Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LE MAROC, R. Thomasset.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: LE MAROC, R. Thomasset.   Sam 3 Oct - 8:35

page de couverture








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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Sam 3 Oct - 9:41

page 3




R. THOMASSET

LE MAROC

Illustrations en couleurs de Melle O. PAUVERT

Ouvrage orné de 149 photographies





TABLE DES MATIÈRES
..................

CHAPITRE I. — LE RETOUR DE JL'BA II 7
CHAPITRE II. — L’AGONIE DE VOLUBILIS 15
CHAPITRE III. — Abou Yazid, l’homme A l’ane 25
CHAPITRE IV. — LA NAISSANCE DE Fès 33
CHAPITRE V. — L’APPEL DE SÉVILLE 48
CHAPITRE VI. — L’APOSTROPHE DU « MADHI » 61
CHAPITRE VII. — CHELLA 77
CHAPITRE VIII. — L’AVENTURE PORTUGAISE 85
CHAPITRE IX. — Moulay Ismail, le ROI NÈGRE 102
CHAPITRE X. — LA CASQUETTE DU PÈRE BUGEAUD 115
CHAPITRE XI. — LE bombardement de Casablanca 128
CHAPITRE XII. — Itto et Moha ou HAMMOU le Zaiani 139
CHAPITRE XIII. — LE Maréchal bâtisseur d’empire 148





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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Sam 3 Oct - 9:45

page 4




- Devant son champ de blé travaillé par la moissonneuse, peut-être cet ancien guerrier regrette-t-il le " baroud ", ses   chevauchées et ses razzias. (Phot. Gueugnon)


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Sam 3 Oct - 9:50

page 5



AVANT-PROPOS

L'histoire du Maroc est une suite d'aventures. Elle est même, plus exactement, une série de répétitions de la même aventure. Des variantes la modifient selon les époques et, surtout, selon les races qui se sont affrontées, tour à tour, dans ce carrefour de continents.
Nous sommes arrivés les derniers, nous, Français, dans ce pays tout emmêlé de peuples divers. Le rôle de protecteurs que nous y avons assumé comporte une opposition au perpétuel tourbillon qui n'a cessé, jusqu'à notre entrée en lice, de faire disparaître toutes les velléités d'autorité insuffisante ou mal établie, après toutes les tentatives féodales et toutes les périodes de divisions, d'anarchie et de sauvagerie.
Autant qu'on puisse préjuger de l'avenir, nous paraissons avoir transformé les effervescences spasmodiques marocaines en progression continue vers la paix et le mieux-être.
Nous nous sommes efforcé, dans cet ouvrage, de présenter des images animées et typiques de cette histoire du Maroc, un peu à la manière d'un film dont les procédés permettent les changements de tableaux sans qu'il soit besoin de recourir aux transitions.
Malgré le peu de documents qu'ont laissé certaines époques, nous avons essayé de faire comprendre, en ces quelques pages, comment l'Empire chérifien est devenu ce qu'il est.
Puissions-nous avoir quelque peu contribué à faire aimer ce beau pays si attachant, où repose Celui qui fut le principal Artisan de son essor prometteur et de son charme si particulier!

R. T.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Sam 3 Oct - 9:52

page 6


- Le Tombeau de Moulay Yaboub était là, au flanc de la montagne. Une petite agglomération s'est constituée autour de lui, sans souci de la pente. (Phot. Gueugnon)


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Sam 3 Oct - 9:53

page 7


- Tanger est panée par des stades successifs. Sa rade exceptionnelle et sa position entre la Méditerranée et l'Océan lui avaient valu d'être un important centre d'activité maritime. Son climat doux et le charme de ses abords en fit un lieu de villégiature, sans lui ôter son caractère commercial. Toute une ville moderne est née de ces aptitudes diverses. Elle se développe à ce rythme qui a fait appeler les villes marocaines des cités-champignon.

CHAPITRE PREMIER


LE RETOUR DE JUBA II

LA  flotte du   Préfet naval   Marcellus   Caïus   avait   quitté   Ostie depuis une décade. Composée de trois   trirèmes de   guerre  et   de   deux   galères marchandes, elle ramenait dans ses Etats Juba II, devenu souverain de Maurctanie Tingitane et de Numidie (1) à la suite de la mort de son père, Juba, premier du nom, qui intervint dans la querelle romaine entre Pompée et Cœsar.

