Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.

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Paul CASIMIR




MessageSujet: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   Mer 16 Juil - 16:15


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LES JOURNÉES SANGLANTES DE FEZ

« Je suis témoin de votre abnégation et de votre désintéressement... C'est à moi qu'il appartient de dire qu'entre tous les pionniers, c'est à vous que revient, sans con­teste, le premier mérite... Avec quelle clair­voyance, quelle fermeté vous avez donné des avertissements utiles (sic)... avec quelle ténacité vous avez tenu le gouvernail dans les période» où... avec quel courage civique vous avez tenu tête aux assauts les plus pénibles qui... Vous avez la conscience du devoir accompli,.. Il vous restait un dernier sacrifice à accomplir, celui de sur­monter la fatigue et la souffrance dus au surme­nage moral (!) et matériel (?) des semaines tragiques que vous venez de traverser, pour m'at­tendre ici... Ce sacrifice vous l'avez fait (1)... »



_____

(1) On vient de voir que M. Regnault, qui voulait quitter Fez le 8 mai, dût y rester, sur les ordres du Gouvernement, jusqu'à l'arrivée du général Lyautey !



347
LES CAUSES RÉELLES DE L'ÉMEUTE

L'auditoire, attentif, se demandait avec anxiété comment M. Regnault allait prendre le déluge de compliments que le général Lyautey, très sérieux, lui envoyait en pleine figure.

M. Regnault, dans une attitude modeste, « bu­vait du petit lait ». Il avait simplement conscience de l'hommage, très atténué, que l'on rendait à ses mérites. Il regrettait peut-être que le seul homme qui l'eût si bien compris, arrivât un peu tard et fût précisément celui qui venait pour pren­dre la place qu'il convoitait si ardemment...

Aussi, l'ancien ministre, toujours plein do tact, n'oublia-t-il pas, dès qu'il se leva pour le remer­cier, de lui rappeler que le général Lyautey avait été son (et il appuya sur ce mot) haut commis­saire sur la frontière» oranaise : le pion rappelant à l'élève qui l'a dépassé, qu'il était sous ses ordres quand IL était maître d'études !

Ces joyeuses paroles furent plus joyeusement encore saluées par la musique militaire qui char­mait les convives de cet inoubliable banquet. Quand le général Lyautey eut terminé son discours, elle entama la Marseillaise et quand M. Regnault se fut tu, elle joua... le Chant du Départ ! On en rit encore, à Fez !...




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MessageSujet: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   Mer 16 Juil - 16:21

Note hors-texte

Entre Casablanca et Rabat : le général Lyautey, descendu de son automobile, va donner un mot d'encouragement à chacun des blessés d'un convoi ambulancier venant de Fez.




Photo G. VEYRE


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MessageSujet: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   Mer 16 Juil - 16:31

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LES JOURNEES SANGLANTES DE FEZ


Le résultat de toutes les entraves apportées par M. Regnault à l'action de l'autorité militaire, fut qu'aucun châtiment — ou presque — ne frappa les habitants de la ville de Fez, coupables de si monstrueuses atrocités.

Quarante-huit exécutions eurent lieu le 23 mai seulement alors que les événements remontaient au 17 avril ! Ce fut la seule répression...

Quand le général Lyautey arriva, plus d'un mois après, il était trop tard pour prendre des sanctions qui eussent revêtu le caractère de re­présailles à froid, cruelles et méthodiques.

Il faut avoir vécu ces journées tragiques de sang et de massacre; il faut avoir pendant cinq longs jours assisté à ce lugubre et interminable défilé de cadavres décapités, éventrés, brûlés à petit feu, les intestins enlevés, les paupières cou­pées, des morceaux de bois dans les yeux et sous les ongles; il faut avoir entendu nuit et jour les hurlements sinistres de ces horribles mégères n'ayant des femmes que le nom, poussant, tels des ricanements de hyènes, leurs youyous infernaux ; il faut avoir vécu les minutes effroyables de ces rescapés — minutes qui se sont prolongées pendant des journées — pour comprendre com­bien la mansuétude était peu de mise en pareille circonstance.



