Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LYAUTEY L'AFRICAIN

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Paul CASIMIR




MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Mer 29 Oct - 8:45







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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 8:00



LYAUTEY L'AFRICAIN




PAR


JOSEPH GOULVEN



ANCIEN CHEF DE LA RESIDENCE GENERALE DE FRANCE AU MAROC
AVOCAT AU BARREAU DE CASABLANCA



PREFACE
PAR
Le GENERAL WEYGAND





Aux Sources de l'Action

PAR

Le Père G.-M. LEJOSNE, S.J.


ANCIEN AUMONIER MILITAIRE


ILLUSTRATIONS REUNIES PAR M. FLANDRIN, DE CASABLANCA



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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 8:23



Il a été tiré de cet ouvrage:

quatre cent exemplaires  de grand luxe
sur Vélin d'Arches  à  la forme filigrané
de  la  signature  du Maréchal et reliés
dos et coins maroquin ; cinquante exem-
plaires hors commerce, dont un imprimé
spécialement pour Madame la Maréchale
LYAUTEY ; deux mille cinq cents exem-
plaires  de  vulgarisation  sur  pur Alfa
Navarre, brochés sous couverture souple.



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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 9:51




DU MEME AUTEUR :

L'Afrique Equatoriale Française,

Notice économique sur Casablanca et la région des Chaouia.

La place de Mazagan sous la domination portugaise (1502-1769) (ouvrage couronné par F Académie des Inscriptions et Belles-Lettres).

Le cercle des Doukkala au point de vue économique (ouvrage couronne par la Société de Géographie de Paris, la Société de Géographie Commerciale de Paris, la Société de Géographie du Maroc).

L'établissement des premiers Européens à Mazagan au début du dix-neuvième siècle.

Le Maroc, les ressources de ses régions, sa mise en valeur.

Traité d'Economie et de Législation marocaines, 2 voL

Dix ans de protectorat français au Maroc (1912-1922).

Les Mellahs de Rabat-Salé.

L'infant Ferdinand, prince et martyr (1402-1443).


EN COLLABORATION AVEC :

M. Flandrin. — Casablanca de 1889 à nos jours.

M. De Mazières, — Les Kasba du Haut-Atlas.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 9:56

PREFACE





L'auteur de "Lyautey l'Africain" est un « Marocain » de la période héroïque, un de ces hommes de la première équipe qui entourèrent le maître et crurent en lui. C'est ce qui donne un tel accent de sincérité, de ferveur, à ce livre sorti des presses de Nancy, orné avec un soin attentif d'images bien choisies, où s'unissent, comme dans le cœur du Maréchal : la Lorraine et le Maroc.

Si bien que le lecteur connaisse déjà le Maréchal et son œuvre, il ne pourra manquer d'être saisi d'admiration par les dons exceptionnels dé domination et de charme de cette nature, en apparence si contradictoire, ou la passion savait ne pas nuire à la raison, ni l'irritation à l'amour, ni la tradition aux appels d'un esprit résolument novateur.

Mais, d'autre part, on comprend mieux, après avoir lu ce livre, comment le Maréchal est arrivé à la surprenante maîtrise dont il a fait preuve au Maroc, du premier coup et dans les circonstances les plus difficiles. On y suit les étapes d'une formation qui est indispensable même aux êtres supérieurement doués. Et j'ai, pour ma part, admiré une fois de plus comment un véritable homme de génie aime à se reconnaître des maîtres.

L'auteur ne m'en voudra pas de penser que parfois on a insisté sans mesure, sans doute par goût du contraste, sur l'incompréhension à laquelle au cours de sa carrière, le Maréchal se serait heurté dans l'Armée. Si, chez certains, se manifesta quelque regret de voir devenir colonial ce brillant métropolitain, ne fut-il pas du moins appelé très rapidement à ses grades successifs ? Et faut-il voir une disgrâce dans le fait que, comme il se devait,




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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 10:15


il fut placé à la tête d'un Régiment, puis d'un Corps d'Armée, dans le commandement desquels il trouva de hautes satisfactions,

Et d'ailleurs ces temps d'arrêt dans sa vie de gouverneur ou de fondateur d'empires, les moments de méditation qu'ils lui ont procurés, ses reprises de contact avec les hommes de la métropole, lui ont-ils été défavorables ? Je ne le pense pas ; j'imagine plutôt le contraire.

