Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LE MAROC, R. Thomasset.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 8 Oct - 9:19

page 27


- Malgré la modestie des échoppes qui les bordent, ces marchés couverts se voient pourvus de magnificence par le jeu de la lumière à travers les claies protectrices. (Phot. Gueugnon)


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 8 Oct - 9:20

page 28


- Le labourage berbère ignore à peu près la traction des bœufs. Le cheval, lui-même, n'est employé à la charrue que lorsqu'il s'est alourdi au point de n'avoir plus une grande valeur de coursier. Les attelages hétéroclites sont fréquents. Il peut y avoir pis que celui-ci : une femme et un bourricot, par exemple. (Phot. Flandrin)


... blanc, dont la doublure soyeuse apparaissait au revers du pan rejeté sur l’épaule.
A sa hauteur, venait un singulier cavalier monté sur la croupe menue d’un petit âne gris. Un maigre turban étroitement tordu entourait son crâne rasé. On l’eût pris pour un mendiant, sur la piteuse mine du haillon poussiéreux qui lui servait de tunique et l’aspect misérable de ses sandales de cuir racorni. Sa place en avant de l’escorte, à côté de Kacem, provoqua la stupéfaction des gens qui tenaient les chevaux en main. Des quolibets fusèrent, à mi-voix. Mais les nouveaux venus, ayant mis pied à terre, témoignèrent à l’inconnu une telle déférence que les moqueurs s’arrêtèrent net. Ils furent frappés alors par le long chapelet de grains d’ambre que le compagnon de Kacem portait en sautoir et, plus encore, par l’éclat insoutenable des grands yeux bruns dominateurs qu’il posa sur eux.



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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 8 Oct - 9:21

page 29


- Telle pouvait être l'allure du fameux Abou- Yazid, "l'Homme à l'âne" On conçoit qu'à sa vue, les fiers Berbères, orgueilleux du port de leurs chevaux et de leur vitesse à la course, l’aient quelque peu dédaigné.


« L’homme à l’âne » et le notable avaient à peine disparu, en haut de l’escalier monumental, que leur suite était avidement questionnée par le groupe assemblé sur l’esplanade.
— Quel est cet homme qui vient à la « djemmâa », vêtu comme un pauvre diable? demandait-on de toutes parts.
— Il se nomme Abou-Yazid, répondaient les arrivants, et il possède la « baraka » (1)
Pendant ce temps, les notables accueillaient l’étranger avec des marques de surprise hostile.
— De quel droit, ô Kacem, amènes-tu parmi nous un intrus? demanda rudement le doyen de la djemâa.
— Abou-Yazid est mon hôte depuis hier, répondit Kacem. Il vient de chez les Berghouata, nos frères d’Occident, et il apporte des nouvelles que j’ai cru bon de faire entendre à notre assemblée.
— Nous ne sommes pas réunis pour apprendre des nouvelles, reprit sèchement le doyen. Les décisions du Calife d’Orient doivent être, aujourd’hui, le seul objet de notre réunion.
— Précisément, ô doyen respecté ! Abou-Yazid est venu pour nous dire comment les Berghouata ont accueilli les ordres de Damas.
— Avons-nous donc besoin de prendre modèle sur une tribu voisine?...
— Ce n’est plus une tribu, ô doyen des Aouréba, jeta brusquement Abou-Yazid. Voici quelques jours, déjà, que les Berghouata se sont constitués en royaume indépendant.

1. Pouvoir de faire des miracles et de se rendre invulnérable.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 8 Oct - 9:22

page 30


- Deux écoles de mendiants : les geignards, invocateurs sans relâche des grands marabouts, et les malins, amuseurs et toujours de bonne humeur. Celui-ci appartient à la seconde catégorie.