1. Actuellement, le département de Constantine.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Sam 3 Oct - 9:55

page 8


-  Cette porte du Grand Sokko (marché) à Tanger, n'est, à vrai dire, pas très ancienne en dépit de sa vétusté apparente et de l'impression antique que donnent ses créneaux serrés. Elle fut reconstruite après sa démolition en 1844 par l'escadre du Prince de Joinville qui la bombarda.


L'escadre avait adopté une allure modérée, basée sur la lenteur de ses vaisseaux de commerce qui fermaient la marche. A cause d'eux les trois trirèmes-vélivoles avaient réduit leur toile, supprimé le grand foc triangulaire de poupe et gardé la seule voile carrée de misaine, dont une partie demeurait carguée en lourds festons plissés pendant à la grand'vergue. A leurs trois étages de rameurs, la garde-chiourme, délaissant le fouet et les éclats de voix, se contentait d'une cadence molle, suffisante pour maintenir les distances prescrites par le Préfet naval.
Elles avançaient en triangle, la trirème-capitane de Marcellus en pointe, en suivant les principaux contours de la côte bétique (1) qui se dénudait au fur et à mesure de la progression vers l'occident.
La mer était tranquille, à peine frissonnante d'innombrables vaguelettes provoquées par un vent léger.
Marcellus Caïus, debout sur la plate-forme arrière de son navire, se tenait à côté d'une litière garnie de coussins sur laquelle Juba, allongé à demi, contemplait distraitement le rivage devenu monotone.
Soudain des éclats de voix dominèrent le grondement intermittent et cadencé des avirons et le clapotis continu des flots contre la coque.

1. province de Malaga.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Dim 4 Oct - 9:46

page 9


- Les Zaïans ont une prédilection particulière pour les cèdres du Moyen Atlas, au pied desquels ils vont camper en toute occasion. Dès que les neiges (car il neige sur les sommets marocains!) ont disparu, les tentes du douar apparaissent et pendant tout le printemps, les troupeaux brouteront dans le Moyen Atlas (Phot. Flandrin)


— Qu’y a-t-il, Marcellus? interrogea le jeune souverain.
— Seigneur, répondit le Préfet, la vigie annonce la vue de la première colonne d’Hercule (1). Nous n’allons pas tarder à l’apercevoir nettement, tandis que, par delà l’horizon, s’estomperont les hauteurs de Tingitane qui te présenteront le premier salut de ton royaume.
— Toucherons-nous donc au port bientôt?
— Ce soir, sauf tempête improbable, Seigneur. Dès que nous arriverons par le travers de cette colonne qu’on me signale et qui, en fait, est une énorme roche aiguë qui termine la pointe de la Bétique, nous cinglerons à travers le détroit. Tingis ne tardera pas, alors, à se présenter à tes yeux. Je compte être à l’abri de sa baie au coucher du soleil.
— Ce sera donc ma dernière nuit à ton bord, Marcellus ! soupira Juba !
— Oui, Seigneur ! Tu sembles en ressentir un regret qui m’enorgueillit.

1. Gibraltar.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Dim 4 Oct - 9:48

page 10


- Ne croirait-on pas à quelque scène biblique en voyant ces femmes et ces enfants descendus au bord de l'oued pour y renouveler leur provision d'eau? Il est d'ailleurs probable que ces longs vêtements amples et de coupe plus que simple ne se différencient guère de ceux des époques anciennes. (Phot. Gueugnon)


