Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 HISTOIRE du MAROC

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Jeu 2 Jan - 17:59

page 52


Nous les reçûmes avec des mousquets, des demi-piques, des grenades et autres armes, et deux fois nous les chassâmes de notre pont; enfin, pour abréger cette triste scène, le bâtiment ne pouvant plus tenir la mer et trois de nos hommes ayant été tués et huit autres blessés, nous fûmes forcés de nous rendre, et l'on nous emmena à Salé, petit port de la côte de Barbarie.
Je ne fus pas aussi maltraité par les Maures que je le craignais dans le premier moment, et l'on ne me conduisit point, comme le reste de nos gens, à la résidence de l'empereur, dans l'intérieur du pays, mais le capitaine me garda pour sa part de la prise, parce que j'étais jeune et capable de lui être utile.
Comme mon nouveau patron, ou, si vous voulez, mon nouveau maître, m'avait emmené dans sa maison, j'espérais qu'il me prendrait avec lui lorsqu'il irait en mer, et comme sa destinée était d'être tôt ou tard fait prisonnier par un vaisseau de guerre portugais ou espagnol, je recouvrerais un jour, de cette manière, ma liberté. Mais cette espérance ne tarda pas à s'évanouir ; lorsqu'il s'embarqua de nouveau, il me laissa à terre pour soigner son petit jardin et pour remplir les fonctions habituelles d'un esclave dans sa maison. Au retour de son expédition maritime, il m'ordonna de coucher dans sa cabine pour tenir en ordre le navire.
Étant à bord, je ne songeais qu' à m'échapper et à chercher un moyen de délivrance ; mais, après y avoir bien réfléchi, je ne trouvais aucun expédient capable de satisfaire un esprit raisonnable, ni qui parût tant soit peu plausible.
Je n'avais personne pour conférer sur ce sujet, personne qui voulût s'embarquer avec moi ; je n'avais nul compagnon d'esclavage, pas un seul Anglais, Irlandais ou Écossais; j'étais le seul de cette nation. Aussi, pendant deux années entières, je n'entrevis aucune chance capable de favoriser mes projets, bien que mon imagination y rêvât constamment.
Ces projets de fuite aboutirent un jour où son maître l'avait envoyé à la pêche sur la côte de Salé. Il gagna le large et aboutit au Sénégal, après bien des souffrances.

Daniel DE Foë. (Robinson Crusoë.)

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 8:54

page 53



- MARRAKECH. Mosquée de la Kasbah.
Cette immense mosquée, appelée encore Djemaa Moulay Yazid el Mansouri, est dominée par un haut minaret aux décors curvilignes, se détachant sur un fond d'émail vert. A côté se trouvent les tombeaux saadiens.

CHAPITRE VII

La Renaissance islamique du XVIe siècle et les Chérifs Saadiens (1550=1660)


SOMMAIRE
Les conquêtes des Portugais et des Espagnols au Maroc provoquèrent une réaction islamique très vive dès le commencement du XVIe siècle. Les tribus arabo-berbères écoutèrent la voix des marabouts qui prêchaient la guerre sainte contre les Chrétiens.
Les chérifs Saadiens du Drâ bénéficièrent les premiers de cette explosion de fanatisme. Ils dominèrent le Maroc après 1550, et l'un d'eux, Ahmed el Mansour, détruisit, à la victoire d'El Ksar, une ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 8:59

page 54


... grande expédition conduite par le roi de Portugal. Les Saadiens, qui avaient organisé le Maghzen pour centraliser le gouvernement du pays, se désintéressèrent bientôt de la lutte contre les Infidèles et toute l'influence passa de nouveau aux marabouts.

1. La réaction contre les conquêtes des Espagnols et des Portugais.
Les guerres des Portugais et des Espagnols au Maroc, durant le XVIe siècle, furent de véritables croisades chrétiennes qui provoquèrent une renaissance islamique. Les Berbères connurent alors l'exaltation et le fanatisme religieux, tandis qu'après la conquête arabe, ils s'étaient contentés de suivre quelques pratiques musulmanes. La fusion des Berbères avec les Arabes importés, qui avaient été si longtemps un élément de trouble, devient à ce moment d'autant plus profonde que tous sentent le besoin de s'unir et de proclamer la même foi devant les envahisseurs chrétiens. L'éveil de ce patriotisme religieux permettra au Maroc de conserver son indépendance et de garder son unité, aussi bien contre les Chrétiens que contre les Turcs, qui, à cette époque, établissent leur domination dans le reste de l'Afrique du Nord. C'est de ce moment que date la véritable histoire nationale du Maroc, qui sera désormais séparée de celle de l'Algérie et de la Tunisie. Au lieu de conquérir de nouvelles provinces, les souverains vont se contenter de lutter contre l'anarchie intérieure et les convoitises de l'étranger.
Tandis que les derniers Mérinides, incapables de s'opposer aux établissements des Chrétiens, s'éteignent épuisés et perdent tout leur prestige, les tribus arabo-berbères, abandonnées à elles-mêmes, reviennent d'abord au morcellement primitif et écoutent la voix des marabouts qui prêchent la guerre sainte et la haine des Chrétiens. L'arrivée des Maures expulsés de l'Andalousie augmente encore cette explosion ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 9:04

page 55


... de fanatisme. Sous l'influence de cette renaissance religieuse, les Berbères se réunissent en confréries, fondent des écoles, des zaouias.

