Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LE MAROC, R. Thomasset.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:24

page 99


- On dirait ces laveuses juives de l'Oued Sefrou rassemblées en Vue de quelque mise en scène. Chaque jour elles se retrouvent dans le même tableau animé, là et partout où un oued ou une " seghia " coule au pied des kasbahs.


... sans quartier. Après quoi, ils se retirèrent en embarquant sur leur flotte, revenue dans la baie, des Mauresques, des enfants et de riches marchandises.
Le roi de Portugal, instruit de ces événements, envoya aussitôt Dora Simâo Gonçalves da Costa pour reprendre le poste de gouverneur de Santa Cruz.
Son premier soin fut de faire mettre Dom Luis Sacoto aux fers et de l’embarquer. Puis il donna les ordres nécessaires à la réorganisation de la place.
Sa bonté le perdit. Trahi par des Maures qui lui avaient demandé asile, il tomba sous leurs coups, dans sa propre chambre. Le Chérif organisateur du traquenard était accouru avec une armée nombreuse. Mais les chevaliers se ressaisirent. Ils eurent tôt fait de nettoyer le château des indigènes qui s’y étaient introduits et bientôt leurs bombardes et leurs pierriers, tirant à courte portée, creusèrent des trous ...


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:27

page 100


- Une danseuse professionnelle ou “ Chirate » et l'un des tambourins qui accompagnent ses évolutions ou ses contorsions. Généralement l'orchestre marocain comporte avec cet instrument, les "derbouckas", les «ghaïtas» ou hautbois rustiques et les violons.


... sanglants dans les rangs des assaillants. Les arquebuses ajoutèrent au carnage et l’armée du Chérif dut se refugier à l’abri de l’éminence du « Pic » du Cap de Guer. La situation semblait être sans péril immédiat, lorsqu’un vieil arquebusier portugais voulut aller prendre de la poudre dans un bastion où se trouvaient entreposés un grand nombre de barils. Il commit l’imprudence d’y pénétrer avec sa mèche allumée. La poudre s’enflamma.
L’explosion tua nombre de défenseurs et démolit une partie du mur d’enceinte. Elle effraya d’ailleurs les Maures et envoya dans leur direction une fumée si abondante qu’ils ne purent se rendre compte de l’occasion inespérée qu’ils avaient de l’emporter. Les assiégés constituèrent rapidement une barricade de fûts et de matelas qui leur donna une sécurité provisoire.
Pendant la nuit qui suivit, ils travaillèrent avec une telle ardeur qu’ils eurent bientôt un mur presqu’aussi haut que l’ancien. Avant le jour, quelques volontaires badigeonnèrent l’extérieur de cette construction avec de la chaux, lui donnant l’apparence d’une maçonnerie véritable avec son enduit. Les Maures ébahis crièrent à la sorcellerie et le Chérif décida de retourner à Marrakech. Santa Cruz l’avait échappé belle !
Mais la lutte n'était pas interrompue. En 1541, Chérif du Sous, revint avec une armée imposante de plus de vingt mille guerriers, et une artillerie bien pourvue en bombardes, ...


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:32

page 101


- Le « Mahlem » ou maître-ouvrier, sérieux, réfléchi et soigné, s’est adapté à la vie moderne; mais il mange encore accroupi, avec ses doigts... (Phot. Gueugnon)


... couleuvrines et crapaudines de toutes sortes. Il s’installa sur le « Pic ».
En dépit de l’héroïsme du dernier gouverneur, Dom Guterre de Monroy, le château-fort, battu en brèche et dominé par le tir maure, devint très vite intenable. Santa Cruz du Cap de Guer fut pris !
C’était le premier coup porté à la domination portugaise, dont les places s’effondrèrent une à une, tandis que grandissait le prestige de leur vainqueur, qui devait établir la domination de la dynastie saâdienne sur le Maroc tout entier.





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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:33

page 102


- Enchâssée dans les oliveraies, Meknès l'ancienne hérisse ses terrasses de nombreux minarets.