Mais n’éprouves-tu pas une grande joie à la pensée de fouler demain la terre de tes ancêtres et de te présenter aux tiens en manteau de pourpre, investi du pouvoir suprême?
— Certes, Marcellus, je n’aborderai pas sans émotion ! Mais quelle joie pourrait m’inspirer un pays que j’ignore? Tu sais bien que mon auguste père m’envoya à Rome dès mon âge le plus tendre. Je ne sais de lui que ce que m’en ont dit mes serviteurs et quelques notables Romains qui le connurent ! Et de Tingis j’ignore tout, en dehors de ce que tu m’en racontas et du récit de ce périple d’Hannon le Carthaginois que Chilon, mon professeur grec, me fit étudier sur ses tablettes !
— Je l’ai appris, moi aussi. Tous les marins qui abordent l’Océan s’inspirent de cette narration du navigateur de Carthage, car, bien qu’elle ait été écrite depuis près de quatre siècles et demi, elle est demeurée le meilleur document de grande croisière qui ait été rédigé.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Dim 4 Oct - 9:50

page 11


- La toilette des petits zaïans est des plus sommaires. Périodiquement on taille et rase leur chevelure. Voici deux coiffures de ces enfants des douars.


— Tu as donc pu vérifier l’exactitude de ce récit?
— Je n’ai visité, en dehors des quelques hâvres que ton royaume présente, qu’une partie de la côte lusitanienne (1). Mais d’autres que moi ont suivi le parcours d’Hannon jusques en Gaules et en Bretagne (2). D’autres enfin sont descendus vers ce pays des hommes noirs d’où le Carthaginois prétend avoir ramené des fortunes d’ivoires et d’or en poudre. Tous s’accordent à reconnaître que l’histoire de ce périple est, mieux qu’une narration fidèle, un enseignement précieux.
Des dauphins, surgis en bande joyeuse au flanc du bateau, attirèrent l’attention du jeune souverain. Il quitta Marcellus pour aller s’accouder au plat-bord, tandis que, un à un, les vaisseaux du Préfet naval exécutaient leur conversion, les proues orientées peu à peu vers la côte africaine.
A la tombée du jour, la rade largement incurvée de Tingi se présenta et parut s'entrouvrir devant les vaisseaux. La ville, blottie tout au fond de la courbe, accrochait les cubes blancs de ses maisons au flanc d’un promontoire tourmenté. Une végétation dense l’enserrait de masses de vert sombre d’où
surgissaient parfois des touffes de palmiers. La surface de la mer était lisse comme celle d’un lac d’églogue.
Marcellus fit carguer toutes les voiles et les cinq vaisseaux vinrent s’embosser à quelques encablures d’une plage de sable clair où, déjà, une multitude
accourait, intriguée par l’allure imposante des trirèmes, aux mâts desquelles flottaient les bannières romaines.

1. Portugaise.
2. Angleterre (Pays de Galles).


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Dim 4 Oct - 9:52

page 12


- La Haute Moulouya coule dans un pays particulièrement aride, ce qui n'empêche que de nombreuses casbahs jalonnent ses bords assez escarpés. Les femmes vont à la corvée d'eau, comme elles iront à la corvée de bois, comme elles feront la cuisine. Il n y a guère que les jolies favorites qui n'aient pas l'impérieuse obligation de travailler! (Phot. Gueugnon)


Bientôt, des barques légères s’approchèrent de toutes parts.
Tingis apprit la présence de son nouveau roi dans le port. Fiers de le voir arriver, honoré d’une si pompeuse escorte, les habitants manifestèrent leur liesse par de grands feux de joie qui embrasèrent le rivage pendant toute la nuit.
Le soleil était haut, le lendemain, lorsque Juba II descendit à terre. Marcellus Caïus l’accompagnait. Une barque les amena sur une petite estacade de pierres amoncelées que les pêcheurs avaient construite pour les commodités de leur trafic.
Une foule bariolée se pressait sur la berge. Au milieu des naturels Berbères, vêtus de simples camisoles brunes sans manches, serrées à la taille par des cordelettes, ou même à peu près nus à l’exception de légers pagnes autour des reins, on distinguait des Phéniciens en longues tuniques, ceux qui, en créant leurs comptoirs de négoce, dénommèrent ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Dim 4 Oct - 9:54

page 13


- Pour avoir un aperçu du Maroc ancien, il suffit de regarder l’image de ce village de parpaings et de pisé, construit selon des principes séculaires.