Une stupeur tomba sur l’assemblée. Plus que l’âpre ton inattendu, les deux derniers mots avaient porté.
Dans le silence subit, les membres de la djemâa prenaient conscience de l’énergie qui émanait du visage osseux de leur hôte imprévu et de la flamme de son regard.
— Depuis quand, poursuivit Abou-Yazid, les grandes familles des Berabers, des Sanhadja, des Chlaha se considèrent-elles comme tenues de s’incliner devant une violation de la parole donnée?
« Oqba et Moussa Ibn Nosaïr en nous apportant la Parole du Prophète — que loué soit son saint nom ! — se sont engagés à nous traiter comme des frères. Et voilà que, maintenant, Damas et Kairouan voudraient nous imposer tribut comme aux non-Musulmans?
« Les Berghouata ont réagi ! Ils sauront se passer de maîtres parjures ! Les Masmouda vont suivre ! Et vous, Aouréba, avez-vous donc des cœurs de femmes pour accepter de transmettre, en esclaves du Caïd d’Ifrikya, l’ordre de payer l’impôt?
« Manquerons-nous, dans notre Maghrib, de chefs de guerre pour chasser une domination dont l’indignité se reconnaît à sa mesure impie? Manquerons-nous d’hommes justes et sages pour maintenir chez nous les préceptes d’un Koran sans iniquité?
« Je suis venu vous demander si votre existence dans cette cité fastueuse vous a amollis au point de vous faire préférer une servitude dorée à une indépendance âprement disputée. J’ai entrepris de courir le bled, prêchant la révolte contre les Califes déchus par leur manquement ...

1. Représentants de l’Autorité.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 8 Oct - 9:23

page 31


- A quoi peut penser ce vieillard chleuh, dont l'oeil demeure vif en dépit des rides nombreuses et de la barbe blanche? Peut-être étonné par le progrès, songe-t-il au temps, déjà lointain des, "razzias" qu'il put voir... ou opérer. Peut-être les regrette-t-il?... (Phot. Gueugnon)


... à la parole donnée et la mise hors de notre sol de tous leurs représentants ! J’ai dit ! »
Le silence était retombé dans la grande salle à colonnes qui avait vu les burnous succéder aux tuniques byzantines et aux toges romaines. Les notables Aouréba avaient des visages tendus vers Abou-Yazid, impassible sous leurs regards courroucés.
Kacem fit un pas en avant.
— Le langage de mon ami est dur à entendre, dit-il. Il est, cependant, noble et juste. Loin de vous offenser de sa diatribe, vous devriez vous en inspirer pour agir à l’exemple des Berghouata ! Quelle humiliation y aurait-il à suivre un mouvement aussi légitime?
— Alors, interrogea le doyen, les Berghouata sont déjà entrés en rébellion?
— Il n’y a plus chez eux le moindre représentant de l’Ifrikya, affirma Abou-Yazid. Caïds, Khalifas, Mothasseb (1) sont en fuite ou ont payé de leurs vies leurs velléités de résistance. Tous les Masmouda ont suivi !
— Les Aouréba ne leur seront pas inférieurs, conclut le doyen. Tu peux aller l’annoncer à tes frères.
— Pardonne-moi, doyen ! J’irai le dire aux Sandahja, car je continue ma prédication de révolte générale. Je ne m’arrêterai qu’aux limites de la Berbérie, lorsque le pays tout entier sera délivré de ses opresseurs!
L'instant d après, Abou- Yazid haranguait, du haut ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 8 Oct - 9:24

page 32


- Les bijoux marocains, du moins ceux en argent. Viennent en bonne partie de Sous où se trouvent les plus riches mines du Protectorat.


... des marches du palais de Gordien, la suite des guerriers qui avait accompagné les notables et à laquelle s’était jointe une bonne partie de la population mâle d’Oulili.
Au soir tombant, les monuments romains vibraient aux cris de guerre des Aouréba et le Caïd d’Ifrikya, alerté, s’enfuyait par la porte de l’Orient, dans le crépuscule protecteur.
La révolte kharedjite était déclenchée.
Un Islam berbère apparaissait, qui, pour la première fois, trouvait les naturels du Maghrib unis dans une action commune.



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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 8 Oct - 9:24

page 32 b


- A sa hauteur venait un singulier cavalier, monté
sur la croupe menue d’un petit âne gris.




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MessageSujet: Re: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 8 Oct - 9:25

page 33


- Peu à peu l'agglomération de Moulay Idriss, née de pèlerinages, est devenue une petite ville coquette, exclusivement indigène, encadrée du site grandiose du Zerhoun.

