Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LE MAROC, R. Thomasset.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 21 Oct - 9:16

page 75


- Le charmeur affronte un cobra au point de le toucher! II évitera la terrible morsure, grâce à son magnétisme, et les sous tomberont du cercle de badauds qui l'entourent. (Phot. Gueugnon)


... demeuré et quelques centaines de Normands avec lui. Ils prononcèrent tous la formule rituelle musulmane et tout le camp almohade célébra l’événement par des fêtes bruyantes.
Il fut convenu que, seuls, demeureraient à Mahdia les Normands les plus éprouvés dans la science nautique, susceptibles de former à leur école des marins berbères. Les autres, Othon en tête, se joignirent aux cavaliers d’Abd el Moumen, en route pour le détroit et la frontière de Castille. Les rois chrétiens furent défaits à la bataille d’Alarcos qui suffit à arrêter leur marche en avant. Abd el Moumen prit le titre de Calife qui affermissait son pouvoir en le parant du prestige religieux.
Othon était devenu un familier du souverain. Il l’accompagna dans ses résidences successives de Fès et de Marrakech.
Rassasié de conquêtes, Abd el Moumen avait tourné son activité vers la construction d’édifices inspirés de l’art andalou dont il s’était épris, abandonnant les principes rigoristes au nom desquels Ibn Toumert avait interdit les formes extérieures de la civilisation mauresque. Après avoir été l’ennemi acharné des derniers Almoravides, il devint leur continuateur. Toutefois, il imposa aux sanctuaires, aux médersas et aux palais qu’il fit édifier, une décoration discrète à laquelle le souvenir du Madhi et, peut-être, les conseils d’Othon, ne furent pas étrangers.
Ces monuments acquirent ainsi une distinction et une beauté inégalées.
La Koutoubya de Marrakech fut élevée, entre autres, sous son règne.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 21 Oct - 9:17

page 76


- Cette fillette Beni Zeroual paraît en proie aux réflexions les plus sérieuses. Peut-être doit-on la marier à quelque fiancé inconnu. On marie les filles jeunes, au Maroc, selon la tradition établie !


Grâce à ses encouragements, le Maroc connut une ère comparable à notre moyen-âge gothique. Les successeurs d’Abd el Moumen continuèrent sa tradition de mécénat et de protection des arts.
Ce fut une période de près de trois quarts de siècle de paix et d’embellissements, unique dans l’histoire du Maroc, et, peut-être aussi, dans celle de bien des pays.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 21 Oct - 9:18

page 77


- On dirait une forteresse. Ce n'est que l'enceinte d'une nécropole, Chella, où reposent les souverains de la dynastie Mérinide. Le contraste de sa désolation grandiose avec l’animation et la couleur de la nouvelle capitale administrative frappe tous les visiteurs d'étonnement.

CHAPITRE VII

CHELLA

L’ARMEE du Sultan Abou Inan était rangée sur le versant des hauteurs voisines de Rabat. Au milieu de ses masses de cavaliers et de gens à pied, hérissées de milliers de lances et de sabres, un cortège s’avançait lentement. Douze guerriers soutenaient de leurs épaules une civière sur laquelle un corps gisant, tout enveloppé de longs voiles, oscillait au rythme régulier des pas de ses porteurs.
Les restes de celui qui avait été le plus glorieux des souverains mérinides, ...



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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 8:14

page 78


- Bab Guissa, vieille porte de Fès du XIIIe siècle, vit passer sous sa voûte les souverains Mérinides qui l'avaient fait édifier. Elle est une des vingt entrées de la capitale du Nord et vraisemblablement leur doyenne.


... Aboul Hassan, allaient reposer dans la somptueuse nécropole de Chella, où la dynastie nouvelle avait établi la tradition d’ensevelir ses représentants, les « Moujahidin» ou Combattants pour la foi.
Des imans, des muphtis, des muezzins, tous vêtus de longues robes blanches et portant des turbans distinctifs, selon leur rang, entouraient le Mort et psalmodiaient le verset de la foi coranique « La ilia Allah ! Mohammed rassoul Allah! » et l’armée tout entière scandait la seconde partie en un répons grandiose, qui sonnait plus comme un hymne de foi dans le Prophète que comme un chant funèbre : « Mo-ham-med- ras-soul-Al-lah ! ! » (Mahomet est le Prophète de Dieu !)
Derrière le groupe de prêtres, Abou Inan, fils du défunt, venait sur un cheval blanc que ses vizirs tenaient par la bride. Des dignitaires et des soldats arabes, armés de hallebardes et de longs poignards recourbés passés dans les ceintures, marchaient en arrière dans un désordre bariolé.
La nécropole était un vaste emplacement au flanc sud de la colline arrondie. Les remparts épais qui délimitaient sa superficie s’ouvraient ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 8:14