CHAPITRE IX

MOULAY ISMAIL, LE ROI NÈGRE

Alors, Monsieur de Pontchartrain (1), voici que vous avez fait un ambassadeur de notre Pidou? J’aurais trouvé la chose un peu forte si vous ne l’aviez accrédité qu’auprès d’un roi nègre ! Mais, à la vérité, je vous concède que ce moricaud barbaresque ne mérite pas d’être honoré de la représentation d’une personne de plus de qualité, fût-ce au nom de Sa Majesté ! Après tout, ce Moulay Ismaïl est-il peut- être cannibale à ses moments, et, en ce cas, eût-il été dommage de lui ...

1. Ministre de Louis XIV, Secrétaire d’Etat à la Marine.


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:34

page 103


- Vue du pont sur l'Oued Chabbah, la « Kechla » de Safi, forteresse mauresque construite après l'évacuation portugaise, prend une fière allure assez évocatrice de celle qu'eut, de loin, l'Alcazar de Tolède avant sa récente destruction.


... donner l’occasion de se mettre un véritable gentilhomme sous la dent!
— Voyons, Monsieur le Duc ! (1) Que vous a donc fait Monsieur Pidou de Saint-Olon pour que vous l’accabliez de vos sarcasmes?
— Il a qu’il s’est arrangé pour allonger son nom et sa roture de ce « Saint-Olon » tout neuf et qu’il me fait l’effet d’un parfait intrigant !
— Il n’est point tel que vous le croyez! Sans doute, a-t-il cédé à une vanité bien excusable en se poussant pour se faire anoblir. Tout le monde ne peut pas naître Duc de Saint-Simon et chacun, vous excepté, peut le regretter et chercher des compensations adoucissantes !
Il a eu le tact d’avoir recours à un saint inconnu du calendrier! C’est déjà là une marque de modération ! Au surplus, son ambassade en pays barbaresque n’est pas aussi facile qu’elle semble vous paraître !
— Certes ! Je pense bien que d’être mis à la broche par un roi nègre n’est pas précisément une sinécure !
— Vous exagérez, Monsieur le Duc ! L’empereur de Maroc n’est pas un roi nègre !
— Voyons ! Je le tiens du baron de Saint-Amans qui l’a vu dans son palais de Miquenès (sic). Basané en temps normal comme une croûte de pain trop cuit, il tourne au noir absolu quand il s’emporte, ce qui lui arrive souvent, paraît-il. J’exagère, dites-vous? Et que faites-vous donc quand vous lui donnez de l’ « empereur »?

1. Le duc de Saint-Simon, auteur des « Mémoires ».


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:36

page 104


- Cette superbe porte monumentale de Bab Mansour, à Meknès, s'ouvre face à l'ancienne ville impériale. Elle marque l'entrée du domaine impérial de l'Aguedal. Ses proportions heureuses et sa polychromie l’ont rendue célèbre dans les milieux touristiques.


Il a fait mutiler son fils aîné et périr le troisième sous de vagues prétextes de rébellion ! Le beau sire, en vérité !
— Je vois que Saint-Amans vous a documenté, Monsieur le Duc ! Mais la cruauté n’empêche pas la haute fonction. Savez-vous aussi que ce Moulay Ismaïl prétend descendre en ligne directe du fils d’Agar, cette servante qu’Abraham répudia, dit la Bible?
— Si nous en croyons l'Ecriture, nous sommes tous plus ou moins issus de la parenté d’Abraham! Avouez, mon cher Pontchartrain, que votre empereur barbaresque eût pu se réclamer d’une origine moins ancillaire ! Quant au Pidou, je doute fort que son ambassade lui donne le relief qu’il semble en escompter !
— Voire! N’a-t-il pas déjà le bénéfice de figurer dans une suite assez relevée? Si le représentant que François Ier envoya au roi de Maroc en 1533 est demeuré inconnu, Guillaume de Bérard qui fut le consul ...


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:37

page 105


- Ce chapiteau, conservé à l'Ecole militaire de Dar Beida (Meknès), témoigne du faste que Moulay Ismaïl exigea pour la construction de son palais, dont seules les ruines ont subsisté.


