Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Jules GERVAIS-COURTELLEMONT

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Paul CASIMIR




MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT   Dim 30 Mar - 16:15



 Veuillez patienter le temps du téléchargement des fichiers PHOTO   


LE MAROC QU'IL FAUT VOIR


Jules GERVAIS-COURTELLEMONT


________________________


ARCHITECTURE ORIENTALE. RUINES ROMAINES
ET CIVILISATION FRANCAISE.



En forme de présentation de ce sujet nous invitons le lecteur à consulter la page Wikipédia dédiée à ce photographe :



L'intérêt de son travail, entre autres, est qu'il a réalisé des clichés en couleurs superbes ; les photos qui suivent, datées de 1913, publiées dans l'hebdomadaire "L'ILLUSTRATION", en sont des exemples.





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Paul CASIMIR




MessageSujet: Re: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT   Dim 30 Mar - 16:18

JOURNAL  L'ILLUSTRATION  n° 3689

8 Novembre 1913




D'un fructueux voyage au Maroc — au Maroc déjà pénétré de la civili­sation française — M. Gervais-Courtellemont nous a rapporté, avec d'admi­rables photographies en couleurs, un ensemble de rapides et très actuelles impressions qui, sous la signature de cet ami  très informé de l'Orient, ajouteront encore à l'intérêt des documents reproduits dans ces pages.

Le Maroc pacifié ! Le Maroc ouvert à la civilisation européenne ! Cet invraisemblable résultat obtenu si rapidement après les sanglantes journées dont les lecteurs de L'Illustration ont suivi les tragiques péripéties!...
Quel miracle a pu faire céder si vite à nos armes ce peuple belliqueux, fièrement jaloux de son indépendance, ce peuple, qui, depuis l'occupation — d'ailleurs précaire — des Romains, n'avait jamais supporté de maîtres ? Par quel prodige d'efforts persévérants, d'énergie habilement mêlée de bonté et de désintéressement, soldats et fonctionnaires français, sous la con­duite d'un chef incomparable, ont-ils réalisé ce qui semblait irréalisable ? Et comment expliquer aussi cet engouement de l'opinion publique, en France et en Algérie, pour ce Maroc où se portèrent à l'envi, et dans un « rush » extraordinaire, les capi­taux, les activités, l'audace et le labeur patient ?


Il faut le reconnaître. L' « im­popularité » dont souffrirent cruel­lement et dont souffrent encore le Tonkin et Madagascar, l'indifférence de la métropole à regard de l'Afrique occidentale française délaissée, ont ici été remplacées par un enthousiasme que rien n'a rebuté et qui ne semble pas près de s'atténuer.

Il en est des événements his­toriques comme de tant de choses humaines : question de circons­tances... Et toutes furent favo­rables au Maroc naissant. Tout de suite on a compris en France l'intérêt primordial qui s'atta­chait à la manifestation de notre prépondérance dans ce pays, limi­trophe de notre Algérie-Tunisie. Aux yeux des moins clairvoyants se sont ouvertes les larges pers­pectives d'une Afrique du Nord française, prolongement naturel de notre pays, d'une France neuve où se retremperont nos forces, et d'où sortiront des gé­nérations nombreuses et fortes prêtes à soutenir la métropole.
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Paul CASIMIR




MessageSujet: Re: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT   Dim 30 Mar - 16:21

... Les esprits les plus chagrins ne peuvent méconnaitre, en effet, le prodigieux essor de l'Algérie et de la Tunisie, dont la prospérité depuis ces dernières années surtout, commande l'admiration des plus sceptiques, en particulier celle des étrangers. Or, le Maroc sera précisément le déversoir des ac­tivités surabondantes qui ne trouvent déjà plus leur emploi sur le sol algérien. Les fils, si nombreux, de nos colons ont de suite essaimé vers la terre nou­velle, non plus en enfants perdus comme, autrefois, leurs pères dans l'Algérie nouvellement con­quise, mais largement nantis de capitaux, confiants et pourvus de l'expérience déjà acquise sur la terre africaine.



Tanger vue de la mer
Comme le voilà déjà loin de nous, ce vieux Maroc vermoulu des diplomates, autour duquel tant d'intrigues stériles ou né­fastes se nouèrent et se dénouè­rent, pour le plus grand profit de nombreux aigrefins, enturbannés ou non, hommes de proie qui savaient si bien troubler l'eau, pour y mieux pêcher, que l'im­broglio marocain semblait, en s'éternisant, devenir une de ces maladies chroniques et incurables des sociétés agonisantes, dont la vieille Turquie, après tant d'au­tres dans l'histoire, a donné au monde le lamentable spectacle.