... les indigènes les « Mahourin » (Occidentaux) — appellation dont les Grecs et les Romains tirèrent leur « Mauri ».
Grecs et Romains figuraient aussi dans le rassemblement. Respectueux de leurs toges et de leurs péplums, les Berbères leur avaient cédé le premier
rang.
Deux nouvelles barques abordèrent. Une cohorte de soldats de Rome en descendit et s’aligna en bon ordre autour du jeune souverain.
A leur vue, les Berbères ne cachèrent pas leur admiration, en même temps que les marchands d’Europe, émus au souvenir de leurs patries respectives, poussaient des vivats qui s’adressaient plus aux casques étincelants, aux armures éclatantes et aux enseignes glorieuses qu’au roi adolescent
revenu dans sa capitale.
Derrière la foule, un char, attelé de deux superbes chevaux barbes gris, aux queues empanachées et aux longues crinières, attendait. Deux gardes à pied tenaient les coursiers aux rênes. Juba II monta debout sur le siège et Marcellus Caïus vint se placer à côté de lui. Tout aussitôt, un cortège s’organisa sur la chaussée dont la pente inclinée conduisait à la triple arcade des portes de la ville.
Tingis reçut ainsi, dans ses rues tortueuses, l’avant-dernier de ses souverains et le représentant de Rome, unis dans les mêmes acclamations de bienvenue.
Juba. cependant, ne cachait pas à Marcellus sa déception.
— Comment me réjouirais-je, disait-il, alors qu’après avoir quitté la ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Dim 4 Oct - 9:56

page 14


- Le père est quelque part, dans les hauts pâturages. Tout le reste de la famille est là, la mère portant l’enfant, et le bourricot prêt à les recevoir tous deux sur sa maigre mais solide échine.


... métropole impériale, ses splendeurs et... ses plaisirs, je ne trouve, ici, qu’une bourgade sans faste ni attrait?
—  Seigneur, protestait le Préfet naval, l’appui de Rome ne te manquera pas, ni son concours, ni son alliance. Il ne tient qu’à toi de faire œuvre de bâtisseur de villes et de créateur d’empire, grâce à son aide généreuse. Dès mon retour, si tu le veux, je t’enverrai de nos artisans et de nos organisateurs.
Les yeux du jeune roi s’illuminèrent à la perspective du rôle nouveau qu’il entrevoyait. Il acquiesça.
Lorsque Marcellus repartit, quelques jours plus tard, avec ses trirèmes, il emportait l’appel de Juba à la puissance romaine...
L’indépendance de la Maurétanie Tingitane allait prendre fin...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Dim 4 Oct - 9:57

page 15


- Volubilis avait ses thermes, comme toute ville romaine de quelque importance. Il n'en subsiste guère que le bassin central dont le cercle est souligné par des colonnes, pour la plupart rompues, et dont l’emplacement original fut, peut-être, bien différent de celui quelles occupent aujourd’hui.

CHAPITRE II
L’AGONIE DE VOLUBILIS


Petronius Sextus était adossé à l’une des colonnes galbées qui jalonnaient le pourtour de la terrasse en rotonde de sa villa.
Il paraissait soucieux. Le plus souvent, il fixait intensément la croupe tourmentée qui, au delà des murs de Volubilis, s’abaissait vers la vallée assombrie. Il s’efîorçait alors de suivre le parcours de la voie impériale, issue de la porte de Tingis, qui se dirigeait vers l’Occident.
Ses yeux remontaient le tracé intermittent, tantôt disparu derrière des ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 7 Oct - 8:29

page 16


- L'Ephèbe à cheval de Volubilis n'a pas tardé à acquérir une renommée de perfection, grâce à l'harmonie de ses proportions et au fini de sa facture. Ce chef-d'œuvre de la statuaire antique a été retiré intact des fouilles de l'ancienne ville romaine (à l’exception probable de la monture). (Musée de Volubilis)