2. Les chérifs Saadiens (1550-1660).
Cette renaissance islamique, en faisant l'union des âmes, pouvait seule arracher les Berbères à leur isolement et leur donner la notion de l'Etat, mais il fallait un chef pour imposer une discipline, préciser le but à atteindre, et opposer des forces organisées aux entreprises des Chrétiens. Les chérifs, descendants du Prophète, qui depuis la chute des Idrissides avaient été
écartés du pouvoir, bénéficièrent de cette exaltation religieuse ; ils furent l'objet d'une grande vénération.
Quelques-uns de ces chérifs étaient descendants d'Idris, d'autres avaient été amenés d'Orient par les pèlerins. Ils étaient établis dans la région du Drâ et dans le Tafilalet. C'est d'eux que sont issues les deux dynasties arabes qui succèdent aux trois dynasties berbères.
Ce sont les chérifs Saadiens du Drâ qui prennent d'abord la direction de cette résistance musulmane contre l'envahissement des Chrétiens.
L'un d'eux, Mohammed El Mahdi, s'empare de Marrakech, puis, en 1547 et 1550, de Fès, où commandaient encore les descendants mérinides. Il étendit même ses conquêtes vers le Magreb central, mais il se heurta devant Tlemcen à la puissance des Turcs, qui réussirent à occuper cette ville et à venir jusqu'à Fès, où ils rétablirent un Mérinide. Il peut cependant reprendre la ville en 1554, au moment où les Turcs s'affaiblissent dans des luttes intestines, mais il meurt assassiné en 1557.

3. Ahmed el Mansour, conquérant du Soudan. — L'un des successeurs d'El Mahdi, Ahmed el Mansour (1578-1603), remporte, avec un de ses frères qui est tué, l'importante victoire d'El Ksar (1578), où est détruite une grande ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 9:07

page 56



- MAROCAINS EN PRIÈRE AUTOUR D'UN MARABOUT.
L'influence des marabouts (saints) est restée très grande au Maroc. Leurs tombeaux, qu'on appelle aussi des marabouts, entourés d'une grande vénération, sont l'objet de pèlerinages ou de visites dans certaines circonstances de la vie.

...
expédition conduite par le roi de Portugal, dom Sébastien. Cette victoire, appelée « bataille des Trois Rois », marque la fin de la première domination portugaise et consolide l'indépendance et l'unité du Maroc. Le pays s'était soulevé tout entier pour faire « la guerre sainte » contre l'envahisseur chrétien.
El Mansour porta à son apogée la puissance des Saadiens. Il entretint des relations courtoises avec les souverains d'Europe. Du côté de l'est, les Turcs renoncèrent à pénétrer au Maroc. II poussa au sud ses armées jusqu'au Soudan, où il s'empara de Tombouctou (1591) et des royaumes nègres du Niger et du Sénégal. Il en rapporta de si grandes richesses qu'il fut aussi appelé El Dehbi (le Doré). Le Soudan constitua, pendant plus d'un siècle, une belle colonie
...
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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 9:20

page 57


... pour les sultans et les marchands marocains. L'autorité était confiée à un pacha résidant à Tombouctou, mais peu à peu les relations des pachas avec les sultans affaiblis s'espacèrent et les pachas se bornèrent à envoyer un tribut tous les ans.
La décadence commence sous son successeur, en révolte déjà avant la mort d'El Mansour.
Les derniers Saadiens se divisent en deux branches, dont l'une règne à Fès et l'autre à Marrakech. Ils perdent leur prestige parce qu'ils se désintéressent de la lutte contre les Infidèles. Toute l'autorité passe de nouveau aux marabouts, qui apparaissent un peu partout, comme à la fin des Mérinides, un siècle plus tôt. Leur influence est seulement locale, mais comme chacun d'eux prétend être le vrai Mahdi (envoyé de Dieu), chargé de rétablir la religion dans sa pureté primitive, il y a entre eux des rivalités qui provoquent de nombreux troubles.
Ainsi, au milieu du XVIIe siècle, le Maroc était retombé dans le morcellement anarchique où il était au moment de l'avènement des Saadiens. C'est un marabout chérifien, venu de Tafîlalet, qui allait refaire l'unité du pays.

