Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Lun 23 Nov - 22:00

Page de couverture




COLONIES, PROTECTORATS ET PAYS D'OUTRE-MER


EXPOSITION COLONIALE INTERNATIONALE DE PARIS 1931


Numéro spécial de l'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
Juillet 1631




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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Mar 24 Nov - 19:19

Titre et préface



Colonies et Protectorats
à l'Exposition  Coloniale Internationale
de  Paris 1931



Préface

Le Maréchal Lyautey, dont l'œuvre coloniale fut immense en Afrique du Nord et à qui la France doit la magnifique organisation qui permet aujourd'hui au Maroc de se développer de si admirable façon, a bien voulu donner son patronage à l'Afrique du Nord Illustrée pour son numéro spécial sur l'Exposition Coloniale.
Débordé par ses multiples occupations, le Maréchal Lyautey a dédié ces quelques lignes rapides à notre édition « Colonies et Protectorats à l'Exposition Coloniale internationale de Paris 1931 », montrant par delà de notre modeste journal tout l'intérêt qu'il porte à l'idée de propagande que nous poursuivons pour le plus grand développement des Colonies et Protectorats français.

« Mon cher Directeur,
« En principe, je ne donne plus de préface. Je n'ai plus le temps et l'on m'en demande trop ; mais, puisqu'il s'agit d'Afrique du Nord, je vais vous envoyer quelques lignes. Seulement excusez-moi de ne pas vous donner d'entretien. Je suis surmené et vous n'avez qu'à lire dans les journaux tout ce que j'ai à réaliser pour vous en rendre compte. Je ne puis donc matériellement plus recevoir personne. Mais soyez sûr que toute ma sympathie est acquise à votre numéro spécial ; je vous en donne ici l'assurance très cordiale. Et, en somme, les voici faites mes lignes-préface, vous n'avez qu'à les insérer telles quelles.

« MARECHAL LYAUTEY ».



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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Mar 24 Nov - 19:24

page 1



LE MARÉCHAL LYAUTEY, Commissaire Général. (Photo G.-L. Manuel)

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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Mar 24 Nov - 19:25

page 2



- M. le Gouverneur Général Olivier, délégué général. (Photo Henri Manuel)
- M. Vatin-Perignon, Secrétaire général.
- M. Roger Homo. (Photos G.-L., Manuel)

Exposition Internationale Coloniale de Paris 1931

Des siècles de labeur dans la paix d'un beau soir

Le crépuscule infini de cette fin de journée printanière jette sur toutes choses son voile mauve et doux. Le bruit fait place au silence ; léger, le vent du soir se glisse entre les feuilles déjà poussiéreuses... Il doit faire bon délaisser l'asphalte des boulevards, la grisaille des murs et l'air chaud qui monte des frênes, pour atteindre cette Porte Dorée dont le nom, à lui seul, évoque la splendeur de je ne sais quels trésors fabuleux ; l'attraction est irrésistible ; laissons-nous aspirer par le long « Tube » du Métropolitain, fleuve souterrain qui, par ses affluents multiples sillonnant l'immense capitale, draine le flot de la population et l'étalé par ses cents bouches dans l'estuaire merveilleux de l'Exposition Coloniale.
Sur les hauts murs de l'enceinte, dans un ciel pur, la clarté du jour s'estompe : la lente et calme agonie se poursuit ; insensiblement elle revêt d'ombres les colonnades blanches de la Porte d'Honneur ; elle ajoute au respect des noms gravés dans la pierre d'une stèle le mystère propice aux âmes conquérantes, et, se prolongeant au-delà de l'arc triomphal qui réunit symboliquement le Palais des Colonies et de la Section Métropolitaine à l'Exposition proprement dite, elle creuse plus avant le relief des muscles de marbre qui travaillent inlassablement sur la tapisserie sculptée du Musée permanent des Colonies.
C'est là, dès la grandiose entrée, la vision sans limite de notre vieille Europe en marche vers une civilisation plus complexe dans ses rouages mais plus simple dans ses lignes. Trois palais, trois monuments superbes de part et d'autre de l'avenue Daumesnil, qui, répondant à des conceptions différentes de la vie moderne, concrétisent la belle unité de cette vie en une harmonieuse trilogie : Musée des Colonies, Section Métropolitaine, Cité Internationale des Informations. L'un, supportant sur les assises larges et profondes de sa base le passé colonial de la France, le présent, laisse ses immenses baies grandement ouvertes sur l'avenir ; et l'avenir, c'est, à quelques mètres, en retrait, modestement, la Section Métropolitaine ; en un resserrement vigoureux de ses lignes verticales par l'étagement pyramidal de ses toits et la forte sveltesse de sa tour, elle fait se concilier et ...


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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Mar 24 Nov - 19:26

page 3


- Vue générale  de l'Exposition,  prise  en avion.
- La Porte d'honneur. M. Bazin, architecte. (Photos Braun)



... se compléter les nécessités de l'esthétique à celles, tout aussi impérieuses, de la concentration industrielle des grandes nations — l'effort colonial et l'effort métropolitain ainsi rapprochés, les informations, trait d'union nécessaire, faciliteront leur accouplement et gouverneront leur indispensable coordination ; elles doivent être saines, puissantes, largement diffusées : aussi le Palais qui les synthétise semble-t-il rayonner dans l'infini spatial ; par ses multiples baies vitrées il boit à longs traits la vigueur des clartés du jour ; il s'attire enfin la curiosité et la science par la simple beauté du grand jardin qui le précède.
Devant la représentation aussi génialement symbolique de notre vie de tous les jours, une curiosité fiévreuse, avide, que l'on sent inlassable, nous lancerait aveuglément à l'assaut de ces longues allées aux parterres de merveilles. Résistons à ce sentiment juvénile ; au long de notre promenade, cherchons à admirer non seulement une œuvre grande mais encore une idée : celle-là même qui dirigea les efforts du créateur de cette Exposition.
La direction à suivre est aisée à déterminer : le tour du lac Daumesnil, mais par la gauche, les sections étrangères d'abord, pour honorer les hôtes de l'Exposition Coloniale ; comme bientôt le jour ne sera plus, les îles de Bagdad et des Mille et une Nuits, parées de joyaux étincelants, et l'apothéose embrasée de la section française.
Les trois pavillons du Portugal, de part et d'autre, de la route de Ceinture, se présentent les premiers. Au bord de l'eau, l'un d'eux surgit telle une apparition des temps moyenâgeux avec ses tourelles minuscules brodées de clochetons et ses murs épais ; contrastant avec cette évocation des premiers âges de la colonisation portugaise, la façade classique des autres constructions s'inspire du souci de réalités plus actuelles.
Tout autour, c'est la clairière et ses hautes futaies vert sombre ; les rangées d'arbres s'espacent peu à peu et soudain apparaît entre eux une charmante vision : posé sur la jolie pelouse d'un parc, un cottage blanc se dessine dans la nuit qui tombe. C'est le Palais des Etats-Unis, sous la forme modeste mais combien émouvante de la maison natale de Washington à Mount Vernon :
des mansardes, des tuiles vieillies, une double galerie à piliers, demeure des premiers pionniers de la grande civilisation américaine qui s'oppose avec simplicité à la masse imposante des gratte-ciel contemporains.
L'avenue détachée de la route qui permet de contempler ce ravissant tableau, conduit au second Palais de la Section Métropolitaine qui barre l'horizon par son ensemble très moderne. A droite, le Palais des Beaux-Arts, aux lignes curieusement géométriques, a ...






- Vue générale  de l'Exposition,  prise  en avion.




- La Porte d'honneur. M. Bazin, architecte. (Photos Braun)




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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Mar 24 Nov - 19:27

page 4


- Le Palais de la  Section Métropolitaine. M. Audoul, architecte.
- La Cité des Informations. MM. Bourgon et Chevalier, architectes. (Photo Braun)
- La Tour de la Section  de l'Armée. MM.  Berthelot et Lecuyer,  architectes.
- Le  Palais  Permanent.   MM.  Jaussely  et   Laprade,   architectes. (Photos  Henri  Manuel)



... recueilli les chefs-d'œuvre artistiques dus à la puissance de l'inspiration exotique.
Partout, des lampes se sont allumées ; habilement projetée et tamisée par les réflecteurs pyramidaux ou sphériques, une lumière uniforme inonde les allées et respecte la pénombre des bois ; dans le ciel, le flot cylindrique des « sunlights » monte : vision troublante de rêve que complètent, sous nos veux, les deux tours aux onze toits superposés du Temple de Bali. Nous sommes au cœur de l'Insulinde, dans cette île de Java dont le nom étrangement doux berça longtemps les hardis conquérants hollandais ; sous les larges auvents des toitures, les frises sculptées se détachent en gris pâle sur fond rose. Regardant l'entrée principale, une maison " dajak " authentique découpe ses frontons, étale ses masques en relief ; barbares mais modernes, le rouge et le noir dont elle est peinte opposent rituellement la vie et la mort. Deux petits monuments fétichistes, de ia Nouvelle-Guinée, achèvent de créer l'atmosphère sauvage de l'archipel de la Sonde ; elle se prolonge, grâce à une maison de danses de l'île de Bali, jusqu'aux bords du lac qui s'éveille sous les feux.
Résistant à l'envoûtement des rites mystérieux de ces îles lointaines, nous avançons toujours à la découverte d'autres mondes. Le visage de l'Italie coloniale nous apparaît sous les lignes austères et froides d'un temple de Septime Sévère. Nous ne pouvons nous étonner : la toute puissance de Rome a su, jadis, franchir lès eaux de la Méditerranée et s'immortaliser sur les rives de l'Afrique. A travers les temps, cette basilique de Leptis Magna, en Tripolitaine, en est demeuré l'impassible témoignage.
Tout ici procède du plus pur classicisme architectural ; face au lac, proscenium du temple de marbre vert, quatre stèles de porphyre dominent les degrés au bas desquels sont accroupis deux sphinx aux visages graves... Imitation du voyage : deux passeurs Lybiens vêtus de blanc attendent au bord du lac, immobiles auprès de leur barque rouge dont la proue se relève en bec d'oiseau.
Fendant le clapotis scintillant des eaux, des vedettes rapides et légères nous frôlent ; leurs feux rouges se confondent bientôt avec la frange écumeuse que trace leur passage ; une fine buée emplit le noir; ce sont les paillettes d'eau de la fontaine lumineuse géante, le grand signal qui, dans la brise du soir, laisse flotter les plis mouvants de ses voiles vaporeux.
Dans un écrin de verdure, l'île des Mille et une Nuits, l'île fabuleuse, semble s'approcher de nous. Encore deux coups de rame et la barque lybienne touchera aux rives enchantées.
Un éden est là. Repoussant les feuillages, des restaurants légendaires étalent leurs lumières et l'éclat de leurs ors, le chatoiement de leur décoration somptueuse ; en sourdine, les orchestres évoquent les longueurs de la danse moderne. Alentour, des boules opalines de verre sculpté, à ras du sol, diffusent des lueurs qui montent vers la voûte des ...




- Le Palais de la  Section Métropolitaine. M. Audoul, architecte.




- La Cité des Informations. MM. Bourgon et Chevalier, architectes. (Photo Braun)




- La Tour de la Section  de l'Armée. MM.  Berthelot et Lecuyer,  architectes.