CHAPITRE IV


LA NAISSANCE DE FÈS

BIEN qu’il eut adopté une attitude de prière, M’Barek était surtout entré dans la grande mosquée de Tanger avec un but bien déterminé très éloigné de la dévotion.
Ses prosternations étaient rares et brèves. Il demeurait plutôt accroupi, dans une attitude méditative, tandis que son regard, filtrant entre ses paupières mi-closes, suivaient avidemment les évolutions du moqqadem (1) du sanctuaire.

1. Fonctionnaire chargé de la garde et de l’entretien.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mar 13 Oct - 18:47

page 34


- Ce vieux minaret branlant que l'on aperçoit de la terrasse de la Midersa (Collège) Zaffarine est un des plus anciens monuments de la capitale du Nord.


Lorsqu’il le vit se diriger vers l’extérieur, il quitta aussitôt la pose recueillie et il parvint au seuil de la grande porte cintrée, juste à temps pour reprendre les babouches de cuir souple qu’il y avait laissées, en même temps que le gardien rechaussait les siennes.
— Je suis étranger, lui dit-il, et voudrais te demander un renseignement.
Il avait le verbe impérieux et son burnous de fine laine lui conférait un air imposant. L’autre fut tout de suite obséquieux.
— Si je le peux, ô Sidi, je suis ton serviteur !
— Je suis à la recherche d’un chérif dont on m’a dit qu’il avait débarqué ici il y a quelques mois, reprit M’Barek. Il se nomme Idriss, de la descendance d’Ali. Il n’aura pas manqué de venir prier dans cette mosquée. As-tu entendu parler de lui? Ne l’as-tu pas remarqué?
— Idriss?... Non, Sidi! Il vient tant d’étrangers que je ne puis me rappeler d’eux tous !
— Pourtant, un chérif !... (1)
— Comment l’aurais-je su s’il ne s’est point déclaré? Mais un tel personnage ne va généralement pas sans suite.

1. Descendant du Prophète.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mar 13 Oct - 18:48

page 35


- Ces forteresses, inspirées des châteaux-forts d' Europe, sont assez rares. On ne les trouve guère que vers le moyen-Atlas. Elles constituent des souvenirs de l'époque almoravide, qui marqua les premiers emprunts sérieux que les berbères firent à l'architecture ibérique.


— Au fait, Idriss n’a pas dû venir seul. Son confident, son ancien esclave affranchi, Rached, l’accompagnait.
— Rached? J’ai en effet entendu ce nom qui n’est pas si fréquent ici. Celui que l’on nommait ainsi portait un ample manteau à rayures noires brunes et blanches alternées et son turban se différenciait des nôtres par deux nœuds de chaque côté et un voile tombant dans le dos.
— C’est bien lui ! Il a conservé son aspect de Bagdadi. Et l’autre, celui qui l’appelait ?
— L’autre portait un ample burnous gris bleu soutaché de noir, sous lequel se devinaient de riches vêtements blancs. Un bel homme, dans la force de l’âge. Je me souviens. Il est venu quelque temps ici et j’ai remarqué la ferveur particulière qu’il apportait dans ses prières.
— A-t-il donc cessé de venir?
— Depuis longtemps, déjà, Sidi ! Il n’est guère demeuré à Tanger plus d’une semaine. Il m’est arrivé de le rencontrer sur le grand Sokko, ...



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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mar 13 Oct - 18:49

page 36


- C'est la fantasia du pèlerinage. Tous les échos autour de Moulay Idriss répercutent ses explosions. C'est qu'avant d'être un saint, Idriss fut d'abord un guerrier. Au reste, nulle fête marocaine ne peut se concevoir sans fantasia! (Photo FUndrin)


... devant la boutique d’Isaac Ben Chemoun, le marchand de harnachements. Il a dû sans doute s’équiper chez lui en vue de quelque voyage à cheval.
— Isaac Ben Chemoun, dis-tu? Au grand Sokko?
— Oui, Sidi. La dernière boutique à gauche avant la rue montante.
— Bien ! Je te rends grâces, S’lama !
M’Barek n’eut aucune peine à trouver le négociant. Il était assis sur le pas de sa porte.
— Isaac Ben Chemoun?
— Moi-même pour te servir, Sidi !
— Je t’achèterai un beau harnachement complet si tu peux me renseigner sur deux amis qui furent tes clients il y a quelques mois. Ils venaient d’Arabie et l’on m’a dit qu’ils s’étaient fournis chez toi. L’un d’eux portait la coiffure et le burnous rayé des gens de Bagdad.
— Certes, je ne les ai pas oubliés, Sidi, car ils furent des clients de ...



