Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Plaisir de France spécial MAROC

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Plaisir de France   Mer 2 Mai - 16:18

page 56


- Une vue générale d'Aïn-Chok.
- Le hammam d'Aïn Chok.

à Aïn-Chok une cité indigène nouvelle

Pour effacer du visage   du Maroc  la lèpre  des  misérables « bidonvilles », les services de l'habitat de la Résidence Générale   ont   bâti   pour   les   indigènes   des   cités   nouvelles claires et confortables : la plus importante est Aïn-Chok, près   de   Casablanca,   où   deux   cent   mille   Marocains   ont, longtemps à l'avance, retenu leur logement.  La ville possède une très belle mosquée et a été dotée d'un vaste hammam. Un autre  exemple  de la  grande  œuvre  sociale   française au Maroc est fourni par la cité Socica, agrémentée  d'arbres et de fontaines, que les industriels de Casablanca   ont fait construire près de cette ville et où deux cent cinquante familles d'ouvriers    indigènes    vivent    désormais    dans    un     cadre conciliant les coutumes musulmanes et l'hygiène européenne.


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MessageSujet: Plaisir de France   Mer 2 Mai - 16:19

page 57


- La caravane des ânons dans la Route inconnue. (Studios Rabat-Souissi)

CINÉMA MAROCAIN

De Cœurs brûlés à la Bandera, du burlesque à l'épique et au plus vigoureux comique involontaire, le cinéma n'a cessé de prendre le Maroc pour cadre et pour thème d'inspiration. Mais, jusqu'à une époque récente, l'empire marocain n'était guère mieux intégré à la réalité cinématographique que l'île de la Tortue ou les royaumes balkaniques, autres lieux familiers aux imaginations des entrepreneurs de films. Un café maure, un képi de légionnaire, une fantasia, un guerrier en djellaba s'écroulant du haut d'un rocher, un défilé de la garde noire vue par Cecil B. de Mille, et nos cinéastes se jugeaient quittes envers la touche pittoresque et la couleur locale, de fâcheuse mémoire...
Sommes-nous en droit, aujourd'hui, de parler au passé de cette conception d'un Maroc de cinéma, vu à travers une demi-douzaine de cartes postales ? Ce serait aller un peu vite en besogne. Mais il reste qu'interprété ou non avec intelligence et goût le visage du Maroc, qui apparaît depuis quelques années sur les écrans — tout au moins français — révèle une certaine authenticité, que lui vaut son origine.
Décidés  à  exploiter  le  prestige  et la  photogénie du Maroc, les cinéastes pensent enfin que l'un et l'autre ne peuvent être mieux servis que par une image plus directe et fidèle : et c'est ainsi qu'est née une production marocaine proprement dite, grâce à quoi on ne tourne plus guère d' « extérieurs » marocains hors du territoire de l'empire chérifien.
Il serait audacieux de prétendre que ce « retour aux sources » n'a produit que d'heureux effets : si la Septième Porte, d'André Zwobada, tournée l'an dernier en versions française et arabe, ne manque pas — surtout quant à la seconde version — de justesse de ton et d'une sorte de style, une « grande machine » comme Bethsabée ne trouve à avoir été tournée à Taroudant, sur les lieux mêmes de l'action, rien qui puisse racheter son incommensurable platitude.
Un tel échec ne saurait discréditer le mouvement cinématographique marocain. Une série de documentaires évoquant avec intelligence et un grand soin du détail les splendeurs de la nature marocaine et les mœurs montagnardes, comme Symphonie berbère et Aux portes du monde saharien, réalisés par André Zwobada et Robert Vernay, ont donné déjà le ton de ce que ...


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MessageSujet: Plaisir de France   Mer 2 Mai - 16:21

page 58


- Deux scènes de la Route inconnue qui sera projetée à Paris prochainement. Ci-dessus, à gauche : Lucas Gridoux dans le rôle de Ben Simon qui accueillit Charles de Foucauld à son arrivée au Maroc.
- Ici la jeune fille  berbère et les deux rabbins, dont l'un,  à  gauche,  est Charles de Foucauld

