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Mémoire de la présence Française au Maroc à l'époque du Protectorat
 
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 Les Kasba du Haut Atlas.

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Pierre AUBREE
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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 10:26

page 60


... le dessin géométrique réside davantage dans la décoration extérieure des murs. Une muraille d'enceinte entoure cette citadelle; car c'est une petite ville dans ses murs.
Dans cette cité à l'ensemble tarabiscoté, les bâtiments, juxtaposés dans une série d'enceintes concentriques et ne paraissant reliés entre eux que par des couloirs voûtés marquent les Ages différents dans la construction et les besoins défensifs d'une époque ; il ne peut y avoir ni architecture, ni plan d'ensemble. Cette masse rougeâtre aux tours massives et sans ordre est hérissée de créneaux qui se découpent dans le ciel comme une dentelle blanche. Seul, le bâtiment, qui au-dessus du mur d'enceinte regarde au Nord l'Atlas, aurait l'aspect d'une paisible maison d'habitation, s'il n'était renfermé comme les autres dans la ceinture des murs. Le danger en effet vient du Sud, et ce danger est réel ; c'est pourquoi des parties de Kasba sont de véritables ouvrages fortifiés.
Voici d'ailleurs la disposition des lieux ; porte principale gardée par les hommes de la milice du Caïd Hamou El Glaoui; couloirs voûtés et première cour qui ressemble à un marché avec ses petites échoppes flanquées contre les murs. Puis couloir voûté et coudé et deuxième cour : c'est l'hôtellerie aux chambres superposées sur deux côtés où les gens de passage reposent la nuit, en groupe dans les chambres de la cour ou isolément et par famille au-dessus. Ensuite, couloir voûté plus sombre, avec des coudes et l'on parvient dans une petite cour intérieure ou donnent les chambres des hôtes de marque, les invités, où nous logerons. Entre les deux premières cours, c'est un va-et-vient de foule bigarrée et bruyante : montagnards, gens du Sud, femmes, enfants, esclaves noirs toujours affairés, moutons, mulets, chevaux : le caravansérail. La caravane s'y repose, y troque ...


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 10:28

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Kasba de Telouet.

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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 10:37

page 61


... que des produits contre d'autres produits, et se trouve même emprisonnés par les temps de neige qui rendent les cols infranchissables ou quand les pluies ont détrempé les pistes argileuses. Le Caïd veille sur ce monde ; il perçoit un droit de séjour, un droit de péage pour l'abri qu'il donne, pour la sécurité qu'il assure.
Tous les corps de bâtiments sont indépendants du centre de la Kasba, demeure personnelle du Caïd et de ses nombreux domestiques. Les bâtiments qui donnent dans la première cour sont de pisé rouge couronnés de créneaux qui dans leur blancheur de chaux, semblent plutôt faits pour une parade (1). De la deuxième cour, apparaît un bâtiment de maçonnerie de pierres, face au Sud, c'est-à-dire au chemin de l'ennemi ; il est très élevé avec des donjons à ses angles ; la crête de ce bâtiment est garnie de merlons de pierres formant créneaux avec gargouilles et sur les deux côtés des donjons, des échauguettes de guetteurs ouvertes en dessous pour le jet des projectiles, solides ou liquides. L'on voit des mâchicoulis sur les murs du corps principal du bâtiment. Les donjons semblent avoir trois étages, d'après les créneaux apparents dans les murs. Le bâtiment central comporte deux hautes voûtes comme celles de nos pont-levis, surmontés de mâchicoulis. Ce fort était probablement le réduit de la cité. C'est donc tout un appareil de guerre que présente la Kasba de Télouet commandée actuellement par Si Hamou El Glaoui.
Nous l'avons visitée deux fois. La première, au jour de l'Aïd El Kebir ; elle était en fête. Dans la soirée et tard dans la nuit, ...

( 1 ) Les Kasba du versant Sud du Haut Allas ont une étrange ressemblance avec les agglomérations au désert de Lybie où les maisons sont en boue rouge, avec des tours en troncs de pyramides que terminent quatre pointes blanchies à la chaux.



