aussi jeunes et sportifs évidemment, mais recherchant également un but de promenade et de calme détente pour eux et leur famille.
Ces conditions, répondant autant au desiderata des membres de la cité, qu'aux lois normales d'une large et accueillante hospitalité, pour nos hôtes, ne seront pas oubliées et les projets en vue tiennent compte à la fois d'un nombre important et nécessaire de courts, mais encore d'un bungalow sympathique avec des jardins verdoyants et fleuris, comme le permet facilement le climat idéal de Fédala.
Nous considérons, par ailleurs, comme un impérieux devoir de faciliter aux jeunes un accès large et facile aux courts peur apprendre, s'entraîner et aimer le tennis.
Sport loyal et fairplay, excellent aussi bien au point de vue moral qu'au point de vue physique, spectaculaire par surcroît, le Tennis devait, dans le centre balnéaire de Fédala, recevoir une place de choix et attirer l'attention particulière de ses animateurs. Nous nous réjouissons qu il en soit ainsi et nous leur en exprimons nos remerciements les plus reconnaissants.



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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Jeu 5 Mai - 7:00

page 30


(Photo  Bernard Rouget)

L'EQUIPEMENT   HOTELIER A FEDALA

LE CASINO
C'est tout un aspect du vieux Pédala qui disparaissait l'été dernier lorsque les derniers coups de pioches firent tomber les fondations du vieux Casino. Mais cette démolition dans l'esprit de ses auteurs n'était qu'un premier stade. Elle annonçait la construction d'un nouveau casino,
Celui-ci est à l'étude, les plans déjà étudiés prévoient deux façades, une côté océan, l'autre face aux magnifiques jardins de la municipalité. L'ensemble comportera plusieurs salles, terrasses et pistes de danses, bar et restaurant.
Situé dans le prolongement même du nouveau boulevard balnéaire dont il sera l'aboutissant, le nouveau Casino sera le centre d'attraction et la pièce maîtresse de l'équipement touristique balnéaire et hôtelier de Fédala.
L'HOTEL MIRAMAR
Construit en 1927 cet hôtel représentait à l'époque une des plus belles réalisations de l'équipement hôtelier du Maroc. Depuis cette date, non seulement le Miramar n'avait subi aucun agrandissement, mais aussi de nombreux hôtels tous confortables et parfois luxueux avaient été construits au Maroc. Des décisions s'imposaient. Elles viennent d'être prises puisque les travaux d'agrandissement de l'hôtel Miramar viennent d'être commencés depuis le 1er mars 1954.
C'est tout d'abord le salon-bar, traité dans un style moderne, il donne une note de gaieté dans l'ensemble du rez-de-chaussée. Celui-ci disposera d'une nouvelle salle à manger qui, surélevée à l'emplacement même de la terrasse côté océan, aura des vues directes sur la baie de Fédala. Des coins de repos aménagés dans cette nouvelle salle créeront une note d'intimité à laquelle les convives ne manqueront pas d'être sensibles, d'autant qu'une grande terrasse se prolongera du côté du jardin de l'hôtel.
Enfin au-dessus du hall de réception un ascenseur permettra d'accéder à deux nouveaux étages comprenant 30 appartements et chambres tous dotés de salles de bains climatisés, chauffés et munis du téléphone.
Ainsi conçu l'hôtel Miramar apparaîtra renouvelé dans son cadre de calme et de beauté, parmi ses palmiers, ses pins et ses mimosas. Il pourra dès lors s'imposer parmi les meilleurs hôtels du Maroc.


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Lun 9 Mai - 10:55

page 31


- FEDALA. — Les modernes usines Gourvenec.
- Jean Péraire, membre du Conseil du Gouvernement, vice-président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Casablanca, conseiller municipal de Fédala, président du Conseil d'administration des Huileries Gallia. M. Péraire, dont l'affabilité est bien connue de tous, est une des personnalités les plus marquantes de Fédala.

L'INDUSTRIE A FEDALA

par J. PERAIRE Vice-Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Casablanca

Fédala, si en 1912 un peu de chance l'avait favorisée, aurait pu connaître les plus brillantes destinées.
En effet, à ces débuts du Protectorat, une question s'était posée au Maroc : faire un grand port. Le général Lyautey avait hésité entre Mazagan, Casablanca et Fédala; c'est Casablanca qui l'emporta et Fédala se résigna, à partir de ce moment-là, à devenir une cité balnéaire que son créateur tâchait de réaliser de la façon la plus attrayante possible.
Un journaliste de l'époque l'avait baptisée, non sans raison, « la cité verte ».
Mais, petit à petit, les ambitions fédaliennes grandirent et même prétendirent à d'autres destinées que celles d'être uniquement une plage mondaine.
Les compagnies pétrolières vinrent s'installer et, de ce fait, le port de Fédala prit un essor nouveau.
Quant à son essor industriel, il se détermina presque dès la fin de la guerre 1914-18, puisque c'est à Fédala que fut créé, en 1918, le premier entrepôt frigorifique du Maroc, et je crois même de l'Afrique du Nord.
Fédala fut aussi le berceau de l'industrie de la conserve au Maroc, car la première usine y fut créée en 1922, mais ce n'est cependant que quelques années plus tard que son évolution s'affirma et Fédala devint la ville industrielle que l'on connaît aujourd'hui. Je ne parle que pour mémoire de Fédala port de pêche qui fut longtemps le deuxième port du Maroc.
Aujourd'hui, malgré les difficultés à concilier des éléments aussi contraires : station balnéaire, port pétrolier, port de pêche et ville industrielle, les dirigeants et les animateurs de Fédala ont réalisé une œuvre remarquable où, sans se contrarier, le développement de chacune de ces activités se fait très harmonieusement.



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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Lun 9 Mai - 10:56

page 32


- L'installation d'un sea-line à Fédala permet au port de recevoir les plus gros pétroliers du monde. (Photo aérienne G. Durand)


