Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 TOURISME

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: TOURISME   Ven 30 Mar - 8:00

page 24




Le Haras et la Jumenterie de Meknès

- A son retour de Versailles le Sultan Moulay Ismaïl, encore tout ébloui de ce que lui avait montré Louis XIV, voulut se faire construire un palais digne de lui.
Il abandonna Fès et choisit à Meknès, l'Aguedal où se trouvaient déjà quelques jardins.
L'immense prairie qui s'y trouve le tente pour y faire un séjour d'été (actuellement Dar el Beïda), y donner de grandes fantasias et y installer ses tribus qu'il conviera souvent à cet effet.
Un troupeau d'autruches y est mis en liberté dès qu'une encein­te imposante l'entoure de ses murailles.
C'est dans une partie de cette vaste prairie que se sont installés les Haras et la Jumenterie de Meknès.
Cet établissement, qui s'étend sur 80 hectares, charme ses visi­teurs par son aspect de belle propriété, ses allées, ses arbres, ses haies de myoporum taillées au cordeau, les remparts crénelés qui l'entourent, les constructions dans le style local qui y sont édi­fiées et enfin par la vue de ses vastes prairies, bordées de barrières blanches et couvertes de fleurs au printemps.
Dans le lointain s'estompent les croupes harmonieuses du Zerhoun, revêtues de tâches sombres formées par des forêts d'oli­viers et égayées par des touches blanches, qui sont des villages berbères accrochés au flanc de la montagne.
L'Etablissement renferme cinquante étalons destinés à entrete­nir et à améliorer la race cheva­line de la région.
Dans le même Etablissement, mais séparée, se trouve la jumen­terie, la seule du Maroc et avec celle de Tiaret (Algérie), une des deux de l'Afrique du Nord.
Dans celle-ci vivent avec leurs produits trente juments pouliniè­res de grande classe de pur sang arabe, barbe ou arabe barbe.
Le but recherché est de trouver parmi la descendance mâle des étalons pour les Etablissements Hippiques du Maroc.
C'est aussi un conservatoire, si l'on peut dire, du sang pur. Pen­danc six mois, ces mères vivent avec leurs produits dans d'immen­ses paddocks traversés de séguias abondantes, ne s'asséchant jamais et ornés de boqueteaux d'arbre, à l'ombre desquels elles viennent se réfugier.
Sevrés à six mois et séparés par sexe, les poulains et pouliches res­tent à la Jumenterie jusqu'à l'âge de 2 ans et demi ; à ce moment, ils sont envoyés en dressage au Dépôt de Témara et préparés par un entraînement judicieux et très surveillé en vue d'épreuves qui dé­cèleront leur qualité. Leur sort est alors fixé.
Les beaux poulains iront dans les Haras comme étalons, les au­tres, dans les régiments comme chevaux d'officiers.
Les belles pouliches sont réser­vées comme poulinières et revien­nent à la Jumenterie où elles sont . nées ; les autres vendues aux en­chères sont achetées par les éle­veurs généralement européens.
Lâchés le matin, dans les vastes paddocks, mères et enfants galo. en liberté, mais rentrent calme­ment le soir au coup de sifflet pour trouver, dans leurs box spacieux, rations copieuses et litière abondane. Le profane, comme l'homme de cheval, s'intéresse vivement à ce spectacle.
De nombreux touristes français et étrangers visitent d'ailleurs l'Etablisse­ment: ils y sont toujours les bienvenus. Il leur est ouvert tous les jours (diman­ches et fêtes exceptés), de 9 heures à 11 heures et de 13 heures à 16 heures.


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MessageSujet: TOURISME   Ven 30 Mar - 8:02

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OMBRE ET LUMIÈRE

Au bout de la rue arabe la féerie jaillit d'un coin d'ombre. Les lignes sont anéanties, fondues comme un trait de fusain où le pinceau se pose. Couleurs ... sens aigu d'une harmonie où l'esprit renonce à peser les raisons de cette harmonie, contrastes violents où tout se mêle, s'entrechoque, délire, s'accorde ou se repousse: bruits du fer battu sur l'enclume, cri d'enfant, appel d'un marchand, imprécations de l'ânier qui pousse son âne et bouscule le mendiant aveugle qui bénit; dévidage mou des bobines de soie contre les paumes rugueuses ou serrées entre les orteils nus : symphonie murmurante ou plaintive qui bourdonne à l'oreille tandis que la large majesté des couleurs comme sur une palette s'étale .....
Quelles sont loin les promenades d'hier dans les rues hautes et tristes d'une province sans bruit; murailles grises où l'ombre, pauvresse, se tapit et n'est jamais chassée ; maisons silencieuses et fières. Vieux quartiers hauts perchés fuyant la frivolité d'un mail bavard où il y a un photographe, des machines à écrire et des robes de soie derrière une vitrine ; où des jeunes filles rieuses passent et mouillent leurs doigts à la fontaine; lieu où l'on revient le cœur serré de mélancolie ... et sur cette petite place exquise qui offre au promeneur comme une coupe d'eau pure sa ronde lumière dansante sous les hauts marronniers, les platanes aux feuilles noueuses serrées telles les mains avares, l'on s'attarde étonné, attendri se rendant à moitié à tant d'humble douceur cependant que le souvenir, le regret inavoué d'un autre ciel vous étreignent ...
Petit « cours» de province on retrouve en vous .comme autant de trésors méprisés et charmants l'automne aux teintes subtiles inconnu là-bas, les rues paisibles et fraîches, les coiffes blanches au front des femmes passant leurs bras robustes à l'anse d'un panier d'osier : fruits joufflus gardant intacts l'odeur et la couleur du verger, pêches savoureuses, bottes de fleurs fraîchement coupées et cette paysanne dont l'éventaire ferait la fortune au marché de Casablanca qui croise les mains sur son fichu et sa croix d'or et s'écrie: « Seigneur doux Jésus c'est-il de là-bas loin que vous venez ... »
Petit cours de province avec des maisons en rond, vieilles accroupies autour d'une flamme chétive, comme le voyageur revenant parmi vous par un bref matin de vacances vous aime mal et profondément ...
D'un coin d'ombre, après le voyage, la féerie marocaine a jailli.
Harmonie qui dépasse le rêve éclatant, impossible et burlesque; coup du maillet sur le fer, sur le bois ou sur le cuir, chair martyrisée ; soupir étouffé de la raîta, petite âme en peine errant parmi la foule; trottinement sonore des sabots ferrés qui butent; louanges du mendiant aveugle pour le dieu unique qui l'a voulu hideux et misérable.
Sons discordants; couleurs inouïes ; bateau ivre pour quelque Rimbaud, qui roule avec le rêve, sans douceur et sans repos sur une mer flamboyante dont le pur horizon natal s'est évanoui.
Jane DE MAZIERES


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MessageSujet: TOURISME   Sam 31 Mar - 7:21

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- Cèdre géant à Ifrane.


Centres d'Estivage au Maroc : Ifrane, Immouzer, Daïet-Aoua

Plateaux et Vallées du Moyen-Atlas


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MessageSujet: TOURISME   Sam 31 Mar - 7:24

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IFRANE L'HOTEL BALIMA

Passer ses vacances au Maroc c'est éviter les aléas du mauvais temps et de la pluie qui gâtent et assombrissent, en plein été, tant de villégiatures ...
C'est pouvoir goûter tous les jours, sans exceptions moroses, les charmes vivifiants du plein air, du soleil et de l'eau ...
IFRANE vous offre cette certitude ...
A 1.200 mètres d'altitude dans la montagne marocaine, sur un plateau entouré des frondaisons majestueuses de cèdres, la nouvelle station estivale du Protectorat complète l'agrément de son climat idéal et de son site par -le confort de son installation.
L'Hôtel BALIMA réunit ces conditions de commodité et de luxe et nous en offre ici l'image séduisante .. ·
Bâtiment spacieux et clair du type des chalets hôteliers qui décorent la montagne alpine ou les sites pyrénéens, on trouve à l'intérieur tous les raffinements d'aménagement et de décoration modernes
C'est dans ce cadre enchanteur que de nombreux estiveurs voudront aller goûter les avantages et les bienfaits d'IFRANE, station climatérique, dont nous entretenons nos lecteurs sur les pages suivantes ...


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MessageSujet: TOURISME   Sam 31 Mar - 7:26

page 28


- Environs d'Ifrane : La forêt de cèdres.
- Chalet de plaisance.


UNE STATION D'ESTIVAGE IFRANE

Malgré la proximité de la France il a été estimé nécessaire de créer au Maroc des stations d'estivage pour permettre aux femmes et aux enfants, qui ne peuvent se rendre dans la Métropole, d'échapper aux rigueurs de la température de l' été. C'est dans ce but qu'a été créé de toutes pièces la station d'Ifrane. Située à 1.600 mètres d'altitude, dans les premiers contreforts de l'Atlas, au milieu d'une splendide forêt de cèdres, de frênes et de chênes verts, au bord de rivières poissonneuses, cette station se trouve à quelques heures d'automobile de Casablanca, de Rabat, de Meknès et de Fès.
Dès maintenant, avec la salubrité et la fraîcheur de son air, avec ses nuits exquises, Ifrane offre aux estivants des distractions dignes peut-être des villes d'eaux de France et d'admirables excursions en montagne. Un parc national de 20.000 hectares entoure son site de la beauté de .ses bois. Les grandes Compagnies, les Sociétés marocaines ainsi que les Administrations ont déjà construit des villas pour leurs employés. Madame Saint, dont on connaît le dévouement aux réalisations sociales, a créé des succursales de ses œuvres. Des chalets confortables sont mis à la disposition des estiveurs, trois hôtels, possédant le dernier confort, offrent, à des prix très raisonnables, un séjour calme et reposant. Un casino fonctionne déjà et un établissement thermal, avec piscine doit s'ouvrir prochainement. Une Maison des Hôtes est même à la disposition des journalistes.
D'Ifrane on peut, en de merveilleuses excursions, rayonner aux environs. Il y a, non seulement les .../...


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MessageSujet: TOURISME   Sam 31 Mar - 7:29

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- Ifrane : en haut la piscine; en bas un coin de la rivière.


