Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Métiers et Arts Indigènes

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Mer 14 Mar - 9:45



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page de couverture


page 1


METIERS ET ARTS INDIGÈNES


NUMERO PUBLlE SOUS LA DIRECTION DE PAUL BORY ---
COUVERTURE DE MADELEINE XIMA
DESSINS DE DELPY - PHOTOS BELIN, FLANDRIN, RESIDENCE GENERALE -
DOCUMENTATION DE LA DIRECTION DES AFFAIRES POLITIQUES (Service des Métiers et Arts Indigènes) -- TEXTES DE LOUIS DELAU

SOMMAIRE





Liminaire, par Louis DELAU , .....2
Artisanat et Métiers Marocains, par le Général NOGUES, Commissaire Résident Général de France au Maroc .....3
Les Etapes de l'Artisanat Indigène, par J. BALDOUI, Chef du Service des Métiers et Arts Indigènes à la Direction des Affaires Politiques .....5
L'Art du cuir .....10
Tissus et Broderies .....16
Céramique et Poterie .....18
Ebénisterie et Marqueterie .....20
Ferronnerie - Dinanderie .....22
Devant ia boutique du bijoutier .....24
Tapis - Hanbels .....26
L'Artisanat Marocain et le Commerce d'Exportation .....31
Vieil artisan et jeune apprenti .....32
Les Vanniers à Salé .....33
Expositions et Musées .....34
Foires Artisanales.....35
L'Artisanat Marocain et la construction des villages miniers de l'Office Chérifien de Phosphates .....36
La cité ouvrière de la Compagnie Sucrière .....38
L'Industrie du cuir, par Pierre MAGNARD, délégué générai au Groupement des Cuirs et Peaux..... 39
Quelques mots sur le rôle des minotiers au Maroc .....40


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Mer 14 Mar - 9:59

page 2


LIMINAIRE



par Louis DELAU
Dans toute tradition, même d'art, il y a la lettre et il y a l'esprit. Le service des Arts Indigènes du Protectorat français au Maroc a fait profession de maintenir l'art marocain dans ses traditions, mais dans leur esprit bien plus que dans la lettre.
Comment distinguer l'esprit et la lettre dans des arts qui, à la vérité, semblent n'avoir aucun point commun non seulement avec la vie pratique moderne, mais encore avec le goût moderne. Notre civilisation occidentale n'est point une civilisation de meubles bas, de stations horizontales, de perspectives verticales. Si, de l'art proprement dit, inséparable dans toute civilisation d'un certain luxe, on passe à l'artisanat, c'est à dire à l'art de confectionner, sans se défendre nécessairement de les embellir, les objets indispensables à la vie pratique, l'écart s'accentue entre la tradition marocaine et la vie occidentale: ni la cuisine n'exige les mêmes ustensiles, ni la table les mêmes services, ni l'habillement, ni la chaussure les mêmes formules. C'est un monde et un autre monde. La lettre et l'esprit ne se confondent-ils pas pour opposer radicalement deux formes de vie, en conséquence tout ce qui sert à les différencier ?
Le service des Arts Indigènes ne s'est point laissé prendre à ces apparences de vérité. Il est vrai qu'il ne lui appartient pas de faire périr un art en changeant ses buts et ses moyens ; mais il ne lui appartient pas non plus de le laisser périr d'inanition dans un magnifique et stérile isolement. Il a compris qu'il fallait pour sauver l'art traditionnel lui offrir des débouchés nouveaux qui permissent aux artistes et aux artisans de vivre d'abord et de sauvegarder la meilleure part de l'ancienne technique et des chefs-d'œuvres qu'elle est toujours capable d'engendrer.
C'est ce qu'a rapidement compris M. Baldoui, chef du service des Métiers et des Arts Indigènes, qui, sous la haute direction des Affaires Politiques du Protectorat français, a entrepris non de réformer l'art ou l'artisanat indigènes, mais de leur permettre de continuer à étudier et à travailler selon leur idéal séculaire, en leur donnant le moyen de vivre.
Ainsi, nous arrivons à ce double résultat : conserver un art intact, dont l'esprit ni l'inspiration ne sont
en rien faussés; donner aux artisans des débouchés utiles et productifs.
Nous sommes heureux de rendre ici un hommage particulier à M. Jean Baldoui et à son prédécesseur M. Ricard dont les principes n'ont cessé de le diriger C'est en recherchant et en conservant avec un soin jaloux les témoignages de l'art marocain ancien, que M. Ricard avait pu constituer un Service des Arts Indigènes digne de sa grande mission. Par une autre voie, dans des temps plus difficiles, M. Jean Baldoui a résolu d'arriver au même but. Mais au but poursuivi par M. Ricard, dont le souvenir nous est aussi précieux qu'à lui, un autre but s'ajoutait : celui d'aider à la production, avec des matières purement marocaines, d'objets qu'une importation précaire ne nous apportait plus que difficilement. C'est pour atteindre ce double but que les artisans marocains tout en conservant leur attachement aux formes anciennes de leur art, se sont mis allègrement et généreusement à fabriquer ce qu'une impérieuse nécessité leur imposait.
C'est dans cet esprit de fidélité à une tradition précieusement conservée et de liberté vis à vis d'une production moderne, à double titre nécessaire, que nous avons composé cet ouvrage pour le public.
On n'y trouvera qu'une présentation élémentaire, mais suffisante de la production artisanale moderne au regard de la production traditionnelle: des souliers à côté des belgha ; des tables de bridge à côté des mitas à couscous ; des lampadaires, des vases à formas recherchées, des services à café, voire des porte-cigarettes.
Les plus étrangers de ces objets à l'art marocain original ont cependant conservé plus d'un trait de leur origine et l'on peut même dire tous les traits possibles. Les matières en sont des plus recherchées au Maroc; les motifs sont souvent des reproductions de l'ancien; enfin, une certaine naïveté donne à tous ces objets un caractère particulier qui est une partie de leur charme.
La part que nous devons à Mr Baldoui et à ses collaborateurs immédiats dans la réalisation de cette œuvre est trop évidente pour qu'il soit besoin d'y insister. Moins apparente. mais combien éminente, s'avère la participation dont nous a honorés la Direction des Affaires Politiques ainsi que les contrôleurs chargés du service de l'Economie et de la Prévoyance indigènes.
Mais nous devons en premier lieu remercier le général Noguès qui a voulu présenter lui-même au public marocain les propres pages d'un album où revit la tradition des représentants de la France au Maroc. Ils ont tous procuré et assuré à l'art marocain la protection éclairée de leur service des Arts Indigènes. Aujourd'hui, comme au début, la tâche est particulièrement difficile : il ne suffit plus de protéger, il faut défendre. Cette tâche est entre bonnes mains, le général Noguès était destiné de par ses qualités personnelles, aussi bien que de par son passé, à être le restaurateur d'une civilisation menacée par le malheur des temps.
Sa signature au bas de ces pages en est un témoignage plein d'éloquence.
Louis DELAU


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Mer 14 Mar - 10:10

page 3


- LE GÉNÉRAL NOGUES AU MILIEU DE SES AMIS, LES TANNEURS MAROCAINS, QUI LE REMERCIENT DES MESURES PRISES EN FAVEUR DE LEUR CORPORATION.