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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 16:36

page 62


Ses cours étaient pleines de danseuses berbères, coudes à coudes Sur un rang, avançant et reculant d'un petit pas à la cadence lente des tambourins que frappent cinq ou six hommes ; mélopée traînante, chant aigre d'une cinquantaine de femmes qui frappent à la fois leurs mains. Le village de Telouet doit avoir un quartier de Chirats (d'où seraient-elles venues en si grand nombre ?) pour la distraction du Caïd, pour l'attirance des caravanes. En effet, les gens sont nombreux autour des danseuses ; il y en a dans la cour, il y en a sur les petits balcons de terre, devant les chambres des hôtes de passage. La ligne des danseuses se disloque ; il y a maintenant deux groupes de femmes alignées qui se font vis-à-vis ; puis les danseurs Chlehs entrent dans la fête, jeunes garçons équivoques qui attirent tout autant que les femmes les désirs de ces campagnards ; au milieu d'un groupe refermé en cercle le bouffon exécute des danses sauvages accompagnées de gestes baroques. Une grosse lampe électrique, au-dessus de la cour, jette une lumière puissante sur cette scène d'un autre âge.
Le lendemain, le Caïd nous fait les honneurs de sa maison, de son jardin intérieur dont il est fier, de son salon meublé à l'européenne, où se trouve un piano demi-queue. Pour qui a suivi, à cette époque, les sentiers grattés dans les rochers, rapides, couverts de pierres qui roulent sous les pas, cela paraît impossible de porter à Telouet, un piano et un moteur pour électricité ; ce sont des tours de force qu'on ne s'explique que par le rude effort d'hommes de peine, nombreux, presque esclaves, sous la ferule d'un Chef.
L'année suivante, nous arrivions à Telouet sous un orage formidable, pluie, tonnerre, vent ; nos mules s'arrêtaient net, et tremblaient sur leurs pattes ; temps bouché de toute part ; la ...


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 16:38

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Réception berbère : la série des mets.

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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 16:45


Veuillez patienter le temps du téléchargement des fichiers photo

page 63


... Kasba campe une silhouette noire qui parait par moment quand la foudre illumine le ciel. Contraste ; la Kasba n'est pas en fête cette fois ; le Caïd prépare une sortie de sa Harka pour guerroyer vers l'Est ; les cours sont désertées sauf autour des boutiques d'alimentation ; mais sur les terrasses, fermées pour qu'il n'y ait pas de fuite, les hommes valides astiquent leur moukkala ou leur fusil moderne. La Harka partira demain et l'ennemi du côté de l'Est est mordant. Tout le monde à l'appel; les portes ne s'ouvriront qu'au départ, à la pointe du jour. Le Caïd, cette fois, est invisible pour nous ; son Khalifat, préoccupé, nous fait les honneurs dans la chambre des hôtes.
En face de la citadelle, de l'autre côté d'un ravin, on aperçoit la demeure toute blanche, comme une maison de campagne, de Si Mohamed ; elle n'a pas du tout l'aspect guerrier; c'est plutôt la maison d'un riche campagnard, avec des galeries ouvertes sur les terrasses.
Le village de Telouet, à l'abri de la Kasba, est un village de " fellah ", c'est-à-dire de cultivateurs travaillant pour le Caïd ; de nombreux ruisseaux descendent des sommets de l'Atlas, fertilisent la terre qui prend jusqu'à l'été une riante couverture verte.
Fait important dans l'histoire des Kasba du Haut Atlas : le 16 novembre 1931, le Sultan Si Mohammed s'est rendu en automobile à Telouet où une réception grandiose lui a été faite par le Pacha de Marrakech Si Thami et le Caïd Si Hammou, suivie d'une somptueuse diffa. Parti le matin de Marrakech, le cortège impérial arriva à 11 heures à la Kasba et il était de retour à 19 heures à Marrakech. Il faut remonter loin dans le temps avec Moulay Ismaïl, ou plus près de nous avec Moulay Hassan, pour voir un ...



Dernière édition par Pierre AUBREE le Mar 3 Fév - 20:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 16:51

page 64


... Sultan passer le Haut Atlas. Au surplus, c'est le premier, adapté aux moyens modernes, qui franchit le col de Tichka en automobile, et cela est une date.
A partir de Telouet, les sentiers divergent, à l'Est vers les régions du Dadès et du Ferkla ; au Sud, vers les oasis de Tikirt, d'Ouarzazat et de Skoura; ce dernier suit le cours de l'oued Mel!ah par les Aït Ben Haddou.

