Ce Maroc bien aimé

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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 HISTOIRE du MAROC

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 18:11

page 27


- Fès.  Le tronc des offrandes a la mosquée de Moulay Idris.
Cette magnifique mosquée, qui abrite le tombeau du fondateur de Fès, est située au cœur de la Médina, le lieu animé de la ville. De même que les Musulmans, les visiteurs viennent y déposer une offrande pour témoigner de leur respect pour l'Islam.

Le 3 février de l'an 808, avec une pioche d'or (fas), Idris commença de creuser les fondations des murs de l'enceinte du quartier des Andalous; de là, d'après la légende, le nom de Fès donné à la ville. L'année suivante, il entreprit celles du quartier des Kairouanites. Il fit élever la mosquée dite des Chérifs, découvrit des sources, édifia une Kaïssaria, des maisons pour son peuple.
Ainsi naquit cette ville dont Idris sut faire un centre de civilisation, qui allait devenir la patrie des docteurs, des légistes, des médecins, des poètes les plus remarquables de l'Islam, et sur laquelle n'ont pas cessé de rayonner la prière et les bénédictions de son fondateur.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 18:21

page 28



LES RUES DE FÈS
...Il me semble, en parcourant les rues de Fès,que je me trouve réellement dans la vieille Espagne musulmane. Celle-ci, en effet, est bien la moreria(1) andalouse du moyen âge, la moreria espagnole des Almohades et des Mérinides, la moreria héroïque, toujours disposée à mourir plutôt que de changer. Cette impression, ou mieux cette obsession, chaque pas que je fais me l'enfonce davantage dans l'esprit. Tout ce que je vois ici vivant, me fait évoquer ce qui n'existe plus en Espagne qu'en ruines, qu'en souvenirs. Ce ne sont pas des bazars que je trouve, comme dans le reste de l'Orient, mais des alcaicerias (2) ; la mosquée la plus ancienne s'appelle des Andalous ; et personne ne sourit en entendant dire que des familles très nobles conservent encore les clés de leurs maisons de Cordoue, de Grenade ou de Malaga. Et ce n'est pas cela seulement : c'est aussi le type des hommes, si brun, si fin, ce sont les yeux des femmes si lumineux, si veloutés; c'est l'espièglerie si gentille des enfants... Ah! et c'est, enfin, le rythme, un rythme plus accentué que celui de Séville, mais de la même espèce ; un rythme à la fois triste et enjoué ; un rythme continu qui nous reçoit quand nous arrivons, qui nous accompagne quand nous partons ; un rythme qui nous éveille au matin, nous caresse le jour, nous berce si nous dormons ; un rythme qui se retrouve partout et finit par faire à nos pensées, à nos rêves, à nos évocations, à nos désirs, à nos espoirs, une sorte d'accompagnement. C'est la chanson de Fès : en haut, les muezzins la chantent aux heures rituelles ; en bas, les femmes la chantent dans le mystère de leurs harems ; plus bas encore, en pleine rue, les hommes, les enfants, les eaux, la chantent. Écoutez ce murmure, en lequel il y a quelque chose comme un gazouillis d'oiseaux étranges : c'est le murmure de toutes les écoles où l'on apprend à lire en psalmodiant le Coran. Arrêtez-vous devant ce « stouan» (3) sombre et goûtez l'harmonie qui s'exhale du patio : c'est le bruissement des fontaines et des jardins. Prêtez l'oreille à cette romance plaintive qui vient de loin : c'est le gémissement perpétuel des norias parmi les eaux du fleuve. Approchez-vous de cette place, prêtez l'oreille : ce carillon, c'est celui des forges. Réfugiez-vous ...

(1) Moreria : quartier des Maures.
(2) Alcaiceria, kisaria : marché fermé.
(3) Slouan : vestibule.

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 18:27

page 29



- FES. Une fontaine.
Les fontaines sont un des charmes de la ville de Fès; avec leurs mosaïques multicolores, leurs auvents de cèdre sculpté et de tuiles vertes, elles forment un délicieux ensemble.

... dans ce creux de porte, laissez passer la chanson qui jamais ne termine : c'est la chanson des caravaniers qui crient : « Balek (1), balek ». Et ainsi tout le jour, partout. Et à la tombée de la nuit, quand vous rentrez en hâte, dans la crainte que le mokadem ait déjà fermé la porte de votre quartier, parmi les ombres tièdes qui enveloppent la ville sainte d'un voile de mystère, soudain, une immense clameur vous oblige à vous immobiliser là, où que vous vous trouviez, pour écouter avec ferveur son infinie mélancolie, son ardente anxiété : c'est la prière du Maghreb, l'ultime prière du jour, que la cité entière récite prosternée...
E. GOMEZ CARRILLO. (Fès ou les Nostalgies andalouses,pp. 41-42.) E. FASQUELLE, éditeur.

