Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Jean et Jérôme THARAUD, LE MAROC - 1923 -

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Paul CASIMIR




MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, LE MAROC - 1923 -   Dim 4 Mai - 8:47



Djema El Fna.



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Paul CASIMIR




MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, LE MAROC - 1923 -   Dim 4 Mai - 8:55

page 67

quelques boîtes de conserves vides, une gamelle, quatre boutons et quelquefois moins encore; femmes effondrées dans leur haïk devant des bracelets d'argent et de petites pièces de cotonnade blanche brodées de quelques fleurs de soie ; ma­telassiers qui épouvantent, quand on voit auprès d'eux les lots de chiffons innommables dont ils bourrent leurs coussins; savetiers à l'abri de quelque vieille natte suspendue à un roseau, qui s'emploient à redonner la vie à des ba­bouches sans espoir; vendeurs de sauterelies cuites, d'œufs durs saupoudrés au cumin, de pois chiches, de fèves grillées ; marchandes de soupes accroupies devant une énorme marmite entourée de chiffons graisseux ; marchands d'agglomérats étranges faits de sucre, d'amandes, de dattes, de raisins et de grains de millet ; dro­guistes assis devant des peaux de chat, des ailes de chouettes et d'éperviers, des dépouilles de bêtes séchées, lézards, caméléons aux vertus infinies comme leurs couleurs changeantes ; sor­cières du Sénégal qui brassent l'avenir dans une corbeille d'osier, pleine de coquillages blancs et noirs, affreux à voir comme des yeux arrachés à leurs orbites ; mendiantes rassem­blées autour d'un méchant tapis, sur lequel on jette en passant un sou, un fruit, un oignon, et dont les voix plaintives chantent, pendant des heures, d'interminables litanies qui vont rejoindre dans la confusion des bruits tous les autres appels à la divinité.




FATIMA BENT MOHAMMED EL SOUSSIA

FEMME CHLEUE



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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, LE MAROC - 1923 -   Dim 4 Mai - 8:59

page 68

Sous les pieds de la foule, monte une poussière qui sent le crottin d'âne, la sueur et la paille hachée, et qui devient parfois
si épaisse au crépuscule, à l'heure de la grande frénésie, que tout cela prend un air de cauchemar et de fantasmagorie. On dirait que ces formes blanches qui circulent silencieusement ou restent debout immobiles, ne sont plus retenues à la réalité que par le bruit forcené des tambourins. Quelques bâtisses européennes, jetées au bord de cette place, prennent leur part à ce délire. La Poste avec sa couronne de fils, le magasin du quincaillier, la Banque, le Glacier et le Café de France, la bou­tique de cycles, les voitures de louage avec leurs cochers espa­gnols, toutes ces choses d'un autre monde paraissent alors aussi baroques que les cercles magiques, et le directeur de la Banque et la marchande de journaux plus fous encore que le sorcier !...





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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, LE MAROC - 1923 -   Dim 4 Mai - 9:04



LE PALAIS DE LA BAHIA

Pour qui fut bâti ce palais qui semble le vestige d'un âge qui n'a jamais existé, et où tout aurait été gentillesse, grâce, musique, poésie ? Pour quelle femme divine, pour quel poète char­mant ? ... Voici une cour de dimension royale avec ses trois jets d'eau, en voici d'autres plus petites avec une seule vasque de marbre ; et d'autres entourées d'arcades sous lesquelles s'ouvrent de hautes portes peintes et de petits volets minutieusement enluminés ; et d'autres recouvertes d'un toit, qui ne reçoivent de lumière que par de minuscules verres de couleur enchâssés dans une dentelle de stuc, et où les yeux habitués à la grande clarté du dehors sont un moment à recon­naître le jet d'eau, les portes peintes, tout le mystère précieux qui se cache ici loin du jour.



