Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Métiers et Arts Indigènes

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Dim 18 Mar - 14:32

page 26

L'ART DU TAPIS

Le tapis de Rabat est devenu le type classique du beau tapis marocain. On n'en louera jamais assez les couleurs admirablement choisies pour leur éclat et leur profondeur et la fine texture si favorable à la marche.
Voici l'un des plus remarquables parmi ces tapis, dont la fabrication cependant est toute récente, mais qui a été exécuté sur des modèles et d'après les procédés anciens, sous le contrôle des meilleurs maîtres. C'est le tapis de la salle du trône de S. M. le Sultan, dans son palais de Casablanca. Ce tapis a 13 m. 20 sur 5 m. 85. Plus que ses dimensions, la finesse de l'exécution et l'harmonie des teintes en "font un des plus remarquables parmi les tapis tissés récemment.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Dim 18 Mar - 14:43

page 27

TAPIS du Haouz de Marrakech

CHICHAOUA

Les tapis Chichaoua sont à fond rose et sur ce fond sont jetés négligeamment et sans ordre apparent les dessins géométriques les plus divers. Ils sont faits d'un mélange de laine et de poils de chèvre qui leur assure une grande solidité.
La facture du tapis a ete améliorée pour répondre à un certain goût de la clientèle. On peut suivre cette évolution sur les deux modèles que nous reproduisons ici. A droite, le tapis selon les anciennes traditions est de forme indécise et le dessin en est sans aucun ordre. Les sinuosités de la bordure reproduisent le cours des oueds de la région. Dans le tapis de gauche, on retrouve à peu près les mêmes motifs, mais régularisés et rectifiés. Le symbolisme en est sans doute diminué et l'originalité atténuée. Mais du point de vue technique, la qualité du tapis est meilleure, le tissage est plus serré et surtout la coloration est de meilleure qualité.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Dim 18 Mar - 14:45

page 28

TAPIS DU MOYEN ATLAS

La grande caractéristique de ces tapis, dit M. Prosper Ricard, c'est de présenter des motifs rectilinéaires, rigoureusement géométriques où l'on retrouve comme dans le tapis de Rabat l'inspiration des jardins.
L'artisan berbère a cherché ici cette inspiration dans les objets qui l'entourent : représentation de la tente, de la boutique. reproduction des pattes de colombe, des traces de chacal. des grains de colliers, des serrures, des cous de chameaux, des moutons berbères, des chèvres, des amulettes, des piquets de tente.
Il en résulte une œuvre naturellement naïve mais harmonieuse cependant, tous ces objets étant traités dans une certaine abondance où se révèle l'ingéniosité de l'âme berbère.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Lun 19 Mar - 8:07

page 29

HAUT ATLAS ET OUAOUZGUIT

Les tapis de la montagne berbère des Glama et des Aït Ouaouzguit sont faits d'une laine très soyeuse et d'un tissu très serré. Le décor consiste généralement en des losanges disposés en bandes plus ou moins régulières.
Tandis que des Ouaouzguit sont généralement relevés de rouge et d'orangé, les Glaoua sont plutôt à fond noir.
Ces tapis sont recherchés à cause de la finesse et de l'épaisseur de leur laine et aussi pour l'adaptation facile .que l'on en peut faire au mobilier moderne.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Lun 19 Mar - 8:12

PAGE 30

LES HANBELS

Les Hanbels, fabriqués chez les tribus et exceptionnellement à Salé, sont des tapis exécutés selon une technique spéciale où de larges rayures à teintes plates s'étalent sur la trame du fond. Le Maroc est très riche en cette sorte de tissus.
Les Hanbels de Salé sont les plus connus. Ils sont caractérisés par des bandes diversement colorées alternant avec des bandes de broderies ou de tissus à haute laine.
Les Hanbels du Moyen - Atlas sont plus étroits et ils sont destinés à décorer la tente à la manière des hairis dans les demeures des villes.
Les Hanbels sont très recherchés pour la décoration des intérieurs européens où ils apportent, par leurs vives couleurs, lumière et gaîté. Ils s'harmonisent avec tout autre genre de teintures.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Lun 19 Mar - 8:35