ARTISANAT ET MÉTIERS MAROCAINS



PAR LE GÉNÉRAL NOGUES COMMISSAIRE RÉSIDENT GÉNÉRAL DE FRANCE AU MAROC

L'ARTISANAT a conquis depuis peu dans la Métropole l'audience des milieux officiels. Il ne l'avait jamais perdue au Maroc. En effet, le problème est ici de maintenir et là de ressusciter.
Au Maroc, le lien n'a jamais été rompu avec le passé ; bien fragile, ce lien fut à plusieurs reprises sur le point de se briser. Lorsque je fus appelé au Gouvernement de ce pays, l'existence de l'artisanat marocain était en jeu. Il traversait la crise la plus grave qu'il eût connue. Celle-ci fut au premier rang de mes préoccupations. M'adressant, il y a quatre ans, aux hommes de métier de Fès, j'en soulignais les caractères généraux. Elle affectait tous les pays d'Islam et menaçait le même mode de vie et de production, d'Alep à Marrakech. Cette économie raffinée mais archaïque, plus artistique qu'industrielle, fut mise brusquement en contact avec le marché mondial dominé par la production intensive à bon marché du machinisme.
Question de vie ou de mort. Les métiers, l'artisanat allaient-ils succomber, reculant sur leur propre terrain ? Les clientèles de la ville et de la campagne allaient-elles désormais adopter les produits exotiques, pour se vêtir, se chausser, se meubler ? ..
Situation tragique : ce grand corps de l'artisanat allait-il devenir peu à peu une force sans emploi, s'épuisant en discordes, cédant aux surenchères de la faim ?
Fallait-il accepter passivement cette issue que d'aucuns déclaraient fatale ? Fallait-il cantonner l'artisanat dans le cercle étroit de l'industrie de luxe, réserver pour une infime minorité d'amateurs d'art une poignée d'artisans et condamner toute cette petite bourgeoisie des villes industrielles ? Je n'ai pu me résoudre à cette solution cruelle.
Tout fait économique présente un aspect politique et humain. C'est cet aspect qui doit retenir notre attention. Tel est le sens de la réforme profonde qui est en train de s'accomplir en Europe et dans le monde, au milieu des bouleversements et des troubles dont la rigueur n'a pas fini de nous éprouver.  .../...


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Mer 14 Mar - 10:20

page 4



Il était impossible de condamner à la misère ou au morne travail des fabriques, les habitants de ces échoppes qui sont l'ornement et la charpente des cités mogrébines modelées, par les siècles dans leur structure et leurs fonctions.
Ma décision fut prise dès l'abord, d'une restauration de l'artisanat.
En même temps que nous prenions conscience de cette crise, nous précisions les difficultés de l'entreprise et posions les principes d'une action méthodique dont les effets commencent à se faire sentir actuellement. Sur mes ordres, les autorités reprenaient en main l'artisanat, en apprivoisaient les masses, en reconstituaient les cadres, désignaient une élite de la profession, ébauchaient cette réforme corporative qui ne laisserait plus l'artisan sans appui.
Il y a quatre ans, nous étions les premiers à remettre en honneur nos vieilles corporations à qui nous rendions leur organisation et leurs cadres. Nous redonnions à l'amine son autorité, l'entourions d'un conseil, rendions aux artisans leurs bannières qu'ils étaient fiers de présenter à la première grande foire artisanale de Fès au printemps 1937.
Les caisses régionales enseignaient aux corporations la prévoyance et la responsabilité et, par le moyen du crédit, les reconstruisaient par l'intérieur, tandis que des organismes et des comptoirs de vente prospectaient de nouveaux marchés et tentaient de fournir au problème la solution nouvelle que j'avais indiquée : orienter les métiers vers la production utilitaire, point capital de cette réforme, clé de voûte de la restauration de l'artisanat. Il fallait dégager la production artisanale des routines faciles où elle s'enlisait et la diriger vers les larges débits qu'exigent la clientèle et les besoins des marchés nouveaux.
En effet, à côté des individualités et des métiers qui, sous la tutelle des arts indigènes, s'attachaient depuis de longues années à maintenir les traditions techniques d'art, il était absolument nécessaire d'encourager la masse des humbles ouvriers menacés, à entrer dans une voie nouvelle, pour les amener à la prospérité.
Cette adaptation qui s'efforce d'éviter la ruine de l'ordre ancien doit faire vivre une main-d'œuvre nombreuse. Son organisation est une tâche difficile et de longue haleine. Entreprise dès 1937, elle comporte un contrôle rigoureux de la qualité des produits, une amélioration des procédés de base, en particulier de ceux des industries-clé comme le tannage et le tissage indigènes. Perfectionner l'outillage sans pour cela que soit avili un art précieux, la perfection qu'il faut chercher à atteindre résultant de l'union intime des traditions du passé et des techniques modernes. C'est une preuve nouvelle de la fécondité de l'association des efforts marocains et français qui mettent en commun leurs qualités complémentaires .
Cette action continue se poursuit depuis quatre ans sans rigidité : nous avons su, lorsque l'expérience l'exigeait, modifier et assouplir nos conceptions. Chaque fois que je revenais à. Fès, capitale des métiers, où se déroulaient à chaque Foire annuelle les Etats-Généraux de l'artisanat, j'interrogeais attentivement chefs de corporations et compagnons pour suivre dans le concret l'application des programmes et observer au cœur de la corporation ce mouvement spontané, cohérent, continu, qui lie harmonieusement l'évolution technique et l'évolution sociale, sous notre impulsion et avec notre aide.
Aujourd'hui, j'ai la joie et la fierté, de constater le plein épanouissement de l'artisanat et des métiers marocains. Leur activité se développe dans des conditions qui auraient paru incroyables lorsque nous posions, il y a quatre ans, les bases d'une rénovation aujourd'hui atteinte.
Certes, les circonstances ont favorisé cet essor. Nous sommes contraints de nous replier sur nous-même et de vivre par les moyens du bord.
Nous étions préparés à profiter pleinement de circonstances imprévisibles. Dès qu'il a fallu, les artisans marocains étaient prêts à démarrer et à nous apporte le concours précieux de leurs outils, ces outils qu'ils avaient pu conserver, dont ils avaient même accru le domaine et le rendement. En restaurant un ordre ancien, en l'adaptant aux conditions nouvelles, nous avons mis le Maroc en mesure de mettre lui-même ses ressources en valeur.
La nécessité de pourvoir en 1939 et 1940 aux besoins de l'armée, de la population européenne privée partiellement de ses fournisseurs, a provoqué une importante production d'objets courants. Les commandes d'équipements de cuir pour la troupe, livrées directement par les artisans ont, à elles seules, représenté des sommes importantes. Les tisserands, par exemple, se sont très rapidement orientés vers la production d'équipements de laine.
Cette nouvelle forme d'activité à peine lancée, la conjoncture économique tendait une fois de plus à compromettre cet équilibre fragile et à freiner cet élan récent.
Une nouvelle évolution est imposée à l'artisanat par la perturbation dans les échanges extérieurs qui supprime certains débouchés et nous prive non seulement de certaines matières premières telles que le cuivre, le plomb, la soie, le coton, mais de produits fabriqués, en particulier des tissus.
Mais là encore nous devons regarder l'avenir avec confiance. La rapidité avec laquelle les métiers ont su se plier aux besoins nés de la guerre montre la robustesse et la souplesse de l'organisme artisanal.
S'appuyer sur la terre et les hommes, articuler les fruits de l'une et l'ouvrage des autres, en visant plus la solidité de l'entreprise que les profits copieux de négoces lointains, mais incertains, tel est le moyen de résister aux tempêtes furieuses, déchaînées sur le monde. L'enseignement de l'artisanat marocain, de son essor présent, prend dans les circonstances actuelles une valeur et un relief qui méritent d'être soulignés, dont nous devons tirer une leçon profitable.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Mer 14 Mar - 10:44