... général d’Henri III dans les Etats barbaresques n’était pas sans mérite puisqu’il fut confirmé dans ses fonctions par Henri IV!
— Prenez garde, Pontchartrain! Vous allez me vanter aussi le Sieur de Castellane, ambassadeur de Louis XIII, qui déroba les manuscrits arabes que lui avait confiés le fils du roi Almanzor et qui, pour ce, fut cause de l’emprisonnement de tous ses compatriotes installés ou présents en Barbarie !
— Je vous l’abandonne d’autant plus facilement, Monsieur le Duc, qu’après lui notre ambassade ne fut tenue que par des gens de qualité, officiers de la marine royale : Isaac de Razilly, envoyé par Richelieu; Michel et Roland de Fréjus en 1666; votre ami le baron de Saint-Amans en 1682; votre autre ami le Duc de Mortemart en 1687; le Comte de Château-Renault et le Chevalier des Augiers en 1688 et 89. Vous conviendrez que ces précédents ont bien de quoi exalter l’orgueil d’un Pidou de Saint-Olon et, peut-être aussi, lui attirer la considération d’authentiques gentilshommes !
— Ah ! Pour ce qui est de la considération accordée aux ambassadeurs exotiques, laissez-moi rire ! Vous me remettez en mémoire l’histoire cocasse de ce Juif de Maroc qui vint à Paris, peu de temps après le scandale de Castellane. Mon père me la conta souvent quand j’étais encore enfant. Il se nommait David Benoaisch et prétendait être envoyé par le roi barbaresque. Il portait des titres sur parchemins écrits en langue morisque que des lettrés versés dans la connaissance des dialectes islamisques déclarèrent authentiques. Toute la cour fut à ses pieds. On le fêta, on le choya, on le combla de cadeaux, au point qu’il en eut ...


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:38

page 106


- L'entrée de la nécropole de Marrakech qui abrite les tombeaux saâdiens est, selon la tradition arabe, d'une ornementation aussi réduite que possible. Les colonnettes de la porte d'entrée donnent un avant-goût de la magnificence de l'intérieur.


... une vraie fortune lorsqu’il s’embarqua à Marseille sur une galiote génoise en partance pour Tétouan. Et oncques personne ne le vit plus ni n’entendit parler davantage de lui, ni de sa mission! Les cajoleurs et les généreux en demeurèrent pantois ! Ce fut la plus belle mystification de la carrière diplomatique !
Là dessus, assez bavardé, mon cher Pontchartrain. Portez-vous bien et bon vent à votre ambassadeur Pidou !
Et le Duc de Saint-Simon ayant fait signe à son cocher d’avancer son carrosse, à la porte du Parc de Versailles, s’installa sur les coussins et s’en fut vers sa demeure, vraisemblablement pour y écrire quelque chapitre de ses « Mémoires ».
Quelques mois plus tard, en 1693, François Pidou de Saint-Olon était sur le point de s’embarquer pour la France à Tanger. Notre consul, M. Estelle père (son fils était consul à Salé), essayait de le réconforter car, en dépit de son habit somptueux de gentilhomme, il paraissait fort abattu.
— Je pratique ces Maures depuis de longues années, Monsieur, et je vous affirme que nul autre ambassadeur n’eût mieux réussi dans la ...


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:39

page 107


- Les Chorfa de l'avant-dernière dynastie (Saâdienne) dorment à Marrakech dans le clair- obscur d'un mausolée, chef-d'œuvre de l'art hispano-mauresque qu'ils importèrent. Ce monument a acquis une réputation mondiale.


... mission que vous avez essayé de mener à bien. La mauvaise foi de Moulay Ismaïl est aussi évidente que son animosité à l’endroit des Européens. Vous avez adopté la seule attitude ferme qui convenait en face des mensonges effrontés auxquels il a cru bon d’avoir recours. Croyez qu’il regrettera d’autant plus l’échec de la négociation qui vous a amené à sa cour, que votre sortie aura été effectuée avec une dignité incontestable, bien propre à le maintenir dans le respect qu’il a toujours professé pour Sa Majesté, notre Roi !
Je ne serais pas étonné d’avoir bientôt à transmettre à Monsieur le Comte de Pontchartrain une lettre du Chérif portant ses excuses et exprimant le désir de voir reprendre les pourparlers interrompus !
— Vous êtes bien honnête, Monsieur Estelle, de vous employer à adoucir ma déception, répondit l’ambassadeur. Croyez que ce n’est pas tant ma déconvenue personnelle qui m’afflige que la pensée des malheureux Français demeurés en esclavage à la suite de mon insuccès!


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:40

page 108


- Par engouement pour le faste de la Cour de France, Moulay Ismaïl eut des chaises à porteurs à portières armoriées. On peut remarquer que l'imitation est poussée jusqu'à la disposition des croissants qui rappelle celle des fleurs de lys de la Maison de France.