... écrans de verdure, tantôt enseveli dans des creux ou masqué par desreliefs. Il parvenait toujours au même point, où la route, amenuisée à l’état de filet clair par son éloignement, finissait par devenir si ténue que sa vue n’arrivait plus à la distinguer sur le fond du massif du Zerhoun que le crépuscule tombant envahissait d’un voilage bleuté.
A ces moments, il reposait ses regards sur le panorama de la ville qui s’étalait à ses pieds. Mais il ne goûtait plus le charme de ces frontons sculptés, de ces colonnades, de ces terrasses accrochées au flanc de la montagne que dominaient l’arc gracieux de Caracalla et l’imposant ensemble du palais de Gordien.
Peu de temps auparavant, il s’enorgueillissait encore d’avoir été choisi comme gouverneur de cette métropole que
ses aïeux romains avaient fait surgir, comme par gageure, dans cette dépression grandiose mais sauvage du Zerhoun,
et que ses maîtres actuels, les empereurs de Byzance, après l’avoir reprise aux Vandales barbares, avaient continué à
doter d’embellissements, en mettant à la disposition du municipe des artistes grecs de la meilleure école d’Athènes.
Leur domination ne s’était manifestée, d’ailleurs, que par ces envois de sculpteurs, de mosaïstes et d’artisans, car, en
fait, Petronius Sextus était demeuré, comme ses prédécesseurs, libre de bâtir comme de gouverner à sa guise.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 7 Oct - 8:32

page 17


- On exhume encore de ces mosaïques précieuses qui montrent jusqu'à quel point Rome et Byzance poussèrent l'ornementation de Volubilis. Après celle d'« Orphée charmant les animaux sauvages ", celle-ci, qui représente un cavalier burlesque, est celle qui est la mieux conservée. (Musée de Volubilis)


Il avait été nommé malgré son jeune âge, car il n’avait pas atteint six lustres. Mais il avait étudié à Tingis les arts, les sciences et les codes. De plus, il avait eu des occasions de montrer sa bravoure; la langue berbère lui était aussi familière que le latin. Enfin, il descendait d’une famille patricienne qui avait compté, sous la domination de Rome, de ces « praefecti gentium » qui assurèrent l’ordre et le développement des centres de cette Tingitane, que l’empereur Claude enleva au successeur de Juba pour la réunir à l’empire. Elle était devenue le Bazileus byzantin, sur lequel l’autorité du comte Julien ne s’exerçait, en dehors des murs de Ceuta et de Tingis, guère plus que celle du lointain empereur.
Le jeune gouverneur avait vécu près de quatre années merveilleuses, passées à organiser la ville. Il s’était exalté dans l’exercice d’un pouvoir où n’entrait aucun souci guerrier, hors la répression passagère de quelques brigandages qu’il avait tôt fait de brider. Il avait surtout ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 7 Oct - 8:33

page 18


- De l' Arc de triomphe de Caracalla, il ne subsiste que le soubassement qui se dresse, entre les ruines des thermes et celles du Palais de Gordien, sur une aire qui domine la vallée. Il fut élevé, vraisemblablement, en manière de fière proclamation de cité romaine, dont Marcus Aurelius Antonius Bassanius étendit le droit à tout l'empire.


... contribué à l’extension de Volubilis et, parmi les splendeurs qu’il y avait fait naître, il était fier de la prodigieuse mosaïque d’Orphée charmant les animaux par sa lyre (1) et de l’admirable Ephèbe à cheval d’une exécution digne d’un Praxitèle, dont il avait orné sa résidence.
Mais les questions d’urbanisme ou d’art venaient soudain de cesser de retenir son intérêt. Des émissaires l’avaient informé de l’approche des armées de ces étrangers d’Orient, qui depuis près de huit lustres avaient réduit sous leur joug la Numidie tout entière.
Leur réputation de rigueur farouche avait longtemps ému les populations maurétaniennes. Mais, peu à peu, les Berbères et leurs gouverneurs byzantins s’étaient rassurés en voyant que les envahisseurs semblaient limiter leur invasion au pays voisin.

1. Musée de Volubilis.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 7 Oct - 8:35

page 19


- Il ne subsiste, de l'ancienne basilique, que ces ruines de soubassements, de portiques et de colonnes tronquées. On peut toutefois se rendre compte, par l'emplacement couvert, de l’importance de ce temple qui vit sans doute se dérouler les rites de la Rome païenne et, peut-être, ceux des premières chrétientés.