PAGE 31

L'ARTISANAT MAROCAIN ET LE COMMERCE D'EXPORTATION

Dans la période de surproduction qui a suivi la grande guerre, les objets fabriqués par l'Artisanat Indigène rencontrèrent la concurrence très vive des pays industriellement organisés pour une production considérable et bon marché.
Cette concurrence sacrifiait délibérément l'art au commerce et l'Artisanat Marocain, avec ses méthodes ancestrales qui en font tout I,e charme et toute la valeur, en pâtirent très durement.
Depuis 1937, sous la vigoureuse impulsion du Général Noguès, Résident Général, l'Office Chérifien du Contrôle et d'Exportation ne cessa de mettre son activité ou service des artisans et de leur apporter toute l'aide qu'ils étaient en droit d'attendre.
Présentée sur les principaux marchés, la production artisanale connut le plus retentissant succès qui se traduisit par des commandes auxquelles les artisans purent répendre car ils étaient éduqués sur les sens des mots: « Conformité, délais de livraison, rapidité d'exécution, etc ... ». Les acheteurs étaient, de leur côté, assurés d'avoir toutes les garanties désirables de qualité que le Contrôle à l'Exportation s'engageait à leur fournir.
Les conditions économiques nouvelles ont entravé la transformation d'une organisation, qui avait cependant rendu, à l'époque où elle avait été conçue, tous les services qu'on attendait d'elle. Cependant les difficultés et l'insécurité des échanges, la précarité des moyens de transport, les exigences du marché intérieur, la nécessité de rechercher et de communiquer au commerce libre, les informations qu'il ne peut plus, ou difficilement se procurer lui-même, ont entraîné la création d'un organisme nouveau capable de résoudre tous ces problèmes.
C'est dans cet esprit que fut créée l'Agence Chérifienne d'Importation et d'Exportation. Grâce à elle, une liaison
constante est établie entre l'Administration et les exportareurs ou importateurs, Ainsi s'harmonisent les services, ainsi peuvent être prises les mesures de surveillance, de contrôle et de contrainte que les intérêts économiques ont le droit d'attendre des Services Publics, ou que ceux-ci doivent leur imposer ...
L'artisanat Indigène Marocain n'a pas été oublié. Les Artisans sont représentés par des délégués au sein des comités de direction des Groupements économiques (laine, cuir, métaux). Les artisans ont progressivement compris l'intérêt qui s'attachait pour eux à adhérer à ces groupements qui laissent subsister intégralement la traditionnelle organisation des corporations.
Les artisans Marocains sont assurés, grâce à cette organisation, de trouver les matières premières nécessaires à leurs fabrications. La judicieuse répartition qui en est faite évite les spéculations et assure un travail régulier aux artisans. Ce travail leur est offert chaque jour plus abondant.
Car devant les exigences de la vie actuelle, l'artisanat a su s'adapter très rapidement, une infinie variété d'objets de toutes sortes, d'un usage courant, sortit de ses mains : sandales, chaussures, valises, sacs, bijoux, ameublements etc ...
Bien que tous ses objets sortent de la pure tradition artistique marocaine de par leur usage, il n'en reste pas moins vrai que par leur conception, leur décoration, ils en ont gardé tout le charme jamais égalé.
L'artisanat Indigène Morocain répond aujourd'hui à tous les désirs modernes. Le contrôle strict à l'Exportation de l'Agence Chérifienne d'Importation et d'Exportation (A.C.I.E.) permet par ailleurs de s'adresser en toute confiance à l'artisanat marocain.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Lun 19 Mar - 19:08

page 32

vieil artisan et jeune apprenti

Petit tableau découvert dans un coin du souk. Le vieil artisan qui a blanchi dans sa boutique à fabriquer, toujours avec les mêmes gestes, les mêmes objets met toute sa sollicitude dans l'application des broderies sur le cuir encore rude de la babouche. Le jeune apprenti le regarde faire d'un œil narquois. Et pourtant il suivra l'exemple de l'ancêtre et il répètera plus tard les mêmes gestes, devant d'autres apprentis pareillement émancipés. L'enseignement se fait, du maître à l'élève, uniquement par démonstrations pratiques. L'exemple remplace la doctrine. Ainsi se transmet une Précieuse tradition , ainsi, à travers les siècles, les mêmes pratiques artisanales se sont perpétuées sans changement notable.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Lun 19 Mar - 19:19

page 33

LA FABRICATION DES COUFFINS EN FIBRES DE PALMIERS-NAINS

Voici un des métiers les plus simples et qui exploite une matière première heureusement abondante au Maroc : le palmier-nain. Le couffin est un panier à anses fait de fibres tressées de palmier-nain et dont les usages sont multiples: il sert aussi bien à transporter les fruits, les légumes, les tissus que le charbon de bois et la chaux. La fabrication de ces objets si nécessaires est une ressource pour les infirmes et les vieillards, pour tous les pauvres gens. Elle sert aussi de décor pittoresque à la vie quotidienne de la Médina.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Mar 20 Mar - 21:05

page 34

EXPOSITIONS et MUSÉES

En haut, l'exposition du Foyer Scolaire de Rabat à l'occasion du concours du meilleur ouvrier de France.
En dessous, à gauche, une des merveilleuses salles d'art marocain ancien, au palais du Dar Jamaï à Fès
A droite, une des salles du musée indigène de Casablanca.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Mar 20 Mar - 21:13