(1) Balek : attention.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 18:35

page 30



- MARRAKECH. La porte portugaise.
Cette porte monumentale, en grès rouge, avec son arc richement festonné, se trouve à l'entrée de la kasbah. Elle est improprement appelée « portugaise », les Portugais n'ayant jamais réussi à s'emparer de Marrakech. C'est, en réalité, l'un des spécimens les plus remarquables de l'art almohade de Marrakech.

CHAPITRE IV

Les Almoravides (XIe siècle)

SOMMAIRE
Des tribus berbères, venues du Soudan, pénétrèrent au Maroc au XIe siècle. Leur chef, Youssef ben Tachfine, fonda Marrakech (1062), puis conquit l'Espagne et l'Afrique du Nord jusqu'à la région d'Alger. Mais ce vaste Empire s'écroula après un siècle et rien n'arrêta l'invasion hilalienne. Cette nouvelle invasion de tribus arabes fut marquée, beaucoup plus que la première, par des dévastations et des ruines et une arabisation plus grande du pays.
Le Maroc, troublé et morcelé à la fin des Idrissides, devient le centre d'un immense empire sous les deux dynasties suivantes, les Almoravides et les Almohades, de souche berbère et de caractère religieux.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 18:47

page 31


1. L'origine des Almoravides (XIe siècle). — Des tribus berbères du sud, les « Sanhadja au Litham », ainsi appelés parce qu'ils se couvraient la figure d'un voile, comme aujourd'hui les Touareg, furent exaltées au Xe siècle par de nouvelles prédications. Il se fonda une sorte de secte religieuse dont les membres s'installèrent dans un couvent fortifié (ribat) d'une île du Sénégal. C'étaient des guerriers beaucoup plus que des hommes de prière, qui convertirent d'abord les nègres du Sénégal et du Soudan ; ensuite ils marchèrent vers le nord, atteignirent le Tafîlalet, puis le Sous, et pénétrèrent au Maroc par le Tadla. Ils dominèrent toute la partie méridionale du pays. Telle est l'origine de la nouvelle dynastie des Almoravides (Al-Morabitine).

2. Youssef ben Tachfine, fondateur de Marrakech (1061-1106)— Cette ardeur conquérante des guerriers almoravides avait toutefois besoin d'être disciplinée. Ce fut la tâche de l'un des plus célèbres souverains almoravides, Youssef ben Tachfine. En 1062, pour avoir un solide camp retranché, il fonde Marrakech, où est encore son tombeau. C'est de là qu'il part pour conquérir tout le Maroc jusqu'à Tlemcen.
Après le démembrement du Khalifat de Cordoue (1006), les musulmans d'Espagne, incapables de se défendre contre les Etats chrétiens qui s'étaient créés, appelèrent Youssef ben Tachfine à leur secours (1). Il vainquit le roi de Castille, Alphonse VI, à Zallaqa (1085), près de Tolède, dont celui-ci s'était emparé l'année précédente pour en faire sa capitale, puis il réduisit ses propres alliés en vassaux et établit son autorité sur toute l'Espagne musulmane. Youssef ben ...

(1) C'est l'époque de la vaillance et des victoires du Cid (Ruy Diaz de Bivar), à qui le roi Alphonse VI, pour le récompenser, donna en mariage sa propre cousine, Chimène. Chassé de Castille, à la suite d'intrigues provoquées par des seigneurs jaloux, il vécut d'abord à la cour du roi maure de Saragosse, puis s'établit en souverain dans la ville de Valence, où il mourut en 1099.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Lun 30 Déc - 18:57

page 32


... Tachfine conquit aussi tout le royaume de Tlemcen. Quant à Alphonse VI, il appela à son aide les chrétiens du Nord. Deux princes bourguignons accoururent ; l'un, Raymond, épousa sa fille et lui succéda ; l'autre, Henri, reçut comme récompense le petit comté de Porto Calé, qu'il agrandit et que son fils érigea en royaume du Portugal.
A l'époque où les premiers Capétiens, si faibles devant les seigneurs féodaux, n'avaient aucun pouvoir et se contentaient de durer, les Almoravides avaient constitué un immense Empire allant de l'Ebre au Sénégal et de l'Océan à la région d'Alger. Cet Empire s'écroula pourtant en moins d'un siècle, et la puissance almoravide ne survécut que quelques années à Youssef, qui mourut en 1106.
L'élan religieux qui faisait la force militaire des Almoravides, ne pouvait résister à la vie de luxe et de plaisir des successeurs de Youssef ; aussi durent-ils disparaître devant la poussée d'une nouvelle dynastie berbère, les Almohades. Les Almoravides, cependant, avaient réussi à arrêter, pour quelque temps, la reconquête chrétienne en Espagne et l'invasion hilalienne sur les frontières orientales de leur Empire.