J'ajouterais même qu'à l'avant-garde des villes marocaines, Fédala a su réaliser la suppression des bidonvilles d'une façon qui sert aujourd'hui d'exemple aux autres cités.
Pour en revenir à la question de l'industrie à Fédala, objet de cet article, je dirais que cette industrie est éminemment diverse avec, cependant, une prédominance marquée pour deux types d'industrie. D'une part, les conserves de poisson, de viande et de légumes et, d'autre part, les industries textiles.
En effet, Fédala compte une des plus importantes, pour ne pas dire la plus importante usine de transformation du coton, avec filature, tissage et teinture, une usine qui s'occupe de la laine, une autre de la soie et enfin une fabrique de tissus pour parachutes. A côté de cela, une briqueterie des plus modernes, une fabrique de bouchons, une très grande blanchisserie industrielle, une fabrique de fournitures pour chaussures, plusieurs industries de corps gras, huilerie et savonnerie, une usine de matériel électrique, une usine d'aliments pour bétail et maïserie à laquelle sera adjointe bientôt une minoterie à blé, une industrie du bois et une fabrique de compteurs, une imprimerie industrielle, une des plus importantes tanneries du Maroc.
J'en passe, car je ne puis vraiment citer toutes les industries qui ont choisi Fédala pour s'installer et ce choix fut incontestablement heureux, car de par sa situation dans cette zone maraîchère, la plus importante d'ailleurs du Maroc, Fédala a une main-d'œuvre marocaine abondante qui trouve à s'employer, non seulement dans la culture, mais dans toutes les usines de la ville, mettant ainsi à la disposition de ces dernières le personnel masculin et féminin dont elles ont besoin et, évidemment, celte industrialisation de la région a procuré à ses habitants une amélioration de leur standard de vie, puisque l'on peut dire que, dans presque toutes les familles, plusieurs personnes travaillent.
Fédala a été dotée par la sollicitude de l'Administration, d'une école franco-musulmane d'apprentissage dans laquelle les jeunes gens du pays apprennent les principaux métiers qu'ils peuvent être appelés à exercer, et acquièrent ainsi une professionnalité qui leur permettra progressivement d'accéder à des emplois spécialisés.
Enfin, Fédala, sur le plan portuaire, a réalisé, il y a peu de temps, l'installation d'un sea-line qui lui permet de recevoir les plus gros pétroliers du monde et d'assurer ainsi sans difficulté le ravitaillement du Maroc en carburants. L'installation d'une nouvelle Société pétrolière prouve combien les aménagements du port de Fédala ont été appréciés.
Je terminerai cet article en félicitant les animateurs et les particuliers qui, dans une parfaite harmonie avec l'Administration locale et régionale, ont compris et réalisé un tout harmonieux qui, malgré la diversité de ses activités, est arrivé à conserver à Fédaia un aspect particulièrement attrayant fort apprécié de tous ceux qui viennent visiter notre ville.


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Lun 9 Mai - 10:57

page 33


LES INDUSTRIES DE FÉDALA

LES plus anciennes de celles-ci et qui forment encore aujourd'hui la base de l'économie locale, sont sans conteste les usines de conserves. Il est presque impossible de les classer dans un cadre rigide, selon leurs activités (poissons, légumes, fruits, viandes) car, sauf rares exceptions, aucune d'elles ne s'est exclusivement cantonné dans une seule branche de ces fabrications.
A la campagne de conserves de poisson qui s'ouvre chaque année en mai pour se terminer en novembre, succède celle des petits pois et des tomates, tandis que confitures, jus et pulpes s'intercalent dans le cycle de ces deux principales productions.
Les principales usines qui s'installèrent à Fédala au début de l'essor industriel de la ville, choisirent leurs emplacements à proximité immédiate du port. Plus tard, en raison du développement de la cité, les règles d'urbanisme imposèrent la création d'un quartier industriel au voisinage de la gare, à laquelle deux voies ferrées le relièrent directement. Toutes les usines nouvelles durent s'y grouper en permettant ainsi de ne pas nuire dans l'avenir au développement balnéaire de la ville, le nouveau quartier industriel devant être séparé du reste de la ville par une zone forestière qui traverserait une route arrivant directement sur celle de Casablanca sans passer par le quartier industriel.
Parmi les grandes conserveries du quartier du Port, citons la Société « MARICA », fondée en 1919 (conserves de poisson, charcuterie, salaisons, conserves de légumes, confitures, etc...), « COSMAR » (conserves de poisson, de légumes et fruits, salaisons), « BEZIERS » (Etablissements Lorientais) spécialisé, au contraire des firmes précédentes, tout comme « FRANCE-MAROC », dans le poisson et la Société « CASCADEC », également installée dans ce quartier.
Au milieu de cet ensemble de grandes usines dont l'activité principale est tournée vers les conserves de poisson, la SEFAN (Société des Entrepôts Frigorifiques de l'Afrique du Nord), ex-filiale des Etablissements « GEO » ne fait que les viandes et les légumes. La SEFAN possède une usine particulière fabriquant 40 tonnes de glace par jour, soit le tiers de toute la production marocaine, ainsi que d'importants entrepôts frigorifiques, d'une contenance de 750 m3. La Manufacture Métallurgique de Fédala, filiale de l'Aluminium de Tournus, est installée à l'entrée du port dans les anciennes usines GOURVENEC.
Citons également l'importante menuiserie S.I.B.E.C.A. spécialisée dans l'importation de bois exotiques coloniaux et américains.

LE QUARTIER INDUSTRIEL
CONSERVERIES. — Nous trouvons là, parmi tant d'autres, qu'il nous est pas possible de citer faute de place, la S.O.P.E.C.O. fondé en 1938, et la Société PINMAR, créée en 1946 (conserves de sardines, légumes et fruits, etc...).
HUILERIES ET SAVONNERIES. .. Deux grandes huileries se sont installées à Fédala ou dans ses environs, l'une dans le Quartier industriel, nous voulons parler des Huileries GALLIA, construites par M. MAGRI.
GALLIA travaille toutes les graines (soja, sésame, ricin, palmiste, arachides, tournesol, carthame, karité, coton, amandes, coques de cacao, etc...) y compris les olives, mais celles-ci en moindres quantités.
Les Huileries S.I.H.A.M. installées au Km. 15, ont sensiblement les mêmes activités que GALLIA. Mais elles sont, du point de vue raffinage des huiles d'olives, les plus importantes de tout le Maroc. Les Huiles « Le Paon » jouissent partout de la meilleure renommée. La S.I.H.A.M. est la seule usine de l'Empire Chérifien qui fabrique des acides gras.
Citons également la Société AMANDA (essences d'amandes amères), l'AIGLE BLANC (fabrique de savons, savonnettes et savons à barbe de qualité) et FEDALIA, spécialisée dans les provendes et aliments du bétail.
TUILERIES, BRIQUETERIES, etc... Créées en 1912, les Tuileries de Fédala, qui utilisent les argiles de l'Oued Mellah, ont édifié le groupe imposant de leurs constructions au bord de la route au Km. 17, à proximité immédiate du pont situé à 3 kms environ du centre de Fédala.
Leur production, de l'ordre de 12.000 tonnes par an, consiste surtout en briques pleines et creuses, en hourdis, tuiles mécaniques et fusées céramiques. Quelques fabrications spéciales (briques de parement et boisseaux pour cheminée) sont également entreprises, mais c'est surtout la fabrication des agglomérés Besser, matériau très résistant, ne nécessitant pas d'enduit après la pose, qui a pris, ces dernières années, un très gros développement.
Appartenant au Groupe Hersent, tout comme les Tuileries voisines, la Société CIMARBRO s'est spécialisée dans les carreaux en ciment et marbre pour intérieurs ou pour trottoirs. Elle sort également de ses ateliers des carreaux en mosaïque du plus heureux effet.
LES INDUSTRIES DU LIEGE. — Les BOUCHONNERIES DE FEDALA utilisent le liège sous toutes ses formes. Elles fabriquent surtout des bouchons, des rondelles, des semelles.
Sa filiale, la SIDRAL, fondée en 1946, s'est spécialisée dans les bouchons de Champagne.
LES TANNERIES. — Dès 1943, une filiale des Tanneries Françaises DELECLUSE, s'installait à Fédala. Dotée d'un matériel extrêmement moderne, elle travaille surtout les cuirs destinés à la fabrication des semelles et des trépointes pour chaussures.
LES TEXTILES. — Grâce à l'ICOMA (Industrie Cotonnière du Maroc), fondée le 26 février 1946 par quatre grands groupes de textiles français, deux alsaciens et deux du Nord, Fédala possède la plus belle usine de filature, tissage et teinture du Maroc (430 métiers automatiques), ses installations sont capables de soutenir avec succès la comparaison avec les grands établissements similaires d'Europe. Occupant une superficie couverte de 27.000 m2, l'ICOMA représente ce qu'il y a de plus perfectionné dans l'industrie cotonnière, grâce à sa chaîne de production qui englobe dans le même circuit, filage, tissage et teinture.
INDUSTRIES DIVERSES. — Au premier plan des industries alimentaires se détache la Société BLEDA, chocolaterie moderne d'installation toute récente, filiale de la Société IBLED.
La Société STRAFOR-MAROC, filiale des Forges de Strasbourg, est une très importante entreprise de charpentes et de mobilier métallique.
L'IMPRIMERIE DE FEDALA s'est installée dans le quartier industriel. Sa principale activité est celle de l'impression des illustrations des boîtes de conserves, ainsi que tous les travaux concernant la publicité commerciale, et l'édition.
Dans le même ordre d'activité, citons également la S. M. I. M. (Société Marocaine d'Impressions sur Métaux), qui s'est spécialisée, comme son nom l'indique, dans l'impression sur le fer-blanc de boîtes de conserves.
C'est là une des industries indispensables à Fédala et, dès sa création, la succès de la S. M. I. M. a été des plus vifs.
Les Etablissements GOURVENEC, font preuve à Fédala d'une très belle activité et fournissent, en récipients métalliques de tous genres et de toutes grandeurs, les usines de conserves du Maroc.
Fédala vient d'être dotée d'une usine magnifique, celle de la Société C. G. E. MAROC, filiale de la COMPAGNIE GENERALE D'ELECTRICITE. D'une superficie couverte de plus de 25.000 m2, cette entreprise importante pour le Maroc s'occupe surtout de tréfileries, de fabrications de câbles, de matériel divers. Enfin, les usines VINVENT d'Hagueneau viennent de construire près des Tanneries Delecluse, une très belle usine pour la fabrication des compteurs d'eau et de tous liquides.
Enfin, dernières-nées, l'Industrie Textile de Laine (TELLIMA) et Industrie de la Chaussure, actuellement en cours de construction.
Signalons également l'ouverture de la Blanchisserie de Paris, et le 26 avril écoulé, l'installation de Butagaz Maroc.