349  
LES CAUSES REELLES DE L'EMEUTE


Et ceux qui, bien qu'étant à Fez, sont, comme M. Regnault, restés pendant toutes ces journées enfermés chez eux, en toute sécurité, ne se mêlant en rien à la vie extérieure, ne s'en sont évidem­ment pas rendu compte !

Sait-on aussi que M. Regnault refusa énergiquement de voir un seul des cadavres apportés a l'hô­pital, qui se trouvait pourtant presque en face de l'ambassade ?

Il en était un, cependant, particulièrement af­freux à voir, que l'on voulait montrer a M. Re­gnault, pour qu'il se rendît compte de la férocité des Marocains. C'était le cadavre mutilé d'un offi­cier, que nous ne désignerons pas autrement pour ne pas raviver les douleurs de la famille, sous les yeux de laquelle pourraient tomber ces lignes.

Bien que tous les corps fussent inhumés dès leur arrivée à l'hôpital, le médecin-chef, M. Four­nial, conserva celui-là pendant quarante-huit heu­res pour que le ministre de France eût le temps de venir le voir. M. Gaillard, le capitaine Pettelat, le médecin-chef Fournial et de nombreuses autres personnes le prièrent de se rendre à l'hôpital.


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MessageSujet: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   Mer 16 Juil - 16:44

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LES JOURNÉES SANGLANTES DE FEZ

M. Regnault s'y refusa. Il pensait, sans doute, que ce spectacle pouvait être de nature à lui faire perdre le temps précieux qu'il consacrait, quoti­diennement, à son bridge ou à sa partie d'échecs, pendant le petit « five o' cloke » qui n'a jamais cessé de réunir chaque jour les intimes de l'am­bassade. Même pendant la journée du 17 avril, on fit de la musique et l'on dansa !

Et M. Regnault ne vit pas un seul cadavre, de même que, pendant quatre jours, il n'alla pas voir un seul blessé à l'hôpital.

Ce fut le quatrième jour seulement qu'il se ren­dit à l'hôpital, pour prendre des nouvelles d'un élève interprète de l'ambassade qui venait de tom­ber très gravement malade. Etant là, venu pour voir un fonctionnaire de la légation, il parcourut, ensuite, pour la première fois, les salles des bles­sés (1).

Au sujet de ce manque de répression, le géné­ral Moinier a écrit :

" II serait à redouter que la population, insuffisam­ment frappée pour les abominables forfaits commis, ne soit prête, à la première occasion favorable, à se soulever à nouveau contre nous.




_____

(1) Nous avons écrit que M. Regnault ne vit pas un seul cadavre. Pour être parfaitement exact, nous devons dire que, ce jour-là, il aperçut accidentellement le cadavre de M. Benjio, que l'on venait d'apporter. Ce cadavre était pré­cisément un des très rares qui fût « propre » : il n'avait reçu qu'une balle.



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LES CAUSES RÉELLES DE L'EMEUTE

Il ne devait être fait confiance au nouveau régime du protectorat qui, en permettant à l'autorité française de surveiller étroite­ment les rouages de l'administration de la capitale et d'être mieux éclairée sur les sentiments de ses habi­tants, lui donnera les moyens de prévenir des faits qu'en raison des circonstances du moment, elle ne peut qu'incomplètement punir. "

Nous venons de le dire, M. Regnault ayant laissé passer le moment de la sanction immédiate, il était trop tard pour la reprendre un mois ou deux après.

Les Marocains ne l'eussent pas compris; et elle aurait revêtu à leurs yeux un caractère de massa­cre et de vengeance, alors qu'ils eussent parfaite­ment admis des fusillades répressives le lende­main ou quelques jours après. Elles auraient donné — mais alors seulement — une impression salutaire de force.

Quand ils ont vu que l'on exécutait quarante-huit émeutiers, plus d'un mois après, ils dirent : " II leur a fallu attendre d'avoir dix mille hom­mes, pour oser tuer cinquante des nôtres seule­ment ".