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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, LE MAROC - 1923 -   Dim 4 Mai - 9:08

page 70

Voici des jardins qui ressemblent non pas aux jardins de chez nous, mais à d'énormes caisses d'orangers enfoncées dans le sol, en contre-bas d'allées brillantes, toutes pavées de mosaï­ques, de rosaces et de fleurs d'émail. De ces parterres profonds jaillissent, avec les orangers, des cédrats qui laissent pendre leurs lanternes jaune citron, des cyprès trois fois plus hauts que les petits toits verts qui entourent les jardins, des bananiers, des lilas du Japon, des cassies aux houppettes d'or parfumées, des daturas, des géraniums, un fouillis de plantes rustiques dans le plus complet désordre, comme si le jardinier avait dit à ces arbres et à ces fleurs :
« Voilà l'espace que je vous ai donné : pas une herbe ne poussera hors de ces quatre carrés, au-dessous des allées brillantes réservées aux zelliges (1) qui sont vos sœurs d'émail; mais là où vous êtes chez vous, croissez à votre fan­taisie, je vous abandonne à Dieu... »

Et tout cela embaume, et tout cela verdoie et brille, les fruits des arbres, les fleurs des parterres, les rosaces des allées, les bouquets des portes peintes, un peu fanés par le soleil et dont les ors s'écaillent, les tuiles vertes des toits, et les mille couleurs qu'on voit luire dans la pénombre des chambres, et aussi dans ces précieuses alcôves ménagées sur un côté du jardin, où le maître du logis venait avec ses femmes prendre le thé, écouter de la musique, regarder passer la lune entre les fuseaux des cyprès.

Entre tous ces endroits charmants, un labyrinthe d'étroits couloirs, aux murs nus, blanchis à la chaux.


_____

(1) Petits morceaux de brique émaillée.



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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, LE MAROC - 1923 -   Dim 4 Mai - 9:12





La Bahia.




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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, LE MAROC - 1923 -   Dim 4 Mai - 9:18

page 73

Pas la moindre décoration, comme si les corridors de cette vaste demeure n'avaient pas été achevés. Évidemment l'esprit arabe n'éprouve pas, comme le nôtre, le besoin d'une perfection totale. A quoi bon décorer un lieu où la vie ne séjourne pas ?

Ces couloirs nus sont à l'image de ce pays, où de grands espaces vides séparent des endroits pleins d'agré­ment et de civilisation. Le sentiment qui tant de fois a inspiré la poésie arabe ( le plaisir de retrouver l'eau courante, la verdure et l'ombre, après le bled embrasé ) guide aussi les archi­tectes dans la construction des palais.

C'est à dessein que dans les salles les plus richement décorées, la muraille reste nue et blanche entre les mosaïques qui règnent dans le bas, et le bandeau de plâtre qui porte sur sa dentelle la somptuosité du plafond. Et la même raison veut sans doute qu'entre les cours et les jardins d'émail on laisse ainsi les corridors à leur triste abandon, afin de multiplier le plaisir d'arriver à l'improviste dans un de ces enclos enchantés.






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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, LE MAROC - 1923 -   Dim 4 Mai - 9:22



LE CAÏD EMBAREK
PORTE-PARASOL DES SULTANS.



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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mar 6 Mai - 10:24


DU HAUT DE LA BAHIA



 Tout au fond de cette demeure, dans un lointain jardin secret, rempli comme un vase trop plein d’une végétation folle de bananiers, de physalis,  de daturas et d’orangers, une petite porte en ogive s’ouvre dans une tour qui domine assez bizarrement, d’une hauteur de trois étages, ce palais à ras de terre. On monte un escalier brutal, et là-haut se découvre un spectacle si grandiose que du coup s’effacent de l’âme toutes les charmantes choses d’en bas.

Imaginez autour de vous une immense étendue rosée de murailles et de terrasses dans une large ceinture verdoyante d’oliviers et de palmiers ; et là, tout près, l’Atlas éblouissant de neige, pareil à une gigantesque vague, suspendue au bord d’une plage avec sa frange d’écume, dans l’émotion, semble-t-il, d’un mouvement arrêté qui va reprendre et s'écrouler tout à coup...