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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Lun 9 Mai - 10:59

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- VUE AERIENNE DU PORT DE FEDALA. (Photo aérienne Durand)

- M. Albert Fort directeur du Port de Fédala, président honoraire de la Chambre de Commerce de Bizerte, ancien vice-président de la Municipalité de Bizerte, ancien vice-président suppléant du Grand Conseil de la Tunisie, ancien conseiller national du Commerce extérieur de la France, est un homme affable et dynamique. Avant de venir au Maroc, il a été, à Tunis, une des personnalités les plus marquantes de la colonie française dans la Régence

LE PORT DE FEDALA

AVANT l'arrivée des Français au Maroc, le site de Fédala, à 25 km. dans le nord-est de Casablanca, n'était qu'une lande inculte de laquelle ne surgissait qu'une misérable Casbah où végétaient quelques centaines d'indigènes, autour d'une mosquée et d'un fort portugais. La monotonie de la côte plate et battue par la houle du large n'était rompue que par une arête rocheuse, orientée Sud-Ouest, Nord-Est, se terminant en mer par deux îlots émergeant d'une dizaine de mètres.
En 1912, un homme se dit un jour : « En réunissant ces deux îlots, je crée une baie. En fermant cette baie par deux digues, je crée un port ».
En 1913, il entreprit de réaliser cette conception. Le 3 juillet 1913, le Gouvernement Chérifien concédait à la « Compagnie Franco-Marocaine de Fédala » la construction et l'exploitation d'un port public à Fédala; et par dahir du 18 février 1914, ce port était ouvert au commerce international à partir du 1er mars 1914.
Le programme initial des travaux à entreprendre, programme qui devrait être éventuellement complété par la réalisation, en deux tranches, d'un programme additionnel, comportait :


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Lun 9 Mai - 11:00

page 35



1° La construction de deux digues en maçonnerie reliant entre eux et à la terre ferme, les deux îlots rocheux ;
2° L'établissement d'une jetée en enrochements et blocs, s'enracinant à l'îlot du large et s'avançant à 150 m. en mer suivant une direction Est-Ouest ;
3° La construction, dans la petite anse ainsi protégée, de 160 m. de quais avec terre-pleins, enserrant un port à barcasses, de 4 ha., creusé à — 2,50 ;
La première guerre mondiale vint freiner l'exécution de ces travaux. Toutefois, à la fin de 1915, les deux digues en maçonnerie et la grande jetée de 140 mètres étaient déjà terminées ; les terre-pleins du petit-port à berçasses étaient faits et complétés par un appontement de 170 m, de longueur.
On constata alors que les sables avaient tendance à s'accumuler dans l'anse ainsi fermée et on décida, en conséquence, de construire immédiatement un épi de protection vers l'Est, formant barrage pour les sables en ménageant seulement une passe de 90 m. facile à draguer.
Au cours des hostilités, le port rendit d'importants services comme annexe de Casablanca. Il n'avait pu cependant bénéficier, toutes proportions gardées, des mêmes agrandissements, de sorte que la période d'après-guerre le trouva face à des difficultés d'ordre divers. La « Compagnie du Port de Fédala », société anonyme française, qui s'était substituée à la « Compagnie Franco-Marocaine de Fédala », par une convention approuvée par dahir du 4 mai 1914, entreprit de les résoudre.

