Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 LE MAROC ARTISTIQUE

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Paul CASIMIR




MessageSujet: LE MAROC ARTISTIQUE - 1917 -   Mar 25 Fév - 9:10

page 46


Photos du Service des Beaux-Arts

FEZ - Détails de zelliges ( carreaux de faïence)
à la médersa Attarine
Bois sculpté et ornements en plâtre et en faïence.

Photo Vizzanova

Panneaux peints
Travail exécuté par les soins des Arts indigènes à Rabat.


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MessageSujet: LE MAROC ARTISTIQUE - 1917 -   Mar 25 Fév - 9:26

page 47


Notre Protectorat sur l'Art Marocain


..........................our les esprits simplistes, l'art africain se concrétise dans les produits de l'ex-rue du Caire, qui ont élu domicile sous les arcades de la rue de Rivoli : tabourets incrustés de nacre, paravents en moucharabiyehs voisinant avec les pantoufles brodées et les colliers de sequins : toute la pacotille d'un Orient de bazar. Combien de personnes savent que dans la partie la plus reculée de l'Afrique du Nord, dans ce Maroc hier encore inconnu, a fleuri un art original, qui possède une personnalité robuste à l'égal de nos grands styles, art décoratif au premier chef, et qui s'est affirmé dans toutes les branches.

Pour s'en convaincre, il suffit d'aller dans cette même rue de Rivoli, non plus cette fois sous les arcades, mais au Pavillon de Marsan, dans lequel, grâce à des collaborations heureuses, nous avons pu grouper les manifestations les plus intéressantes de l'art marocain.

Sans prétendre retracer ici un historique de cet art, non plus qu'en faire une analyse détaillée, bornons-nous à indiquer sa caractéristique, qui est une alliance féconde entre les deux éléments que nous retrouvons plus ou moins dans toute l'Afrique du Nord : l'élément berbère et l'élément arabe.

Le premier de ces éléments, qu'on peut tenir pour autochtone, a ses racines dans un passé lointain. II a subi l'influence des civilisations phénicienne et surtout byzantine. Fait unique peut-être à notre époque, il a conservé son archaïsme, avec sa saveur. L'art auquel il a donné naissance est un produit du sol : c'est un art de la campagne, un art de la montagne, ses matériaux sont des matériaux rustiques , c'est pourquoi il a résisté à l'effet du temps. Il se manifeste dans les objets les plus usuels, auxquels il confère un cachet propre : poteries, ustensiles de ménage, nattes, tapis, étoffes, armes, etc. Profondément original, il est en même temps remarquable par son unité et son homogénéité. L'artisan — généralement féminin — qui travaille dans son gourbi ou sous la tente, se livre à toute la verve d'une fantaisie primesautière, mais cette fantaisie n'est jamais déréglée : elle est


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MessageSujet: LE MAROC ARTISTIQUE - 1917 -   Mar 25 Fév - 9:33

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géométrique, se bornant aux ressources de la ligne droite ou de la ligne brisée. Les tons entiers du coloris demeurent toujours harmonieux dans leurs audaces. Ni banalité, ni vulgarité. Les produits de chaque contrée, de chaque tribu, presque de chaque douar, ont leur cachet propre et le type de la décoration variera avec chaque objet.

A côté de cet art berbère, un des plus vieux du monde, a fleuri l'art des conquérants musulmans, l'art arabe avec toute la richesse de sa tradition déco­rative. Ce n'est plus l'art du paysan, primitif et naïf, c'est l'art fastueux du grand seigneur. Importé d'Orient par l'invasion qui en égrena les germes tout au long de sa chevauchée, avant de traverser le détroit pour aller resplendir en Europe, il s'arrêta sur les rivages de l'Atlantique, où il trouva un sol propice à son éclosion. Puis lorsque, après cinq siècles de domination, le Croissant disparut à tout jamais de la terre d'Espagne, le Maghreb recueillit l'héritage hispano-mauresque. Les artisans morisques chassés par les rois catholiques revinrent en Afrique, apportant avec eux le secret de leur art. Celui-ci, de nouveau, se développa librement, avec toute sa ferveur religieuse et — dernière étape de son évolution — devint l'art marocain.

