Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LYAUTEY L'AFRICAIN

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Paul CASIMIR




MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Lun 24 Nov - 9:06





10 Octobre 1925  
Photos Flandrin, Casablanca.

Les adieux aux colons de la première heure.  
Les adieux au Grand Vizir.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Lun 24 Nov - 9:13




3 Octobre 1925. - Fès.  
Photo Max Legarçon.

Les adieux du Maréchal Lyautey aux notables. " Je me sépare de vous, leur dit-il, avec
le douloureux déchirement avec lequel on quitte une famille."


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 27 Nov - 16:38



RESIDENCE GENERALE DE FRANCE AU MAROC





1925. Rabat.
 
Photo Flandrin, Casablanca

Une admirable cour intérieure.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 27 Nov - 16:44


RESIDENCE GENERALE DE FRANCE AU MAROC




1925. - Rabat.
Photo Flandrin, Casablanca

La Façade.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 27 Nov - 16:50



RESIDENCE GENERALE DE FRANCE AU MAROC


1925.- Rabat.
Photo Flandrin, Casablanca

Vue du Cabinet du Maréchal sur la ville indigène et la mer.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Ven 28 Nov - 9:49



Ce qu'il veut faire est net comme toujours : une exposition à la gloire du génie civilisateur de la France, une démonstration de la puissance française économique et artistique, un hommage à tous ceux qui, au prix de leur vie, ont conquis notre immense empire d'outre-mer. Mais, afin qu'on ne se méprenne pas sur ses intentions, il précise qu'elle sera « une leçon pour aujourd'hui et un avertissement pour demain ; il ne reste plus guère à conquérir, ce qu'il reste c'est à organiser. »

Il se met aussitôt à la besogne, avec son activité légendaire, et fait exécuter les grands travaux qu'il a conçus, confiant dans le succès, alors que l'opinion, travaillée par la crise économique, doute de la réussite. La France connaît mal Lyautey : son nom n'est-il pas, pour une entreprise, un gage de réussite ?

L'Exposition ouvre ses portes à la date prévue : le 6 mai 1931. M. Doumergue, Président de la République Française, en fait l'inauguration. Le décor est féerique. Dans une atmosphère de rêve, la foule se familiarise avec les visages multiples du monde colonial. L'ampleur et la nouveauté de ce spectacle sans précédent, « à la Lyautey » peut-on dire, allument les curiosités dans l'univers : 150.000 personnes et plus défilent chaque jour à Vincennes pendant de nombreux mois ; on compte même un demi-million chaque dimanche. Jamais on n'a mis sous les yeux du public, avec un tel luxe de détails, une telle richesse de couleurs et d'accents, un inventaire aussi complet et aussi considérable de nos efforts dans tous les domaines de l'action coloniale. Le maréchal n'a pas oublié que la France possède au delà des mers un ensemble de territoires vingt-deux fois plus vaste que le sien et peuplé de soixante millions d'habitants : il le proclame urbi et orbi. Comment la Troisième République a-t-elle obtenu ce splendide résultat ? Chacun peut le savoir en lisant les devises que Lyautey a fait inscrire dans l'Exposition, au frontispice de laquelle se détachent ses formules préférées : « La conquête coloniale est une organisation qui marche. »... « L'action coloniale est essentiellement constructive et bienfaisante. »... « La politique indigène est avant tout une politique d'égards. » Et lui-même se charge, à l’occasion, de dégager la grande leçon, la leçon d'union, que comporte l’Exposition. Il le fait dans un appel émouvant que les Français du Maroc connaissent bien et que les Français de France ont besoin de retenir :

« Union entre les races — ces races qu'il ne convient vraiment pas de hiérarchiser en races supérieures et inférieures, mais de regarder comme « différentes » en apprenant à s'adapter à ce qui les différencie. Union entre les peuples, issus de notre civilisation, qui, en venant à nos côtés, dans cette Exposition, nous donnent une saine leçon de solidarité au lendemain des déchirements les plus sanglants de l'histoire. Union enfin entre nous, Français, puisqu'il vous sautera aux yeux que notre action coloniale ne pourra être continuée et notre empire maintenu que par l'adhésion unanime de l'opinion publique métropolitaine, de plus en plus consciente du réservoir de forces et de ressources, de tous ordres, que représentent pour elle, dans leur richesse et leur diversité, nos territoires extérieurs, de plus en plus persuadée jusqu'au fond des moelles qu'il faut que toute la nation se serre derrière ses colonies et que notre avenir est outre-mer. »