4. L'administration des Saadiens. — Les premiers Saadiens s'étaient cependant efforcés de faire régner l'ordre dans leur empire et de contraindre à l'obéissance les nombreux marabouts qui s'agitaient de tous côtés. Mohammed el Mahdi rétablit le cadastre créé par Abd el Moumen et réorganisa les impôts. Ahmed el Mansour posséda une puissante armée, exercée à la turque et composée de renégats, d'affranchis et de Maures andalous. Pour rendre le gouvernement plus fort, il désigna à l'avance son successeur et institua le Magzen (gouvernement), sur le modèle des Turcs. Tout en ne ressemblant que de loin à nos gouvernements modernes, cet effort de centralisation n'en constitue pas moins un progrès remarquable, par rapport à ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 9:26

page 58


... la  forme berbère de gouvernement des  dynasties  précédentes.
Marrakech, la capitale d'Ahmed el Mansour, fut embellie par de nombreuses constructions, comme le palais de la Badia, que fera démolir Moulay Ismaïl. On rapporte que ce sultan achetait pour ses palais du marbre de Carrare qu'il payait, poids pour poids, avec le sucre produit par les plantations de cannes du Sous. Les tombeaux saadiens, avec leurs riches décorations, sont un nouveau témoignage des efforts de ces souverains pour faire revivre les anciennes traditions artistiques.

LECTURE

LES   TOMBEAUX   SAADIENS
Les tombeaux des sultans saadiens, à Marrakech, sont une merveille d'art mauresque restée inconnue jusqu'à ces dernières années. La description qu'en donnent les frères Tharaud, évoque très exactement l'impression produite par ce joyau, qui est assurément ce qu'a laissé de plus parfait la civilisation andalouse dans toute l'Afrique du Nord.

« Dans l'ombre des hautes murailles de la mosquée d'El Mansour, s'élève au milieu des orties une petite bâtisse ruineuse. Oh! ce n'est pas bien grand, cela ne tient pas beaucoup de place dans l'immense ville de boue séchée ! Mais sans doute faudrait-il aller jusque dans les cités légendaires de la Perse ou de l'Inde pour trouver rien d'aussi parfait, une réussite aussi heureuse que le précieux coffret de cèdre, de marbre et de plâtre sculpté enfermé derrière ces murs.
« Du dehors, on ne voit rien que deux petits toits verts qui semblent se confondre avec les toits d'une mosquée voisine C'est au fond d'un petit enclos, emprisonné comme un puits entre les murs de la mosquée et la haute enceinte édentée d'un vieux palais écroulé. Partout l'herbe et l'ortie. Deux pavillons bien délabrés dressent dans cette solitude leurs murs terreux et leurs toits verts, mal assurés sur des poutres de cèdre qui tremblent dans la ...
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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 9:28

page 59



- MARRAKECH. Les tombeaux saadiens.
C'est là que sont inhumés les souverains de la dynastie saadienne. Les hautes colonnes de marbre qui soutiennent les arcades, les revêtements de faïence appliqués aux murs, les fines arabesques sculptées dans le plâtre produisent une impression profonde et forment, au-dessus des stèles moulurées, couvertes d'inscriptions et d'ornements, un ensemble d'un art parfait.

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 9:34

page 60


... maçonnerie. Aucune porte ne défend l'accès de ces pavillons ruineux. On passe de plain-pied des orties de l'enclos dans une chambre merveilleuse, au milieu de laquelle sont posés sur le sol trois longs cercueils de marbre. Autour de ces trois tombes s'élancent des colonnes sur lesquelles s'appuient des arcades et la haute voûte d'un plafond étincelant de reflets d'or et de couleurs passées. Une simplicité, une proportion divines, qui rappellent les plus beaux ouvrages de l'art grec ou de la Renaissance italienne. Et tandis que l'esprit se réjouit de l'harmonie des lignes, les yeux découvrent avec enchantement une décoration murale d'une richesse, d'une variété, d'une fougue incomparables. Pas un marbre, pas une surface, pas un caisson de cèdre, pas une faïence où ne se déploie une imagination vraiment déconcertante en ressources et en ingéniosité. Il faudrait des jours et des jours pour épuiser un détail infini, qui deviendrait peut être lassant par sa prodigalité, si la contemplation ne trouvait son repos dans le calme de l'ensemble. Entrelacs, rinceaux, nids d'abeilles, panneaux couverts d'une écriture dont les lettres se nouent et se dénouent, s'emmêlent et se poursuivent, comme dans nos vieilles tapisseries les lévriers et les lièvres bondissants, tableaux de plâtre ajouré, stalactites, sceaux de Salomon, araignées du Prophète, étoiles et soleils de zelliges(1), tous les motifs habituels de la décoration mauresque se retrouvent ici avec une telle abondance et tant de bonheur dans l'invention, que tout cet art formel et volontaire, le plus éloigné de la réalité qui se puisse concevoir, fait vibrer ces murailles et les anime, pour ainsi dire, de la vivante chaleur de l'esprit.
« Dans cette chambre et dans les chambres voisines, moins belles parce que moins bien conservées, mais encore très magnifiques, partout d'autres stèles funéraires, les mêmes longs cercueils ivoirins, sculptés, fouillés d'inscriptions merveilleuses, tous de la forme d'un bateau renversé, la quille en l'air, sur une plage, les uns très longs, faits, semble-t-il, pour des corps gigantesques, les autres tout petits, à la mesure d'enfants nouveau-nés. Ce sont là les tombeaux des princes saadiens qui vécurent, il y a trois cents ans, dans le palais détruit d'El Bedi. »

Jérôme et Jean THARAUD. (Marrakech ou les Seigneurs de l'Atlas.)