3. L'invasion hilalienne du XIe siècle. — L'arabisation de l'Afrique du Nord est due beaucoup moins aux premiers conquérants arabes du VIIe siècle, qui n'ont fait que passer et ne l'ont soumise que momentanément à leur autorité, qu'à l'invasion hilalienne de la seconde moitié du XIe siècle. Les Hilaliens étaient des tribus sauvages chassées de l'Arabie par les khalifes de Bagdad. Ils se réfugièrent en Egypte et y continuèrent leurs ravages, puis arrivèrent dans l'Afrique du Nord. Farouches destructeurs, ils apportaient le massacre et le pillage et, « semblables à des sauterelles dévorantes », anéantissaient tout sur leur passage, comme les Huns l'avaient fait autrefois à travers la Gaule. Les villes furent dévastées, les régions les plus riches du pays ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Mar 31 Déc - 6:59

page 33


... ruinées, les arbres, les cultures, les travaux d'irrigation et le commerce disparurent, en même temps que les derniers vestiges de l'occupation romaine. Beaucoup de tribus berbères participèrent à ces pillages et s'unirent aux envahisseurs. Ainsi fut arabisée la partie occidentale de la Berbérie, beaucoup moins toutefois que le reste de l'Afrique du Nord ; cela explique que le Maroc soit resté un pays essentiellement berbère.
Aux influences orientales qui se sont exercées d'abord, succédera, à partir du  XIIe siècle, l'influence des Maures d'Espagne.

LECTURE

LA   VICTOIRE  DE   YOUSSEF  BEN   TACHFINE A  ZALLAQA

Youssef ben Tachfine, qui était alors à Ceuta, ayant été appelé par les musulmans d'Espagne, donna aussitôt à ses troupes l'ordre de passer le détroit et fit venir de Marrakech celles qui y étaient encore. Sitôt que les divers détachements furent successivement arrivés, il s'embarqua et vint rejoindre à Séville ses alliés, renforcés par une troupe formée de Cordouans et par des volontaires accourus de tous les points de l'Espagne. Le roi Alphonse VI, informé de ces faits, convoqua ses chevaliers et sortit de Tolède, après avoir fait écrire à Youssef, par un lettré musulman, un message grossier où il était parlé avec exagération de sa force, de ses nombreux soldats et de ses préparatifs. Youssef chargea son secrétaire de rédiger une réponse. Celle-ci était très bien conçue, mais quand il la lut à son maître, celui-ci lui dit : « C'est trop ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Mar 31 Déc - 7:05

page 34


... long, prends la lettre d'Alphonse et écris au dos : Ce qui arrivera, tu le verras. »
Cette réponse donna peur au roi chrétien, qui reconnut qu'il avait affaire à un homme résolu et énergique, et il redoubla ses préparatifs. Il fit alors un songe où il se voyait monté sur un éléphant et portant un petit tambour dont il battait ; mais les prêtres à qui il le raconta ne purent le lui interpréter. On fit venir un musulman habile dans cette science, qui se déroba d'abord à toute explication ; mais comme ses excuses ne furent pas admises : « L'interprétation, dit-il, s'en trouve dans le livre divin : « N'as-lu pas vu comment ton Seigneur a traité les gens de l'éléphant? etc. (Coran, s. CVI), et ailleurs : Lorsqu'un souffle fera sonner la trompette, ce jour-là sera un jour difficile, un jour peu commode (p. 101) pour les infidèles (Coran, s. LXXIV, 8-10). D'après cela, toute cette armée que tu as réunie est vouée à la mort. » Quand son armée fut au complet, Alphonse, enchanté de la voir si nombreuse, fit venir le musulman et lui dit : « Voilà des troupes avec lesquelles j'affronterai le Dieu de Mahomet, auteur de votre livre sacré. »
Cet homme se retira en disant à un de ses coreligionnaires : « Voilà un prince perdu, lui et tous les siens. » Puis il cita le hadith du Prophète : « II y a trois causes de perdition : ceci, cela et l'estime exagérée qu'on a de soi-même. »
Les troupes de Youssef ben Tachfine s'avancèrent jusqu'au lieu dit Zallaqa, dans le territoire de Badajoz, et Alphonse, de son côté, vint camper à dix-huit milles de là.
Alphonse envoya un message à Youssef pour décider quel serait le jour où l'on se battrait et où il chercherait à avoir la suprématie : « Demain, répondit-il, est vendredi; le dimanche suivra bientôt ; prenons jour pour lundi, car nous sommes fatigués. » La chose était ainsi convenue ; mais le vendredi, dès l'aube, Alphonse fit monter ses troupes à cheval pour attaquer traîtreusement l'armée musulmane. La bataille s'engagea, les chrétiens lâchèrent pied et les musulmans les massacrèrent et les poursuivirent l'épée dans les reins. Alphonse lui-même ne put se sauver qu'avec un petit nombre des siens. Les têtes des cadavres servirent à former de nombreux tas du haut desquels on criait l'appel à la prière, et, quand ils entrèrent en décomposition, on les livra au feu.