- Le  Palais  Permanent.   MM.  Jaussely  et   Laprade,   architectes. (Photos  Henri  Manuel)



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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Mar 24 Nov - 19:31

page 5


- L'avenue des Colonies françaises. (Photo Braun)
- L'Inauguration du Pavillon Américain. De gauche à droite : M. Tardieu ; M. Edge ; M. Reyriaud ; Maréchal Lyautey ; Général Pershing.
- Les  Maires  américains  à l'Exposition  Coloniale.




... arbres, sans l'atteindre ; s'allongeant devant une terrasse, des rectangles lumineux attendent que les foulent les petits pieds agiles des danseuses cambodgiennes...
Puis ce sont de radieuses visions d'art : l'été de l'eau et fête du feu sur le « miroir » au reflet doux, cependant qu'au-delà de la frange du lac, le long de la terre ferme, les flammes des palais serpentent sur les berges.
Par une passerelle « conte de fée », aux arcs somptueux, nous atteignons l'île de Bagdad ; les attractions bizarres y soulèvent des rires et du bruit ; ne nous y attardons pas ; empruntons le pont qui prolonge la route des îles. Ainsi, par l'Italie, le lac et les iles, nous avons décrit un grand Z qui nous ramène à proximité de notre point de départ.
Reprenant la route du lac, nous atteignons bientôt la section française, si l'on excepte la Belgique si proche de nous de cœur et de fait.
Les Etats du Liban, harmonieusement présentés dans cette partie du bois, nous ouvrent le cœur de l'Orient.
Des arbustes rares, des bassins d'eaux jaillissantes décorent gracieusement le cloître simple et sobre qui symbolise la Syrie par le rappel du Palais Azem de Damas et de la résidence d'un émir des montagnes... Puis, c'est la blanche coupole du Pavillon de la Palestine. Derrière lui, occupant une partie du plateau de Gravelle, s'étend le parc zoologique. Insouciants de l'embrasement qui les entoure, les grands fauves, les girafes, les zébus, les zèbres et les représentants de la race simiesque, dorment... les flamands et les ibis se sont immobilisés dans une pose hiératique... Respectons le repos de cette faune exotique et contentons-nous d'admirer, sous la lune, les pelouses fleuries, les bosquets, les lacs en miniature et les rochers cahotiques de ce parc curieux.
Des paillettes immenses, dont l'une est surmontée de trois dômes coniques : voilà la simplicité rustique du Congo Belge ; les toitures blondes et lourdes, faites d'épaisses couches de paille, écrasent des murs bas ocrés, où la décoration barbare et polychrome des galeries prend un aspect plus farouche. Nous voici, sans transition, au cœur de l'Afrique équatoriale. Les piliers massifs sont couverts de masques en relief dont la mimique change avec l'orientation de la lumière : ainsi, les grands prêtres nègres, grâce aux flammes des torches, font parler leurs idoles.
Au-delà de la vaste plaine, cour d'honneur en quelque sorte qui s'étend devant la paillote principale, une enceinte groupe les territoires sans mandat du Cameroun et du Togo. Les murs sont plus élevés et la paille plus sombre. Un village est là, autour de cinq pavillons, orné de thèmes sauvages et frustes de décoration : nattes tressées, couleurs brutales rehaussées de vernis, tètes stylisées de buffles.
Abandonnons, dans l'ombre, le Pavillon du Tourisme dont l'invite au départ est trop pressante... Devant nous, à quelques mètres à peine, une place sombre enclose dans une blanche luminosité : la Place de l'Afrique du Nord. Elle rassemble, dans leur disposition géographique, l'Algérie, la Tunisie et le Maroc. Sur notre gauche, l'Algérie dresse, à 38 mètres de haut, le minaret de son palais maghrébin dont les céramiques flamboient sous les projecteurs ; en face, dans l'éloignement de ses lignes profondes, le Maroc ; une maison tunisienne, aux volets bleu-ciel, s'accote à ses murailles.
Avançons vers le centre de la place ; appuyons-nous sur la margelle rustique de ce puits saharien : nous vivons intensément sous le ciel de l'Islam. Dans le bleu se découpe ...






- L'avenue des Colonies françaises. (Photo Braun)




- L'Inauguration du Pavillon Américain. De gauche à droite : M. Tardieu ; M. Edge ; M. Reyriaud ; Maréchal Lyautey ; Général Pershing.




- Les  Maires  américains  à l'Exposition  Coloniale.




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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Mar 24 Nov - 19:32

page 6


- Le Cactus. MM. Giranet et Expert, architectes.
- Les  Illuminations  du Château d'Eau.
- Fontaines  lumineuses et illuminations  sur le lac. (Photos  Henri  Manuel)
- Les Ponts d'eau et la Passerelle. (Photo Braun)



... coupe le croissant de la lune ; les lumières falotes du café maure, à l'abri des murs crénelés du palais chérifien, vacillent sous la brise ; la musique syncopée et plaintive des raïtas et des violons, le bourdonnement rythmé des tambourins jettent alentour une torpeur envahissante que dissipent, peu à peu, les lampes et le brouhaha des cafés et des souks qui bordent l'Avenue de l'Afrique du Nord.
A notre gauche, la route des Glacières que nous empruntons pour mieux contempler la Tour de Bronze, immense monument commémoratif dédié aux forces d'outre-mer ; les feux des puissants projecteurs convergent vers les noms des généraux fameux dans l'histoire coloniale de la France ; ces feux font étinceler les quatre disques de bronze sculpté qui casquent ce monument ; ils viennent caresser les plis bleus, blancs et rouges du drapeau tricolore qui domine l'Exposition Coloniale de Paris et dont les frères glorieux reposent sous sa garde dans leurs loques triomphantes...
Déjà se dessine la lumineuse et magistrale silhouette du Temple d'Angkor-Vat.
Mais avant d'aborder l'Asie mystérieuse, nous avons encore nos grandes colonies africaines à traverser. Evocation de la croisière noire, voici l'énorme case de l'Afrique Equatoriale et les villages de Logone. Puis vient l'Afrique rouge, l'Afrique occidentale, avec ses hautaines murailles de terre rouge semées de pieux menaçants ; dans un décor impressionnant, sous les raies de lumière qui accusent les détails, voilà, entièrement reconstituée, la vieille ville musulmane de Djenné, à l'ombre de sa haute mosquée ; autour des feux, les frénétiques ébats chorégraphiques, chers aux peuples fétichistes, ...






- Le Cactus. MM. Giranet et Expert, architectes.




- Les  Illuminations  du Château d'Eau.







- Fontaines  lumineuses et illuminations  sur le lac. (Photos  Henri  Manuel)




- Les Ponts d'eau et la Passerelle. (Photo Braun)




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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Mar 24 Nov - 19:33

page 7


- L'Entrée du Musée des  Colonies. MM. Jaussely et Laprade, architectes.
- La Cité des Informations, vue la nuit.
- Le Parc  Zoologique :   Lions et Lionnes.(Photo  Braun)
- Les Eléphants. (Photo Henri Manuel)



... rythmés par la cadence lancinante des « tam-tam » inlassables.
Rouge « sang de bœuf », la Fontaine des Totams crache dans sa vasque de bois peint des arcs d'argent en fusion, et, entre deux rangées de piliers flamboyants nous avançons dans l'Avenue des Colonies Françaises.
Les chants gutturaux s'assourdissent, le rythme des danses s'atténue, la barbare opposition du noir et du rouge disparaît. La féerie extrême orientale commence...
Mais revenons au bord du lac, en face duquel sont groupés les palais de l'Indochine. Une chaussée de trois cent cinquante mètres, la « voie royale », conduit au Temple ; vingt-quatre najas y dressent chacun le sceau menaçant de leurs têtes assemblées. Les cinq parties de nos territoires d'Asie se répartissent harmonieusement dans la verdure. Près de nous, c'est le Laos et ses ravissantes pagodes aux murs rosés, aux toits jaunes, verts, turquoises ; partout une décoration fouillée et nombreuse étale les richesses de son art. A gauche, le Pavillon de la Cochinchine et le Pavillon des forêts, de la chasse et de la pèche. Voici le Tonkin où tout un peuple de prestigieux artisans s'active ; sur la place d'un village, le « dinh », la maison commune attire le regard par ses murs rosés et ses toits mauves. Sur la droite, cependant, le Cambodge élève une splendide pagode rutilante sous les phares : des jonques lumineuses semblent fendre l'opacité du ciel.
Derrière elle, parmi les arbres, l'Annam nous accueille sous son portique monumental, dans le style des palais de Hué.
Et le Temple d'Angkor-Vat domine, dans sa robe de pierre, cette orgie de couleurs et de clartés.
Angkor. Au bas des grands degrés, sur toutes les faces, des dragons figés gardent jalousement le joyau retrouvé d'une civilisation disparue. Ce n'est qu'une broderie de pierre qui court le long de sa masse ; elle se dentèle et s'affine en s'accrochant aux coupoles ovoïdes qui montent dans le ciel. A la base du temple, offrant à son profil hérissé un calme miroir d'eau, un lac ceinture le palais.
Maintenant, dans la nuit pesante qui s'étend, de multiples projecteurs envoient leurs longs faisceaux lécher de flammes vertes les sculptures de la masse et des tours ; au-delà de la coupole, dôme central, ...






- L'Entrée du Musée des  Colonies. MM. Jaussely et Laprade, architectes.




- La Cité des Informations, vue la nuit.




- Le Parc  Zoologique :   Lions et Lionnes.(Photo  Braun)




- Les Eléphants. (Photo Henri Manuel)




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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Mar 24 Nov - 19:34

page 8


- Les Zèbres. (Photo Braun)
- Le petit Chemin de fer desservant l'Exposition. (Photo Henri Manuel)



... des toits de lumière blanche disposés en étoile couvrent le sanctuaire Kmer d'une auréole rayonnante...
Voici maintenant, de chaque côté de la grande avenue des Colonies, se touchant, mais fort dissemblables, les pavillons de ces possessions que l'on appelle « nos Vieilles Colonies ». A la droite du Temple d'Angkor, les Antilles occupent une place d'honneur. La Guadeloupe et la Martinique qui voisinent avec la Réunion détachent leurs façades sur un fond de verdure en une évocation très douce de la vie créole. Plus loin, c'est la Nouvelle-Calédonie, de style canaque, et les cases de Tahiti. En un rapprochement significatif des forces morales s'attribuant le triomphe d'un même idéal de civilisation, les missions catholiques s'accotent aux missions protestantes ; leurs œuvres charitables communes, leur abnégation et leur activité féconde leur donnent aujourd'hui une place d'honneur au sein de notre empire colonial.
Trois petits pavillons terminent l'Avenue : celui de la Guyane, entièrement construit en riches bois du pays ; celui de la Côte des Somalis qui, avec son minaret et la note verte de ses portes, rappelle l'Afrique du Nord, et, entre les deux, celui de l'Inde que gardent deux paisibles éléphants gris.
Volontairement isolée, Madagascar, l'île lointaine, cache sous les bois, son village hova, son palais inspiré de la demeure de l'héroïque Ranavallo, et sa Tour très curieuse qui, violemment illuminée, troue le ciel par les cornes menaçantes de ses quatre tètes de bœuf.
Notre tour d'horizon est terminé. La seule vision des richesses extérieures nous fait bien augurer des trésors accumulés dans nombre de palais... Demain, ces palais s'ouvriront aux flots ininterrompus des visiteurs; il en sera ainsi durant des mois très courts.
Et quant le rêve vivant sera fini, le crépuscule viendra de nouveau se glisser entre les hautes frondaisons du Bois de Vincennes ; la nuit tombera sur les eaux assombries du lac Daumesnil ; seul le Musée permanent étalera encore son mur de pierre sculptée.
Mais dans les arbres et sur les eaux se réfléchira encore, tel un immortel écho, le nom proféré si longtemps par des milliers de bouches, et quelque promeneur solitaire en quête de rêverie percevra les éléments se conter inlassablement la grandeur d'un Lyautey.
Lionel NOSMAS.