... pourrait être une valable production marocaine.
Mais celle-ci ne saurait se limiter à des réussites de courts métrages. Trois films importants viennent d'être réalisés au cœur du pays marocain.
C'est la surprenante odyssée de Charles de Foucauld, explorateur solitaire du vieux Moghreb, en 1883, qu'a racontée et réalisée Léon Poirier, auteur de ce classique du cinéma muet qu'est Verdun, vision d'histoire. La Route inconnue lui permet de retrouver un sujet qui lui est cher, car il avait, voilà quinze ans, tracé dans l'Appel du silence la biographie cinématographique de Foucauld. Produite parla Société E.C. I. M., la Route inconnue commença sa carrière par une catastrophe : le très grave accident d'automobile survenu au metteur en scène sur la route de Marrakech. Surmontant les fatigues consécutives à ses blessures, M. Léon Poirier reprit aux environs de Marrakech la réalisation de son film. Les scènes capitales ont été tournées tout près d'Akka, le poste que commanda longtemps, dans le Grand Sud, le général Diego Brosset et où Charles de Foucauld sentit en lui l'éveil de la foi. C'est le jeune acteur Robert Darène qui interprète avec une vraisemblance physique surprenante le rôle principal, aux côtés de Lucas Gridoux.
Peut-on accorder le même coefficient de confiance à ces Noces de sable, au titre si beau, qu'André Zwobada a réalisées dans le Sud Marocain,  de  Tata   à   Ijoukak,   dans le Tizi N'test ?
Prenant pour thème le folklore et la poésie populaire berbères, délaissant l'habituel commentaire dialogué pour un accompagnement choral assurant une intelligibilité élémentaire de l'action — sans que se posent ainsi les questions de doublage et de double version — les Noces de sable promettent d'être une œuvre singulière et hardie. Nous souhaitons vivement la réussite d'une entreprise propre à ouvrir des portes nouvelles à un cinéma dont l'accessibilité ne serait plus limitée aux frontières étroites d'une langue, aux moyens traditionnels du dialogue parlé. Notons cependant, avec quelque déception, que les intentions premières des auteurs ont, sur ce point en tout cas, fléchi en cours de réalisation et qu'une part a été faite au dialogue coutumier.
Troisième morceau de choix de la création cinématographique marocaine, enfin, Serment solennel est produit par une société franco-américaine (la Moroccan Pictures Company, de Los Angeles, et la Société Pathé). La réalisation s'est poursuivie aux environs de la palmeraie de Tinerhir, avec un concours exceptionnel de figurants militaires — entre autres mille deux cents cavaliers marocains — que dirige le metteur en scène américain Phil Rosson, responsable des scènes de bataille d'Autant en emporte le vent. Et George Raft, l'un des visages les plus fameux de l'écran américain depuis Scarface, venu tourner sur place les extérieurs du film, sera le héros d'une aventure dont la Légion étrangère sera le cadre, avec vraisemblablement plus de ...


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MessageSujet: Plaisir de France   Mer 2 Mai - 16:23

page 59


- Robert Darène dans le rôle de Charles de Foucauld.
- Dans les Noces de sable, une actrice française, Denise Cardi, incarne Mrim, une jeune nomade de l'extrême Sud. Elle joue également le rôle de la mère de Mrim, femme favorite d'un grand caïd chleuh. Les costumes et les bijoux sont d'une authenticité scrupuleusement recherchée par M. Besancenot, éminent spécialiste de l'art berbère.


... pittoresque que de scrupuleuse exactitude. Sans faire autrement confiance aux vertus artistiques d'une œuvre dont le thème est, semble-t-il, assez inférieur au dynamisme que saura lui insuffler M. Rosson, il est permis de se réjouir de l'initiative de ces producteurs qui n'ont pas manqué d'engager des frais importants pour la recherche du vrai.
Le vrai, c'est encore ce qu'à voulu le jeune et brillant metteur en scène français Henry-Jacques, auteur d'une Arche de Noé fort attaquée et mieux encore louée, venu, sur l'initiative des services de l'Enseignement, tourner un court métrage sur l'éducation populaire au Maroc, et singulièrement l'enseignement musulman ; œuvre qui porterait ce titre évocateur La Jeune Forêt. A la poursuite de scènes justes, d'atmosphères authentiques, de visages attachants, Henry-Jacques et sa petite équipe ont pris la route du bled. Et de Petitjean à Agadir, ils feront une moisson de documents que nous espérons à la hauteur d'un sujet grave et délicat.
Vrai encore, et fort propre à donner la plus scrupuleuse image de l'effort de coopération franco-marocaine, Maroc moderne, de M. Etienne Lallier, a été réalisé avec de remarquables garanties de sérieux et l'appui du Secrétariat Général du Protectorat, hors de tout battage publicitaire.
Enfin, une société marocaine, la Fassi-Film, travaille activement à développer le cinéma proprement marocain. Dirigé par Jean Bastia, et maintenant terminé, El-Majnoun (le Fou), comporte deux versions, l'arabe et la française. Le goût très vif des foules musulmanes pour le cinéma, singulièrement d'expression arabe (et mieux, d'un arabe accessible aux Marocains, fort déroutés par les dialogues égyptiens), promet à cette initiative un succès qu'il faut espérer exempt de médiocrité esthétique.
Fécond et vivace, le cinéma marocain attend les installations matérielles dignes de l'avenir que lui promet son cadre naturel. Dans la banlieue de Rabat naissent des studios : seuls, jusqu'à présent, fonctionnent le studio d'enregistrement sonore, un laboratoire de développement et de tirage et une salle de montage.
Ainsi naît et s'équipe le cinéma  marocain.  Qu'aboutissent ou non les projets visant à faire de Marrakech ou d'Agadir de petits Hollywoods, une chance rare s'offre aujourd'hui au Maroc d'être une terre d'élection du cinéma.
JEAN LA COUTURE.