page 5


Quelques étapes de l'Artisanat Marocain


par Jean Baldoui chef du service des Métiers et Arts Indigènes.


Après tant d'études savantes, de rapports documentés, d'enquêtes et de statistiques laborieuses, dont il faut seulement regretter que beaucoup gardent encore un caractère quasi confidentiel, il semble qu'on ne puisse risquer de nouveaux commentaires sur l'artisanat marocain qu'à !a condition préalable de lui attribuer à la fois l'acception la plus large et le cadre le plus défini.
Vingt années de collaboration permanente avec lui nous rendent prudents quand il en faut parler mais nous autorisent, dans une certaine mesure à penser à sa manière, à refléter ses conceptions et ses tendances, à éprouver, en face des événements, ses propres réactions.
Beaucoup de vieilles civilisations mêlent si naturellement la grâce à leur vie quotidienne qu'elle transparaît dans leurs gestes les plus familiers et leur confère une noblesse dont nous avons tellement perdu le sens en Europe qu'il nous a fallu circonscrire les frontières sacrées de l'art pur, en faire une aristocratie fermée opposant son intangibilité aux formes mineures de l'art appliqué, de i'art rustique ou populaire et aux visées mercantiles de l'industrie.
Le Maroc ne connaît point ces divisions et réunit dans la communauté des artisans tous ceux qui exercent de leurs propres moyens un métier dont ils ont appris à pénétrer tous les secrets. Leur hiérarchie, car ils en ont une, s'établit sur la distinction faite au XIVe siècle par le philosophe et historien Ibn Khaldoun entre les arts simples ou vulgaires et les arts complexes ou nobles, énumération des plus longues et des plus hétérogènes qui n'exclut pas urne subdivision intercorporative, souvent plus subtile où la part est faite au discrédit ou aux préjugés attaches aux autres métiers tels que ceux du métal.
Si, par définition, les arts communs répondent aux nécessités premières du logement, du vêtement, de la nourriture, où se rangent à la fois le maçon, le menuisier, le forgeron, le tisserand, le tailleur, le cultivateur, le boucher, le cuisinier, on verra qu'ils n'abandonnent pas tout souci esthétique aux seuls arts nobles qui comprennent la littérature, la calligraphie, la musique, la médecine.
Ne prétendant traiter ici que de certains aspects de l'artisanat artistique et de l'artisanat utilitaire, nous voulons faire entendre qu'ils représentent, quel qu'en soit l'objet, l'expression accomplie d'une technique tendant à sa perfection, mais limitée à ses possibilités.
Aussi bien nous n'aurons garde de les séparer des industries de base, tannerie, filage, teinture qui participent directement à leur activité et présentent des raisons communes de déchéance ou de prospérité.
La double appellation : Métiers et Arts peut nous aider à différencier selon leur destination et leur usage, les objets communs et les objets de luxe mais elle nous incite à une distinction plus essentielle entre l'industrie artisanale et corporative des villes, les métiers populaires des ruraux et les arts domestiques pratiqués par les femmes en dehors de toute directive extérieure. Encore le mot d'industrie est-il ici bien impropre pour désigner tels ouvrages confectionnés pour les seuls besoins de la maison ou du ménage sans aucune intention commerciale.
Sous ses faces multiples l'artisanat marocain porte en lui une vitalité qu'on ne retrouve nulle part ailleurs dans les pays de l'Islam. Vieux de mille ans, il a survécu aux cités déchues, aux édifices ruinés, aux troubles politiques, aux bouleversements économiques ; après un quart de siècle de protectorat, son existence, associée au pittoresque des médinas et des campagnes, semble l'avoir investi à jamais d'un prestige exemplaire et anachronique.
Où trouverions nous les causes de son obstination sinon dans la fidélité aux coutumes ancestrales ? et celles de sa longévité sinon dans l'habileté manuelle et l'excellence des ouvriers ?
Ces  vertus   n'ont  pu   si   longtemps   se   perpétuer  qu'à l'abri d'une règle à la fois morale et professionnelle qui est la règle corporative. Elle n'a d'ailleurs jamais porté atteinte à l'individualisme jaloux des artisans marocains ni — on le verra plus loin — à leur capacité d'évolution.
Là même ou l'organisme régulateur de la corporation se décomposait, la règle est demeurée, ou, à défaut de la règle, l'esprit.
Dans le passé le sort des corporations est intimement lié à la munificence des souverains. Les travailleurs ne subissent pas à proprement parler de crises économiques dans une société qui vit sur elle-même des richesses de son sol et de ses troupeaux et se règle sur ses propres besoins.
Le Maroc ne connaît alors l'art des autres pays qu'à la faveur des pèlerinages à la Mekke, des présents aux Sultans, de l'admission de femmes étrangères dans les harems, .../...