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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mar 13 Oct - 18:51

page 37


- Dans la mosquée de Moulay Idriss à Fès, le tronc des offrandes bénéficie d'une ornementation toute particulière. Ce fellah, qui vient y apporter son obole, parait intimidé par la majesté du lieu. Quel que soit le degré de longitude où ils sont construits, les temples conservent des traits communs !

... marque. Ils me chargèrent même de leur procurer des montures, un mulet de bât et un guide pour aller à Oulili.
— Oulili?
— Oui, l’ancienne ville romaine de Volubilis, dont les Aouréba qui l’habitent ont simplifié le nom.
— Pourras-tu me rendre le même service? Je veux les rejoindre.
— Accorde-moi trois jours, Sidi, j’aurai ce qu’il te faut. Quand au prix...
— J’accepterai le tien si tu n’exagères pas...
C’est ainsi que M’Barek, après une dizaine de jours de marche, abordait le massif du Zerhoun et parvenait en vue de l’ancienne métropole de Rome, en l’an 788 de notre ère (157 de l’Hégire).
Au cours des étapes précédentes, il avait daigné engager la conversation avec le guide juif tangérois, dont Isaac Ben Che- moun l’avait pourvu.
C’est ainsi qu’il avait appris que les Aouréba s’étaient à peu près maintenus dans l’orthodoxie musulmane, que la révolte kharedjite avait compromise en maints endroits par des schismes variés.
De même, il avait eu connaissance de la bonne fortune du Persan Ibn Rostem, qui avait pu, à la faveur du désordre, se faire
accepter comme souverain du royaume de Tahert, dans le Maghrib central.
Sur Idriss lui-même, il avait été moins documenté.
Yacoub n'était pas retourné ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mar 13 Oct - 18:53

page 38


- Le quartier sud-ouest de Fès est en joie. Ses habitants se répandent, par la porte Bab Ftouh, dans le bled, où auront lieu des réjouissances. Elles auront pour cadre le merveilleux panorama de la ville vue tout entière avec sa ceinture de collines boisées. (Photo Flandrin)


... à Oulili depuis qu’il y avait conduit Idriss et Rached et il ne savait rien d’autre que l’accueil très hospitalier que les deux Arabes avaient reçu.
Maintenant, M’Barek chevauchait seul, en arrière et il songeait à la mission dont le Calife abasside l’avait chargé. Il ne s’agissait rien moins que d’une sentence : Idriss avait pris part à une révolte rapidement étouffée. Sa fuite ne devait pas le soustraire au châtiment. Émissaire du pouvoir de Bagdad, M’Barek était en même temps son exécuteur des hautes œuvres.
Mais dans quelle situation allait-il retrouver sa victime désignée? N’avait-elle pas connu un heureux sort semblable à celui d’Ibn Rostem? Ces Berbères paraissaient enclins à un certain engouement pour les émigrés orientaux de noble origine. Le Persan n’était pas le seul qui leur eût imposé son prestige. En Ifrikya, le gouverneur Ibrahim ben Aghleb ...



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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mar 13 Oct - 18:55

page 39


- Dans les mille rues étroites et parfois tortueuses de Fès, il est rare de n'avoir pas au moins une échappée vers quelque minaret élégant, quelque fontaine ornée de mosaïque, quelque arc gracieux encadré de colonnettes ou quelque porte ouvragée...