Lorsque l'on examine froidement les événe­ments qui se sont produits, on se demande par le fait de quel miracle tous les Européens sans exception n'ont pas été massacrés.



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MessageSujet: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   Mer 16 Juil - 16:53

Note hors-texte

Sur la route de Fez. - Les passages difficiles - Préparation du passage.



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MessageSujet: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   Mer 16 Juil - 17:03

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LES JOURNEES SANGLANTES DE FEZ

Si les 371 braves du commandant Philipot n'avaient pas réussi, dans leur marche héroïque, à atteindre Fez, pas un seul Européen n'eût évi­demment échappé. Mais le massacre même de quelques centaines d'individus n'eût été qu'un détail, en présence des suites de la révolte et de l'extension formidable qu'aurait pris le mouve­ment. Que l'on se représente en effet Fez pillée, aux mains d'une population de cent mille hom­mes en armes, - grossis par tous les gens des tribus environnantes, - devenu le centre de l'insurrection qui se serait propagée du Souss à l'Algérie et de l'Atlas à la mer...


Quelle armée la France aurait-elle dû envoyer, pour essayer de reprendre ce Maroc que le pro­tectorat venait de nous donner ?

Quelle eût été la situation de la France aux yeux du monde au moment où elle affirmait ce pro­tectorat, tandis que M. Regnault dans sa dernière dépêche aurait encore dit : « Tout va très bien; la situation générale est excellente; il n'y a rien à craindre; le protectorat s'annonce sous un aspect des plus favorables... ».

Rendons grâces, une fois encore, à cette petite poignée de braves commandés par le vaillant Philipot qui, à elle seule, a réussi ce tour de force unique dans les annales militaires de tous les peuples, de reprendre en trois jours une ville de cent mille âmes, tenue par 2.500 Askris en armes, éduqués à l'européenne, pourvus de trois cent mille cartouches, retranchés derrière des barri­cades, dans chaque rue, dans chaque maison, sur chaque terrasse...



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 LES CAUSES RÉELLES DE  L'ÉMEUTE


Et, au lieu de mettre sous les yeux de l'Europe le tableau lamentable que nous préparait notre diplomatie, nous avons pu, grâce à nos soldats, donner au monde entier le spectacle d'un fait d'armes devant lequel on reste confondu d'admi­ration...

Honneur à notre armée !


CONCLUSION



Ainsi que nous l'annoncions dans notre pré­face, nous croyons, arrivé maintenant au terme de notre ouvrage, avoir démontré d'une façon irréfutable, documents en mains, quel fut l'au­teur responsable des massacres de Fez.

La fin lamentable de M. Regnault, causant la mort de tant de bons Français et brisant par contrecoup ses espérances marocaines, étonna-t-elle quelques-uns de nos compatriotes du Protectorat ? Nous affirmons, avec la plus entière certitude, qu'elle était attendue.


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MessageSujet: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   Mer 16 Juil - 17:12

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LES JOURNÉES SANGLANTES DE FEZ


Alors qu'une grande partie de la presse et de nombreux hommes politiques, circonvenus, cé­lébraient l'intelligence et l'habileté de M. Regnault, nous tous qui vivons ici savions qu'il était incapable de cette politique attentive, souple et mobile qui doit caractériser la diplomatie en pays musulman.

Présomptueux, cassant, autoritaire et têtu, il ne prenait de décision qu'en consultant quelques personnes de sa « camarilla », plus connues par leur art de flatter que pour leurs qualités d'obser­vation. Cette décision arrêtée dans son esprit, il l'appliquait avec une brutalité implacable, sans s'inquiéter des conditions variables de temps, de circonstances ou de personnes.

S'engageait-il dans une mauvaise voie, il ne s'en écartait plus. Tous les événements pouvaient lui démontrer qu'il était dans l'erreur, l'évidence de sa faute pouvait éclater, le ciel même aurait pu s'effondrer, qu'il travestissait les événements, niait l'évidence et interprétait les catastrophes en sa faveur.