(1) Zelliges : ornementation faite de l'assemblage de petits morceaux île faïence émaitlée et multicolore.
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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 11:37

page 61



- MEKNES.  Bab el Mansour.

C'est une des dernières constructions du grand sultan Moulay Ismaïl. La voûte est encadrée d'un décor en briques entre lesquelles sont enchâssées des mosaïques; au-dessous, sont des rinceaux floraux en carreaux noirs. Une inscription célèbre la gloire de Moulay Ismaïl et surtout celle de son successeur Moulay Abdallah. Les colonnes trapues en marbre blanc avec leurs chapiteaux soutiennent de hauts piliers prismatiques. Sous la voûte de Bab el Mansour. le pacha blanc de la ville et le pacha noir de Bokkari tenaient leurs audiences foraines.

CHAPITRE   VIII

Les  Chérifs Alaouites ou  Filaliens (aux XVII« et XVIIIe siècles)


SOMMAIRE
Les chérifs Alaouites, venus du Tafilalet, descendirent la vallée de la Moulouya et s'emparèrent de tout le Maroc. Le plus grand roi de cette famille, Moulay Ismaïl (1672-1729), fut un souverain puissant, qui organisa une armée fidèle, la garde noire, et construisit une immense ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 11:43

page 62


... capitale, Meknès. Après Sidi Mohammed (1757-1785), qui fui aussi un prince énergique et développa les relations commerciales avec VEurope, ses successeurs, impuissants à réprimer les révoltes des tribus, arrêtèrent difficilement la décadence de leur empire.

1. Leur avènement. — Pendant que les derniers Saadiens s'éteignaient dans le luxe et la mollesse, les chérifs Alaouites
ou Filaliens, les vrais successeurs d'Ali, gendre du Prophète, menaient dans le Tafilalet une vie pauvre et vertueuse.
Dans la première moitié du XVIIe siècle, ils descendirent la vallée de la Moulouya, s'emparèrent d'Oujda et de Fès. Ils conquirent ensuite Marrakech et le Sous, et étendirent leur autorité sur tout le Maroc. Ils réorganisèrent l'administration et firent exécuter de grands travaux.
Les chérifs Alaouites devaient uniquement se préoccuper de consolider leur puissance au Maroc, au lieu de développer démesurément leur empire, comme l'avaient fait les Almoravides et les Almohades, et même les Mérinides et les Saadiens. Cette sagesse politique leur a permis de se maintenir au pouvoir jusqu'à nos jours.

2. Un grand roi : Moulay Ismaïl (1672-1729). — Le plus puissant roi de cette famille fut Moulay Ismaïl. Il était d'une
grande force physique et il se montra d'une activité prodigieuse. D'une extrême piété et assez instruit, il se plaisait aux discussions religieuses. Ce fut un despote redouté pour sa cruauté et son avidité. Il ne se laissait jamais absorber par les plaisirs et s'occupait de tout lui-même.
Il s'efforça d'abord de reconstituer l'armée. Peu confiant dans les Berbères, toujours prêts à la révolte, il acheta et attira des nègres étrangers au pays, entièrement dévoués à la personne du Sultan, et il en forma la garde noire, qui compta jusqu'à 14.000 hommes. En échange de leurs services militaires, ils obtenaient des concessions de terres, mais leurs ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 11:48

page 63


... enfants appartenaient au Sultan, qui employait les filles au service du palais, tandis que les garçons étaient préparés au métier des armes.
Ce merveilleux instrument de guerre permit à Moulay Ismaïl de réussir dans ses nombreuses expéditions et d'imposer son autorité :
1° A l'intérieur du Maroc, il triomphe d'abord des usurpateurs qui avaient soulevé les Arabes du Sous et du Drâ. Les Berbères du Sahara et ceux de l'Atlas s'étaient révoltés, ils furent massacrés par milliers et obligés de se soumettre, ainsi que les populations du Maroc oriental. Des postes militaires furent créés sur les principales routes et aux confins de l'Atlas pour contenir les tribus. La tranquillité fut telle « qu'une femme ou un Juif pouvaient aller d'Oujda à Taroudant sans avoir rien à redouter». Les tribus étaient rendues responsables de la sécurité des étrangers traversant leur territoire et tenues d'arrêter les coupables d'un crime ou d'un délit.
2° Contre les Turcs, maîtres de la Tunisie et de l'Algérie, Moulay Ismaïl fut moins heureux. Après avoir réussi à pénétrer jusqu'au Chélif, il fut battu et obligé de se replier. Les Turcs, du moins, ne purent jamais s'installer au Maroc.
3° Les Chrétiens furent chassés de Mamora (Mehdia) en 1681 et Tanger fut évacué par les Anglais en 1684. Les Espagnols perdirent Larache (1689) et il ne leur resta que Ceuta et Melilla.