.../... promenades que l'on peut faire à pied ou à dos d'âne dans les bois d'alentours ; il Y a également les ravissants circuits de Daïer Aoua, charmant lac de montagne, Daïet Achlef avec sa grotte aux lions que les rois du désert ont abandonnée depuis longtemps et le ravin des sangliers, site particulièrement pittoresque rappelant les plus belles forêts de France, telle celle de Fontainebleau.
Les fervents de l'alpinisme peuvent faire l'ascension du Tizi N'Tretten d'où l'on découvre une vue splendide.
Puis, c'est El Hajeb, Azrou, circuit-auto-cyclable de moins de 100 kilomètres où l'on rencontre les plus beaux cèdres de l'Atlas au milieu des cascades et des sources VIves.
Avec Immouzer, particulièrement goûtée des habitants de Fès, Ifrane deviendra, dans un avenir très proche, la grande station d'été du Maroc à laquelle viendront s'ajouter celles que l'on prépare dans le Grand Atlas de Marrakech.
Si Ifrane présente surtout de l'intérêt pour les Français du Maroc pendant la saison chaude, elle offrira en hiver, aux touristes, grâce à la neige et la proximité de la haute montagne tous les agréments des sports d'hiver.
A vec le développement de l'aviation de tourisme qui marche à une cadence accélérée, Ifrane sera bientôt à quelques heures seulement des points les plus éloignés du Maroc français.
Jos. VATTIER.

IFRANE
Extrait du rapport présenté par la Résidence Générale au Congrès International de l'Urbanisme aux Colonies,Paris, octobre 1931
Le Protectorat se préoccupe, depus quelques années, d'assurer aux Européens en nombre croissant qui ne peuvent se rendre périodiquement dans la Métropole, le bénéfice d'un séjour réparateur sur place, à la montagne ou à la mer. C'est à cette politique qu'il faut rattacher, entre autres interventions de l'Etat, la création d'Ifrane 'Ct les études entreprises pour l'ouverture d'autres centres d'altitude dans le Maroc Oriental, dans la région de Taza, dans la région de Marrakech, comme aussi l'aide fournie pour l'aménagement des plages de Mazagan et de Méhédya (Gharb).
L'effort le plus important de l'Etat s'est por· té sur Ifrane, au sud-est de Meknès, dans le Moyen Atlas.
Le choix du site d'Ifrane date de septembre 1928. Un plateau p.erreux, à 1.650 m. d'altitude, s'abaisse vers une vallée où serpente une rivière glacée, poissonneuse, que bordent d'ènormes frênes; il supporte la ville nouvelle. L'horizon est fermé immédiatement au Nord et à l'Est par une forêt de cèdres; au Sud, une coulée s'étend, au contraire, jusqu'à un piton qui culmine à 1.900 mètres; à l'Ouest la rivière disparaît derrière une gorge, sous' un dôme épais de frênes, d'ifs et de chênes verts. Dans tous les sens, des pistes conduisent à des sites pittoresques : forêts de pins maritimes et lac vers Irnmouzer, forêt de chênes zéens vers Ito ou Sefrou, forêt de cèdres vers Azrou. Le clio mat est sec, tonique; l'hiver, la neige tombe assez abondamment ; l'été, les nuits sont fraîches, les journées tempérées.
Le plan du nouveau centre fut dressé à la fin de 1928 et appliqué matériellement sur le terrain dès le premier trimestre de 1929. Il comporte essentiellement une avenue frontalière sur laqualle s'ouvre, à angle droit, la place du Casino, et qui forme un angle très ouvert avec un boulevard qui passe au pied d'une crête boisée de cèdres avec maquis de chênes verts. D'une éminence sise au milieu de cet angle part une longue perspective; un parc se dessine à contre- pente. La construction est rigoureusement interdite aux abords de la rivière, qu'une servitude d'aspect protège sur une grande longueur en amont et en avaL
Trois ans après la décision de créer Ifrane, on trouve dans le centre, au prix d'un labeur public et privé considérable : un palace de 200 chambres, un hôtel, trois pensions de famille, un casino restaurant, deux tennis, une piscine, un terrain d'aviation aménagé (avec Bessonneau), un vaste garage; de nombreux châlets provisoires en bois, installés par l'Etat, de beaux pavillons et des villas construites par des particul iers ou des administrations; un bureau de poste,' une infirmerie, une école, une chapelle catholique. L'eau et l'électricité sont distribuées; la voirie est partout dessinée; les arbres d'alignement sont plantés (rohiniers, mûriers, platanes, marronniers, érables); deux pépinières crées. L'abattoir est construit; le réseau d'égouts est à l'étude. Une route reliant directement Ifrane à El Hajeb (35 km.) est aux deux tiers établie; elle sera achevée en 1933, goudronnée plus tard.
Le succès de la station s'affirme.


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MessageSujet: TOURISME   Sam 31 Mar - 7:31

page 30


- Au fond en suivant la ligne d'horizon : Ifrane, Ito, El Hajeb, Meknès.
- Vieux potier de village.
- Immouzer : Entrée d'une grotte.


UN BALCON SUR L'ATLAS:IMMOUZER

C'est une impression générale qu'éprouvent tous les hommes, quoiqu'ils ne l'observent pas tous, que, sur les hautes montagnes, où l'air est pur et subtil, on se sent plus de facilité dans la respiration, plus de légèreté dans le corps, plus de sérénité dans l'esprit, les plaisirs y sont moins ardents, les passions plus modérées; les méditations y prennent je ne sais quel caractère grand et sublime, proportionné aux objets qui nous frappent, je ne sais quelle volupté tranquille qui n'a rien d'âcre et de sensuel.
(J.-J. Rousseau, «La Nouvelle Héloïse», 1 re partie, lettre 23.)
IMMOUZER est un village berbère de la. tribu des AÏt Seghouchen, peuplé de 600 habitants environ, vivant dans des grottes naturelles, aménagées en habitations et en boutiques.
La Kasba est des plus pittoresques ; elle est entourée d’une muraille à laquelle s'adosse, au Sud-Ouest, un Marabout, lieu de pèlerinage de tous les habitants des douars qui peuplent les vallées environnantes.
Un souk a lieu le lundi ; les costumes pittoresques et bariolés des femmes berbères se mêlent aux lévites noires de quelques Juifs de Sefrou. venus là pour faire du commerce.
En découvrant les grottes, en musant dans les jardins, vers le cimetière, on rencontrera fréquemment le vieux potier tournant ses poteries de terre rouge, ou les cuisant sous un grand feu; le savetier, faisant ses chaussons de cuir sombre à hauts contreforts, les femmes filant la laine, tricotant des bas multicolores, ou tissant, soit des couvertures, soit des tapis de paille mélangés de laine.
La Kasba est entourée de jardins que dominent de grands peupliers ; au Sud, la maison forestière est un nid de verdure, où les arbres, bien que plantés depuis quelques années seulement, donnent de délicieux coins d'ombre.
Immouzer, à 1.440 mètres d'altitude. est situé sur un plateau salubre et ventilé, accroché aux pentes du Moyen Atlas. On y jouit d'un panorama des plus grandioses.
C'est surtout le matin, au lever du soleil. lorsque l'horizon s'embrase, que l'on éprouve un sentiment d'admiration profonde et d'émotion sincère en contemplant le paysage féerique qui s'étend au loin : à droite, c'est la tache blanche de Fez, s'étalant au bas du Zalagh, qui paraît si petit, diminué qu'il est par les sommets du Riff Espagnol quelquefois blancs de neige ; puis, c'est l'immense plaine du Saïs, qui tranche sur l'horizon mouvementé; le Zerhoun se révèle éclatant de lumière sous les premiers feu du soleil ; Meknès se cache derrière un mamelon ; enfin, vers le Sud-Ouest, les plateaux d'El Hadjeb, les forêts d'lto, les monta. gnes en direction de DaÏet Aoua et d'Ifrane, complètent de la façon la plus heureuse paysage.
Immouzer est arrosé par l'oued AÏn Soltane. Des ruisseaux alimentent de nombreuses séguias.
L'avenir d'Immouzer réside dans cette eau claire qui fera de ce pays une région de vergers et de verdure, au milieu ,desquels se cacheront les villas, qui commencent déjà à s'y édifier.
Quelques hôtels et restaurants ont été créés, pour répondre aux besoins des estivants, qui viennent de plus en plus nombreux s'installer ici chaque année.
L'eau de la source d'Aïn Soltane, captée en partie, permet d'alimenter en eau Vieux potier du village potable toutes les habitations ; cette eau, parfaitement limpide, de saveur agréable, un peu alcaline, présente une excellente composition minérale, ainsi que l'ont révélé les analyses auxquelles il a été procédé.
C'est une eau diurétique que d'aucuns déclarent avoir les effets les plus salutaires sur l'organisme.
Immouzer jouit d'une température supportable en été; les nuits notamment y sont fraîches; un graphique établi, représentant les maxima et les minima des années 1930 et 1931, permet de comparer la différence sensible de température qui existe, avec ,Fez par exemple.


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MessageSujet: TOURISME   Sam 31 Mar - 7:33

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- Au fond en suivant la ligne d'horizon : Le Zerhoun, Petitjean, Moulay-Yacoub, Ras El Ma, Fès, Le Zalagh, Rif Espagnol.
- Vue Générale d'Immouzer.
- Le Marabout de l'Oued Aït Soltane.