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Ven 28 Nov - 9:57



RESIDENCE GENERALE DE FRANCE AU MAROC



1925.- Rabat, Résidence
 Photos Flandrin Casablanca

Le coin des souvenirs arabes.  
Le lit du Maréchal




1925.- Rabat, Résidence
 Photos Flandrin Casablanca

La chambre à coucher du Maréchal.  
Le bureau intime du Maréchal.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Ven 28 Nov - 10:04


Aussi, l'illustre bâtisseur, cet héritier des légions romaines qui n'ont détruit que pour construire, aurait aimé que l'Exposition laissât dans l'esprit des Français autre chose que le souvenir d'une brillante féerie. Il aurait voulu qu'elle se survécût à elle-même, que la leçon étant donnée et le sens civilisateur de notre race étant confirmé au monde, il en restât quelque chose de solide, de pratique, d'encourageant pour la jeunesse; il aurait voulu créer pour l' « Après Exposition » une sorte de Maison de la France Extérieure. Ce désir ne put être réalisé et il dut se contenter de laisser à Vincennes un gain d'urbanisme pratique. Grâce à lui, la population de ce quartier a trouvé un bois rendu plus beau que jamais, grâce à lui le quartier a été muni des moyens de transport qui lui manquaient, métro et autobus.


Au lendemain de l'Exposition, le maréchal, âgé de soixante-dix-sept ans, ne considère pas que l'heure du repos soit encore sonnée pour lui. Retourné à Thorey, où il se sent une âme de campagnard, il veut que les jeunes paysans demeurent fidèles à la terre et, dans ce but, crée le « Centre Social de Thorey », où les jeunes gens trouvent de saines distractions, conformes à leur robuste mentalité; il crée diverses œuvres, basées sur l'entraide et la solidarité des hommes ; il aide les paysans, les reçoit avec simplicité dans son bureau ou sur le perron aux quatre statues et rend service à tous ceux qui viennent le solliciter.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Ven 28 Nov - 10:08




10 Octobre 1925.-
Photo Flandrin, Casablanca


... Avec les anciens combattants et mutilés de guerre.



Photo Chabance, Rabat

Adieux Avenue Dar el-Maghzen à Rabat.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Ven 28 Nov - 15:09





10 Octobre 1925.
Photo Flandrin, Casablanca

Dans la gare maritime de Casablanca.


10 Octobre 1925.
Photo Flandrin, Casablanca

Le départ.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Ven 28 Nov - 15:22



Animé d’une ardeur étonnante, il veut rester actif dans sa retraite, et son esprit, toujours en quête d'un sujet de méditation, attentif en particulier à tout ce qui touche la vie de la nation, l'organisation de l’armée, la formation des futurs officiers, l'amène à se pencher sur les graves problèmes de la défense nationale. Au Conseil Supérieur de la Guerre, il reprend contact avec les grands chefs militaires, il assiste aux manœuvres de Lorraine en 1932, aux commémorations des batailles de la Grande Guerre, puis s’enferme dans son petit cabinet de Thorey où se trouve relégué son matériel de campagne. « Là, dit A. Juin, peut-être songeait-il à son épopée, peut-être pensait-il aux grandes batailles qu’il se sentait capable de gagner. » Peut-être ! Toujours est-il qu’à certains moments l’homme d’épée réapparaît, mais préconisant toujours, chaque fois que l’occasion s’en présente, sa maxime célèbre : « Manifester sa force pour n’avoir pas à s’en servir ».

Le colonial se montre aussi. Pendant quelque temps, après son départ du Maroc, il ne veut plus entendre parler de ce pays; son cœur, meurtri par l’ingratitude humaine, porte une grande blessure. Il laisse au temps le soin de la panser. Puis, en 1926, il se ressaisit, reprend de nouveau contact avec le Maroc, dont il se fait communiquer journaux et revues. A l’association « Le Maroc », fondée à Paris en 1919, il aime venir présider les déjeuners mensuels, intéressant les convives et les divertissant par ses anecdotes et ses franches boutades. A l’Académie des Sciences Coloniales, dont il suit les séances, il crée la « Fondation Etienne », pour doter d’un prix les œuvres qui s’occupent de la santé et de l’avenir des races indigènes. Il a souci d’améliorer l’Ecole Coloniale, où il a le plaisir de retrouver comme directeur Georges Hardy, un de ses anciens collaborateurs de Rabat.