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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Dim 30 Mar - 16:23

... Il y a maintenant un Maroc nouveau, que la France géné­reuse a entrepris d'assainir, de revivifier et de conduire vers un avenir prospère.

Ce Maroc nouveau, je viens de le parcourir avec facilité, dans la sécurité-la plus absolue et je ne saurais exprimer ici toutes les fortes joies que j'ai éprouvées à voir si activement et si fructueusement unis dans l'œuvre commune colons et fonctionnaires, soldats et ingénieurs. Et ce qui m'a le plus frappé, ce qui m'a le plus étonné, ce à quoi je m'attendais le moins, c'est l'excellent état d'esprit des populations marocaines à l'égard de la France et le loyal acquiescement des vaincus au nouvel état de choses.

Lune de miel peut-être, mais qui s'explique assez facilement d'ailleurs par ce fait que, depuis l'arrivée des Français au Maroc, un véritable Pac­tole coule à pleins bords dans le pays. Nous avons apporté tant d'ar­gent là-bas ! Le renchérissement de tout ce qui s'achète, terres, animaux, fruits, légumes, poissons, volaille, denrées de toutes sortes, a été si rapide et a pris de telles proportions que les principaux bénéficiaires — les indigènes du plus petit au plus grand — ne peuvent que se réjouir de cette fortune imprévue. En outre, les procédés employés à leur égard par les administrations, civiles et militaires, ont été empreints d'une telle bienveil­lance qu'ils seraient mal venus à regretter l'ancien régime.




Rabat : l'embouchure de l'oued Bou-Regreg et la barre,
vues de la Tour Hassan.


*
**

Cela dit, et la situation ainsi jugée dans son ensemble, je ne cacherai pas qu'il y a, comme dans toute médaille, un revers, et que quelques ombres se projettent sur le tableau.
Ainsi, ceux qui n'ont pas dépassé Casablanca, et qui ne manqueront pas de s'étonner de mon optimisme, ont sans doute emporté du Maroc nouveau une impression moins heureuse.



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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Jeu 3 Avr - 11:25


... Le premier contact avec la terre marocaine, pour qui débarque dans le grand port — ou mieux, ce qui devrait être le grand port — de l'Atlantique maro­cain, est, en effet, plutôt décevant. Tout d'abord, l'aspect lamentable de ces quais trop étroits et mal organisés, encombrés jusqu'à l'invraisemblable de marchandises disparates confondues dans un désordre, jetées dans un tohu-bohu indescriptibles, le coudoiement d'une populace cosmopolite dans les rues d'une ville en plein travail d'enfantement, disposent mal à la bien­veillance.

Là s'est donné rendez-vous, pour la curée, toute une écume sociale fort peu intéressante. Et, d'autre part, la fièvre des spéculations sur les terrains y sévit avec rage ! Quelle poussée, quelle ruée d'appétits vers ces profits à réaliser sans efforts, tout de suite ! Quels éclairs de convoitise allument les regards quand sont cités des exemples de fortunes subites, faites comme sur un coup de dés... A côté de cela, une autre fièvre, créatrice celle-ci, qui emporte tout dans un tourbillon vertigineux ! Aucun effort stérile. Toute entreprise un peu réfléchie couronnée de succès immédiat, prédisposant malheureu­sement les mieux trempés au gas­pillage, à la vie large, à la « fête ». Partout de l'action, de la vie intense, des appétits déchaînés, une sura­bondance d'énergies, le grand «rush» en un mot, soutenu par l'or, par l'alcool, par l'aiguillon des désirs souvent immodérés de fortune ra­pide... Telles sont les visions, les sensations fiévreuses, les impressions irritantes du premier accès au Maroc.



Couloirs et jardins du Palais de la Bahia
à Marrakech.

Mais, sitôt franchis les faubourgs de Casablanca, tout change. Et l'on admire l'œuvre intelligente, méthodique et rapide de la civilisation.


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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Jeu 3 Avr - 11:29

... Voici d'abord les grandes plaines de la Chaouïa. Des pistes provisoires l'ont ouverte aux premiers essais de colonisation agricole et, en maints endroits déjà, des routes remplacent ces pistes. Aussi les 246 kilomètres qui séparent Casablanca de Marrakech sont-ils aujourd'hui sillonnés de services d'autos pour les voyageurs et de camions automobiles pour les messageries.