- Les Zèbres. (Photo Braun)




- Le petit Chemin de fer desservant l'Exposition. (Photo Henri Manuel)




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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:00

page 9




Le Palais de l'Algérie






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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:01

page 10


- M. Jules Carde, Gouverneur Général. (Photo Henri Manuel)
- Le  Palais  de  l'Algérie  illuminé. (Photo   Braun)


Le Palais   de   l'Algérie




La place de l'Afrique du Nord, dans l'enceinte de l'Exposition Coloniale, correspond à une réalité géographique : là sont groupées, comme les pays eux-mêmes, les sections de la Tunisie, du Maroc et de l'Algérie.
Dans cet ensemble nord-africain, où chacun garde son individualité, l'Algérie apparaît tout de suite sous son aspect caractéristique et avec son importance vraie. Le palais qui la représente, réalisé par M. Montaland, architecte du Gouvernement général, frappe dès l'abord par ses vastes proportions architecturales, sa coupole ovoïde flanquée d'un haut minaret sur plan carré. Cette masse blanche, ornée de faïences à dominante brune et or, se détache vivement sur les frondaisons du bois et la verdure des jardins.
Entrons dans le Palais. A peine franchies les larges portes, qui s'ouvrent sur la place de l'Afrique du Nord, le visiteur se trouve dans une vaste rotonde, au ciel voûté, de 28 mètres de haut. C'est la Salle de la Coupole consacrée à lai Glorification de l'agriculture algérienne. Ici, on n'a pas voulu instruire d'une manière documentaire, mais frapper d'abord l'imagination par le spectacle symbolique et décoratif de ce qui fait la richesse de l'Algérie, son agriculture, qui témoigne plus haut que tout de l'effort colonisateur de la France.
Une haute fontaine lumineuse jaillit au centre de la rotonde. Sur ses parois ruissellent les liquides colorés qui rappellent le jus vermeil des pressoirs. Elle s'achève en un amoncellement de raisins sculptés qui en sortent comme d'une corbeille. Ce fût de lumière aide les regards à se diriger vers la voûte et l'on voit, surmontant les groupes de colonnes des angles, quatre panneaux peints qui évoquent, d'une manière stylisée : la vigne, les céréales, l'olivier et les fruits.
Sur l'axe de la porte d'entrée, après avoir traversé la Salle de la coupole, on passe dans le Hall des produits agricoles, longue nef de 38 mètres où deux files de colonnes créent trois travées. C'est une suite logique : après la figuration symbolique, la démonstration réelle. Ici, sont exposés les produits du sol, leurs dérivés, leurs transformations, à l'exception des vins auxquels une salle spéciale est consacrée. On trouve donc dans ce hall les grains, les farines, les semoules, les pâtes alimentaires faites avec les blés durs, puis les fruits (dattes, oranges, mandarines, figues, etc...), les légumes et primeurs, les conserves adimentaires qu'on en fabrique, puis les olives et les huiles, le coton, les plantes à parfums,  etc...
Enfin, au fond de ce hall, au-dessus d'une porte basse qui donne accès à un patio, une grande carte géographique, où sont figurées les principales productions algériennes, est dressée sur le mur ; elle est l'œuvre du peintre Eugène Corneau.
Quittant le hali par une issue, qui est à gauche de ce patio, on pénètre dans la Salle de la Viticulture. Cette source capitale de la prospérité algérienne méritait une mise en valeur particulière. Dès le seuil, on est fraippé par la disposition pittoresque qui a été adoptée : toute la décoration, faite de tonneaux, de bouteilles et de raisins lumineux, évoque un cellier, prolongé au fond par un ingénieux diorama de M. Louis Riou, qui représente une Cave d'Algérie, avec son matériel de vinification, ouverte sur un paysage éclatant de lumière où l'on aperçoit les vendangeurs au travail. De cette salle, on a accès au Salon des Vins d'Algérie, où les amateurs peuvent déguster les meilleurs crus que la collectivité des producteurs et négociants a eu à cœur de mettre à la disposition du public dans une entreprise commune de propagande, réalisée grâce aux soins empressés de la Chambre de Commerce d'Alger et de son délégué, M. Berthoud, représentant officiel des exposants. Cette annexe du pavillon officiel s'ouvre largement sur la route du Lac par un portique.
Mais il n'est pas temps de quitter l'Algérie : elle réserve d'autres surprises. Ressortant de la Salle de la Viticulture, on peut, à gauche, se rendre directement à la Salle des Mines.
Les   producteurs   eux-mêmes   n'ont   rien   négligé ...





- M. Jules Carde, Gouverneur Général. (Photo Henri Manuel)




- Le  Palais  de  l'Algérie  illuminé.





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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:05

page 11



- Le Palais de l'Algérie. M. Montaland, architecte.



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MessageSujet: Re: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:06

page 12


- Autrefois !.. Le fellah mal outillé cultive à grand peine un bled que trop souvent les bandes de pillards viennent razzier.
Maintenant, avec la sécurité personnelle, le fellah acquiert la jouissance de sa propriété; un géomètre en présence des notables de la tribu (Djemaa) fixe les limites de son bled...

- La Fontaine lumineuse surmontée d'une magnifique grappe de raisins (Verrerie Dinet Rollince et Deveche Bouvet).

- Le colon arrive sur le lot qui lui est attribué. Les  indigènes  lui en montrent les  limites.
Un agent de l'Administration le met en possession et maintenant le colon procède aux premières opérations de son installation: il construit sa maison, creuse un puits, défriche le bled.




... pour donner ici une leçon de force et de méthode : l'exploitation des mines de fer et des gisements de phosphates est mise en lumière par la participation des grandes Sociétés bien connues de « Mokta-el-Hadid », de « l'Ouenza » et des «Phosphates de Constantine », avec un diorama montrant les installations mécaniques.
A droite de la Salle des Mines, le visiteur curieux ne négligera pas la petite Salle des Tabacs.
A gauche de la Salle des Mines, c'est la Salle des Forêts qui s'ouvre. Un pittoresque de bon goût y règne. L'architecte qui a voulu que les types de construction saharienne fussent représentés, a donné ici l'image d'une maison du Sud, un peu fruste, avec ses colonnes au fût inégal, qui supportent une petite coupole. De l'une à l'autre des arcs s'engendrent. Au fond de la salle, un diorama réalisé comme un décor de théâtre, par M. Jacques Simon, fait valoir le démasclage du chêne-liège. Il s'incorpore à la décoration générale de la salle, qui adopte les tonalités fondamentales du vert des frondaisons et du brun rouge des chênes fraîchement démasclés, qu'on retrouve dans les peintures murales habilement disposées par M. Etienne Bouchaud. Bois et lièges bruts ou ouvrés, crin végétal sont les produits exposés, ainsi que l'alfa avec ses transformations si précieuses : pâtes, papiers et textiles dont les principales sociétés industrielles qui le traitent montrent l'emploi et la fabrication.
Puis, on passe dans la Salle de l'Elevage où le pinceau de M. Jean Bouchaud déroule une frise de géorgiques africaines. C'est ici le domaine des documents relatifs à l'important cheptel de l'Algérie: moutons, chèvres, bovins et des laines, cuirs et peaux.
Si le visiteur quittait ici le Pavillon de l'Algérie, par l'issue qui s'ouvre sur sa façade postérieure, toute bâtie selon le mode saharien, il emporterai déjà de la richesse du terroir algérien une vision bien frappante.
Il lui serait difficile d'oublier que dans ce pays, naguère encore livré à l'abandon, la prospérité règne, que l'opulence des temps anciens de la colonisation romaine est revenue avec plus d'éclat, que trois millions d'hectares y sont couverts de céréales donnant par an jusqu'à 10 millions de quintaux de blé, que 250.000 hectares de vignes peuvent donner 14 millions d'hectolitres de vins, que 15 millions d'oliviers sont mis en valeur, que 450.000 hectares de forêts de chênes permettent une exportation de lièges de 90 millions de francs, que l'industrie minière rapporte plus de 250 millions par an du seul fait des exportations.
En matière d'arts et d'industries indigènes, les Pouvoirs publics n'ont qu'un rôle d'encouragement; il appartient au Commerce d'organiser la production et la vente. C'est à ces fabricants, au meilleur de leur production, appréciée aujourd'hui du monde entier, qu'est réservée la Salle des Tapis et des Bijoux, vaste et charmant patio mauresque qui s'ouvre à la fois sur la salle de l'artisanat, sur celle des Territoires du Sud, sur le hall des produits agricoles et qu'une baie vitrée montre aux promeneurs qui sont en dehors du pavillon.
Dans un doux éclairage, qui tombe de la coupole, parmi les colonnes et les arcs en plein-cintre, les coloris divers des tapis chantent harmonieusement. Des ouvrières, des jeunes filles arabes, attentives à leurs métiers, montrent comment se trame le tapis, comment se noue la laine. Elles ajoutent une autre note de vie et de gaieté à ce reposoir élégant.
La Salle des Territoires du Sud prolonge encore cette impression avec les objets sortis des ouvroirs : tentures, bijoux, nattes, étoffes, etc... Mais ce sont les espaces infinis du Sahara, désormais largement ouverts à la pénétration française, qui s'imposent soudain à l'esprit avec le grand diorama du Hoggar, où le peintre Paul-Elie Dubois a dressé un campement touareg dans le panorama de l'Askrem et avec un panorama touristique du Sahara vu à vol d'avion.
Enfin, un Salon en façade sur la place de l'Afrique du Nord, où sont exposés les livres et publications concernant l'Algérie, est l'endroit de repos, de lecture et de conversation qui s'impose après ce voyage que le paysage du M'Zab, diorama de M. Bouviolle, n'achève pas encore.

L'Algérie économique et touristique




L'Algérie occupe la partie centrale du grand bastion Nord-africain, véritable île qui commence à l'Atlantique pour finir aux Syrtes et érige, sur la Méditerranée, sa façade rigide, pour s'achever, de l'autre côté, sur les solitudes plus désertes qu'une mer du Sahara. Elle n'est, géologiquement, qu'un système montagneux, celui de l'Atlas, formé de plusieurs chaînes allant d'Est en Ouest, avec leurs pics, leurs talus, leurs plateaux et leurs plaines intermédiaires.






- Autrefois !.. Le fellah mal outillé cultive à grand peine un bled que trop souvent les bandes de pillards viennent razzier.
Maintenant, avec la sécurité personnelle, le fellah acquiert la jouissance de sa propriété; un géomètre en présence des notables de la tribu (Djemaa) fixe les limites de son bled...



- Le colon arrive sur le lot qui lui est attribué. Les  indigènes  lui en montrent les  limites.
Un agent de l'Administration le met en possession et maintenant le colon procède aux premières opérations de son installation: il construit sa maison, creuse un puits, défriche le bled.





- La Fontaine lumineuse surmontée d'une magnifique grappe de raisins (Verrerie Dinet Rollince et Deveche Bouvet).