Immouzer est d'autre part un pays de chasse : perdreaux, lièvres, lapins, sangliers y abondent ; c'est également un pays de pêche : truites, barbeaux.
Les oueds ont été alevinés ces années dernières par les Eaux et Forêts, à la demande du Syndicat d'Initiative et de Tourisme de Fez, et une sage politique doit permettre de sauvegarder cette nchesse naturelle,
Immouzer possède deux lotissements importants :
Celui de la Société Civile, dont tous les terrains sont actuellement vendus.
Celui du Belvédère, magnifiquement placé et sur lequel se trouvera plus tard le Casino.
Des particuliers ont d'autre part acquis certaines parcelles importantes de terrains ; les transactions immobilières sont d'autant plus nombreuses, qu'on se trouve en pays de coutume berbère, et que celles-ci sont beaucoup plus simples et plus rapides par l'intermêdiaires des Djemaa qu'en pays de Cheraa par l'intermédiaire des cadis.
Immouzer est à 38 kilomètres de Fez et à une distance à peu près semblable de Sefrou et d'Ifrane ; lorsque la piste de Regada sera poursuivie en direction d'El Hadjeb, Immouzer ne sera qu'à une soixantaine de kilomètres de Meknès.
Immouzer est un centre de nombreuses promenades : c'est tout d'abord le lac de Daïet Aoua, à une dizaine de kilomètres; puis les sommets environnants parmi lesquels le plus élevé est celui du Kandar, (plus de 1.800 mètres d'altitude).
Sans doute, les sentiers forestiers ne sont pas encore luxueusement aménagés ; l'essentiel est de se chausser de bons brodequins cloutés et de se munir d'un bâton ferré, pour gravir les pentes quelquefois abruptes des montagnes boisées ou en cours de reboisement. Le promeneur est bien récompensé de ses efforts lorsqu'en arrivant au bout de sa randonnée, il découvre un horizon nouveau, tout en se rappelant cette phrase de Jean-Jacques Rousseau:
« Il semble qu'en s'élevant au-dessus du séjour des hommes « on y laisse tous les sentiments bas et terrestres, et qu'à mesure « qu'on approche des régions éthérées, l'âme contracte quelque « chose de leur inaltérable pureté ».
Immouzer est une station estivale d'avenir; sa proximité de Fez, sa situation unique, garantissent son succès et son développement.
D'ailleurs, sans aide officielle, grâce aux seules initiatives privées, Immouzer s'est déjà imposé à l'attention des pouvoirs publics, dont les efforts s'étaient exclusivement concentrés sur Ifrane.
Irnmouzer et Ifrane doivent se compléter mutuellement et ne peuvent en aucune façon se nuire.

Roger HUGUENY.
Secrétaire du Syndicat d' Initiative et de Tourisme "Essi" de Fez.


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MessageSujet: TOURISME   Sam 31 Mar - 7:34

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- Jeux d'enfants sur le lac.
- Le lac de Daïet Aoua.
- Petits pêcheurs ....


Lacs en Montagne

DAIET AOUA

Les fasis sont gens chanceux, nantis d'une station de montagne, station d'estivage à leurs portes, il se trouve encore que cette station est prolongée en direction d'Ifrane par deux admirables attractions qui se complètent du reste dans un site grandiose : un lac de montagne et la grande forêt qui lui succède.
J'ai déjà écrit quelque part que cette région s'apparentait étroitement aux paysages des Vosges en Alsace, et quelle plus belle démonstration peut en être faite que de rappeler aux excursionnistes de la Schlucht par Munster le spectacle merveilleux de Schwartzsec, du lac noir et aussi du lac blanc.
Le lac de Dayet Aoua surprend de la même façon le touriste, lorsque venant des fourrés qui forment une sorte de col boisé en venant d'Immouzer et à 8 kilomètres environ de ce centre coquet, il a la vison féerique de ce miroir d'argent scientillant dans une cuvette aux pentes pittoresques et soulignées de futaies.
Les oiseaux amphibies, poules d'eau macreuses et canards sauvages sillonnent la surface tranquille, et plus à droite les plantes aquatiques rongent le miroir limpide de leurs hautes gerbes pressées, d'un beau vert.
Le spectacle est encore plus beau vu plus au Sud, à l'autre extrémité et surtout du lotissement de la station en création qui forment belvédère ou de l'admirable terrasse de la maison forestière. Là le lac se présente dans son plus joli cadre et semble encerclé de la douce ligne d'arbres qui borde l'accès Nord.
Enfin dès que l'on s'avance vers le Sud-Ouest, vers Ifrane, on s'enfonce immédiatement dans la forêt, dans la haute et vieille forêt aux grands cèdres, aux grands sapins, et l'odeur éternelle et balsamique prend aussitôt aux poumons, vivifiante et vous prend surtout au cœur en vous rappelant la vieille terre des aïeux.
o Tannenbaum ....
o beaux sapins ! .
Dans les cols les plus élevés qui sont à moitié chemin entre le lac et le carrefour d'Ifrane, on se croirait exactement dans quelque forêt du Val de Ville ou du Val de Munster, quelque part sur les pentes d'un Frankenburg ou d'un Ortenberg et l'on s'attend à voir apparaître enfin au-dessus des cimes des sapins les murailles millénaires d'un vieux burg ruiné.
Le silence est parelllement troublé seulement par les pépiements des fauvettes, et par les arpèges des rossignols. Mais comme nous sommes ici plus haut que dans les Vosges, on voit passer les grandes buses au bec recourbé et les aigles héraldiques.
Ifrane n'est pas loin du lac, une quinzaine de kilomètres vous conduisent par des lacets pittoresques et presque constamment sous bois, du lac de Daïet el Aoua au carrefour de la grande station estivale.


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MessageSujet: TOURISME   Sam 31 Mar - 7:36

page 33


- Un lac du Moyen-Atlas à 2.150 mètres d'altÙude : l'Aguelman Sidi Ali ou Mohamed où vit la truite-omble de Pallary, espèce remarquable fort recherchée des pêcheurs.
- Région du Ghar'b: Le Merdja Zerga « le lac bleu» dont les eaux calmes et la vaste étendue invitent au canotage et où l'on fait de fructueuses pêches.


Le lac lui-même est à seize cents mètres d'altitude, c'est que depuis Fez on a largement monté ... ! Quoiqu'à vrai dire la route se poursuit en plaine pendant près de trente kilomètres depuis la Capitale du Nord jusqu'au raidillon qui monte à Immouzer.
A l'heure actuelle les possibilités de ce nouveau centre où près de la source un lotissement est en bonne voie de lancement, ces possibilités sont devenues des réalités car une somme de huit millions a été affectée sur l'emprunt pour la construction de la route Fez-Immouzer-Ifrane.
Cette route qui va rapprocher ces centres, rend surtout les accès moins pénibles et va donc permettre aux touristes de jouir du pittoresque sans en souffrir ... du moins dans leurs ressorts !
Les fasis et autres citadins du Maroc assoiffés d'air frais et vivifiant et de paysages nordiques, auront donc tout ce qu'Ils désirent sans abandonner leur confort.
Ils pourront avoir à Dayet Aoua comme d'autres l'ont déjà à Immouzer, leur maison de plaisance ou même leur modeste cabanon pour y passer les « week-end ».
Pendant que la famille organisera les pique-nique, ou plus plaisamment, jouera au tennis, les hommes s'occupant de la provende iront tirer le canard sauvage ou même les sangliers qui sont nom breux dans cette région boisée.
S'ils ont des goûts moins violents, et si l'on peut dire plus bucoliques, ils leur siéra de pêcher à la ligne dans le lac où foisonnent la truite et le barbeau.
Les promenades sont nombreuses, et nos estiveurs en dehors de la grande route d'Ifrane et d'Immouzer peuvent aller à Sefrou par la maison forestière de Daiet Achlef au plus profond de la forêt, là où les éboulis de rochers couverts de fougères, et où les arbres géants sont plus pressés, et inspirent cette sorte d'horreur sacrée des grands bois qui ramènent notre subconscient aux plus vieilles résurgences ataviques du Druidisme.
De loin en loin dans une clairière, les Berbères vous saluent d'un geste hospitalier et loyal, leur teint est blanc, leur stature est haute et dégagée, vêtus d'épais lainages ils présentent l'aspect de gens d'Europe, de gens des montagnes des pays froids.
Leur bétail est gras et fort, et chez les forestiers on remarque par ailleurs des douars et des villages pleins d'un pittoresque tout à fait unique.
Une autre belle promenade est la piste touristique de Sefrou par Immouzer et le marabout de Sidi Abdallah et surtout la crête boisée du Kandar à 1800 mètres d'altitude balcon formidable face au Riff et ses cavernes pleines de légendes.
M. KAMM.


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MessageSujet: TOURISME   Sam 31 Mar - 7:38

page 34




LES EAUX JAILLISSANTYES

- Source chaude captée dans le bassin artificiel de Moulay Yacoub. ( région de Fès )
- Source de l'oued Taza ( région de Taza )
- Cascade d'Ouzzoud Oued N'oumersid ( Cercle d'Azilal, région de Marrakech )



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MessageSujet: TOURISME   Sam 31 Mar - 7:41

page 35



SEFROU


La KALAA-SEFROU deux grands oiseaux blancs posés dans un  nid de verdure ; des coins de Saint-Cloud dans la lumière
d'Afrique ; une oasis au charme prenant dans un cadre étroit de montagnes de neige et de rocs dénudés.
On connait de Sefrou ses souks, son mellah, ses ruelles, ses cascades, ses moulins, le lavoir des juifs où les notes rouges des fichus de femmes, les jaunes éclatants des bassines de cuivre, les groupes de laveuses au travail dans l'eau, dans le plein soleil, se détachent brutalement sur un fond de mur lépreux, écaillé par le temps.
C'est, plus loin, le paysage romantique du pont de bois sous lequel l'eau s'effondre, tapageuse entre les roches noires. Les initiés vont jusqu'à ses pressoirs où le jour n'entre qu'à regret, dévoré par les murs noirs de suie, où l'œil, dans la pénombre, perçoit brusquement la meule de Samson et le levier de Titan que discipline une vis à bois géante. Ses fondouks s'emplissent, aux jours de souk, d'ânes, de mulets, de chevaux. serrés, parqués dans tous les sens, tandis que les Berbères, au parler rude, aux visages mal équarris, plus brûlés et plus fouillés de rides qu'un masque de paysan de France, déambulent au marché. devant les cages étroites des boutiques où il n'y a place que pour le marchand, juif ou musulman, éternellement assis au centre d'un entassement d'étoffes ou d'épices.
Rarement on s'aventure dans quelques vastes cours sur lesquelles prennent jour les ateliers de tisserands, tableaux de petit maître hollandais qui aurait porté sa palette en pays d'Islam, pour y croquer le vieux métier de bois poli par les ans, les blancheurs des burnous et des haïks tendus sur les harpes de la trame, les bambins qui, par terre, tournent des rouets primitifs, ajoutant encore de l'intimité au ronronnement de l'atelier au travail.
Mais le visiteur pressé ne jette qu'un coup d'œil aux vieux remparts crénelés, rouges et bruns qui enjambent l'Oued sur un fond de verdure dans l'échappée d'une coulée de maisons blanches et il revient à son auto, sur la place de Bab-el-Mekkam, affectionnée des juives aux amples jupons blancs, aux foulards de soies chatoyantes, aux longs châles laineux d'Europe qui ont malheureusement, remplacé les riches tissus des Indes et il part, ignorant la beauté des jardins de Sefrou.
Au hasard des chemins creux, au long desquels chante le murmure des sources innombrables, il faut se promener « dans les merveilleux jardins aux grands bois touffus dont le feuillage épais répand sur la terre une ombre impénétrable et une fraîcheur délicieuse ».
Dans la caresse du soleil de mars. les saules dénouent leur chevelure verte, les cerisiers épanouissent leurs branches en fleurs de neige, les oliviers avivent leurs feuillages argentés, les figuiers déploient des verts veloutés, les aloès, les cactus d'un bleu laiteux dressent rudement, leurs silhouettes d'apocalypse, les micocouliers, les frênes s'élancent en claire futaie, les vignes aux troncs séculaires serpentent sataniques jusqu'aux cimes.
Dans les clairières, les blés et les orges naissants s'étalent en larges nappes vertes arasées comme les hautes laines d'immenses tapis berbères.
Excursions : Gorges de l'Oued AggaÏ, cascades et torrent où vient d'être créé à l'usage des touristes l'Hôtel des Cascades dans un site unique; à 1 km. : Bahlil, jolie bourgade berbère, dans les jardins, piste carrossable 5 km. Gorges du Sebou à Mechra el Amar, par la piste d'El Menzel, Immouzer (refuge du Syndicat d'Initiative de Fès) et Daïet et Achleff, par la nouvelle route touristique dite Circuit du Sud. Annoceur, ruines romaines, 19 kilomètres.
Au flanc de terrasses ombragées, une Ville Nouvelle se dêveloppe malgré la crise économique. Cité-jardin, elle accentuera auprès de la Ville indigène le contraste qui fait le charme de ce coin du Maroc : « Un chant de France sur des harmonies d'Islam ».