A l’Exposition Coloniale, il vit quelques heures poignantes au banquet qui lui est offert, le 11 août 1931, par ses Marocains. A l’explosion de sympathies qui fusent vers lui, il répond : « Une soirée comme celle-ci m'empoigne au fond du cœur, quand je pense à cette semaine que je viens de passer en compagnie de S. M. le Sultan, au milieu de la joie et des acclamations, j’ai la sensation que prend fin un exil de six années. » Emouvantes paroles qui témoignent de son amour constant pour le Maroc !


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Ven 28 Nov - 15:27



Naturellement, au point de vue colonial, sa sympathie s'étend à tous les groupements qui travaillent à notre expansion d’outre-mer. La Fédération des Coloniaux et anciens Coloniaux, la Légion étrangère, le Comité de l'Afrique française, pour n’en citer que quelques-uns, n’oublieront jamais les encouragements qu’il leur a donnés, sa sympathie agissante et l’intérêt qu’il portait à leurs œuvres. Que de fois, avec cet accent sincère qui lui était propre, ne leur a-t-il pas dit en substance : « C’est très bien, mes amis, continuez à faire de la bonne besogne pour la cause de la plus grande France ! » n’oubliant jamais de prêcher l’union et l’amour qui groupent en une grande famille missionnaires catholiques et protestants, fonctionnaires, colons, militaires et marins.

De même que, partant autrefois pour le Tonkin, il pressent que les colonies doivent contribuer au redressement de la France, de même, à l’heure de sa retraite, il sent dans la jeunesse des intelligences et des volontés qui renouvelleront l’énergie nationale par des méthodes convenant aux temps présents. De là, chez lui, une affection indicible pour tout ce qui est jeune : les scouts dont il est président d’honneur, les groupements d’étudiants, les jeunes paysans lorrains, les associations patriotiques, les « Equipes sociales », bref pour tout ce qui contient des ferments d’enthousiasme généreux, pour la génération qui continuera son action et enrichira la France. Comme l’écrit si justement André Chaumeix : « Dans sa Lorraine qu’il chérissait, il était encore, ayant près de quatre-vingts ans, comme un prince de la jeunesse ». Et alors nous pouvons nous demander : quel est donc cet accord spontané qui jaillit entre le vieux maréchal et les jeunes Français ? Est-il dû à son génie qui, signale Georges Hardy, enveloppe un tempérament d’éducateur ? Est-ce parce qu’il a su précéder les espoirs de cette jeunesse en leur apportant des réalisations ? Est-ce parce qu’il a proclamé la valeur du travail en commun, de la subordination volontaire et confiante à un plan accepté, de l’union des hommes, des classes, des races ? Peut-être, car ses principes contrastent tellement avec le chaos du monde depuis la guerre qu’ils ont pu séduire la génération nouvelle ! Cela ne serait pas étonnant.



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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Ven 28 Nov - 15:46





Visite du groupe des étudiants catholiques de Nancy au Maréchal Lyautey.




Exposition coloniale de 1931.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Sam 29 Nov - 18:50


Le certain, assurément, c’est que tous trouvent en Lyautey le vrai chef, tel qu'il répond à leurs aspirations, celui dont il donne lui-même la définition à l'école Sainte-Geneviève, en 1927, lorsqu'il remet un sabre d'honneur au Saint-Cyrien François de Germiny. " Un chef, celui qui commence par servir et par obéir pour apprendre à commander, et le fait de servir et d'obéir au mieux est déjà un acte de chef, puisque c'est donner l'exemple. Mais aussi, celui qui en servant et en obéissant n'abdique ni l'indépendance de son jugement ni le libre jeu de son initiative, qui observe et se prépare, celui qui, plus tard, en donnant toujours l'exemple de la déférente discipline, saura ne pas se borner à obéir passivement et osera, quand sa conscience et la situation lui en font un devoir, soumettre librement son avis, avis qu'accueillent toujours, provoquent même les chefs dignes de ce nom. " Noble définition, qui mérite de rester gravée dans la mémoire de ceux qui commandent ou sont appelés à le faire.