LE DEVELOPPEMENT DE FEDALA ENTRE LES DEUX GUERRES
Dès la fin des hostilités, les entreprises industrielles et commerciales au Maroc prirent rapidement de l'extension et leurs besoins, ainsi que ceux d'une agriculture très mécanisée, amenèrent un développement parallèle du trafic des carburants. Il fallait au Maroc un port spécialement pétrolier. L'expérience a prouvé, en effet, qu'il fallait éloigner des grandes villes et des grands ports, les dépôts de pétrole. Fédala, port le plus proche de Casablanca et où les dépôts pouvaient être installés à l'écart de la ville, fut choisi pour ces raisons. Il ne fut pas toutefois immédiatement spécialisé et demeure, au cours des cinq premières années de l'après-guerre, un port de marchandises générales et un port de pêche.
Ce fut la firme mondiale « Vacuum Oil Company » qui la première, en 1923, adopta Fédala pour y effectuer ses importations à destination du Maroc et de la partie occidentale de l'Afrique du Nord. Puis, l'année suivante, la Société Shell y installa sa filiale du Maroc. En 1926, ce fut le tour de la Société Lille-Bonnières-Colombes, qui constitua la « Compagnie Marocaine des Carburants». En 1932, la « Société Africaine des Pétroles », constituée sous le patronage des Raffineries de Pétrole de la Gironde, et, devenue actuellement l'Omnium Marocain des Pétroles (Texas Company), inaugura à son tour ses nouvelles installations. La dernière Société qui installa un dépôt à Fédala fut la Société Marocaine des Produits du Pétrole, en 1937.
Enfin, pour en terminer avec les installations pétrolières, la Société Shell du Maroc a mis en service, en 1935, une remarquable installation d'importation de bitume en vrac, comportant essentiellement un pipe-line réchauffé à 200° par une circulation d'huile bouillante, pour maintenir la fluidité du bitume pendant la manutention.
Concurremment au développement de ces installations pétrolières, et pour satisfaire à l'accroissement de trafic qui en découlait, le port se devait d'améliorer ses installations, suivant le programme additionne! dont la réalisation éventuelle avait été prévue au programme initial de travaux.
C'est ainsi que les pourparlers engagés par la « Compagnie du Port de Fédala » en vue de réaliser l'approfondissement du port, pour permettre son accès eux navires pétroliers et l'accostage de ces navires aux ouvrages intérieurs du port, aboutirent à la signature, le 20 mars 1930, de l'avenant n° 6 à la Convention de concession du 30 juillet 1913.
A cette époque, les travaux initiaux avaient été complétés par une petite jetée de 170 m. enracinée sur l'îlot du large et un poste d'accostage pour navires pétroliers. Les nouveaux travaux prévus par l'avenant précité, comportaient :
1° Le dragage à —6,00 (au-dessous de zéro des cartes) d'une chenal d'accès de 80 m. de largeur minimum au plafond, ainsi que d'un bassin d'évolution de 180 m. de diamètre, permettant l'accès des quais (superficie totale à la cote —6,00 d'environ 6 hectares) .
2° Le dragage à —8,50 d'une souille de 40 m. de large et de 175 m. de long devant le poste d'accostage des navires pétroliers pour permettre à ces derniers, entrés dans le port à marée haute ou à mi-marée, de rester toujours à flot à marée basse.
3° La construction d'un quai d'accostage de 70 m. de long par fond de —8,50 (spécial aux navires pétroliers) ;
4° La construction d'un peste d'accostage, par fond de —6,00 (spécial aux marchandises générales) ;
5° La construction d'une nouvelle jetée de protection à 90 m. environ à l'est de première petite jetée ;
6° La construction d'un nouvel épi de protection à 100 m. environ à l'est du premier épi ;
7° Le renforcement de la grande digue. Ces travaux furent terminés à  la fin de  1933.
Dès 1934, un port de pêche fut également aménagé suivant les derniers enseignements de la technique et de la pratique. Une halle fut édifiée aux abords immédiats du quai des chalutiers et munie en 1945 d'une chambre froide pour la conservation du poisson.


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Lun 9 Mai - 11:01

page 36



NOUVEAU DEVELOPPEMENT DE FEDALA APRES GUERRE

Jusqu'à la seconde guerre mondiale, l'activité du port ne cessa de croître. Retombée à peu de chose au cours des premières années du conflit, elle retrouva son essor avec le trafic de matériel de guerre américain. La période d'après-guerre vit le trafic purement commercial reprendre son importance. Une nouvelle branche d'activité fût celle de l'importation et ce l'exportation des vins et alcools par tanker.
En 1950, un chai de 6.000 hl. fut inauguré ; il est relié au quai par une canalisation en cuivre sous caniveau. Sa capacité a été portée à 11.000 hl. en 1952, et un second chai de 8.000 hl. vient d'être achevé.
Un fait important à signaler est l'accroissement du trafic marchandises générales depuis quelques années. Pour manipuler et lotir ces marchandises dans les meilleures conditions, un matériel moderne a été acheté (tracteurs et chariots élévateurs), un des hangars remis à neuf et les terre-pleins empierrés.
Mais c'est le trafic pétrolier qui retient surtout l'attention. La tendance actuelle est à l'utilisation de pétroliers de plus en plus grands, plus rentables que les pétroliers moyens. Il est certain que Fédala n'importe que des produits raffinés et que ce trafic continuera à être assuré par des pétroliers d'un tonnage moyen. Il n'en reste pas moins que l'on doit envisager la possibilité de recevoir des tankers de fort tonnage.
C'est dans ce but que la construction d'un poste de déchargement en mer des hydrocarbures a été décidée, en accord avec la Direction des Travaux Publics. Les travaux préparatoires commencés en mai 1951, ont été menés très rapidement et les canalisations sous-marines, au nombre de deux, ont été lancées respectivement fin août et fin septembre 1951.
Ces « sea-lines » qui permettent de recevoir des tankers, sans aucune limitation de tonnage, sont constitués par des tubes en acier de 350 mm. de diamètre et de 2.700 m. de longueur environ. En mer, chacune des lignes se termine, à 18 m. de fond sous le zéro, par un raccord en forme d'Y sur lequel sont ajustés deux tuyaux flexibles de chacun 70 m. de longueur qui sont hissés à bord des tankers et branchés sur leurs pompes.
Deux coffres tenus à poste par de grosses ancres complètent l'installation : les pétroliers, après avoir mouillé leurs ancres, viennent s'y amarrer par l'arrière.
A terre, les sea-lines sont raccordés aux pipes desservant les dépôts par un manifold dont le montage a été terminé dans le courant de 1952.
L'ensemble de cette nouvelle installation a été mis en service en août 1952.
Par ailleurs, l'aménagement d'un nouveau lotissement pétrolier était poursuivi parallèlement. Ce lotissement, situé dans la vallée de l'Oued Mellah, à l'entrée sud-ouest de Fédala, a été relié aux installations du port par deux pipe-lines de 6 km. de longueur chacun, qui ont été posés au cours de l'été 1952. L' « Esso Standard Maroc », qui avait procédé entre temps au montage de ses réservoirs, d'une capacité totale de 25.000 m3, a pu recevoir en janvier 1953, sa première cargaison.
Enfin, la Compagnie du Port de Fédala procède actuellement à la construction d'une station de pompage, qui aidera au transfert direct, vers le lotissement pétrolier de l'Oued Mellah, des produits envoyés par les tankers.
Sea-lines et lotissement pétrolier à grande capacité de stockage n'auront pas exigé de vains investissements : ils représentent l'équipement (et son complément nécessaire) d'un port pétrolier moderne et spécialisé, dont le Maroc connaissait la nécessité, tant pour des raisons d'économie générale que d'évidente sécurité.
Si le trafic pétrolier constitue la plus grosse partie de l'activité du port de Fédala, le trafic des marchandises générales n'en est pas pour autant négligeable.
Le tableau ci-dessous permet de se faire une idée du développement de ce trafic.
( Voir le tableau ci-dessus )


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Lun 9 Mai - 11:01

page 36 b



- Films Offset des Ets. CORNEVIN-BRETON 14. Rue Sthrau PARIS.