LA VALLÉE D'OUNILA
A deux heures d'allure de mulet, vers l'Est, en suivant l'Oued Amassine par un chemin encaissé dans un ravin sauvage, plutôt lit de torrent à sec aux parois rouges où coulent des traînées blanches de sel, on gagne la vallée de l'Oued Ounila, affluent du Dadès. Au sortir de ce passage rébarbatif, on aperçoit sur sa droite faisant suite à une gorge resserrée où passe l'Oued quelques « tighremt » qui marquent le chemin vers le Sud.
La vallée d'Ounila forme le contraste le plus frappant avec la région désolée du plateau de Telouet. Là, série de villages composés uniquement de kasba ou plutôt de « tighremt » aux gracieuses terrasses et tours crénelées et couvertes de dessins ; en particulier, Animiter qu'a fait connaître le pinceau de Jacques Majorelle, et Ounila où l'oued reflétant les noyers prend une belle teinte bleue.
Mais le Mokhazni, que le Caïd de Telouet nous avait donné comme guide, nous fait prendre un promontoire rocheux, dénudé, qu'il faut contourner au continent des oueds et alors nous ...


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 16:53

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Kasba d'Animiter.

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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 17:00

page 65


... avons sous les yeux le paysage le plus imprévu, sur l'autre rive de l'Ounila: un bouquet de verts noyers et d'oliviers sur les bords élevés de l'Oued que dominent les tourelles crénelées des nombreuses petites Kasba, réunies en village. C'est très joli, très joli; après la région aride que nous avions traversée, c'est trop joli, semble-t-il, pour être une réalité. Il y a, au-dessus des nombreux vergers, une douzaine de petites Kasba rouges, décorées de motifs en relief, très réguliers. Elles forment au premier aspect comme un ensemble de châteaux de carton, à l'échelle très agrandie d'un jeu d'enfants. Ce village de Kasba est Animiter.
La Kasba dominante est celle du Cheikh. Ces Kasba ont le même aspect et à peu près la même décoration que les petites Kasba que nous retrouverons à Skoura, près de l'Oued Dadès : elles sont de terre rouge damée, ici peu dégradées par le temps. Le corps même de l'habitation est de forme carrée, ayant à chaque angle une tour s'amincissant vers le sommet, légère et haute pyramide tronquée, garnie de rebords crénelées. Le haut de la terrasse comme le haut des tours est badigeonné à la chaux qui a coulé vers le sol en longues traînées, semblables à des larmes blanches sur le pisé rouge. L'effet en est très curieux.
Cette vallée, aux terres fertiles parce qu'irriguées, est en bordure des territoires désertiques parcourus par les nomades et les coupeurs de chemin qui vivent sur la caravane ou le village. Aussi, chaque famille, et il faut entendre la « gens » romaine, a organisé un moyen de défense pour son propre compte. Les murs de Telouet enserrant un village, un marché constituent une organisation de défense commune sous le commandement d'un seul Chef, le Caïd. Au contraire, les Kasba de la vallée d'Ounila, comme celles de Skoura qui leur font suite, ont un caractère de défense plus familial. Il n'y a plus l'unique grande Kasba, mais ...


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 17:06

page 66


... de petites Kasba nombreuses pour lesquelles on sent au surplus comme une émulation dans la décoration extérieure.
Nous nous rendions à la Kasba du Cheikh ; il n'est pas là, par conséquent la porte reste close. Ses domestiques nous disent qu'il se trouve dans les champs de culture et l'un d'eux part le prévenir, car la présence près de nous du Mokhazni du Maître de Telouet nous signale comme des gens d'importance. Peu après sur le sentier qui descend de la montagne, un petit point noir surmonté d'une boule blanche s'agite, se déplace et grossit très rapidement à la vue. C'est lui, nous dit-on, bien que le personnage soit encore peu distinct. Mais la mule avance très vite, d'un pas nerveux qui frappe la roche à coups secs résonnant de loin ; son cavalier l'excite du balancement alterné de ses jambes. Il approche : c'est un petit homme tout rond, de blanc vêtu, coiffé d'un turban blanc un peu incliné autour du crâne nu ; sa main droite agite rythmiquement un long plumeau, fleur de roseau, autant pour chasser les mouches que pour se donner un peu d'air, à moins que ce soit un signe d'autorité. Il est rouge, tant il s'est pressé, et souriant, accueillant avec effusion, et, pour nous souhaiter la bienvenue, il saute de son mulet car il est agile malgré sa rondeur : à le voir on pense à un roitelet de contes orientaux, à un prince d'opérette. A sa suite nous grimpons par un escalier sombre, étroit où nos épaules touchent les murs, dans une pièce prenant jour sur les jardins de la vallée par une petite fenêtre grillagée. C'est la salle de guet et aussi la salle des hôtes, dans un bâtiment complètement indépendant de la Kasba aux longues tours rouges qui cache les secrets de la vie familiale berbère. Les serviteurs apportent les plats de miel et nous n'avons qu'à tendre la main pour retirer amandes et noix sèches qui sont dans des couffes posées un peu partout sur les ...