Le Maréchal lui-même ne s'y trompait pas. II avait de terribles boutades contre les bureaux de la Guerre. Mais il était soldat avant tout. Je lui ai entendu dire, après son retour définitif du Maroc, que s'il considérait comme normal de la part d'hommes politiques le traitement dont il avait été l'objet, il se consolerait difficilement de se sentir de la part de ses pairs, les soldats, l'objet d'un jugement qui ne lui fût pas favorable.

Ne disait-il pas, il y a quelques années, à de futurs Saint-Cyriens : « Le fait de servir et d'obéir au mieux est déjà un acte de Chef puisque c'est donner l'exemple ». Et lorsque, près de la fin de sa vie, il s'adressait en ces termes aux Oblats de Notre-Dame de Sion : « Je vous dis, petits Moines, votre vie, vos règles, vos prières, vos sacrifices sont aussi nécessaires, aussi féconds, aussi grands, que n'importe quelle création ici-bas », ne pensait-il pas en même temps que, dans l'ordre terrestre, l'Armée, grâce à ses règlements, sa discipline, son abnégation, avait, au cours de l'Histoire, permis à des hommes comme lui de faire de la France ce qu'elle est. Il savait bien que, si une forte armature gêne parfois, elle soutient toujours.

Depuis que le créateur du Maroc a cessé de vivre un hommage continu monte vers sa mémoire. Le livre de M. Joseph Goulven est un des plus fervents.

Au nombre et à la qualité de ces témoignages, on peut mesurer ce que le Maréchal avait su inspirer de dévouement passionné à son œuvre et à sa personne.

C'est par là qu'il fut essentiellement un Chef,



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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 10:22





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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 10:24





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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 10:32



LYAUTEY   L' AFRICAIN

(1854-1934)

Au  reste, ce   n'est pas nous, Marocains, qui  l'avons  surnommé l'Africain. Pour nous, il était et il est simplement Lyautey, c'est-à-dire l'homme sans qui le Maroc n'eût été qu'une  cotonneuse colonie, toute fumante de gloires éteintes, oubliée dans un coin d'Afrique.

« Pourtant, ceux qui, le décorant de ce beau nom d'Africain, entendaient le comparer au vainqueur d'Hannibal, au fameux Scipion qu'une retentissante disgrâce récompensa d'avoir consacré Rome reine de la Méditerranée, ceux-là ont bien compris ce qu'il y avait d'antique dans le caractère du plus moderne de nos hommes d'Etat.

« Sans Carthage, Rome n'aurait pas eu l'empire sur l'Afrique du Nord. Scipion le lui donna. Sans le Maroc, la France n'eût pas assuré ses possessions de l'Afrique du Nord. Lyautey le lui donna. L'un et l'autre, cependant, moins heureux qu'Alexandre ou que César, avaient derrière eux des Assemblées politiques où l'on « discutait le coup », qui furent sans doute plus d'une fois un frein utile, mais qui trop souvent jouèrent le rôle désastreux du poids mort. On peut dire que l'incompréhension eut raison de ces deux grands hommes, et ce fut la rançon de leur soumission consciente et constante au Sénat et au Parlement français, ces autres majestés oublieuses et dédaigneuses. »

Ainsi se justifierait, d'après ce parallèle d'un journaliste marocain, Louis Delau, le surnom donné à Lyautey de son vivant même, s'il n'existait


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 10:36

pas un autre motif de le lui décerner : il répond, en effet, aux sentiments profonds du Maréchal, qui, sans fausse modestie, ne craignait pas de reconnaître l'importance de sa part personnelle dans l'admirable œuvre marocaine qu'il nous a laissée et qui, de plus, était bien Africain par le cœur, puisqu'il s'est donné entièrement au Maroc et a formellement voulu dormir son dernier sommeil au Maroc. Ce n'est pas le désir d'accaparer une gloire nationale qui a dicté le titre de ces modestes pages. Nous admettons parfaitement, au contraire, que d'autres veuillent partager notre amour pour Lyautey, proclamer leur reconnaissance et cultiver son souvenir.