page 79


- Les dimensions de ces " koubbas " ou chapelles funéraires sont en fonction du degré de sainteté des marabouts qui furent ensevelis dans leur abri. Elles sont essaimées dans tout le pays, après avoir pullulé à l'époque mérinide, où le moindre santon devenant un sujet de dévotion, le Sultan finit par prendre ombrage de ce culte en marge du Koran, (Phot. Gueugnon)


... par une porte monumentale couronnée d’échauguettes aux arêtes vives dont les motifs se retrouvaient aux sommets des tours d’angle.
Bientôt le convoi pénétra sous l’arc imposant, tandis que l’armée demeurait sur sa position pour accueillir le retour du nouveau souverain.
L’inhumation ne dura guère. Abou Inan reparut, marchant à une allure à peine plus rapide, sa monture toujours tenue en mains par les vizirs qui avaient hâté le pas.
Il passa entre les rangées de ses guerriers et se dirigea vers la mosquée de Hassane, construite sous le règne de Yacoub el Mansour l’almohade.
Sans s’arrêter au sanctuaire, il pénétra toujours à cheval dans l’énorme tour qui dominait l’édifice. Un plan incliné le conduisit sur la plateforme supérieure à près de soixante mètres au-dessus du sol. Seul avec ses vizirs, il apparut alors comme une minuscule statue équestre sur un piédestal démesuré.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 8:15

page 80


- Ce détail caractéristique de la grande porte de la nécropole mérinide de Chella, à Rabat, appartient à une architecture dans laquelle l'influence hispanique est moins sensible que celle qui eut cours dans les époques postérieures.


Des acclamations sans fin montaient de l’armée assemblée. Mais elles ne parvenaient qu’assourdies au sommet que le vent du large entourait de son sifflement continu.
Les trois hommes ne les percevaient qu’en un bruissement confus, comparable à celui des vagues lointaines qu’ils apercevaient au-delà des terrasses de Rabat groupées au-dessous de l’horizon marin.
— Combien parmi ceux qui s’égosillent en mon honneur sont prêts à se rebeller à la première occasion ! soupira le jeune souverain.
— Tu peux en faire le compte, répondit Tahar, le premier vizir, car, en dehors des quelques deux mille arabes qui font partie de la méhalla, tu ne trouveras guère de rebelles possibles, du moins pour l’instant ! Les tribus du Gharb ont encore présent à leur mémoire le souvenir du châtiment que ton illustre père — qu’Allah ait en son Paradis ! — infligea à leur soulèvement, l’an dernier.
— Ainsi tu crois que les Arabes sont encore prêts à me trahir?
— Ils ne sont pas particulièrement enclins à manquer de foi à tel ou tel souverain. Ils sont plutôt portés irrésistiblement à l’aventure. Pour eux, une ère de paix n’est qu’un entr’acte entre des périodes de combats. Qu’on leur donne un ennemi à affronter, des pays à conquérir, des razzias à entreprendre et ils sont loyaux jusqu’à la mort. Mais si l’on n’a pas soin de leur donner des prétextes de bataille, ils s’efforcent d’en découvrir et ils sont assez ingénieux pour en susciter.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 8:16

page 81


- Les Juifs marocains ne sont pas partout groupés en des « mellahs » d'ailleurs largement ouverts depuis notre pacification. A l'intérieur du pays, ils sont constitués en tribus qui occupent exclusivement des villages. Voici l'entrée de l'un de ces hameaux où la tradition de la robe noire, pour les hommes, ne semble pas s'être maintenue.