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 17:10

page 66 b



Kasba du Cheikh d'Animiter, et la vallée de L'Ounila qui descend vers le Dadès.
Type de kasba au Sud du Haut Atlas.

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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 17:14

page 67


... nattes, repas rapide où l'amande nous sert de cuillère pour prendre le miel.
Le Cheikh d'Animiter parle le chleuh avec quelques mots d'arabe acquis récemment. Il a l'aspect débonnaire et doit diriger paisiblement la vie très simple de ses administrés. Mais il n'en a pas toujours été ainsi à Animiter. Le Docteur Chatinières rapporte, en effet, que Si El Hadj Thami Glaoui, l'actuel pacha de Marrakech, a dû combattre pour réduire à l'obéissance le cheikh précédent et le canon de bronze n'ayant donné aucun résultat contre les murs de pisé, c'est par trahison d'un des siens que le cheikh fut pris.
A quelques kilomètres vers le Sud, le village d'Ounila est un ensemble de jardins au milieu desquels s'élèvent de semblables petites Kasba et de petites agglomérations de maisons basses près de l'Oued où s'arrêtent les caravanes.
Toutes ces vallées qui forment des chemins, ont des " Tighremt " échelonnés le long de l'oued, avec des maisons à terrasse, groupées sous leurs murs pour en recevoir protection ; et l'on atteint ainsi les oasis de l'oued Dadès qui, à l'Est et sur le versant Nord du djebel Sarro, vient du Todgha ; c'est la direction du Tafilalet. Au Sud d'Ouarzazat, par l'oued Drâ, c'est le chemin du Soudan et du Niger.

VERS LE DADES ET LE DRA
En quittant le plateau de Telouet pour aller vers le Sud, on entre dans la région la plus désolée de l'Atlas, écrit Charles de Foucauld auquel on peut toujours emprunter des descriptions exactes : « tout est roche, ravins aux parois de grès sans ...


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 17:19

page 68


... eau ni verdure ; les lits à sec sont recouverts d'une couche de sel, nulle trace de terre ni de végétation. On débouche tout à coup dans une vallée qui forme avec cette triste contrée le plus frappant contraste : creusée à pic au milieu de l'immense plateau de pierres qui l'entoure, elle se présente inopinément gaie et verdoyante avec un torrent coulant au fond dont les deux rives sont garnies sans aucune interruption de jardins, de cultures, entourant une grande quantité de village, groupes de maisons, de « tighremt » à l'Est de l'Oued Drâ qui commence ; où l'on retrouve les tighremts aux gracieuses tourelles, aux terrasses crénelées, aux balustrades à jour ; maisons aux murailles couvertes de dessins et de moulures, dont les enceintes du pied au faîte ne sont qu'arabesques et qu'ornements ».
Pour nous rendre, en mai 1931, de Marrakech à Ouarzazat, en automobile nous avons suivi la route de montagne jusqu'au col de N'Tichka puis, sur le versant Sud, la piste construite par le Service des Renseignements que les Ingénieurs des Travaux Publics rectifient sur certains points du parcours. La piste descend la vallée de l'Assif Tamesna qui, grossi de quelques eaux des petites vallées adjacentes, deviendra l'Assif Imini, vallée assez verdoyante comportant de loin en loin des villages au milieu des vergers, et quelques petites Kasba sans prétention architecturale, comme Adiran, qui gardent le passage.
Au sortir des derniers contreforts de l'Atlas, la piste quitte l'Oued Imini et aborde le plateau qui fait suite à celui de Telouet, solitude morne, sans végétation jusqu'à l'agglomération des Aït Ben Haddou qui semble, le long de l'Oued Mellah, un îlot de verdure accroché au pied d'un monticule pierreux où domine une forteresse. C'est un groupe de petites Kasba à tours crénelées qui rappellent Animiter, Ounila, mais serrées en village compact.