Là, aucune imitation servile de l'œuvre du passé, mais une adaptation intelligente, marquée d'une empreinte particulière. Nombreux sont les monuments religieux, militaires ou civils, qui témoignent de la grandeur de cet art : qu'il nous suffise de citer la Casbah des Oudaïas, la tour Hassan et sa sœur la Koutoubia, Bab-Mansour, Bab Chella, les médersas de Fez et les tombeaux Saadiens.

Nous le répétons : cet art somptueux, dont l'adaptation à un milieu nouveau n'a pas altéré les traditions, s'est développé concurremment avec l'art autochtone, plus simple et non moins traditionaliste.

L'originalité du Maroc, c'est d'avoir conservé, vivantes et conformes encore à leur destination primitive, les choses qui dans l'Espagne des Maures, ne sont plus qu'une survivance ; qui, mortes à jamais, n'y sont qu'un but de pèlerinage, qu'un témoin du passé, qu'un souvenir pour les amateurs d'un art éteint. Les pierres de Rabat, de Meknès, de Fez, de Marrakech, pour délabrées qu'elles soient, ne sont pas des pierres de musée; elles servent encore. Sous les grandes portes aux belles inscriptions décoratives en caractères coufiques les cavaliers revenant de la fantasia ne sont-ils pas les mêmes que ceux qui, voici quelques siècles, rentraient dans leurs murailles crénelées après avoir guerroyé contre l'Infidèle ? Dans les médersas dont nous admirons le haut style, les mêmes étudiants répètent invariablement les sourates du Koran immuable ; et c'est bien le même mendiant qui, depuis le XV° siècle, adossé à la porte de bronze de Karaouïne, implore la charité du passant au nom d'Allah.

Bien que fortement délaissé depuis quelque vingt ans, l'art arabe et berbère n'a cependant pas entièrement cessé d'être cultivé. Il reste encore quelques artisans, quelques praticiens habiles, qui en possèdent les canons, les procédés, qui en détiennent les modèles et les gabarits. C'est à la survivance des corporations, dépositaires des traditions, qu'on doit de trouver encore un tisserand du crû pour confectionner des brocards lamés d'or et d'argent, un ornemaniste


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MessageSujet: LE MAROC ARTISTIQUE - 1917 -   Mar 25 Fév - 9:38

page 49


Photos du Service des Beaux-Arts

Koumias ( poignards du Sous)
(argent et cabochon rouge)
Mechmar ( réchaud) en fer forgé
(Musée de Rabat, salle de Fez)


Un chapiteau
( Médersa Mesbaya à Fez)
Meknès
(Cour d'une maison particulière)


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MessageSujet: LE MAROC ARTISTIQUE - 1917 -   Mar 25 Fév - 9:44

page 50


Photos R. Fournez

Une Chirat ( danseuse)
Femme de qualité ( Salé)

Photos R. Fournez

Fez - Fontaine et fondouk Nejjarine.
Fez - Dans le quartier Sidi Abdallah.


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MessageSujet: LE MAROC ARTISTIQUE - 1917 -   Mar 25 Fév - 9:53

page 51

pour faire fleurir un panneau de plâtre, un mosaïste pour orner le sol d'un palais, un enlumineur pour en décorer les plafonds.

Ces constatations suffisent à indiquer et à limiter notre rôle. Protecteurs du Maroc, en même temps que nous développons sa richesse agricole et son commerce, nous devons veiller jalousement sur son art, encourager ceux qui le pratiquent, les maintenir dans la voie traditionnelle, surtout les défendre contre les influences européennes qui ne pourraient qu'altérer leur goût. Il s'agit de leur faire comprendre que l'adoption de nos méthodes économiques n'entraîne pas comme corollaire l'abandon des pratiques d'art ancestrales ; que le ciment armé et la tôle ondulée ne doivent pas détrôner la pierre et la charpente. C'est pour cela, c'est dans ce but immédiat et pratique, que nous restaurons les monuments, relevant ce qui est tombé, entretenant ce qui est encore debout, encourageant les métiers d'art, créant des ateliers partout où faire se peut. Ce sera un des titres du Général Lyautey à la reconnaissance nationale, que d'avoir, au milieu de ses multiples préoccupations d'ordre militaire, politique et administratif, conçu et voulu cette persistance, sinon cette renaissance de l'art du Maroc.