Il en était arrivé à s'aliéner la presque unani­mité des colonies françaises des villes du Maroc et des hauts représentants des diverses adminis­trations.





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LES CAUSES RÉELLES DE  L'ÉMEUTE

Qui ignore, au Maroc, sa campagne perfide contre le général Lyautey, au moment où ce dernier était haut-commissaire du gouvernement français sur la frontière orano-marocaine, et les agissements politiques de son agent, M. Destail­leurs ? Qui ne se souvient de sa campagne violente et brutale contre le général Touté ?

En désaccord avec l'Algérie, en mauvais termes avec l'armée algéro-marocaine, le général Moinier, à Fez, trouva-t-il davantage grâce devant lui ? M. Guyot lui-même, directeur de la Dette, n'a-t-il pas eu à lutter contre ses attaques, et tous ces Français enfin, courageux, indépendants et probes, qui pour penser peut-être avaient le tort de ne pas aller tous les jours à la Légation, n'ont-ils pas eu à souffrir de ses poursuites et de ses dé­lations... quand ils n'étaient pas victimes de ses manœuvres sournoises auprès de leurs chefs de service pour briser leur situation ou même leur faire perdre leur modeste gagne-pain ?

D'où vient donc cependant, malgré la réproba­tion unanime des Français du Maroc, que M. Regnault ait pu, pendant six années, régner en souverain maître ? C'est qu'il incarnait et repré­sentait — même avec la faiblesse des moyens dont il disposait — l'esprit et les agissements du quai d'Orsay.

On concevra, en effet, qu'il n'aurait jamais pu, pendant aussi longtemps et avec autant d'achar­nement, tenir le rôle qu'il joua et que nous venons d'exposer, s'il n'avait rencontré autour de lui des collaborateurs imbus des mêmes principes et des mêmes idées, et si, surtout, il n'avait trouvé auprès des bureaux des Affaires Etran­gères un encouragement constant et un soutien non dissimulé.


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MessageSujet: Re: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   Jeu 17 Juil - 14:22

Note hors-texte

Cliché l'ILLUSTRATION du 17 Aout 1912

Le nouveau sultan du Maroc : Moulay-Youssef



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MessageSujet: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   Jeu 17 Juil - 14:33

356  
LES JOURNÉES SANGLANTES DE FEZ


Oh ! ces bureaux des Affaires Etrangères ! Ce sont eux qui dominent tout, tenant captifs les ministres de ce Département, même les plus éminents.

Solidarisés dans leur mutuelle admiration, tous ces fonctionnaires se groupent et unissent leur médiocrité pour faire pression sur les milieux politiques, la presse et l'opinion publique, afin de donner l'illusion de leur valeur.

Sous la troisième République, au XX° siècle, ils semblent avoir réalisé comme la coalition de tous les représentants d'un ancien régime, indissolu­blement unis pour former un Etat dans l'Etat.

Nous avons cherché à ne point faire œuvre de polémique, nous bornant simplement à exposer des faits, documents à l'appui ; c'est pourquoi nous ne voulons pas rappeler les détails du scan­dale Hémont. Cependant, n'est-il pas étrange, invraisemblable, fantastique — et ne devons-nous pas aussi éprouver quelque tristesse — de voir un comptable en chef d'un Département minis­tériel poursuivi devant la justice de son pays pour détournements allant... de 200.000 francs à 1 mil­lion (sic) !



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LES CAUSES  RÉELLES DE L'ÉMEUTE


Ecartons aussi de notre pensée le ter­rible rapport de la Cour des Comptes sur les agis­sements des Bureaux des Affaires Etrangères, ainsi que le discours de M. Emmanuel Brousse sur les gabegies de cette administration, où s'éta­
lent les comptes d'apothicaires, les gaspillages d'argent, les congés indéfiniment renouvelables avec solde entière (1), les indemnités de déplace­ment à des diplomates n'ayant jamais quitté Paris, etc....