Que nous sommes loin des débuts si difficiles de l'Algérie des premiers jours ! Le chameau, le mulet et, pour les gens pressés, la patache étaient alors les seuls moyens de transport, le télégraphe aérien de Chappe, l'unique organe de com­munication un peu rapide.
Par la T. S. F. aujourd'hui arrivent à tout instant les nouvelles de France, transmises directement de la tour Eiffel à Casablanca, à Rabat ou à Fez. Et, pour les communications intérieures, la T. S. F. étend ses invisibles ramifica­tions un peu partout jusque dans les petits postes échelonnés sur les routes d'étapes. Aussi que de facilités pour éviter toute surprise de l'ennemi, administrer, faire rayonner la pen­sée directrice du chef ! Et pour le public, en général, quelle célérité dans l'expédition des affaires, l'or­ganisation des menus détails d'un voyage !



Couloirs et jardins du Palais de la Bahia
à Marrakech.



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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Jeu 3 Avr - 11:35

... A Marrakech, les touristes de l'avenir auront beaucoup à voir.

D'abord la palmeraie, immense, qui encercle la ville, très étendue elle-même dans la vaste plaine. Puis les souks, avec leur animation pitto­resque, quartier des cuivres, quartier des étoffes, des tanneries malodo­rantes, grand marché, bazar des pantoufles et des maroquineries (une des spécialités de Marrakech), toute cette vie orientale que saura conserver intacte, avec toute sa couleur locale, une administration intelligente, assagie par les funestes expériences des grandes villes algé­riennes dont une modernisation vraiment barbare a détruit tout le caractère.



Cour intérieure du Palais de la Bahia.


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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Jeu 3 Avr - 15:39

...
Aussi saura-t-on gré au général Lyautey de faire tous ses efforts pour diriger l'édification des cités européennes à côté et non point au milieu des villes indigènes, ce qui, à la fois, sauvegarde la tradition locale, et permet d'assurer le confort du progrès aux villes nouvelles.

Parmi tant de beaux monuments de Marrakech, la mosquée de la Koutoubya; avec son élégant et majestueux minaret, mérite une mention spéciale. On sait qu'au treizième siècle le sultan Almohade Abou-Yousef-al-Mansour, dont l'empire comprenait, avec le Maroc, l'Andalousie arabe, fit construire simul­tanément à Séville, à Rabat et à Marrakech trois minarets presque iden­tiques, copiés sur le modèle du minaret de la mosquée des Ommeyades de Damas.

Celui de Séville est devenu le clocher de la cathédrale, la fameuse Griralda. Les lecteurs de L'Illustration ont pu voir dans un récent article ce qui reste du minaret de Rabat, la tour Hassan. Aujourd'hui, nous plaçons sous leurs yeux l'élégante silhouette du minaret de la Koutoubya, au milieu des jardins d'oliviers, de grenadiers, de figuiers et d'orangers qu'entrelacent les frondai­sons luxuriantes des vignes, des jasmins et des roses.

Il faut signaler également le palais dit de la Baya qu'édifia, il y a quelque vingt ans, le grand vizir du jeune Moulaï Abd-el-Aziz. Cette construction ré­cente atteste le bon goût et l'habileté des artisans modernes qui ont su garder, là comme à Rabat et à Fez, les belles traditions du passé.



A Meknès : porte des remparts extérieurs décorée de mosaïques en faïences. (1)

De Casablanca, une autre route praticable aux automobiles et améliorée de jour en jour, conduit à Rabat, capitale choisie provisoirement par le général Lyautey, et qui deviendra, il faut l'espérer, la capitale définitive du protec­torat marocain.
Cette question du choix de la capitale a eu le don, on ne sait trop pourquoi, de passionner l'opinion publique en France et, à leur retour du Maroc, c'est sur ce sujet que sont tout d'abord et toujours interrogés les voyageurs. Sans la moindre hésitation, je formule ici nettement ma prédilection pour Rabat.