Or, voilà que de toutes parts on signalait la reprise de la marche à l’Occident de ces Arabes redoutés !
Déjà, le nom de leur chef, Oqba, volait de bouche en bouche comme celui d’un conquérant invincible, propagateur d’une foi nouvelle.
Petronius venait de recevoir des renseignements sur l’avance étrangère, non seulement par ses agents d’information, mais encore par son collègue Tigellinus qui, devant l’invasion, avait dû abandonner le poste avancé sur le fleuve des sables Guir, à l’extrême du « limés » romain que Byzance avait continué d’entretenir, depuis sa création par Suetonius Paulinus, envoyé de Néron.
Tigellinus était chrétien. Il avait fui, bien plus pour éviter à sa famille l’alternative entre la mort et l’apostasie que pour se soustraire personnellement à la certitude d’une capitulation.
— J’ai attendu jusqu’à ce qu’ils ne fussent plus qu’à trois jours de marche, avait-il dit à Petronius. C’est ainsi que j’ai pu être informé de ce que, dès leur arrivée, ils mettaient leurs victimes devant le dilemme : reconnaître la grandeur d’Allah, leur dieu, et les mérites de Mahomet, son prophète, leur Christus, ou mourir sur-le-champ.
— Et que comptes-tu faire? avait interrogé le jeune gouverneur de Volubilis.
— Prendre ici quelque repos avec les miens et gagner Ceuta, dès que nous serons en état de poursuivre notre exode.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 7 Oct - 8:35

page 20


- L'Apollon de Volubilis peut rivaliser avec les autres représentations de cette divinité découvertes en d'autres endroits. Il est de la meilleure école de la statuaire antique (Musée de Volubilis).


— Ne crains-tu pas que le Comte Julien te reproche d’être parti sans ordres?
— Julien n’aura pas de trop de tous nos concours lorsque tout le Bazileus sera submergé et qu’il sera réduit à défendre sa capitale contre les armées d’Oqba.
— Sans doute ! Mais, puisqu’il peut être temps encore, pourquoi ne lui enverrais-je pas un rapide émissaire qui nous rapporterait ses instructions après l’avoir informé?
L’émissaire était parti depuis près d’une semaine. A son tour, Petronius recevait des courriers angoissants, précisant l’approche et annonçant l’investissement imminent !
Cependant, la réponse du comte Julien n’était pas revenue... Tigellinus s’était décidé à partir le lendemain, quoi qu’il advint. Sur sa terrasse, Petronius se rongeait d’inquiétude.
Soudain, il prêta l’oreille : le bruit dur d’un galop retentissait sur les pavés. Le jeune gouverneur eut un court instant d’espoir. Mais il s’avisa de ce que le cavalier nocturne arrivait de l’Orient. Ce n’était donc point Mimoun, son messager !
La cadence des sabots se ralentit, puis cessa.
L’instant d’après, des pas sourds et rapides se firent entendre dans l’ « atrium » et Petronius se précipita à l’intérieur, appréhendant encore des nouvelles funestes.
Les serviteurs avaient allumé des flambeaux dans la grande salle. Au milieu de la rosace de mosaïque du sol, un indigène de belle taille, encore jeune, à peine revêtu d’une étoffe grisâtre flottante et rassemblée ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 7 Oct - 8:36

page 21


- La voie romaine, cabossée, déchaussée, envahie d'herbe, demeure le vestige principal de la domination des Césars. La voici arrivant de Tanger aux ruines de Volubilis, dont on aperçoit, au second plan, les vestiges de la basilique. On la retrouve dans le Sud, vers Bou Denib, aux anciennes frontières du "limès" romain. (Phot. Flandrin)


... autour des reins par un lien de chanvre, se tenait debout, immobile.
On eût dit une statue, tant le hâle avait patiné son visage et ses membres largement découverts. Il portait, autour de la tête, un enroulement de toile torsadée, grise comme son vêtement, et dont l’extrémité tombait librement, entre ses omoplates. Son visage, d’une grande régularité de traits, s’ornait d’une barbe grisonnante dont les légères volutes argentées semblaient accorder leur ton avec celui des yeux clairs, candides mais énergiques. C’était Moha, le chef de la tribu berbère des Aouréba, qui fournissait au gouverneur de Volubilis ses meilleurs auxiliaires de guerriers et d’estafettes.
— Qu’y a-t-il encore de nouveau? interrogea Petronius, en s’avançant vers le nouveau venu.
— Seigneur, les Arabes ont dressé un camp immense qui va du fleuve Sebou aux chutes du torrent Fès, à l’entrée du Zerhoun.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 7 Oct - 8:38