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 17:25

page 69


La Kasba du cheikh au-dessus de l'agglomération de pisé rouge a des tours badigeonnées de chaux blanches ; les jardins irrigués s'allongent au cours de l'Oued.
Aït Ben Haddou est un carrefour de routes vers le Sous par Tazenahkt, vers le Tafilalet par Ouerzazat.
En quittant les Aït Ben Haddou on longe une falaise curieusement striée comme un grand orgue. Puis c'est la solitude du plateau, pas absolue cependant puisqu'on voit à droite les jardins, simple ligne de verdure au bord de l'oued, les petites agglomérations rouges et les Kasba qui les couronnent. Ici c'est l'eau de l'oued qui crée la vie ; culture et villages apparaissent en ligne dès que l'eau est en surface ou quand elle peut être amenée pour l'irrigation.
Le Taourirt d'Ouerzazat est au confluent des deux oueds importants, qui comme tous les oueds sahariens, disparaissent et ont des résurgences redonnant avec l'eau la vie disparue ; leurs rives se couvrent alors de palmiers, de tamarins, d'arbres à fruits. De la terrasse du poste de commandement, ou de celle du Taourirt, qui est château-fort et village à la fois, et où règne le Caïd Hamadi El Glaoui, on aperçoit en regardant vers le Sud, la direction du Sahara, du Soudan, du Niger ; aux pieds coule l'Oued Idermi (ou Ouerzazat), formé de l'assif Mellah et de l'assif Imini réunis depuis Tikirt, au Nord-Ouest ; il se joint un peu à l'Est à l'Oued Dadès venant du Nord-Est et c'est là que prend naissance un oued naturellement plus important, le Drâ, qui arrose tout le long de son cours de nombreuses petites palmeraies.
Le Taourirt d'Ouerzazat, qui a des tours jaunâtres un peu vert-de-grisées, véritable forteresse commandant les deux vallées et par conséquent les deux routes vers l'Est, (le Tafilalet), et vers ...


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 17:31

page 70


... le Sud, (le Soudan) comprend, comme la Kasba de Telouet, la demeure particulière, vaste et fermée du Caïd Si Hammadi le château proprement dit, importante construction, plus élevée que celle de Telouet, composée de grosses tours carrées, irrégulièrement placées contre le corps de bâtiment ; les murs, couverts de dessins en relief, ont de fausses fenêtres sculptées, et sont surmontés de créneaux blancs. C'est une masse énorme fermée du côté du chemin par un mur également de terre battue, car la Kasba est faite de pisé et l'on se demande comment les murs résistent; nous n'en connaissons pas l'épaisseur; en effet le Caïd qui vient au-devant de nous, nous donne l'hospitalité dans un bâtiment indépendant, à étages, sur terrasses et nous introduit dans la chambre d'hôtes au plafond peint.
A l'abri du château et dans le mur d'enceinte se cache le village. D'un côté c'est le village berbère, celui des « fellah », domestiques ou cultivateurs, dominé par le donjon de la demeure particulière de Si Mohamed El Arabi, puis du côté de l'Oued, c'est le village juif d'artisans et de boutiquiers.
Sous la lumière crue du soleil, tous les dessins des murs sont mis en valeur dans tout leur détail, mais dans l'après-midi, un vent de sable tisse fréquemment un voile opaque derrière lequel tout disparaît. Nous n'avons jamais si bien compris qu'ici la puissance du vent qui crée l'isolement, brouillard de poussière rouge qu'on avale par la bouche, les yeux, le nez, les oreilles, un vent qui racle et enlève les cailloux au ras du sol et qui court, qui court....
Le Caïd Si Hammadi El Glaoui, est le maître de la contrée dont le Service des Renseignements a le contrôle ; mais il faut encore compter avec lui, bien qu'il soit plus souple que son oncle, le Caïd de Telouet, dont il dépend. Au-delà, par ses Khalifat, ...


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 17:37

page 71


... s'étend l'autorité du Caïd, mais alors plutôt faite de son prestige personnel.
Les gens du Drâ, des oasis sahariennes et des plateaux de l'Anti-Atlas viennent au marché d'Ouerzazat.