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Mer 14 Mar - 12:40

page 6


- Forgerons d'art. (composition de Delpy)


.../... des butins des corsai res et de quelques rares échanges commerciaux.
Il en goûte la nouveauté comme le fait de curiosités exotiques. L'influence en est d'ailleurs enco-re visible dans le décor des broderies, des tissus et des tapis citadins.
Mois dès la fin du siècle dernier, le Maroc connait l'assaut des produits manufacturés en Europe : cotonnades
anglaises; soieries de Lyon, draps de France et d'Allemagne, moquettes mécaniques et argenterie de Manchester, verrerie de Bohême, vaisselle et ustensiles de fer battu ou de tôle émaillée, etc ... Les industries locales, compromises dans leur essor par cette concurrence massive, le sont dans leur queuté par l'Importation de matières premières médiocres, de tentures doruune aveuglante et sons solidité. Trompés par le clinquant de ces articles, tentés par le bon marché, les acheteurs indigènes ne tardent pas à les préférer aux produits de leurs artisans, au point d'oublier ou de méconnaître qu'ils avaient été l'honneur des siècles révolus.
En 1913, le Général Lyautey, promu Résident Général de France au Maroc, ordonne une enquête sur les industries du territoire au point de vue Economique, artistique et social. Le premier coup de sonde est donné, Un inventaire est entrepris englobant à la fois villes et campagnes et que n'interrompent pas les dures années de la guerre.
En 1915 la première Exposition Franco-Marocaine à Casablanca présente un tableau déjà complet de la production indigène. Elle fait ressortir la suprématie des modèles anciens, accusé la gravité de la situation, souligne les marques d'une décadence déjà certaine.
Pour y porter remède, Lyautey institue en 1918 l'Office des Industries d'Art Indigène qui sera administrativement rattaché deux ans plus tard, à la Direction de l'instruction Publique, des Beaux Arts et des Antiquités.
Ce service aura pour mission initiale de « centraliser directement toutes les questions concernant la production artistique, indigène et spécialement d'en surveiller la fabrication et d'en assurer l'écoulement. »
A cette époque, le public, même le public du Maroc connait encore mal les ressources artistiques du pays. Cependant, en 1917, deux manifestations, l'une à Rabat (2ème Foire du Maroc ) l'autre à Paris (Exposition d'Art Marocain au Musée des Arts Décoratifs avaient contribué à mettre ces ressources en lumière, à en taire
ressortir ses caractéristiques et la diversité. Il y était apparu que chaque ville, que chaque tribu, possédait ses spécialités on put dénombrer les techniques en usage : on commença surtout à distinguer, à défaut d ' u n enchaînement des styles du passé, la persistance de deux arts nettement différents, l'un de tradition arabe, exercé dans les villes et utilisant souvent des matières précieuses, l'autre d'inspiration berbère, donc anti-Islamique, exercé dans les campagnes et s'accommodant de matières frustes, le premier qui subit, au cours des
âges, des influences diverses et enrichit sa polygonie savante d'éléments floraux empruntés au proche Orient ou à l'Andalousie, l'autre, apparemment immuable, limité à des combinaisons géométriques assez sommaires mais traitées avec une liberté qui les sauve de la monotonie.
Une deuxième exposition au Musée des Arts Décoratifs à Paris en 1919, confirme le succès de la première et met les arts marocains à l'ordre du jour. Les producteurs indigènes ne connaissent encore d'autre méthode d'écoulement que l'enchère publique sur le souk ou la vente directe dans de petites échoppes où les marchandises se trouvent empilées sans aucun souci de présentation. Mal préparés aux transactions de grande envergure, les revendeurs s'avèrent inaptes à établir des prix de revient, à exécuter des commandes, à observer des délais et à assurer des expéditions.
On voit alors s'organiser en hâte l'exploitation d'industries anémiées, déjà décadentes, dont on ne cherche qu'à tirer des avantages immédiats. Des ateliers nouveaux sont ouverts hors des quartiers où ils se trouvaient groupés de .. puis des siècles. Leurs directeurs se disputent une main d'œuvre encore rare et malhabile non sans la faire renchérir dans des proportions assez considérables. On lui fait exécuter des modèles choisis sans discernement et souvent adaptés au goût du client, risquant ainsi de détourner les arts locaux de leurs fins naturelles. De sorte que l'avenir artistique du pays ne se trouve pas moins menacé par le subit engouement du public européen qu'il ne l'avait été par la désaffection de la société indigène.
Les tapis étant l'objet d'une faveur particulière, ils n'en courent que plus de risques, les chefs d'ateliers s'inquiétant bien moins de leur conserver leur originalité réelle que de les maintenir à bas prix en économisant sur les matières premières. L'action du Service des Arts Indigènes devait donc, dès l'origine, se heurter à des intérêts précis dont on peut dire aujourd'hui qu'ils n'ont été sauvés qu'à leur corps défendant.
En 1919, une estampille d'Etat est instituée pour garantir, l'authenticité d'origine, la bonne fabrication (texture et teinture) et le caractère indigène des tapis marocains. Cette mesure aura, par suite de la promulgation d'une loi française, l'avantage d'exonérer les exportateurs, des droits de douane à l'entrée en Fronce dons les limites d'un contingent fixé annuellement par décret. Tout en contribuant à améliorer 10 qualité des laines et du tissage e prescrivant en outre un retour aux vieilles teintures végétales, l'estampille devait accroître considérablement la production qui passait par paliers successifs, de vingt mille mètres carrés en 1920 à quatre vingt mille mètres en 1937 représentant une valeur locale d'environ douze millions de francs,
Il est à noter que cette industrie atteint, son apogée à l'heure, où le Maroc souffre ie plus cruellement de la crise économique et qu'elle sauve du chômage près de dix mille indigènes femmes et hommes occupés à .../...