— Quel but de guerre pourrai-je leur donner? reprit Abou Inan. L’Ifrikya nous échappe parce que trop lointaine, l’Espagne voit grandir le péril des rois chrétiens que leur victoire de Las Navas de Tolosa sur les Almohades a fait prétendre à la reconquête totale de leur pays, jusqu’au détroit. Le Maghrib n’a qu’une paix relative. Les émirs de Hintata marquent une nette tendance à soustraire tout le Sud à l’influence du Maghzen !
— Proclame la guerre sainte ! N’es-tu pas, maintenant, le Moujahidin? Envoie les Arabes suspects au secours de Grenade. Pousse les moins turbulents vers le Sous. A la faveur de leur départ, organise ton royaume naturel, ce Maghrib dont tous les monts des trois Atlas, l’océan et la mer marquent nettement les frontières. Fais qu’il soit fort et que la foi y soit répandue !
— Qu’en penses-tu, Nacer? demanda Abou au second vizir.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 8:17

page 82


- La tradition de Marrakech veut que les fêtes soient marquées par la sortie de ces grandes poupées que des fathmas promènent au bout de perches.


— Les Arabes sont dangereux! La politique de tes prédécesseurs a transformé les invasions de ces Bédouins et de ces Hilaliens en auxiliaires de leur puissance. Mais le procédé comporte sa rançon ! Certes, sans le concours de ces guerriers orientaux les Almohades eussent été plus malaisés à détrôner! Mais le remerciement a été disproportionné avec le service rendu ! La place qu’on leur a réservée au Maghzen a été trop importante. Ils se jalousent trop pour permettre qu’un des leurs fonde une dynastie. Mais ils ne sont que des alliés précaires. Il suffirait d’un Ibn Yasine ou d’un Ibn Toumert pour les déchaîner contre toi. L’avis de Tahar est bon et j y souscris. Fractionne-les. Envoie- les le plus loin possible par quantités insuffisantes pour constituer un danger au cours d’une possible volte-face.
— C’est bien ! Je vais me ranger à vos avis. Je compte sur vous pour me désigner ceux d’entre eux qu’il sera le plus opportun d’envoyer en Espagne.
— Ce n’est pas tout, ô Chef des Croyants occidentaux. Sur ton territoire, des marabouts se révèlent de toutes parts. Il n’est pas de contrée qui n’ait sa zaouïa et son saint homme. Déjà l’un d’eux. Sidi Abdesslam ben Mechich, a acquis, dans le Rif, une réputation très grande, trop grande, car elle déborde jusqu’aux rives du Sebou. A son exemple, des Chorfa essaient de joindre le prestige de leur origine à la prétendue sainteté qu’ils se décernent. Ce ne sont point là faits à négliger! Ces communautés ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 8:18

page 83


- L'art de la poterie est, sans doute le plus répandu. C'est un art issu d'une première nécessité : celle qu’impose l'eau. Nécessité toute particulière dans bien des points du Maroc où l'eau est rare. De l'indispensable au superflu, les artisans ont vite franchi le pas. Témoin cette collection des Beni Oulid. (Senhadja du Sud).


... éparses sont à la base de possibles hérésies, de probables dissensions, de divisions certaines. Cette éclosion de soi-disant sainteté peut être un danger aussi grand que la menace arabe avec laquelle elle pourrait éventuellement faire alliance.
— Je ne peux combattre les marabouts, objets de vénération de régions entières !
— Ouvertement, non ! Mais songe qu’un saint enfoui dans la terre sous une gracieuse koubba est moins à craindre que celui qui peut prêcher et exciter ses partisans ! Dans le même ordre d’idées, pense qu'il est plus aisé de supprimer un santon obscur qu’un marabout de grande influence ! Aussi, préoccupe-toi de faire construire de beaux tombeaux pour les plus vénérés des remueurs mystiques de foules et ne laisse pas grandir la réputation des récents chefs de zaouïas.
— Quoi! Il faudrait!...
— Il faut construire des mosquées et des médersas et manifester une telle piété que la mortalité des soit-disant personnages ne puisse être mise à ton compte ! La tranquillité de ton pouvoir est à ce prix !
Le règne d’Abou Inan ne fut terni que par quelques révoltes, promptement réprimées. Il vit l’achèvement de la nécropole de Chella et délimita le Maghrib, pour la première fois, dans les frontières qui sont devenues celles d’aujourd’hui.
Mais ses successeurs virent leur pouvoir décliner avec leur énergie, si bien qu’après que des querelles de succession eurent mis le comble au ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 8:19

page 84


- Une koubba enclose dans les palmiers et reflétée dans un miroir d'eau claire, près de laquelle passent lentement un burnous et la croupe d'un cheval. Longtemps, cest par de pareils tableaux qu'on imaginait invariablement les pays d’Islam.