Donner l'exemple !î N'est-ce pas là pour tout bon citoyen et tout bon chrétien un acte principal, une obligation impérieuse ! II semble que Lyautey ait tenu plus particulièrement à en faire sa règle dans les dernières années de son existence, que, libéré des soucis et des responsabilités du pouvoir, il se soit même davantage rapproché de Dieu pour mieux donner l'exemple à ses concitoyens. Si minutieux dans l'accomplissement de sa tâche humaine, il n'y a rien de surprenant qu'il se soit intéressé, comme son illustre compatriote Raymond Poincaré, au problème de sa destinée, problème autrement grave et important que de conquérir des empires et de fonder des cités. Et l'on doit le croire lorsqu'il dit très simplement aux oblats de Notre-Dame de Sion : « Et pourtant, moi Lyautey, je vous dis : petits moines, votre vie, vos règles, vos prières, votre sacrifice sont aussi nécessaires, aussi féconds, aussi grands que n'importe quelle création ici-bas; sans des hommes comme vous, des hommes comme moi ne seraient rien. »

Langage de chrétien qu'on aime entendre dans sa bouche et qui montre la foi qui brille dans son âme chevaleresque. Sans doute, l'agitation de la vie, les préoccupations, certaines circonstances ont pu ralentir l'action de cette foi. mais le mot de Bossuet reste vrai : la piété est de tous les hommes, et dans Lyautey cette piété n'a jamais cessé d'exister, car il a été toujours convaincu qu'une œuvre sociale profonde est à base de religion.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Sam 29 Nov - 18:59




Rabat, le 8 Juin 1935


Discours prononcé par Sa Majesté Chérlfienne
Sidl Mohammed ben Youssef ben El-Hassen
le 7 Août 1931 au Musée des Colonies
à 1'Exposition Coloniale

+++++++++++++



En venant admirer 1'Exposition Coloniale, cette belle réalisation de votre génie, il nous est particulièrement agréable de profiter de cette occasion solennelle pour apporter notre salut au grand Français qui a su conserver au Maroc ses traditions ancestrales, ses mœurs et ses coutumes, tout en y introduisant cet esprit d'organisation moderne sans lequel aucun pays ne saurait vivre désormais. Pouvons- nous oublier, en effet, qu'à votre arrivée au Maroc, l'Empire chérifien menaçait ruine ? Ses institutions, ses Arts, son administration branlante, tout appelait un organisateur, un rénovateur de votre trempe pour le remettre dans la voie propre a le diriger vers ses destinées.

En ménageant la susceptibilité de ses habitants, en respectant leurs croyances et leurs coutumes vous les avez attirés vers la France protectrice par vos nobles qualités de cœur et la grandeur de votre âme.



Dernière édition par Paul CASIMIR le Sam 29 Nov - 21:53, édité 1 fois
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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Sam 29 Nov - 20:49





Photo Sherbeck, Nancy

Le château de Thorey, résidence du Maréchal.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Sam 29 Nov - 20:55



D'ailleurs, qui pourrait en douter après ses relations anciennes avec le Père du Lac. Albert de Mun, le Père de Foucauld, ou l'appui qu'il donna ostensiblement aux missionnaires catholiques dans nos colonies et les louanges qu'il leur décerna officiellement à l'Exposition de Vincennes, où il avait tenu à ce qu'ils aient leur bonne place ? Aucune hésitation n'est possible sur la pensée intime du maréchal, tant sur la vie intérieure que sur l'efficacité de l’Evangile pour élever l'humanité jusqu'au meilleur de la civilisation. Au besoin, emparons-nous de ses propres écrits adressés à Monseigneur Dreyer, vicaire apostolique de Rabat, à l'occasion de sa nomination de Grand-Croix de Saint-Grégoire le Grand, en 1926 : « Je crois que tout Résident général, conscient de ses devoirs, aurait donné aux missions catholiques du Maroc les mêmes encouragements que moi, sinon davantage, et si j'ai un regret, c'est de n'avoir fait plus. Et le peu que j'ai pu faire ne méritait pas cette récompense. Mais il me plaît, spécialement dans les temps présents, de venir ainsi affirmer publiquement mes sentiments pour notre Eglise et j'en tire légitime fierté. »