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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:07

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- Le tracteur bientôt laboure le sol défriché, les bâtiments de la ferme s'élèvent, le bétail s'accroît, les plantations d'arbres fruitiers se multiplient. La femme du colon le seconde dans sa tâche ; son influence bienfaisante rayonne sur les indigènes qui l'entourent.

- Vue générale du Grand Hall.
- La  Salle  de  Dégustation  des  Vins. (Photos    Braun)

- Le  mouvement  coopératif est encouragé chez les indigènes. Les  sociétés de prévoyance distribuent des semences sélectionnées et des reproducteurs de choix. Tandis que chez les Européens, la coopération aboutit à la création de docks-silos dans les grands ports de la côte.




Les frontières de l'Algérie sont politiques et artificielles, car cette terre ne se différencie point du Maroc qui la prolonge vers l'Atlantique ou de la Tunisie qui la précède dans la direction de l'Est. Du Nord au Sud, elle superpose trois bandes climatiques parallèles, le Tell en bordure de la mer, les Hauts-Plateaux et les steppes désertiques. Le Tell, qui se divise, dans le sens de la longueur, en deux régions différentes, Tell oriental couvert de hautes montagnes et Tell de l'Ouest bordé de plaines et de collines, est le pays méditerranéen de type classique, alternant les coteaux boisés de chênes et de pins avec les plaines alluvionnaires plantées de céréales et de vignes, les pentes couvertes d'une brousse de lentisques et d'arbousiers avec les vergers d'oliviers et les jardins. Le climat est tempéré et d'une douceur idéale en bordure de la mer ; les pluies sont fréquentes, mais torrentielles et le morcellement du relief autorise plus les torrents temporaires que les fleuves à régime permanent.
Après l'Atlas tellien commencent les Hauts-Plateaux, zone, comme son nom l'indique, élevée, parfois plate, le plus souvent ondulée par grands plans et qui emprunte, dans des proportions diverses, au Tell qu'elle continue ou au steppe qu'elle annonce. C'est la terre à blé par excellence, un unique champ de velours vert au printemps, quand lèvent les récoltes, et une monotone suite de terres fauves et calcinées après les moissons, dans l'attente des pluies et des neiges d'hiver. Le climat est rude, déjà continental; les eaux se répartissent comme elles peuvent en direction de la mer, ouvrant des brèches dans l'Atlas tellien ou roulant vers le Sud pour se perdre dans les sables ou s'étaler dans les chotts.
Antichambre du désert, le steppe vient après. Plus d'arbres, sauf les palmiers des oasis et quelques pistachiers, mais la terre vide, de sable, de
cailloutis, parsemée de plantes épineuses et, après les pluies dans les dépressions où se sont ramassées les eaux de ruissellement, des champs de graminées où les nomades poussent leurs troupeaux. Plus bas enfin le Sahara, le désert, l'empire du minéral où s'échelonnent de loin en loin, dans le lit d'anciens fleuves qui continuent à couler souterrainement, des rues de palmiers et des chapelets d'oasis.
Battue par une mer brutale, la côte est dure, inhospitalière, comme partout en Afrique accumulant dès l'abord ces barrières dont il semble que ce continent farouche ait voulu se défendre. Comme les unités politiques voisines du Maroc et de la Tunisie, l'Algérie est dominée par une nature irrégulière et capricieuse, que l'industrie de l'homme devra toujours corriger et contraindre.
L'histoire de l'Algérie ne se détache pas de l'histoire générale du bloc nord-africain, dont elle connut toutes les splendeurs et tous les désastres et dont elle partagea les destinées tragiques. Au 12e siècle avant J.-C., habitée par des éléments pélasgiques venus de l'Asie par le pédoncule du Sinaï et de l'Europe par les Colonnes d'Hercule, elle voit les Phéniciens prendre pied sur ses côtes, puis, dans la suite des temps, terre de campement et de conquête, elle voit s'implanter sur son sol tous les peuples et toutes les races : Rome qui, pendant six cents ans, lui impose la paix, les Vandales, les Byzantins, les Arabes, les Turcs et les Français. Champ de batailles, elle est restée un champ de ruines et le plus grand cimetière archéologique du monde. Elle a usé tous les conquérants, mais la race qu'on peut dire autochtone, ces Barbares du voyageur grec devenus Berbères, ne fut jamais capable de former un peuple et d'atteindre à l'unité politique, même quand elle édifiera avec une rapidité étonnante et pour la durée de trois ou quatre générations ces empires des Sanhadja Kabyles, des Almoravides et des Almohades, même quand elle ira, derrière une poignée d'entraîneurs arabes, conquérir l'Espagne d'abord pour eux et ensuite pour elle. De cette incapacité, de ce destin qui fut celui des Africains, accrus des apports des races d'abord conquérantes, puis usées par eux, de ne jamais savoir s'unir contre l'envahisseur et d'être toujours ...







- Le tracteur bientôt laboure le sol défriché, les bâtiments de la ferme s'élèvent, le bétail s'accroît, les plantations d'arbres fruitiers se multiplient. La femme du colon le seconde dans sa tâche ; son influence bienfaisante rayonne sur les indigènes qui l'entourent.




- Le  mouvement  coopératif est encouragé chez les indigènes. Les  sociétés de prévoyance distribuent des semences sélectionnées et des reproducteurs de choix. Tandis que chez les Européens, la coopération aboutit à la création de docks-silos dans les grands ports de la côte.






- Vue générale du Grand Hall.




- La  Salle  de  Dégustation  des  Vins. (Photos    Braun)




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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:08

page 14


- Le Salon des Tapis. (Photo Henri Manuel)
- La  Fabrication des Tapis.
- La  Salle  consacrée  à  l'Extrême-Sud. (Photos  Braun)



... réduits, on accuse leur particularisme, leur conception raciale et non géographique de la patrie et de la nation et les tendances anarchiques de leur esprit, tendances qu'ils devraient, autant que la terre fait l'homme, à la nature chaotique, compartimentée et multiple du pays qu'ils habitent.
Cette histoire de l'Afrique du Nord, confuse et compliquée par suite du manque de traditions écrites, à mesure qu'elle se rapproche de nous, dépasse infiniment le cadre et le but de cette publication et a prêté à des travaux tous plus admirables les uns que les autres auxquels on ne peut que renvoyer le lecteur. L'histoire de la conquête de l'Algérie, commencée avec le débarquement de 1830, et qui nous amena à occuper successivement la Tunisie, le Maroc, puis le Sahara, fait partie intégrante de l'histoire de la France et est présente à l'esprit de tous. Il est donc inutile de s'y attarder.
Aujourd'hui, après cent ans d'occupation française, l'Algérie est un grand pays partagé en trois départements et placé sous l'autorité d'un Gouverneur général représentant le Gouvernement de la République. Seuls les services de la Justice et de l'Instruction publique sont encore partiellement rattachés, mais tous les autres, civils et militaires, dépendent de la haute administration du Gouverneur général. La hiérarchie qui lui est subordonnée comporte un personnel civil, secrétaire général, préfets, administrateurs, généraux de divisions, de brigades et commandants de cercles. Les organes administratifs sont le Conseil de gouvernement formé des chefs des grands services publics, le Conseil Supérieur formé des membres du Conseil de gouvernement, des préfets, généraux, délégués des Conseils généraux et des délégués de l'Assemblée des Délégations financières.
Enfin, cette assemblée, depuis que l'Algérie a son budget autonome et est dotée de la personnalité civile, décide les recettes et les dépenses, les premières devant être autorisées par la loi de finances de la Métropole.
L'Algérie comprend des territoires civils, communes de plein exercice où les autorités sont électives et communes mixtes administrées par un fonctionnaire assisté d'une Commission municipale de Français élus et d'indigènes nommés, puis des territoires militaires ne comprenant plus que des communes mixtes et des communes indigènes, les premières administrées par un commandant de cercle assisté de membres français élus et de membres indigènes nommés, les secondes gérées par un commandant de cercle et des représentants des sections indigènes. Enfin, les Territoires du Sud forment un district à part, qui a son budget propre et doit être administré par des procédés économiques à cause de ses ressources minimes. La Kabylie vit sous un régime particulier. L'organisation algérienne actuelle est empirique et l'aboutissement de longues recherches. Elle a fait de l'Algérie une colonie ayant son budget, gérant ses finances et dotée d'une importance relative, mais elle est susceptible de remaniements et devra se modeler sur l'évolution plus ou moins rapide dont se montrera capable le monde musulman algérien.
L'Algérie, dont les trois départements couvrent 180.000 kilomètres carrés (le tiers de la France), non compris les Territoires du Sud et des Oasis, comptait au recensement de 1931, six millions d'indigènes et moins d'un million d'Européens. En 1830, lors de notre venue, on estimait à 2 millions le nombre des habitants, qui de la sorte auraient triplé dans le temps d'un siècle.
Comme dans toutes nos colonies, c'est à la paix imposée, à l'assistance médicale autant qu'à la mise en valeur et à l'amélioration de la vie économique qu'il y a lieu d'attribuer cet accroissement des indigènes. Ces six millions d'hommes sont surtout répartis dans les campagnes, propriétaires ou ouvriers agricoles ou bien commerçants dans les villes et y assurent la grosse main-d'œuvre. Les Européens sont groupés dans le Tell et les Hauts-Plateaux, population pour un tiers rurale et pour le reste citadine. L'agriculture, le commerce, les professions libérales requièrent son activité; le soin d'administrer la société musulmane y exige un important coefficient de fonctionnaires. L'élément étranger, surtout composé d'Espagnols (145.000 en 1886), d'Italiens et de Maltais (45.000 et 20.000 à la même époque) est intégré à mesure par la naturalisation automatique en vertu du «jus soli». On compte aussi 70.000 Juifs indigènes devenus Français par le jeu du décret Crémieux, quelques Suisses, Grecs, Belges et Nordiques. Malheureusement, l'effondrement de la devise française consécutive à ...







- Le Salon des Tapis. (Photo Henri Manuel)




- La  Fabrication des Tapis.




- La  Salle  consacrée  à  l'Extrême-Sud. (Photos  Braun)



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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:09

page 15


- Diorama du Hoggar, par Paul-Elie Dubois. L'Atakor, un des  sommets  les  plus  élevés   (2.800 mètres),  où  était situé l'ermitage d'été du Père de Foucauld.