— Moulay Ismaïl est d’autant plus cupide avec nous, Français, qu’il n’ignore pas le peu de goût que nous aurions pour entrer en guerre ouverte avec lui. Bien qu’il paraisse les traiter avec moins de considération, il finit toujours par s’arranger avec les Espagnols et les Portugais à cause de leur voisinage, qui se rappelle à lui, de temps en temps, par quelque bombardement ou quelque attaque. Les rançons qu’il exige de nous se ressentent de notre éloignement et de notre inaction militaire.
— Vous n’y êtes pas tout à fait, cher Monsieur Estelle ! J’ai eu l’impression que la question des rançons eût été bien vite résolue si j’avais assuré le roi de Maroc du concours de nos vaisseaux dans une expédition qu’il médite contre le Dey d’Alger. J’ai pu d’autant moins lui promettre notre intervention que, depuis le bombardement d’Alger par le Comte d’Estrées, ce souverain, Hadj Chaban, a donné dans une ambassade qu’il lui envoya, des marques de respectueuse amitié à notre Roi.
— Je vois, en effet, que ce Moulay Ismaïl est intraitable. La meilleure ambassade auprès de lui consisterait à envoyer sur ses côtes quelques bonnes frégates prêtes à appuyer de leurs canons les demandes qui lui seraient faites.
— C’est bien ce que j’ai l’intention de dire à Monsieur le Comte de Pontchartrain !
François Pidou de Saint Olon fut étonné de l’accueil amical que lui ...


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:42

page 109


- La ruelle se couvre d'abris de branchages tressés. C'est le Souk couvert qui s'annonce. Pour faire de bonnes affaires il convient de n'être pas importuné par le soleil. (Photo Gueugnon)


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:43

page 110


- Moulay Ismaïl eut la passion des chevaux. Il fit construire, à Meknès, d'immenses écuries. Leurs ruines donnent une idée nette de leurs dimensions.


... réserva le Comte de Pontchartrain.
— Je n’ignore ni les difficultés, ni la mauvaise foi auxquelles vous avez dû vous heurter, lui avait-il dit, et Sa Majesté a trouvé bon que vous ayez jugé de votre devoir de vous retirer en marquant à Moulay Ismaïl la désapprobation que vous inspiraient ses procédés. Le Père Busnot sera désormais chargé de pourvoir au rachat de nos captifs. Ce Franciscain peut employer à ces fins des voies que la dignité de la diplomatie ne peut admettre. D’ailleurs, nous allons donner à votre ambassade une suite propre à vous consoler de vos déboires : l’escadre du Chevalier de Coetlogon ira bloquer le port des corsaires de Salé et nous espérons qu’il leur fera quelque bonne prise de nature à rabattre la superbe de l’empereur de Maroc.
Effectivement, quelques mois plus tard, Coetlogon commençait le blocus du Bou Regreg. Le résultat de cette opération fut, à vrai dire, assez peu sensible, si bien que le Comte d’Estrées fut envoyé à son tour pour la rendre plus efficace.
Moulay Ismaïl appréhenda alors un conflit avec le seul Roi de la Chrétienté qu’il eût en estime. Il donna ordre au « raïs » (1) Abdallah ben Aïche d’entrer en pourparlers avec le chef de l’escadre française.
La conséquence fut que le chef des corsaires, mué en ambassadeur et dûment accrédité par la cour de Meknès, partit pour la France, sur le ...

1. Chef de Corsaires.


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:45

page 111


- Le jardin des Oudaïas, évocateur des splendeurs du Génélarife de Grenade ou de l'Alcazar de Séville, est niché entre de hauts murs crénelés C'est l'un des sites les plus réputés du Maroc, qui joint à son charme celui du panorama splendide, sur l'embouchure du Bou Regreg et la ville ancienne de Salé, étalée sur l'autre rive.