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- Domaine de Beauséjour à Sidi Slimane : la traversée de l'Oued Beth.
- L'orangeraie et les cultures.

LE GHARB

Le Gharb ? Une des régions de Maroc les premieres colonisées, une des plus riches certes au point de vue agricole, une des plus méconnues peut-être.
L'Océan à l'Ouest, les montagnes d'Ouezzan au Nord et à l'Est, la forêt de Mamora au Sud, telles sont ses limites. Son Centre? Souk El Arba du Gharb, petite ville accueillante et coquette, pleine d'activité au carrefour des trois grandes artères sur Tanger, Fez et Rabat dont elle se trouve à peu près à même distance.
Ville frontière non loin de la zone du Maroc espagnol, Souk El Arba aspire à avoir sa garnison; elle l'accueillerait avec bonheur, elle la ravitaillerait facilement ; céréales, viandes, fourrages abondent sur son marché ; elle offrirait aux troupes fatiguées, rentrant de colonne un cadre sain et reposant, un séjour de calme et de réconfort.
Le port du Gharb ? C'est Kénitra, devenu Port-Lyautey, créé de toutes pièces par l'énergie française, qui s'équipe de mieux en mieux, qui s'affirme chaque jour digne de ses ambitions, qui commence à bien tenir son rang de préfecture du Nord.
Le Gharb est une immense plaine, infiniment monotone, mais qui surprend par la fertilité de ses champs de céréales et ses pâturages naturels dont les richesses s'étalent à perte de vue. Terres profondes que traversent d'immenses réservoirs d'eau comme le Sebou et ses affluents, le Beth et l'Ouerrah où l'on puisera certainement jusqu'à la dernière goutte pour féconder des orangeraies, des vergers, des cultures industrielles, des luzernières. Déjà, ça et là, des pépinières et des plantations d'arbres fruitiers, des vignobles font augurer des plus beaux rendements ..
Ici la colonisation n'est pas massive et l'on ne trouve pas de grands lotissements officiels. Chaque colon a constitué peu à peu sa propriété avec ses propres moyens, chaque ferme est une cellule de vie et d'influence française au milieu des populations indigènes. La pluviométrie est abondante, trop même ; peut-on s'en plaindre ? En Afrique l'abondance d'eau n'est-elle pas un gage de richesse ? Si par les fortes pluies d'hiver, les eaux s'accumulent dans ces vastes dépressions que l'on appelle merdjas, que ne pourraiton faire avec quelques canaux de drainages qui permettraient de livrer à la culture des milliers d'hectares ?
En attendant, d'immenses troupeaux de bovins et d'ovins trouvent dans ces marécages jusqu'au cœur de l'été une nourriture fraîche et abondante.
Dans la partie méridionale du Gharb, en bordure de la forêt de Marnora s'étendaient de vastes steppes sablonneuses, pauvres et déshéritées. On peut y admirer aujourd'hui une des plus belles réalisations de l'activité humaine. Le long de la route et du chemin de fer de Kénitra à Sidi SIimane de belles forêts d'eucalyptus et de mimosas à tannin ont surgi en quelques années et ont totalement transformé l'aspect du pays ;
Devant ce succès, on souhaite que le Service des Eaux et Forêts. qui suit ces plantations avec beaucoup d'intérêt soit en mesure d'encourager ces boisements, les imiter, fournir des plants, créer des richesses qui pour les générations futures constitueraient des sources énormes de profit là où jusqu'à ce jour de maigres pâturages n'ont servi qu'à un élevage particulièrement extensif. Il existe d'autres grandes surfaces du même genre, dont la meilleure utilisaion serait la forêt; entre Mechra bel Ksiri et Souk El Arba, sur les plateaux caillouteux d'Aïn Defali ou de Lalla Mimouna, dans toute la zone des dunes littorales de Mehdia à Larache quelle belle œuvre de regénération pourrait-on accomplir par des boisements d'eucalyptus, de peupliers, de pins et d'arbres à tannin ?
Tel quel, le Gharb se présente comme un pays agricole, apte aux cultures les plus variées. Les terres alluvionnaires du Sebou attendent un bel essor de la mise au point des plantations fruitières; les merdjas méhodiquement drainées offriront des ressources inespérées par l'amélioration des races du bétal local qui comportent des éléments de la plus belle qualité. Les plateaux sablonneux peuvent se transformer en périmètres forestiers. dont le succès est déjà éprouvé. Il faut que le Protectorat s'y intéresse, qu'il la dote d'un réseau routier complet, qu'il stimule, dirige et seconde les initiatives privées, qu'il adopte une politique de colonisation en achetant les grands domaines jusqu'alors mal exploités par le système des locations qu'il fixe définitivement dans le pays, en leur facilitant I'accès à la propriéé, toute une population d'agriculteurs éprouvés. Et le Gharb constituera sans doute un des plus beaux fleurons qu'il soit perms de rêver dans ce Maroc où, jusqu'à plus ample informé, les ressources agricoles sont bien ce qu'il y a de plus réel et de plus tangible, de plus digne d'inspirer la confiance et d'assurer d'appréciable revenus.


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TANGER

Tanger la Blanche est la « porte » du Maroc. Elle mérite que l'on y fasse plus que d'y passer: que l'on y séjourne. Elle est un centre d'intérêts variés qui fixent l'attention du voyageur le moins averti et possède un charme qui vous enveloppe de toutes parts. Le passé y pénètre le présent sans l'éclipser, en faisant flotter autour de lui une atmosphère de lointaines légendes et un air de rêve. Les images du ciel azuré, de la mer bleue, des côtes d'Espagne voilées, de la ville s'inclinant d'un côté vers le Détroit, de l'autre vers le Rift, calme, riante, tour à tour limpide et vaporeuse, avec ses jardins. ses remparts débordés, ses cascades de rues, sa montagne parfumée par les sapins et les eucalyptus. ces images s'illustrent joyeusement des souvenirs d'Antée, de Neptune, d'Hercule, des Hespérides aux pommes d'or, et d'Atlas soutenant le fardeau du monde. Quant aux occupations qu'elle a subies successivement depuis 1.500 avant J .-C., jusqu'à nos jours (Phéniciens, Carthaginois, Rois indigènes, Vandales et Visigoths, Romains, Arabes, Portugais, Espagnols, Anglais, Français; il suffit de les énumérer pour faire soupçonner la complexité des éléments qui sont dans l'inconscient de son âme collective (1), et à combien de peuples les plus divers, elle fut, comme elle reste encore, un objet de convoitise : les uns l'aimant pour des intérêts économiques ou bien pour des besoins d'expansion, les autres à cause de son charme bien particulier, auquel s'ajoure la douceur presque constante de son climat. Avec raison l'on a dit d'elle qu'on y marche dans la lumière et que cette lumière vous aide à marcher et vous porte doucement. Les promenades, les excursions s'y accomplissent dans une sorte de rêverie attentive, remplie d'une nostalgie bien particulière : tenant peur-être à une curiosité qui s'éveille ou à des souvenirs ravivés d'un Orient toujours si séduisant ; peut-être aussi à ce que les traits et les couleurs propres à l'Islam s'y nuancent des reflets d'autres civilisations. C'est un carrefour, une halte où l'on vient en passant, d'où l'on ne part pas sans la secrète intention de revenir et où, finalement, il arrive que l'on s'installe pour des années. De certaines terrasses, parmi lesquelles la plus belle est incontestablement celle de la Villa de France, et de multiples observatoires dressés çà et là, quelles voluptueuses sensations n'éprouve-t-on pas à contempler, sans se lasser, cette ville dont la lumière perpétuellement changeante transforme les choses et les êtres au point de donner une apparence d'irréalité aux perspectives et aux paysages les plus nettement dessinés. Enfin, pour les esprits réfléchis et observateurs, Tanger se caractérise encore par une accumulation de races et une concentration des intérêts les plus variés et souvent opposés. Les problèmes s'y posent avec une acuité particulière ; ces conflits de forces politiques, économiques, religieuses, sociales, qui se développent au sous-sol, si l'on peut dire, de la ville se traduisent à la surface par le grouillement assourdissant et pittoresque d'individus, de foules les plus bizarres, les plus disparates et différenciées se mêlant, sans se confondre, interpénétrant leurs existences et leurs activités sans perdre leurs originalités respectives. Rien n'est plus amusant, à certaines heures, comme de s'asseoir à une des terrasses du Petit Sokko ct d'assister paisiblement, en marge de cette vie complexe, remuante et confuse, au déroulement des mêmes scènes, des mêmes groupements, des mêmes tactiques qui se renouvellent chaque jour. Et quand, de là, l'on se transporte, à pieds ou à mule, au Marshan, à l'avenue San-Francisco, au Charf, à la Montagne, on retombe dans le rêve, dans la poésie, dans les chemins déserts et embaumés, et dans les vastes horizons où les yeux s'oublient des heures à contempler le jeu indêfinirnent varié des couleurs, de la lumière et du silence.