... la guerre de 1914 a tari cette source de recrutement; de plus, les indigènes non seulement ne peuvent plus être compressés, mais demandent de la place et s'expatrient temporairement et, enfin, l'appropriation à peu près complète des terres cultivables s'oppose à l'accélération du peuplement français.
La capitale administrative et de fait de l'Algérie est Alger qui accuse 256.000 habitants au recensement de 1931 ; les villes sont, dans l'ordre : Oran, grand port commercial, Constantine, Bône, Bel-Abbés, Philippeville, Mostaganem, Bougie.
L'Algérie est un  pays uniquement agricole,  car elle ne possède ni le charbon, ni la force hydraulique qui pourraient lui permettre de devenir un pays industriel.  Les  grandes  cultures  qu'on   y  pratique sont celles des céréales et de la vigne. Les céréales y donnent  une  moyenne  de   douze  à  dix-huit  millions de quintaux et couvrent trois millions d'hectares,   dont  environ  un  tiers  aux    Européens.  Les rendements   proportionnellement   médiocres   et  qui seront bonifiés par un meilleur travail des terres et l'emploi  des  engrais   dépasse  déjà  les  besoins   locaux et permet une  exportation assez importante. Dans  les  plaines  côtières  et  sur  les  pentes   du Tell,  le  vignoble  occupe  près  de  200.000  hectares et produit de 10 à 12.000.000 d'hectolitres. Les vins sont  d'excellente  qualité,  riches  en  alcool  et  bien constitués.     L'installation   des   caves    algériennes, des grands domaines ou coopératives, est parfaite et  leur   outillage   entièrement  modernisé.   La   plus grosse part de ces vins va à l'exportation et a servi jusqu'ici à renforcer les vins faiblement alcoolisés et sans tenue, récoltés par deux cents et trois cents hectolitres à l'hectare, dans les plaines irriguées du Midi. Depuis la guerre de 1914, la vigne a provoqué un  afflux d'argent, entraîné l'activité et produit   le   bien-être.   Malheureusement,   cette   culture apparaît  menacée  par  les  propositions  de  contingentement émises  par les viticulteurs du  Midi  de la France qui ne peuvent admettre de se voir concurrencer. Cependant,comme son sol, son climat, ses prix moins  élevés  de  revient font  de  l'Algérie un pays viticole par excellence, on espère que les prétentions   excessives   des   protectionnistes   français n'arriveront pas à triompher et à fausser ces lois économiques qui veulent le succès de celui qui produit la meilleure marchandise au meilleur marché. A côté de ces cultures de base, l'Algérie tire d'importantes  ressources  de   ses  cultures  fruitières   et maraîchères, au premier rang desquelles celle des agrumes,  oranges  et mandarines,  qui  occupe  plus de  8.000  hectares  produisant  en moyenne   250.000 quintaux par  an.  Les  primeurs  prêtent  à  un   important mouvement commercial : pommes de terre, tomates, haricots verts, artichauts exportés sur les marchés  français  et  de  l'Europe.  Depuis  quelques années, l'Algérie s'oriente vers la création de vergers,  production  à  laquelle  se  prêtent  son   sol  et son climat, celle notamment des pruniers japonais qui occupe déjà plus de 3.000 hectares. Les massifs
kabyles comptent d'innombrables figuiers dont les fruits assurent une partie de l'alimentation des indigènes et sont exportés au poids moyen de 80.000 quintaux  par an.  Mais  pour cette  production  des arbres fruitiers, il conviendra de remplacer les procédés   de   conservation  jusqu'ici   défectueux   et   de s'inspirer   des   méthodes   industrielles   des   grands pays  producteurs, entr'autres la Californie, si les fruits algériens veulent avoir quelque chance d'être demandés sur les marchés. L'olivier tient une place importante  dans  l'économie  agricole  du  pays.  La production suffit à peine à la consommation, l'huile étant le  condiment gras le  plus  employé  par les indigènes. La zone favorable va jusqu'à mille mètres d'altitude et s'étend à tout le Tell. On estime à quinze millions les arbres existants, dont la moitié  en rapport et le  reste  susceptible de greffage. Les montagnards indigènes se sont pris d'affection pour ce végétal et beaucoup de terres accidentées et médiocres se reboisent par sa grâce. La production annuelle oscille entre deux cent et quatre cent mille  quintaux.   Le  tabac  est  cultivé   sur  près  de 30.000 hectares dans les plaines côtières et la Kabylie.   Le   rendement  est  de   140.000   quintaux; représentant une valeur de 70 à 80 millions de francs. Parmi  les autres plantes, le sisal, le ricin,  le géranium  à distiller, le coton, sur lequel on a fondé beaucoup d'espoir à cause  des hauts prix atteints par ce textile dans la période d'après-guerre, occupe environ   5.000   hectares.   Cependant,   les   exigences de   cette   plante,   tant   en   main-d'œuvre   que   dans la qualité des terres, qui doivent être de premier choix et irrigables, de même que la baisse des prix, portent à croire que le succès sera très relatif. Les dattiers du Sud, au nombre approximatif de 8 millions, contribuent à l'alimentation des indigènes des oasis et donnent lieu à une exportation assez active de fruits de luxe. Dans la mesure où on peut creuser de nouveaux puits sans assécher ceux qui existent, l'administration s'efforce d'étendre ces plantations. L'alfa des  steppes est concédé par adjudication  à des sociétés fermières  et exporté sur l'Angleterre. Enfin, le palmier nain, dont l'ère se réduit à mesure que s'effectue la mise en valeur, prête à une petite industrie   de    transformation   sous   forme   de    crin végétal.
La forêt algérienne, dont la superficie théorique est d'environ de 3.500.000 hectares, est surtout formée de chênes-lièges exploités pour le liège et le tan, de chênes zéens qui donnent des traverses de chemin de fer et de pins d'Alep employés comme bois de mines, de scierie et de menuiserie d'emballage. Le rapport des forêts algériennes couvre largement les frais de protection et de surveillance et laisse même une marge de profit qu'on aimerait mieux voir réemployé dans la forêt elle-même qu'absorbé, comme il l'est, par le budget général.
Aux ressources de l'agriculture s'ajoutent celles non moins importantes du sous-sol algérien. L'Algérie est, en effet, une zone de fracture et elle est très riche en gîtes métallifères de toute espèce. Avec l'Ouenza, le Bou-Kadra et cent autres mines, elle possède des gisements de fer inépuisables et exporte annuellement plus d'un million de tonnes. Ce sont les régions montagneuses du département de Constantine qui sont les plus minéralisées. Elle contiennent du plomb de la galène et de la calamine, du cuivre sous forme de pyrite, du zinc, du manganèse et du mercure. Les carrières abondent, grès, granit, marbre, dont quelques-uns précieux, onyx, gypse à plâtre et enfin phosphates dont les gisements dépassent toute imagination, le seul gisement du Djebel-Onk, dans la branche phosphatière Sud, passant pour contenir un milliard de tonnes. L'exportation actuelle est de plus de 500.000 tonnes par an, mais il va de soi que la mise en exploitation des nouveaux gîtes intensifiera ces chiffres au point de les doubler.

L'élevage algérien est un gros facteur de richesse et de travail. Si l'Algérie est moyennement propice à l'élevage du gros bétail délicat et qui a besoin de beaucoup de nourriture, elle convient admirablement au mouton, auquel, en temps normal, elle offre d'immenses parcours et des herbages suffisants dans ses régions qui confinent au désert. L'élevage du mouton, seul moyen de tirer parti de ces terres impropres à la culture, est la spécialité des indigènes. Le troupeau ovin algérien compte normalement dix millions de têtes. Les hivers excessifs ou la sécheresse le réduisent parfois considérablement, comme en 1930, et si l'on a pu enrayer les épizooties, on est resté à peu près impuissant contre la froidure et contre la famine. On a construit des abreuvoirs, des abris, des stations pour l'amélioration de la race. Un million et plus de moutons algériens sont annuellement exportés en France, tandis que les autres assurent la consommation locale. La laine fournit à l'habillement des indigènes et à leur industrie familiale des tapis. Les peaux, chèvres et moutons, donnent lieu à une importante exportation.

L'Algérie, dépourvue de combustible et de force hydraulique, n'a pas d'industries. On y trouve quelques manufactures de transformation, des scieries des confitureries, des fabriques de conserves de légumes, des meuneries, huileries, fabriques de tapis et de pâtes alimentaires, fours à chaux et tuileries, La richesse poissonneuse de ses côtes en espèces migratrices, anchois, sardines et thons, a provoqué l’apparition d'usines de conserves et de salaisons exportant leurs produits sur la Métropole, l'Italie, la Grèce, les pays de la Méditerranée orientale.

Le commerce de l'Algérie est conditionné par la nature même de ce pays. Agriculturaux ou d'extraction, les produits algériens sont exportés et les importations portent sur les produits manufacturés. Elles consistent en denrées de consommation, tissus, machines, métaux, charbons, autos, armes, droguerie, bois d'œuvre, meubles, etc. Les importations sont supérieures aux exportations et près des ...





- Diorama du Hoggar, par Paul-Elie Dubois. L'Atakor, un des  sommets  les  plus  élevés   (2.800 mètres),  où  était situé l'ermitage d'été du Père de Foucauld.




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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:09

page 16


- Le  Palais de l'Algérie, vu sous un ciel orageux :  La blancheur des coupoles se détache nettement sur le fond du ciel noir.
- Le Palais de l'Algérie, vu du Pavillon du Congo belge.



... cinq sixièmes  de ces  échanges intéressent la  Métropole.
Voici, pour l'année 1929 un tableau portant sur la   quantité   des   principales   productions   algériennes :
Céréales : 7.000.000 quintaux
Fourrages : 2.484.000 quintaux
Vins : 12.832.430 hectolitres
Agrumes : 583.000 quintaux
Ovins : 6.195.723 moutons
Laines : 214.242 quintaux
 
La mise en valeur, l'exploitation des richesses du sol et du sous-sol ont provoqué le développement des ports, des voies ferrées et l'introduction de plus en plus active du grand outillage moderne. Le réseau des routes nationales atteint près de 6.000 kil. et 30.000 kil. de routes secondaires ; les voies ferrées mesurent près de 4.500 kilomètres et se développent cependant que les transports automobiles, voyageurs et marchandises, se multiplient sans arrêt. Les ports s'outillent et subissent des remaniements. Le grand port d'importation est Alger, qui reçoit la moitié des produits destiné à l'Algérie et qui vient après Marseille dans l'importance des ports français. Oran s'est spécialisé dans l'exportation des blés et comme escale charbonnière ou de mazout.
Plusieurs compagnies de navigation, Transat, Mixte, Transports maritimes assurent les communications avec Marseille, d'autres assurent le mouvement des marchandises lourdes avec les ports français de l'Océan. Des lignes aériennes relient Alger à Marseille et Oran à Toulouse.
A toutes les causes de prospérité décrites et qui font de l'Algérie un pays voué au plus bel avenir et dont la situation actuelle prouve l'aptitude colonisatrice de la nature française, il faut indiquer l'industrie naissante et déjà florissante du tourisme, laquelle par sa propagande active et les satisfactions qu'elle sait donner aux voyageurs provoque le mouvement des personnes et des capitaux, crée des amitiés et facilite les échanges dans tous les domaines. L'Algérie apparaît en effet comme un des pays les plus touristiques du monde en ce sens qu'elle unit les beautés les plus différentes, les paysages les plus contrastés et les décors les plus divers. Sur la côte, elle montre des jardins aussi enchanteurs que ceux de l'Espagne et de l'Italie, plus loin elle offre enfin, à quelques centaines de kilomètres de la mer, ce spectacle si prenant et inoubliable du désert, l'éternel été des oasis, l'immuable pureté du ciel bleu arrondi par-dessus la vastitude illimitée des horizons pétrifiés de lumière et de silence.





- Le  Palais de l'Algérie, vu sous un ciel orageux :  La blancheur des coupoles se détache nettement sur le fond du ciel noir.




- Le Palais de l'Algérie, vu du Pavillon du Congo belge.