... ne s’était - il pas constitué un émirat indépendant? Abd-er-Rhaman n’avait- il pas réussi à ranger sous son autorité les diverses provinces de l’Espagne musulmane, bien qu’il fût, lui aussi, un fugitif révolté? Idriss ne manquerait pas de mettre en avant son origine incontestée de descendant d’Ali, le neveu du Prophète.
Les appréhensions de M’Barek furent confirmées dès que, passée la porte de l’occident, il eut pénétré dans la ville.
Son guide s’était enquis d’Idriss et de Rached auprès des premiers habitants rencontrés et il lui faisait part des informations qu’il avait reçues de ces derniers sur les deux Arabes.
— Ton ami est devenu le chef de presque tout le pays Masmouda, lui dit-il. Son titre de chérif et sa baraka lui ont valu les marques d’un respect que sa piété profonde a accru. Il a épousé Kenza, la fille d’Addi, le chef des Aouréba, et il vit dans une casbah qu’il a fait édifier hors les murs de cette ville.
Les Berbères d’Oulili accouraient, curieux, sympathiques, empressés.
— Tu es un ami du chérif Idriss, disaient-ils à l’émissaire du Calife. Sois donc particulièrement le bienvenu ! Nous allons te conduire vers lui.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mar 13 Oct - 18:57

page 40


- Le croyant fait ses ablutions rituelles dans la cour de la mosquée. Près de lui, le « moqqadem » attend le moment de l’introduire dans la salle du "mirhab". (Phot. Gueugnon)



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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 14 Oct - 7:53

page 41



M’Barek ne put se soustraire à leurs offres et, avant que le jour tombât, il parvint, avec son équipage, devant l’habitation de celui que, déjà, les montagnards du Zerhoum révéraient autant comme un saint que comme un chef.
Ce fut Rached qui vint à sa rencontre.
Après l’échange rituel des salamalecs, l’affranchi que son dévouement à son ancien maître portait aisément à la méfiance, questionna le nouvel arrivé.
— Je suis comme vous, disait M’Barek. J’ai voulu, moi aussi, prendre part au soulèvement contre le Calife abasside, car le mouvement reprit après votre départ. Mais il fut encore réprimé et je dus m’enfuir. Comme vous, j’arrivai à Tanger où j’appris que vous étiez venus ici. J’ai cru bon d’adopter le même refuge. Je me tiendrai pour très favorisé et très honoré si je suis admis à séjourner sous votre autorité.
Devant un pareil langage, Rached ne put qu’introduire M’Barek dans la casbah.
Idriss se tenait dans une grande salle oblongue, au milieu de notables masmouda. Le nouvel arrivant l’aborda avec les marques du plus profond respect et, l’ayant baisé à l’épaule, il se répandit en affirmations de dévouement.
Sur la demande du chérif, il parla des révoltés de Bagdad qu’il connaissait surtout pour les avoir combattus. Mais il ne manqua pas de laisser ignorer son rôle véritable, qu’il présenta au contraire sous un jour propre à le faire considérer comme un compagnon de mauvaise chance. Il sut être éloquent et persuasif.
— Frère, lui dit Idriss, j’accepte volontiers que tu deviennes des nôtres. Ici, nous ne sommes plus des réfugiés. Nous devenons les tenants de la loi islamique pour laquelle nous serons peut-être contraints de combattre. Allah — que béni soit son saint nom ! — a permis que nous fussions dans ce pays pour en chasser les schismes qui ont altéré le Coran de son Prophète — qu’il soit loué ! — Le concours d’un parfait orthodoxe tel que tu dois l’être nous sera précieux. Nous te mettrons à l’épreuve et, si tu en es digne, tu feras partie de notre maghzen (1).
Dans les jours qui suivirent, M’Barek n’eut aucune peine à se montrer un disciple attentif d’Idriss. Tandis que de toutes parts accouraient les partisans gagnés par le prestige du chérif et que les habitations qu’ils ...

1. Cour des Conseillers.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 14 Oct - 7:55

page 42


- Des terrasses des palais de Fès on découvre de pittoresques panoramas de maisons étagées sur les pentes de la vallée du petit oued, qui donna son nom à la capitale.