(1) On se rapportera avec intérêt au livre magistralement écrit par M. Michaux-Bellaire aux études et conférences de maître Sautin,
Dessins de A. Fuentes.


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page 38


- Vue générale de la plage de Tanger.
- Le tennis : les courts ombragés de Tanger.


TANGER Station Climatérique et Balnéaire

Note présentée par le Corps Médical Tangérois au Congrès des Stations Climatiques tenu à Lyon en Octobre 1929.
« S'il est, un titre auquel puisse prétendre notre cité, c'est bien celui de Station  Climatique et balnéaire. N'a-t-elle pas été, de tous temps, le lieu de repos choisi et par les habitants de l'intérieur du Maroc à la recherche de la fraîcheur de l'été et par les étrangers venus de tous  lieux, oublier le froid et les brouillards?
Placée au carrefour de l'Océan et de la Méditerranée, regardant l'Espagne si proche qu'elle semble la rive septentrionale du lac Tangérois, Tanger possède les avantages des climats méditerranéens et du climat de l'Atlantique.
Le Monde entier s'occupe depuis trop  longtemps de Tanger pour qu'il soit utile d'insister sur sa situation géographique : située sur le 36e parallèle, elle est à 3 jours de Londres, 2 jours et demi de Paris, à 3 jours et demi d'Amsterdam et de Bruxelles.
Dès l'arrivée, le voyageur est empoigné par la splendeur du spectacle qui s'offre à ses yeux. Sous les rayons du soleil levant, la ville bleutée montre  son amphithéâtre de maisons arabes, dont les terrasses s'étagent jusqu'au  bord des flots ; une plage de sable fin  que les marées couvrent et découvrent  tour à tour, s'étend autour de l'immense baie jusqu'à la pointe de Malabata.
Vers l'Océan, au contraire c'est une  haute falaise surmontée de bois, de pins maritimes et d'eucalyptus dans lesquels les villas jettent des taches claires.  
Puis, c'est Spartel et son phare, sentinelle avancée de l'Afrique, et la côte s'infléchit vers le Sud, déroulant à perte de vue une immense plage coupée par le massif des Grottes d'Hercule.
Le climat répond au cadre charmant dans lequel se déroule la vie tangéroise.
La température, même au cours de l'été, s'élève rarement au-dessus de 26° et en plein hiver, ne descend pas le jour au dessous de 14°.
En effet, les températures moyennes des
dix dernières années ont été les suivantes
Janvier, février, mars : 13°.
Avril, mai, juin : 17°.
Juillet, août, septembre : 22°06. Octobre, novembre, décembre : 16°.
La pression atmosphérique a été en moyenne de 757,2 avec maximum de 767 et minimum de 739,5.
L'état hygronométrique est toujours très élevé, la moyenne étant d'environ 72 à 74.
L'insolation est particulièrement forte.
D'après une moyenne de 9 ans, le nombre des jours de l'année s'est réparti ainsi Jours de soleil : ll8.
Temps légèrement couvert (avec période
de soleil) : 87.
Temps couvert : 6l. Pluie: 99.
C'est dire que pendant près des trois quarts de l'année il est possible de sortir sans risquer de recevoir une goutte de :pluie.
La luminosité est très forte, mais non encore scientifiquement étudiée.
Le régime des vents permet d'avoir même en plein été, une température agréable. Le vent d'Est souffle parfois avec une violence considérable, mais n'est pas sans quelque utilité au point de vue du nettoyage des miasmes et du balayage des brouillards qui sont ainsi pratiquement inconnus à Tanger.
Les différents vents observés pendant l'année 1926 ont été : .../...


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page 39


- La Rade de Tanger et le Port en construction


.../... Le vent du Nord : 22 fois. Du Nord-Est : 182 fois.
Du Nord-Ouest : 49 fois. Du Sud: 97 fois.
Du Sud-Est : 8 fois.
Du Sud-Ouest : 94 fois. De l'Est : 64 fois.
De l'Ouest : 93 fois.
Comme on le voit, le climat de Tanger se caractérise essentiellement par sa stabilité, son état hygrométrique élevé, mais avec absence de brouillards; la luminosité de l'air, la grandeur de l'insolation, la présence des vents assurant une fraîcheur considérable, mais soufflant souvent avec violence.
C'est donc un climat, à la fois stimulant et sédatif, qui a, de plus, le double avantage de pouvoir allier la cure uniquement marine avec une cure sylvestre en y ajoutant une puissance héliothérapique incomparable.
Ce climat trouvera son indication fondamentale lorsqu'il s'agira de stimuler l'organisme. Comme station marine, Tanger peut prétendre au traitement des tuberculoses ganglionnaires, osseuses, péritonéales, de la scrofule, du rachitisme.
On pourra y envoyer les enfants débiles hypoendocriniens.
Comme station forestière, elle convient à tous les débilités, anémiques et chloreanémiques, aux convalescents.
Comme station mixte, on pourra la recommander aux goutteux, obèses, lithiasiques, diabétiques, hépatiques, rénaux, ar· térioscléreux cardiaques et vasculaires.
L'organisation de l'hygiène est entre les mains d'un des plus hauts magistrats municipaux, de l'administrateur-adjoint nommé directement par les puissances, ce qui lui permettra de poursuivre sans perte de temps l'organisation sanitaire.
Quatre grandes puissances y possèdent des formations sanitaires. L'Angleterre, un hôpital privé réservé aux musulmans ; L'Espagne, un hôpital avec goutte de lait et laboratoire central d'analyses chimiques et bactériologiques, ainsi qu'un service de secours d'urgence placé sous l'égide de la Croix - Rouge.
La France, un Institut Pasteur, un hôpital, des dispensaires ; L'Italie, un hôpital des plus modernes auquel est adjoint un dispensaire.
En outre, la colonie israélite possède son propre hôpital-hospice et il existe des cliniques particulières fonctionnant librement.
Tanger, par son site, son climat, mérite d'être placé parmi les stations climatiques ret balnéaires.
Aux gens du Nord, elle offre son soleil radieux et ses bains de mer possibles dès le début d'avril.
A ceux de l'intérieur du Maroc, elle sera le coin rêvé pour échapper aux rigueurs d'un été implacable avec le minimum de dépenses.
Elle sera donc, même en dehors des indications thérapeutiques, la station d'hiver de Londres, de Paris, d'Amsterdam, des pays septentrionaux et la station d'été du Maroc continental.
Dr DECROP, Médecin de l'Hôpital Français à Tanger.

LE PORT DE TANGER

Les travaux du Port de Tanger se poursuivent avec activité. Le brise-lames atteint 1.100 mètres au large de la côte et les grands navires qui commencent à pouvoir mouiller à sa hauteur trouvent un abri complet contre la houle venant d'Atlantique et une protection partielle mais chaque mois grandissante contre le clapotis méditerranéen.
Les navires qui font le service entre Tanger et l'Espagne et dont les dimensions sont plus restreintes peuvent eux, mouiller complètement à l'intérieur ce qui permet l'embarquement et le débarquement de leurs passagers dans des conditions parfaites de sècurité,
Un petit élément de quai exécuté le long du brise-lames à l'usage du mazout va être utilisé dès le mois de mai pour les navires qui traversent le détroit. Ceux-ci pourront sans doute le plus souvent y accoster et prendre ou débarquer les automobiles à quai.
Au mois de juin va commencer la construction du grand quai de 120 mètres qui sera terminé l'année prochaine et qui permettra par tous les temps l'accostage à quai des navires de la Compagnie Paquet et a fortiori celui des courriers du détroit.
En 1933 par conséquent le problème de l'embarquement des passagers et des automobiles par Tanger sera enfin entièrement résolu et les voyageurs du Protectorat disposeront d'une nouvelle voie de communication avec l'Europe qui abrègera notablement la durée du trajet en le rendant en même temps et plus intéressant à cause du charme particulier de la région tangéroise et moins pénible puisque le fâcheux mal de mer surtout à craindre en Atlantique sera évité.
Nous nous proposons du reste de revenir beaucoup plus à fond. sur cette question l'an prochain et de donner alors tous les renseignements utiles à son sujet.


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MessageSujet: TOURISME   Ven 6 Avr - 9:04

page 40


- Le ralliement.
- Le départ des chasseurs.