Aux considérations économiques et stratégiques qui militent en faveur de cette ville, déjà si privilégiée au point de vue sanitaire, sur Fez sa rivale, j'ajouterai une raison qui mérite d'être prise en considération sérieuse : il importe, avant tout, à mon avis, d'éloigner le centre de notre direction poli­tique et administrative de Fez, ce foyer d'intrigues politico-religieuses où ont été préparées les sanglantes journées que l'on sait et qui sera certainement le dernier point où notre domination sera discutée, l'ultime refuge des mécontents, suppôts des anciens régimes, fanatiques ignorants et su­perstitieux entre les mains desquels l'Islam marocain a complètement dévié des saines traditions, gens de mosquées et de zaouïas que l'honnêteté de nos institutions prive de tant de bénéfices et de prébendes illicites, intri­gants de toutes sortes qui ont su prendre une telle emprise sur les habi­tants de Fez qu'il serait peut-être imprudent et tout au moins impolitique de les combattre de front, mais qu'il est sage de laisser à distance du centre gouvernemental...


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(1) note hors texte : il s'agit de Bab Khémis.


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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Jeu 3 Avr - 15:50

...
De Rabat à  Fez les voies de communications s'améliorent également avec une rapidité extraordinaire.
Le petit chemin de fer militaire à voie étroite qui part de Casablanca avance vite, et, dès aujourd'hui, en utilisant la route, la piste et le transport par voie ferrée de Kenitra à Bel Hamri, la circulation est facile entre le littoral, Fez et Meknès.



Porte de Chella, près de Rabat.
De Bel Hamri à Fez, deux routes s'offrent au voyageur, également intéressantes et praticables aux automobiles, l'une par Petit Jean et le col de Zagotta, l'autre par Meknès.

Entre les deux, le massif du Zerhoun, aux collines boisées d'oliviers ou parsemées de vignobles, rappelle les meilleures parties de notre petite Kabylie ou mieux encore les riants et fertiles environs de Tlemcen.
Là, dans un repli de terrain, tel un nid d'oiseau douillettement blotti dans la verdure, se dresse la zaouïa de Moulay-Idriss et, toutes proches, voici les ruines de Volubilis qui fut le plus important établissement, le camp retranché des Romains dans la Mauritanie Tingitane.

Il semble bien qu'on a un peu surfait l'importance de cette ville. Les vestiges qui en restent, aujourd'hui, arcs de voûte et lourdes assises solidement assemblées, ne sont, en somme, que des spécimens un peu grossiers de constructions militaires romaines.
Et rien, ni l'étendue des ruines, ni la richesse des matériaux, ni l'élégance des constructions, ne saurait approcher de ce que nous avons retrouvé à Timgad, à El Djem, à Cherchell ou à Tebessa.

Le Maroc des Romains ne nous a pas encore livré ses secrets, mais il ne semble pas que, ...


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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Mar 8 Avr - 16:20


... dans cette province lointaine , leur civilisation ait jamais brillé d'un grand éclat.

Elle est, en revanche, très pittoresque la petite cité où repose dans l'éternité la très grand saint Moulay-Idriss Ier, descendant d'Ali, gendre du prophète Mahomet, qui, traqué en Orient par les khalifes, se réfugia au Maroc et y fonda un véritable empire.

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Ruines romaines de Volubilis.
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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Mar 8 Avr - 16:30

...

Située sur la crête allongée d'un mamelon au pied duquel coule une petite rivière, Meknès offre au touriste les admirables vestiges des monuments qui en firent la gloire au dix-huitième siècle et lui valurent le surnom de Versailles marocain. Souvenirs du fastueux règne de Moulaï-Ismaël, le grand ancêtre des chérifs, descendants du Prophète, venus du Tafilelt, et dont la dynastie règne encore aujourd'hui au Maroc. Sur un mamelon parallèle à celui qui porte la ville arabe, s'étagent les bâtiments de la ville militaire, le camp, animé du mouvement des batte­ries, du va-et-vient des tirailleurs sénégalais et de leurs noires épouses, du ronflement des auto-mitrailleuses, de toutes les manifestations d'une vie bruyante qui contraste avec le silence de la vieille cité islamique.



La zaouïa de Moulaï-Idriss, dans les montagnes du Zehroun.

PHOTOGRAPHIES EN COULEURS DE L'AUTEUR.