... désordre intérieur, la faiblesse de l’empire berbère fut telle qu’il devint à nouveau un objet de convoitise pour l’étranger.
L’Espagne, retombée au pouvoir des rois chrétiens, et le Portugal prirent ses villes côtières pour objectifs. L’influence des chorfa du Sud allait s’accroître du prestige qu’allait leur conférer leur position d’adversaires résolus des conquérants européens.
L’étoile des Mérinides disparaissait peu à peu du ciel marocain, tandis que montaient les astres nouveaux des Sâadiens et des Alaouites...





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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 8:20

page 85


- Agadir, après n'avoir été pendant une très longue période qu'un tout petit havre de pêcheurs, s'est construit, peu à peu. Son essor semble désormais assuré et déjà de nombreux travaux d'urbanisme et de construction ont été entrepris sur l’ancien emplacement de la forteresse de Dom Joâo Lopez de Sequeira.

CHAPITRE VIII

L’AVENTURE PORTUGAISE (1)

En cet an de grâce 1524, Dom Simâo Gonçalves da Costa se tenait, à côté du guetteur, sur le donjon du château-fort de Santa Cruz du Cap de Guer. Il interrogeait l’horizon marin. Par dessus sa légère cuirasse, il avait revêtu l’écharpe en sautoir frangée d’or, insigne de ses fonctions de capitaine-gouverneur de la place, qu’il avait provisoirement héritées de son beau-frère, Dom Francisco de Castro, embarqué deux mois auparavant pour le Portugal.

1. D’après la "Chronique de Sta Cruz du Cap de Gué", de P. de Cenival.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 20:14

page 86


- Sidi Bou Knadel est le marabout dont la mémoire est révérée à Agadir. Il n'est pourtant pas originaire de de ce pays du Sud, qui ne devint que sur ta fin de sa vie sa contrée de prédilection. Son tombeau s'élève au flanc de la croupe du Guir.


Depuis le matin, une voile était signalée vers le nord. Elle semblait venir au plus près de la côte et sa silhouette, encore lointaine et indécise, menaçait de disparaître derrière la croupe du « Pic » qui constituait un éperon avancé à l’extrémité de la baie.
Dom Simâo était anxieux. Ce n’était pas qu’il manquât de bravoure. Ses actions d’éclat ne se comptaient plus ! Mais il appréhendait que le navire encore inconnu ne fût un de ces corsaires saletins, que les rois de Fès encourageaient à sortir de leur repaire du Bou Regreg pour attaquer hardiment les galions de commerce et, même, les caravelles de guerre et les places fortes portugaises, qui s’échelonnaient comme grains de chapelet de Ceuta à Santa Cruz.
Ces installations militaires étaient encore récentes et beaucoup d’entre elles n’étaient qu’en voie de construction. Bien que leur érection eût été, au fond, une sorte de revanche contre l’occupation de la Lusitanie par les Musulmans, elle n’avait été qu’une réaction tardive esquissée au XIVe siècle seulement, alors que la libération, la «reconquista», datait de 1249. Les prises de Ceuta et d’Arcila avaient eu lieu par surprise. Seule Tanger avait été emportée de haute lutte. Puis, à la faveur des dissentiments qui avaient opposé les Mérinides de Fès aux Sâadiens de Marrakech, une sorte de protectorat avait pu être établi sur Azamor (1) d’où étaient découlées les occupations de Mazagan, de ...

1. Azemmour


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 20:15

page 87


- Sur l'ancien chemin de ronde, les canons de bronze sont, depuis longtemps, inoffensifs. A l'intérieur de l'ancienne forteresse portugaise, toute une agglomération juive s'est construite. Si bien que l'appellation de « mellah » ou quartier juif est couramment donnée à cette partie de la ville, tant à Mogador qu à Mazagan ou à Safi.