... construisaient en hâte autour de la casbah prenaient, peu à peu, les allures d’une agglomération nouvelle, il participait aux conseils des djemâa et se faisait admettre même aux assemblées plus restreintes de la sorte de gouvernement de la coalition berbère que le Chérif avait constitué.
Bientôt, Idriss décida d’entreprendre la conquête du Maghrib tout entier pour le rendre à la vraie foi musulmane. Il avait assemblé une véritable armée de plus de cinq mille cavaliers et de près du double de guerriers à pied. Au milieu de cet étalage de force, M’Barek n’osa pas exécuter la sentence dont il était chargé. Voyant qu’il ne pourrait pas sans danger recourir au meurtre avec certitude, il décida d’arriver à ses fins par la ruse.
La harka d’Idriss s’avança vers le Sud. M’Barek ne put trouver dans les rencontres l’occasion qu’il recherchait, car le fidèle Rached suivait son maître avec une attention constante. La résistance des farouches Berghouata fut pourtant l’occasion de combats incertains, à la faveur desquels l’émissaire du Caïd crut pouvoir agir. Mais, soucieux de ne point abattre l’enthousiasme de ses guerriers en les lançant sur des adversaires très difficiles à entamer, Idriss préféra s’en tenir aux résultats qu’il avait obtenus. Il décida de retourner à sa résidence prochaine d’Oulili.
Cependant les prévenances de M’Barek et la part qu’il avait prise aux batailles lui avaient fait gagner la faveur d’Idriss, tout en endormant ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 14 Oct - 7:56

page 43


- Le cimetière marocain s'étale au flanc du coteau, sans dégager nulle tristesse. Les femmes y bavardent, accroupies entre les tombes. Passé le premier moment d'abattement, le "mekjoub" fataliste produit son effet : C'était écrit ! A quoi bon s'attrister? (Photo F.Nathan)


... la vigilance de Rached. Admis aux réunions du maghzen, il réussit à faire admettre que le royaume hérétique de Tahert, fondé à la faveur de la révolte kharedjite par le réfugié persan Ibn Rostem, devait être attaqué pour être réduit et ramené à la vraie foi. L’expédition fut décidée.
M’Barek était maintenant admis dans la tente d’Idriss comme un familier. Un jour, il y fut seul, tandis que le Chérif s’affairait dans le camp pour s’assurer des dispositions de l’attaque du lendemain. Sur un plateau de cuivre, une aiguière et un gobelet étaient disposés. L’émissaire du Calife portait une bague à l’énorme chaton d’opale.
Lorsqu’il revint avec Rached, Idriss voulut se désaltérer. Il remplit le gobelet et but avidement l’eau fraîche. L’instant d’après, il tombait sur le sol en proie à des convulsions et il expirait sans avoir pu dire un mot. La sentence abasside avait été exécutée.
Rached comprit sur-le-champ. Il donna l’alarme et lança des cavaliers ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 14 Oct - 7:57

page 44


- Le boucher du bled n'a nul besoin d'une installation compliquée. Trois perches fichées en terre et un coutelas lui suffisent. Ainsi découpera-t-il son bœuf, dont les quartiers iront vers les casbahs environnantes, sur l’échine du petit bourricot qui attend. (Photo Gueugnon)


... dans toutes les directions pour s’emparer de M’Barek. Il avait vu juste. Sa mission accomplie, l’émissaire de Bagdad s’était enfui vers le camp d’Ibn Rostem. Mais son avance insuffisante ne lui permit pas d’échapper à la nuée de ses poursuivants. Encerclé, il se rendit, bien qu’il ne doutât point du sort qui l’attendait. Il voulut, du moins, proclamer, avant de mourir, le mobile qui l’avait fait agir.
Amené devant Rached, il se vanta d’avoir porté jusqu’au Maghrib la preuve de la puissance du ressentiment du Calife.
— Avant de périr de ma main, lui dit Rached, sache que l’œuvre d’Idriss sera maintenue. Kenza mettra bientôt au monde l’héritier du Chérif, celui qui portera dans son sang l’illustre origine du Prophète — qu’il soit loué ! — et celle de la race fière des Aouréba. Je veillerai à ce qu’il soit le digne successeur de son père.
— En attendant, répliqua M’Barek, est-ce toi qui commanderas aux tribus?