D'Ouerzazat, en remontant le cours de l'Oued Dadès, la piste se dirige vers l'Est, vers le Todgha, vers le Tafilalet ; les petites palmeraies se succèdent avec leurs Kasba. A Aït Boudellal, le Cheikh dont l'attention a été attirée par le moteur de notre automobile nous fait de la terrasse de sa tour des signaux de bienvenue que nous ne voudrions pas voir parce que nous sommes pressés, qu'à la tasse de thé suivrait une autre tasse de thé et qu'il ne serait pas bien séant de partir sans causer un peu. Mais comment résister à un appel aussi expressif ? Le Cheikh descend de sa tour et vient au-devant de nos objectifs photographiques qu'il affronte sans étonnement. Pour monter dans sa tour unique, adossée au corps de logis, il nous faut escalader, par l'escalier noir, deux étages, par conséquent deux logements ; sur la terrasse, les femmes et les domestiques se pressent pour la préparation du thé. C'est là où nous avons vu les plus beaux dessins sur un jeune visage féminin; une ligne noire verticale partage le front, est interrompue à la hauteur des yeux, suit la dorsale du nez, puis coupe toujours verticalement le menton ; les sourcils sont allongés, grossis d'une même teinte noire, et au-dessus un trait d'ocre rouge en arc de cercle, pointes en bas, et terminé sur chacune des joues par deux points également d'ocre rouge. La poitrine est garnie de colliers et de boucles d'argent, les bras, comme les pieds, sont couverte très haut de bracelets lourds et assez grossièrement ciselés.


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 17:42

page 72


A cinquante kilomètres d'Ouerzazat la piste longe la belle palmeraie de Skoura qui s'étend de part et d'autre de l'Oued Aïn Zarar affluent du Dadès : palmiers et arbres fruitiers. Les Kasba aux donjons ornés de dessins et crénelés, se succèdent très nombreuses dans leurs jardins, comme alignées prenant vue sur l'Oued ; de sorte qu'il nous semble passer une revue de petits châteaux-forts. C'est peut-être un bien grand mot pour désigner ces constructions faites de terre battue ; mais comme elles possèdent de hauts murs, peu d'ouvertures extérieures et que le donjon leur sert d'yeux pour voir alentour, elles ont bien l'aspect de châteaux défensifs. C'est là, au surplus, leur rôle, guet sur les jardins contre les rôdeurs, guet sur les pillards qui viennent se détachant souvent des caravanes, pour enlever les femmes, car les femmes de Skoura sont belles et leur renommée s'étend loin. Comme si elles se tenaient prêtes à l'enlèvement, elles portent sur elles tous leurs bijoux, frontal, collier, bracelets, bagues d'argent, toute leur richesse qui s'ajoute à leur beauté. Ces bijoux de femmes avaient déjà retenu l'attention de Léon l'Africain qui a écrit à ce sujet : « La coutume des femmes est de porter quelques anneaux ou bagues d'argent massives aux oreilles, sur chacune desquelles il s'en trouve beaucoup qui en y portent jusqu'à quatre et usent semblablement de certains anneaux en forme de boucles de telles grosseurs qu'ils viennent à peser une once, et avec ceux-ci attachent leurs habillements sur les épaules, puis portent encore aux doigts et jambes certains cercles d'argent, mais les nobles et riches seulement, parce que les pauvres n'ayant pas le moyen de charger si gros état n'en portent que de fer ou cuivre. »
Skoura est une palmeraie longue de quatorze kilomètres sur une largeur de cinq kilomètres arrosée par les eaux de l'Assif ...


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 17:44

page 72 b



La Vallée de l'Oued Dadès et le village des Aït Boudellal.

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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Lun 23 Déc - 17:50

page 73


... Zarar ; dans les jardins s'élèvent une centaine de petites Kasba. Comme en raison de la défense des jardins elles ne peuvent être groupées en village, les habitations isolées sont défensives et c'est ce qui explique leur nombre important dans la palmeraie de Skoura sur le passage des gens du Todgha et du Tafilalet, tous de mauvaise réputation. La seule agglomération est celle du « mellah » (1) de Tajanat à l'abri de la Kasba neuve (elle date de vingt ans), demeure du Cheikh Si Ali Ben Abd El Kebir qui dispose ainsi plus commodément des juifs placés sous sa protection. Dans cette région de l'Atlas, le mellah s'abrite près du Chef.
Notre réputation militaire suffit pour garder le pays ; Skoura n'a que quelques légionnaires, un poste téléphonique et des goumiers montés.
Notre randonnée se termine à Skoura. Les Oasis se prolongent plus loin vers l'Est. De ce côté, notre politique militaire s'étend au-delà d'Imiter, poste sentinelle, installé en mai 1931 par le Colonel Chardon.

(1) Quartier juif.