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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:10

page 17



Tourisme algérien : de la mer au désert


Visiter l'Algérie de la mer au désert, c'est aujourd'hui un rite consacré dans le tourisme international ; c'est un devoir national pour le touriste français.
Le rite s'est établi bientôt quand la guerre terminée permit, de reprendre et de mener à bonne fin l'organisation touristique du pays. Bien vite, ce voyage est devenu le « tour » le plus facile, le plus rapide, le plus confortable parmi les croisières en Méditerranée. Une brève course de 22 à 26 heures, voilà à quoi se réduit la traversée maritime, sur des paquebots confortables et l'on va en 42, 43 heures de Paris à la côte algérienne.
Si la douceur lumineuse de l'hiver sur les coteaux d'Alger ne retient point le voyageur, il peut, trois jours après avoir quitté Paris dans la brume froide d'un soir de janvier, se trouver sous le soleil éclatant et chaud des oasis du Sud Algérien. La semaine ne sera pas écoulée qu'il aura pu parvenir aux montagnes étranges du Hoggar désertique ou même aux bords du Niger énorme, vers Tombouctou. Est-il ailleurs une randonnée plus rapide et plus aisée vers les grands pays sauvages et la splendide nature africaine ?
Quiconque en France pense et réfléchit à ce que fut la « conquête de l'Algérie », la libération de ce pays asservi par le dur régime de la domination turque, la pacification des provinces ruinées par des siècles de désordres et de guerres, l'ouverture de ces contrées montagneuses et difficiles entre toutes, ne peut se refuser à reconnaître que le Centenaire de 1930 marque une grande époque et l'accomplissement de grandes choses. Le voyage en Algérie est pour le Français comme un pèlerinage pour rendre un juste hommage à ceux qui ont réalisé cette œuvre. On y éprouve en même temps un profond sentiment de joie et d'orgueil devant l'énergie et la générosité françaises au travail.
Visitez l'Algérie, Etrangers et Français. Le pays est immense, infiniment varié et beau. L'œuvre colonisatrice y est splendide. Dans le souvenir lointain et glorieux de l'Afrique Romaine monte l'image de l'Afrique Française et le présent déjà égale le passé.

Les Circuits automobiles en Algérie et au désert
L'automobile « a fait » le Maroc, disait un jour le Maréchal Lyautey. L'auto-car « a fait » le grand tourisme algérien et saharien.
A travers ces vastes contrées que les voies ferrées traversent à de longs intervalles, que les villes et bourgades jalonnent à des distances croissantes à mesure que l'on descend vers le Sud, l'auto-car, sûr et rapide, emporte les voyageurs sur les routes et les pistes, dans le steppe des Hauts-Plateaux ou les solitudes du Sahara, aisément, d'un effort simple et inlassable. L'on « voit » admirablement le pays ; la fatigue est nulle et l'étape s'achève au gîte du soir, grand hôtel luxueux ou camping pittoresque, dans la pleine satisfaction d'une journée riche d'impressions et de sensations heureuses.
Sans l'autocar des circuits, combien de régions saisissantes de l'Algérie du Nord et du Sud resteraient encore fermées au voyageur, s'il ne peut se procurer le matériel et le personnel d'une expédition, d'une caravane.

Les promenades dans le Tell algérien.
Le long de la côte algérienne s'étend une ample contrée montagneuse, boisée de forêts inégales, coupées de gorges étroites et profondes, interrompues à de larges intervalles par des vallées fertiles et peuplées; c'est le Tell, la région de colonisation principale, au climat modéré, aux cultures semblables à celles du Midi de la France. C'est là que sont les villes, sur la côte même: Oran, Mostaganem, Ténès, Cherchell, Alger, Bougie, Djidjelli, Bône; dans les montagnes et les plateaux ou vallées : Tlemcen, Sidi-bel-Abbès, Relizane, Orléansville, Miliana, Blida, Médéa, Tizi-Ouzou, Sétif, Constantine.
Que le lecteur nous excuse de ne pas le conduire à travers ce Tell qui est la splendeur coloniale de l'Algérie, nous allons simplement lui montrer les grandes curiosités du pays et pour cela descendre vers ce Sud qu'ont chanté les poètes et qui a lui-même émerveillé tous ceux qui ont eu la joie de le parcourir.

Le Sud algérien et le Sahara ; l'oasis de Bou-Saâda.
L'excursion d'Alger à Bou-Saâda est une des innovations les plus hardies et les plus heureuses du tourisme automobile. L'oasis est située aux confins Sud des Hauts-Plateaux, à l'écart de toute voie ferrée, sur de mauvaises routes.
La route est dure pour la voiture, point pour le voyageur. Elle franchit les monts de l'Atlas par Tablât et redescend sur les Hauts-Plateaux d'Aumale pour s'engager sur le steppe immense et jusqu'aux abords des monts du Sud.
De Sidi-Aïssa pour atteindre Bou-Saâda la route traversa une région désertique, complètement aride et sur laquelle ne poussent que quelques plantes sauvages qui servent à l'alimentation des troupeaux.
L'arrivée offre le spectacle le plus féerique. A l'un des tournants qui précèdent la ville, on aperçoit au loin, au pied d'une colline, Bou-Saâda nimbée d'or et de lumière. Et au fur et à mesure qu'avance l'auto on distingue les cubes des maisons disséminées dans les palmes. Une atmosphère légère et douce vous enveloppe et l'on goûte le grand silence qui est le secret du Sud.
Bou-Saâdat est un paradoxe, une oasis saharienne hors du Sahara, car elle est au Nord et non pas au Sud des montagnes qui ferment le désert. Elle n'en a pas moins la luxuriante palmeraie, les jardins parfumés, les maisons sombres et les ruelles étroites des oasis du Sud. Mais elle a de l'eau plus que toutes. Les ruisseaux et ruisselets de l'oasis sont célèbres depuis que le grand peintre Dinet s'est enthousiasmé de Bou-Saâda et s'y est fixé pour la mieux peindre.
C'est maintenant l'étape unanimement réclamée par le voyageur qui gagne soit les oasis de Biskra et du Sud constantinois, soit les oasis de Laghouat.

Les oasis du M'Zab.
Plus encore peut-être que Bou-Saâda, le M'Zab a été révélé aux touristes par des circuits automobiles. Plus encore que Bou-Saâda, le M'Zab était privé de communications, en plein désert, à des journées de marche de la dernière ville européenne, Laghouat.
Ce n'est pas en vain qu'au Moyen-Age les Berbères de Tiaret, ayant vu leur royaume ruiné par les envahisseurs arabes, se sont réfugiés au cœur du Sahara, au M'Zab pour y créer leurs oasis, un prodige de courage et de patience. Ils étaient vraiment hors du monde et des intrus.
Or, voici que, par l'automobilisme, une invasion pacifique s'est produite depuis la guerre. De Bou-Saâda ou de Laghouat, il n'y a plus qu'une étape normale jusqu'à Ghardaïa, la première ville, le centre du M'Zab.
Il n'est pet-être point de région en Afrique du Nord où le touriste ait une plus forte impression de nouveauté, d'originalité. Ce peuple de fugitifs a créé au Sahara un groupe d'oasis où sont nées des villes. Ils ont découvert l'eau, loin sous le sol et par des milliers de puits atteignant 70, 80, 100 mètres, des norias, simples, mais robustes, amènent patiemment, depuis des siècles, l'eau bienfaisante jusqu'au sol. Ils ont créé des palmeraies, des jardins, ils ont fait la vie au milieu du désert. Ils se sont acclimatés à ce climat terrible, glacial et brûlant tour à tour. Ils ont construit des cités et des monuments d'une architecture profondément originale. Ils ont gardé, farouchement, un vieux rite religieux, au point d'être taxés d'hérésie par les autres musulmans. Ils ont maintenu jalousement les mœurs et leur race même à l'abri des mélanges. C'est un monde fermé qu'à peine la France a ouvert à la civilisation et qui surprend, étonne et émerveille le voyageur.
Ghardaïa est une agglomération de 12.000 habitants..., la plus importante des sept villes du M'Zab. Guerrera en est peut-être la plus pittoresque; à peine accessible au voyageur qu'elle ne peut toujours héberger pour la nuit, faute de logis suffisant. Il n'est pas bien loin le temps où un européen ne pouvait demeurer dans une ville du M'Zab après le coucher du soleil. Par précaution politique, par puritanisme religieux ou par simple méfiance héréditaire pour « ceux qui viennent du Nord », les M'Zabites écartaient l'intrus.
Aujourd'hui Ghardaïa; possède des hôtels et reçoit un lot de visiteurs, tous les ans accrus, qui de là rayonnent à travers les oasis.
Non seulement Ghardaïa est abordé en automobile par le Nord de Laghouat ou le Nord-Est de Bou-Saâda, mais encore par l'Est en venant du Sud, des oasis de Biskra ou de Touggourt. Le M'Zab n'est même plus un point terminus, mais une étape sur les grands circuits sahariens qui le dépassent et s'enfoncent dans le Sud.

Le Sahara.
Au seuil du grand désert, le chapelet égrené des oasis est désormais relié par le fil des circuits. Ghardaïa, Touggourt, Biskra ou Ghardaïa, El-Goléa, Touggourt, deux itinéraires à choisir à travers le sable des dunes et les cailloux des plateaux, toujours dans la lumière splendide et les perspectives immenses du désert, dont repose l'étape du soir, soit sous les tentes, soit au bordj de l'oasis.
Mais le voyageur, désormais ne s'arrête plus sur le seuil du Sahara. Il a pris le goût du désert lui-même; le désir des étendues infinies qui fuient vers le Sud, la curiosité des pays mystérieux enfermés dans sa solitude profonde.
C'est au Sahara même que se porte maintenant le tourisme et surtout vers le Hoggar aujourd'hui célèbre, vers les masses montagneuses si surprenantes par leur aspect et leur nature, vers cette région consacrée par le souvenir du Père de Foucault, l'apôtre du Sahara, par le souvenir du Général Laperrine, le pacificateur des Touaregs.
Tamanrasset, nom devenu familier, jadis symbole de tout l'inconnu redoutable du grand désert, maintenant reliai confortable des étapes transsahariennes. Des circuits automobiles y conduisent non plus en randonnée d'essai, mais en voyages réguliers, qui s'offrent aux, touristes avec la même simplicité et la même sécurité que l'excursion de Bou-Saâda ou du M'Zab.
Des itinéraires et des horaires tracent le voyage avec la même précision que si le Sahara avait cessé d'être l'Immensité inquiétante d'autrefois. Ici encore l'ordre et la paix sont venus s'établir avec l'occupation française. Qui viendra verra ce que peuvent faire et ce qu'ont fait les « Sahariens » français.
Le principal itinéraire part d'El-Goléa, fuit vers In-Salah, Tahount-Arak, Aoulef, Adrar, Timimoun, pour parvenir enfin, après 2.800 kilomètres, à Tamanrasset, au cœur des monts du Hoggar.
Ce sont trois semaines entières dans le grand désert que ce voyage aller et retour, trois semaines d'émerveillement, dans le confort et la sécurité. Déjà, on peut prévoir l'organisation méthodique et confortable de plus grandes courses, de Tamanrasset vers le Sud, toujours plus avant jusqu'aux steppes de l'Afrique centrale, au territoire anglais de la Nigeria, au cercle français du lac Tchad, au seuil de la grande colonie inconnue de l'Oubanghi-Chari et du Congo...
Devant ces perspectives infinies se trouvait, ii y a quelques mois, le Lieutenant Estienne, au cours d'un raid extraordinaire, seul dans son auto, sur 18.000 kilomètres de parcours. Sans difficultés, disait-il modestement. Le tourisme au Sahara n'est presque rien, ajoutait-il...
S'il demeure réservé aux pionniers de pareille trempe d'accomplir ces tours de force, les jours sont bien proches eu le « voyageur moyen » prendra sans sourciller un coupon d'auto-car pour le Tchad ou le Niger, comme il peut désormais le faire pour le Hoggar.