3. La puissance de Moulay Ismaïl et sa capitale : Meknès. — Moulay Ismaïl fut un grand constructeur. On l'a appelé le Louis XIV du Maroc. Pour avoir une capitale digne de sa puissance, il entassa à Meknès d'énormes constructions, où travaillèrent plus de 30.000 ouvriers et où l'on utilisa des matériaux enlevés aux ruines de Volubilis. Les ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 11:51

page 64



- MEKNES. Ruines du palais du Sultan.
De toutes les gigantesques constructions édifiées par Moulay Ismaïl, la plus grande partie se présente à l'état de ruines, comme ce palais qui s'élève dans la ville qu'il avait fait bâtir pour toute sa suite.

... palais, les vastes écuries, les immenses remparts et les somptueuses portes de Meknès, quoique formant un ensemble un peu lourd, ont fait nommer cette ville « le Versailles marocain ».
La puissance de Moulay Ismaïl permit au Maroc de nouer des relations avec les principales nations européennes et de faire figure de grand État. Il signa des traités de commerce avec la France et l'Angleterre. Il songea même à entrer dans l'alliance des souverains d'Europe, et le caïd de Salé, envoyé à Versailles (1699), demanda pour le Sultan la main de la princesse de Conti.
L'organisation que Moulay Ismaïl avait su donner au Maroc s'est conservée jusqu'à nos jours, malgré les dissidences des tribus et le retour offensif des Chrétiens. Ce long ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 11:55

page 65



- MAZAGAN. La citerne portugaise.
La domination portugaise, qui s'est exercée durant plus de deux siècles au Maroc, n'a laissé nulle part autant de traces qu'à Mazagan. On les retrouve dans les portes, les remparts, la citadelle. Cette immense citerne, avec ses colonnes, ses nefs aux vastes proportions, est une merveille d'art.

... règne, qui dura 55 ans, avec un pouvoir fortement centralisé et obéi, est un fait unique dans l'histoire du Maroc.

4. Les successeurs de Moulay Ismaïl au XVIIIe siècle. — La mort de Moulay Ismaïl (1729) est pourtant suivie d'une période de désordres. Les Berbères se révoltent dès que le terrible Sultan n'est plus là pour les contenir, et les soldats de la garde noire profitent de la situation pour vendre de plus en plus cher leurs services, et pour installer et renverser des sultans.
L'un d'eux, Moulay Abd Allah (1729-1757), se voit détrôné trois fois par ses frères en révolte. La ville de Fès, sans cesse pillée, est presque démolie et abandonnée par une partie des habitants. C'est une triste période d'anarchie.
Sidi Mohammed (1757-1790), fils du précédent, prince ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 12:01

page 66


... énergique et habile politique, met fin à cette décadence. Il s'applique à choisir de bons gouverneurs de province, répare les places de guerre et les approvisionne, réorganise l'armée, et dispose d'une flotte bien pourvue d'artillerie.
Il développe les relations commerciales avec le Danemark, la Suède, l'Angleterre, l'Espagne et la France. Celle-ci ayant fait bombarder Rabat-Salé, puis Larache, en représailles d'actes de piraterie, un traité d'amitié et d'alliance, très favorable à la France, fut conclu à Marrakech en 1767. Les Portugais évacuèrent Mazagan (1769).
Sidi Mohammed fut vraiment un grand sultan. Il s'entoura de savants et d'écrivains, fit construire de nombreux monuments, fonda Mogador (1765) et imposa l'ordre. En même temps qu'il établissait son prestige politique, ses alliances de famille avec le chérif de La Mecque augmentaient son prestige religieux.
Ses successeurs, ne pouvant réprimer les révoltes des tribus, évitèrent difficilement l'ingérence des puissances européennes.

LECTURE
LES   CRUAUTÉS   DE   MOULAY    ISMAÏL
Le Roi acheta quelques jardins voisins de celui qu'il faisait tracer sur le modèle de celui de Marrakech. Il y fit planter quantité de belles allées d'arbres, où il employa pendant un mois non seulement le peuple de la ville de Meknès, les captifs et les noirs, mais encore les hommes envoyés par les chérifs et les caïds, les obligeant à travailler continuellement pendant la pluie qui tombait en abondance. Les gouverneurs de la ville et du palais allaient de tous côtés pour voir s'ils ne rencontreraient point d'habitants cachés pour éviter la corvée, et, lorsqu'ils en trouvaient quelques-uns, ils leur donnaient une infinité de coups de bâton, puis ils les envoyaient prisonniers et pillaient leurs maisons. Le Roi, pour ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 12:06

page 67



- MOULAY ISMAÏL. D'après une gravure de l'époque.
La dureté du regard et les yeux à fleur de tète traduisent bien la cruauté de ce grand Sultan.