De la France il a été loyal et distingué serviteur en lui apportant un empire, en lui venant en aide de manière précieuse pendant la Grande Guerre, en soumettant à son autorité, au delà des mers, des tribus rebelles. Grand homme de guerre, un Vauban le reconnaîtrait pour son frère ; noble chevalier comme Bertrand Du Guesclin, il se serait distingué à la Cour et au service du Roi. Des racines profondes le rattachent au sol français, dont il a été un illustre défenseur comme Gallieni, Joffre, Foch, Castelnau.

Sa belle Lorraine, si chère à son cœur, n'a pas fait que sourire à ses jeunes années. Affectueusement, elle a veillé sur l'adolescence d'un de ses fils les plus grands et les plus aimés ; lorsque le doute, la désespérance secouèrent terriblement son âme désemparée, elle a compati à ses souffrances. Dernièrement, après avoir gémi douloureusement à la mort de son Maréchal, le pays lorrain l'a reconnu pour un de ses princes et l'a honoré d'obsèques ducales.

Là-bas, dans les lointains océaniques, il a laissé de grandes traces de son passage. En Indochine ou à Madagascar, le nom de Lyautey reste vénéré, associé à celui de son maître et ami Gallieni. L'expérimentation de ses idées généreuses s'est traduite par des résultats qu'on ne saurait oublier, et ces bonnes colonies ont le droit d'être fières d'avoir façonné le grand colonial regretté de tous ceux qui l'ont connu.

L'Algérie, et plus particulièrement l'Oranie, ne se rappellent pas sans émotion les plus brillantes années qu'il passa, dans des commandements importants, à rétablir la paix gravement compromise sur sa frontière occidentale.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 11:25





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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 11:29



Elles lui sont reconnaissantes de la tranquillité assurée et du prestige qu'il a su donner à la France en territoire musulman. Elles lé saluent comme un nouveau Bugeaud.

Nul doute que chacun de ces pays ne trouve, dans le cœur de sa population, les moyens de perpétuer dignement la mémoire de celui que l'Histoire appellera avec raison le « Grand Maréchal ». Mais à côté de ces monuments qu'a coutume d'élever la gratitude des peuples, peut-être seront-ils heureux de conserver par l'image le souvenir de Lyautey : à ce but voudrait répondre cette publication entreprise par un Nancéien et des « vieux Marocains ». Leur intention excusera les imperfections et les omissions de l'ouvrage; leur amour pour le grand Chef sollicitera toutes les indulgences...

On commencera ce récit par une observation digne de remarque : la destinée de Lyautey a été coupée en deux tronçons exactement au milieu de sa vie, comme si la Providence avait voulu placer son existence sous le double signe de l'harmonie et de l'égalité. Deux égales périodes, de quarante années chacune, 1854-1894, 1894-1934, constituent en effet le cycle impressionnant et merveilleux de sa course terrestre, parcouru dans un esprit d'union et de bonté sociales, les yeux toujours fixés en direction de la patrie qu'il aime par-dessus tout. L'être prédestiné y remplit chaque fois son rôle précis avec une ponctualité et une régularité rarement rencontrées chez les humains, quels que soient les lieux et les circonstances.