... Safi et du Cap de Guer. Ce n’étaient là que des conquêtes précaires, à peu près limitées à la côte. Un essai de consolidation avait été tenté en 1515 par Nuno, Fernandes de Ataide et Pedro de Souza, partis de Safi en direction de Marrakech. Il n’avait eu d’autre résultat, après une retraite précipitée, que d’attirer l’attention des chérifs de Marrakech et du Sous sur l’inconvénient que présentaient pour leur souveraineté les installations portugaises dont, au début, ils n’avaient pas paru se préoccuper à l’extrême. Depuis lors tout l’Islam réagissait : le roi de Fès sur toutes les places du nord du fleuve Oum er Rebia, les chérifs du Sud sur celles de Mazagan, Safi et Santa Cruz, cependant que les corsaires de Salé inquiétaient indifféremment celles vers lesquelles les vents favorables portaient leurs « raïs » (1) aventureux.

1. Chefs de Corsaires.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 20:17

page 88


- Les Portugais n'eurent pas dans la "barre" de Safi une confiance suffisante. Sur ses rochers ils édifièrent une forteresse qui fut quelque temps la capitale de leurs installations de la côte.


Cependant, la course du navire ne s’infléchissait plus. Il gouvernait droit, cap sur le donjon, semblait-il, et sa voilure laissait deviner peu à peu ses formes.
Dom Simâo fronça les sourcils pour s’assurer qu’il avait bien reconnu la coupe en trapèzes des grandes voiles latines. Il discerna bientôt même deux focs bas et gonflés accrochés à un fort beaupré, puis, — ô joie! — la bannière portugaise frissonnante en haut de la misaine.
— Santiago ! Santiago ! (1) s’écria-t-il.
Une clameur lui répondit de la cour en contre-bas.
— Hisse et déferle le pavillon, ordonna-t-il au guetteur, et, se penchant entre les créneaux : Alerte! cria-t-il, Alerte! La garde aux postes de veille ! Et tous les chevaliers avec moi, à la grand’porte !
Il eut un dernier regard vers le bâtiment qui arrivait par le travers du cap et se précipita dans l’escalier obscur de la tour.

1. Saint Jacques! (cri de guerre des Portugais).



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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 20:18

page 89


- Salle des gardes portugais de la place de Mazagan, cette pièce fut utilisée par les Berbères comme citerne.


Il fut bientôt sous la voûte de l’entrée qui s’ouvrait, vers le front de mer, sur un pont- levis abaissé de l’escarpe à la contrescarpe.
Déjà les chevaliers s’essaimaient sur la plage agitant, vers le bateau qui s’approchait, leurs toques empanachées ou leurs épées nues.
Un galion ancré dans la rade arborait ses flammes et ses bannières.
Dom Simâo se retourna vers la forteresse. Les créneaux s’étaient partout garnis de gens curieux qui obstruaient les intervalles et s’entassaient au point de chevaucher les canons des bombardes dont les extrémités seules débordaient des maçonneries.
A côté de l’imposante masse du château, des «nouallas» ( 1 ) recouvertes de paille ou de torchis et quelques grandes tentes grises à dessins géométriques noirs et uniformes s’allongeaient sur une partie du rivage. Elles étaient entourées d’une murette de pierres sèches au long de laquelle se tenaient, de loin en loin, des hommes bruns enturbannés, vêtus de blouses amples et armées de lances. C’était la tribu des Zizara qui, par ressentiment contre le chérif de Marrakech, avait lié son sort à celui des Portugais de Santa Cruz qu’ils appelaient « Agadir » ou magasin.
A l’abri de l’enceinte, de maigres jardins potagers s’étendaient où ...