... avancer l'ouvrage, assistait en personne aux plantations, faisait porter des arbres tout entiers d'une grosseur extraordinaire, qu'on avait déracinés, et frappait à grands coups de lance ceux qui ne travaillaient pas à son gré avec assez d'ardeur. Il ne se passait guère de jour qu'il ne tuât quelqu'un ; ce qui causa une si grande consternation dans la ville, que la plupart l'abandonnèrent ; le commerce cessa et les étrangers mouraient de faim, personne n'osant vendre ni ouvrir sa boutique.
L'un de ces jours-là, le Roi déjeunant avec des œufs, en trouva un qui était pourri, et comme c'étaient des Juifs qui les avaient envoyés au palais, il fit arrêter tous les principaux de cette communauté, et feignit de vouloir les jeter aux lions ; toutefois, après leur en avoir fait peur jusqu'au soir, il leur laissa la vie, se contentant de leur faire donner à chacun quantité de coups de bâton, et de les emprisonner jusqu'à ce qu'ils eussent payé ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Ven 3 Jan - 12:10

page 68


... une grosse amende. De plus, un cimeterre qui avait appartenu à son frère et son prédécesseur, et était estimé quatre mille écus pour les pierreries et les perles dont il était couvert, avait été volé au palais, et l'on ne pouvait découvrir l'auteur de ce larcin. Persuadé qu'il n'y avait que les Juifs qui pussent vendre ou acheter ces sortes d'objets, Moulay Ismaïl ordonna qu'ils fussent chassés de leurs maisons, avec défense à qui que ce fût de les loger jusqu'à ce qu'ils eussent payé la somme à laquelle il estimait le cimeterre, sauf à eux d'agir contre les voleurs s'ils les découvraient.
Le premier jour de l'an, qui était le lendemain de la Pâque de l'Aïd el Kebir ou sacrifice des moutons, le Roi appela devant lui tous les criminels qui étaient dans les prisons de la ville. Il en renvoya quelques-uns absous, et les autres dans leur première prison pour qu'on leur rendit justice conformément aux statuts du Coran, mais il fit monter et asseoir tous les absous dans une grande machine semblable à une roue de moulin à eau, dans laquelle il faisait jouer ses enfants pendant cette fête, et au lieu de la faire tourner à droite comme l'ordonnait le divertissement, il la fît tourner à gauche. Ces pauvres gens se trouvèrent en un instant renversés par terre, ce qui leur fracassa tout le corps, et il dit qu'il leur imposait de souffrir cette peine pour leur pénitence.
Le lendemain, dans une conversation qu'il eut avec ses caïds, il se ressouvint d'un homme qu'il avait voulu faire exécuter lorsqu'il était occupé au siège de Taza, et qui s'était sauvé dans une casbah. On lui dit qu'il était actuellement chef de tous les ouvriers qui préparaient la chaux pour ses ouvrages. Aussitôt il l'envoya appeler, et après lui avoir adressé quelques réprimandes sur le peu de soin qu'il avait de fournir de la chaux à ses ouvriers, il le frappa de son poignard, l'acheva à coups de cimeterre et ordonna que son corps fût traîné à la voirie.

(D'après l'Histoire du Royaume du Maroc.)

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 4 Jan - 8:22

page 69



- SAFI.  La   Kechla.
Les Portugais s'emparèrent en 1508 de Safi et s'empressèrent de l'entourer d'une enceinte fortifiée. La Kechla, caserne située sur le rebord du plateau qui domine la ville, est flanquée de tours crénelées portant encore de vieux emblèmes portugais, écussons et mappemondes. Attaquée plusieurs fois par les Sultans, la place de Safi fut évacuée en 1541.


CHAPITRE IX

Les relations du Maroc avec l'Europe avant 1830


SOMMAIRE
Le Maroc n'était jamais resté complètement isolé, même avant 1830, date où l'établissement de la France en Algérie ouvre une ère nouvelle dans l'histoire de l'Afrique du Nord. Avant le XVIe siècle, les ports de la Méditerranée commerçaient déjà avec ce pays.
L'histoire du Maroc a été longtemps mêlée à celle de l'Espagne et du Portugal. Après avoir chassé les Maures de la péninsule, ces deux puissances sont venues, au XVIe siècle, porter la guerre au Maroc et y ont occupé certains points : les Espagnols pour mieux se défendre contre un retour offensif, les Portugais pour exploiter le pays.
La France et l'Angleterre sont intervenues pour se défendre contre la piraterie, protéger leur commerce et racheter des captifs.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 4 Jan - 8:29

page 70


Pour arrêter la décadence de leur empire, les chérifs du XVIIIe siècle n'avaient eu à combattre que l'anarchie intérieure. Au moment où, à ces luttes contre les tribus rebelles, vont s'ajouter, au cours du XIXe siècle, les interventions de plus en plus pressantes des grandes puissances, il est utile de faire un retour sur les relations de l'Europe avec le Maroc jusqu'à l'établissement de la France en Algérie ; cette installation ouvre une ère nouvelle dans l'histoire de l'Afrique du Nord.

1. Les relations avec l'Europe avant le XVIe siècle. — Malgré son isolement géographique et l'esprit d'indépendance de ses habitants, le Maroc n'avait jamais cessé d'être en relations avec les nations européennes. Les sultans y accordant même une certaine tolérance, les Chrétiens ne furent jamais persécutés ni chassés. Des religieux se fixèrent dans le pays pour le rachat des captifs chrétiens, et au XIIIe siècle un évêché fut fondé à Fès, puis transféré à Marrakech.
C'est surtout avec les ports de la Méditerranée que les relations commerciales furent actives. Des traités furent signés avec Marseille et les autres ports du Midi de la France et de l'Italie.
Ces bonnes relations allaient complètement changer à la fin du XVe siècle, quand les Maures expulsés d'Espagne apportèrent une rancune inconnue des tribus locales, et lors de l'établissement des Portugais et des Espagnols sur les côtes du Maroc.