LE "PIGSTICKING" A TANGER

Si, par un beau matin d'hiver ou de printemps le hasard vous amène, par la route de la côte, vers Tanger, et, vous risqueriez de croiser à quatre ou cinq lieues de cette ville, des chasseurs, armés de lances, chevauchant ventre à terre dans la brousse qui longe l'Atlantique, vous en seriez sans doute fort surpris, Votre étonnement ne saurait être plus légitime, car la scène se déroulant sous vos yeux est peu banale,
La chance vous aidant toujours, vous apercevriez, en pleine fuite devant les [ances, un sanglier. Cette façon de chasser le sanglier, nommée « pigsticking » par les Anglais n'a lieu en tant que sport organisé qu'aux Indes, à Damas et à Tanger.
Un genre de pigsticking était en faveur en Perse au temps du Shah Abbas-leGrand - des vieux dessins de ce pays en font foi - mais la forme moderne de ce rare sport originaire des Indes, ne date guère que de cent ans. Son introduction en Syrie - à Damas - est relativement récente ; à Tanger, le pigsticking compte déjà soixante-dix années d'existence.
Ce fut en 1862 que Sir John Drummond Hay, Ministre de S. M. Britannique auprès de S. M. Chérifienne, organisa la première partie de pigsticking à Tanger. Le succès du nouveau sport fut sans doute grand car, en 1866, Sir John, à la demande générale de ses collègues, sollicita du Sultan, le droit de chasse dans les environs de la ville. La réponse du Sultan sous la forme flatteuse d'un Décret Impérial fut affirmative.
Lorsqu'en 1886, Sir John se retira de la carrière diplomatique, le pigsticking était établi à Tanger et six années plus tard un club, le « Tangier Tent Club» fut fondé pour mieux diriger et protéger ce sport. Le Comité privé du club réunit tous les chefs des missions étrangères ; un de ses premiers soins fut de faire confirmer le décret de 1866. Ce fut le Signor Gentile, Ministre Italien, qui, chargé par son gouvernement d'une mission à Fez, en profita pour solliciter du Sultan la confirmation souhaitée. Sa Majesté toujours aimable envers les représentants étrangers, donna satisfaction au Comité et précisa les limites d'une propriété maghzen dans lesquelles les droits de chasse étaient exclusivement réservés au Corps Diplomatique de Tanger.
Aujourd'hui, ces limites sont comprises entre les petites rivières Tahadarts et Boughadou, et entre la côte Atlantique et la route de Tanger à Rabat.
Les chasses, organisées par le Tent Club, ont lieu un samedi sur deux entre le prem'er novembre et le trente avril. Un fois par an, au début d'avril, les membres du club et leurs invités s'adonnent aux plaisirs du camping. La vie sous la tente dure quinze j ours, pendant lesquelles huit ou neuf chasses sont mises sur pied. Ainsi, pour les gens qui ne participent pas activement au pigsticking, une chasse ou un camping constituent des évènements fort plaisants.
La compagnie - composée de l'élite diplomatique et mondaine de Tanger - est des plus agréable et les péripéties des chasses, toujours pleines d'émotions, peuvent être suivies soit à cheval soit oculairement, d'une hauteur appelée « Les Rochers ».
Deux groupes de cavaliers, les « lanciers» et les « suivants », participent aux chasses. Le premier groupe, armé de f nes lances de trois mètres de long, est uniquement composée de messieurs ; le second qui groupe en majeure partie les dames suit la première à distance. Tout le monde doit une, obéissance implicite au capitaine ; une stricte discipline est nécessaire, tant pour la sécurité personnelle que pour le succès de la chasse.
Suivons ensemble une chasse. Les lanciers, se tiennent à l'abri près des confins d'un taillis. Devant nous, le terrain est ouvert, parsemé ci et là de quelques rochers, broussailles et dunes. De loin en loin un petit ruisseau s'achemine lentement, par de nombreux détours, vers l'Océan. Au-delà, la brousse, dense et quasi-impénétrable aux chevaux, reprend possession de la terre.
Derrière nous, dans le taillis, nous entendons le bruit des batteurs indigènes. Tout à coup, un cri nous avertit qu'un sanglier vient d'être levé ! et effectivement, peu d'instants après, une bête magnifique s'échappe de la broussaille à notre droite. Nos chevaux piétinent impatiemment le sol et nous n'attendons que J'ordre du capitaine pour nous élancer à sa poursuite.
« Sus à la bête ! » L'ordre aussitôt
lancé, c'est la folle chevauchée à travers la plaine. Joyeusement, nous SaUtons par-dessus rochers et ruisseau. Le sanglier est là, cent mètres en avant, nous menant à une allure endiablée. Va-t-il gagner la brousse qui s'avance rapidement à notre rencontre ? Nous pressons nos chevaux, mais le sanglier tient bon. S'échappera-t-il ? Mais non !


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MessageSujet: TOURISME   Ven 6 Avr - 9:06

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- Un beau coup de lance : l'animal abattu pèse 60 kilos.
- Tanger possède deux importantes équipes de polo qui se rencontrent chaque année au cours de matches internationaux avec les équipes de Rabat et de Gibraltar.


.../... Voilà Eclair, la monture du Comte de ... , qui, d'une splendide allure gagne sur le sanglier. Enfin celui-ci est rejoint à deux cents mètres à peine de la brousse. Le hardi cavalier pointe sa lance vers le sanglier et, d'un gracieux mouvement du corps, il pique l'animal dans le dos. Furieuse, la bête se retourne et charge droit sur nous. Pris au dépourvu, nous sommes trop serrés pour songer à faire usage de nos lances ; toute notre science est nécessaire pour éviter le bolide qui fonce au milieu de nous.
Le sanglier passe à travers nos rangs pour se jeter sur ceux des « suivants ». Parmi les dames c'est de la plus belle panique et voilà que le sanglier déchire, d'un sauvage coup de boutoir, un jarret de Star, le bel arabe de Miss ... Star, effrayé, se cabre ; la jolie miss vide les étriers en toute beauté. Immédiatement, deux ou trois « lanciers» se portent à son secours; les autres regroupés, s'élancent à nouveau aux trousses du sanglier, qui se dirige comme une flèche vers le taillis d'où il est sorti. Ce sera encore à notre valeureux compagnon à rééditer son exploit de tout à l'heure. L'animal, sévèrement touché cette fois, chancelle, plusieurs lanciers l'entourent, l'acculent à terre, et l'achèvent. Il est de taille moyenne, pesant dans les cinquante kilogrammes et mesurant quatre-vingt centimètres du sol au garrot.
Le pigsticking à Tanger peut s'enorgueillir de grands noms. En plus de celui du fondateur, Sir John Drummond Hay, on peut relever dans les archives du Tent-Club, ceux de Sir A Nicolson - qui, plus tard, est devenu le grand diplomate, Lord Carnock -, El Duque de Fias, Count von Tattenbach, Baron von Seckendorff, Sir W. Kirby Green, M. de Sa int-Aulaire, et de célèbres « lances », le colonel Mansel Pleydell et le capitaine John Hay Brooks.
La propre histoire du Tent-Club n'est point exempte d'épisodes dramatiques. Entre 1904 et 1910, les activités du club furent assez restreintes du fait que les bandes de Raissuli rôdaient fréquemment autour de Tanger. C'était l'époque où les partisans du célèbre brigand capturèrent et emmenèrent en captivité M. Walter Harris, le correspondant bien connu du Times. En 1914, le président du club fut le haron von Seckendorff, ministre d'Allemagne à Tanger. En sa qualité de président, il eut la garde des archives du club ; à la déclaration de la guerre mondiale les dites archives partageant le sort des papiers allemands, furent mises sous scellés, leur restitution au club ne s'effectua que vers la fin de 1916. .
Aujourd'hui, grâce à la paix et à la sécurité qui règnent partout, grâce aussi aux efforts avisés du Tangier Tent·Club, Le pigsticking est en plein essor. Sous la présidence de M, Hugh Gurney, ministre de la Grande-Bretagne, et la vice-présidence de M. Pierre de Witasse, ministre de la France, l'avenir de ce sport très apprécié des étrangers est assuré. Le secrétaire honoraire, M Wolstan Forester, est entièrement dévoué aux intérêts du club; nous devons à son aimable courtoisie, ainsi qu'à celle de M. Gurney, de pouvoir présenter ici cet exposé du très rare sport de « pigsticking » tel qu'il est pratiqué à Tanger.
L'accueil que nous avons reçu de ses membres est, pour les intéressés le sûr garant de la bienveillante attention que tonte demande de renseignements au sujet du « pigsticking », recevra non seulement du distingué secrétaire honoraire, mais aussi des chefs de mission qui, ne l'oublions pas, font tous partie du comité privé du Tent-Club de Tanger.
H. PERCY PARR.
LE POLO A TANGER

Tanger possède deux importantes équipes de Polo qui se rencontrent chaque année an cours de matches internationaux avec les équipes de Rabat et de Gibraltar.


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MessageSujet: TOURISME   Ven 6 Avr - 9:08

page 42


- La zaouïa et le village de Moulay Abi Cheta ou Moulay Bouchta.

Le Folklore Marocain

MOULAY ABI CHETA


Cest le père de la pluie. Son tombeau se trouve à soixante kilomètres au Nord de Fès, sur la route Fez-Ouezzan.
Dans cette région du Maroc septentrional, ce n'est pas une cinecure que d'être le dispensateur averti et prévoyant des pluies d'automne et des pluies de printemps.
En effet, il faut que cette eau du ciel arrive au bon moment, sinon les récoltes sont compromises. Moulay Bouchta est donc sollicité, supplié, dès que la pluie tarde ... On organise une souscription dans chaque village, on achète un taureau et on l'enmène en procession au mausolée, pour l'offrir en holocauste au Maître des ondées. Prières, chants, lamentations se succèdent jusqu'à ce que l'on obtienne satisfaction, ce qui, en fin de compte, arrive toujours.
En dehors des sacrifices occasionnels, le saint est honoré d'une fête annuelle. Un moussem, On y vient de loin. Du Gharb, de la Chaouïa, du pays berbère. Cette réunion a lieu à la fin du printemps, quand les céréales grandissantes ont reçu la bénédiction divine, c'est-à-dire les pluies d'avril ou de mai, grâce auxquelles mûrissent les épis.
Le moussem est donc célébré pour remercier le saint auquel on apporte des offrandes en argent, du beurre du bétail. Bénéfices immédiatement partagés par les pseudo-descendants de Moulay Bouchta.
Chose très curieuse, cette fête est célébrée par les associations de tireurs, de chasseurs, les « rema » par les cavaliers, par les musiciens ambulants.
En effet, le saint fut de son vivant un animateur de guerre sainte. Un chef occulte de « Moujahédins ». Il vivait au temps de « reconquête marocaine » sur l'Espagne et le Portugal. Le Raïs Chailan, les Marabouts de Dila, el Ayachi, les Saadiens essayaient de faire trêve à leurs luttes fratricides pour combattre l'étranger. Moulay Bouchta envoyait aux harka attaquant les ports de la côte des renforts de montagnards qui toujours viennent à la rescousse quand le pays est menacé. Déjà au siècle précédent la bataille d'El Ksar n'avait été gagnée sur les Portugais que grâce à eux.
Voici donc un animateur de guerre sainte devenu simple Maître de la pluie. Mais comme on le voit, cavaliers, tireurs n'ont pas oublié le rôle tenu jadis par Moulay Bouchta et tous les ans ils viennent se livrer au jeu de la poudre devant son tombeau, tandis que les joueurs des clarinettes et de tambour s'en donnent à cœur joie sur le parvis du mausolée, puisque la légende dit qu'on ne devient bon musicien qu'avec la « baraka» d'Ali Cheta.
Le site qui encadre le tombeau est grandiose. On devine à le contempler, que depuis longtemps des hommes se sont assemblés là. Un rocher immense domine, c'est l'Amergou, forteresse romaine, puis almoravide. Le point s'imposait. C'est un des sommets qui émergent du pays et qui jadis servaient de relais aux signaleurs de nouvelles. L'Amergou était le réduit, le refuge des gens chassés des plaines environnantes, villes, vallées de l'Ouergha au Nord, vallée du Sebou au Sud - grandes villes antiques des Beni Taouda, jadis romaines puis peuplées d'Andalous. Agla, l'actuel souk Sebt des Cheraga, où Moulay Sliman venait encore passer les premiers jours du printemps au début du 19e siècle. Souïr, Tanzert et beaucoup d'autres dont les noms mêmes sont oubliés. L'Amergou est couronné d'une immense Kasba, dont les hauts murs défient les temps et les rudes tempêtes.
Dans une anfractuosité se trouve le village des « Ogres ». La tradition raconte que le jour où Moulay Bouchta arriva dans le pays alors couvert d'immenses forêts il y trouva cependant des habitants, et s'en étonna. L'accueil de ces sauvages fut cordial, aussi pour les récompenser le Saint leur dit : « Toujours votre descendance sera une pépinière de Cadis et d'Adouls ». Et si la légende n'a pas été créée après coup, elle est vérifiée car on trouve encore aujourd'hui, dans ce petit village « d'ogres », cinq ou six notaires.
Le vallon où habitent les chorfas de El Ghoul était fermé jadis par une muraille de pierres sèches qui se prolongeait tout autour de l'Amergou. On pouvait donc vivre à l'abri de la forteresse y cultiver, y faire paître les troupeaux tant que durait l'alerte. Les attaques des montagnards du Rif étaient fréquentes et brusques. Celles que nous avons connues au début de l'occupation française …/…