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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mar 6 Mai - 18:45









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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mar 6 Mai - 18:55

page 76


Entre les verdures des palmiers et cette blanche vague menaçante, pas un pli de terrain, aucun accident du sol, rien que la plaine nue, barrée à l’horizon par ces montagnes formidables, où l’on devine à des miroirs de glace de foudroyantes cassures, des à-pic vertigineux, des brutalités effroyables, et aussi des mouvements d’une douceur infinie où le bleu des lointains semble se diluer dans la neige.

De l’autre côté de l’horizon, une longue suite de collines, baignées d’une chaude lumière, et qui, à défaut de l’air sublime des hautes cimes qui leur font face, ont reçu de la nature la grâce, les formes heureuses, le divin mensonge des couleurs. Entre ces collines et l’Atlas, il y a bien cent kilomètres, mais l’air est si transparent que toute distance s'efface, l’immense plaine disparaît, la grande ville de terre séchée semble avoir juste la place de loger ses maisons et ses jardins dans cette vaste étendue, et l’on dirait que le dernier palmier de l’oasis effleure la neige des cimes avec ses branches balancées.

Vu de là-haut, la charmante Bahia n’est qu’une suite de terrasses bossuées, tachées de chaux, de toits encombrés d’herbes folles, d’espaces vides d’où surgissent quelques pointes de cyprès. Le regard plonge à demi dans les patios qui se pressent à l’entour, uniformément pareils, uniformément misérables, creusés comme des alvéoles dans un rayon de miel.
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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mar 6 Mai - 20:19






Les terrasses au soleil couchant.





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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mer 7 Mai - 8:18

page 79

Et ces cellules habitées, cette multitude de cubes posés les uns près des autres, qui forment à perte de vue jusqu’à la ceinture des jardins une géométrie indéchiffrable de tours carrées et de terrasses, c’est cela la grande ville du Sud, où le Berbère, habitué à la tente et au gourbi, a fait l’essai de la ville citadine, sans arriver vraiment, depuis huit siècles qu’il a construit ces murailles, depuis huit siècles que des millions et des millions d’hommes y ont vécu, à bâtir autre chose qu’un immense camp de boue séchée, où la famille habite encore, avec une simplicité antique, dans la société de l’âne, de la poule et du mulet.


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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mer 7 Mai - 8:21




LA KOUTOUBIA



Je ne sais pourquoi les indigènes appellent cette ville Marrakech la Rouge, car cette nappe de murailles, cuites et recuites par le soleil, a plutôt la couleur d’une feuille longtemps roulée par l’automne, et, dans ses plus grands excès, ne dépasse jamais le rose tendre ou le vermeil. Pas une fumée, pas un bruit. Rien que le cri des émouchets qui planent et tournoient, et tout à coup, montant de ce silence, le long braiment désespéré d’un âne qu’on aurait abandonné dans des ruines...

De ce vaste monceau de terre mille fois remué par les hommes, mille fois redevenu poussière et inlassablement redressé en murailles et en maisons, surgit une haute tour de pierre, carrée, brûlée par le soleil, prodigieusement isolée dans sa solitude aérienne, ...




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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mer 7 Mai - 8:43

page 82

 avec ses quatre boules d’or enfilées à son sommet, la haute Koutoubia, qui domine de plus de soixante-dix mètres cette ville à ras du sol, et vers laquelle s’acheminent depuis huit siècles les ambitions, les désirs et toutes les pistes du Sud...

Plus loin, de hauts murs crénelés entourent d’immenses cours désertes, laissant apercevoir des pointes de cyprès et les toits verts du palais des sultans, que prolonge à perte de vue un jardin d’oliviers et d’orangers, presque aussi grand à lui seul que le reste de la ville, et d’où l’on voit surgir d’autres toits verts, d’autres cyprès et ces palmiers échevelés qui semblent éventer les neiges...