page 22


- La tradition du nomadisme se perpétue et demeurera encore longtemps au Maroc. Ces ensembles de tentes brunes appelés « douars » sont fréquents jusque dans les zones les plus civilisées. Dans le centre, on ne voit plus guère quelles avec leur inévitable escorte de moutons innombrables qui justifient, par leur besoin de pâturages, leurs déplacements incessants.


— Ils ont donc arrêté leur marche?
— A peine. Déjà toute une armée a commencé à contourner notre massif par le haut. Elle passera probablement entre nos montagnes et la chaîne du Rif pour se diriger vers Ceuta, Tingis et Lixus. De plus, les préparatifs observés dans le camp par mes Aouréba font présager la marche imminente vers nous d’une autre troupe importante.
— Avons-nous quelque chance de les arrêter?
— On ne s’oppose pas au déboulé d’une avalanche ! Pas plus que rien n’empêchera Oqba, qui commande l’armée en mouvement, d’arriver jusqu’à la mer, nous ne pourrons éviter le passage des Arabes qui viendront par ici !
— Alors?
— Ils viendront et passeront comme sont venus et passés autrefois ces Hommes du Nord, les Vandales, partis de la Bétique...



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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 7 Oct - 8:39

page 23


- Au milieu des Berbères et des Arabes,  les Juifs demeurèrent fidèles a leurs calottes et leurs robes noires. Mais ils se modernisent rapidement. (Photo Gueugnon)


— ... dont tu tiens, peut-être, tes yeux clairs et tes cheveux encore châtains en partie.
— Bah ! je ne rougis point d’avoir probablement des aïeux paternels guerriers et entreprenants ! Le regard que j’ai hérité de leur origine me vaudra encore, chez mes Aouréba, le prestige d’un chef, alors même que ma barbe et mes cheveux seront entièrement blanchis.
Un serviteur entra.
— Seigneur, dit-il à Pétronius, Mimoun vient d’arriver.
— Qu’il entre ! ordonna le jeune gouverneur.
Brun à l’extrême, avec des yeux de jais, l’émissaire fut introduit. Il portait une longue robe d’un bleu sombre, tout empoussiérée par la course.
— Qu’a dit le comte Julien? questionna vivement Petronius.
— Il ordonne le départ immédiat pour Tingis de tous les éléments armés du Bazileus.
Un silence tomba.
Tout d’un coup, Petronius Sextus retrouva son aplomb moral, tout comme si la décision de son chef eût fait remonter en lui le souvenir atavique de la
discipline romaine.
—Va prévenir Tigellinus, dit-il au serviteur, que je partirai avec lui à l’aube. Fais aussi avertir Flavien le constructeur, Noulélis le sculpteur, les mosaïstes et les ouvriers chrétiens qu'ils auront à se joindre à nous. Qu'ils emportent leurs armes !
— Tu pourras prendre des chevaux pour tout ton monde, intervint Moha, car les Arabes sont pourvus ...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 7 Oct - 8:41

page 24


- Après avoir longtemps boudé les armes modernes, Arabes et Berbères les emploient aujourd'hui, couramment. Ces antiques "Moukkalas " n'ont plus d'autre valeur que celle de leur âge et du travail artistique d'incrustations dont ils sont ornés.


... de coursiers de grande taille qui leur permettent des étapes rapides.
— Tu ne viens donc pas avec nous? s’étonna Pétronius.
— Pardonne-moi, Seigneur ! Mes Aouréba et moi ne saurions vivre ailleurs que dans notre Zerhoun où reposent nos aïeux, où nous sommes nés, où nous avons toujours vécu. Nous y mourrons, au besoin, les armes à la main, si les Arabes cherchent à nous opprimer. Tu retournes vers les tiens ! Ce n’est pas la même chose !...
— Je comprends, Moha ! Je te remercie donc du concours que tu m’as constamment prêté jusqu’ici. Puisse une époque meilleure permettre que je revienne dans ta montagne et dans notre ville auxquelles j’avais fini par m’attacher ardemment ! Je te salue, mon ami, mon frère !
Le Berbère s’immobilisa, le bras tendu, la main ouverte, le buste fléchi.
— « Salve ! » articula-t-il, en latin.
Ce devait être son dernier salut à la romaine...