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MessageSujet: Re: HISTOIRE du MAROC   Mar 31 Déc - 8:12

page 35



- MOUKHALA :   fusil  arabe à piston et à large crosse ornée d'incrustations.

Après cette bataille, trois cents cavaliers chrétiens seulement rentrèrent dans leur pays, et les musulmans recueillirent comme butin tout l'or, les armes et les montures de ceux qui avaient succombé ou étaient demeurés prisonniers.

D'après les Annales du Magreb et de l'Espagne (traduites par E. FAGNAN).


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Mar 31 Déc - 8:21

page 36



- RABAT ET SALE, A L'EMBOUCHURE DU BOU REGREG.
Sur la rive gauche se trouve Rabat : l'on aperçoit à l'entrée même du fleuve la casbah des Oudaïa, puis une partie de la ville indigène et de la ville européenne. La Tour Hassan se dresse à l'arrière-plan. Salé s'étend sur la rive droite.

CHAPITRE V

Les Almohades (XIIe et XIIIe siècles)

SOMMAIRE
Après les Berbères du Soudan, ce sont les Berbères almohades du haut Atlas qui imposent leur domination. Un de leurs chefs, Abd el Moumen, après s'être emparé de Marrakech, de tout le Maroc et de l'Espagne méridionale, organise l'Empire. L'un de ses successeurs, Yacoub el Mansour (1184-1198), fonde Rabat, affermit l'Empire almohade, développe sa prospérité, lui donne une civilisation brillante et fait édifier des palais et d'énormes constructions comme la Giralda, la Koutoubia et la tour Hassan.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Mar 31 Déc - 8:26

page 37



- MARRAKECH.   La Koutoubia.
La mosquée de la Koutoubia ou mosquée des libraires, ainsi appelée à cause des boutiques des marchands de manuscrits installées autrefois à son pied, comprend un magnifique minaret de 12 m. 50 de côté et de 67 m. 50 de haut. Sept étages se superposent dans la tour, l'édicule supérieur est surmonté d'une coupole et de trois boules d'or. La partie de la mosquée qui subsiste, comprend plusieurs pavillons couronnés de toits alternativement triangulaires ou trapézoïdaux.

1. L'origine des Almohades. — Après les Berbères du Soudan, ce sont les Berbères de l'Atlas qui, au XIIe siècle, vont imposer leur domination. Comme les premiers Almoravides, le marabout Ibn Toumert prétendait ramener la religion à sa simplicité primitive. Il se faisait appeler le Mahdi (envoyé de Dieu). Il groupa autour de lui quelques étudiants de Tlemcen et les tribus berbères du haut Atlas. Il prêchait l'unité de Dieu, d'où le nom de Almohades (El Mouhahidin, c'est-à-dire unitaires) donné à ses partisans. Il reprochait aux Almoravides d'abandonner la pure foi musulmane et de laisser se répandre la croyance à plusieurs dieux. Il ne put s'emparer de Marrakech.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Mar 31 Déc - 8:27

page 38


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Mar 31 Déc - 8:33

page 39


2. Un grand Sultan, Abd el Moumen, organise l'Empire almohade (1128-1163). — Son disciple préféré, Abd el Moumen, qui lui succéda, fut plus heureux et parvint à renverser la dynastie des Almoravides, détestés à cause de leur origine soudanienne. Ce Berbère, fils de potier, qui se disait de race arabe, était plein d'intelligence et d'énergie. C'est un homme d'État qui succède à un saint. Il réunit peu à peu une flotte et une puissante armée, avec lesquelles il conquit l'empire des Almoravides, qu'il étendit même jusqu'à la Tripolitaine.
Cette conquête fut conduite avec la plus grande prudence. Il soumit d'abord tout le Nord marocain, après avoir refoulé les envahisseurs hilaliens venant du Sud et de l'Est. Alors seulement il fit le siège de la ville de Marrakech, qui se trouvait complètement isolée, puisque Abd el Moumen dominait déjà les pays du haut Atlas. Il s'en empare en 1147, en massacre les habitants et les princes almoravides, dont la dynastie s'éteint.
En même temps, l'Espagne musulmane, privée de tout appui, est aisément conquise. Abd el Moumen devient maître de Cordoue, de Grenade, de Cadix et de la plus grande partie de l'Espagne méridionale.
La conquête du reste de l'Afrique du Nord fut facilitée par le désordre que les Hilaliens y avaient apporté. Le Magreb central fut d'abord soumis ; ce fut bientôt le tour de la Tripolitaine et de l'Ifriqiya.
Tandis que son contemporain, Louis le Gros, pouvait seulement imposer son autorité aux seigneurs féodaux de l'Ile-de-France, Abd el Moumen, beaucoup plus puissant, après avoir dompté l'esprit d'anarchie des Arabo-Berbères, arrivait à faire établir un véritable cadastre de toute l'Afrique du Nord, lui permettant de lever des impôts réguliers, et il réussissait à pacifier un Empire comprenant la moitié de l'Espagne et toute l'Afrique du Nord.