page 35

FOIRES ARTISANALES

Une curieuse exposition d'ensemble des produits du cuir marocain, à la Foire Artisanale de Rabat.
On a pu voir rassemblés à cette occasion une foule d'objets divers, chaussures, reliures; sacs, exécutés selon les formules nouvelles de la vie moderne et avec un heureux souci d'adaptation.
Lors de la Foire Artisanale de Rabat la Chambre de Commerce de cette ville avait organisé dans la belle salle des fêtes de son hôtel une exposition très riche de travaux indigènes : tapis, poteries, draperies, broderies. Dans le remarquable décor de cette salle. cette exposition a pris une valeur et une portée très appréciées.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Mar 20 Mar - 21:24

page 36


- LA GRANDE PLACE A ARCADES DE BOU-JNIBA — AU FOND LE MINARET DE LA MOSQUÉE. (PHOTO FLANDRIN)

- COUR INTÉRIEURE DE LA MOSQUÉE DE BOU-JNIBA. (PHOTO FLANDRIN)

L'Artisanat Marocain et la construction des villages miniers de l'Office Chérifien des Phosphates.

Dès le début de son activité l' O. C. P. s'était préoccupé de construire des logements pour sa main-d'œuvre marocaine; les réalisations accomplies dans ces sens sont déjà connues au Maroc, mais ce qu'il importe également de faire ressortir c'est la contribution toute spéciale qui a été demandée aux artisans locaux, aux ateliers des maalems de Casablanca ou de Marrakech réputés pour la finesse d'exécution de leurs ferronneries ou l'éclat particulier de leurs zelliges.
Le danger qui menace ce genre de construction est surtout, du point de vue esthétique, l'uniformité et la banalité, que l'on excuse d'ordinaire avec plus ou moins d'opportunité par le prétexte de moderniser la vie marocaine, de donner à nos protégés hygiène et confort.
Le problème à résoudre était justement de créer des conditions de vie modernes sans heurter inutilement les habitudes ancestrales du marocain. Et puisque des expériences récentes avaient été faites avec succès dans le domaine de l'habitat Indigène, il était indiqué de faire appel à M. Brion, architecte spécialisé dans ce genre de constructions.
L'examen approfondi des besoins de la population, de ses coutumes, de ses habitudes religieuses, de son évolution actuelle moyenne, conduisit, avec le souci de l'hygiène et de la prophylaxie, à l'adoption du groupement type médina.
C'est, en effet, une conception qui permet d'assurer économiquement les distributions d'eau et d'électricité, l’éclairage et l'entretien des rues, l'ordre et l'hygiène, tout en respectant de façon satisfaisante les habitudes familiales très réservées des marocains.
Chaque village comprend, en plus des logements, les différentes constructions nécessaires à la vie collective: une mosquée, une école coranique, des moulins à grains équipés .../...


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Mar 20 Mar - 21:34

page 37


- SPECTACLE FAMILIER AU MAROC: APRES AVOIR DISPOSE LES ARABESQUES EN PLATRE QUI FORMENT DES DESSINS VARIES ET INATTENDUS, L'ARTISAN AVIVE LES FONDS ET LES ARÙES AVEC DES COULEURS VIVES. LE RÉSULTAT DE CE TRAVAIL EST UNE DECORATION ORIGINALE ET EXTRÊMEMENT PLAISANTE. (PHOTO FLANDRIN)

- UN DÉTAIL CURIEUX ET ARTISTIQUE DE LA MOSQUÉE DE BOU-JNIBA : GRILLE DE STYLE ANCIEN A L'UNE DES FENÊTRES DE LA SALLE DE PRIÈRES. (PHOTO FLANDRIN)