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Jeu 15 Mar - 19:06

page 7


- Le dinandier martelant ses cuivres. (composition de Delpy)


.../... la fabrication du tapis, à la préparation des laines et de leur teinture,
Les autres métiers ne bénéficient pas d'une égale prospérité. A l'exception de ceux qui sont l'objet dune véritabie renaissance tels que la reliure, la céramique; la ferronnerie, le damasquinage, de plus en plus recherchés par les acheteurs européens, l'artisanat traverse en 1937 la période la plus critique de son histoire.
Les plus atteints sont les métiers réputés utilitaires que la clientèle musulmane, acquise à certaines commodités modernes, relègue déjà au rang des usages périmés, ou rejette parce qu'ils se sont d'eux mêmes avilis.
L'inquiétude est des plus grandes chez les tisserands, les babouchiers, les selliers, les potiers, les chaudronniers, tandis que les ouvriers du bâtiment, maçons, stucateurs, sculpteurs sur pierre, mosaïstes, charpentiers, sculpteurs et peintres sur bois se plaignent, non sans raison, de la part insuffisante qui leur est réservée dans la construction et l'ornementation des édifices publics.
En si mauvaise posture i'artisanat offre une meilleure prise à ses parasites et à ses exploitants, d'autant qu'un libéralisme aveugle leur assure l'impunité,
Pour alimenter de commandes massives leurs entreprises improvisées qui échappent à tout contrôle, certains, raccolent n'importe où une main d'œuvre besogneuse, innovent le travail à la chaine et la fabrication en série, sans grande considération pour son originalité, ni pour sa qualité.
Intensifier une production manuelle en l'assimilant plus ou moins au débit régulier et impersonnel d'une usine, comporte des dangers et risque de créer une prospérité factice et précaire . Les meilleurs s'y voient submerger par des tacherons interchangeables recrutés parmi les épaves des corporations démembrées.
Les déplorables récoltes des années 1935 et 1936 ayant réduit le pouvoir d'achat des populations rurales, ce qui subsiste encore des anciennes corporations trahit un tel affaiblissement que des secours immédiats doivent être distribués aux artisans les plus nécessiteux et des mesures prises pour la prompte restauration de leur vitalité.
L'action du Gouvernement s'attachera donc à tous les aspects du problème. L'ordre corporatif, reconnu, sera   progressivement redressé, ajusté aux nécessités du moment et orienté vers les formes les plus accessibles de la coopération. La création du crédit artisanal le délivrera de la férule des usuriers et lui donnera les moyens financiers d'accroître son potentiel en fonction des besoins d'un marché étendu aux pays étrangers, notamment à l'Amérique et aux états scandinaves dont la prospection sera facilitée par le Comptoir Artisanal Marocain qui s'affirme comme l'organisme commercial des groupements professionnels.
Sur le plan artistique et technique, le Service des Arts Indigènes, aujourd'hui représenté à Rabat-Salé, à Fez, à Meknès, à Marrakech, par des Inspecteurs Régionaux, à Casablanca, à Mogador, à Chichaoua, à Ouarzazate, à Azrou, à Tanger, par des Agents Techniques ou des Correspondants, a fondé et organisé dans chacun de ces centres, des musées d'art ancien, des salles d'exposition d'objets modernes, des bureaux de dessin, des laboratoires de recherches, des ateliers de démonstrations et d'expériences, véritables foyers de rééducation et de saine émulation où l'homme de métier trouve à sa portée, après une sélection qui le rend plus éloquent, le meilleur du patrimoine ancestral,
Ayant, par des contacts journaliers, gagné la confiance des milieux artisanaux, les inspecteurs des Arts Indigènes, en liaison avec les autorités de contrôle, mettent en œuvre ,leurs connaissances, leur goût, leur patience, leur don de persuasion pour assurer un meilleur traitement des matières, remplacer les outillages fatigués, perfectionner et contrôler la production, avec l'aide de leurs agents techniques et de leurs dessinateurs, qui avaient recueilli sous forme de maquettes, de relevés de mises en carte les modèles les plus classiques, les formes les plus pures du passé (tapis; broderie, tissus, reliures, armes, bijoux, ferronnerie, boiseries, céramiques, nattes, etc .. ,) ils en dégagent, avec toute la prudence qu'exige une pareille transposition, des adaptations rationnelles répondant aux besoins divers du public européen et d'une société musulmane en constante évolution.
Sous cette impulsion nouvelle, les menuisiers et les ébénistes qui n'avaient jamais fabriqué que des coffres, des divans, des tables basses, sont initiés à la construction d'un mobilier néo-marocain, les tapis, sans rien perdre de leur valeur, sont ramenés à des proportions courantes et commerciales, le cuivre et le fer sont adaptés au luminaire électrique, la céramique au revêtement des villas, à la vaisselle de table et à la décoration florale, les broderies et les bijoux à la parure féminine tandis que les artisans du cuir, sacochiers, babouchiers et selliers, trouvent une activité nouvelle dans la maroquinerie courante (portefeuilles, sacs à mains, cartables, ceintures etc ... )
La rénovation des industries marocaines comporte donc deux étapes essentielles : l'une de rééducation, basée sur les rèçles et les disciplines traditionnelles, l'autre toute dynamique, résultant de l'assimilation à des conceptions modernes et tournées résolument vers l'avenir.
Acclimaté aux complexités de l'économie moderne, revivifié dans ses techniques comme dans son organisation professionnelle et commerciale, l'artisanat se trouvait ainsi à la veille des hostilités, en mesure d'affronter les troubles profonds que l'état de guerre allait apporter dans l'économie du Protectorat.
Si ses facultés de production ne devaient être menacées qu'un an plus tard par la raréfaction de certaines matières premières, les mesures de défense monétaire, les conséquences du conflit sur l'orientation des échanges et de la consommation, l'arrêt des exportations sur la Métropole, l'Angleterre, les états nordiques, frappaient successivement les industries de luxe pour lesquelles le marché intérieur et certains marchés neutres, difficilement accessibles, n'offraient qu'un exutoire insuffisant.
En même temps qu'elle nous apportait ses menaces, la guerre devait, d'une façon inespérée, et par suite de l'arrêt des importations étrangères, soulager l'industrie locale .../...