2. Les relations avec l'Espagne. — L'histoire du Maroc a été longtemps mêlée à celle de l'Espagne. C'est d'abord l'Espagne qui, après la bataille de Xérès (711), est soumise par les Berbères du Maroc. Ceux-ci perdirent peu à peu leurs conquêtes et furent définitivement refoulés en Afrique après la prise de Grenade en 1492, par Ferdinand d'Aragon ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 4 Jan - 8:37

page 71



- SAFI. Tour portugaise.
Cette tour fait partie du Dar el Bahar, forteresse construite comme la Kechla, par les Portugais, au début du XVIe siècle. Elle servait à défendre la ville du côté de l'Océan.

... et Isabelle de Castille. Le Cid est le héros national de cette longue « reconquête ».
Les Espagnols les y suivirent, et, pour mieux se défendre contre un retour offensif, occupèrent, sans songer à coloniser, certains points de la côte méditerranéenne pour en faire une barrière de forteresses (penôn) : Melilla, Penôn de Vêlez, Alhucemas, Ceuta. C'est une occupation purement militaire. L'ambition politique de Charles-Quint, puis de Philippe II, qui visaient surtout la domination de l'Europe, et, plus tard, l'opposition des Turcs installés à Alger, habituèrent l'Espagne à se détourner du Maroc.
Au moment où celui-ci était en proie à l'anarchie des   marabouts,  sous les derniers Saadiens, les Espagnols réussirent à s'emparer de Mehdia (1617), que reprit Moulay Ismaïl, en même temps que Larache. Il ne resta alors aux Espagnols que Ceuta, Penôn de Vêlez, Alhucemas et Melilla.

3. Les relations avec le Portugal. - Les établissements portugais eurent bien plus d'importance.
Parvenu au XVIe siècle au rang de grande puissance maritime, le Portugal, pour s'assurer la route des Indes, fut ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 4 Jan - 8:42

page 72



- COMBAT DEVANT RABAT ET L'EMBOUCHURE DE L'OUED BOU REGREG.
Quand des difficultés surgissaient avec les sultans au sujet du rachat des captifs ou de la protection de leur commerce maritime, les nations européennes étaient parfois amenées à bloquer le port de Salé, qui était le repaire des corsaires. C'est ce que fit Richelieu en 1629, désireux de faire respecter le pavillon français et de développer notre marine.

... amené à fonder des comptoirs sur les côtes atlantiques du Maroc. Les actes de piraterie des corsaires gênant gravement leur commerce, les Portugais résolurent de poursuivre les pirates chez eux. Ils s'installèrent à Ceuta dès 1415, puis à Ksar el Seghir, sur le détroit de Gibraltar, en 1458. Ils s'emparent ensuite d'Anfa (1464), d'Arzila et de Tanger (1471). Le roi de Portugal, Alphonse V, impose au Sultan un traité de protectorat sur ces ports. Au début duXVIe siècle, les Portugais prennent Safi, Azemmour, fondent Mazagan et Agadir et se rendent maîtres peu à peu de toute la côte.
Depuis 1475, le roi de Portugal, qui porte le titre de Rédempteur des captifs chrétiens, s'efforce de pénétrer dans l'intérieur. Il échoue devant El Ksar et devant Marrakech, mais il n'en établit pas moins un véritable protectorat sur toutes les tribus de la côte, qu'il fait administrer par des ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 4 Jan - 8:48

page 73


... caïds et chez lesquelles il lève des contingents de troupes.
Ces conquêtes, plus encore que celles des Espagnols, provoquèrent la Renaissance islamique du XVIe siècle. C'est en combattant les Portugais que les chérifs du Drâ se mirent en évidence. L'expédition du roi dom Sébastien, qui aboutit au désastre d'El Ksar (1578), marque bien la fin de la domination portugaise au Maroc. Quand, après son union passagère avec l'Espagne, le Portugal reprit, en 1640, son autonomie, Ceuta resta aux Espagnols et Tanger aux Anglais. Le Portugal ne possédait que Mazagan, qu'il évacua seulement en 1769, ce port n'ayant plus pour lui aucune utilité.
Les Portugais ont laissé sur la côte atlantique des constructions nombreuses : captations de sources, fortifications. Mais ils n'ont pas fait de colonisation véritable et se sont contentés d'exploiter le pays. Ils en ont tiré des revenus considérables, non sans violenter fréquemment les habitants.