.../... artisanal à l'étal du commerçant ou du café maure au hammam.
Mentionnons encore, non pour le pittoresque, mais pour leur utilité et leur fonction indispensable: le centre d'épouillage, le lavoir, l'installation d'épuration des eaux résiduaires, la station d'incinération d'ordures.
Le mode d'exécution de tous ces travaux a été logiquement lié à l'idée directrice qui a présidé à l'élaboration du plan.
Pousser aussi loin le souci de respecter les coutumes marocaines entraînait la nécessité de confier les travaux à des artisans du pays.
Des maalems furent groupés en compagnonnage sous la direction de l'un d'eux, et l'ensemble des constructions fut traité en régie contrôlée sous les ordres de l'architecte et la surveillance des services du Centre Minier.
Tout le personnel de l'entreprise a été uniquement marocain, y compris l'encadrement, et les travaux ont été menés avec une très grande souplesse. Les prix de revient, rigoureusement contrôlés et comparés par appel à la concurrence sur la place de Casablanca, ont toujours permis de constater une différence de 10 à 15 % en faveur du processus adopté.
La maçonnerie à exécuter comprenait : la maçonnerie ordinaire pour les murs extérieurs; l'aggloméré de ciment pour les murs intérieurs. Les arcs et les baies étaient coulés d'avance dans des moules préparés pour cela; les terrasses furent construites en béton armé et leur étanchéité fut traitée à la mode indigène.
Une carrière fut ouverte à proximité du chantier et une installation de broyage y fut ajoutée. C'est également sur place que les conduites de ciment et les agglomérés ont été fabriqués.
Un atelier complet de menuiserie avait été installé à Bou-Jniba et il pourvoyait aux besoins de l'ensemble des chantiers. Les bois employés (cèdre et thuya) ont été achetés aux coopératives indigènes de Moulay Bouazza.
Les ferronneries et les fontes ont été fournies par des artisans marocains de Casablanca et de Marrakech.
Le personnel employé sur place atteignit jusqu'à 1.200 hommes au village de Bou-Jniba et 800 au village de Séchage.
Sans insister sur l'intérêt social d'une telle utilisation des ressources locales et sur les sommes importantes qui sont allées sous forme de salaires aux artisans marocains, on ne peut manquer en visitant les villages aujourd'hui achevés, de trouver là un exemple-type de la meilleure collaboration franco-marocaine.



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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Mar 20 Mar - 21:43

page 38

A TRAVERS LA CITE INDIGÈNE
construite par la COMPAGNIE SUCRIÈRE MAROCAINE

On sait que les Sucreries du Maroc, soucieuses du bien-être matériel et de la santé morale de leurs ouvriers marocains, ont installé auprès de leurs établissements industriels, une véritable cité indigène qui est un modèle du genre. Dans le cadre des traditions les plus vénérables de l'Islam, cette cité a toutes les qualités et tous les avantages d'une cité moderne. Elle est dotée de rues larges, ensoleillées, faciles à tenir propres. Toutes les commodités de la vie musulmane s'y trouvent: fours à pains, bains maures, larges places pour les réunions en plein air. La vie spirituelle des Marocains est favorisée par la construction' d'une mosquée élégante où les Croyants s'assemblent pieusement à ia voix de l'imam. Des fontaines, des arbres, des jardins ajoutent une note fraîche à tous les charmes que possède cette petite cité.
Belle oeuvre, sympathique initiative, remarquable exemple donné aux grandes fondations industrielles du Maroc.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Mar 20 Mar - 21:58

page 39

L'INDUSTRIE DU CUIR


par Pierre MAGNARD Délégué Général du Groupement des Cuirs et Peaux.

Parmi les œuvres innombrables accomplies par l'Administration Française au Maroc, qui ont-eu pour objet la réalisation de notre programme de politique indigène, il convient de placer celle qui a permis à l'artisanat marocain, en dépit des installations modernes, non seulement de maintenir son activité, mais encore de la développer par l'apport qui lui a été fait de notre technique française.
C'est ainsi que dans le domaine de la tannerie, de la teinturerie, de la maroquinerie et de la chaussure, des moniteurs français pour chacune de ces branches ont été recrutés en France à la demande de la Direction des Affaires Politiques, et placés par elle dans les principaux centres artisanaux marocains, Fès, Rabat et Marrakech.
Le but que s'est proposé l'Administration par cette mesure fut de pourvoir l'artisanat indigène des techniques modernes du travail du cuir, en vue de lui permettre de concurrencer les entreprises européennes installées au Maroc au cours de ces dernières années, et de conserver pour lui toutes les fabrications relevant des besoins de son économie.
Les résultats recherchés ont été obtenus en moins de 3 ans. L'artisan de la tannerie, de la maroquinerie, de la chaussure témoignaient en effet, dès 1938, d'une activité telle, qu'en sus des propres besoins de l'économie locale, ils exportaient, au cours de cette année de 1938, tant sur la Métropole qu'à l'étranger, des centaines de tonnes d'articles de maroquinerie ou objets en cuir.
La tannerie européenne a sans doute fourni à l'artisanat de la maroquinerie une part importante des cuirs et peaux entrant dans la confection des produits de sa fabrication artisanale et a contribué ainsi à son développement, en sorte que, loin d'entraver son activité d'autrefois, elle l'a favorisée, en offrant à sa main d'œuvre toutes les possibilités de fabrication dans un domaine où il est roi, celui de la maroquinerie.
Industrie européenne de la tannerie et artisans indigènes de la maroquinerie et de la chaussure forment aujourd'hui un bloc, au point d'être entre eux entièrement solidaires. Cette réalisation est l'œuvre que nous avons voulu souligner et qui comme beaucoup d'autres, sont ignorées du public.[/justify]


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FIN de la Revue intitulée :

"MÉTIERS ET ARTS INDIGÈNES"

Editions MAROC-PRESSE Juillet 1941

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