- D'APRÈS UNE TOILE DE PETITFOUR

- Tiré sur Presses Offset de l'IMPRIMERIE DE FÉDALA MAROC




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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Lun 9 Mai - 11:03

page 37


- Fèdala-El-Alia : vue du Marché Central. Les bidonvilles disparaissent pour faire place à une véritable cité aux  larges avenues... (Photo Bernard   Rouget)
- La Maison  du  Peuple.  Centre culturel  ou s'affirme  la collaboration de  tous les habitants marocains de Fédala-el-Alia. (Photo  Bernard Rouget)

L'équipement social marocain à Fédala

Le développement industriel de la ville a été la cause d'un essor démographique très important a Fédala. 330 Marocains étaient recensés en 1921 : 20.000 en 1951. Dès lors de nombreux problèmes devaient se poser dans tous les domaines et notamment dans le domaine social.
LOGER, SOIGNER. INSTRUIRE, EDUQUER, et DISTRAIR.E, autant de buts à atteindre pour construire solidement un édifice social.
FEDALA, sur ce plan, est à l'avant-garde du progrès. Ses réalisations, dans le domaine social, sont importantes autant que variées et les 20.000 Marocains qui y habitent doivent reconnaître objectivement l'effort fait tant par le Gouvernement et la Municipalité que par les organismes publics et l'initiative privée. Il n'est pas de « social » sans l'existence pour la famille d'un toit, le foyer conditionne la vie familiale et par suite l'assistance sociale et c'est pourquoi, avant toute chose, il est bon de souligner ce qui a été fait en matière d'habitat.

... Loger les Marocains

LA NOUVELLE MEDINA. — Elle est située au bord de la route qui mène à Pont-Blondin. Commencée en 1938, elle fût achevée en 1951. Elle comprend maintenant un millier de logements qui abritent près de 5.000 Marocains .
Cette nouvelle médina a été, quant à sa réalisation, l'objet de plusieurs formules. Que ce soit celles lancées par les industriels qui ont construit, à leurs frais, tout un quartier pour leurs employés, et il faut citer la « Sefan », les Ets Vergara, les Ets Gourvenec, Cosmar, etc..., ou encore les constructions de la Municipalité ou, enfin, celles du Service de l'Habitat, tous les nouveaux logements ont donné amplement satisfaction. Ils sont tous construits en dur et comportent une ou deux pièces avec cuisine, W.C., branchement à l'égoût et électricité.


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Mer 11 Mai - 7:46

page 38


- VUE AERIENNE DE FEDALA EL ALIA. (Photo aérienne MALHERBE)


Le pian d'ensemble de cette médina avait été dressé par M. Marchisio du Service de l'Habitat alors que certains quartiers et notamment celui des maisons construites en fusées céramiaues ont été l'œuvre de M. Planque.
Mais loger 5.000 Marocains était insuffisant. La nouvelle médina, enclavée à l'extérieur de la ville européenne, était limitée dans son essor et il restait encore 15.000 Marocains habitant des bidonvilles à recaser. Une autre solution s'imposait et ce fût « FEDALA EL ALIA », la nouvelle ville qui a été construite derrière le Quartier industriel côté Sud.

Lutte contre les Bidonvilles

par M. LAMIDEY
Lorsqu'en octobre 1945, je fus nommé Chef des Services Municipaux de Fédala, mon prédécesseur, M. Wattin ne manqua pas de me signaler au cours du classique « passage des consignes » l'importante question des bidonvilles. « L'idéal serait, me dit-il, de les voir disparaître au bénéfice de maisons en dur ; Rabat à ce sujet envisageait volontiers qu'en accord avec le Groupe Hersent, une formule fut trouvée envisageant la création d'un zoning sur les arrières du quartier industriel ».
Supprimer les bidonvilles allait être désormais un de mes objectifs majeurs. Ceux-ci, en effet, envahissaient la ville. Les faire disparaître, en améliorant les conditions d'habitat des Marocains, correspondait essentiellement à une oeuvre humaine, sociale et politique ; c'était aussi répondre à un impératif d'ordre esthétique et urbanistique.
J'informais immédiatement mes supérieurs hiérarchiques, MM. les Contrôleurs Civils Boniface et Coricon, de mes projets. Il les adoptèrent immédiatement et ne manquèrent jamais de m'assister avec la volonté toujours présente de les faire aboutir.
Je me tournais dès lors vers la Société Immobilière de Fédala qui possédait les terrains susceptibles de m'intéresser et entrais ainsi en contact avec M. Duchemin, son Directeur. Ce fût ma deuxième chance et non la moindre. Esprit positif, homme d'action et d'imagination, M. Duchemin m'apportait sur le plan local l'appui de son expérience et le poids du groupe qu'il représentait, il obtenait l'accord de son Président, M. Gilbert Hersent, toujours épris du progrès social. Restait à convaincre l'Administration Centrale.


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Mer 11 Mai - 7:47

page 39


- Plan de Fédala El Alia


Ce devait être ma troisième chance d'avoir à débattre toutes les questions qui allaient se poser avec M. Villaret. Chargé du contrôle des municipalités, ce distingué fonctionnaire sut toujours se montrer bienveillant, compétent et objectif.
Si je me suis permis avant toute chose d'insister sur les personnalités qui contribuèrent à la réussite de Fédala El Alia, c'est que leur concours fût essentiel. On ne peut aboutir à rien sans esprit d'équipe, sans enthousiasme et sans compétence.
La première constatation que j'avais faite aux termes d'une enquête sur les bidonvilles fut leur rentabilité. Sans entrer plus particulièrement dans le détail, je tirai la conclusion qu'un hectare de bidonvilles rapportait plus qu'un hectare de tomates. Dès lors, pourquoi ne pas faire en sorte que cette rentabilité, même réduite à des proportions raisonnables, ne profitât pas à un Organisme Public ou semi-public, qui réemploirait les fonds provenant de la location d'habitations à l'aménagement des conditions de vie des Marocains. Cette idée devait en provoquer une autre : recaser tous les bidonvilles répartis de façon anarchique dans Fédala sur un immense terrain en respectant un plan d'aménagement de la future ville, préalablement fixé sur le papier, et matérialiser sur le terrain.
Ces principes directeurs virent leur application grâce a la compréhension du Groupe Hersent qui était propriétaire des terrains sur lesquels j'avais jeté mon dévolu, et d'autre part, grâce à la Société Musulmane de Bienfaisance qui allait me servir de support juridique et financier. Je proposai à une Société du Groupe Hersent de recaser tous les bidonvilles sur des terrains lui appartenant, selon un plan de ville tracé par le Service de l'Urbanisme. Les prix de location des terrains, établis sur des bases très raisonnables, revenaient pour les deux tiers à la Société Privée, et pour un tiers à la Société Musulmane de Bienfaisance.
En contrepartie, la Société privée acceptait de souscrire des engagements, aux termes d'une convention qu'elle signait avec la Municipalité et par laquelle elle ...