4. Les relations avec la France. — Les Portugais et les Espagnols représentaient pour les Marocains des ennemis séculaires, poursuivant une véritable croisade. Les relations furent longtemps meilleures avec les Français. Les négociants de Marseille, de Nîmes, de Montpellier, de Narbonne, commercèrent toujours dans les ports du Maroc et la course elle-même n'arrêta pas complètement leurs échanges. Ils vendaient des étoffes, des outils, des armes, et achetaient du blé, de l'huile et aussi des plumes d'autruche et de l'ivoire apportés du Soudan.
François Ier, Henri III, Henri IV, Richelieu signèrent des conventions pour que ce commerce fût protégé par le Sultan.
Les relations furent actives surtout sous le règne de Louis XIV. Celui-ci entendit faire respecter le pavillon de la France et mettre fin aux entreprises barbaresques sur la côte atlantique, aussi bien que dans la Méditerranée. Une flotte française ayant bloqué le port de Salé (1681), Moulay Ismaïl ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 4 Jan - 8:52

page 74



- ANCIENNE CARTE DES ROYAUMES DE FES ET DU MAROC.
Cette carte, établie en 1607, présente des différences notables avec la carte actuelle. Les proportions sont mal observées, la ligne de la côte est un peu fantaisiste. Elle n'en est pas moins très intéressante avec ses dessins de caravelles, de montagnes et de palais.

... envoya une ambassade à Louis XIV (1682). Le traité conclu stipulait le rachat des captifs et donnait à la France l'assurance que les corsaires n'attaqueraient plus les navires français. Les relations de Moulay Ismaïl avec Louis XIV étaient si cordiales que le caïd de Salé vint demander, nous l'avons vu, la main d'une princesse du sang.
Au cours du XVIIIe siècle, les rapports du Maroc furent plus étroits avec l'Angleterre et la Hollande qu'avec la France.
Néanmoins la France obtient le droit de protection sur les indigènes et le traitement de la nation la plus favorisée en matière douanière. Le consul Chénier, père du grand poète André Chénier, s'installa à Salé. Plus tard, le consulat ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 4 Jan - 8:58

page 75


... de France fut transporté de Salé à Tanger pour mieux surveiller l'action de l'Angleterre et de l'Espagne.
Des relations si anciennes entre le Maroc et la France donnaient à celle-ci des droits historiques que son établissement en Algérie allait rendre encore plus immédiats, le jour où se poserait la question de la rénovation du vieil Empire chérifien.

5. Les relations avec l'Angleterre.
L'Angleterre, qui avait occupé Tanger de 1640 à 1684, devient maîtresse de Gibraltar en 1704. Elle fit de ce port, qui lui permettait de surveiller le détroit, un vaste entrepôt de marchandises. Au XVIIIe siècle, les commerçants anglais sont les maîtres du marché des tissus du Maroc, tandis que les Hollandais font le principal commerce d'exportation. L'Angleterre, cependant, ne manifeste aucune velléité de s'établir au Maroc : elle se contente d'agir auprès du Sultan pour empêcher les autres nations européennes de prendre trop d'influence.

LECTURE
LES RELATIONS DES SULTANS AVEC L'EUROPE
Les relations du Maroc avec l'Europe étaient plus fréquentes au seizième et au dix-septième siècles qu'elles ne devaient l'être dans la suite. Il faut en trouver la raison dans les négociations que poursuivaient alors les puissances pour le rachat de leurs nationaux capturés par les corsaires barbaresques. Les sultans s'y prêtaient volontiers, car ils pratiquaient un véritable commerce de revendeurs. Quant au mouvement des échanges, il était également plus actif, notamment sous la dynastie des princes Saadiens, qui vivaient dans une splendeur que l'Empire chérifien ne devait plus retrouver.
La piraterie ayant pris fin, le Maroc se ferma de plus en plus et Moulay Sliman, qui régnait au début du dix-neuvième siècle, ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Sam 4 Jan - 9:03

page 76



- TANGER. Les remparts et la citadelle.
Tanger occupe, sur le détroit de Gibraltar, une position magnifique. C'était, de plus, l'entrée naturelle de l'Europe en Afrique. Aussi les sultans l'avaient-ils particulièrement fortifiée.

... accusa encore cette attitude d'isolement, car le fracas des guerres de l'empereur Napoléon l'avait épouvanté ; il avait accompli le pèlerinage de La Mecque et ses impressions ne le décidaient qu'aux seuls contacts indispensables. C'est ainsi qu'il défendit pendant un temps à ses sujets musulmans ou Israélites de sortir de son empire sans constituer une caution ; il disait un jour aimablement à l'un des consuls venus à sa cour qu'il voudrait même ses douanes improductives, tant il souhaitait se passer de l'Europe. Aussi bien se sentiment devait être singulièrement profond pour faire taire en l'occasion la féroce avidité d'argent, commune aux souverains de sa dynastie.
Avant la fin du dix-huitième siècle, Tanger devint la résidence de tous les agents des puissances ; notre consulat général, qui était à Safi, puis à Rabat-Salé, ne fut installé qu'en 1794 dans la ville du détroit. Mais en dépit de la proximité de l'Europe, la condition de la petite colonie consulaire demeura précaire jusqu'à la conquête de l'Algérie.
La vie des consuls était pénible, quelques-uns se ménageaient des occupations de jardinage, de chasse ou de pêche pour améliorer ...

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