Le soir vient, de tous les points de l’horizon accoûrent de grands vols d’ibis blancs qui vont se rassembler pour la nuit dans les jardins du Sultan, au bord d’un vaste miroir d’eau, où le reflet des cimes neigeuses de l’Atlas se mêle au reflet des oliviers. Ils passent au-dessus de ma tête, pareils à des pensées heureuses, et le battement de leurs ailes donne presque l’illusion d’un souffle d’éventail sur la joue. Pour cette fête du crépuscule, les petites collines charmantes se revêtent chacune d’une robe de soie différente, rose, mauve, bleue, violette, amarante. La grande plaine au pied de l’Atlas est déjà envahie de teintes bleuâtres et glacées, mais les cimes reçoivent encore l’étincelant adieu du jour. La ville entière prend la couleur de ces gâteaux de miel dont elle offre déjà l’image avec ses milliers d’alvéoles. La haute Koutoubia rougeoie, comme éclairée par une flamme intérieure. Du côté du couchant, sur le fond doré du ciel, les palmiers semblent jaillir d’un désert de sable aérien.



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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mer 7 Mai - 8:46






La Koutoubia.





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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mer 7 Mai - 8:50

page 85

Dans ce vaste espace de lumière, borné d’un côté par des neiges et de l’autre par du feu, tout se transforme de seconde en seconde, s’avive, se dépasse en éclat, multiplie les couleurs et les feux d’artifice, puis s’apaise, s’éteint : la montagne devient morte et sombre ; les charmantes collines ne semblent plus que de petits tas de cendres laissés par l’incendie du soir.


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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mer 7 Mai - 10:27


LES REMPARTS


A mesure que l’on s’éloigne de l’enchevêtrement des ruelles qui forment le cœur de Marrakech, des chemins plus larges s’en vont entre des murs de vergers, derrière lesquels les arbres et les plantes sont soustraits aux regards aussi jalousement que les femmes. Toutes ces pistes poussiéreuses aboutissent à des remparts formidables, dont la masse flanquée d’un millier de tours carrées, ébréchée dans ses tours, édentée dans ses créneaux, mais d’une allure toujours grandiose, s’allonge sur plus de trente kilomètres autour de Marrakech, Les jardins de palmiers et d’oliviers qui font presque de tous les côtés une seconde enceinte à la ville, s'approchent par endroits jusqu’à toucher la muraille, et les palmiers penchent leurs têtes sur les créneaux délabrés. Mais le plus souvent, au pied des murs s’étend un terrain vague, ...



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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mer 7 Mai - 10:32

page 88

d’un extraordinaire aspect. Partout des trous béants, dont la terre est rejetée sur les bords, des excavations profondes qui ont servi naguère à creuser les galeries souterraines par où arrivent de très loin les eaux de source à Marrakech. Un grand nombre de ces aqueducs centenaires se sont effondrés au cours du temps; on a creusé de nouveaux trous; et tous ces orifices de puits, vivants ou morts, bouleversent le terrain, le hérissent d’étranges cratères. Ajoutez dans ce chaos des monticules aux profils bizarres, formés des immondices rejetées par les siècles hors de la ville; des cimetières sans clôture où les chiens viennent, la nuit, fouiller avec leurs pattes; quelque mausolée solitaire; un arbre marabout avec ses branches épineuses, couvertes de chiffons et de touffes de cheveux; une rigole d’eau vive venue on ne sait d’où; les berges escarpées d’un oued profond de plusieurs mètres, sur lequel est jetée une arche de pont romantique, faite à souhait pour illustrer quelque tragique histoire espagnole. Entre ces bosses, ces trous, ces précipices, une piste tortueuse où passent quelque troupeau de chèvres, de moutons ou de vaches, des burnous derrière des ânes, des femmes qui vont laver à la seguia de la laine ou du grain. C’est à la fois animé et solitaire, vivant et mort; cela ne ressemble qu’à soi-même, et sans qu’on sache pourquoi ni comment, ce désordre poussiéreux fait une harmonie saisissante avec l'âpreté de la muraille et le charme bucolique des vergers..