Dans la première période, entièrement écoulée sur la terre de France, il lit, il écoute, il observe, il médite, son cœur noble et sensible se lance à la recherche du Bien, du Vrai, du Beau, sa raison admet, croit et doute, son âme s'épanouit mais souffre au contact des réalités et des erreurs du monde. Que de joies et de douleurs, que d'espoirs et de déceptions doit-il accumuler en soi pour pouvoir parvenir, un jour, par une progression continue aux fonctions pour lesquelles il semble né ! On ne peut s'empêcher de penser qu'une certaine prédestination le pousse mystérieusement vers cette vie marocaine qu'il a rétablie dans son ancienne dignité et qu'il a tant aimée.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 11:32




D'après fusain de M. Albert de Ferret

En marquis en 1865.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 11:35



La seconde période, plus féconde en résultats tangibles, se dédouble : l'Asie, l'Afrique seront pour lui de fortes écoles d'action, d'autant plus qu'il étonne par la richesse et la diversité de ses dons naturels. Mais, dans la première partie de son exode, il reste en sous-ordre, le temps nécessaire, dirait-on, pour éprouver les théories et les doctrines qu'il a tirées de son subconscient et qu'il adapte à la vie coloniale. II mûrit sa méthode, il se fait, en quelque sorte, la main de façon à être maître de l'heure sans hésita­tions ni tâtonnements, et dans la deuxième partie, il s'adonne à l'action au maximum et fait le don le plus entier de lui-même : c'est le temps où il crée le Maroc, le vivifie de son âme et de ses mains et en fait un pays d'avant-garde où doit régner l'obsession d'agir toujours plus et toujours mieux; c'est le temps où, misant sur la victoire, il gagne, et, après avoir été placé dans l'obligation de prendre les plus graves décisions, reçoit les plus grands honneurs, les plus hautes dignités et meurt dans une apothéose à l'âge de quatre-vingts ans.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 11:48





TONKIN, AVRIL 1896.

Avec le Colonel Galliéni


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 11:51





AVRIL 1896.

Au bivouac français de Coc-Pan
.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Jeu 30 Oct - 11:53





AVRIL 1896.

Au village chinois de Na-Bo.



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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Dim 2 Nov - 10:10



I


Par quoi la jeunesse de Lyautey se trouve-t-elle caractérisée ? Un désir d'action, répondra-t-on. C'est entendu, mais le terme est trop vague, n'exprime pas la réalité ; il est nécessaire de préciser les  tendances  de  ces  besoins  d'action.   Sont-elles  purement sociales et humaines ? Ne reflètent-elles pas des élans naturels vers le ciel ? N'y aperçoit-on pas déjà des traces de l'individualité marquée qui se révélera plus tard ? Essayons de faire la lumière sur ce sujet, elle éclairera notre route.

André Maurois et Amédée Britsch, ses aimables biographes, nous ont raconté, dans des livres charmants et émouvants, sa jeunesse, ses goûts de commandement, son sens de l'ordre et de l'action, son sentiment du devoir qu'il hérita de ses aïeux paternels, bons serviteurs de l'Etat, sa verve, son esprit, sa modération, l'élégance de ses manières, sa vive sensibilité et sa foi que lui léguèrent ses aïeules maternelles, catholiques et royalistes.

Ils expliquent son penchant à la lecture et à la méditation, ainsi que son étonnant besoin d'action, par la maladie qui immobilisa longtemps son jeune corps. Mais est-ce bien là tout ce qu'on doit retenir lorsqu'on étudie la formation de Lyautey ? Autrement profonde, à notre avis, paraît être sur lui l'influence de la célèbre école de la rue des Postes où, en 1872, il vient préparer Saint-Cyr. Lui seul aurait pu nous dire exactement ce qu'il lui devait au point de vue religieux, moral et traditionnel, encore que, dans sa vieillesse, assistant à des réunions d'anciens « Postards », il n'ait pas caché que, à force d'y entendre soit parler d'ordre, de tradition, de conservation, soit recommander de Servir et d'Agir, c'est là qu'il a pris conscience réellement de ce que pouvait être le « sens social ».