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Jeu 15 Mar - 19:18

page 8



.../... de la concurrence d'une production mécanique de plus en plus envahissante et lui restituer ses débouchés naturels sur le marché intérieur et accessoirement sur l'Algérie et !'A. O. F.
La contribution de l'artisanat aux fournitures militaires laissait entrevoir un accroissement de son activité dans la mesure où les corporations seraient capables de réaliser dans les conditions requises et avec leur outillage habituel, les orticles demandés par l'Armée et par les Œuvres de Guerre: couvertures, tissus, tricots, nattes de couchage, équipements harnachements, selles, chaussures, etc ...
Amorcée par les progrès obtenus en temps de paix, cette expérience impliquait une discipline plus stricte des opérations initiales de triage, de lavage et de filage des laines, de dépouille, de salage, de séchage, de tannage, de corroyage des cuirs et imposait au fabricant de se conformer à des règles de standardisation fixes et à des détails de livraison impératifs.
Soutenue par la Direction de l'Intendance et guidée par des moniteurs français, cette action devait, après une très courte période expérimentale, donner des résultats si satisfaisants que les commandes passées par l'Armée à l'artisanat marocain atteignaient, au printemps 1940, le chiffre de 15 millions de francs.
L'artisanat ne pouvait mieux donner la mesure de ses ressources et celle de son opportunisme. Il devait en fournir de nouveaux témoignages après la cessation des hostilités sous le régime d'économie fermée imposée par le resserrement du blocus et les besoins pressants des population civiles.
Dès le mois de juillet 1940 plusieurs métiers connaissaient des difficultés de ravitaillement pour certaines matières premières introuvables ou inabordables, telles que la soie, le coton, le cuivre, le maillechort, le plomb, l'étain dont l'importation risque d'être pour longtemps suspendue.
Les tisserands de soie et de coton seraient actuellement en chômage s'ils n'avaient adopté délibérément l'usage des fils de laine pour la réalisation des couvertures et tissus d'habillement, appelés à remplacer les draperies étrangères.
Sans qu'il soit rien changé à leur outillage, ni à leurs procédés de fabrication, cordonniers, maroquiniers, menuisiers, sculpteurs et marqueteurs sur bois, ferronniers, dinandiers, créent des modèles inédits, se signalent par des progrès incontestés dans le choix des matières, le fini de l'exécution et l'ingéniosité de leur adaptation à de nouvelles destinations.
D'autres métiers se voient arrachés à une profonde léthargie. Ce sont les chanvriers, les cordiers, les vanniers, dont on a obtenu déjà tant d'articles de remplacement : cordes, ficelles, filets, sacs, paniers en roseaux, mannes à charbon en alfa et en doum tandis que se constituent, en marge, des ateliers, des groupes pour le tricotage des chandails, des bas, des chaussettes et des gants.
A l'heure actuelle l'industrie locale et l'artisanat se trouvent dans un état intermédiaire entre l'économie du temps de guerre et l'économie du temps de paix. La population européenne et la population indigène, privées des objets manufacturés qui leur venaient de l'extérieur doivent trouver sur place des produits de substitution.
Ces conditions singulières assignent un rôle nouveau à l'artisanat, rôle d'autant plus justifié que l'enseignement de la période de guerre a mis en relief ses facultés d'assimilation dans le domaine de la production utilitaire.
Les Foires artisanales de Rabat, de Fès, de Marrakech, organisées en pleine guerre comme l'avaient été les deux premières Foires Franco-Marocaines, marquent aux yeux du public une conquête sur la médiocrité, sur la routine et ouvrent un champ chaque jour plus vaste, aux possibilités trop longtemps méconnues d'une main-d'œuvre experte et compréhensive.
Organisées sur l'initiative des Chambres de Commerce et avec l'appui des autorités régionales et m'unicipales, ces manifestations dont le présentation est assurée par les soins du Service des Métiers et Arts 1 ndigènes reflètent périodiquement les étapes franchies sous le double signe d'une tradition fidèie à son passé et d'une évolution dictée par les réalités économiques.  
Après avoir connu des fortunes diverses, l'artisanat marocain, dont la réputation est désormais consacrée par les, amateurs d'art, trouve aujourd'hui un terrain propice mi développement de sa production vers certains articles de remplacement et s'intègre, comme autrefois, à la vie intérieure de la cité.  
Afin de confirmer l'impulsion qu'il avait donnée à cette nouvelle orientation, Monsieur le Résident Général décidait, au début de cette année. la transformation du Service des Arts Indigènes en Service des Métiers et Arts Indigènes et son rattachement à la Direction des Affaires Politiques assurant ainsi avec des moyens d'action renforcés, !a coordination de tous les efforts pour la protection et le contrôle des corporations qui forment les éléments agissants des grandes villes marocaines.
L'aptitude que possèdent les artisans à se plier eux circonstances les plus imprévisibles par des revirements spontanés de leur ingéniosité ne saurait en effet les affranchir d'une tutelle attentive et bienveillante, étant entendu que ceux qui en ont reçu la mission partageant leurs soucis et tempèrent leurs aspirations, possédant tout ensemble le respect des anciennes coutumes et le sens le plus aigu d'une actualité sans cesse mouvante, sans cesse transfigurée, de laquelle doivent se dégager les principes d'une économie restaurée et d'un équilibre durable.
Jean BALDOUI
Chef du Service des Métiers et Arts Indigènes


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Jeu 15 Mar - 19:27

page 9


L'APPRENTISSAGE DE LA BRODERIE ET DE LA TAPISSERIE A L'ECOLE DES ARTS INDIGENES DANS LA CASBAH DES OUDAIAS

Dès le plus jeune âge, les apprenties sont formées à la discipline toute spéciale du travail et de l'art de la broderie.Elles s'exercent d'abord sur de petits cavenas, s'habituent peu à peu aux mélanges des dessins et des couleurs, où elles acquièrent très vite une étonnante maîtrise. L'apprentissage de la tapisserie se fait selon les mêmes méthodes. Avec un automatisme nécessaire, on s'efforce d'inculquer aux jeunes artisanes le goût et l'amour d'un art où la part de l'inspiration personnelle est toujours respectée.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Jeu 15 Mar - 20:36

page 10

L'ART DU CUIR : Babouches et Chaussures modernes.