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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:12

page 18


- Vue   panoramique   de   Mostaganem   en   1931.
- M. A. Jobert, Président de la Chambre de Commerce de Mostaganem.
- Le port de Mostaganem en 1913.
- Le quai aux vins.
- Le  terre-plein  aux  céréales. (Photos   Pelisson,   Mostaganem)


Mostaganem  et   son  Port

Entre une bande de sable rouge parsemé de petits cailloux et une bande de mer bleue, de part et d'autre du ravin verdoyant de l'Aïn-Sefra hérissé de palmiers, d'araucarias et d'eucalyptus s'étale, toute en longueur, une singulière et coquette petite ville dont le charme nous impressionne. En un seul tableau, notre œil embrasse l'Orient et l'Occident unis sans se confondre : nous admirons, à l'Est, la masse blanche des maisons arabes étagées en amphithéâtre, au-dessus desquelles se dresse, comme un doigt levé vers le ciel, un minaret élancé, et, à l'Ouest, nous contemplons la cité européenne que dominent l'église et la grande tour carrée de la mairie.
Ainsi vue, Mostaganem est une ville ravissante.
Tournons maintenant notre regard vers le Sud, au delà de la gare, de ses ateliers et des vastes quartiers qui les enserrent. Jusqu'à l'horizon, sans autres
coupures que celles de la voie ferrée et des routes, s'étend le somptueux manteau vert des cultures arbustives : vignes, figuiers, oliviers. La riche productivité de cette région explique et justifie l'existence de cette agglomération de 30.000 habitants en cet endroit de la côte méditerranéenne et à 80 kilomètres seulement d'Oran.
Traversons rapidement la cité affairée, vivante, dont la croissance ininterrompue est attestée par d'innombrables échafaudages, sous lesquels s'élèvent des maçonneries neuves. De nouveaux faubourgs nous apparaissent, débordant largement des remparts dont l'existence nous frappe comme un anachronisme et gagnons de proche en proche, le bord de la mer, sous l'irrésistible attraction du port, en ce moment encombré de navires.
Allons voir de près les fruits de la magnifique région mostaganémoise, dont les statistiques enregistrent année par année l'importance. En 1914, le port de Mostaganem avait fourni un trafic de 157.000 tonnes de marchandises pour un mouvement de navires, entrés et sortis, de 572.000 tonnes. En 1930, les chiffres correspondants se sont élevés à 482.000 tonnes pour les marchandises et 2.000.000 de tonnes pour les navires.
Nous voici en présence des terre-pleins, en bordure de l'Aïn-Sefra nouvellement canalisé. Toute la place disponible est occupée par des fûts parqués entre les routes comme de véritables troupeaux. Des camions automobiles, venus directement des caves de l'intérieur, continuent à décharger les tonneaux, tandis que des chalands vont et viennent entre les appontements et les cargos en déchargement. Une fourmilière humaine assure toutes les ...




- Vue   panoramique   de   Mostaganem   en   1931.




- Le port de Mostaganem en 1913.




- Le quai aux vins.




- Le  terre-plein  aux  céréales. (Photos   Pelisson,   Mostaganem)




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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:13

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- Vue   d'ensemble   des   terre-pleins.
- Le  parc  à  moutons.
- L'embarquement  des  moutons.
- Projet d'extension du port. (Photos   Pelisson,  Mostaganem)



... manutentions. Au premier plan, un vapeur italien remplit ses cales de blé. Derrière lui, un navire anglais décharge du charbon, tandis qu'entre les deux, une drague puissante achève de réaliser des fonds de 8 m. 50 sur toute l'étendue du bassin.
D'autres terre-pleins sont spécialisés pour l'embarquement des céréales. Le long d'une ligne de gros enrochements, au pied desquels il y a 2 mètres d'eau à peine, se dressent d'énormes piles de sacs ayant l'allure générale de hangars surmontés d'une toiture à double pente. Tous ces produits sont originaires de Relizane, de Zemmora, de Mongolfier, de Tiaret, du Sersou. Blés, orges, avoines ne laissent libre aucun pouce de terrain. Ils s'entassent jusque contre la falaise, le long de laquelle grimpe la route nationale, et qui supporte les premières maisons de la ville, ainsi que des caves et des distilleries. Nous avons une vue d'ensemble du port et des terre-pleins. Un remblaiement est en cours d'exécution. Les marchandises s'empilent jusqu'en bordure de la voie qui sert à effectuer les terrassements. Un grand navire anglais charge 3.000 tonnes d'orge. Au fond du port, contre la jetée, nous apercevons une cale de halage sur laquelle plusieurs chalands et un chalutier sont en réparation. Au-dessus, se dressent la pointe de Karouba et la masse abrupte du Djebel-Diss.
Port exclusivement agricole, Mostaganem n'exporte pas seulement des vins et des céréales, il assure un trafic important de moutons, pour lequel la Chambre de Commerce a créé des aménagements spéciaux.
A un kilomètre à l'Est du port, sur un plateau très aéré et très sain, a été établi un parc à visite des ovins, pourvu de 50 hectares de terrains de parcours et d'un abreuvoir. C'est là que ,chaque semaine, les troupeaux subissent la visite réglementaire, dans les meilleures conditions de sécurité et de rapidité. Ils sont ensuite dirigés vers un appontememt spécial, accostable par les navires, situé en bordure de la grande jetée. La piste moutonnière est complètement indépendante de toutes les autres voies d'accès du port. Dans ces conditions, l'embarquement s'effectue avec une très grande célérité. De très nombreux passagers prennent place sur les moutonniers. Des installations très confortables leur sont offertes à bord.
Le port de Mostaganem, malgré le trafic très important qu'il assure est actuellement encore totalement dépourvu de murs de quai et d'outillage. Cette situation prendra fin au cours des toutes prochaines aimées. Des travaux d'amélioration et d'extension sont en effet en cours d'exécution. Ils comprennent le prolongement de la jetée Nord-Ouest sur 160 m., la construction de 270 m. de murs de quai en eau profonde et l'établissement de 9.000 mètres carrés de terre-pleins.
Lorsque ces travaux seront achevés, le trafic aura augmenté dans des conditions telles que l'amélioration escomptée ne sera pas sensible. Préoccupée de cette situation, la Chambre de Commerce de Mostaganem a décidé la mise à l'étude immédiate d'un projet d'outillage comprenant deux hangars à marchandises couvrant 4.000 mètres carrés et un silo à grains de 180.000 quintaux de capacité, disposés en vue d'activer le chargement et le déchargement des vapeurs dans le bassin actuel du port.
Les perspectives de mise en valeur des territoires de la région de Mostaganem faisant prévoir que le bassin existant, même parfaitement outillé, sera insuffisant pour recevoir les navires qui se présenteront, la Chambre de Commerce a également demandé l'établissement d'un projet d'extension du port jusqu'à la pointe de la Salamandre. La réalisation de ce projet serait évidemment subordonnée aux besoins économiques. Dans tous les cas, elle s'effectuerait par tranches successives exactement adaptées aux nécessités du trafic, compte tenu des possibilités financières et de la lenteur qui frappe normalement l'exécution des travaux. D'ores et déjà, nous pouvons dire que le port de Mostaganem ne peut guère recevoir à la fois plus de dix navires de moyen tonnage. Il est arrivé que des vapeurs ont attendu sur rade leur tour d'entrée.
En tout état de cause, l'aspect général de la région de Mostaganem, l'une des plus productives de l'Algérie, l'afflux croissant des marchandises vers un port qui est l'exutoire naturel de toute la vallée du Chéliff, du Dahra, de la plaine de Relizane et du plateau du Sersou, permettent d'affirmer que la moitié Est du département d'Oran atteindra bientôt un degré de prospérité se rapprochant de plus en plus de la prospérité si enviée de la seconde moitié.
A. JOBERT.






- Vue   d'ensemble   des   terre-pleins.




- Le  parc  à  moutons.




- L'embarquement  des  moutons.




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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:15

page 20


- M.   Morard, Président de la Chambre de Commerce d'Alger.
- Le  Palais  Consulaire.
- Le Hall du Palais Consulaire.
- La  Salle des délibérations de la Chambre de Commerce.


La Chambre de   Commerce   d'Alger



L'acte de naissance de la Chambre de Commerce d'Alger est un arrêté du 7 décembre 1830 du général Clauzel, commandant en chef l'Armée d'Afrique.
Cinq négociants français, un maure et un israélite composèrent l'Assemblée qui constitua une sorte de Bureau quelque peu analogue à celui qui, après lettres-patentes du Roi du 15 avril 1600, fût créé à Marseille en 1608.
Un nouvel arrêté du 30 mars 1833 porta le nombre des membres de 7 à 9, deux français de plus. Le 19 décembre 1848, l'effectif était fixé à quinze unités, à savoir : onze français, un musulman, un Israélite indigène et deux étrangers.
Cette Chambre, ce Conseil réduit plutôt, dont les attributions n'étaient pas très nettement définies, n'eut de statut réel et effectif qu'à la faveur du décret impérial du 5 mars 1855, qui rendit applicable à l'Algérie, sous réserve de quelques modifications, les ordonnances de 1851 et de 1852 sur l'organisation des Chambres de Commerce.
Ce statut conférait à l'Assemblée une autorité et un prestige sur lesquels elle s'empressa de s'appuyer. Son programme : son Président le résume en quelques lignes très simplement. Il n'a pas changé d'ailleurs au cours des lustres qui se sont succédés. Le voici :
« Un même sentiment nous anime : celui de l'intérêt du commerce algérien. Cherchons tous ensemble les moyens de contribuer à sa prospérité, le succès couronnera, sans doute, nos efforts et quoi qu'il advienne, nous aurons fait notre devoir. »
En 1873, un nouveau décret admettait à l'éligibilité les négociants musulmans et décidait que la Chambre de Commerce se composerait désormais de « douze français et de trois indigènes ».
Les principes d'une politique économique d'association, complément de la politique française d'assimilation sentimentale, recevaient ainsi leur consécration officielle.
Ils devaient constituer les bases de notre action créatrice dans ce pays dont le développement harmonieux et régulier fait l'étonnement et l'admiration de l'étranger.
Vingt-cinq ans plus tard, le 8 novembre 1898, un troisième décret intervint qui portait à 18 le nombre des membres de la Chambre de Commerce, dont 15 citoyens français.
Ce nombre sera très prochainement porté à 24, l'Assemblée consulaire ayant le très vif désir d'assurer en son sein la représentation effective, autrement que par des membres correspondants, des arrondissements satellites qui font partie de sa circonscription et participent de plus en plus à l'accroissement de sa prospérité.
Cette circonscription, dont toutes les parties, si distantes qu'elles soient de la capitale et de son port, sont intimement soudées et s'interpénétrent à la faveur d'une configuration géographique heureuse, d'un dispositif routier et ferroviaire centralisateur, est d'une impressionnante superficie : 5 millions 408.758 hectares, non compris la partie des territoires du Sud qui rentre dans la sphère d'action de la Chambre de Commerce.
Champ d'action sans limites qui a permis à l'Assemblée consulaire d'envisager les grands problèmes qui se sont posés à l'attention des Pouvoirs publics et de déborder du cadre des attributions normales des Chambres de Commerce métropolitaines forcément limitées en raison de l’exiguïté relative de la plupart des circonscriptions.
Le rôle de la Chambre de Commerce, l'extension de ses prérogatives s'identifient donc étroitement avec le développement économique et social de la région qu'elle représente et du port à l'agrandissement et à l'équipement duquel elle a consacré et consacre toujours son activité incessante et réfléchie.
Souligner l'essor pris par l'une et par l'autre sera donc souligner du même coup l'importance grandissante de la Chambre de Commerce d'Alger.
Nous ne remonterons pas jusqu'aux origines.
Nous partirons  de  1898  et  nous  donnerons une idée  assez  précise  du  développement  pris par  sa circonscription en examinant celui de son port, exutoire à peu près unique du département :
1898 : Importations    et    exportations réunies  ..... - 1.254.742 t.
1929 : Importations    et    exportations réunies  ..... - 3.713.742 t.