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MessageSujet: Plaisir de France   Mer 2 Mai - 16:28

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MessageSujet: Re: Plaisir de France spécial MAROC   Mer 2 Mai - 16:30

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Dans le haut de la page : gîte d'étape, à Tafraout.

SOUVENIR D'UN ACCUEIL
Notes de voyage

Arrivée à Orly, noyé de brouillard. L'avion partira quand même : il paraît que là-haut, il fait clair. Papiers à remplir (nombreux). Décollage à 9 heures. Trouvé le soleil à 3.000 mètres. A 12 h. 50, escale à Lisbonne. Lumière éblouissante, pyramides de cigarettes cosmopolites dans les boutiques de l'aéroport engrillagé : à l'intérieur, les avions et leurs passagers ; à l'extérieur, les Portugais venus comme au Zoo en promenade dominicale. Départ, à 13 h. 50. Arrivée à Casablanca à 15 h. 50. Descente dans la tiédeur d'Afrique. La crise du logement commence : l'hôtel n'est pas digne de son nom majestueux.
Casablanca, « New York du Maroc » (cliché !), est en proie aux spéculations fébriles : le « pas de porte » pour un café vaut des millions ! Une tache au cœur d'une belle ville : tout au long de la place de France, une monstrueuse enfilade de panneaux publicitaires géants ; à signaler à la Ligue urbaine et rurale ! (C'est fait).
Accueil charmant du président de l'Automobile Club, le docteur Plandé. Surprise du directeur de Plaisir de France — orateur improvisé -- invité à l'aire une causerie intime : plus de cent membres du Club sont là, rangés, pour l'entendre.
Sa visite coïncide avec le vernissage d'une exposition réunissant les œuvres de peintres de France et de peintres du Maroc : excellent échange artistique entre la métropole et le protectorat...
... Départ en car pour Rabat, modèle d'urbanisme : des cartons à chapeaux disposés sur la table d'une modiste.
Accueil aimable des hauts fonctionnaires et chefs de service de la Résidence Générale ; accueil empressé des abonnés et lecteurs, membres de notre « grande famille ».
Accueil élogieux de l'Alliance Française, groupée autour d'un thé à la menthe dans le jardin de la casbah des Oudaïas, par son président Henri Bosco, écrivain lauré, dont va paraître un nouvel ouvrage, Pages marocaines, luxueusement édité et illustré par des gouaches de Louis Riou.
A Rabat, comme à Casablanca, accueil chaleureux des libraires, qui ne sont pas des « marchands de papier », mais qui prennent à cœur leur mission : la diffusion de la pensée française et des éditions dignes d'elle.
Accueil irrésistible des restaurants : piles de meringues glacées, rivières de crème au chocolat, cascades de crème chantilly.
... Meknès, Fès, capitale spirituelle où l'on voudrait rester des mois. Accueil inoubliable des palais et des musées, des jardins et des patios.
... Train de Rabat à Marrakech, capitale du Sud, multiple, enchanteresse: féerie de la Mamounia, de ses chambres face à l'Atlas, de ses jardins bariolés de palmes, d'oranges et d'oiseaux...
... Retour à Casablanca en avion-taxi (deux heures)...
... Grand retour au pays. Retrouvé sur l'aéroport le sympathique quadrimoteur. Au dehors, brillant dans la nuit, l'engin moderne, prêt à bondir. Au dedans, le troupeau des voyageurs, attendant, docile, l'interminable inspection des valises par deux braves gabelous : d'un côté, le progrès ; de l'autre, la routine. Contraste. Paradoxe.
A quoi bon ne mettre que six heures pour aller de Casablanca à Paris, si l'on en perd quatre autres avant et après le vol ? « Air France » doit déplorer autant que ses passagers les retards causés par les formalités et les paperasses. Une perle : le questionnaire du contrôle sanitaire qui vous demande d'« indiquer où vous avez passé les quatorze dernières nuits précédant l'arrivée dans ce pays ». Épreuve de mémoire et de patience, heureusement compensée par le sourire de l'hôtesse de l'air — Mona Lisa volante — et la magnifique « tenue de vol » du « D. C. 4 » : régularité et ponctualité de locomotive...
... Orly : brouillard, bicoques lépreuses, banlieue sinistre. Adieu Rabat, Marrakech : ciel bleu, maisons blanches, adieu !
Or..  Q.


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MessageSujet: Re: Plaisir de France spécial MAROC   Jeu 3 Mai - 13:30

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MessageSujet: Plaisir de France   Jeu 3 Mai - 13:42

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Fin de la revue "PLAISIR DE FRANCE"
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