... vaisseau amiral du Comte d’Estrées, afin de traiter du rachat des esclaves et de l’établissement d’une paix durable entre les deux pays.
Le marin français prit plaisir, pendant la traversée, à policer le rude corsaire. Il lui apprit à se vêtir d’une telle manière que, tout en conservant son caractère maure, sa présentation fût de nature à étonner la cour par sa magnificence. Il en fit une sorte de Grand Turc d’opérette à grand spectacle. Abdallah trouvait le procédé fort agréable. Sa naïveté le poussait à s’admirer sous son nouvel aspect et son intelligence eut tôt fait d’admettre les raisons que lui donna le Comte d’Estrées, de passer sous silence les histoires de la cour marocaine qu’il n’eût pas manqué de conter à Versailles.
Il n’avait pas caché en effet à son hôte le caractère d’aventurier du fondateur de la dynastie filalienne, Moulay Rechid, détrousseur et massacreur notoire, qui avait précédé Moulay Ismaïl sur le trône et qui ...


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:47

page 112


- La Casbah des Oudaïas fut conçue pour garder l'entrée du Bou Regreg et abriter les corsaires. Aujourd'hui, elle tient entre ses murs le plus beau des jardins marocains.


... ne lui avait laissé sa succession fraternelle qu’à la suite d’une chute de cheval provoquée par l’ivresse. Il n’avait pas manqué de vanter la dextérité de son souverain, s’entraînant à exécuter simultanément trois mouvements difficiles à rassembler : monter à cheval, tirer son sabre et décapiter à la volée l’esclave qui tenait l’étrier. D’Estrées recommanda même au corsaire de ne point citer le fait, plus anodin, de l’amour immodéré de Moulay Rechid pour ses chevaux qui l’avait porté à considérer ceux d’entre eux qui provenaient de La Mecque comme de saints personnages, faisant bénéficier d’une sorte de droit d’asile ceux qui parvenaient à monter sur leur échine, quelque criminels qu’ils fussent.
De la sorte, le Comte d’Estrées introduisit à Versailles un ambassadeur barbaresque qui avait fort bon air. Il fut reçu avec empressement et la Cour lui prodigua d’autant plus ses faveurs qu’elle était certaine, cette fois, de les adresser à un personnage ayant des références indiscutables.


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:54

page 113


- De l’ancienne mosquée il ne reste que les colonnades privées de chapiteaux et composées en majeure partie de fûts tronqués. La Tour Hassan subsiste encore. On peut toujours, par son plan incliné, monter jusqu'à sa plate-forme, d’où l’on domine Rabat et Salé.


Abdallah ben Aïche fit à Versailles un séjour de près de cinq mois. Les négociations n’avancèrent guère, malgré ce délai, car l’ambassadeur était beaucoup plus chargé de compliments que de pouvoirs d’initiatives. Il fut admis à prendre congé sous le prétexte qu’il n’était pas suffisamment qualifié pour une discussion. Il ne quitta pas sans regrets sa vie fastueuse d’ambassadeur et il emporta, en particulier, le souvenir de Madame la Princesse de Conti, fille de Louis XIV et de la Duchesse de la Vallière, dont il parla à son maître en des termes tels, qu’il fut chargé d’écrire à Monsieur de Pontchartrain pour le pressentir au sujet d’un mariage possible entre Moulay Ismaïl et la plus belle dame de la Cour, fille du Roi Soleil.
Le Ministre de la Marine se garda bien de transmettre la missive du corsaire au roi. Il la communiqua cependant à plusieurs membres de son cabinet, si bien que la demande inattendue de celui qu’on appelait le roi nègre fut bientôt connue de toute la Cour, qui en fit des gorges chaudes. Les poètes s’emparèrent de la nouvelle pour en tirer des ballades ou des chansons, dont la belle Princesse de Conti daigna se divertir.
Cependant, sur l’ordre de son souverain, Abdallah ben Aïche récidivait. Pontchartrain fit alors tenir à M. Estelle des instructions pour qu’il se chargeât de faire ressortir qu’il était impossible à la fille du Roi très chrétien d’épouser un Musulman, fût- il empereur. Moulay Ismaïl éprouva un vif ressentiment en recevant cette réponse et ses négociations avec la France se trouvèrent, de ce fait, interrompues.


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 8:56

page 114


- La visite du Raïs Ben Aische, ambassadeur du Sultan Moulay Ismaïl, à Louis XIV fit grand bruit. Voici une gravure du temps le représentant, dans ses appartements à Versailles.