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Mar 31 Déc - 8:39

page 40



- LA GIRALDA, A SEVILLE.
Bâtie par Yacoub el Mansour, la Giralda reste comme un témoignage de la puissance de ce grand sultan. La mosquée, devenue aujourd'hui cathédrale, contient les tombeaux de Christophe Colomb et de son fils.

Ce fut vraiment un grand souverain et on l'a justement comparé à Charlemagne. Il mourut en 1163.

3. Yacoub el Mansour, fondateurde Rabat(1184-1199). — L'un de ses successeurs, Yacoub el Mansour « le Victorieux », s'illustra par la victoire d'Alarcos (1195) au nord de Cordoue, où périrent 30.000 chrétiens. Il eut aussi à lutter, dans le Magreb, contre les Arabes, toujours prêts à la révolte, et contre les derniers partisans des Almoravides. Sa flotte est maîtresse de toute la Méditerranée occidentale. Maître de l'Andalousie et de toute l'Afrique du Nord, de Gabès à l'oued Noun, il porte à son apogée la puissance de l'Empire musulman d'occident. Tout le monde musulman célèbre la puissance de Yacoub el Mansour.
Même sous les grands Capétiens, comme Philippe-Auguste et saint Louis, qui, peu à peu, à cette époque, avaient eu tant de mal à   rassembler  les terres   françaises  et  à   s'ouvrir  un ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Mar 31 Déc - 9:12

page 41


... débouché sur la mer, la France n'était qu'un petit pays quand on la compare à ce vaste empire almohade.
La gloire de Yacoub el Mansour fut encore accrue par les énormes constructions qu'il édifia dans son empire. A Séville, il fit construire le minaret de la Giralda; à Marrakech, la mosquée et le minaret de la Koutoubia. A la fin du XIIe siècle, il fonda la ville de Rabat (Ribat el Fath, camp de la victoire), qui devint sa capitale. Il l'entoura d'un rempart et y éleva la tour Hassan. Ce fut donc une période brillante, à laquelle on doit des monuments solides, empreints d'une beauté sévère, et de magnifiques palais, remarquables par leur décoration et leur harmonieuse ordonnance.
Ainsi, dès le moyen âge, les Almohades avaient su donner à leur empire une merveilleuse activité artistique, intellectuelle et commerciale. Des savants, de grands médecins, de célèbres philosophes, comme Averroès, vivaient à la cour des sultans. C'est par leur intermédiaire que les pays chrétiens de l'Europe occidentale sont entrés en relation avec les civilisations de la Grèce et de l'Orient. L'invasion des Arabo-Rerbères, loin d'être dévastatrice pour les pays traversés, comme celle des Germains au Ve siècle, avait suscité de brillants foyers de civilisation.

4. La décadence des Almohades.— Cet empire, toutefois, était trop vaste et comprenait des peuples trop divers pour être bien solide. De plus, les derniers souverains de cette dynastie ne songèrent qu'aux plaisirs et oublièrent que la religion formait le seul lien de leurs provinces si disparates.
Dès les débuts du XIIIe siècle, le démembrement commence. A l'appel du pape Innocent III, une croisade réunit tous les Chrétiens d'Espagne, sous la direction du roi de Castille Alphonse VIII. Non loin de Cordoue, sur le versant méridional de la Sierra Morena, à las Navas de Tolosa, en 1212, les croisés rencontrèrent les Musulmans et leur tuèrent, ...



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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Mar 31 Déc - 9:17

page 42



- RABAT. La tour Hassan.
La tour Hassan s'élève tout près de la ville indigène de Rabat et en face de Salé, sur une falaise dominant le bou Regreg. C'est le minaret, haut de 66 mètres, que Yacoub el Mansour construisit au XIIe siècle.

... dit-on, cent mille hommes. C'était la revanche de la défaite que les chrétiens avaient subie à Xérès en 711. Les Musulmans ne possédaient plus en Espagne que le petit royaume de Grenade.