- Le  Palais  Consulaire.




- Le Hall du Palais Consulaire.




- La  Salle des délibérations de la Chambre de Commerce.




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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:16

page 21


- ALGER. — Le Port et la Ville.
- La Gare maritime.
- Le local spécialement réservé et équipé pour la   réception  des  colis  postaux.



Navires.
1898 : Entrée   et   sortie.   Tonnage   de jauge ..... 3.042.032 t.
1928 :  Entrée   et   sortie.   Tonnage   de jauge ..... 16.397.063 t.
A quoi doit-on cette exceptionnelle ascension ?
A la richesse viticole croissante de l'arrière-pays, au Sahel prolifique, à la luxuriante Mitidja, au développement pris par les cultures céréalifères dans la vallée du Chéliff et dans le Sersou, à l'extension des surfaces maraîchères le long du littoral et conséquemment à l'augmentation constante du trafic des primeurs, à l'accroissement de celui des agrumes, de celui des huiles d'olives, aujourd'hui raffinées sur place et qui s'exportent en France, en Italie, en Angleterre, aux Etats-Unis, aux dattes des grandes palmeraies du Sud, Fruits d'or de nos oasis; aux figues de Kabylie, au développement pris par l'élevage, 179.760 moutons ont été exportés en 1929 par le port d'Alger; aux embarquements de laines, de peaux, de crin végétal, d'alfa, de lièges; aux minerais enfin, aux minerais de fer surtout, du Zaccar et de Rouïna, riches comme les plus beaux minerais de Suède...
A l'industrie naissante aussi ; aux minoteries d'Alger, de Blida, d'Hussein-Dey et de Maison-Carrée; aux fabriques de pâtes alimentaires qui en sont les annexes. On compte quinze de ces établissements dans la circonscription, un seul produit en moyenne 16.000 quintaux par an; à l'industrie florissante et bien algérienne des tabacs. Cigares et cigarettes d'Alger et de ses environs portent leur renommée jusque dans nos plus lointaines possessions; aux distilleries, biscuiteries, confiseries, confitureries, à l'industrie des tapis enfin, tapis de haute laine à points noués, si habilement exécutés, si riches de coloris, aux dessins si variés, appréciés au même titre que les tapis d'Orient par les grands magasins de France et de l'étranger.
La Chambre de Commerce a marqué tout au long de ses travaux, de son empreinte, de ses conseils, de ses délibérations, ce mouvement ascensionnel. Ouvrons ses exposés. On est frappé de la diversité des avis qu'elle formule. Aucune branche de l'activité de sa région ne l'a laissée étrangère.
En voit-elle une que des difficultés inattendues paralysent, et aussitôt elle établit les justifications d'une intervention immédiate. Mais elle ne borne pas son action à l'indication du fait et de son remède. Elle prend des initiatives, elle prévoit, elle suggère, elle conseille.
A aucun moment, on n'a l'impression qu'elle a marqué le pas. Une étape franchie, elle passe à une autre et rien ne souligne mieux cette progressivité régulière et ininterrompue que ce qu'elle a réalisé dans son rôle d'administrateur, d'exploitant et de gestionnaire des concessions de terre-pleins et d'outillage dont elle est chargée depuis 1895.
En 1898, la première ne comptait que quelques hectares. Elle se bornait à l'exploitation d'un seul bassin, le bassin du Vieux-Port.
Entre 1905 et 1910, 35 hectares de plus lui furent livrés à la faveur de la création, au moyen de ses deniers exclusifs, du Bassin de l'Agha.
Depuis 1923, par application d'une loi du 21 août ...





- ALGER. — Le Port et la Ville.




- La Gare maritime.




- Le local spécialement réservé et équipé pour la   réception  des  colis  postaux.





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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:22

page 22


-Un  poste  d'incendie.
-L'outillage spécial pour les travaux d'extension du  port : Bardeur électrique pour blocs de 450 tonnes.
-L'Ecole Supérieure de Commerce.



... 1921, se poursuit l'extension du port vers l'Est, vaste programme auquel elle a consacré 100.000.000 et qui augmentera l'étendue de sa concession de plus de 100 hectares.
Parallèlement, elle s'attache à obtenir le renforcement des protections du port, comme le prolongement de la jetée du Nord.
Quant à sa concession d'outillage, elle ne se composait, en 1898, que de quelques docks et grues à bras.
Quatorze grues électriques sont en cours de montage. Veut-on connaître le programme qu'elle s'est assignée pour 1931 et 1932 :
Installation de lavabos-douches pour les ouvriers des quais, aménagement et équipement de postes de premiers secours, accroissement du matériel d'incendie, acquisition et installation de seize autres grues, équipement d'un môle à charbon, des formes de radoub, couverture des cales de carénage, extension au port tout entier de l'éclairage électrique, etc...
N'est-il pais d'autres domaines vers lesquels la Chambre de Commerce a fait rayonner son activité ?
Elle a créé une Ecole Supérieure de Commerce qu'elle a récemment dotée d'un internat, école dont elle a l'ambition de faire l'Institut de Haut Enseignement commercial en Afrique du Nord, qui doit attirer vers elle les jeunes gens originaires non seulement des trois départements algériens, mais aussi du Maroc et de la Tunisie.
Elle a pareillement institué des Cours Commerciaux, des Cours professionnels d'apprentissage.
Elle n'a pas oublié l'enseignement technique maritime. C'est à elle que l'on doit le cours des mécaniciens de la Marine Marchande, le cours des patrons borneurs.
Elle abrite et subventionne l'Ecole Nationale de Navigation.
Qui ne connaît en Algérie, et maintenant dans bien des pays étrangers, le rôle qu'elle assume en matière d'expansion économique. C'est elle qui assure la participation de l'Algérie aux foires et expositions, avec le concours agissant des autres Assemblées consulaires.
Elle se tient en contact permanent avec nos attachés commerciaux, avec les Chambres de Commerce françaises.
Récemment, M. le Gouverneur général constituait une Commission de propagande économique et touristique. Une Sous-Commission était désignée pour arrêter les grands lignes du programme envisagé par l'Administration Supérieure. C'est au Président de la Chambre de Commerce qu' a été confiée la présidence de cette Sous-Commission. C'est assez dire la haute considération en laquelle est tenue l'Assemblée consulaire.
La Chambre de Commerce va de l'avant avons-nous écrit.
Dans le domaine nouveau de l'aviation, elle entend précéder et non suivre.
C'est ainsi qu'entrevoyant les avantages immenses que les liaisons aériennes peuvent économiquement offrir à l'Algérie, elle prend hardiment position en sollicitant la concession de l'Aéroport d'Alger, future plaque tournante des grandes lignes transafricaines...
Quelques chiffres fixeront mieux peut-être encore que tout développement, l'importance croissante prise par la Chambre de Commerce d'Alger.
En 1900, le budget ordinaire de ses services s'élevait à 35.000 francs.
En 1931, il s'élève à 1.000.000, soit 6, 4 fois plus, en tenant compte de la dévalorisation du franc.
Le budget du service du port s'élevait à 2.260.000 en 1900.
Pour 1931, il a été arrêté au chiffre de 40.000.000.
En 1900, la Chambre de Commerce possédait un compte :
Avances pour l'établissement de lignes téléphoniques qui atteignait 13.000 francs environ en fin d'année.
Le montant des opérations effectués en 1929 s'est élevé à 625.000 francs.
En 1900, elle payait 300.000 francs pour annuités d'emprunts. A son budget de 1931 est inscrit, pour le même objet, une somme de 4.600.000 francs.
Nous avons assez démontré que la Chambre de Commerce d'Alger est une grande et active institution. Elle s'honore de la confiance que ses ressortissants mettent en elle et dont elle est l'émanation, de celle des Pouvoirs publics dont elle s'applique à faciliter la tâche.
Avec les difficultés de l'heure, sa mission se complique et s'accroît. Le Président éminent et les membres dévoués qui la constituent ont trop la notion de leur devoir pour s'y dérober. On peut compter sur eux dans l'avenir comme dans le passé.






-Un  poste  d'incendie.




-L'outillage spécial pour les travaux d'extension du port : Bardeur électrique pour blocs de 450 tonnes.




-L'Ecole Supérieure de Commerce.




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MessageSujet: Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931   Jeu 26 Nov - 15:23

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ORAN.  — Le  promontoire  et le fort  Sainte-Thérèse  dérasés  en   1925-1927 pour  agrandir  le  port.
- Le   port  d'Oran   en   1928,   avant  le   comblement     de   la   baie   Sainte-Thérèse, Vue  prise  du fort de  Santa  Cruz.
- M. Hernandez, Président de la Chambre de Commerce d'Oran.
- Le   bassin   du   Maroc   et  la   montagne   de   Santa   Cruz.
- La  nouvelle  route  du   port  en  béton  armé. (Photos Luck, Oran)


Le   Port   d'Oran

Son  trafic.   Ses  possibilités  d'avenir.

Dans l'essor magnifique de l'Afrique du Nord française, le développement du port d'Oran se distingue particulièrement par sa progression rapide et soutenue.
Après avoir subi pendant la Grande Guerre un fléchissement sensible, le trafic a repris rapidement dès la fin des hostilités.
En 1922 et 1923, la situation de 1913 était rétablie et, depuis lors, marchant à pas de géant, Oran a porté de 1.600.000 à près de 4 millions de tonnes son trafic de marchandises pendant que le nombre de navires fréquentant son port, passait du simple au double, atteignant en 1929 le chiffre respectable de 11.581 unités jaugeant près de 21 millions de tonneaux.
Tout ce mouvement repose sur des bases extrêmement solides. Un tel développement n'est pas le fait du hasard, mais la résultante d'un ensemble d'efforts qui font honneur au génie colonisateur de la France et au caractère entreprenant et travailleur des populations oraniennes.
La prospérité du port d'Oran repose, avant tout, sur le développement économique de son hinterland. Cet hinterland quel est-il ?
C'est d'abord le département d'Oran peuplé de 400.000 Européens et de 1.600.000 indigènes ; département agricole et pastoral avant tout, gros exportateur des produits de la terre, grand consommateur de produits industriels. Ce sont les ...





ORAN.  — Le  promontoire  et le fort  Sainte-Thérèse  dérasés  en   1925-1927 pour  agrandir  le  port.





- Le   port  d'Oran   en   1928,   avant  le   comblement     de   la   baie   Sainte-Thérèse. Vue  prise  du fort de  Santa  Cruz.




- Le   bassin   du   Maroc   et  la   montagne   de   Santa   Cruz.




- La  nouvelle  route  du   port  en  béton  armé. (Photos Luck, Oran)




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