Au cours de sa retraite, son souci de Dieu, son amour du Christ ne font que grandir, ainsi qu'on l'apprendra un jour. Disons seulement que, de plus en plus, il recherche l'aide sacerdotale et se sent heureux de trouver dans le Révérend Père Lejosne, aumônier du Groupement d'étudiants catholiques de Nancy, un ami et un directeur de conscience. Il comprend et affirme que l'Evangile est le seul ferment civilisateur et que l'Eglise catholique est la grande maîtresse de cette action sociale pour laquelle il s'est tant dévoué. Il a désormais à cœur de vivre aux yeux de tous en bon chrétien, de donner l'exemple, par la prière et la communion à son pieux entourage, aux paysans de Thorey, à ses chers scouts, à la jeunesse catholique de Nancy, chez laquelle il aime venir respirer une atmosphère religieuse. Ces sentiments, il les manifeste jusqu'à sa mort, c'est dans le signe de la croix, qu'il fait lentement, avec une conviction profonde, que sa grande âme s'envole, le vendredi 27 juillet 1934, à 15 heures, au rendez-vous éternel auquel ses pères l'ont convié.



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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Sam 29 Nov - 21:03




Photo Sherbeck, Nancy

Réception d'officiers polonais à Thorey.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Sam 29 Nov - 21:10



Lyautey quittait ce monde à quatre-vingts ans, après avoir lutté courageusement contre la maladie et justifié la parole de Bossuet, « qu'une âme vaillante est maîtresse du corps qu’elle anime »...

A Thorey, le château coiffé du grand toit de tuiles rouges est en deuil. Les villageois, le conseil municipal, les sociétés locales, les enfants des écoles, auxquels se joignent bien vite le Sultan du Maroc, des habitants du Maroc, son équipe de collaborateurs, une foule émue, viennent remplir un dernier devoir de fidélité en saluant la dépouille mortelle du grand maréchal. Sur son lit de mort, il prend l'aspect d'un prince : « Tous ceux qui l'ont vu, écrit Albéric Cahuet, revêtu de son grand uniforme constellé, les mains jointes sur la poignée de son sabre, près de son bâton étoilé, avec le vaste burnous noir brodé d'or jeté sur les genoux, ont été frappés non point seulement par le grand aspect du soldat en sa dernière parade, mais par cette majesté où se fixait son caractère. »

Le Gouvernement de la République Française s'est associé au deuil de la population lorraine et a décrété que le maréchal Lyautey aurait des funérailles nationales dans son pays, sur sa terre bien-aimée, ainsi qu'il en avait exprimé le désir. Comprenant le trait saillant du caractère du défunt, il fit en sorte que ces obsèques régionales prissent un air de grandeur qui rattacherait l'histoire de sa Lorraine au souvenir de son œuvre coloniale. Voilà pourquoi, après l'absoute, donnée par Monseigneur Barbier, on transporta son corps à la vieille chapelle ducale, dite des Cordeliers, à Nancy, parmi les tombeaux des ducs de Lorraine, au milieu des honneurs rendus par les troupes. La traversée de Nancy fut particulièrement impressionnante. Par dizaines de milliers, les compatriotes de Lyautey défilèrent, pendant trois jours, devant le catafalque, et, lorsque l'hommage de la province fut terminé, les funérailles nationales, grandioses, commencèrent. Scène nocturne aux flambeaux, vrai défilé de fantômes sous l'averse, au son des glas et des trompettes, cortège splendide composé du Chef de l'Etat, d'un maréchal, du corps diplomatique, de ministres, de cardinaux, d'évêques, d'académiciens , de magistrats, d'officiers, de fonctionnaires, de six mille hommes de troupes, d'une foule innombrable : c'est l'hommage de la France au créateur du Maroc français, dans le cadre solennel de la place Stanislas et dont l'arc de triomphe porte une devise que l'on croirait spécialement composée pour lui : Hostium Terror, Foederum Cultot, Gentisque Decus et Amot, tandis que le maréchal Pétain exalte son frère d'armes qui avait « le goût du faste et le souci des humbles » et à qui, comme jadis au Grand Condé, il n'a manqué que les moindres vertus.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Sam 29 Nov - 21:15