1. Huttes à armature de jonc.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 20:19

page 90



... s'affairaient des Mauresques. De longues files de chevaux étaient à l’attache tout près des murs de la forteresse. Des hommes sortaient des huttes, attirés par la rumeur des chevaliers sur la berge. Tout autour, le bled était morne, pierreux, désolé, à la seule exception de quelques palmiers groupés en bouquets indigents.
Dom Simâo héla son écuyer.
— Va dire à l’ « alcaïd » Naser de venir me joindre, lui dit-il. Qu’il ne s’encombre pas d’une escorte! C’est pour recevoir probablement le nouveau capitaine !
La caravelle était tout près, maintenant. Elle avait une proue assez basse sur l’eau, avec une figure de naïade sculptée sur l’étrave, et un château arrière surélevé et ornementé comme une châsse. Des gueules de canons luisaient aux sabords. Déjà les passagers alignés aux bastingages échangeaient de grands cris avec les gens du rivage. Bientôt le navire s’immobilisa à quelques encablures du galion.
L’instant d’après, un canot se détachait du bord et ramait vers la terre où une plate-forme d’accès avait été installée sur des contreforts rocheux émergés du sable clair.
Dom Simâo se précipita. Il accueillit au débarcadère un gentilhomme de fière mine, escorté de quatre chevaliers armés.
— Dom Antonio Leitâo de Gamboa, capitaine-gouverneur de Santa Cruz du Cap de Guer de par la grâce de notre roi Dom Joâo troisième, que Dieu ait en gloire ! dit en se présentant, découvert, le nouvel arrivant.
Dom Simâo avait ôté sa toque. Il se nomma à son tour.
— Soyez le bienvenu ! ajouta-t-il simplement.
Les deux gentilshommes s’embrassèrent tandis que les chevaliers poussaient de joyeux vivats.
Comme un cortège s’était formé, en route vers le pont-levis, un grand Maure, enveloppé dans un burnous immaculé, accourut en faisant de profondes courbettes.
— L’ « alcaïd » Ahmed Naser, chef de la tribu des Zizara, présenta Dom Simâo.
Dom Antonio tendit sa main droite que le chef indigène prit avec effusion en s’inclinant très bas. Puis il se redressa en portant successivement sa paume à son cœur et à son front en signe d’affection et de respect.
Le cortège reprit sa marche à peine interrompue. En franchissant le pont-levis, le nouveau capitaine examina au passage le blason sculpté ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 20:20

page 91


- Vestige de la splendeur d'Abd el Moumen, le carillon de Bou Anania à Fès ne résonne plus que pour les très grandes fêtes.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 22 Oct - 20:21

page 92


- Il n'est guère de place publique, surtout dans les agglomérations du Sud, où un ou plusieurs charmeurs de serpents n’attirent les badauds. Le spectacle n'aurait, en lui-même, rien de particulièrement attrayant; mais les cobras et autres najas sont assez réputés par leur venin pour rendre haletants les indigènes de l’assistance.


... au-dessus de la clef-de-voûte et qui portait, gravée sous les armes de Portugal, la date de 1505.
— Quelle singulière idée poussa Dom Joâo de Sequeira à construire son château en ce lieu? dit-il à Dom Simâo. J’ai été surpris, tout à l’heure, lorsque du bord de la caravelle, j’ai aperçu l’ouvrage dans la partie basse de la baie, alors que l’éminence du cap le domine. Il suffirait que les Maures du Chérif eussent des bombardes pour rendre la position intenable !
— Certes! C’est bien mon avis! répondit Dom Simâo. Toutefois, grâces à Dieu, les Maures n’ont point encore de bombardes! Sequeira n’avait du reste pas construit qu’un seul ouvrage. Mais la faiblesse de son effectif de combattants l’empêcha de défendre efficacement toutes les installations qu’il avait entreprises. Il se résigna à n’occuper que celle qui communiquait le plus aisément avec la rade !


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 22 Oct - 20:42

page 93


- Ces ruelles couvertes à demi, sans dater des premiers Portugais qui parurent à Safi, furent élevées par leurs compatriotes qui vinrent s'installer dans ses remparts. Malgré les hostilités qui les opposaient aux pays d'Europe, les Marocains tolérèrent, dans leurs ports, la présence de commerçants étrangers.


La poterne franchie, les deux chefs s’arrêtèrent au centre de la cour d’honneur, et les chevaliers formèrent le cercle autour d’eux.
— Vous plairait-il, beau Sire, demanda Gonçalves da Costa, de me montrer vos « provisions? » (1)
Leitâo de Gamboa fit un signe à l’un de ses chevaliers, qui s’avança et tendit à Dom Simâo un parchemin enroulé.
Le gouverneur intérimaire le déplia. Il reconnut les cachets de cire qui alourdissaient le pendant d’un large ruban écarlate et il lut avec attention et respect. Puis il se redressa :
— Chevaliers, proclama-t-il d’une voix forte, vous reconnaîtrez désormais pour votre capitaine Dom Antonio Leitâo de Gamboa, nommé par la grâce de notre roi Dom Joâo troisième — que Dieu ait en gloire ! — gouverneur de Santa Cruz du Cap de Guer.
Les chevaliers défilèrent alors devant Dom Antonio et Dom Simâo les lui présenta, soulignant au passage les hauts faits par lesquels ils s’étaient illustrés.
Ce protocole achevé, Dom Simâo conduisit son hôte à son propre appartement.
Vous êtes, dès maintenant, chez vous, lui dit-il, car je compte prendre mes quartiers dès ce soir sur la caravelle qui me rapatriera dès qu’elle aura débarqué les vivres et les munitions qu’elle apporte.