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Mer 11 Mai - 7:48

page 40


- Inauguration de Fédala-el-Alia par le général Juin ; de gauche à droite : M. Francis Lacoste, M. Gilbert Hersent, le général Juin et le contrôleur civil Lamidey. (Photo Belin)


... acceptait de construire à ses frais, des égouts, canalisations, de poser des points d'eau potable, d'empierrer l'avenue Centrale et de construire 120 logements dont les loyers seraient soumis à l'approbation de la Commission Municipale.
Quant à la Société Musulmane de Bienfaisance elle obtenait l'autorisation d'entreprendre la construction de 4.000 noualas améliorées. Le financement était assuré par la caisse de la S.M.B. qui percevait le tiers des revenus des locations des terrains appartenant à une Société du Groupe Hersent puis aussi par les loyers des noualas améliorées qui furent rapidement construites par la S.M.B. avec le concours de la Municipalité. Ainsi, par cet autofinancement en « boule de neige » les bidonvilles furent-ils peu à peu supprimés au bénéfice de noualas améliorées, puis de maisons en dur, alors que les travaux d'édilité se poursuivaient dans le même temps et sur le même espace.
Fédala el Alia « Fédala Supérieur », en quatre années, passait du terrain de culture au stade d'une véritable ville abritant 13.000 âmes. En 1952 3.080 noualas améliorées étaient construites. Il est a noter que les 100 premières le furent grâce à la Croix-Rouge de Fédala, appuyée par Mme la Maréchale Lyautey et M. Berti délégué général. Ces noualas furent affectées au recasement de Marocains victimes d'incendie de bidonvilles. 200 maisons en dur, un marché municipal divisé en quatre patios comportant plus de 100 boutiques réparties selon les professions, 3 km. de voirie empierrée, 30 fontaines d'eau potable, des lavoirs publics. L'enlèvement des ordures chaque jour par les Services Municipaux et enfin des foyers lumineux éclairaient les principales artères de la ville. Par ailleurs le Service de l'Habitat Marocain acquit 20 hectares dans ce zoning avec l'intention d'y construire des logements en dur. Tels furent les résultats de l'application à Fédala d'une formule qui a donné ses preuves et qui continue à être exploitée selon les mêmes principes.
Tout concourt donc, dans le même lieu et dans le même temps à un seul but : offrir aux Marocains un habitat meilleur. Œuvre humaine qui s'inscrit bien dans le cadre de la mission que nous accomplissons au Maroc.

Problèmes actuels de FEDALA-EL-ALIA

par M. YVON

L'installation à El-Alia d'un immense camp de nouallas améliorées a résolu deux problèmes qui, à l'époque, entravaient l'essor de Fédala :
— dégagement des quartiers neufs de la ville balnéaire,
— logement des nombreux ouvriers nécessaires à l'industrie nouvelle.
C'est à dessein que j'ai employé l'expression de « camp ». Une armée installe son campement en une nuit. Le problème posé à mon prédécesseur était du même genre : il fallait très vite (et sans les moyens logistiques d'une armée !) installer 3.000 familles. Et ce fut fait, et fort bien fait. Le problème aujourd'hui est de les implanter définitivement, de faire de ce camp une ville. Problème spécifiquement marocain, et passionnant : on va construire de toutes pièces et en quelques années une ville de l'importance de Dreux ou de Dinan avec ses rues, ses maisons, ses égouts, ses boutiques, ses places, ses ruelles, etc...
Problème très à la mode, dira-t-on, et bien connu. L'avantage de Fédala est qu'on peut espérer l'y résoudre : le nombre des gens à loger, bien que considérable (15.000), est de l'ordre de ce que l'on arrive à bien connaître. On peut adapter le genre d'habitation aux habitants. Les réalisations peuvent être suivies de près et les quelques organismes publics et privés, attachés à cette tâche peuvent facilement mettre en harmonie leurs points de vue et conjuguer leurs efforts. Plus petite, la ville n'était qu'un village et ne valait pas une œuvre d'envergure. Plus grande, elle obligeait à travailler sur statistiques et numéros matricules.
Voyons de plus près la question sous cet aspect :
On a pu élire une assemblée de quartier, la jemaa d'El-Alia, composée de 20 Marocains qui ont des soucis communs et une bonne connaissance du problème. Point de désirs vagues, de théories d'autant plus généreuses qu'elles se tiennent à une bonne distance de choix positifs et précis. Tout El-Alia, d'ailleurs, manifeste une confiance dans le Protectorat qu'il est intéressant de signaler s'agissant d'une population ouvrière évoluée, qui n'a plus ses cadres et ses habitudes traditionnels et pour laquelle les modifications dans le vêtement, dans l'habitat, dans le langage vont de pair avec un désir de modernisation de l'ensemble de l'existence. Grâce, donc, à ce climat de confiance, des indications précieuses ont été données de part et d'autre sur les types de maisons à construire, sur la place nécessaire et sur les prix abordables, les sommes disponibles, la priorité des travaux.
Proche de Casablanca et de Rabat, Fédala a aussi l'avantage de contacts faciles avec tout ce qui se fait au Maroc dans le domaine de l'habitat marocain. Le Service de l'Urbanisme, avec MM. de la Roziere et Godefroy, le Service de l'Habitat avec MM. Parinet Hervio et Arnaud, la Société Immobilière de Fédala-El-Alia avec M. Duchemin ont eu à Fédala un champ d'expérience extrêmement intéressant. Et de leur action conjuguée
résulte une ville qui monte et qui aura un cachet à elle, avec des avantages de salubrité et de commodité indéniables.


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Mer 11 Mai - 7:49

page 41


- Fèdala-el-Alia :   au premier  plan les maisons des « Castors » marocains ; au fond le lotissement de la Société Musulmane de Bienfaisance.
(Photo Bernard Rouget)


II n'y a pas lieu d'insister ici sur le fait que la création et la construction d'une ville pose mille problèmes grands et petits qui constituent une lourde charge : on est payé de tous ces efforts quand on regarde sortir tout cela de terre et quand on mesure ce que cela représente d'élévation de niveau de vie pour toute une population.

Les Castors Marocains

Le Service de l'Habitat à l'initiative de M. Girard Directeur des Travaux Publics et après accord de M. Lamidey, alors Chef des Services Municipaux de Fédala, ouvrait en 1951 un chantier de maisons marocaines dont la main-d'œuvre était fournie par les futurs propriétaires eux-mêmes. C'est le système connu en France sous le nom de « Castor », et qui devrait avoir de l'avenir dans ce pays-ci ou 80 % des gens habitent un local construit par eux. Mais il s'agit, cette fois-ci d une maison en maçonnerie de deux pièces, cuisine, W.C. absolument semblable à toutes les constructions analogues destinées à remplacer les bidonvilles.
Il fallait donc :
1°du   terrain.  —  II  est  vendu  à  crédit  par  le   Service de l'Habitat.
2° des matériaux : pierre, sable, éléments préfabriqués de toiture, menuiserie. — Ils ont été fournis à crédit par le Service de l'Habitat.
3° Une main-d'œuvre spécialisée et surveillée en plus des manœuvres et aide-maçons. Les intéressés ont pourvu eux-mêmes à ces besoins, le contrôle civil n'intervenant qu'en cas de litige. La surveillance technique a été assurée par un chef de chantier du service de l'Habitat.
L'expérience a montré que la part de main-d'œuvre rentrant dans ces maisons était de l'ordre de 50 % du prix de la construction puisque l'ensemble des matériaux fournis valent 170.000 francs alors que ce genre de logement ne peut être construit, à Fédala, Rabat ou Casablanca, que pour 300.000 francs environ. La main-d'œuvre est essentiellement fournie par le futur propriétaire et sa famille, s'il y a lieu des amis et des voisins en dehors des heures de travail. Un maçon spécialisé est payé à on ne sait quel taux et pour on ne sait combien d'heures par l'intéressé lui-même. Ce recrutement du maçon et son paiement n'ont pas, en fait, donné lieu à une difficulté quelconque. La qualité du travail, dépend évidemment de la surveillance exercée et l'entrepreneur c'est, finalement, le Service de l'Habitat. Ce dernier ne peut lui-même assurer une bonne marche du chantier qu'avec l'aide du contrôle civil qui assure la discipline de ces ensembles un peu hétéroclites que constituent les séries de 5 maisons où chacun travaille pour ses voisins en même temps que pour lui-même.