LECTURE

LA   TOUR HASSAN
II n'est pas facile de dégager la physionomie d'un souverain du XIIe siècle à travers des écrits dénués de critique. Mais les pierres sont plus éloquentes que les hommes. Alors que tout décline autour d'elles, au milieu de la barbarie des nouvelles générations, elles conservent intacte la pensée du fondateur. Un monument, c'est de l'histoire vivante.
Telles, à Rabat, la tour Hassan; à Séville, la Giralda, et à Marrakech, la Koutoubia, ces trois sœurs, filles de l'émir Yacoub el Mansour.
Et d'abord on est frappé du choix des matériaux. Alors que les ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Mar 31 Déc - 9:23

page 43


... monuments de l'Islam africain sont trop souvent des amas de pisé grossièrement enduit de chaux, ceux-là seuls construisent en pierres solides, qui ont, fût-ce pendant une heure, le sens de l'éternel. Si l'on veut juger de la force et de la volonté du prince almohade, ce n'est point seulement à Séville qu'il faut aller : la Giralda, transformée en clocher chrétien, a été plus ou moins défigurée par des réparations successives. C'est à Rabat, ou plutôt sur le plateau dénudé qui domine la ville. Là subsiste, dans l'abandon et la misère, au-dessus du Maroc fangeux qui grouille à côté, une Giralda découronnée, foudroyée depuis cent cinquante ans : le consul Chénier, père du poète, constatait déjà que la foudre l'avait fendue en deux ; elle est cependant toujours debout, dans sa grâce et dans sa majesté. L'arête vive de ses angles est aussi nette, les entrelacs de ses quatre faces aussi fermes que le jour où le sultan Youssef vint inaugurer la mosquée dont les débris gisent à terre.
Ces trois tours célèbres ne valent pas seulement par la masse et par l'équilibre. Leur forte carrure, leurs proportions à la fois élégantes et robustes, la sobriété des arabesques, le goût sévère qui les encadre et les contient, sans leur permettre de rompre l'unité de l'ensemble, tout porte l'empreinte du sultan magnanime, restaurateur de la foi, conservateur de la tradition, et, on peut le dire, véritable fondateur de la religion marocaine.
La mosquée de Cordoue, avec ses arcs monotones coupés de merveilleux mirabs, dans lesquels la riche imagination des Ommiades s'est donné carrière, raconte le triomphe et l'éclat du pouvoir absolu et, au-dessous, l'égalité dans la servitude. L'Alhambra de Grenade est un chant voluptueux, inventé tout entier pour le plaisir du maître. Les minarets almohades s'adressent à la foule des croyants et sont les plus magnifiques exemplaires d'une religion fière et forte, à l'usage de tout le monde. Ils sont faits pour un peuple ennemi du faste oriental. Je dirais presque que cette architecture religieuse, par son élégante simplicité, ressemble au costume habituel des sultans du Maroc : on sait que, presque toujours drapés de blanc, ils ne se distinguent de leurs sujets que par la finesse de l'étoffe.
Aussi les trois tours carrées de Youssef, si parfaitement adaptées au génie berbère, ont-elles une innombrable postérité. Presque tous les minarets de l'Afrique du Nord ont été construits sur ...


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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Mar 31 Déc - 9:31

page 44



- SALE. — Bab Mriza.
Bab Mriza, ou porte  des  Corsaires, date de l'époque  Mérinide (XIVe s.). Son  ogive monumentale, très élevée au-dessus d'un  seuil  actuellement ensablé, laissait passer un canal mettant en communication, avec le Bou-Regreg, le port   intérieur  de   Salé, comblé par les alluvions et occupé aujourd'hui  par le  mellah  (quartier juif). Ce port  était le  refuge des célèbres corsaires  salétins.

... ce modèle, si différent de la fusée légère du minaret oriental. Le minaret berbère, plus massif, tient fortement au sol et se permet moins de caprices. De Tanger à Tunis, et de Tripoli à Marrakech, on pourrait inscrire sur ces innombrables tours carrées la formule de Youssef : « Louange à Dieu l'unique ! ».

René MILLET, (Les Almohades.)
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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Jeu 2 Jan - 11:10

page 45



- FÈS. Timbres de l'horloge de la médersa Bou Ànania.
Cette médersa,la dernière élevée par les Mérinides,est à la fois un collège et une mosquée. La décoration en est très variée et très riche. Les treize timbres de bronze, placés sur des consoles de cèdre sculpté, que la gravure représente, formaient un carillon dont le mécanisme d'horlogerie a disparu, ainsi que les poids qui devaient frapper sur les timbres.

CHAPITRE VI

Les Mérinides (XIIIe=XVe siècles)

SOMMAIRE
Venus du Tafilalet, les Mérinides s'établissent d'abord dans la vallée de la Moulouya, puis dans tout le Nord marocain. Un de leurs chefs, Abou Youssef, s'empare de Marrakech (1269), puis Aboul Hassan, après la prise de Tlemcen, reconstitue l'empire des Almohades.
C'est sous les Mérinides que fut organisée la guerre de course contre les Chrétiens. Les Portugais et les Espagnols réussirent néanmoins à s'installer sur les côtes du Maroc ; les Musulmans furent même définitivement chassés de l'Espagne après la prise de Grenade (1492).