. Ailleurs, plus de palmiers, plus d’oliviers, plus rien. Rien que l’immensité nue, verdoyante au printemps, complètement brulée l'été, ...
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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mer 7 Mai - 10:35






Les remparts.




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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mer 7 Mai - 11:25

page 91

d'où l'on voit accourir de loin les longs chapelets des puits, qui apportent la fraîcheur à la ville et aux jardins, tandis que là-bas, à l’horizon, l’Atlas déroule sans limite ses hautes vagues immobiles, resplendissantes de leur écume neigeuse qui ne s’écroule jamais sur la plaine. . .




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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mer 7 Mai - 11:29




Bab Doukkala et l'Atlas.




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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mer 7 Mai - 11:36


LE TOMBEAU DES SAADIENS


Dans l’ombre des hautes murailles de la mosquée d’El-Mansour, s’élève au milieu des orties une petite bâtisse ruineuse. Oh ! ce n’est pas bien grand, cela ne tient pas beaucoup de place dans l’immense ville de boue séchée ! Mais sans doute faudrait-il aller jusque dans les cités légendaires de la Perse ou de l’Inde pour trouver rien d’aussi parfait, une réussite aussi heureuse que le précieux coffret de cèdre, de marbre et de plâtre sculpté enfermé derrière ces murs.
Du dehors, on n’en voit rien que deux petits toits verts qui semblent se confondre avec les toits d'une mosquée voisine. Vingt fois je suis passé dans ce coin de la ville, sans soupçonner que le plus grand trésor du Moghreb se cachait là dans une gangue de boue. C'est au fond d'un petit enclos, ...



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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mer 7 Mai - 11:43

page 96

emprisonné comme un puits entre les murs de la mosquée et la haute enceinte édentée d’un vieux palais écroulé.

 Partout l’herbe et l’ortie. Deux pavillons bien délabrés dressent dans cette solitude leurs murs terreux et leurs toits verts, mal assurés sur des poutres de cèdre qui tremblent dans la maçonnerie. Aucune porte ne défend l’accès de ces pavillons ruineux. On passe de plain-pied des orties de l’enclos dans une chambre merveilleuse, au milieu de laquelle sont posés sur le sol trois longs cercueils de marbre. Autour de ces trois tombes s’élancent des colonnes, sur lesquelles s’appuient des arcades et la haute voûte d’un plafond étincelant de reflets d’or et de couleurs passées. Une simplicité, une proportion divines, qui rappellent les plus beaux ouvrages de l’art grec ou de la Renaissance italienne.

 Et tandis que l’esprit se réjouit de l’harmonie des lignes, les yeux découvrent avec enchantement une décoration murale d’une richesse, d’une variété, d’une fougue incomparables. Pas un marbre, pas une surface, pas un caisson de cèdre, pas une faïence où ne se déploie une imagination vraiment déconcertante en ressources et en ingéniosité. Il faudrait des jours et des jours pour épuiser un détail infini, qui deviendrait peut-être lassant par sa prodigalité, si la contemplation ne trouvait son repos dans le calme de l’ensemble. Entrelacs, rinceaux, nids d’abeilles, panneaux couverts d’une écriture dont les lettres se nouent et se dénouent, s’emmêlent et se poursuivent, comme dans nos vieilles tapisseries les lévriers et les lièvres bondissants, tableaux de plâtre ajouré, stalactites, sceaux de Salomon, araignées du Prophète, étoiles et soleils de zelliges, tous les motifs habituels de la décoration moresque se retrouvent ici avec une telle abondance et tant de bonheur dans l'invention, ...



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MessageSujet: Jean et Jérôme THARAUD, Le MAROC, 1923   Mer 7 Mai - 11:46







Les tombeaux des Saâdiens.




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MessageSujet: Re: Jean et Jérôme THARAUD, LE MAROC - 1923 -   

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Jean et Jérôme THARAUD, LE MAROC - 1923 -
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