Photo Scherbeck, Nancy

Visite de S.M. Moulay Youssef à Thorey.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Sam 29 Nov - 21:21



« Lyautey, proclame-t-il, comme en une dernière citation à l'ordre de la nation, a servi la France avec passion. Sur la tombe de ce grand Français, je souhaite que l'union devienne la loi de notre peuple... Pour panser ses plaies et préparer son avenir, je souhaite qu'une seule âme domine toutes les autres, comme celle qui a dominé celle de Lyautey : l'âme de la France immortelle. Sa foi patriotique et religieuse, sa flamme, son goût de l'action sont d'incomparables exemples pour notre jeunesse. »

La douleur du Maroc, à l'unisson de celles de la Lorraine et de la France, s'exprime à Madame la Maréchale par de nombreux et pieux télégrammes de condoléances ; dans le pays, par la voie de la presse dans des articles nécrologiques inspirés de la plus pure sympathie et de l'universel regret ; dans les églises de toutes confessions, par des services solennels qui revêtent le caractère imposant d'un acte collectif de reconnaissance et d'admiration de la part d'un peuple qui se souvient et qui, malgré sa rudesse, possède un grand cœur. La pensée de tous, en ces jours de deuil, s'élève vers celui qui est entré dans l'Histoire et dans la Légende ; Lyautey l'Africain ! vers celui qui, par son génie, sa puissance de travail, son goût de l'action, a réalisé une œuvre incomparable, hautement française et humaine, en faisant du Maroc un empire, un joyau de la civilisation, un des plus beaux fleurons de la couronne de la France du XX° siècle.

« Si son ombre fastueuse, écrit André Chaumeix, reste encore, maintenant qu'il n'est plus, complaisante aux faveurs humaines, elle peut être sensible à l'hommage qui lui est rendu. Sa disparition met toute la France en deuil et tout un empire en prières. »

Et voici que ce Maroc, où Lyautey a régné par l'amitié et qu'il a créé par l'amour, l'attend pour le conserver cette fois à tout jamais, suivant son. désir. On raconte que, il y a quelques années, visitant les tombeaux des Saadiens à Marrakech et la beauté du décor l'ayant séduit, il se serait écrié : « Je veux qu'on m'enterre ici. »


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Sam 29 Nov - 21:26






Photos Scherbeck , Nancy

Visite de S.M. Moulay Youssef à Thorey.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Sam 29 Nov - 21:31



— « Pas encore, Monsieur le Maréchal, pas encore, In châ Allah », lui aurait répondu Si Hadj Thami Glaoui, pacha de la ville.

Plusieurs lustres ont passé depuis ce jour, sans que l'idée de Lyautey d'être enterré au Maroc ait varié. Mais comme il avait des préférences pour Rabat, son tombeau sera élevé dans cette ville d'où il présida pendant treize ans aux destinées du protectorat. Un comité franco-marocain de l'« Hommage au maréchal Lyautey », constitué au Maroc sous les hauts patronages de M. A. Lebrun, Président de la République Française, S. M. le Sultan Moulay Mohamed, M. l'ambassadeur Ponsot, Résident général de France au Maroc, s'occupe actuellement de la réalisation de ce projet, en rapport avec le comité fondé en France par M. Gabriel Hanotaux, satisfaisant ainsi au vœu le plus cher de Lyautey : l'union entre tous.

D'autre part, une statue du maréchal surgira à Casablanca, porte d'entrée de ce Maroc qui fait l'étonnement du monde, et qui sera le témoignage de la piété et de l'affection des Casablancais, qu'il aimait tant. C'est peu sans doute. Mais le souvenir le plus fidèle s'incruste dans les cœurs et non dans la pierre...

Telle est, très imparfaitement narrée, la vie prodigieuse du Grand Maréchal, l'illustre Lyautey l'Africain.


Casablanca, le 11 novembre 1934.



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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Sam 29 Nov - 21:37






Photos Scherbeck, Nancy

Visite de S.M. Moulay Youssef à Thorey.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Sam 29 Nov - 21:45





Photo Schrebeck, Nancy

Réception de notables marocains à Thorey.


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