Ce devait être une jolie réplique de l'Alhambra de Grenade, ce palais de Moulaï-Ismaël dont on peut admirer, aujourd'hui encore, les portes mo­numentales, chefs-d'œuvre de la céramique marocaine. On sait qu'au Maroc les revêtements de faïences polychromes ne sont pas faits de car­reaux de dimensions diverses, comme en Asie Mineure, à Damas ou en Perse, niais composés de menus morceaux de faïence découpés et savam­ment juxtaposés, selon le caprice du dessin ; le temps fond dans sa patine ces petits cubes multicolores, leur donne ce charme un peu sévère spécial aux monuments marocains, cette douce harmonie de vieilles tapisseries, si différente des habituelles décorations de céramiques orientales, toutes vibrantes de l'éclat des vives couleurs...

— A suivre.  —

GERVAIS-COURTELLEMONT.


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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Mar 8 Avr - 16:34

Note:


Ce reportage de Gervais-Courtellemont a été publié dans la revue L'ILLUSTRATION  n° 3689 du 8 Novembre 1913.


La suite, ci-dessous, a été publiée dans le n° 3691.




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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Dim 20 Avr - 13:58

JOURNAL L'ILLUSTRATION n° 3691

22 Novembre 1913



Fez au milieu de ses jardins.


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LA CAPITALE DU VIEUX MAGHREB

Pour bien goûter le charme de Fez, il faut avoir l'âme orientale, c'est-à-dire se complaire dans la vie du Passé, si calme et si douce en comparaison de celle que nous fait notre civilisation moderne ; il faut s'attacher à savourer la joie de vivre et non dévorer sa vie dans la fièvre et la trépidation de nos existences compliquées.  Un abîme sépare cette sagesse  orientale, que nous nommons parfois le fatalisme, de notre conception du bonheur. Le progrès scientifique gagne chaque jour du terrain sur les éléments, l'eau, l'air, le feu, et l'homme asservit de plus en plus la nature à sa volonté  conquérante, pour satis­faire d'ailleurs des besoins de jour en jour plus impérieux et nouveaux. Besoins factices ! Tourbillon insensé ! Orgueil et  démence !... dira   l'habi­tant de Fez, le Fazi, fier de sa civi­lisation traditionnelle — faite du souci d'un bien-être approprié au climat et tenant en grand honneur le luxe — fier de sa ville, fier de la jalouse indépendance qu'il a su y gar­der...


Tout semble réuni, d'ailleurs, dans cette capitale du vieux Maghreb pour justifier cette prédilection et en faire un lieu de délices pour les Orientaux. D'abord on y trouve de l'eau à discrétion. Elle est fournie en abondance par l'oued Fez, né à quelques kilomètres sur les plateaux du Sud-Ouest et qui dévale en cascades dans la ville. Mille et mille fois dispersée en conduites souterraines, cette eau va dans chaque maison entretenir la fraîcheur des jardins, gazouiller dans les cascatelles, glouglouter dans les bassins de marbre. Bruits délicieux aux oreilles orientales pour lesquelles, dit le proverbe arabe, il n'y a que trois sons délectables : le murmure de l'eau, le tintement de l'or, la voix de la femme aimée.



La maison d'El Mokri à Fez.
Le climat particulièrement tempéré de la région de Fez vient ajouter au charme de la vieille cité maugrabine.
Puis ce sont les palais, les maisons particulières, rivalisant de luxe et de beauté ; les jardins qu'embaument les roses, les orangers et les jasmins et où tant de fleurs vives aux parfums exquis s'épanouissent à peu près en toutes saisons donnant l'illusion d'un éternel printemps...

Viennent enfin, pour compléter l'enchantement, les traditions de faste et de confort qui se sont transmises dans l'art de recevoir les hôtes : chère exquise, attentions délicates, petits soins de tous les instants. A peine introduit dans la somptueuse demeure d'un Fazi, le visiteur est aspergé de par­fums, enveloppé de vapeurs odorantes dont les volutes bleuâtres s'échap­pent des cassolettes où brûlent le bois de rose, la myrrhe, l'encens ou le san­tal.
Des coussins moelleux et de riches tapis l'invitent au repos ; des ai­guières d'eau parfumée lui sont présentées pour le lavage des mains. Le thé à la menthe lui est servi. On lui donne à fumer, on l'évente, on s’empresse autour de lui.

Le reçoit-on à dîner ? Des mets nombreux et variés sont apportés, dans de superbes plats tenus au chaud par des cônes de sparterie et combien savants, combien soignés ! Poulets, pigeons, épaules d'agneaux, viandes rôties ou cuites à l'étuvée parées de légumes de toutes sortes, gâteaux au miel, fruits, couscoussou, que sais-je encore, et d'innombrables pâtisseries.