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Jeu 2 Jan - 11:16

page 46


1. L'origine des Mérinides. — Au contraire des Almoravides et des Almohades qui avaient d'abord conquis le Maroc dans un but de propagande religieuse, la tribu berbère des Béni Mérin, venue du Tafilalet pour occuper toute la vallée de la Moulouya, n'avait aucune ambition de cet ordre.
Ils avaient été refoulés dans le sud du Maroc oriental par l'invasion hilalienne (1058). Vaincus par Abd el Moumen, ils préférèrent se retirer au Tafilalet plutôt que de se soumettre. Ils remontèrent peu à peu vers le Nord et s'installèrent dans la vallée de la Moulouya, profitant de la faiblesse des derniers Almohades. Ceux-ci leur concédèrent le territoire usurpé et les chargèrent même de contenir les ennemis de la région de Tlemcen.

2. Les conquêtes des Mérinides. — Comme les Francs, payés par les empereurs romains pour défendre le Rhin, les Béni Mérin devinrent des alliés dangereux, et envahirent le pays qu'ils devaient protéger. Ils s'avancèrent vers l'ouest, suivant la voie naturelle des invasions, s'emparèrent de Taza (1216) et se précipitèrent sur la région de Fès et la vallée du Sebou, saccageant tout sur leur passage et imposant tribut aux Arabes qui y étaient établis. Ils furent bientôt maîtres de tout le Nord marocain.
Abou Youssef (1258-1286) conquiert Marrakech en 1269, et les Almohades disparaissent ainsi de l'histoire. Il soumet ensuite le Sous et le Drâ. Tout le Maroc obéit alors aux Mérinides. La ville de Fès devient une véritable capitale, et possède une cour où les réfugiés espagnols apportent les raffinements de la civilisation andalouse ; elle s'embellit de palais qui furent l'origine de Fès Djedid.
Abou Youssef meurt en Espagne, où il était allé soutenir le roi de Grenade, en butte aux attaques incessantes des Chrétiens.

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Jeu 2 Jan - 11:20

page 47



- TLEMCEN. La Mansourah.
On aperçoit encore, de la route ou de la voie ferrée, les ruines rouges de la ville édifiée par Abou Yacoub, pendant qu'il assiégeait Tlemcen. Le minaret reproduit celui de la tour Hassan, à Rabat.

L'expansion fut plus difficile du côté de l'est, où les Mérinides se heurtaient au royaume de Tlemcen. Abou Yacoub (1286-1307) assiégea la ville pendant neuf ans, sans pouvoir s'en emparer. On voit encore les ruines de la Mansourah, ville qu'il édifia à côté de Tlemcen, durant ce long siège, où la population dut manger de la chair humaine, mais refusa de se rendre. Abou Yacoub fut assassiné, et Tlemcen ne fut prise que trente ans après par Abou'l Hassan (1331-1348), qui, au XIVe siècle, établit sa prépondérance sur toute l'Afrique du Nord et reconstitua l'empire des Almohades. Mais ce dernier ne put empêcher la « reconquista » de se poursuivre en Espagne ; son armée fut écrasée à Tarifa, en 1640, par les armées d'Alphonse XI de Castille et d'Alphonse IV de Portugal.

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Jeu 2 Jan - 17:18

page 48


3. Les corsaires. —  Les Mérinides armèrent une flotte puissante et organisèrent, pour lutter contre les Chrétiens, une guerre de course sauvage et fructueuse. Montés sur des bateaux  légers et rapides, les corsaires  s'attaquaient aux navires, ou débarquaient à l'improviste sur les côtes, pillaient et emmenaient les passagers ou les habitants, et les réduisaient à l'esclavage.
Jusqu'au XIXe siècle, les corsaires ont fait régner la terreur dans le bassin méditerranéen et dans l'Atlantique, particulièrement dans les parages du Maroc. Salé devint un véritable nid de pirates. Cervantes et Robinson Crusoë, ont séjourné comme esclaves dans cette ville.
Enrichis par la course, les souverains mérinides furent, comme les Almohades, les protecteurs des arts. Ils bâtirent à Salé, la Medersa ; à Rabat, les Oudaïas et le Chellah ; à Fès, de nombreuses mosquées, des medersas (Seffarine, Attarine, Bou Anania) qui sont encore un des attraits de cette ville.