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 14 Oct - 7:58

page 45


- N'imagine-t-on pas ainsi les visages des Patriarches bibliques ? Ce Vieux Juif existe encore au Maroc à de multiples exemplaires. Il arrive d'ailleurs quil appartienne à des tribus tellement berbérisies que la langue hébraïque a été totalement remplacée par le chleuh dans leurs habitudes et que, de leur religion, ne subsistent que quelques traditions. (Photo Gueugnon)


Rached pressentit l’apostrophe d’esclave que le meurtrier s’apprêtait à lui décocher pour le miner dans l’esprit des Berbères.
D’un seul élan, il tira son poignard et en perça le cœur de M’Barek, qui s’écroula.
— Voici mon premier acte de chef, dit-il aux gardiens qui l’entouraient. Certes, je ne nourris aucune ambition ! Mais de même que je me suis octroyé le droit de la vengeance, je réclame celui de préparer Idriss II, fils de Moulay Idriss, à son rôle éminent.
— Tes paroles sont sages, répondit Addi, chef des Aouréba. Nul mieux que le fils de Kenza, mon petit-fils, descendant d’Ali, ne pourra revendiquer une illustre origine plus digne du pouvoir. Et nul mieux que toi qui fus l’ami et le confident de Moulay Idriss ne saurait gouverner en attendant que l’héritier naturel de celui que nous avions élu soit en mesure de le faire.
Mektoub ! Louons Allah de nous avoir réservé un souverain de notre sang !
Ainsi, venu au monde quelque temps plus tard, le jeune Idriss II grandit-il sous la sollicitude de Rached et des chefs Masmouda, dans la petite ville qui s’était fondée autour de la casbah de son père.
Dès qu’il eut atteint l’âge d’homme, il se trouva à la tête d'une confédération puissante qui s'était groupée autour du renom du disparu.
A son tour, il lança ses armées à l'assaut des tribus hérétiques.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 14 Oct - 7:59

page 46


- Imposante par sa masse, la casbah de Ouarzazat constitue une véritable forteresse... d'autrefois. Ce n’est aujourd'hui qu’un bâtiment-cité, témoin d’une époque révolue. Il existe tout un chapelet de casbahs du même genre, toutes curieuses, toutes de grandes proportions. La plupart des circuits touristiques les font visiter.


Il les poussa victorieusement jusqu’au Sous, à la seule exception du pays Berghouata où il ne parvint pas à pénétrer.
Estimant que sa résidence du Zerhoun était trop isolée pour faire figure de capitale, il entreprit de faire édifier une métropole aux proportions grandioses, qui puisse témoigner de l’importance du pouvoir qu’il avait acquis.
Il choisit comme emplacement la large vallée de l’oued, Fès, entr’ouverte comme un vaste cirque, et inclinée vers le grand fleuve Sebou tout proche. Sur cette aire idéale, les guerriers passèrent de leur activité belliqueuse à celle de la construction. Casbahs et murailles crénelées surgirent comme par enchantement. Bientôt Idriss II accueillit auprès de lui des émigrés arabes venus d’Orient ou de Kairouan, attirés par son prestige. Il en fit ses conseillers, ses émissaires et ses favoris, inaugurant ainsi la tradition du maghzen, des souverains marocains appuyés sur ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 14 Oct - 8:01

page 47


- Un ombrage contre l’ardeur du soleil, un pan de mur contre le vent, un sol pas trop cabossé et voilà les éléments d'un commerce de plein air. Ces femmes ont déposé et étalé leur piteuse marchandise. Elles attendent la clientèle avec un calme tout oriental. (Photo Gueugnon)


... une coalition de tribus, combattant pour l’Islam et constituant un gouvernement étranger aux traditions berbères.
Mais l’œuvre des Idrissides ne devait pas être de longue durée, car l’union cessa à la mort d’Idriss II. Ses fils se partagèrent le royaume et ne tardèrent pas à se battre entre eux. L’anarchie reprenait le Maghrib à la seule exception de Fès, métropole occidentale de la foi islamique, qui ne devait cesser de croître et de s’embellir.