Cet art, appliqué aux besoins de la vie, demande des débouchés : à nous de les lui procurer, en veillant scrupuleusement à ce que la qualité des produits soit digne des devanciers. Non seulement il nous appartient d'ouvrir des écoles où les vieux artisans formeront des apprentis, destinés à devenir des maîtres à leur tour, mais encore nous devrons fournir des éducateurs à nos possessions de l'Afrique du Nord, en sorte d'assurer une unité artistique à toute notre France africaine. Ce rôle d'éducateur, de conservateur de l'Art musulman ne revient-il pas tout naturellement au Maroc qui, pendant cette guerre, a bien été un peu la clef de voûte de notre édifice islamique ?

J'ose dire plus. Je prétends que nous-mêmes, artistes, architectes, déco­rateurs, résolus à nous soustraire aux influences étrangères — aux influences trop écoutées, de l'ennemi — avons à glaner sur le sol marocain. Nous y trouverons des inspirations heureuses en matière de construction en même temps qu'en matière d'ornement. Le style berbère notamment, nous offre, dans l'har­monie des couleurs, des trouvailles qui, coïncidence curieuse, semblent l'apparenter aux recherches les plus osées de notre art décoratif moderne. Je revois certaines couvertures Glaoua noires et blanches au semis de fleurs rouges, certains tapis à fonds blancs dont les ornements cubistes aux tons orange et verts n'ont rien à envier à nos conceptions les plus "ultra". Une fois de plus, l'expression forte d'une personnalité naïve se sera rencontrée avec la recherche la plus outrancière d'une originalité voulue.

Imprégnons-nous donc, Français, de l'art marocain, parce que nous pouvons le comprendre et l'aimer; faisons-lui de larges emprunts. Mais rappe­lons-nous que notre rôle est de le conserver, de le diriger parfois, jamais de le faire dévier.

Et cela est suffisant.


J. de la NÉZIÈRE,
Adjoint au Chef du Service des Beaux-Arts.


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MessageSujet: LE MAROC ARTISTIQUE - 1917 -   Mar 25 Fév - 10:18

page 52

TABLE   DES   MATIÈRES

_________


TEXTES
_________

.......................................................................................................... Pages

UNE LETTRE du GÉNÉRAL LYAUTEY .........................................................  3

L'ART MAROCAIN, par RAYMOND KOECHLIN..............................................  7

L'AVENIR DE L'ART MAROCAIN, par ALFRED DE TARDE............................... 21

LES ARTS INDIGÈNES AU MAROC, par A. R. DE LENS................................. 30

NOTRE PROTECTORAT SUR L'ART MAROCAIN, par J. DE LA NÉZIÈRE............ 47

____________________________
____________________________

ILLUSTRATIONS

____________________________

QUATRE VINGT-QUATRE ILLUSTRATIONS DONT :

SOIXANTE NEUF D'APRÈS UN DESSIN DE J. DE LA NÉZIÈRE; D'APRÈS DES PHOTOGRAPHIES DE VILLES, MONUMENTS, PALAIS, MEDERSAS, FONTAINES, FONDOUKS, RUINES, TOMBEAUX; D'APRÈS DES REPRODUCTIONS DE COSTUMES MAROCAINS ET D'OBJETS ARTISTIQUES INDIGÈNES : BIJOUX, DENTELLES, BABOUCHES, TAPIS, POIGNARDS, POIRES A POUDRE, COFFRETS A CORAN, POTERIE, PANNEAUX PEINTS ET SCULPTÉS, CARREAUX DE FAÏENCE, RÉCHAUDS, ETC...

ET QUINZE D'APRÈS LA COUVERTURE EN COULEURS, LES EN-TÊTES DE CHAPITRES, LETTRES ORNÉES ET CULS-DE-LAMPE SPÉCIALEMENT EXÉCUTÉS POUR L'OUVRAGE, PAR ]. MOSSO ET J. DE X.


____
____


EPREUVE D'ART

____

COUVERTURE  ORIGINALE EN   COULEURS

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MessageSujet: LE MAROC ARTISTIQUE - 1917 -   Mar 25 Fév - 10:24


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MessageSujet: LE MAROC ARTISTIQUE - 1917 -   Mar 25 Fév - 10:26




Fin de la "reproduction" de cette publication.



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