Elles ne devaient reprendre qu’avec son successeur, auprès de qui Louis XV dépêcha le comte de Breugnon. Il ne paraît pas que cette ambassade, qui fut la dernière de celles envoyées avant la Révolution, eût un meilleur résultat que les précédentes. Le Consul général qu’elle installa à Safi, puis à Salé (Rabat), fut Louis de Chénier, le père du poète qui devait clore la lignée des grands classiques.


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 18:14

page 115


- Voici une troupe de cavaliers en costumes de fête et montés sur des selleries d'apparat. Leur groupe imposant peut donner une idée des masses à cheval que le fils du Sultan Moulay Abd er Rhaman lança en vain sur les formations solides du "Père Bugeaud" au combat de l'Isly. (Phot. Mandrin)

CHAPITRE X

LA CASQUETTE DU PÈRE BUGEAUD

Lorsqu’en 1827, le Dey d’Alger, Hocéïn, s’emporta au point de frapper au visage, avec son chasse-mouches, notre consul Deval qui lui présentait une réclamation au nom du roi Charles X, la cour de Fès ne s’émut pas outre-mesure.
L’incident lui fut rapporté tout aussitôt, cependant; mais l’on crut, au palais de Dar Batha où résidait alors le Sultan Moulay Abd-er- Rhaman, qu’il serait réglé par quelque représaille de peu de gravité, ...


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 18:15

page 116


- Les premiers Aïssaouas arrivent dans les faubourgs de Meknès. Bientôt ils seront cent mille ou plus, livrés à la frénétique danse sacrée. Le spectacle de leur masse en transe sera des plus impressionnants. Mais il sera prudent, pour éviter de possibles excès de fanatisme, de ne le contempler que du haut des terrasses. (Photo Flandrin)


... , tout au plus par quelque démonstration navale, blocus ou, à la rigueur extrême, bombardement, propres à entraîner de rapides et suffisantes excuses.
Loin de ressentir une quelconque solidarité avec les musulmans d’Algérie, les chérifs marocains ne voulaient considérer le gouvernement de leurs voisins que comme une émanation de la dynastie turque des Barberousse, bien que les deys n’eussent plus à leur endroit qu’une subordination de pure théorie.
Pourtant, l’insuccès du blocus des côtes algériennes, l’échec des négociations du prince de Polignac et le bombardement par les forts d’Alger du vaisseau parlementaire « La Provence » décidèrent le gouvernement de Charles X à préparer une expédition militaire, en février 1830.
Elle n’alla pas sans quelque bruit. L’écho pessimiste des chancelleries ...



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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 18:35

page 117


- Cette grande mosquée d'Oudja ne vit le jour que bien longtemps après que le Maréchal Bugeaud eut pénétré dans le principal centre de l'Est marocain. Elle a été édifiée exclusivement par des ouvriers musulmans.


... européennes prétendit que la France trouverait inévitablement devant elle l’Egypte, Tunis, Tripoli et le Maroc coalisés avec l’Algérie. Il se propagea, naturellement, jusqu’à Fès!
Mais Moulay Abd- er-Rhaman était trop prudent pour s’immiscer dans une aventure encore imprécise ! Bien que tout son peuple se passionnât pour la marche des événements, il se garda de prendre une quelconque attitude hostile.
Le débarquement de Sidi Ferruch provoqua une grande anxiété au Maroc et la prise d’Alger, le 13 juillet 1830, y jeta la consternation.
Cependant, la Cour de Fès ressentait une certaine satisfaction à la pensée de l’abaissement subi par le Dey, rival du Sultan.
La campagne se poursuivait avec succès malgré l’effectif relativement restreint du corps expéditionnaire. Déjà, le bey d’Oran, Khachan, avait fait connaître au Maréchal de Bourmont qu’il acceptait de devenir le vassal du roi de France et un détachement débarquait à Mers-el-Kébir pour éviter toute réaction des tribus d’Oranie, lorsque la répercussion de la révolution de juillet entraîna des contre-ordres fâcheux. Les troupes envoyées vers Khachan furent réembarquées et le bey, privé de leur ...



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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 18:37

page 118


- Ces tombeaux saâdiens ont reçu le nom de la dynastie ensevelie à Marrakech. Rassemblés dans une salle à colonnes du plus pur style hispano-mauresque, ils sont devenus l'un des buts classiques du tourisme dans la capitale du sud.