Une double nécessité invite aujourd'hui l'artisan marocain à s'orienter vers la production moderne : d'une part, l' obligation de satisfaire aux besoins pressants créés par la situation difficile de l'industrie mondiale; d'autre part, l'obligation personnelle de sauver sa propre vie en orientant son métier vers des fabrications nouvelles.
On le voit, cependant, la fabrication du soulier moderne ne nuit pas à celle de l'ancienne babouche. Il y a entre elles la marge essentielle qui demeure entre un art et un métier.
L'artisan marocain dispose d'une belle matière qui est le cuir marocain, depuis des siècles réputé dans le monde entier. Cette matière est abondante, de telle sorte que le Maroc peut, sans compromettre sa tradition propre, chausser solidement et élégamment le monde vers lequel il évolue en toute connaissance de cause.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Ven 16 Mar - 8:01

page 11

[

De la CHOUKKARA traditionnelle à la valise de Voyage

Sans cesser de fabriquer en série la Choukkara où le paysan et le citadin déposent leurs papiers et leur argent, les artisans se sont mis à la fabrication d'objets très commodes, même pour eux. Voici une valise entièrement fabriquée au Maroc et dont la solidité rivalise avec l'élégance. Elle est en peau de vache, couleur naturelle, cousue à la main et doublée en peau de mouton naturelle.
Le sac de dame voisin est en cuir de chèvre naturel, doublé en mouton.
Ces objets ont encore une certaine rusticité qui n'est pas déplaisante et qui leur donne un caractère particùlier très recherché.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Ven 16 Mar - 8:42

page 12


UNE BOUTIQUE dans   le   souk DES  BABOUCHIERS

à la Médina de Rabat
Il suffit de se promener au hasard des souks urbains pour se convaincre que le commerce des babouches est demeuré florissant, malgré la concurrence de la chaussure moderne.
Chaque boutique rencontrée est une petite exposition où le commerçant, qui est aussi un artisan, dispose avec goût les "blaghi" blanches ou jaunes, qui sont la chaussure des hommes et les « chbarell », de cuir, de velours ou de satin, couvertes de riches broderies, qui sont la chaussure des femmes. La « hanout », ou petit magasin du souk, est ainsi tout enluminée de couleurs vives, d'ors et d'argents et la succession de ces petits tableaux chatoyants est d'un pittoresque et d'une gaité pleine d'attraits


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Ven 16 Mar - 8:46

page 13


LE TANNAGE DES PEAUX dans le quartier des tanneurs à Fès

Le tannage des peaux se fait encore dans les installations indigènes du Maroc, par des procédés primitifs : le principal travail est laissé souvent au soleil, à la pluie- et à la circulation des passants. Dans le quartier des tanneurs, à Fès, la préparation des peaux, réduite à la technique la plus élémentaire, donne lieu à des scènes du pittoresque le plus inattendu. Tel le tableau présenté dans cette page où, sous la grande lumière, deux artisans en train de relever et d'égoutter les peaux, prennent figure d'athlètes aux gestes nobles, aux attitudes décoratives
.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Ven 16 Mar - 8:57

page 14


- Cette reliure est traitée en une matière particulièrement choisie : elle est faite de cuir de chèvre grenat. Au centre, une application en cuir de couleur est destinée à rehausser le style de la page, de légers filets et des dorures ou petit fer encadrent cet ensemble harmonieux.

- Ce coussin en peau de chèvre naturelle est brodé en soie verte d'un motif stylisé qui est dans la tradition andalouse : œuvre délicate et d'une rare élégance.

- Voici un autre genre de coussins en cuir, également brodés en soie sur des motifs berbères.

RELIURES


L'art de la reliure et l'art du coussin ont évolué vers une recherche plus sévère de la belle matière et une plus grande simplicité dans l'ornementation.

COUSSINS




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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Ven 16 Mar - 9:05

page 15


- Penché sur un cuir encore informe, l'artisan en tirera bientôt un sac surchargé d'ornements et entièrement recouvert de broderies de style berbère.


De même que le capuchon du burnous sert souvent de valise et de sac à provision, ainsi la sacoche est en quelque sorte le coffre-fort du berbère. Il ne la quitte jamais : elle renferme tout son avoir liquide et ces liasses de papiers et de certificats par quoi la civilisation moderne prétend définir et identifier chaque individu. Le travail de fabrication d'une sacoche est long et délicat. Tantôt le cuir est surchargé de motifs de broderies ou d'incrustations, tantôt il est travaillé discrètement au burin, son épaisseur lui permettant de supporter de profondes entailles selon le style berbère. Ces travaux d'art sont exécutés dans les moindres souks du bled où la tradition se transmet automatiquement du maâlem à l'élève attentif qui suit de près chacun de ses mouvements.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Sam 17 Mar - 7:56

page 16

TISSUS ET BRODERIES

Les Matières Premières

LA LAINE ET LE COTON
La laine, le coton et le chanvre sont aujourd'hui utilisés dans la confection des tissus de toutes sortes dont le Maroc a besoin.
La laine est abondante et les qualités diverses qu'en produit le Maroc sont employées avec discernement pour la confection variée des tissus: vêtements, couvertures, tapis, etc: ..
Le coton commence à devenir commun sur le marché des textiles où le chanvre, également apprécié, donne des tissus d'une rare finesse.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Sam 17 Mar - 19:15

page 17


- Coussins en coton recouverts de broderies de Meknès.
- Ceintures en soie et boutons en passementerie.
- Coussin carré en tissu de coton brodé dans le style des broderies de Salé.
- Sac de dame en tissu broché. La broderie est en soie bleu gris qui se détache sur fond blanc.
- Ceinture en tissu assorti au tissu du sac et ornée d'une boucle en soie.
- Coussin long en laine blanche orné à ses extrémités de broderies pourpre spéciales à Fès.
- Grand coussin carré, brodé de petits carrés au milieu d'un semis de pois : broderie en soie de Fès.



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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Dim 18 Mar - 8:20

page 18

CÉRAMIQUE

La céramique d'ornementation est demeurée presque absolument dans son cadre troditionnel, la curiosité ayant suffi à transformer en objets de luxe les fabrications originairement les plus utilitaires.