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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 14 Oct - 8:02

page 48


- Ces casbahs du Sous, pépinières de guerriers farouches, fournirent de gros contingents, que, successivement, Almoravides et Almohades emmenèrent avec eux en Espagne musulmane pour s'opposer aux progrès de la « reconquista » des rois catholiques. (Phot. Flandrin)

CHAPITRE V

L’APPEL DE SÉVILLE

Almoravide issu des durs guerriers « Sanhadja au voile », accoutumés aux immensités désertes du Sud, Youssef ben Tachfine ne concevait pas de plus beau paysage que celui d’une palmeraie fournie où, dans l’ombre des panaches haut-perchés, des eaux vives couraient entre les colonnades des fûts écailleux.
C’était un rude capitaine. Il avait conduit ses armées à travers le Maghrib, abattant toutes les résistances et réduisant jusqu’aux ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 15 Oct - 8:34

page 49


- On nomme en berbère « Tirremts », ces hautes casbahs construites en pisé brunâtre et caractérisées par leurs tours d'angles en forme de troncs de pyramides quadrangulaires. Les apports architecturaux de l’Espagne ne les ont jamais fait disparaître. On en construit, encore, de nos jours.


... farouches Berghouata eux-mêmes. De conquête en conquête, il avait établi sa domination des rives de l’Atlantique jusqu’à Achir, l’ancienne et terrienne ancêtre d’Alger.
Songeant au repos, il était retourné vers le Sud pour y retrouver cette oasis qui lui avait paru si merveilleuse, au pied des premières pentes du grand Atlas dont les cimes aux neiges constantes se découpaient très haut dans l’azur incomparablement limpide du ciel pré-saharien. Il voulait y établir sa capitale qu’il nommerait Marrakech.
Dès que le camp avait été dressé, des foules d’esclaves avaient commencé à édifier une immense enceinte de pisé aux murs épais. Des artisans avaient entrepris, en même temps, la construction d’un « tirremt », sorte de château-fort carré avec quatre tours d’angles aux parois obliques, qui dominaient d’assez haut les courtines crénelées.
Déjà, le rassemblement imposant des travailleurs et des guerriers avait provoqué la venue en nombre de marchands, qui s’étaient établis à l’intérieur de l’enceinte en une sorte de marché permanent extrêmement animé.
Du haut des tours achevées de son édifice, Youssef ben Tachfine contemplait avec satisfaction le grouillement incessant qui s’étalait au-dessous de lui.
— La voilà bien, ma capitale, lança-t-il, égayé, à son lieutenant Slimane qui l’avait accompagné : un palais, un marché, un rempart, une palmeraie,...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Ven 16 Oct - 7:13

page 50


- Dès la banlieue de Marrakech on sent l'atmosphère saharienne qui s'insinue, malgré la barrière de l'Atlas. Ce coin de la palmeraie n'est-il pas évocateur des oasis perdues au milieu des immensités désertes ou sablonneuses?


... , un camp. Il n’en faut pas davantage !
— Palais ! c’est beaucoup dire ! rétorqua Slimane, car, sans vouloir diminuer le mérite de notre architecture de pisé, il m’a semblé avoir vu mieux, dans le haut pays, au cours de nos expéditions ! Et puis, n’as-tu pas oublié la mosquée?
— Tu as pourtant raison ! Certes, je n’ai pas besoin d’un abri pour faire ma prière de soldat! Mais il me faut penser à l’esprit de ceux que je commande ! La tâche de nos sabres courbes a été facilitée par la doctrine rigoriste de Malik ben Anas qu’Ibn Yasine est venu prêcher à nos Sanhadja. C’est elle qui a enflammé nos guerriers comme sa discipline a maintenu notre prestige ! Il faut aux masses une religion, et une mosquée est bien faite pour la rappeler et l’exalter! Je vais donner l’ordre à Salem de réparer mon omission. Il se mettra à l’œuvre aujourd’hui même.
Au bruit d’un pas sur la terrasse, les deux hommes se retournèrent. Un guerrier Sanhadja se présentait.
— Seigneur, dit-il à Youssef, un envoyé d’El Motamid, l’Emir abasside de Séville, vient d’arriver. Il est porteur d’un message pour toi.


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