... soutien, se trouva compromis aux yeux des tribus, qui se tournèrent vers le Sultan du Maroc en implorant sa suzeraineté.
Moulay Abd-er-Rhaman, indécis, soumit le cas à l’assemblée des « Ulémas » (1) de Fès, dont le conseil se prononça en faveur de l’incorporation de la zone de Tlemcen dans l’empire chérifien.
Un « khalifa » (2) du Sultan fut nommé et il se mit en route, à la tête d’un corps de troupe.
A la nouvelle de son arrivée, le général Clauzel envoya un ultimatum au Sultan, par l’intermédiaire de notre représentant à Tanger. Aucune réponse n’ayant suivi, le général Damrémont débarqua à Oran et prit, sans coup férir, Mers-el-Kébir et le fort Saint-Grégoire. Après cette opération, le général Clauzel rédigea un second ultimatum qu’il fit porter par le colonel Auvray, de son Etat-Major. Mais notre Consul à Tanger, M. Delaporte, se refusa à servir d’introducteur du plénipotentiaire auprès de la Cour de Fès.
Entre temps, le maréchal Soult, Ministre de la guerre, blâmait le général Clauzel pour ses initiatives, tandis que le Comte Sébastiani, Ministre des Affaires étrangères, faisait adresser au Sultan une réclamation fort courtoise, effectivement transmise, celle-là, mais qui n’en demeurait pas moins sans résultat.

1. Docteurs de la loi musulmane.
2. Lieutenant, représentant.


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 18:38

page 119


- Le Palais de la Bahia à Marrakech est la fréquente résidence d’hiver du Sultan. Il possède de splendides jardins aux miroirs d'eau du plus heureux effet. Moulay Ahd-Er-Rhaman vint s’y réfugier après le désastre de son armée sur l'Isly. C’est là qu'il signa le traité de paix avec le plénipotentiaire Léon Roques.


Mais les trahisons et les exactions du Khalifa de Moulay Abd-er- Rhaman rejetaient vers nous les tribus qui avaient sollicité sa protection. La situation paraissait évoluer favorablement. Ce fut l’occasion d’une nouvelle ambassade composée du Comte de Mornay, du peintre Eugène Delacroix et de l’interprète du Roi. Elle se rendit à Meknès avec la mission d’établir une entente relative aux zones d’influence à la frontière algéro-marocaine. Son résultat le plus tangible, en dehors de bonnes paroles sans effets, ne fut que de permettre à l’artiste de composer de bonnes toiles. Mais le problème de la frontière demeura sans solution !
Lasses de ces atermoiements, les tribus d’Oranie prêtèrent une oreille complaisante aux excitations d’un marabout rifain, Mahi-ed-Din, qui entreprit, en 1831, de prêcher le « djihad » ou guerre sainte aux Français. Son fils, Abd-el-Kader, se fit proclamer Emir des Arabes et s’installa à ...


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 18:40

page 120


- Ce fut dans cette salle du Palais de Dar Bartha à Fès qu'eurent lieu les conférences entre Moulay Abd Et Rhaman et les émissaire» d’Abd-el -Kader, de même que la réception de la mission française, dont faisait partie le grand peintre Eugène Delacroix. On la nomme salle des tapis. On aurait pu l’appeler salle des tromperies.


... Mascara. Sa réputation s’imposa au point qu’il put nommer des « aghas » (1), rétablir la justice et percevoir des impôts. Le Sultan se laissa circonvenir par ses émissaires et par ses cadeaux. Il lui envoya en retour des armes et des munitions pour lui marquer qu’il le considérait comme son véritable khalifa.
Le jeune agitateur de vingt-quatre ans passait entre temps à l’action.
Malgré la prise de Mascara par le général Clauzel, les partisans de l’Emir entamèrent avec nos troupes une guérilla sans merci. Le général Bugeaud fut envoyé pour y mettre fin.
Il constata qu’Abd-el-Kader avait l’appui moral et matériel du Sultan et il en trouva de nombreuses preuves écrites dans la correspondance ...

1. Chefs de région.


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 18:42

page 121


- Après sa défaite de l'Oued Isly, le fils du Sultan Moulay Abd er Rhaman se réfugia à Taza. Mais son père refusa de lui donner asile et il le chassa honteusement. Il dut s'enfuir par cette « Porte du vent » pour éviter les possibles rigueurs du souverain vaincu et irrité.