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Dim 2 Nov - 10:14





NOVEMBRE 1896 En chasse dans le Cambodge



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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Dim 2 Nov - 10:19


C'est là que s'est précisée chez lui la notion de ces deux petits mots qui finit par s'imposer à son caractère jusqu'à lui faire faire de grandes choses, et ne devait le quitter qu'à sa mort. De là, cette mystique qui le saisit au vif au point d'en devenir une obsession : « Agis, agis î » se répète-t-il à lui-même en étudiant, et sa formation chrétienne lui indique le sens dans lequel il doit agir, puisqu'elle a largement ouvert son cœur généreux aux sentiments charitables.

Déjà luit dans sa personne cette parcelle d'amour dont plus tard il louera l'excellence et qu'il ne trouve pas à Saint-Cyr, où l'instruction donnée ne lui semble pas convenir au but idéal, mais que, par contre, il applique à Saint-Germain où, comme officier, il cherche à améliorer la condition du soldat. Aristocrate né, il est plus démocrate que le meilleur des républicains de son temps et ne rêve que d'action sociale vers laquelle le pousse, comme une force irrésistible, cette « parcelle d'amour » qui l'embrase déjà et qu'il voudrait voir luire et briller chez les autres. Cet amour, on ne saurait en disconvenir, il le puise dans sa foi de catholique et le conservera toute son existence ; il deviendra même un des principes directeurs de sa conscience et lui rendra les plus grands services chez les musulmans, en lui inspirant le respect de toutes les croyances qui est à la base de sa politique indigène.

Poussons plus loin notre examen. Faut-il rappeler l'impression que produit sur Lyautey le capitaine Albert de Mun ? Le fait est aujourd'hui vulgarisé. Mais où a-t-il connu cet incomparable séducteur, ce Croisé social, si ce n'est chez les « Postards » ? Ah ! si le grand parloir de la rue d'Ulm avait pu raconter tout ce qu'il a vu et entendu, comme notre histoire contemporaine s'enrichirait de jolis traits !... En ce qui concerne Lyautey, c'est là qu'il voit pour la première fois, en 1874, Albert de Mun, reste en admiration devant lui, s'emballe sur sa doctrine et son programme de catholicisme social, qui répondent si directement à ses aspirations intimes. Il en devient, avec Antonin de Margerie et Joseph de La Bouillerie, un adepte fervent, à tel point que le Révérend Père de Maupeou et le général de Castelnau ont pu dire très justement, voici quelques années, que ce qui a dominé la vie de Lyautey, c'est l'action sociale sous toutes ses formes.


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Dim 2 Nov - 10:22





1896. - Excursion aux ruines d'Angkor.   Le Temple.







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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Dim 2 Nov - 10:29

En vérité, la fameuse politique indigène suivie par ce dernier en Indochine, à Madagascar ou au Maroc s'est toujours inspirée de l'idée que la persuasion est préférable à la force pour conquérir les hommes, qu'il « faut savoir mettre son oreille sur leur cœur, comprendre les raisons qui les attachent a leur foi, à leurs traditions, à leurs coutumes, les respecter, les sauvegarder, et cela c'est toujours du rôle social ».

A ces paroles on devine le brasier interne qui a dévoré Lyautey dès son adolescence, et on ne s'étonne pas qu'il se soit exaspéré du caporalisme de Saint-Cyr, de la vétusté de l'enseignement de l'Ecole de l'Etat-Major de Paris, de la stérilité de la vie de garnison, de la méchanceté des potins de salon. Il s'ennuie terriblement, comme s'il avait été intoxiqué par les œuvres da Lucrèce, il est déçu par toutes choses, par ses lectures philosophiques ou religieuses, par les idées politiques de Léon XIII, par l'esprit de la caserne, par la mort du Comte de Chambord.

Il ne sait plus s'il est devenu répu­blicain ; il se morfond de mener une existence terne et inutile, bien que l'élégance de sa mise et de ses manières, sa grande culture et le raffinement de son esprit lui vaillent de brillants succès mondains. Quel tourment pour on homme, qui a un tempérament de pur-sang, d'être obligé de se contenter pendant près de vingt ans de telles futilités ! Imagine-t-on bien quelle pénible épreuve fut pour lui cet interminable temps d'inaction ?