Constatons simplement que les véritables et meilleurs diplomates de France, ceux devant les­quels les esprits les plus prévenus s'inclinent, ne sortent précisément pas de la Carrière. Les deux Cambon, les Gabriel Deville, les Constans, les Barrère, les Delcassé ont-ils jamais respiré l'air des Bureaux du quai d'Orsay, et n'est-ce pas eux, cependant, qui représentent —- ou ont représenté — le plus brillamment la France dans les pre­mières capitales du Monde ?



______


(1) C'est ainsi que M. Regnault par exemple, sans emploi depuis plus d'un an, sauf une vague mission de quelques semaines, n'a jamais cessé de toucher son traitement inté­gral, comme au temps où il était ministre de France au Ma­roc ! Combien de fonctionnaires s'offriraient de telles va­cances, si ces procédés étaient généralisés aux autres admi­nistrations !!!


Dernière édition par Paul Casimir le Jeu 17 Juil - 17:04, édité 1 fois
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MessageSujet: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   Jeu 17 Juil - 14:40

358
LES JOURNÉES SANGLANTES DE FEZ

Pourquoi donc ces fonctionnaires s'obstinent-ils à vivre une vie à part, en dehors de la Nation, dans le culte, à peine voilé, d'un passé lointain et pour toujours aboli. Qu'ils laissent donc le vent populaire, le souffle généreux de notre beau pays pénétrer largement dans leurs bureaux en­core chargés des miasmes des siècles passés, et qu'ils nous fassent, enfin, une politique saine, appropriée aux idées du jour.

Qu'ils ne s'obstinent plus, surtout, dans leur mégalomanie dangereuse, à vouloir revendiquer l'administration de toutes les nouvelles conquêtes.

Ont-ils l'administration de Madagascar, du Tonkin et de l'Indochine ? Pourquoi donc pré­tendent-ils conserver le Maroc, où leur dernier représentant a marqué sa trace d'une façon si sanglante ?

Le Maroc, en effet, se trouve à la période de conquête dans certaines zones, à celle d'organisa­tion administrative dans d'autres et à celle de colonisation dans les régions pacifiées. Or, quelle compétence peuvent avoir des diplomates :
1° Au point de vue militaire ;
2° Au point de vue organisation administra­tive ;
3° Au point de vue colonisation ?

Que l'on rattache donc le Maroc à la Guerre, à l'Intérieur ou aux Colonies, mais jamais aux Affaires Etrangères.




359
LES CAUSES RÉELLES DE L'ÉMEUTE


Le mieux, certainement, serait de créer immé­diatement un " Ministère de l'Afrique du Nord " , dont il a déjà été question, sous l'administration duquel seraient enfin logiquement groupées les directions de la Tunisie, de l'Algérie et du Maroc, en mettant à sa tête un homme actif et intelli­gent, ayant une longue et parfaite connaissance des affaires africaines.

Voilà vraiment la première et la plus urgente de toutes les réformes à laquelle doivent s'asso­cier tous ceux qui s'intéressent à l'avenir du Maroc et souhaitent la prospérité et le développe­ment du merveilleux pays que nos armes vien­nent d'ouvrir à l'activité de nos admirables co­lons.



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MessageSujet: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   Jeu 17 Juil - 14:45

Note hors-texte

Le sultan Moulay-Youssef, frère et successeur de Moulay-Hafid, en visite à la Résidence générale de France à Fez le 14 Juillet 1912.


De gauche à droite, au premier rang et à partir du second personnage, le général Gouraud, le général Brulard, le sous-lieutenant Blanchart, le Sultan Moulay-Youssef et le général Lyautey.


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MessageSujet: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   Jeu 17 Juil - 14:53

TABLE DES MATIERES




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MessageSujet: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   Jeu 17 Juil - 14:59


TABLE DES MATIERES ( suite )



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MessageSujet: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   Jeu 17 Juil - 15:01




FIN DE LA REPRODUCTION DU LIVRE

D'HUBERT-JACQUES

" Les Journées sanglantes de Fez "



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MessageSujet: Re: HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.   

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HUBERT-JACQUES : Les journées sanglantes de fez, avril 1912.
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