... que la prise de la Smala par le Duc d’Aumale, en 1840, fit tomber entre ses mains.
Abd-el-Kader utilisait toutes les ressources qui pouvaient entretenir l’ardeur de ses guerriers. Il alla jusqu’à leur apprendre le refrain chanté par les troupiers sur la marche des clairons : « La casquette du Père Bugeaud » qu’il leur présenta non comme l’efTet d’une gouaillerie affectueuse, mais comme un véritable chant séditieux, indice du peu de cas que nos soldats faisaient de leur chef.
Mais Bugeaud, que sa casquette n’empêchait pas d’être un excellent tacticien, pourchassa si bien les bandes de l’Emir qu’il l’obligea à chercher refuge au Maroc en 1842 et 1843.
L’asile accordé à l’agitateur fut l’occasion d’une tension d’autant plus marquée entre les gouvernements français et chérifien que les incidents de frontière se multiplièrent entre les guerriers d’Abd-el- Kader qui incursionnaient dans notre zone et les soldats du général Bedeau qui, à chacun de leurs retours offensifs, se voyaient arrêtés par la frontière, dont l’Emir faisait jouer la protection à chaque velléité de poursuite.
Une entrevue pour délimiter la frontière algéro- marocaine eut lieu entre le général Bedeau et le caïd d’Oudjda, au mois de juillet 1844. Elle se termina par une agression inopinée des guerriers marocains que nos soldats transformèrent en défaite sanglante.


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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 18:43

page 122


- La porte est d'autrefois et l'homme d'aujourd'hui. Ils paraissent pourtant de la même époque, tant cette « djellaba », ce turban et ces babouches sont semblables aux vêtements anciens.
(Phot. Gueugnon)




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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Jeu 29 Oct - 18:44

page 123



Le conflit franco-marocain était ouvert. Bugeaud prit l’initiative d’une incursion jusqu’à Oudjda où il parvint sans avoir rencontré de résistance. Après y avoir détruit les approvisionnements en poudre et en plomb, il repartit, sans combat, jugeant que sa démonstration suffirait, peut-être, à faire aboutir les démarches engagées par le Consul de Tanger pour faire cesser toute complicité entre le Sultan et l’Emir.
Mais la Cour de Fès, passée maîtresse en atermoiements et roueries, éludait toujours une réponse qui aurait pu l’engager, si bien que Bugeaud résolut de brusquer les choses.
L’escadre du Prince de Joinville croisait devant Cadix. Le général envoya au troisième fils du roi Louis-Philippe un message lui démontrant la nécessité d’agir par la force pour mettre fin aux temporisations qui nuisaient et à notre prestige et à l’avantage présent de notre situation. Le Prince se rendit à ses raisons. Il vint dans la baie de Tanger avec ses vaisseaux. Après avoir embarqué à son bord notre consul et nos nationaux, il adressa une sommation au caïd de la ville. Devant son mutisme, il déclencha un bombardement qui mit en miettes les fortifications chérifiennes. Deux corvettes avaient poussé jusqu’à Mogador; elles y parvinrent le 11 août. Leur chef procéda comme le Prince. Il canonna le château-fort élevé dans l’îlot qui abrite le port, puis, débarquant six cents soldats, il en chassa la garnison arabe et fit démanteler l’ouvrage fortifié.
Pendant ce temps, Bugeaud, ayant pénétré de nouveau sur le territoire marocain, allait à la rencontre de l’armée qui, sous les ordres de Moulay Mohammed, fils aîné du Sultan, s’était concentrée à Taza.
Le refrain de la « Casquette » s’était répandu chez ces guerriers marocains qui l’avaient accommodé de paroles arabes dans lesquelles la raillerie et la bravade se donnaient libre cours. Ils s’époumonaient à la lancer aux échos du bled, tandis qu’ils avaient pris la direction de l’est, fiers de leur nombre, sûrs de leur valeur et conscients de l’aide divine.
Aux quarante mille hommes de Moulay Mohammed, Bugeaud n’avait à opposer que ses dix mille soldats. « Mais, disait-il, la guerre n’est pas un jeu de hasard et la science tactique doit avoir raison de la cohue que constitue l’armée marocaine. » Et, coiffé du couvre-chef légendaire qui tenait à la fois du képi par sa haute calotte, sa visière et ses sept galons d’or, et du casque ou du chapeau par ses ailes débordant sur les ...


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