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Mer 11 Mai - 7:50

page 42


- L'hôpital   Pierre-Noël-Beaugrand ; la cour intérieure traitée en patio, sur laquelle s'ouvrent différents services médicaux. (Photo Bernard Rouget)
- Fédala-el-Alia   : le nouveau centre médico-social. (Photo Bernard Rouget)
- La   façade de l'hôpital Pierre-Noël-Beaugrand situé dans la Nouvelle  Médina. (Photo Bernard Rouget)
- L'école   des   fillettes   travaux   de   broderie. (Photo  Bernard Rouget)


On   ne   saurait   insister   assez   sur   l'aspect   très   séduisant pour les intéressés de la  formule  du crédit  qui est mise  là  à  la portée  du  Marocain.   Le crédit  à   la  construction  ne  lui permet,  dans  sa  forme  générale,  que  de s'embarquer  dans  la  méchante  galère  d'une  maison  incommode et très chère. On est tenté de croire que le paiement en 10 ans d'une maison type de 300.000 fr. rallierait déjà un très grand nombre de suffrages. A plus forte raison la solution « Castor » où la maison revient à 170.000 fr. + le travail des intéressés, ce dernier ne donnant théoriquement pas lieu à paiement (et en fait donnant lieu à un paiement supporté par les payes du mois ).
Deux tranches de constructions ont été ainsi exécutées et déjà 120 maisons abritent des « Castors » marocains qui sont des propriétaires en puissance des maisons qu'ils ont eux-mêmes construites.

... Les soigner,

Les deux quartiers marocains, la Nouvelle Médina et Fédala el Alia, ont chacun leurs hôpitaux, c'est tout d'abord : l'HOPITAL BEAUGRAND situé dans la Nouvelle Médina.
Construit sur la proposition de la Municipalité en 1946 et sur un terrain lui appartenant cédé à un prix de principe, ce nouvel hôpital comprend des salles d'hospitalisation, de traitement, de radio, de visite.

LE CENTRE MEDICO-SOCIAL de FEDALA EL ALIA se dresse à l'entrée du nouveau quartier. Il vient d'être terminé et permettra de traiter et de soigner 500 malades. Il est prévu qu'une aile du pavillon servira au service d'accouchement pour les femmes marocaines.

LE CENTRE D'HEBERGEMENT DE FEDALA EL ALIA qui vient d être terminé également comprend une cinquantaine de maisons et des salles communes.

... Les instruire,

Dans ce domaine aussi de remarquables réalisations ont été faites.

LES ECOLES FRANCO-MUSULMANES ainsi que les écoles coraniques, ont permis d'inscrire 2.000 élèves et la construction de nouvelles écoles continue chaque année.


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Mer 11 Mai - 7:51

page 43


- L'école d'orientation professionnelle. L'atelier d'ajustage et  de tôlerie. (Photo Bernard Rouget)
- L'école   musulmans  de  fillettes.  Le   patio   où   les   enfants   se   délasse ni pendant les récréations...  Une figure ballet  que préside la directrice
de   l'Ecole,   Madame   Defranchi. (Photo   Bernard   Rouget)


L'ECOLE DES FILLETTES commencée à la fin de la guerre comprend 10 classes dans lesquelles sont enseignées les matières essentielles de l'enseignement primaire ainsi que des travaux ménagers, la tapisserie et la broderie. L'immeuble harmonieusement dessiné fait penser à un couvent qui serait traité dans un esprit moderne. Au début le recrutement des fillettes marocaines fût très difficile, mais maintenant le courant est créé et la fréquentation scolaire très assidue.

L'ECOLE D'ORIENTATION PROFESSIONNELLE inaugurée en 1950, fût confiée à un directeur, M. Bruyère, particulièrement compétent. Cette école répondait en effet à la vocation industrielle de Fédala : des ouvriers qualifiés, des contremaîtres sortent maintenant de cette école qui délivre en fin de cours un certificat d'aptitude technique. 500 élèves européens et musulmans la fréquentent et suivent des cours d'ajustage, de tôlerie, de menuiserie ou d électricité.


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Mer 11 Mai - 7:52

page 44


- « La Comaz ». L'emballage des tomates, production des  maraîchers marocains des   Zénatas. (Ph. B. Rouget)
- « La Comaz ». (Photo Bernard Rouget)

... Les éduquer,

Ce n'est pas le moindre problème. Une initiative particulièrement riche de promesses est celle qui a vu naître, à Fédala el Alia, la « maison du peuple ».

LA MAISON DU PEUPLE. — Construite au centre même de Fédala el Alia, cette maison sera utilisée comme un centre culturel et de rapprochement sous l'égide du Service de la Jeunesse et des Sports. C'est également dans ce bâtiment qu'auront lieu les réunions des jemaa de quartiers, c'est-à-dire l'embryon d'un conseil municipal exclusivement composé de Marocains appelés à se prononcer sur la vie de leur cité et les problèmes qui se posent.

LA COOPERATIVE DES MARAICHERS MAROCAINS DES ZENATAS. — LA COMAZ. — Cette coopérative de producteurs marocains dont le premier projet de constitution date de 1939 ne prit vraiment corps qu'en 1946 au lendemain de la guerre sous l'impulsion du Contrôleur Civil de Fédala. Elle fût tout d'abord une coopérative d'achats et de ventes de matériel agricole, de semences et d'engrais, puis elle devint une coopérative de productions commercialisant les récoltes en primeurs des coopérateurs marocains.
D'excellents résultats ont été obtenus sous l'active impulsion de son Directeur, M. Vergniaud, fonctionnaire du Service de l'Agriculture détaché à Fédala et seul Français dans cet organisme.
La COMAZ s'est affirmée sur le marché mondial par l'excellente tenue de sa production.
Les Marocains des Zénatas ont compris l'intérêt qu'ils avaient à se grouper, à mettre en commun leurs ressources et leurs productions, à passer leurs achats en gros, à faire preuve en un mot du sens de la coopération.

... Les distraire.

Certes il n'est pas de meilleure distraction pour les jeunes que le sport à condition que celui-ci soit confié entre les mains d'éducateurs qualifiés, mais avant toute chose il faut l'instrument et c'est pourquoi il a été prévu et aménagé, en plein centre de Fédala el Alia, un stade qui doit procurer aux jeunes marocains le cadre dans lequel ils pourront naturellement se livrer à leurs ébats sportifs.