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MessageSujet: TOURISME   Ven 6 Avr - 9:12

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- Marabout de Moulay Bouchta.


.../... et jusqu'en 1925 le prouvent. Moulay Bouchta était donc le protecteur des régions avoisinantes et son prestige était tel que les montagnards du Nord de l'Ouergha résolurent d'enlever son corps, ce corps béni qui procurait à ses serviteurs de bonnes récoltes, la pluie quand ils voulaient, ce corps, aussi, qui servait de rempart contre leurs agressions.
Ils vinrent un jour en pèlerinage au tombeau vénéré cachant leurs armes sous leur djellaba et soudain s'emparèrent des reliques qu'ils transportèrent à Moulay Bouchta de Sghrira à 15 kilomètres de là dans la tribu des Beni Mesguilda.
II s'ensuivit des combats terribles ; le corps fut repris puis à nouveau enlevé si bien qu'on ne sait plus où il est, et qu'on vénère les deux tombeaux. Les Sultans eux-mêmes ont dû reconnaître le fait et les deux mausolées ont leur moqaddem, leurs hahous, leurs privilèges. Mais le conflit n'est pas apaisé pour cela et les descendants de Moulay Bouchta d'Amergou, réclament encore les revenus des fameuses orangeraies de Moulay Bouchta de Sghira,
Le pays est plein de souvenirs, les nombreuses légendes rapportées par les habitants prouvent une fois de plus que là où un saint s'établit existaient des agglomérations anciennes. Près du Djebel Amergou on montre une pierre creusée qu'on appelle « genou du Pharaon ». Un roi des temps passés qui s'appelait Pharaon pouvait en s'agenouillant là, boire dans le creux de sa main l'eau de l'Ouergha.
Pays étrange ou les souvenirs des révolutions historiques se rejoignent avec ceux des modifications géologiques. Le tombeau de Moulay Bouchta de l'Amergou tant au point de vue historique, qu'au point de vue touristique est fort intéressant à visiter, je dis plus, à découvrir.
Voici quelques mots des légendes les plus connues. « Jadis, la rivière de l'Ouergha avait de très fortes crues qui ravageaient tout le pays. Or un jour, un petit enfant ayant frappé la fille du saint, celui-ci très en colère ordonna au père de jeter le coupable dans la rivière.
La mère vint en pleurant supplier le saint de pardonner, ce fut en vain. Le père, la mort dans l'âme précipita son fils dans le fleuve. Mais lorsqu'il revint au village Moulay Bouchta l'appela et ouvrant son burnous lui montra l'enfant miraculeusement sauvé, et le saint ajouta : «Puisque cet homme a sacrifié son fils par obéissance et par amour pour moi, jamais plus l'Ouergha ne sortira de son lit . Dans le village qui presse ses maisons autour de la zaouïa, il est défendu de blanchir les murs à la chaux. Voici l'origine de cette interdiction : Moulay Bouchta avait demandé aux habitants du pays de venir un jour pour lui construire un four à chaux. Mais ceux-ci se dérobèrent à cet appel et le saint les maudit en disant que jamais ils ne pourraient réussir à fabriquer de la chaux. Aussi aujourd'hui encore les indigènes blanchissent leurs maisons avec de la terre blanche. La pierre à chaux abonde cependant aux environs.
On raconte une légende analogue au sujet de la protection des récoltes contre les moineaux, Les hommes de la fraction Hedaouah, ayant aidé le saint à chasser les oiseaux qui dévastaient ses champs, reçurent pour leurs descendants le privilège de voir leurs récoltes toujours protégées contre les dévastations des oiseaux, tandis que les petits-fils de ceux qui n'aidèrent par le saint, voient leurs champs menacés.
II est intéressant de noter que Moulay Bouchta est le protecteur de la curieuse confrérie des Hedaouah, fumeurs de kif, mendiants qu'on trouve errants dans tout le Maroc et qui portent le même nom que les indigènes de la fraction précitée.
Les Hédaouah, enfants chéris du saint, sont chargés de balayer les ordures qui se trouvent prés de son mausolée. En cas de sécheresse, la pluie n'est accordée par Moulay Bouchta qu'après cette opération.
Le saint avait interdit aussi aux Fichtala, de manger des moutons rôtis, le méchoui parce que au cours d'une fête à laquelle il avait été invité, les habitants n'avaient pas attendu qu'il ait terminé sa prière et avaient mangé tout le rôti sans lui réserver sa part.
Cette coutume semble avoir été oubliée. Mais comme le saint a prédit que ceux qui contreviendraient à cet ordre verraient le méchoui défendu, disparaître dans le ciel, on a soin de servir le mouton coupé en quartiers, procédé qui jusqu'ici a suffi à détourner la menace.
Je conseille donc aux touristes allant de Fez à Ouezzan, de consacrer deux heures à la visite de ce pittoresque tombeau, du curieux village montagnard qui l'entoure et de la splendide et antique forteresse qui domine l'Amergou.

Commandant Paul ODINOT.


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MessageSujet: TOURISME   Ven 6 Avr - 9:15

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Le Pèlerinage d'Asjen
 

La ville d'Ouezzan s'enorgueillit comme musulmane et à juste raison, des koubbas vénérées où s'abritent les reliques de tant et tant de saints qui ont distribué à tout I'Islam nord-africain une baraka bienfaisante ; elle compte aussi, un peu en retrait des sanctuaires renommés des musulmans, un autre sanctuaire dont la popularité et le renom sont aussi grands pour le monde israélite ; c'est le tombeau de Rebbi Amrane qui voit une fois l'an arriver des quatre coins du Maroc, d'Algérie, d'Espagne et même d'Argentine, une foule de pèlerins, joignant à leur attachement et à la mystique de leur religion, une foi ostensible et sincère dans les vertus du patriarche reposant à Asjen.
A l'ombre d'Ouezzan, quoique son ancêtre, Asjen est un petit village indigène musulman, dont l'histoire a dû enregistrer maintes grandeurs et décadences: tour à tour dchar berbère, oppidum romain, ville saadienne, mellah israélite, aujourd'hui enfoui sous les masures recouvertes de chaumes des derniers conquérants arabes. Rien ne subsiste plus des grandeurs passées, que quelques fondations des fortifications romaines ; mais sur ces antiques ruines, grâces à son exposition, à la fertilité du sol, et à l'eau abondante, d'opulents vergers peuplés d'orangers, de grenadiers et de vignes, dispensent à foison fruits et légumes. Plus bas que le village, au point où la pente s'élève pour former la montagne d'Asjen, dans un enclos de murs tout blanchis à la chaux, on voit le pavillon où repose le saint. Un treillis de fer protège les entrées, mais la principale porte en est toujours ouverte ; plus bas encore, et tout près, un zehbouj centenaire devant les tombes blanches qui semblent en témoigner, dresse sur un kerkour de cailloux tout noircis ses branches entrelacées que le feu des fidèles, véritables incendie de bougies qu'on jette là par caisses, n'a jamais pu brûler.
Rebbi Amrane ben Diwan, venait de Palestine, du village d'Hébron, qui forme avec Safed, Tabariéh et Jérusalem, le noyau d'où partent tous les ans des rabbins pieux en tournée de propagande et d'aumônes. Il visitait les mellahs du Maroc, au nombre desquels se trouvait celui d'Asjen, car Ouezzan n'était alors, il y a cent cinquante ans de cela, qu'une zaouia peu puissante. Sa renommée était déjà assise ; les sept années qu'il passa à Fez, l'augmentèrent encore par l'équité, la clarté, la précision des jugements qu'on l'avait invité à rendre. La trace autographique est encore précieusement conservée par les descendants des grands rabbins d'alors, les familles Serfaty et Monsonégo.
Mais, arrivant ici, dans le mellah d'Asjen, il apprit par un songe, que son fils Haim, à Hébron, était très gravement malade, sur le point de mourir. Rebbi Amrane réunit alors tous les fidèles dans une solennelle prière, et à l'issue de celle-ci, il leur annonça qu'il avait demandé au Seigneur de lui prendre sa vie pour la laisser à son enfant, que son vœu serait exaucé, et qu'il mourrait à la date du 15 Ab de l'année 5542. Il mourut bien à cette date, et depuis lors, sa mémoire est vénérée à l'égal d'une loi divne.
Plus d'un siècle a passé, le modeste tombeau sur lequel une gerbe de feu aurait jailli, jadis, lorsqu'on l'y enterra, est devenu par les soins du Comité Israélite d'Ouezzan, un véritable édifice accueillant tous les jours malades ou déshérités, riches, pauvres ou femmes stériles, qui viennent demander à Rebbi Amrane, leur guérison, la réussite, le pardon de leurs fautes, la .../...