1. Lettres de service du Roi.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Ven 23 Oct - 8:11

page 94


- Des traces de l'occupation portugaise à Azemmour sont demeurées intactes, malgré le temps : témoin cette porte ouvragée.


Au reste, je suis à votre disposition jusqu’au moment de mon départ pour toutes choses qu’il vous plaira de me demander, encore que Dom Luis Sacoto, qui fut mon lieutenant et qui, aujourd’hui, est devenu le vôtre, soit en mesure de vous renseigner aussi bien que moi- même.
— J’aurai l’occasion d’interroger à mon aise Dom Luis Sacoto par la suite, répondit le nouveau Capitaine. Mais, tant que j’aurai l’honneur d’être votre hôte, souffrez que je m’informe auprès de vous !
— Je suis à votre disposition !
— Merci! Tout à l’heure, vous m’avez présenté cet alcaïd Naser. On m’a prévenu à Coïmbra que j’aurai fort à compter sur le concours de ses guerriers. Quel fonds puis-je faire sur son loyalisme?
— Aucun ! Au temps encore récent où mon beau-frère Dom Francisco de Castro était gouverneur, la tribu des Zizara avait pour alcaïd un Maure de grand mérite, Malek ben Daoud. Celui-là était véritablement notre homme-lige. Il nous montra sa bravoure dans les nombreux combats où il fut à nos côtés. Le Chérif eut beau lui faire promettre les plus grands honneurs pour le détacher de nous, il demeura fidèle à l’esprit de vengeance qui l’avait porté à combattre les Maures de Marrakech et à l’amitié qui l’avait lié à Dom Francisco. Sa mort dans une rencontre fut la preuve suprême de l’attachement qu’il nous témoignait. Il avait coutume de nous dire : « Quand Malek mourra, ne vous fiez pas à Naser, mon neveu, qui vous trahira. C’est lui qui ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Ven 23 Oct - 8:12

page 95


- La mère et la jeune fille ouvrent la marche sur la même mule. Le chef de famille suit sur un jeune poulain. Ce n'est qu'un départ pour une fête sans grand retentissement, car les harnachements ne sont pas ornés de broderies rutilantes. (Phot. Gueugnon)


... sera alcaïd à ma place parce que mon fils est trop petit. Je vous donne cet avis pour qu’il ne vous trompe pas un jour! » J’ai, certes, bataillé avec ce Naser contre le Chérif! Mais je ne l’ai fait jamais qu’avec la plus grande prudence.
Les deux Portugais auraient devisé longtemps s’ils n’avaient reçu avis du Commandant de la caravelle de ce que, la mer grossissant, le bateau devait gagner le large sans délai. Dom Simâo Gonçalves da Costa fut contraint de s’embarquer au plus vite et, du même élan, il se trouva sur la route du retour.
L’un des premiers actes de chef de Dom Antonio Leitâo de Gamboa fut de conclure une trêve avec le Chérif.
L’alcaïd Naser fut navré de cette paix imprévue qui ruinait son projet de tourner casaque au cours d’un combat opportun.
Au bout d’un certain temps, il imagina un plan de trahison basé sur les habitudes de la garnison de Santa Cruz.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Ven 23 Oct - 8:14

page 96


- Cette colonne à chapiteau et cette mosaïque qui se trouvent à Marrakech, dans l'enceinte des tombeaux saadiens, datent du XVIe siècle. Ils correspondent donc exactement à la période de la Renaissance française.