4. Les derniers Mérinides. — Le règne d'Abou'l Hassan est à la fois l'apogée de la  puissance des  Mérinides et le commencement de leur décadence.
Ses successeurs ne font que passer sur le trône de Fès et, comme les rois fainéants, ils laissent tout le pouvoir aux vizirs.
Au XVe siècle, la décadence des Mérinides est complète. Ils se partagent en trois familles qui régnent à Fès, à Marrakech, au Tafilalet, et se font une guerre féroce.
Les derniers Mérinides disparaissent au début du XVIe s., au moment où l'installation des Chrétiens sur les côtes du Maroc provoque une réaction islamique très violente contre les envahisseurs. C'est la dernière des dynasties berbères.
Cette succession de dynasties, qui grandissent et meurent, ...
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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Jeu 2 Jan - 17:43

page 49



- RABAT. La porte de Chellah.
Cette porte curieuse, dont le caractère est très particulier, donnait accès dans une kasbah servant de nécropole aux Mérinides. C'est là que se trouvait auparavant le poste romain de Sala Colonia, puis une ville indigène, qu'on abandonna au XIIe siècle pour s'établir à Salé.

... est bien caractéristique de l'histoire du Maroc. En s'appuyant sur des tribus guerrières, préoccupées surtout de butin, même quand elles font de la propagande religieuse, chacune d'elles réussit d'abord à détrôner des souverains affaiblis par une vie de luxe et de plaisirs ; puis, en s'installant à leur place, elle perd ses qualités viriles et devient à son tour une proie facile pour de nouveaux conquérants.

5.  Les conquêtes des Espagnols et des  Portugais. — Ce sont les Musulmans du Maroc qui, du Xe au XIIIe siècle, avaient retardé la décadence des Musulmans d'Espagne. A la fin du XIIIe siècle, il ne restait aux  Musulmans que le royaume de Grenade, dans l'extrême sud de la péninsule. Ils s'y maintinrent encore durant près de deux siècles, mais ...
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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Jeu 2 Jan - 17:49

page 50


- FES. Les tombeaux des Mérinides.

Fès était la capitale préférée des Mérinides, tandis que les Almoravides et les Almohades se plaisaient surtout à Marrakech, plus proche du pays d'où ils étaient originaires. Ces misérables restes d'une période de splendeur s'élèvent sur une colline d'où l'on a un merveilleux panorama sur Fès Bali et Fès Djedid.

... lorsque les deux royaumes d'Aragon et de Castille se trouvèrent réunis sous Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille, le royaume de Grenade fut conquis dans l'espace de dix ans. Après huit mois de siège, la ville de Grenade fut prise et le dernier roi, Boabdil, dut se retirer au Maroc (1492). La reconquête de l'Espagne par les Chrétiens était achevée. Non seulement les Berbères du Maroc ne repasseront plus le détroit de Gibraltar, mais l'Espagne, devenue l'une des plus grandes puissances du monde, et le Portugal, enrichi par ses découvertes maritimes, étaient déjà venus porter la guerre au Maroc. Les Espagnols avaient pris Melilla, Larache ; les Portugais s'étaient emparés de Ceuta (1415), Anfa (Casablanca), Tanger (1471), Safi, Azemmour, puis fondèrent Fédalah, Mazagan et Agadir. C'est ainsi que pendant ...

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MessageSujet: HISTOIRE du MAROC   Jeu 2 Jan - 17:55

page 51


... tout le XVe siècle, au moment où, en Espagne avec Ferdinand et Isabelle, en France avec Louis XI, le pouvoir royal triomphe des dernières résistances de la féodalité et fonde de grandes nationalités modernes, le Maroc divisé, en proie au pire désordre, ne peut maintenir son intégrité. Il se fige désormais dans le passé, tandis que les puissances européennes développent leur prospérité et leur civilisation.

LECTURE
LES CORSAIRES DE SALÉ
Robinson Crusoë, avant d'arriver dans l'île déserte, où il devait passer vingt-sept ans, fut capturé par les corsaires de Salé. Voici le récit de cette capture :
...J'éprouvai de grandes mésaventures. D'abord, en nous dirigeant vers les Canaries, pour passer entre ces îles et la côte d'Afrique, nous fûmes surpris, pendant le crépuscule du matin, par un corsaire turc de Salé. Il nous donna la chasse à toutes voiles. De notre côté, nous déployâmes toutes les nôtres; mais le pirate gagnait toujours sur nous, et ne pouvait manquer de nous atteindre en peu d'heures; nous nous préparâmes donc à combattre. Nous avions douze canons et le forban en avait dix-huit.
Vers trois heures après-midi il était sur nous ; mais comme il nous prit en flanc par méprise, au lieu de nous prendre en poupe comme il en avait l'intention, nous portâmes huit de nos canons du côté attaqué et lâchâmes une bordée qui fit reculer l'assaillant, non toutefois sans qu'il ripostât à notre feu, en joignant à la décharge de ses canons celle de la mousqueterie de deux cents hommes qu'il avait à bord. Pas un de nos gens ne fut atteint, et tous gardèrent leurs rangs bien serrés. Le Turc se prépara à une nouvelle attaque, et nous à la défense; mais cette fois, il nous aborda par l'autre côté et jeta soixante hommes sur notre pont, lesquels se mirent sur-le-champ à couper et hacher notre voilure et nos agrès.



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