— Partout où nous avons été reçus, me disait mon fidèle Omar El Djerouni, ( un Algérien qui, depuis quelques années m'accompagne dans mes voyages en Orient), ...



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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Dim 20 Avr - 17:11

... que ce soit chez les émirs de Damas ou les grands personnages de Turquie et d'Egypte, chez les riches négociants de Tunis, de Stamboul ou du Caire, partout on nous servait, tu te souviens, des poulets coupés en petits morceaux; mais ici, au Maroc, « chacun son poulet»; — et il s'extasiait devant cette munificence.

Il est vrai que chaque grand dîner marocain, et particulièrement à Fez, représente une hécatombe de volailles. Pour cinq convives on servira, par exemple, cinq poulets cuits au carry indien, comme premier plat, puis ce se­ront cinq poulets aux olives et, ensuite, dix ou douze pigeons au cumin et encore un nouveau plat de cinq poulets farcis aux amandes, suivi d'un cinquième plat de poulets ou de canards à l'étuvée, sur un canapé de pilaf, le tout précédant les viandes, le couscoussou et les desserts... Le repas terminé, entrent en scène les musiciens et les chanteuses, les fameuses Cheïkas de Fez, danseuses aussi, à l'occasion, qui feront entendre, des heures durant, leurs étranges mélopées au rythme changeant avec chaque poème, pendant que les convives allongés sur les tapis et les coussins seront de nouveau aspergés de parfums, enveloppés des nuages de l'odorante fumée des  cassolettes...

*
**
Très étroites et malodorantes sont les rues de Fez, et les Européens leur trouvent peu d'attraits ; mais qu'importé au riche citadin qui passe, juché sur sa belle mule ! - un homme bien né ne songeant même pas à circuler à pied dans leur dédale.

Une grande animation règne dans les bazars où affluent les provinciaux venus de toutes parts, la bourse presque toujours bien garnie, avides de remporter dans leurs montagnes les beaux cuirs ouvragés, les cuivres rutilants, les poteries enluminées, spécialités de Fez ; les parfums, les épices, les étoffes de fabrication européenne ou venues de plus loin encore,  de Damas ou de Bagdad, de Mascate ou des Indes, voire de Chine, avec les thés.

Le thé ! la grande affaire au Maroc, la boisson nationale qui remplace ici la traditionnelle tasse de café de Turquie ou d'Egypte. C'est le complément inévitable de toute rencontre, dans la boutique du marchand, dans la maison de l'ami ou le salon du fonctionnaire. Thé partout, à toute heure, en toutes circonstances, et, d'ailleurs, si fortement additionné de poignées de feuilles de menthe fraîche que ce breuvage n'a plus rien de commun, même la couleur, avec l'infusion qui nous est coutumière. Et ce thé marocain est très riche­ment servi dans de petits verres de cristal multicolores taillés et enluminés de dorures.

Les Fazis tirent également orgueil, et cela à très juste titre, de leurs belles mosquées : la plus fréquentée, celle où repose Moulay Idriss II, avec ses mer­veilleuses boiseries découpées et enluminées et ses admirables mosaïques de faïence — la plus célèbre, celle de Karaouïne, mosquée-université où se pressent les étudiants venus de tant de pays d'Islam pour travailler dans la fameuse bibliothèque qui en est la gloire — enfin celle des Andalous.

*
**



Fez : la fontaine des Menuisiers

Sans doute, pour l'Européen, le touriste excepté, toutes ces séductions orientales ne sauraient compenser l'insalubrité permanente de cette ville où les eaux souillées du tout à l'égout voisinent, par les innombrables conduites souterraines, dans une promiscuité dangereuse, avec les eaux d'alimentation. De même, l'Européen s'accommode mal de l'enchevêtrement chaotique des rues tortueuses, pour la plupart inaccessibles aux véhicules. Et l'on conçoit sans peine la préférence accordée au plateau qui domine la ville musulmane et sur lequel s'est édifié le « camp », précurseur de la cité moderne qui lui succédera.

Si, dans une partie de la population de Fez, il demeure un sentiment d'hos­tilité ou tout au moins de défiance pour tout ce qui est européen et particu­lièrement français, nous travaillons du moins avec persévérance à transformer ce sentiment. Nos établissements d'assistance publique indigène, hôpitaux, dispensaires gratuits, ainsi que nos institutions de prévoyance, y contribueront pour une large part et, dans cet ordre d'idées, on ne saurait passer sous silence, même dans une courte visite à Fez, les généreux efforts du docteur Murat (1).