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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Jeu 26 Déc - 16:35

page 74


II. — EN PAYS GOUNDAFA

Telaât N'Yacoub est le fief familial des maîtres du pays Goundafa, comme aussi Tagoundaft plus haut en montagne qu'habite un Khalifat, chef avancé qui veille sur le col du N'Test, porte du Sous.
Les premiers Chefs régionaux auraient été les ancêtres de Si Mohamed Ou Ali, le sage Seigneur agricole qui réside à Mouldikht près de la Kasba de Tagoundaft. Leur demeure est une haute construction en terre rouge, à l'aspect paisible où l'accueil est cordial et simple. Les Mohamed Ou Ali ont dû commander à leur heure sans dureté, d'où peut-être leur faiblesse et leur déchéance, au mileu de rudes tribus ; ils sont devenus des Seigneurs agricoles et paraissent ne pas éprouver d'autres ambitions.
Dans cette haute région qui fût le berceau de la puissance des Almohades, encerclée dans les montagnes, protégés au Sud et au Nord par des gorges resserrées, on rencontre de nombreux cimetières aux tombes marquées d'une pierre verticale, qui sont les souvenirs des luttes entre tribus ou contre les conquérants venus du Sud.

Les chemins du Sous et de Taroudant sont en pays Goundafa; deux cols font la liaison avec Marrakech : Tizi Ouichden et Tizi n'Test, celui-ci le plus fréquenté.



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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Jeu 26 Déc - 16:37

page 74 b



La Kasba Goundafa sur l'Oued N'Fis.

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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Jeu 26 Déc - 16:43

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Au départ de Marrakech, les chemins convergent vers la haute vallée de l'oued n'Fis, soit par Tahanaout et le lit de l'oued Réraïa (gorges de Moulay Brahim) pour rejoindre le n'Fis en aval de Tagadirt n'Bour, première gardienne du pays Goundafa; soit directement par Oumenest et Aguergour en remontant l'oued n'Fis dès son débouché dans la plaine ; soit enfin, d'Amizmiz par la montée abrupte du Tizi n'Tagourant où la fréquence des passages a profondément creusé le chemin, et de là par un affluent de gauche, la vallée du n'Fis au pied du village de Tinesk, à Rguil dit village des forgerons parce que les caravanes s'y arrêtaient pour faire ferrer leurs bêtes.

La première Kasba dans la plaine du Haouz qui marque le chemin de Marrakech vers le Sous par le pays Goundafa est celle d'Oumenest, appartenant au Caïd Aomar El Sektani, à quelques trente kilomètres de Marrakech, sur un éperon formé par la rencontre de deux ravins ; elle commandait le chemin de l'Oued N'fis par Aguergour. Elle diffère de style avec les Kasba de la montagne, par son corps de bâtiment blanc plus élancé et ses quatre tourelles d'angle qui vont en s'amincissant vers le sommet. Comme toujours, après la porte d'entrée et le couloir coudé, on passe dans une cour où la nuit sont groupés les animaux; une seconde porte intérieure donne accès sur un beau jardin d'orangers où nous a été donnée une amicale hospitalité en 1920.
Les gens du Caïd, les Sektana, sont originaires du Soudan. Le Docteur Chatinières rappelle qu'ils ont passé le Haut Atlas pour venger un des leurs dans la plaine de Marrakech ; montés à âne et habillés en femmes, dissimulant cependant fusils et poignards, ils furent accueillis sans méfiance. Ainsi ils massacrèrent tous les hommes des Ouled Bou Sba, et, maîtres des lieux, ils prirent les ...


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Jeu 26 Déc - 18:24

page 76


... femmes et les terrains abandonnés et se fixèrent là tout en conservant d'étroites relations avec les Sektana du Soudan.

La Kasba d'Amizmiz est en pisé entourée de murs, au-dessus des oliveraies et des jardins, c'est encore un château-fort des Caïds Goundafi au pied même de l'Altas, à la tête du chemin du Tizi N'Tagourant qui conduit en haute montagne en contournant le massif de l'Erdouz.

Tagadirt N'Bour est déjà en montagne ; la Kasba est construite à un coude de l'Oued N'Fis, à 40 mètres environ au-dessus du fleuve au confluent des sentiers qui viennent d'une part, d'Oumenest et d'Aguergour, et d'autre part, des confins du pays Glaoua, Asni et Moulay Brahim. Contre la Kasba grouille toute une colonie juive sous la garde du Cheikh et elle enserre dans ses murs un village chleuh. C'est la première Kasba en montagne sur le chemin du Sud.

Pendant une grande partie de la remontée de l'Oued N'Fis, le sentier est en corniche, étroit surplombant l'oued, y descend pour un passage à gué, s'accroche à nouveau au flanc montagneux et ainsi arrive à la vallée supérieure de Talaat n'Yacoub.