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Mer 7 Oct - 8:42

page 25


- A l'appel d'Abou Yazid, « l'Homme à l'âne », la révolte kharedjite éclata. Propagée par des orateurs bénévoles elle vit se lever des hommes, qui, de tous côtés accouraient au son des « derbouckas ». L'absence d'un chef de guerre qui eût pu réunir les bandes éparses des insurgés fut la cause d'une longue période de désordres. (Photo Flandrin)

CHAPITRE III

ABOU YAZID, L’HOMME A L’ANE

Il ne restait, du souvenir des conquérants de Rome et de Byzance, que les merveilles d’architecture et d’art dont ils avaient comblé Volubilis.
Encore ces trésors avaient-ils été quelque peu saccagés par les passages successifs des Vandales, des Wisigoths et des Arabes.
Les Aouréba s’étaient installés dans la ville qu’ils appelaient, maintenant (vers 770) Oulili, par une déformation simplifiée du nom romain, trop compliqué pour leur rude vocabulaire.


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MessageSujet: LE MAROC, Thomasset.   Jeu 8 Oct - 9:18

page 26



Oqba, après avoir poussé ses cavaliers jusqu’aux plaines du Gharb et des Doukkala et aux confins du Souss, s’était retiré à Kairouan, la ville sainte d’Ifrikya (Tunisie), qu’il avait fondée.
Son successeur, Moussa Ibn Nosaïr, n’avait recherché qu’une soumission théorique de la Berbérie, s’attachant principalement à la conquête de Tingis et de la zone côtière méditerranéenne. Après un premier échec devant l’ancienne capitale de Juba, il fut plus heureux dans un second siège. Et, dès lors, pour attirer à lui les Berbères autant par l’intérêt que par l’emprise de la nouvelle religion de Mahomet, il fit miroiter à leurs yeux les profits de « razzias » (1) en Bétique.
L’ardeur guerrière des Berbères trouva rapidement de l’attrait à ces expéditions. En peu de temps, leurs masses se joignirent à celles du chef arabe. Elles ne tardèrent pas à envahir toute la péninsule ibérique et à déferler jusqu’assez avant dans les Gaules.
Cependant, le Maghrib central cédait peu au mouvement. Il avait accepté la foi nouvelle comme il s’était successivement imprégné, par endroits, aux époques antérieures, de judaïsme et de christianisme. Il faut reconnaître, toutefois, que l’Islam le toucha davantage. Les préceptes du Koran, dont beaucoup étaient basés sur l’hygiène et les conditions climatiques de l’Arabie de Mahomet, trouvaient une application logique dans une Berbérie dont les caractères physiques n’étaient pas sans rapport avec le pays du Prophète.
La « djemâa » (2) des Aouréba était rassemblée à Oulili dans l’ancien palais de Gordien. Elle avait été invitée à tenir conseil par le caïd Abdesslam, représentant le roi arabe des Zirides, qui venait d’abandonner la nouvelle capitale d’Achir (Alger) qu’il avait fondée pour se retirer à Kairouan, la ville sainte, tandis que le Califat, siège de l’autorité supérieure de tout l’Islam, s'installait dans la lointaine Damas.
Les grands chefs Aouréba étaient accourus en grand équipage. Depuis le matin, le nombre des serviteurs en attente sur l’esplanade qui précédait le monument croissait sans cesse. Ils gardaient tous de fougueux coursiers, issus de ces magnifiques et nerveux étalons que les conquérants arabes avaient amenés de Syrie.
Presque tous les notables avaient déjà répondu à l’appel et le conciliabule allait s’ouvrir, lorsqu’un des derniers chefs, Kacem, apparut sur la place. Il arrivait au pas de sa monture, drapé dans un éclatant burnous ...

1. Pillages.
2. Assemblée des notables.



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