Né en Algérie, marié à une jeune fille également Algérienne, le docteur Murat a su, à peu de frais, dans un immeuble à lui donné par le sultan Moulay-Hafid, créer de toutes pièces un hôpital et un dispensaire gratuits pour les indigènes nécessiteux; 35.000 malheureux ont profité de ses soins éclairés l'année der­nière : musulmans ou juifs des deux sexes, la plupart se présentant quoti­diennement à sa consultation, car le nombre des lits dont il dispose est encore restreint. Cette année, grâce à de petites subventions qui sont venues augmenter son pécule, ...
_____

(1) Note hors-texte : Le journal l'Illustration a rendu-compte de cette œuvre du Docteur MURAT dans son N° 3522 du Samedi 27 Aout 1910 dans un article dont le titre est : " Moulaï-Hafid et notre œuvre au Maroc".



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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Dim 20 Avr - 17:22

...

le docteur Murat a pu construire de nouveaux bâtiments, aménager une jolie salle d'opérations aux murs tapissés de faïences blanches de Fez, des laboratoires pour les examens micrographiques, des salles de pan­sements, etc... Ses pavillons sont entourés d'un beau jardin aménagé à la marocaine qui, aux heures de consultation, est littéralement envahi d'une foule bigarrée : juives de Fez avec leurs petits foulards de soie rouge ou verte, coquettement arrangés en coquille qui les coiffent si bien, leurs beaux châles historiés aux couleurs éclatantes, de provenance indienne ; musulmanes, drapées dans les longs voiles de laine blanche des femmes de l'Islam; et toute une marmaille plus ou moins loqueteuse, toujours pittoresque. Mais, ce qui retient l'attention, c'est le sentiment de profonde reconnaissance qui anime tous les visages, c'est le concert de bénédictions à l'adresse de leur bienfaiteur qui s'échappe de toutes les lèvres quand on interroge ces infortunés. Cet exem­ple témoigne des sentiments humanitaires qui caractérisent la « colonisation » française telle qu'on la comprend aujourd'hui dans les milieux officiels, aussi bien que dans les créations de l'initiative privée.

Ainsi, nous sommes loin de la manière plutôt forte des conquistadors de jadis, des procédés un peu rudes des premières conquêtes coloniales. Une scène à laquelle j'assistai, ce printemps, à Casablanca, me paraît très caractéris­tique. Nous descendions d'auto, au retour de Marrakech, et, suivant l'usage, une foule de gamins indigènes se précipitait sur nous pour s'emparer de nos valises. Un vieux Maltais, croyant nous obliger, s'interposa et donna une forte bourrade à l'un d'eux. Comme le gamin protestait et poussait des clameurs, les taloches redoublèrent. A cette vue, un Européen, garçon de café en tablier blanc qui passait, prit immédiatement fait et cause pour le petit moricaud, un pauvre mioche souffreteux et dépenaillé. Tombant à bras raccourcis sur le Maltais, il lui reprocha avec véhémence l'indignité de sa conduite et nous dûmes le lui arracher des mains. On n'aurait pas vu pareils sentiments se manifester, il y a quelques années, dans les colonies, où les violences à l'égard des indigènes n'auraient apitoyé personne. Il est donc permis d'en conclure que, si, dans cet ordre d'idées, l'impulsion vient d'en haut, les efforts du gé­néral Lyautey tendant à assurer l'application de ces méthodes nouvelles au Maroc, tous les Français, de leur côté, à de rares exceptions près, facilitent cette grande tâche en se montrant justes et bienveillants dans leurs rapports avec les indigènes.



Fez : la mosquée des Andalous.

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La région de Fez, plus éloignée du littoral et où les voies de communications commencent seulement à s'établir, n'a guère attiré jusqu'à présent les pionniers ...