- Ce grand vase à couvercle, bien dans la tradition de Fès, est à décor bleu sur fond noir. Les dessins, des cercles entrelacés sur le couvercle et sur les flancs du vase, sont la copie de dessins anciens recueillis sur de vieux fragments de poterie.

- A gauche : Un plat à fond vert, décor écorché selon la technique employée pour les zelliges.

- A droite : Grand vase à fond vert, au décor semblablement écorché, selon des motifs traditionnels.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Dim 18 Mar - 8:23

page 19

POTERIES


- Grand et beau vase à décor bleu foncé empruntant ses motifs à l'altération des caractères coufiques.

- Poterie en terre cuite et à fond brun foncé sur lequel se détachent des décors élégants en bleu turquoise.

- Ce vase à flancs larges et à ornementation un peu lourde est d'une teinte foncée à grand effet. Le décor bleu turquoise est largement traité, reproduisant les formes librement interprétées de l'alphabet arabe coufique.

- Autre ornementation toujours en bleu turquoise sur fond aux teintes profondes, la forme du vase restant traditionnelle.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Dim 18 Mar - 8:31

page 20

ÉBÉNISTERIE MARQUETERIE

Les artisans s'efforcent aujourd'hui, tout en serrant de près la tradition d'adapter le mobilier qu'ils fabriquent aux usages de la vie européenne organisée dans le cadre du Maroc.
Voici les éléments d'un salon, canapé, table et coffre, fabriqués à Rabat. Une petite colonnette en bois tourné, orne et adoucit les angles de chacun de ces meubles rappel peut-être inconscient du style des tables de Salé où abondaient les colonnettes. Ce coffre en arar, sculpté dans la masse, est plus ancien que le divan et la table auxquels il a servi de modèle. L'ensemble est puissant mais sans lourdeur et donne une juste impression de confortable.
La fantaisie de l'ébéniste s'exerce aussi sur de petits objets : telle cette boîté à cigarettes en ébène incrusté d'ivoire et ce porte-cigarettes également en ébène et ivoire. Les ornements forment une décorotion en mosaïques qui est très élégante tout en reproduisant des dessins très simples.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Dim 18 Mar - 8:36

PAGE 21

Travail des Artisans de Meknès

- COIN de SALON en CÈDRE, à DÉCORS BERBÈRES exécuté à Marrakech.

- Grande coupe en bois de micocoulier, à décor ancien gravé

- Coffret précieux en bois de citronnier rehaussé de gravures berbères. La serrure artistique est en fer forgé et damasquiné argent

- SALON-BUREAU EN CÈDRE, EXÉCUTÉ A FES : divan, bibliothèque, bureau, table de bridge.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Dim 18 Mar - 8:43

page 22

FERRONNERIE d'ART

Ce lampadaire en fer forgé qui soutient un plat en terre cuite de fabrication marocaine est un beau specimen de l'utilisation nouvelle d'un art si heureusement pratiqué dans la civilisation islamique : les formes en sont pures et élancées autant que l'ensemble en est harmonieux.
Les deux chandeliers à cinq branches représentés ci-dessous sont, celui de gauche, la reproduction d'un modèle ancien en bronze coulé; l'autre, une création du Service des Arts indigènes, inspiré de motifs traditionnels.
Le fer forgé a toujours tenu une grande plœce dans l'art arabe. Les grillages, les lanternes, les marteaux et les poignées de porte, les serrures, les grilles de balcon, autant de témoins qui demeurent d'un art que l'architecture nouvelle menace de reléguer dans le passé. C'est pourquoi les artistes en fer forgé ont orien té leurs recherches du côté des objets d'ameublement et d'ornement qui s'accommodent le mieux de leur manière sobre mais élégante de traiter ce sévère métal.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Dim 18 Mar - 12:21

page 23

ORFEVRERIE - DINANDERIE

L'orfèvrerie marocaine, sans rien perdre de son originalité que l'on retrouve dans les motifs et aussi dans une certaine liberté d'exécution, s'attache désormais à traiter des objets d'une utilité plus générale et par conséquent, d'une diffusion plus aisée. Ces bracelets, ces colliers, ces cassettes peuvent figurer parmi les bijoux de n'importe quelle élégante, de Fès ou de Paris. Ce service à café en maillechort, œuvre d'un orfèvre de Marrakech, a sa place sur toutes les tables bien dressées.
Ce grand et beau vase en fer, damasquiné argent, avec des motifs tirés de l'écriture arabe, est une claire démonstration de la perfection où l'art arabe est parvenu, sous une direction éclairée, hardie et profondément artistique.


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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Dim 18 Mar - 14:21

page 24

DANS LE SOUK DE SALÉ DEVANT LA BOUTIQUE DU BIJOUTIER

Devant l'étalage séduisant du bijoutier, savamment disposé pour exciter les convoitises féminines, se sont arrêtés des paysans du bled. Les femmes ne sont pas dépourvues de bijoux, mais la simplicité de ces ornements primitifs peut-elle lutter avec le goût et la variété d'une aussi riche exposition? L'expression des visages dit assez quelle est la passion des Marocains pour l'orfèvrerie. Cet art a produit et produit encore la camelotte la plus vulgaire, en même temps que les motifs les plus artistiques et les styles les plus originaux. L'influence du bijou occidental commence à se faire sentir, mais la finesse et la délicatesse n'en sont pas encore assez appréciées pour qu'il soit une concurrence sérieuse au bijou traditionnel du Maroc.



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MessageSujet: Métiers et Arts Indigènes   Dim 18 Mar - 14:30

page 25

la femme aux bijoux

C'est dans les vallées du Sud marocain que le costume féminin a conservé les formes les plus curieuses et la plus riche décoration. Les traditions anciennes n'ont pas été encore entamées dans la vallée du Dadès, d'où cette femme est originaire. Elle porte un diadème rehaussé d'ornements d'or et d'argent et disposé sur une soubnia en soie. Autour de, son cou, sur sa gorge, s'étalent des rangs de bijoux, coraux, pierres précieuses, mêlés de pièces d'argent et d'autres menus motifs d'orfèvrerie. Les boucles d'oreille sont particulièrement soignées, tantôt formées d'anneaux de grandes dimensions en or et en argent, tantôt faites de bijoux relevés d'énormes cabochons. Telle qu'elle est, parée de ses vêtements soyeux et de son riche assemblage de joyaux, la femme du Dadès ressemble à s'y méprendre à une icone byzantine.


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