Les chevaliers avaient aménagé, au long du mur d’est de la forteresse, un terrain où, chaque dimanche, après midi, ils avaient coutume de jouer à la paume. Ils s’y rendaient, sans autres armes que leurs épées qu’ils déposaient pour être plus à leur aise. Le capitaine jouait avec eux et de nombreux Zizara prenaient plaisir à suivre les péripéties des parties.
Naser résolut de mettre à profit une de ces vesprées dominicales pour assaillir et tuer Dom Antonio et ses chevaliers. Après quoi il comptait se réfugier chez le Chérif qui, pensait-il, lui saurait gré de sa manœuvre déloyale et l’en récompenserait. Ayant arrêté son dessein, il prit la précaution de faire éloigner en grand secret, de nuit, par une caravane de chameaux, ses biens, ses femmes et ses enfants. Mais un des hommes de sa tribu, qui devait être du complot, se révolta à l’idée de cette traîtrise et, peut-être autant, à celle de la privation d’un spectacle qui l’enthousiasmait, car il s’était  épris de ces parties de paume, dont le caractère de compétition plaisait à son tempérament de guerrier. Il dissimula son ressentiment et trouva l’occasion de prévenir Dom Antonio. Mais il s’était confié à sa femme qui n’observa pas avec les autres Mauresques la discrétion nécessaire. Aussi, Naser, se voyant découvert, s’enfuit-il précipitamment, non sans faire enlever par surprise douze Chrétiens qu’il emmena à Taroudant où séjournait le Chérif.
Le Capitaine envoya aussitôt un message protestant contre la violation de la trêve et réclamant le retour des captifs.
Le Chérif de Marrakech fit répondre que la prise était de bon droit, mais le Chérif du ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Ven 23 Oct - 8:15

page 96 b


- Moulay Ismaël, le roi nègre.



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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:21

page 97


- Conséquence directe de l’existence de troupeaux de moutons nombreux, l'industrie des tapis de haute laine est pratiquée dans toutes les régions du Maroc. Elle a recours aux procédés les plus modernes dans les grands centres. Dans le bled, elle se contente de métiers et d'instruments primitifs, tel cet atelier Senhadja. (Cliché Ruthmann)


... Sous, Mohammed ech Cheikh, ne fut pas du même avis. Il jugea qu’il y avait manquement à la parole donnée et ordonna que les prisonniers fussent rendus.
— Frère, dit-il au Chérif de Marrakech, veux-tu que je te dise comment un roi mérite le nom de roi? Il est obligé de tenir sur-le-champ sa parole et de s’exécuter.
— Prends garde ! répondit le Chérif de Marrakech. La bouche qui dit oui ne dira-t-elle pas non s’il lui paraît utile?
— Celui qui est roi doit accomplir sa parole et doit être loyal, répliqua le Chérif du Sous, parce que c’est en cela, seulement, qu’il se distingue des hommes ordinaires !
Les Chrétiens pris s’en revinrent donc au Cap de Guer et, par la suite, ils se gardèrent de s’écarter de la forteresse.
Cependant, la trêve prit fin et la guerre se ralluma.



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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:23

page 98


- Le marchand d'eau, court vêtu, ne promènera guère longtemps son personnage sur les places et les rues. Le progrès aura rendu son emploi inutile.


Un jour, un Maure nommé Assuya vint à cheval devant Santa Cruz. Il amenait avec lui, en croupe, une très belle Mauresque qu’il prétendait avoir enlevée. Dom Antonio les accueillit dans le château mais il les sépara et fit venir la femme dans son appartement. Le lendemain, la Mauresque avertit Assuya. Il lui dit alors :
— Cette nuit, quand le Capitaine dormira, tu viendras m’ouvrir. Je le tuerai et nous nous échapperons.
Et cela se passa exactement ainsi ! Le Maure et sa femine s’enfuirent par la fenêtre au moyen d’une corde et les serviteurs ne trouvèrent Dom Antonio Leitâo de Gamboa, mort, poignardé, qu’au matin. L’alarme fut donnée en vain. Dom Luis Sacoto fut choisi pour remplacer le gouverneur. Après quelques exploits il subit un grave revers, dont il voulut tirer une vengeance éclatante en réclamant le concours de Don Pedro de Lugo, lieutenant-gouverneur des Canaries, qu’il fit prévenir sans en référer au Portugal.
Dom Pedro de Lugo, attiré par l’appât du pillage, vint avec mille hommes de guerre, tous munis d’arquebuses. Sa flotte entra de nuit dans la rade pour ne pas donner l’éveil et, sitôt le débarquement, elle repartit à trois lieues en mer pour n’être pas aperçue du rivage.
Trois jours plus tard, les Canariens firent une sortie nocturne sur les « douars » (1) de l’intérieur. Au petit jour, ils se livrèrent à un carnage ...

1. Village de tentes.


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