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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Dim 20 Avr - 17:29

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de la colonisation qui se portèrent en masse à Casablanca et à Rabat. Mais, lorsque la route de l'Est sur l'Algérie par Taza et Oujda sera ouverte, tout permet de croire que la poussée algérienne, cet essaimage si précieux dont j'ai parlé dans mon pré­cédent article, se fera vi­vement sentir de ce côté. Or, ce n'est plus qu'une toute petite question de temps. Cette dernière cita­delle des patriotes maro­cains, cette petite place forte de Taza, qui est main­tenant le seul obstacle qui s'oppose à notre passage, sera facilement enlevée quand l'opération aura été irrévocablement décidée. Des considérations diver­ses, dictées par la sagesse et le désir de diminuer autant que faire se pourra l'effusion du sang, ont jusqu'ici retardé cette en­treprise qui parachèvera l'œuvre de pacification as­sumée par la France.



Fez : intérieur dans la ville arabe.

L'œuvre de colonisation proprement dite, c'est-à-dire la mise en œuvre des richesses latentes si nom­breuses au Maroc, pourra alors commencer dans la sécurité et dans la paix pour le plus grand profit des Marocains comme des hommes d'initiative et de bonne volonté qui voudront concourir à la régénéra­tion de ce beau pays. Agri­culture, commerce, exploi­tation des mines, tout est à créer en ce Maroc qui reste malheureusement si peu connu du grand public. La presse donne fidèlement l'écho de tous les coups de fusil que l'on y tire, mais elle néglige peut-être un peu trop d'en­tretenir ses lecteurs de ce qu'il leur serait immédiatement utile de savoir du Maroc : possibilités économiques, succès encourageants des premières entre­prises qui y ont été tentées, perspectives d'avenir offertes aux intérêts français.

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Ainsi, le voyageur qui, aujourd'hui, descend de son auto à Oujda ne peut se faire une idée de ce qu'était ce cloaque avant l'arrivée des Français. Sans lui ôter l'essentiel de son cachet original, on a percé des rues, ouvert des places, tracé des jardins et des squares, ...

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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Dim 20 Avr - 17:37

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restauré les mosquées comme les vieux remparts, bâti un quartier européen à côté de la ville arabe, assaini, aménagé ce chaos de ruelles et de masures qui constituaient la sor­dide agglomération d'antan. Le « camp », avec ses han­gars d'aviation, ses loge­ments d'officiers, ses caser­nements, ses parcs d'artil­lerie et du génie, les gara­ges des automitrailleuses, s'est perché sur un petit mamelon qui domine la ville. Il a fort bonne mine, des allures à la fois simples et confortables, un air de propreté et de prospé­rité qui réjouissent l'œil. Des jardins font une cein­ture verdoyante à l'oasis régénérée, et il n'est pas un seul coin de la plaine qui ne semble rajeuni et pros­père.

Ce qu'ont réalisé là, en si peu de temps, le général Lyautey et ses collabora­teurs donne une idée de ce que deviendra, en très peu d'années, le Maroc tout entier, sous l'impulsion que vont lui donner tant de forces bienfaisantes et gé­néreuses mises avec ardeur au service de son relève­ment.



Oujda: la source de Sidi-Yahia.
A 4 kilomètres d'Oujda, la petite palmeraie de Sidi Yahia, que féconde et vivifie la belle source d'eau chaude du même nom, est le lieu de promenade préféré des officiers d'Oujda. A l'aube, cavaliers-et amazones s'y donnent rendez-vous, et c'est précisément l'heure choisie par les officiers aviateurs pour faire l' « exercice » dans les airs. Quelle sensation étrange l'on ressent à la vue de ces grands « oiseaux de France » qui viennent ici évoluer au-dessus des palmiers au grand ébahissement, au grand effroi même, des chameaux et de leurs conducteurs !... Et c'est là, dans le ciel bleu, un éloquent symbole de la marche rapide du progrès, dont les manifestations sont, en ce plein désert africain, plus sensibles qu'ailleurs, par contraste.

Cette marche rapide, vertigineuse, du progrès moderne, dans des pays immo­biles depuis des millénaires, effraie les uns. navre les autres, mais entraîne tout et tous dans son irrésistible tourbillon.


GERVAIS-COURTELLEMONT.

Photographies en couleurs de l'auteur.


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MessageSujet: Jules GERVAIS-COURTELLEMONT : CE MAROC QU'IL FAUT VOIR, in L'ILLUSTRATION - 1913 -   Dim 20 Avr - 18:30

FIN DE LA REPRODUCTION DE L'ARTICLE DE

MONSIEUR GERVAIS-COURTELLEMONT

PARU DANS LE JOURNAL L'ILLUSTRATION

LES 8 ET 22 NOVEMBRE 1913.

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