La Kasba Talaat N'Yacoub forteresse familiale des Caïds Goundafi dans une large et harmonieuse vallée, baigne ses murs dans l'eau de l'Oued N'Fis qui coule rapide ; les tours ont gardé les piquets de thuya qui ont servi à la construction et ces piquets qui sortent horizontalement des murs semblent autant de lances en garde. On voit que la Kasba était sur le passage des hordes ...


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Jeu 26 Déc - 18:30

page 77


... guerrières ; du côté opposé à l'Oued, ces murs sont entourés de fossés, au centre, une tour carrée crénelée a servi de poste de veille.
La disposition défensive de la vallée est complétée par une autre Kasba, dite Agadir N'Gouj, celle-ci sans art, kasba de guerre, campée sur une colline pointue et qui domine à la fois la piste du Tizi Tagoundaft et la piste de Tinmel. Elle a, devant elle, la large vallée de Taalât N'Yacoub que ferme la chaîne montagneuse de l'Ouenkrim : c'est la défense contre les conquérants du Sud, ou contre des voisins plus puissants.
Talaât N'Yacoub est au carrefour des pistes vers le Tizi N'Test et vers le Tizi Ouichden qui vont toutes deux dans le Sous, la première gardée par la Kasba Tagoundaft, la seconde par l'Agadir N'ou Alla.

En effet, un peu avant la kasba, au confluent de l'Agoundia qui descend du massif de l'Ouenkrim, un sentier pique vers le Sud en serpentant tantôt sur des flancs arides, tantôt sous des chênes verts, et monte droit pour gagner le col de l'Ouichden, à 2.700 mètres, donnant accès sur le Sous qu'il domine au-dessus de la haute vallée d'Ouanïn, remplie de chênes verts, d'oliviers et de villages ; par le Tizi n'Tazouggat, à 1000 mètres on entre dans le Haut Sous
L'autre piste tout aussi rude gagne, après Talaat n'Yacoub, par la Kasba guerrière de N'Gouj, la petite vallée qui conduit, par le Tizi n'Tagoundaft, sous les murs de la kasba de Tagoundaft.
Tagoundaft à 15 kilomètres en amont de la Kasba Goundafa, est une forteresse de l'avant-garde, fièrement et haut perchée elle-même sur un promontoire de rochers ; en face d'un cirque de ...


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MessageSujet: Les Kasba du Haut Atlas.    Jeu 26 Déc - 19:12

page 78


... montagnes, elle regarde là-haut le col du Sous, et à ses pieds la jonction des deux pistes par Tinmel et par le Tizi N'Tagoundaft. Son accès par sentier muletier, soit du Sud, soit du Nord, est assez difficile. Le Khalifat qui l'habite est ainsi, au nom du Caïd, le souverain de la haute montagne.
La Kasba est constituée par un b!oc de tours carrées de pierres rouges réunies les unes aux autres, véritables vigies crénelées qui ont vue de tous côtés. Les deux tours maîtresses, faisant angle à l'ensemble, surplombant la vallée de L'Oued N'Fis.
C'est une des plus pittoresques Kasba de l'Atlas. Son porche d'entrée est rébarbatif, noir des fumées que font sous la voûte les feux des forgerons et des ferreurs de bêtes ; la porte est massive, à deux battants bordés de fer que l'on ferme à la nuit tombante. Après ce couloir, profond d'une dizaine de mètres, et le coude obligatoire de tout passage allant vers l'habitation, on arrive dans une grande cour où sont réunis le soir les troupeaux, les chevaux et les mulets; le long du mur d'enceinte un mauvais escalier, puis un long couloir conduisent à la chambre des hôtes, tout à fait indépendante du bâtiment principal. Un donjon s'élève au-dessus du couloir d'entrée, regardant la montagne proche à laquelle s'accroche le promontoire où est construite la Kasba; ses murs sont épais. Il est surmonté d'une petite tour carrée qui sert de guet. De ce côté, un aqueduc de pierres maçonnées de 13 ou 14 arches, amène l'eau de la montagne dans les hauts appartements du Khalifat. Emporté il y a quelques années par un violent orage, il a été reconstruit dans sa forme primitive, car la science du siphon est encore inconnue ici.
On nous raconte des histoires dramatiques qui sont dans la manière berbère. Mais faut-il faire encore la part de la légende dans un cadre aussi farouche et sauvage qui s'accorde très bien ...


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