Bien que Lyautey ait pesté et tempêté contre cette période de sa vie, on est obligé de reconnaître qu'elle a été moins inutile, moins stérile qu'il a bien voulu le dire. Les enseignements de ses éducateurs et d'Albert de Mun étaient de bonnes graines qui tombaient en riche terre : la germination devait obligatoirement être belle un jour ou l'autre. Les voyant tous à l'œuvre, les uns à Saint-Germain, l'autre à Paris, le capitaine Lyautey observe, médite, passe à l'action en créant ses premiers « Foyers du Soldat », échange des idées avec des amis, des écrivains. Une fois, il rencontre un homme, noblement curieux des questions nationales et sociales qui intéressaient la société d'après 1870, Eugène-Melchior de Voguë, avec lequel il se lie et en arrive à lui confier ses pensées sur la routine militaire, le formalisme et la paperasserie, apanages des « vieux cadres » incapables d'aucune action féconde, sur la carrière stérile qu'il suit dans une armée « momifiée, désœuvrée, routinière et ligotée », où toute initiative est étouffée par la « férule hiérarchique ».


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Dim 2 Nov - 10:47





1896. - Excursion aux ruines d'Angkor.  Un angle du 3° étage.



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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Dim 2 Nov - 10:57



Il lui expose sa conception du rôle de l'officier, qui doit être un chef, une tête, un meneur de corps et d'esprits, un éducateur venant après le prêtre, après l'instituteur, après la famille.

Ses idées sur les Etats-majors, le service militaire, le traitement des soldats sont à l'avenant, est-il besoin de l'ajouter ! La conversation intéresse prodigieu­sement Eugène-Melchior de Voguë, qui demande à Lyautey de lui envoyer des notes sur ce sujet. En fait de notes, c'est un article remarquable d'une trentaine de pages, mais anonyme, que Voguë reçoit; il le publie in extenso dans la Revue des Deux-Mondes du 15 mars 1891, sous le titre :
« Du rôle social de l'officier dans le service militaire universel ».

La critique que renferme cette étude est audacieuse et soulève un beau tapage dans l'armée. Bientôt on apprend le nom de l'auteur. Catastrophe ! Comment un officier peut-il soutenir une thèse aussi subversive qui prétend qu'à soldat nouveau, il faut des chefs nouveaux... la valeur morale de l'officier est plus importante que sa valeur professionnelle...  l'armée doit s'accorder avec la démocratie, etc..., sans parler des épithètes irrévérencieuses et des jugements sévères à l'égard des officiers, du caporalisme, de la bureau­cratie qui s'opposent de façon jugée choquante à des sentiments humanitaires pour les soldats. II n'en faut pas davantage pour cataloguer Lyautey parmi les révolutionnaires et le noter à l'encre rouge pour toute sa vie. L'article, en effet, lui attire de nombreuses et fortes inimitiés. Certains de ses amis mêmes ne lui cachent pas que son silence aurait servi davantage sa carrière, compromise après une telle philippique.

Les haines sont parfois tenaces. Contre le commandant Lyautey, elles ne désarment pas facilement, à tel point que, trois ans après la parution de l'article, le chef d'Etat-major général de l'armée, le général Boisdeffre, craignant un arrêt définitif dans l'avancement de l'officier de valeur qui s'est fait remarquer comme chef d'Etat-major de cavalerie à Meaux, se voit contraint de l'envoyer « changer d'air » en Indochine, pendant quelques années seulement, car, lui dit-il, « vous êtes trop vieux maintenant pour faire une carrière coloniale ».


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MessageSujet: LYAUTEY L'AFRICAIN   Dim 2 Nov - 11:03






Avril 1896 - Etat-Major du corps d'occupation. Général Duchemin, Commandant Lyautey.


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