La Société Musulmane de Bienfaisance

II peut sembler curieux à première vue d'inclure la Société Musulmane de Bienfaisance dans le cadre de l'équipement social marocain de Fédala. C'est qu'en effet cet organisme a puissamment contribué à la résorption des bidonvilles en se transformant sous l'empire de la nécessité en une association entretenant un programme de constructions de noualas améliorées et de maisons en dur.

* * *

La Société Musulmane de Bienfaisance de Fédala, fondée en 1936, assumait depuis cette date toutes les fonctions d'assistance et de secours aux miséreux musulmans qui lui étaient dévolues par ses statuts. Cette assistance comportait essentiellement les distributions gratuites d'aliments, de vêtements ou de secours en espèces, soit essentiellement des biens de consommation.

ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT ADMINISTRATIFS
L'Administration de la Société est confiée à un bureau composé des membres suivants :
Président d'honneur : M. Lamidey, contrôleur civil honoraire.
Président : le Caïd.


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Mer 11 Mai - 7:53

page 45


- Les  membres du bureau de la S.M.B. de Fédala. de gauche à droite : Hadj Abd El Qader ben El Fadil, Si   Mohammed   Ez   Zemmouri,  Si
Mohamed Ouejjane   El Hadi Mohammed El Ifrani, M. Homo, contrôleur civil,  le  Caïd Si Mohammed ben Ahmed Boutarf,   M. Lamidey, Si El Mir El  Ghazi, M. Berri. secrétaire. (Ph. B. Rouget)


Conseiller technique :   Le chef des Services  Municipaux.
Trésorier : Le    Percepteur de Fédala.
Secrétaire : L'Interprète.
Assesseurs : Cinq   notables   musulmans   habitant Fédala.
Durant ces dernières années, le budget de la S.M.B. de Fédala, alimenté par les cotisations, dons divers, et le produit de la surtaxe d'abattage perçue à son profit, a atteint un volume qui dépassait largement les besoins d'assistance et de bienfaisance de la ville et de la circonscription, tels qu'ils sont définis par les statuts. C'est ainsi que la S.M.B. de Fédala disposait en fin d'exercice : (Voir tableau)

II pouvait donc sembler regrettable à la vue de ces chiffres que de telles sommes restassent sans emploi immédiat. Cette situation condamnait l'organisme à une somnolence qui accentuait l'indifférence des éléments musulmans intéressés à la gestion. Il convenait donc pour ranimer l'institution de lui fixer un but d'activité constante qui autorisât une utilisation plus complète des moyens financiers disponibles. Cette nouvelle orientation de l'activité implique un élargissement de la notion de bienfaisance qui permette à la Société Musulmane de Bienfaisance de Fédala de manifester une action constante appliquée à des réalisations tangibles portant sur mise à la disposition des populations intérieures de meilleures conditions d'existence dont le bienfait s'avère plus durable que des secours limités à la fourniture de biens de consommation, tels que vêtements, secours en espèces, etc...

ACTIVITE ACTUELLE DE LA SOCIETE MUSULMANE DE  BIENFAISANCE  DE  FEDALA
L'incendie survenu il y a quelques années dans un bidonville de Fédala devait fournir à la Société Musulmane de Bienfaisance de Fédala, l'occasion de développer son activité en élargissant cette notion de bienfaisance.
Sur l'initiative de M. Lamidey, alors chef des Services Municipaux de Fédala, elle entreprit tout d'abord un recasement provisoire des sinistrés du douar incendié, en construisant quelques noualas améliorées. Cette initiative nouvelle devait être le point de départ de la cité actuelle de Fédala-El-Alia. Le bureau de la Société décida alors de consacrer les fonds disponibles ...


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Mer 11 Mai - 7:54

page 46

-

BANQUE COMMERCIALE DU MAROC.


... à l'exécution d'un programme général de recasement des bidonvilles de Fédala, inaugurant ainsi une action collective de bienfaisance. Cette action semblant dépasser le cadre de l'action définie par les statuts de cet organisme, il apparut nécessaire de solliciter l'autorisation de l'autorité supérieure qui fut accordée par un arrêté du Secrétaire Général du Protectorat en date du 11 septembre 1948, habilitant la Société Musulmane de Fédala à acquérir à titre onéreux et à administrer en vue de venir en aide aux miséreux de cette ville, quatre mille nouallas améliorées. Cet organisme a construit à ce jour, près de deux mille nouallas réparties à l'intérieur du plan d'aménagement de la future cité ouvrière de Fédala-el-Alia actuellement en voie de réalisation.
Le produit des loyers perçus à son profit permet de pratiquer un auto financement de l'entreprise qui autorise la Société Musulmane de Bienfaisance à développer son action en faveur des habitants des anciens bidonvilles de Fédala qui ont été ainsi résorbés. Le taux très bas des loyers pratiqués permet à ces économiquement faibles de connaître un habitat amélioré et d'échapper à l'exploitation à laquelle ils étaient précédemment soumis dans les bidonvilles. Cette réalisation a été poursuivie en étroite collaboration avec les membres musulmans du bureau, ou étrangers à ce bureau, les maraîchers musulmans et les fellahs des Zénatas, car les apports de paille ont en effet contribué activement à cette réalisation. On a pu remarquer à cette occasion, un très net renforcement de l'intérêt porté par les éléments musulmans chargés de son contrôle. Les réalisations concrètes et durables de Fédala-el-Alia semblant leur avoir donné conscience de l'efficacité de la société.
Sur le plan financier, les résultats ont été les suivants. Alors qu'au départ des nouvelles attributions allouées à la S.M.B. il n'y avait en caisse pratiquement rien, hormis le produit annuel de la surtaxe d'abattage, à l'heure actuelle la S.M.B. a une rentrée annuelle provenant des locations des noualas améliorées et des maisons en dur qu'elle a construites, de 15.000.000 pour un capital investi :
de 175 maisons représentant 50.000.000, 3.000 noualas améliorées 15.000.000, terrains achetés représentant 15.000.000, total : 80.000.000
Autrement dit, la S.M.D. de Fédala est à l'heure actuelle une des associations les plus prospères du Maroc. Et elle poursuit son œuvre d'assistance aux marocains plus particulièrement dans le domaine de l'habitat, avec une ampleur accrue, une puissance de moyens et un enthousiasme digne d'éloges.


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MessageSujet: Re: Fédala 1954   Mar 17 Mai - 6:18

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- Transports CORMY, Casablanca.
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- Société BUTAGAZ-MAROC, Fédala.
- Omnium Marocain des Cuirs et des Peaux, O. M. C. P. , Casablanca.
- Ets. ELECTRAD, Fédala.
- ELECTRO-FEDALA, Fédala.
- Entreprise Générale Peinture et Vitrerie Yves LAMOUREUX, Fédala.
- Compagnie Immobilière d'Entreprises C. I. E. , Casablanca.




- Les Conserveries Marocaines COSMAR, Fédala.
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- Blanchisserie Teinturerie de Fédala, Fédala.




- C. G. E. MAROC, Fédala.
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FIN de la revue FEDALA

Editions PAUL BORY
CASABLANCA

Juin-Juillet 1954




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