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MessageSujet: TOURISME   Ven 6 Avr - 9:19

page 45



.../... fortune, ou une nombreuse progéniture, car les miracles qu'il accomplit, sont en faveur de tous et pour tout.
Au nombre de ces miracles, on cite celui d'Ali El Mezouel, caravanier à Tanger. Passant à Asjen, harassé de fatigue, pauvre et malheureux, il s'adressa au saint pour lui demander de le favoriser dans la vie. De retour dans sa ville, Ali entra comme employé à la maison Nahon, devint associé et mourut enfin, étant l'un des plus riches commerçant du port.
On cite encore celui d'une dame Ben Draou, de Tanger aussi, qui, atteinte de mutisme et de paralysie, recouvra, après que tous les soins et les avis des spécialistes d'Europe eurent été reconnus inopérants, la voix et le mouvement, à la suite d'un repos de sept jours sur la tombe du saint pendant qu'à ses côtés, une autre juive folle, recouvrait la raison.
Ould Isaac Tinechtit, de Fez, paralytique' abandonné sur les cailloux d'Asjen, pendant que ses coreligionnaires psalmodiaient en chœur, se leva de l'endroit où on l'avait porté, pour venir se· mêler à la foule en prières.
Une ceinture qui avait appartenu à Rebbi Amrane, servait aux femmes juives, dans les accouchements difficiles ; il suffisait de la passer à la patiente, pour qu'aussitôt, les douleurs de l'enfantement disparaissent. Cette ceinture, gardée par la famille Belbas, a disparu il y a une cinquantaine d'années, au moment où s'éteignit Njima, épouse du rabbin Youssef Belbas.
A ces miracles, s'en ajoutent tant d'autres, qu'il faudrait un volume, pour les raconter tous.
Le pèlerinage annuel commence le 14 Ayar pour se terminer le 18, la suprême nuit de fête étant celle du 17 au  18. Il correspond aux fêtes de la Helloula, célébrées jours après les Pâques juives, tant à Safed, qu'à Jérusalem, Hebron, Tabariéh et Tlemcen, pour l'anniversaire de la mort du rabbin Rebbi Chimon Bar Iohay, lumière du Judaïsme.
L'affluence était évaluée en 1931, à 16.000 personnes, arrivant de partout, tant en autos de luxe, qu'en cars très lourdement chargés, à mulet ou à pied, tous apportant leurs tentes et leurs vivres, nattes, matelas, fourneaux, poulets, enfants et femmes, empilés et juchés sur tout ce qui peut transporter par la route.
Autour du cimetière qui entoure le saint, chacun monte sa tente, et c'est un grouillement à ne pouvoir passer tant sont serrées les cordes.
C'est une réunion, plutôt qu'une cérémonie ; les hommes chantent en chœur les louanges de Dieu, devant l'arbre où brûlent des bougies sur un tas de cailloux. Lancées dans le brasier par vingtaines à la fois, leur flamme est entretenue tant que dure le pèlerinage ; il en a été brûlé en 1931, plus de deux cents quintaux, sans compter celles qu~ les gens précautionneux avaient emporté avec eux. Chacun en jetant son paquet, fait sa prière au saint ; le pauvre en jette une et lui demande peu ; le riche à lui tout seul, en jette une brassée et la flamme s'élève, marquant ainsi sa générosité... et la grandeur de ses désirs. Les femmes, après avoir pieusement embrassé les reliques du saint, réintègrent les tentes, pour y cuire les repas, soigner les tout-petits. Mais, ceux pour qui la fête est vraiment belle, ce sont les jeunes gens ; Rebbi Amrane seul, pourrait dire combien de fiançailles et combien de mariages  se sont décidés là dans le fourmillement intense de la foule, grisée par les chansons, grisée par sa senteur, grisée par la mahia.
Dix kilomètres environ, séparent Ouezzan d'Asjen ; la route est très facile, et empierrée sur plus de la moitié de son pittoresque parcours, où un service d'ordre soigneusement monté doit être à chaque fois prévu.
Plusieurs hôtels à Ouezzan, peuvent recevoir les touristes, dans les conditions très convenables de confort et de subsistance. Et c'est un beau spectacle, très prenant et nouveau que de joindre aux beautés de la ville, la vue de cette foule bigarrée, pittoresque, grouillante, criante et colorée, véritable musée vivant de l'habillement judaïque. Les patriarches à barbe blanche, coiffés encore du mouchoir sombre à pois blancs, noué sous le menton, voisinent avec les simples artisans, orfèvres ou tisserands, vêtus de l'antique lévite, dont la calotte noire n'offusque pas du tout l'homme nouveau portant le chapeau mou ou la raie impeccable. Les jambes gainées de soie, chaussées de souliers fins des élégantes citadines, ne craignent pas de se mêler aux belghas élargies des matrones puissantes, traînant comme un hommage au Seigneur, une marmaille ébouriffée, que la Loi de Moïse. veut toujours plus nombreuse.
Au milieu de l'encens, des chants pieux, du bruit de cette foule toute entière à chanter ses louanges, Rebbi Amrane a fort à faire dans son tombeau de pierre pour donner à chacun la part de ses désirs.
Texte et dessins de :
Gaston BALMIGERE.
Capitaine aux A. J. du Maroc.


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MessageSujet: TOURISME   Ven 6 Avr - 9:23

page 46



Monsieur LOPEZ FERRER Haut - Commissoire d'ESPAGNE à Tetouan


DE CEUTA A KETAMA avant-propos


Les ressources pittoresques, les beautés naturelles du Maroc septentrional , entraient dans le cadre d'un numéro de tourisme.
Monsieur L 0 P E Z FERRER Haut Commissaire d'Espagne à Tetouan a bien voulu nous permettre de marquer cette unité touristique et nous lui exprimons ici toute notre reconnaissance.
Nous avons trouvé sous sa haute égide des collaborateurs distingués qui ont retracé d'une plume savante et délicate les richesses multiples du Maroc du Nord, terre d'art et d'histoire dont l'Espagne est la conservatrice Nous trouvons aussi dans .../...



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MessageSujet: TOURISME   Ven 6 Avr - 9:26

page 47



S. A. I. MOULAY HASSAN (ben El-Mehdi) Kalifa de S. M. le Sultan pour la Zone Espagnole


.../... ces pages les progrès d'un maqntfique effort de civilisation.
Cette œuvre, ce souci communs trouvent dans l'organisation du tourisme au Maroc un nouveau point de contact et d'amicale collaboration.
Nos remerciements vont aux auteurs des articles qui suivent:
M. Enrico ARQUES, Chef du Service du Commerce, des Renseignements et de la Presse, M. E. LOPEZ, M. J. PONTOUS, M. Aomar el GARNATl, enfin à M. FAUCHE, Professeur au Lycée Lyautey à Casablanca qui a su garder danS la traduction de ces œuvres la saveur et le coloris de la phrase espagnole.



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MessageSujet: TOURISME   Ven 6 Avr - 9:28

page 48


- Mosquée consacrée à Sidi Saïdi, saint vénéré et protecteur de Tétouan.


TETOUAN en marge de son Histoire


PEDRO ANTONIO DE ALARCON était un amoureux de Tetouan. Le Cénéral-écrivain Grenadin y vint en qualité de chroni
queur de la guerre de 1859-60. Il Y gagna la croix des héros, croix laurée de Saint-Ferdinand, car il s'était enrôlé comme simple soldat afin de pouvoir donner à ses écrits un reflet plus exact de cette lutte romantique. Si Pédro Antonio de Alarcon pouvait aujourd'hui relever la tête et venir une autre fois sur la terre des Maures pour écrire d'autres merveilleuses chroniques de cette cité singulière, et si, au lieu de refaire le chemin de cette geste émaillée des noms de Ceuta, El Serrallo, fort de la Conception, Castillèjos, Rio Azmir, Cap Nègre, Ouad El Jélou, nous l'y conduisions depuis Tanger par l'important défilé de Aïn Yédida, quand s'ouvrirait devant lui la riante plaine des Ouadras, lorsque se montrerait le campanile de la nouvelle église catholique dominant la cité moderne, quelles pensées et quels écrits cette splendide manifestation de l'effort de l'Espagne ne suggèrerait-elle pas à son esprit. Tétouan reste toujours cette ville ensorceleuse qui captiva l'auteur du « Sombrero de très picos ». Dans la ville ancienne existent encore, comme à son époque, les ruelles et les Kissarias ombragées par les treilles d'alors. El Ousaa, la petite place aimée du Grand chroniqueur, sert toujours de lieu de réunion à l'indigène oisif qui déguste son thé ou aspire de sa longue pipe le vert kif. Toujours médisant et menteur, il rêve sous l'influence de l'opium, bercé par le chant monotone de la fontaine voisine et l'apitoyante prière du mendiant qui simule parfois sa misère, et songe sans cesse à des temps meilleurs. Tétouan, les quartiers de la vieille ville ont à peine changé, car le Protectorat, en introduisant l'organisation de ses services et en réalisant des travaux d'assainissement et de voirie, s'est efforcé de respecter son caractère si singulier. Si Alarcon rentrait encore une fois à Tétouan par l'historique porte de Ceuta, au lieu de l'israélite en pleurs, qui, en 1860, sortit au-devant de nos troupes, affolé par l'horrible impression du sac auquel la nuit précédente avait été livré le Mellah, il y rencontrerait les fonctionnaires de l'octroi municipal et la silhouette protectrice, bien connue, du gendarme espagnol. A l'intérieur des quartiers, il pourrait refaire, sans hésitation aucune, le parcours effectué aux côtés du Généràl O'Connell, le 6 février 1860, en criant, comme aux temps chevaleresques du Moyen-Age: « Tétouan à l'Espagne ... », tellement on s'est efforcé ici de tout respecter avec un soin affectueux.
Tétouan n'est pas seulement le passé soigneusement conservé parmi les bas quartiers, dans la confusion enchanteresse de ses rues, dans ses types, dans cet ensemble de circonstances qui font .../...


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